Archive for the ‘Terrorisme’ Category

Au moins 110 civils tués dans une attaque jihadiste au Nigeria

novembre 29, 2020
Les funérailles des personnes tuées dans une attaque à Zaabarmar, au Nigeria, le 29 novembre 2020.

Au moins 110 civils ont été tués samedi par des membres présumés de Boko Haram dans un village du nord-est du Nigeria, selon un bilan des Nations unies, ce qui en fait une des attaque les plus meurtrières dans cette région, en proie à une sanglante insurrection jihadiste.

L’attaque s’est déroulée le jour des élections locales dans cet État, les premières organisées depuis le début de l’insurrection de Boko Haram en 2009. Depuis cette date, on dénombre plus de 36 000 tués et plus de deux millions de personnes ont dû fuir leur foyer.

« Le 28 novembre, en début d’après-midi, des hommes armés sont arrivés à moto et ont mené une attaque brutale sur des hommes et des femmes qui travaillaient dans des champs à Koshobe », a déclaré dimanche le coordinateur humanitaire de l’ONU au Nigeria, Edward Kallon.

« Au moins 110 civils ont été froidement tués, et de nombreux autres blessés dans cette attaque », a-t-il ajouté.

Le communiqué de l’ONU ne mentionne pas le groupe jihadiste Boko Haram, qui multiplie les attaques dans cette région depuis plus de dix ans et contrôle une partie du territoire.

L’attaque s’est produite dans une rizière située à moins de dix kilomètres de Maiduguri, la capitale de l’État du Borno, épicentre de l’insurrection islamiste. Le mois dernier, 22 agriculteurs avaient déjà été tués dans leurs champs, non loin de cette ville.

« Egorgés »

Samedi, le responsable d’un groupe d’autodéfense pro-gouvernemental avait fait état de 43 morts.

« Nous avons retrouvé 43 corps sans vie, tous ont été égorgés », avait déclaré Babakura Kolo. « C’est sans aucun doute l’oeuvre de Boko Haram qui opère dans la région et attaque fréquemment les agriculteurs ».

Les funérailles des personnes tuées dans une attaque à Zaabarmar, au Nigeria, le 29 novembre 2020.

Ces 43 premières victimes ont été enterrées dimanche dans le village voisin de Zabarmari, en présence du gouverneur de l’État du Borno, Babaganan Umara Zulum. Les recherches d’autres victimes dans ces eaux marécageuses et difficile d’accès se poursuivaient.

Le gouverneur avait affirmé dimanche que 70 agriculteurs avaient été tués, tout en prévenant que ce bilan pourrait s’alourdir dans les prochaines heures.

Figurent notamment parmi les victimes des dizaines d’ouvriers agricoles originaires de l’État de Sokoto, à environ 1 000 km à l’ouest, qui s’étaient rendus dans l’Etat de Borno pour trouver du travail dans les rizières.

Le président du Nigeria Muhammadu Buhari a « condamné » samedi soir « le meurtre de ces agriculteurs dévoués à leur travail par des terroristes « , dans un communiqué. « Le pays entier est blessé par ces assassinats insensés », a-t-il ajouté.

« Devoir de voter »

L’attaque est survenue le jour des élections des représentants et conseillers régionaux des 27 circonscriptions de l’État du Borno, un scrutin repoussé depuis 2008 pour des raisons de sécurité.

« C’est mon devoir de venir et de voter pour les représentants et les conseillers régionaux car ils sont les responsables de ma localité », avait témoigné samedi Bukar Amar, un déplacé du conflit qui a voté pour sa localité depuis le camp de Bakassi.

Depuis plusieurs mois, les autorités encouragent les personnes déplacées à retourner dans leur village, affirmant qu’il n’est plus possible financièrement de les prendre en charge, les déplacés – qui n’ont plus accès à leurs champs – dépendant presque entièrement de l’aide humanitaire pour survivre.

Un nombre important de déplacés ont ainsi regagné leurs villages, pourtant ravagés par les violences.

Par Jeune Afrique avec AFP

Attentats : les 27 veulent renforcer les frontières extérieures de l’UE

novembre 13, 2020

Ils se sont dits déterminés à faire aboutir «avant la fin de l’année» les négociations actuellement en cours pour une législation européenne visant à faire retirer dans l’heure les «contenus à caractère terroriste» en ligne.

Les ministres des 27 pays de l’UE ont appelé à «renforcer» la sécurité de l’espace Schengen de libre circulation et les frontières extérieures de l’Union européenne, dans une déclaration conjointe adoptée vendredi 13 novembre à la suite des attentats survenus en France et en Autriche.

Ils se sont aussi dits déterminés à faire aboutir «avant la fin de l’année» les négociations actuellement en cours pour une législation européenne visant à faire retirer dans l’heure les «contenus à caractère terroriste» en ligne.

Cinq ans après les attentats jihadistes du 13 novembre 2015, les ministres ont rendu hommage aux 130 personnes tuées à Paris et Saint-Denis et condamné «dans les termes les plus forts» les récentes attaques survenues notamment en France et en Autriche.

«Nous réaffirmons notre détermination à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour lutter contre cette terreur barbare de façon globale, avec tous les outils dont nous disposons», ont souligné les ministres dans leur déclaration.

Par Le Figaro avec AFP

RDC : l’État islamique revendique l’évasion spectaculaire à la prison de Béni

octobre 20, 2020
Des soldats des FARDC à Béni, le 14 décembre 2018.

Plus d’un millier de détenus ont fui la prison centrale de Kangbayi, à Béni, dans l’est de la RDC, après une attaque menée ce mardi qui a été revendiquée par l’organisation État islamique.

Les circonstances de cette spectaculaire évasion restent encore floues. L’attaque a eu lieu vers 4 h du matin, heure locale, ce mardi. « La position militaire installée à proximité de la prison a été attaquée en même temps que les gardes qui se trouvaient à la porte » de celle-ci, a expliqué le maire intérimaire de Béni, Modeste Bakwanamaha, joint par Jeune Afrique. Les assaillants étaient « en grand nombre », a-t-il précisé, affirmant que seulement « une centaine de détenus » n’avaient pas profité de l’attaque pour prendre la fuite.

Selon plusieurs sources officielles, la prison centrale de Kangbayi comptait 1447 détenus au moment de l’attaque. Selon le directeur de la prison, cité par Kivu Security Tracer (KST), les détenus étaient des combattants des Forces démocratiques alliées (ADF), des membres de milices Maï-Maï et des soldats des Forces armées congolaises (FARDC). Selon la même source, « seuls 145 ne se sont pas enfuis », précisent les experts du KST.

Deux prisonniers ont été tués par balles, a précisé la police congolaise sur Twitter, affirmant que l’attaque avait été menée « par des rebelles ADF ».

Revendication de l’EI

Quelques heures après l’attaque, l’organisation État islamique (EI) a revendiqué l’attaque, à travers un communiqué publié par son « agence de presse » Amaq, ont indiqué les experts de SITE Intelligence group.

« Au vu de la nature des personnes qui y étaient retenues et des attaques répétitives contre cette maison carcérale dans le passé, la prison centrale de Béni était une cible privilégiée des assaillants et aurait bénéficiée d’une haute sécurité pour faire face aux attaques de forte ampleur », a dénoncé le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha). Le 11 juin 2017, prison centrale de Kangbayi avait en effet déjà été attaquée par des hommes armés présentés comme des ADF par les autorités. Ce jour-là, 930 détenus s’étaient évadés, et l’attaque avait fait onze morts.

La Lucha regrette en outre que cette évasion « renforce les bandes criminelles dans la région de Béni déjà fortement insécurisée » et souligne qu’elle a permis la fuite d’« auteurs de massacres dont on attendait depuis des années un procès public ».

Les autorités provinciales ont annoncé l’ouverture d’enquêtes sur les circonstances de cette évasion, afin que  « les auteurs soient arrêtés et répondent de leurs actes ». Selon une source sécuritaire qui s’est confiée à Jeune Afrique sous couvert d’anonymat, l’attaque aurait été permise grâce à des « complicités de certains officiers au sein de l’armée »

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

Mali : l’armée française ne déviera «pas de sa ligne» face aux djihadistes

octobre 14, 2020

Le chef d’état-major des armées françaises a martelé mercredi 14 octobre que les djihadistes qui ont libéré plusieurs otages au Mali, dont la Française Sophie Pétronin, étaient des «groupes terroristes» que l’armée française continuerait à combattre «avec la dernière détermination».

«Il y a des propos qui ont été tenus au moment de la libération de Sophie Pétronin qui, me semble-t-il, risquent de fausser l’appréciation qu’on doit avoir de la situation au Mali, de l’engagement des armées françaises», a déclaré le général François Lecointre devant la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat.

Après sa libération, Sophie Pétronin s’est gardé de parler de ses gardiens comme de «djihadistes». «Appelez-les comme vous voulez, moi je dirais que ce sont des groupes d’opposition armés au régime», a-t-elle dit. Pour le général Lecointre, «il s’agit bien d’une organisation terroriste et de groupes terroristes qui ont fait allégeance à Al-Qaida».

Il faisait notamment référence au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). On ne peut absolument pas imaginer que ce groupe puisse être désigné comme un groupe armé d’opposition au régime malien», a-t-il ajouté.

«Nous continuerons à combattre »

«Il doit être très clair pour l’ensemble des familles qui ont perdu des leurs dans le combat que nous menons au Mali depuis des années que nous ne dévions pas de ligne, que notre combat reste le même et qu’il est tout aussi légitime qu’il l’était», a-t-il encore souligné.

«En ce concerne cette libération d’otages, je confirme que la France n’a en rien été impliquée dans des négociations d’aucune sorte avec ce groupe terroriste que nous continuerons à combattre avec la dernière détermination», a-t-il ajouté.

Sophie Pétronin, dernière otage française dans le monde, a recouvré la liberté au Mali en même temps qu’un prêtre et un jeune italiens ainsi que l’homme politique malien Soumaïla Cissé, après des mois voire des années de détention aux mains présumées des djihadistes.

Par Le Figaro avec AFP

Mali: au moins cinq habitants tués, leur village assiégé

octobre 11, 2020

À la suite de cet enlèvement, les ravisseurs, des jihadistes présumés, encerclent Farabougou, selon les responsables locaux.

Au moins cinq habitants d’un village du centre du Mali ont été tués par de présumés jihadistes qui assiègent leur localité, a appris l’AFP dimanche auprès de témoins et de responsables locaux.

Ces violences font suite à l’enlèvement mardi lors de la foire hebdomadaire du village de Farabougou, dans le secteur de Niono (centre), d’une vingtaine de personnes, dont neuf étaient retenues depuis.

À la suite de cet enlèvement, les ravisseurs, des jihadistes présumés, encerclent Farabougou, selon les responsables locaux. «Le village est coupé du pays par les terroristes qui ont bloqué toutes les voies d’accès», a déclaré le chef de village, Boukary Coulibaly. Des villageois qui tentaient d’y rentrer sont tombés dans une embuscade qui a fait cinq morts et une quinzaine de blessés, selon lui. Les assaillants ont «tué six personnes le vendredi», a précisé à l’AFP un élu de la localité sous couvert de l’anonymat pour des raisons de sécurité. Un habitant contacté par téléphone a confirmé que «six civils ont été tués par les jihadistes», et d’autres personnes «sont portées disparues».

Selon un élu d’une localité située à 15 km, «c’est une embuscade tendue par les jihadistes aux civils qui voulaient retourner dans leur village qui a causé la mort de six personnes et 22 autres ont été blessées». «Les villageois n’ont plus à manger.Ils ne peuvent pas sortir du village et personne ne peut entrer à cause de la présence des jihadistes qui contrôlent tout», a ajouté la même source. Au moment de l’embuscade, un autre groupe à bord de pick-ups et de motos «est allé enlever l’ensemble des troupeaux de Farabougou, plus de 3000 têtes de bovins et de petits ruminants», a affirmé un villageois, Youssoufa Coulibaly.

Interrogé par l’AFP, un responsable du ministère de la Sécurité a assuré que «les mesures sont prises pour débloquer rapidement la situation».

Le centre du Mali est pris dans un tourbillon de violences depuis l’apparition en 2015 dans cette région d’un groupe jihadiste mené par le prédicateur peul Amadou Koufa, qui a largement recruté au sein de sa communauté. Les affrontements se sont multipliés depuis entre les Peuls, majoritairement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé leurs «groupes d’autodéfense» notamment en s’appuyant sur les chasseurs traditionnels «dozos».

Par Le Figaro avec AFP

                                                  

France-Paris: Attaque près de l’ex-siège de Charlie Hebdo : la piste islamiste

septembre 25, 2020

Un Pakistanais de 18 ans a reconnu l’équipée au hachoir qui a fait deux blessés.

Pour la seconde fois en cinq ans, le sang a coulé là où se trouve l’ancien siège de Charlie Hebdo. Alors qu’en 2015, les frères Kouachi avaient semé la mort dans la rédaction du journal satirique en vidant des chargeurs de kalachnikov, l’attaque a été perpétrée ce vendredi à l’arme blanche dans le secteur Richard-Lenoir, sous les fenêtres de l’hebdomadaire, faisant deux blessés, dont une personne dans un état grave. Le raid, qui porte la marque de la furie islamiste, a été commis en quelques minutes. En raison du mode opératoire et du profil de l’assaillant, le parquet national antiterroriste a été saisi et a confié le soin des investigations à la section spécialisée de la Brigade criminelle de Paris ainsi qu’à la Direction générale de la sécurité intérieure.

Vers 11 h 45, un inconnu vêtu d’un sweat-shirt vert fluo et de baskets rouges marche sur la rue Nicolas-Appert, dans le 11earrondissement. Il porte un hachoir de boucher à la main. Déterminé, il s’avance en direction de l’agence de presse Premières Lignes, située dans l’immeuble où Charb et son équipe ont été massacrés. En voyant deux salariés, une femme et un homme chargés de production, qui étaient en train de griller une cigarette, il se met à les frapper à plusieurs reprises. Avant de prendre la fuite par le métro, l’agresseur abandonne l’arme blanche sur place. La jeune femme, grièvement touchée à la tête, a été transportée en état d’« urgence absolue » vers un hôpital placé sous bonne garde, tandis que son collègue, plus légèrement atteint, a été admis dans un second établissement, lui aussi sécurisé. La scène a été filmée par des caméras de vidéosurveillance et par des vidéastes amateurs qui décrivent alors un individu de type « indou ».

Deux suspects

Au terme d’une courte chasse à l’homme, le principal suspect, sans papiers mais donnant l’identité d’un Pakistanais de 18 ans, a été interpellé peu après 12 h 30 au pied des marches de l’Opéra Bastille. Le visage maculé de sang, il a été placé en garde à vue au 36, rue du Bastion, siège de la brigade criminelle et de la PJ parisienne.

L’identité fournie par le terroriste présumé correspond à celle d’un homme connu pour des faits de droit commun, notamment pour port d’armes prohibées – une arme blanche – et violences volontaires, mais qui n’apparaissait jusqu’ici dans aucun radar des services spécialisés pour radicalisation. Il a reconnu les faits avant même le début de son audition, qui devrait durer 96 heures avec l’aide d’un interprète, dans le cadre de l’enquête de flagrance ouverte pour « tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

Un second suspect de 33 ans, présenté comme étant « de petite taille et porteur d’une barbe naissante », a été interpellé par la Brigade des réseaux ferrés vers 13 h 30 à hauteur du métro Richard-Lenoir parce qu’il apparaissait non loin du principal suspect sur une bande-vidéo de la RATP. Mais son implication semblait encore très floue dans l’après-midi. En fin de journée, trois nouvelles personnes ont été interpellées à Pantin, lors d’une perquisition. Les trois hommes de nationalité pakistanaise partageaient le même domicile que le principal suspect, selon nos informations. Si les circonstances de l’attaque sont assez claires, les auditions et perquisitions devront permettre de mieux comprendre les motivations de cette sauvage équipée.

« Menaces précises »

Au premier stade des investigations, l’attaque répond à un calendrier bien précis. Elle intervient alors que le procès aux assises des attentats de janvier 2015 achève sa troisième semaine d’audience et que la republication des caricatures de Mahomet a provoqué l’ire des radicaux musulmans. En particulier à Islamabad au Pakistan, où les sunnites ont brûlé des drapeaux tricolores en scandant : « Stop Charlie Hebdo » et « Cessez d’aboyer, chiens français ». La directrice des ressources humaines de Charlie Hebdo, Marika Bret, a dû être exfiltrée de son domicile par ses officiers de sécurité en raison de « menaces précises et circonstanciées », reçues le 14 septembre.

Trois jours auparavant, al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa) avait exhorté ses troupes à châtier à nouveau les membres du journal satirique. Dans une lettre de cinq feuillets publiée le 11 septembre, la branche yéménite du réseau djihadiste a invité « les musulmans de France, d’Europe et de l’extérieur, les moudjahidins de tous les fronts et nos héroïques lions solitaires, à les poignarder ». Le Pakistanais interpellé a pu répondre à ces stimuli en frappant vendredi.

Une fois encore, la psychose a gagné l’est de la capitale. Peu avant midi, un périmètre élargi a été mis en place autour de l’ex-siège de Charlie en raison de la présence d’un colis suspect, jusqu’à ce que le laboratoire central de la Préfecture de police lève le doute. Alors que la population a été invitée à éviter le secteur et que six stations de métro ont été fermées plusieurs heures, 125 écoles des 11e, 3e et 4e arrondissements ont été confinées avant que les parents soient invités, à partir de 15 heures, à venir chercher leurs enfants.

En lien depuis l’Élysée avec le nouveau coordinateur national du renseignement Laurent Nuñez, Emmanuel Macron a suivi en direct l’évolution de cette affaire. Le premier ministre, Jean Castex, et le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, se sont rendus sur place sans formuler de commentaire. Il est vrai que les faits parlent d’eux-mêmes. La France vient d’être à nouveau frappée. «Manifestement, c’est un acte de terrorisme islamiste», a d’ailleurs déclaré Gérald Darmanin invité du journal de 20 heures de France 2. Il s’agit du 33e attentat commis depuis 2017 sur le territoire national au nom d’Allah.

Par Le Figaro avec Christophe Cornevin

L’ambassadrice américaine à Pretoria menacée par l’Iran ?

septembre 16, 2020
Jusqu'en 2019, l'ambassadrice américaine en Afrique du Sud Lana Marks était davantage connue pour sa marque de sacs à main éponyme que pour son parcours diplomatique.

Proche de Donald Trump, Lana Marks serait visée en représailles à l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani.

Selon le média américain Politico, qui cite des sources du renseignement américain, l’ambassadrice américaine en Afrique du Sud Lana Marks, proche du président américain qui l’a nommée à son poste en janvier, serait menacée d’assassinat par l’Iran.

« Toute attaque par l’Iran (…) contre les États-Unis, provoquera une attaque contre l’Iran 1000 fois plus importante », a réagi Donald Trump le 15 septembre sur son compte Twitter.

Depuis la mort de Qassem Soleimani, tué par une frappe de drone américain à Bagdad le 3 janvier 2020, l’Iran menace régulièrement l’Amérique de représailles.

Responsable charismatique des opérations extérieures iraniennes, opérant notamment en Afghanistan, en Irak, en Syrie ou encore au Liban, Qassem Soleimani était devenu le visage de la politique régionale iranienne et le leader de facto des milices pro-iraniennes dans ces pays.
Tirs de roquette

Jusqu’alors, Téhéran a principalement menacé les intérêts américains en Irak, où les forces pro-iraniennes tiennent le haut du pavé. L’ambassade américaine à Bagdad est ainsi sporadiquement prise pour cible par des tirs de roquette, attaques auxquelles l’administration américaine a jusqu’ici essentiellement répondu en renforçant les sanctions économiques contre Téhéran.

Restent que les raisons qui pousseraient la République islamique à s’en prendre à Lana Marks demeurent obscures. Née en Afrique du Sud, l’Américaine, qui a été l’amie de l’ex-princesse de Galles Diana Spencer (décédée en 1997), était davantage connue pour sa marque de sacs à main éponyme que pour son parcours diplomatique, inexistant avant sa nomination en 2019.

CETTE MENACE EST CONNUE DES AMÉRICAINS DEPUIS LE PRINTEMPS DERNIER

Choisie personnellement par Donald Trump pour représenter les États-Unis en Afrique du Sud, c’est peut-être sa proximité avec le président américain qui en ferait une cible potentielle pour l’Iran.

Toujours selon Politico, cette menace est connue des Américains depuis le printemps dernier, et l’ambassade iranienne à Pretoria serait impliquée dans le projet de complot.

En 2015, le média qatari Al Jazeera avait révélé l’existence d’un complexe réseau d’hommes d’affaires, de sociétés-écrans et d’agents d’influence iraniens en Afrique du Sud. Pretoria a été approchée par des officiels iraniens pour contourner les sanctions.

Téhéran a ainsi lorgné les technologies de guidage des missiles développées par l’Afrique du Sud et les compétences sud-africaines en matière de surveillance électronique et de hacking. Sans grand succès, l’armée sud-africaine craignant qu’une telle coopération ne lui attire des sanctions américaines.

Ali Rabiei, le porte-parole du gouvernement iranien, a à son tour réagi au tweet de Donald Trump, qu’il a qualifié de « propagande », ajoutant que la mort de Qassem Soleimani constituait une « ignominie »

Avec Jeune Afrique par Jihâd Gillon

Mozambique: des djihadistes s’emparent de deux îles proches d’un important projet gazier

septembre 11, 2020

 

Des djihadistes se sont emparés de deux îles de l’océan Indien dans le nord du Mozambique, menaçant le trafic maritime dans une région où un projet d’exploration gazière offshore de plusieurs milliards de dollars est en cours de développement, ont affirmé vendredi des habitants. Des témoins ont rapporté à l’AFP que des djihadistes ont pris le contrôle mercredi soir des îles de Metundo et Vamizi, situées au large de la province de Cabo Delgado.

«Ils sont arrivés la nuit dans des petits bâteaux de pêche. Ils ont fait sortir les personnes des maisons avant de brûler (les habitations)», a affirmé un témoin qui avait fui Mocimboa da Praia pour Metundo. «Ils n’ont blessé personne, ils ont juste donné l’ordre de quitter les îles», a-t-il raconté par téléphone, ajoutant qu’il s’était réfugié dans les terres dans la ville minière de Montepuez. Les îles étaient principalement habitées par des personnes déplacées ayant fui leurs villages sur le continent où les attaques prenaient de l’ampleur. Un autre témoin a déclaré que les djihadistes ont donné l’ordre aux habitants de quitter l’île avant d’incendier leurs maisons.

«Ils nous ont rassemblés et nous ont dit de fuir si on voulait vivre. Je crois que tout le monde a quitté l’île», a déclaré ce témoin souhaitant rester anonyme. L’occupation de ces îles intervient un mois après celle de Mocimboa da Praia, une ville portuaire stratégique par des djihadistes affiliés au groupe État islamique (EI). Le port représentait un point de passage important pour les livraisons de fret et le développement d’un immense projet de gaz naturel liquéfié (GNL). Ce projet, auquel participe notamment le groupe français Total, constitue l’un des plus gros investissements en Afrique. Pays pauvre, le Mozambique mise sur l’exploitation du gaz pour augmenter ses revenus et devenir l’un des principaux exportateurs de gaz naturel au monde.

Depuis 2017, les attaques de groupes armés jihadistes ont causé la mort de 1500 personnes et fait plus de 250.000 déplacés. Les forces armées mozambicaines sont toujours à pied d’oeuvre pour reconquérir le port de Mocimboa da Praia, occupé depuis le 12 août. Les attaques djihadistes dans la province du Cabo Delgado ont condamné le réseau routier entre la capitale de la province Pemba et la région gazière de Palma. Le transport maritime était devenu l’alternative pour l’acheminement des biens et des personnes. Le groupe Total a annoncé en juillet la signature d’un accord de financement de 13 milliards d’euros pour son projet d’exploitation d’importantes réserves sous-marine de gaz, découvertes au large de la province du Cabo Delgado, à la frontière avec la Tanzanie. La police locale a refusé de s’exprimer sur l’occupation des îles.

Par Le Figaro avec AFP

La poussée jihadiste au Mozambique met à l’épreuve les États d’Afrique australe

août 16, 2020

Un soldat au Mozambique, en 2019. Photo d'illustration.

Un soldat au Mozambique, en 2019. Photo d’illustration. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

 

L’audacieuse attaque qui a permis à des jihadistes de s’emparer d’un port stratégique du nord du Mozambique, riche en gaz, met à l’épreuve les capacités de réaction des pays d’Afrique australe, selon des analystes.

Pour la troisième fois cette année, des jihadistes affiliés au groupe État islamique (EI) ont attaqué la petite ville de Mocimboa da Praia, s’emparant mercredi de son port stratégique pour l’immense projet de gaz naturel liquéfié (GNL) de la région, l’un des plus gros investissements en Afrique, auquel participe notamment le groupe français Total.

La province de Cabo Delgado, la plus septentrionale du pays, limitrophe de la Tanzanie, est la cible depuis octobre 2017 d’attaques jihadistes qui ont fait plus de 1 500 morts et de 250 000 déplacés. Le gouvernement mozambicain n’a fini par reconnaître la présence de ces jihadistes sur son sol qu’en avril 2020.

Un sommet de SADC prévu

Un sommet virtuel des chefs d’État des pays de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) est prévu lundi et les analystes espèrent que cette présence jihadiste sera au cœur de la rencontre, d’autant que le Mozambique doit prendre la présidence tournante de la SADC.

Cette organisation devrait « d’urgence aider le Mozambique à endiguer cette rébellion violente », selon l’Institut d’études de la sécurité (ISS) basé à Pretoria, qui voit dans ce sommet « une occasion majeure de prendre des actions décisives pour aider à mettre fin à la crise ».

En mai, la division chargée de la sécurité de la SADC a promis d’aider le Mozambique à s’attaquer à la rébellion jihadiste. « Il est vraiment temps pour la SADC d’intervenir », estime l’activiste Adriano Nuvunga, directeur du Centre pour la démocratie et le développement du Mozambique, basé à Maputo.

Sociétés de sécurité privées

Jusqu’à présent, le Mozambique a fait appel à des sociétés de sécurité privées pour tenter de reprendre le contrôle de ses régions du nord, dont la russe Wagner et la sud-africaine Dyck Advisory Group, selon plusieurs spécialistes des questions de sécurité. Mais « l’action militaire du gouvernement, y compris le recours à des mercenaires, n’a pas mis un terme aux attaques », note l’ISS.

Jeudi, lors d’une réunion préparatoire au sommet régional, la ministre mozambicaine des Affaires étrangères, Veronica Macamo, a affirmé que « si le terrorisme et l’extrémisme violent n’étaient pas contenus, ils pouvaient s’étendre » à toute l’Afrique australe.

En 2008, la SADC a créé une brigade prête à intervenir dans des situations de conflit qui a pour la dernière fois été déployée au Lesotho en 2017, à la suite du meurtre du chef de l’armée. Si elle était envoyée au Mozambique, il s’agirait de la première confrontation de cette brigade avec des jihadistes.

« Il ne semble pas que la SADC aille pour l’instant au-delà des déclarations d’affichage », a déclaré l’analyste Jasmine Opperman, doutant de la capacité militaire et financière de l’organisation régionale à envoyer des forces dans la province de Cabo Delgado.

Qatar africain

Une puissance régionale comme l’Afrique du Sud, qui pourrait envoyer des troupes chez son voisin mozambicain, est bien trop occupée actuellement à utiliser son armée pour faire respecter les mesures destinées à lutter contre la pandémie de coronavirus. Elle participe en outre à hauteur d’un millier de soldats à la mission de l’ONU dans l’est de la RDC.

Et même si des forces régionales étaient déployées au Mozambique, ce ne serait « qu’un cautère sur une jambe de bois » si, en parallèle, on ne s’attaque pas « à court ou moyen terme » au sous-développement et aux frustrations des populations qui alimentent les groupes jihadistes, selon Jasmine Opperman.

Or, chaque attaque sur Mocimboa da Praia est un obstacle au développement du projet de GNL, qui selon les experts pourrait transformer ce pays en une sorte de Qatar africain et l’un des premiers exportateurs mondiaux de gaz naturel. Le port est essentiel au ravitaillement du projet, situé à environ 60 km plus au nord, sur la péninsule d’Afungi.

Par Jeune Afrique avec AFP

Burkina Faso : le grand imam de Djibo retrouvé mort

août 15, 2020
Des soldats burkinabè, lors d'un exercice (Illustration).
Des soldats burkinabè, lors d’un exercice (Illustration). © DR / état-major des armées Burkina Faso

 

Souaibou Cissé, important imam du nord du Burkina Faso enlevé mardi par un groupe armé, a été retrouvé mort samedi près du lieu du rapt.

« Après plusieurs jours de recherches infructueuses, le corps sans vie du grand imam a été retrouvé ce (samedi) matin, malheureusement sans vie, non loin du lieu de son enlèvement », a déclaré un élu local, joint de Ouagadougou.

« C’est triste, mais c’est son corps qui a été retrouvé. Dès membres de sa famille ont procédé à l’identification du corps et s’apprêtent à procéder à l’inhumation qui aura lieu dans l’après-midi même », a confirmé un habitant de Djibo.

Un leader religieux modéré

Souaibou Cissé, grand imam de Djibo, 73 ans, avait été enlevé mardi « par un groupe d’individus armés, qui ont intercepté le car dans lequel il regagnait Djibo après un séjour à Ouagadougou », avait-on appris de sources de sécurité. Président de la communauté musulmane de Djibo, présenté comme un « leader religieux modéré, qui prônait la tolérance », Souaibou Cissé faisait parti de « ceux qui avaient refusé de quitter la ville malgré les menaces », selon des proches, rappelant qu’il avait à plusieurs reprises échappé à des attaques, notamment contre son domicile.

Depuis plusieurs mois, Djibo est de plus en plus menacé, des groupes armés imposant un blocus à cette grande ville du nord, entraînant des pénuries régulières de produits de première nécessité (denrées alimentaires, gaz, carburant et médicaments), selon des habitants. Lors d’une visite surprise en juin, le président Roch Marc Christian Kaboré avait promis le retour des forces de sécurité dans cette ville.

 Par Jeune Afrique avec AFP