Archive for the ‘Terrorisme’ Category

Nigeria: 300 détenus dont 60 jihadistes s’évadent après une attaque présumée de Boko Haram

juillet 6, 2022
Nigeria: 300 detenus dont 60 jihadistes s'evadent apres une attaque presumee de Boko Haram
Nigeria: 300 détenus dont 60 jihadistes s’évadent après une attaque présumée de Boko Haram© AFP/Kola Sulaimon

Plus de 300 détenus dont une soixantaine de jihadistes se sont échappés mardi soir d’une prison située en banlieue d’Abuja, capitale du Nigeria, après une attaque présumée de Boko Haram, a affirmé mercredi le gouvernement.

Les 64 jihadistes incarcérés dans cet établissement se sont évadés, « plus aucun ne se trouve à l’intérieur », a déclaré mercredi devant la presse le ministre de la Défense, Bashir Magashi, ajoutant qu’il était « très vraisemblable » que des combattants de Boko Haram aient mené l’attaque .

Des commandants d’Ansaru, un groupe jihadiste affilié à Al-Qaïda, dont le chef Khalid Barnawi, étaient détenus dans ce centre pénitentiaire de moyenne sécurité de Kuje, depuis leur condamnation en 2017.

Des habitants de la région ont rapporté avoir entendu mardi soir de fortes explosions et des tirs près de la prison.

« On a entendu des coups de feu dans ma rue. On pensait que c’était des voleurs armés », a affirmé un habitant. « La première explosion est survenue après les coups de feu. Puis il y en a eu une deuxième et une troisième ».

Le président Muhammadu Buhari s’est rendu sur place mercredi après-midi, où les débris calcinés d’un bus et de plusieurs voitures semblaient comme figés devant une partie détruite de la prison.

« Pour l’instant, nous avons récupéré environ 300 (détenus) sur les quelque 600 qui sont sortis des cellules de la prison », a précisé un responsable du ministère de l’Intérieur, Shuaibu Belgore. Certains détenus se sont rendus tandis que d’autres ont été recapturés, a-t-il précisé.

Un agent de sécurité a été tué dans l’attaque, a affirmé le porte-parole des services pénitentiaires, Abubakar Umar.

Les responsables de la prison tentent toujours de déterminer le nombre exact de détenus manquant à l’appel, selon M. Umar.

Dans la matinée, les forces de sécurité ont ramené à la prison, dans une camionnette noire, une vingtaine de détenus recapturés, a constaté sur place un correspondant de l’AFP.

L’ancien haut responsable de la police, Abba Kyari, détenu au Centre pénitentiaire de Kuje dans l’attente de son procès pour trafic de drogue, est toujours en détention, a-t-il ajouté.

Embuscade

Les forces de sécurité du Nigeria combattent les jihadistes de Boko Haram et ceux du groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) dans le nord-est du pays, où un conflit vieux de 13 ans a fait 40.000 morts et 2,2 millions de déplacés.

L’armée est également déployée pour lutter contre des bandes criminelles lourdement armées, appelées localement « les bandits », qui terrorisent le nord-ouest et le centre, attaquant les villages et procédant à des kidnapping de masse.

Quelques heures avant l’attaque du la prison de Kuje, des hommes armés ont également tendu une embuscade à un détachement d’agents de sécurité du président Muhammadu Buhari – qui n’était pas dans le convoi -, près de sa ville natale où il doit se rendre ce weekend dans l’Etat de Katsina (nord-ouest).

Deux agents ont été légèrement blessés dans l’attaque et l’identité des auteurs reste pour l’heure inconnue. « Les assaillants ont ouvert le feu sur le convoi (…) mais ont été repoussés par des militaires, la police et les agents du DSS », a déclaré la présidence.

Cette embuscade illustre une nouvelle fois l’insécurité quasi-généralisée dans le pays le plus peuplé d’Afrique (215 millions d’habitants).

Au Nigeria, les prisons, souvent surpeuplées et gardées par des membres des forces de sécurité débordés, sont la cible de fréquentes attaques.

L’année dernière, plus de 1.800 détenus s’étaient ainsi échappés après que des hommes lourdement armés eurent attaqué à l’explosif une prison du sud-est du pays, en proie à des agitations séparatistes.

Par Le Point avec AFP

Bénin : nouvelle attaque jihadiste dans le nord

juin 27, 2022

Deux policiers ont été tués dans l’attaque d’un commissariat par des hommes armés.

Un centre de formation spécial a été construit à l’intérieur du parc national de la Pendjari où les rangers s’entrainent. © STEFAN HEUNIS/AFP.

Depuis la fin de 2021, l’armée béninoise est la cible de plusieurs attaques meurtrières dans le nord du pays, où elle est déployée pour contenir les groupes jihadistes présents chez ses voisins nigérien et burkinabé.

Le 26 juin au petit matin, c’est le commissariat de Dassari, situé dans le département de l’Atacora, frontalier du Burkina Faso, qui a été attaqué. Deux policiers ont été tués, un autre est grièvement blessé et « se trouve en soins intensifs », a précisé un officier ajoutant que deux assaillants ont été tués lors d’échanges de tirs.

Déploiement à la frontière

La première attaque meurtrière connue dans le nord du Bénin remonte à décembre 2021, quand deux soldats avaient été tués dans une localité proche de la frontière avec le Burkina Faso, où sévissent des groupes jihadistes. Le gouvernement avait alors annoncé un déploiement militaire pour sécuriser ses frontières.

Fin mai, le pays avait connu près d’une vingtaine d’attaques de groupes armés : c’est la première fois que le gouvernement dressait un bilan global. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont aux prises avec des insurrections jihadistes et les États voisins comme le Bénin, le Ghana, le Togo et la Côte d’Ivoire s’inquiètent de débordements sur leur territoire.

Début mai, huit soldats togolais ont été tués au cours de la première attaque jihadiste officielle au Togo. Elle a été revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), la principale alliance jihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda.

Par Jeune Afrique avec AFP

Mali : Amadou Koufa accuse l’armée et Wagner d’avoir tué des « centaines d’innocents » à Moura

juin 24, 2022

Dans une vidéo de propagande, le chef de la katiba Macina, affiliée à Al-Qaïda, donne sa version des faits sur l’opération militaire qui a endeuillé ce village du centre, fin mars.

Amadou Koufa. © DR

La vidéo, qui dure à peine plus de deux minutes, a été diffusée le 23 juin au soir sur les réseaux sociaux par Al-Zallaqa, l’organe de propagande du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). Amadou Koufa y apparaît face caméra, en chèche noir et boubou blanc, et s’exprime posément en arabe classique.

L’émir de la katiba Macina, affiliée au GSIM d’Iyad Ag Ghaly, y donne sa version des faits sur l’opération menée du 27 mars au 1er avril par l’armée malienne et les mercenaires de Wagner à Moura, dans le centre du Mali.

Cinq jours de massacre

Durant ces cinq jours, les Forces armées maliennes (Fama) et leurs supplétifs de la société militaire privée russe ont investi ce village de la zone dite inondée et sous contrôle de la katiba Macina depuis plusieurs années. Une opération « d’opportunité aéroterrestre de grande envergure » selon les autorités maliennes, qui aurait permis la neutralisation de 203 « combattants de groupes armés terroristes ». Un « massacre », selon de nombreuses sources locales et indépendantes, au cours duquel 300 à 400 civils auraient été tués par les Fama et leurs alliés.À LIREMali – massacre de Moura : « Toute la nuit, ils ont pris des gens et les ont tués »

Face à la caméra, Koufa accuse nommément « l’armée malienne et Wagner », lesquels auraient bénéficié de la complicité de « mécréants rivaux des habitants de Moura ». Il affirme aussi, comme l’ont indiqué à l’époque plusieurs sources concordantes, que certains de ces combattants étaient bien présents à la foire de Moura quand l’opération a été déclenchée.

CES GENS N’ÉTAIENT PAS TOUS DES MOUDJAHIDINES. IL N’Y EN AVAIT QU’UNE TRENTAINE PARMI EUX

« Quand ils ont attaqué au marché, les moudjahidines qui étaient sur place ont défendu leur frères musulmans, poursuit-il. Ils ont tué des centaines d’innocents isolés et fait prisonniers des dizaines de malheureux. Ces gens n’étaient pas, comme ils le prétendent dans leurs médias mensongers, tous des moudjahidines. Il n’y en avait qu’une trentaine parmi eux. »

D’après Koufa, ses hommes ont ensuite « riposté aux opérations de recherche et de ratissage de l’armée malienne et de Wagner ». Il affirme également qu’ils leur auraient infligé de « lourdes pertes » et qu’ils auraient « récupéré des armements ».

La France capture un important chef jihadiste au Mali

juin 15, 2022

Un important chef jihadiste a été capturé dimanche au Mali par des soldats français au moment où ceux-ci entrent dans la dernière phase de leur retrait de ce pays, a annoncé l’état-major français mercredi.

En parallèle, les mercenaires du groupe paramilitaire russe Wagner sont arrivés mercredi à Ménaka (nord-est du Mali) sur la base militaire rétrocédée lundi à l’armée malienne par les Français, qui s’attendent à une nouvelle tentative de manipulation de l’information pour leur nuire, a appris l’AFP de sources concordantes.

« Dans la nuit du 11 au 12 juin 2022, une opération de la force Barkhane conduite à proximité de la frontière malo-nigérienne a permis la capture d’Oumeya Ould Albakaye, haut responsable de l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) », antenne sahélienne de la nébuleuse mondiale, a indiqué l’état-major français dans un communiqué.

Oumeya Ould Albakaye était le chef de l’EIGS pour le Gourma, au Mali, et pour l’Oudalan, au nord du Burkina Faso, selon l’état-major. Le jihadiste était « un temps pressenti pour succéder à l’ancien émir » Adnan Abou Walid Al-Sahraoui, a dit à l’AFP une source sécuritaire, faisant référence au chef de l’EIGS tué par l’armée française en août 2021 dans la même région.

Un habitant de Tessit et un élu local de cette zone dite des trois frontières (Mali, Niger, Burkina Faso) ont confirmé la capture, sous le couvert de l’anonymat pour des raisons de sécurité.

La zone des trois frontières est un des foyers les plus actifs de la violence polymorphe qui sévit au Sahel. C’est un théâtre d’opérations pour les groupes jihadistes affiliés à l’Etat islamique ou à Al-Qaïda, différents groupes combattants, les armées des trois pays frontaliers et les soldats de la force antijihadiste française Barkhane.

Oumeya Ould Albakaye « a organisé plusieurs attaques contre différentes emprises militaires au Mali, dont celle de Gao. Il dirigeait des réseaux de mise en oeuvre d’engins explosifs improvisés », a rapporté l’état-major français. Il visait les routes empruntées par Barkhane pour mener à bien son retrait du Mali et son repositionnement, a-t-il ajouté.

L’état-major dit le tenir pour responsable d’un grand nombre d’exactions contre les populations maliennes et burkinabè.

Barkhane l’interrogera pendant quelques jours avant de le remettre aux autorités maliennes, selon l’état-major.

La France, qui a concentré son action ces derniers mois dans cette zone, a donc opéré au Mali alors que, poussée vers la sortie par la junte au pouvoir à Bamako depuis août 2020, elle est en passe de boucler son retrait militaire de ce pays après neuf ans d’engagement, et de « réarticuler » son dispositif au Sahel.

Les Russes à Ménaka

L’armée française a remis lundi aux Maliens les clés de la base de Ménaka dans la même vaste région, et aura quitté le Mali pour de bon à la fin de l’été avec le transfert de la base de Gao.

Or selon deux sources françaises proches du dossier, « plusieurs dizaines » de paramilitaires russes sont arrivés ce mercredi à Ménaka. Une source locale a quant à elle affirmé à l’AFP avoir constaté la présence d' »une dizaine de Russes » sur le camp militaire rendu par l’armée française aux Maliens.

Avant son départ de la base avancée de Ménaka lundi, l’armée française avait prévenu qu’elle serait « très vigilante aux attaques informationnelles », soupçonnant de possibles manoeuvres pour nuire à son image, incluant l’organisation de manifestations anti-françaises, des accusations de collusion entre Barkhane et les jihadistes ou encore l’enfouissement de corps pour faire croire à des exactions commises par les Français.

Au lendemain de la précédente rétrocession d’un base française, en avril à Gossi, l’état-major français avait diffusé des vidéos tournées par un drone montrant selon lui des paramilitaires de la société russe Wagner en train d’enterrer des corps non loin de l’emprise, en vue de faire accuser la France de crimes de guerre.

Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a refusé catégoriquement lundi que les avions français continuent à apporter leur soutien à la mission de l’ONU au Mali (Minusma).

Dans différents documents récents, les Nations unies s’inquiètent de la situation dans la région après le retrait de Barkhane du Mali, amorcé en février. L’émissaire de l’ONU au Mali, El-Ghassim Wane, a fait état d’une « détérioration » depuis le début de l’année, lundi au Conseil de sécurité où s’ouvrait le débat sur le renouvellement de mandat de des Casques bleus au Mali.

La dégradation des relations entre la France et le Mali est devenue a irrévocable ces derniers mois avec le recours par la junte à ce qu’elle présente comme des instructeurs russes, des mercenaires de la société russe Wagner aux agissements controversés en Afrique et ailleurs selon la France et ses alliés.

La junte assure inverser la tendance contre les jihadistes depuis lors.

Les maigres informations remontant de l’immense zone frontalière, reculée et difficilement accessible, font pourtant état de centaines de civils tués et de milliers de déplacés ces derniers mois dans les régions de Ménaka et Gao plus à l’ouest.

Plusieurs massacres y ont été imputés à l’EIGS au cours de l’année écoulée.

La dernière attaque d’envergure – non revendiquée – est survenue dimanche soir à Seytenga, au Burkina Faso, faisant 79 morts selon un bilan officiel encore provisoire.

« Notre frontière avec le Mali est aujourd’hui sous la coupe de l’Etat islamique au Grand Sahara », déclarait mi-mai le président du Niger Mohamed Bazoum.

Par Le Point avec AFP

Un Casque bleu tué dans une attaque « terroriste » au Mali

juin 1, 2022

Un Casque bleu est mort et trois autres ont été blessés après une attaque qualifiée de « terroriste » dans le nord du Mali.

Un Casque bleu au Mali (iIllustration).
Un Casque bleu au Mali (iIllustration).© AMAURY HAUCHARD / AFP

Le porte-parole de la Minusma, Olivier Salgado, a annoncé sur les réseaux sociaux qu’un Casque bleu est décédé ce mercredi matin dans l’attaque de leur convoi à Kindal, dans le nord du Mali. Trois autres sont blessés, a-t-il précisé. Les Casques bleus atteints font partie du contingent jordanien de la Minusma, a indiqué un responsable sécuritaire sous le couvert de l’anonymat. La Minusma avait évoqué auparavant une attaque « terroriste » sans en préciser les auteurs présumés.

« Leur convoi a essuyé des tirs directs à l’arme légère et RPG (lance-roquettes) pendant environ une heure », avait indiqué Olivier Salgado dans un premier tweet. « Malheureusement, l’un des Casques bleus a succombé à ses blessures suite à l’attaque de ce matin », a-t-il ajouté plus tard.

Avec ses quelque 13 000 soldats, la Minusma, créée en 2013 pour soutenir le processus politique malien, est la mission de maintien de paix de l’ONU ayant subi le plus de pertes humaines. Au total, 172 de ses Casques bleus sont morts dans des attaques, selon la mission.

Une crise politique et sécuritaire

Le Mali, pays pauvre et enclavé au cœur du Sahel, a été le théâtre de deux coups d’État militaires en août 2020 et en mai 2021. La crise politique va de pair avec une grave crise sécuritaire en cours depuis 2012 et le déclenchement d’insurrections indépendantiste et jihadiste dans le nord.

Le pays est désormais dirigé par une junte qui s’est détournée de la France et de ses partenaires, et s’est tournée vers la Russie pour tenter d’endiguer la propagation djihadiste qui a gagné le centre et le Burkina Faso et le Niger voisins. Ces violences ont fait des milliers de morts civils et militaires ainsi que des centaines de milliers de déplacés.

Par Le Point avec AFP

Le Togo subit sa première attaque jihadiste meurtrière

mai 11, 2022

Un détachement militaire situé non loin de la frontière burkinabè a été pris pour cible dans la nuit du 10 au 11 mai. Huit soldats ont été tués, selon le gouvernement.

Des soldats togolais en patrouille dans le village de Namoundjoga, au nord du pays, le 17 février 2020. © PIUS UTOMI EKPEI/AFP.

Sans doute n’était-ce qu’une question de temps, tant les pays de la sous-région sont, un à un, pris pour cible par les groupes terroristes qui sévissent dans celle-ci. Dans la nuit du 10 au 11 mai, aux environs de 3 h du matin, un poste militaire situé dans la localité de Kpékpakandi, non loin de la frontière avec le Burkina Faso, a été attaqué. Pour la première fois, des victimes sont à déplorer dans les rangs de l’armée.

Selon nos informations, les assaillants lourdement armés sont arrivés par dizaines, juchés sur des motos, et ont ouvert le feu sur les militaires togolais. S’est ensuivi un échange de tirs mais, l’effet de surprise jouant en leur faveur, ils sont parvenus à prendre le contrôle du poste. Des images montrant la violence des combats circulent déjà sur les réseaux sociaux, à l’instar de celles où l’on voit un pick-up incendié et un soldat blessé pris en chasse.

Attaque complexe et coordonnée

Dans un communiqué publié ce 11 mai dans l’après-midi, les autorités togolaises ont dénoncé une « attaque lâche et barbare », dans laquelle huit soldats ont été tués et treize autres blessés. Elles ont appelé « la population des localités concernées à une vigilance accrue et à ne pas céder à la panique », tout en les invitant « à collaborer étroitement avec les forces de défense et de sécurité ».

L’assaut n’a pas été revendiqué mais ressemble fort à ceux perpétrés par des groupes jihadistes dans le nord de la Côte d’Ivoire ou du Bénin. Sous le couvert de l’anonymat, l’une de nos sources au sein du pouvoir décrit une attaque « complexe et coordonnée ». Elle en veut pour preuve l’embuscade dans laquelle sont tombés les renforts de l’armée, après avoir été victimes d’un engin explosif improvisé sur la route.

attaque Togo frontière Burkinanuit du 10 au 11 mai 2022© DR attaque Togo frontière Burkina
nuit du 10 au 11 mai 2022
© DR
attaque Togo frontière Burkinanuit du 10 au 11 mai 2022© DR attaque Togo frontière Burkina nuit du 10 au 11 mai 2022 © DR

En novembre, une position de l’armée avait été attaquée dans cette même région, mais les assaillants avaient pu être repoussés sans que des dégâts matériels ou humains ne soient à déplorer.
Le poste militaire attaqué ce 11 mai fait partie du dispositif de l’opération Koundjouaré, censée sécuriser les frontières et prévenir une éventuelle infiltration jihadiste.

Avec Jeune Afrique par Nadoun Coulibaly

Allemagne: vaste coup de filet contre le « terrorisme d’extrême droite »

avril 6, 2022
Allemagne: vaste coup de filet contre le « terrorisme d’extrême droite »© AFP/Archives/INA FASSBENDER

Ils « endoctrinaient » des jeunes et les entraînaient « au combat »: quatre membres d’une cellule « terroriste » d’extrême droite ont été arrêtés mercredi en Allemagne lors d’une vaste opération visant la mouvance néonazie qui inquiète les autorités.

Il s’agit, selon le magazine Spiegel, du « plus grand coup » porté récemment contre ces réseaux extrémistes.

L’opération a été lancée à l’aube dans 11 régions du pays: plus de mille agents ont perquisitionné une soixantaine de lieux dans le cadre d’une enquête visant 46 personnes.

Les enquêteurs ont notamment ciblé un groupuscule baptisé « Knockout 51 », implanté à Eisenach, dans le centre de l’Allemagne.

Son chef Leon R. ainsi que trois autres membres ont été arrêtés pour appartenance à une « organisation terroriste d’extrême droite ».

Leur cellule organisait des « entraînements au combat de rue de jeunes sympathisants d’idées nationalistes » qu’ils « endoctrinaient » pour former un « groupe de combat extrémiste », affirme le parquet.

Les autorités allemandes ont érigé la violence d’extrême droite au premier rang des menaces pour l’ordre public, avant le risque jihadiste.

Le meurtre en juin 2019 par un militant néonazi de Walter Lübcke, élu du parti conservateur qui défendait la politique d’accueil des migrants de l’ancienne chancelière, avait profondément secoué le pays.

Le gouvernement allemand de centre-gauche dirigé par le chancelier Olaf Scholz a pris ses fonctions en décembre en s’engageant à mener une lutte déterminée contre la violence néonazie, alors que les gouvernements d’Angela Merkel avaient tardé à réagir, selon l’opposition.

« Notre attitude nettement plus ferme à l’égard des extrémistes de droite violents porte ses fruits », a réagi mercredi la ministre de l’Intérieur Nancy Faeser, décrivant l’opération comme « un coup dur » pour cette mouvance.

« Nous devons assécher ce dangereux terreau de violence », a-t-elle ajouté. « Nous voulons les priver de leurs sources de financement. Nous voulons les désarmer et nous voulons mettre un terme à leur propagande, notamment sur la toile ».

Les perquisitions de mercredi interviennent dans le cadre d’une enquête plus large, associant police et services de renseignement militaire depuis 2019.

« Vision du monde raciste »

Ces investigations visent le groupe d’extrême droite « Atomwaffen Division Deutschland » (division de l’arme nucléaire), branche allemande d’un groupe néonazi américain du même nom qui « aspire à une guerre des races », ainsi que des membres du groupuscule « Sonderkommando 1418 » (commando spécial 1418).

Un ancien militaire compte parmi les disciples de ces groupes visés par l’enquête, affirme le Spiegel.

En réseau avec cette nébuleuse neonazie, Leon R. et son groupe « Knowckout 51 » se sont concentrés « à partir de mars 2020 au plus tard sur la commission de crimes graves », selon le parquet.

Il s’agit notamment d’attaques contre des militants de gauche, la police et « d’autres personnes qui, selon la vision du monde raciste et d’extrême droite du groupe, peuvent être combattues ».

Selon le ministère public, Knockout 51 a tenté d’établir un « quartier nazi » sous son contrôle à Eisenach et a commencé l’année dernière à effectuer des « patrouilles » au cours desquelles il tentait de provoquer les victimes pour qu’elles les combattent.

Les suspects arrêtés ont blessé plusieurs personnes, dont certaines gravement, lors de ces affrontements.

Les entraînements avaient lieu dans les locaux du parti d’extrême droite NPD à Eisenach, localité médiévale connue pour avoir accueilli Martin Luther lorsqu’il a traduit la Bible en allemand.

En 1817, la forteresse d’Eisenach avait aussi été le lieu d’un rassemblement fondateur du mouvement étudiant nationaliste et libertaire opposée à la restauration.

Le groupe entretenait aussi des liens avec d’autres organisations néonazies du pays, notamment en Rhénanie-du-Nord-Westphalie et en Bade-Wurtemberg.

Lors de manifestations contre les mesures sanitaires anti-Covid entre août 2020 et mars 2021, des membres de « Knockout 51 » ont affronté les forces de l’ordre et des contre manifestants, précise encore le parquet.

Au-delà de groupes néonazis, dans le contexte de la pandémie, les propos haineux allant jusqu’aux menaces de mort à l’égard de personnalités politiques sont devenus de plus en plus virulents en Allemagne, où une frange minoritaire d’opposants aux restrictions sanitaires tend à se radicaliser.

Par Le Point avec AFP

Deux morts et des blessés dans une attaque « terroriste » dans le nord d’Israël

mars 27, 2022
Deux morts et des blessés dans une attaque « terroriste » dans le nord d’Israël© AFP/GIL COHEN-MAGEN

Au moins deux personnes sont mortes et d’autres ont été blessées dans une attaque « terroriste » dimanche soir dans la ville israélienne de Hadera (nord), ont indiqué les secouristes et la police, qui a dit avoir tué les assaillants.

« Deux Israéliens tués dans une attaque terroriste à Hadera », située entre les villes de Tel-Aviv et Haïfa, a souligné dans un bref message la Magen David Adom, l’équivalent israélien de la Croix-Rouge, qui a dit avoir traité six personnes pour des blessures liées à ces violences.

« Deux terroristes ont ouvert le feu en direction d’officiers, ce qui a causé la mort de deux passants », a dit la police israélienne, précisant que des forces spéciales avaient tué les deux assaillants.

Les images des caméras de surveillance de Hadera, diffusées par les chaînes israéliennes, montrent deux hommes ouvrant le feu à l’arme automatique dans une rue où circulent des voitures, avant de se diriger vers le trottoir. Sur place, à Hadera, un journaliste de l’AFP a vu un corps gisant au sol.

Cette attaque intervient alors qu’Israël accueille dimanche et lundi un sommet réunissant les chefs de la diplomatie des Etats-Unis, de l’Egypte, des Emirats, du Bahreïn et du Maroc dans une localité du désert de Néguev (sud).

Deux hommes et deux femmes ont été tués mardi dernier dans une attaque au couteau et à la voiture bélier dans la principale ville du désert du Néguev.

L’assaillant a été identifié par les autorités comme étant Mohammed Abou al-Kiyan. Cet enseignant de la ville bédouine de Hura, dans le Néguev, avait été condamné en 2016 à quatre ans de prison pour avoir planifié de se rendre en Syrie afin de combattre au sein du groupe jihadiste Etat islamique et pour des prêches faisant son apologie.

Par Le Point avec AFP

Maroc : des membres du gouvernement visés par Daech ?

mars 16, 2022

Cinq extrémistes ayant prêté allégeance à l’organisation État islamique ont été arrêtés ce 16 mars. Ils planifiaient de s’attaquer, entre autres, à des casernes militaires et à des bâtiments officiels.

Des personnalités du gouvernement marocain seraient-elles dans la ligne de mire d’extrémistes proches de Daech ? C’est ce qu’indique un communiqué du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), qui a procédé à l’arrestation de cinq d’entre eux, ce mercredi 16 mars.

Âgés de 21 à 44 ans,  ces « islamonautes » planifiaient de s’attaquer, entre autres, à de hauts fonctionnaires et à des personnalités publiques du royaume.

« Les perquisitions au domicile des personnes interpellées ont permis la saisie d’armes blanches de différentes tailles, un ensemble de manuscrits faisant l’apologie de Daech, ainsi que du matériel et des supports électroniques qui seront soumis à l’expertise technique et numérique », indique le communiqué du BCIJ.

Arnaque, crime et terrorisme

Arrêtés au cours d’opérations sécuritaires distinctes, menées simultanément dans plusieurs villes marocaines – à Kénitra, Larache, Souk Sebt Ouled Nemma, Taroudant et la commune rurale de Souihla (préfecture de Marrakech) – avec le concours des forces spéciales relevant de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), les terroristes présumés faisaient l’apologie de la liquidation physique et de la mutilation des cadavres comme prônée par l’organisation terroriste de Daech.

Les islamistes, censés agir seuls, étaient chargés de viser des cibles spécifiques, dont des « services de sécurités (…) et de hauts responsables étatiques ».

ILS PRÉVOYAIENT DE FINANCER LEURS PROJETS TERRORISTES EN BRAQUANT DES BANQUES OU EN CAMBRIOLANT DES PARTICULIERS

Selon les premiers éléments de l’enquête, les terroristes présumés avaient d’ores et déjà dressé un inventaire des produits et éléments intervenant dans la fabrication d’explosifs, et identifié des lieux, tels que des casernes militaires ou des installations gouvernementales qu’ils comptaient attaquer.

Légitimité religieuse

Des projets qu’ils prévoyaient notamment de financer en braquant des banques ou en cambriolant des particuliers, conformément au concept d’al istihlal censé offrir une légitimité religieuse à des activités en principe considérées comme illicites.

Les cinq extrémistes ont été placés en garde à vue sous la supervision du parquet chargé des dossiers de terrorisme, en vue d’élucider les projets préparés par chacun d’eux et de déterminer les ramifications éventuelles avec d’autres cellules et organisations terroristes au Maroc ou à l’étranger.

Le 2 mars, l’arrestation d’un extrémiste à Foum Zquid aux environs de Tata, pour son implication présumée dans la préparation d’un plan terroriste, avait ainsi révélé des liens avec un islamiste d’origine marocaine surnommé Abdellah Al-Beljiki, qui s’apprêtait à passer à l’action en Belgique. Des informations que la DGST a immédiatement communiqué aux autorités belges qui ont procédé à son arrestation.

Avec Jeune Afrique

Mali : Olivier Dubois, une preuve de vie fait renaître l’espoir

mars 14, 2022
Olivier Dubois est retenu en otage par l’organisation jihadiste GSIM au Mali depuis le 8 avril 2021. © AFP PHOTO / UNKNOWN SOURCE

Après onze mois de captivité, l’otage français au Sahel du GSIM est apparu dans une vidéo non datée. Il remercie ses proches et exhorte le gouvernement français à « faire son possible » pour œuvrer à sa libération.

« Je m’appelle Olivier Dubois, j’ai été enlevé le 8 avril 2021 à Gao par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM]. Ce message s’adresse à ma famille, à mes proches, ainsi qu’à mon gouvernement. » Dans une vidéo non datée et non authentifiée d’une minute et huit secondes, le journaliste français fixe l’objectif, adossé à un mur de béton. D’une voix posée, l’otage adresse ses premiers mots à ses proches : « À ma famille, merci pour tous vos messages radio. Tous les mois, ils sont une bouffée d’air frais et d’espoir », assure-t-il.

Plus spécifiquement à sa compagne et à ses enfants. « À Déborah, je me tiens de l’autre côté du trait d’union que tu as créé à chaque coucher de soleil. La photo des enfants m’est parvenue, dis-leur que je les aime et que je pense fort à eux », ajoute Olivier Dubois, qui confirme bien qu’il reçoit, là où il se trouve dans le désert sahélien, sans doute par l’intermédiaire de Radio France internationale, les messages de sa famille et des échos de la mobilisation de ses proches et des médias qui l’employaient, parmi lesquels Jeune Afrique.

Il s’adresse également à ses parents, en particulier à son père, dont les mots ont un « impact » et lui permettent de garder espoir en  « pensant que le printemps arrivera ».

La dernière vidéo assurant que le professionnel indépendant de 47 ans, collaborateur régulier de Jeune Afrique mais aussi de Libération et du Point, était en vie avait été diffusée le 5 mai 2021. Assis en tailleur sur une natte, Olivier Dubois y confirmait son enlèvement par le GSIM. Dans ce court message, il avait appelé « [sa] famille, [ses] amis et les autorités françaises » à faire « tout ce qui [était] en leur pouvoir » pour le libérer.

Soulagement

Dans cette nouvelle vidéo qui circule sur les réseaux sociaux depuis samedi 12 mars, Olivier Dubois semble bien se porter malgré onze mois de captivité. Portant une barbe de trois jours et arborant un chèche bleu autour du cou, le Français semble relativement en forme et déclare souhaiter que la mobilisation se poursuive. « À tous ceux qui, de près ou de loin, œuvrent à ma libération, s’il vous plaît, continuez de le faire. À mon gouvernement, je demande de continuer à faire son possible pour œuvrer à ma libération. » Même s’il est « conscient que [son] cas est une petite chose face aux défis et aux évènements auxquels il doit faire face ».

Cette preuve de vie est un soulagement pour ses proches qui, depuis le 8 avril 2021, s’activent pour obtenir sa libération. De Paris à Bamako, le comité de soutien, baptisé #FreeOlivierDubois, n’a cessé de multiplier les initiatives. À l’occasion de l’anniversaire de ses onze mois de captivité, le 8 mars dernier, le visage d’Olivier Dubois a été projeté sur la façade du Panthéon, dans la capitale française. Pour que l’otage ne soit pas oublié, ses proches, soutiens et confrères s’étaient donné rendez-vous à Paris pour dire leurs espoirs de le voir bientôt recouvrer la liberté. Depuis sa prison à ciel ouvert, Olivier Dubois en fait tout autant : « Hier comme aujourd’hui, je continue de garder espoir », a-t-il rappelé.

Avec Jeune Afrique par Fatoumata Diallo