Archive for the ‘Terrorisme’ Category

Allemagne: le suspect de l’attentat antisémite à Halle arrêté

octobre 9, 2019

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Deux personnes ont été tuées en pleine rue mercredi dans l’est du pays lors d’un attentat antisémite. Le tireur présumé avait diffusé son attaque sur internet.

Au moins deux personnes ont été tuées mercredi en pleine rue à Halle en Allemagne dans une attaque visant, en plein Yom Kippour, une synagogue puis un restaurant turc. Un tireur a tenté en milieu de journée de pénétrer dans la synagogue du quartier Paulus, où étaient réunies, en ce jour de fête religieuse juive, «70 à 80 personnes», a indiqué le président de la communauté juive de Halle, Max Privorotzki, au Spiegel. Mais la porte d’entrée a «résisté à l’attaque». Malgré tout, deux personnes ont été gravement blessées par balle dans cette tentative. «Ils sont en train d’être opérés», a affirmé un porte-parole de l’hôpital universitaire de la ville.

L’auteur a aussi tiré en pleine rue et sur un restaurant turc, selon des témoins. Un corps, recouvert d’une bâche bleue, a été vu étendu à proximité de la synagogue, dans le quartier de Paulus. Au moins «deux personnes ont été tuées à Halle, selon les premières constatations. Plusieurs coups de feu ont été tirés», a indiqué de son côté la police sur Twitter, ne donnant pas de détails mais demandant aux «habitants de rester chez eux». Un homme a été peu après arrêté. La police allemande a indiqué mercredi soir qu’il s’agissait bien du suspect de l’assaut, précisant qu’il avait été blessé et «soigné».

Le parquet antiterroriste s’est saisi de l’enquête. «Dans l’état actuel des choses, nous devons partir du principe qu’il s’agit d’une attaque antisémite», a déclaré dans un communiqué le ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, ajoutant que la justice suspectait un acte «d’extrême droite». Selon le site SITE, spécialisé dans la surveillance des organisations terroristes, l’auteur présumé de l’attaque a lui-même filmé la fusillade et diffusé la vidéo sur la plateforme de streaming en direct Twitch. Dans cette vidéo de 35 minutes, cet homme affirme notamment que «l’Holocauste n’a jamais existé» et considère que les Juifs sont à l’origine de tous les problèmes, d’après SITE, qui dresse un parallèle avec une vidéo similaire filmée par l’auteur de l’attentat de Christchurch en Nouvelle-Zélande contre deux mosquées en mars dernier. «Nous avons fait au plus vite pour retirer ce contenu, et nous suspendrons tous les comptes qui posteront ou reposteront des images de cet acte abominable», a indiqué une porte-parole de Twitch interrogée par l’AFP.

Tenue militaire et fusil d’assaut

Concernant l’attaque du restaurant turc, plusieurs personnes ont fait état de tirs, dont un de grenade. «Un tireur portait un casque et des habits militaires», a témoigné un homme qui était à l’intérieur, Conrad Rössler, sur la chaîne d’information NTV. «Il a jeté une grenade sur le local. La grenade s’est écrasée sur la porte et a explosé», a ajouté ce témoin, encore sous le choc. «L’homme a ensuite tiré au moins une fois dans le magasin, l’homme qui était assis derrière moi a dû mourir. Je me suis caché dans les toilettes et j’ai verrouillé la porte», a-t-il raconté. Sur une vidéo amateur reprise par de nombreux médias et montrant manifestement un extrait de l’assaut, un homme habillé en kaki et casqué, d’apparence calme, tire au fusil d’assaut en pleine rue.

Tout le quartier a été bouclé et la gare centrale de Halle, dans l’Etat régional de Saxe-Anhalt, à 175 km au sud-ouest de Berlin, a été fermée. En début de soirée, la police de Halle a levé l’alerte, considérant que «le danger n’est plus considéré comme aigu. Nous sommes toujours sur place avec des forces importantes. Vous pouvez retourner dans les rues, les alertes sont levées». La sécurité a été renforcée devant les synagogues de plusieurs villes allemandes, dont Berlin, Leipzig et Dresde.

La mairie de Halle a évoqué une «tuerie», sans plus de précision. «C’est une terrible nouvelle», a réagi lors d’une conférence presse le porte-parole d’Angela Merkel, Steffen Seibert. La chancelière allemande, qui devait se rendre dans la synagogue de la Oranienburgerstrasse, à Berlin, a qualifié d’«attentat» cette fusillade. Cette dernière suit «le déroulement des faits après l’attentat de Halle» et exprime sa «solidarité à tous les Juifs pour ce jour de fête qu’est Yom Kippour», a-t-il déclaré sur Twitter.

L’attentat suscite «un choc profond pour tous les Juifs en Allemagne», a estimé le président du Conseil central des Juifs d’Allemagne, Josef Schuster. Le président de la communauté a également jugé «scandaleux» que le bâtiment religieux n’ait pas été protégé par la police allemande alors que les Juifs célèbrent mercredi la grande fête de Yom Kippour.

Le spectre de l’extrême droite

Cette attaque intervient quelques mois après le meurtre, en Hesse, de Walter Lübcke, un élu pro-migrants du parti conservateur de la chancelière Angela Merkel (CDU). Le principal suspect est un membre de la mouvance néonazie. Cette affaire a créé une onde de choc dans le pays, où l’extrême droite anti-migrants enchaîne les succès électoraux. Elle a réveillé la crainte d’un terrorisme d’extrême droite à l’image de celui du groupuscule néonazi NSU, responsable du meurtre d’une dizaine d’immigrés en Allemagne entre 2000 et 2007.

Outre les meurtres perpétrés par le NSU, il y a eu nombre de précédents violents: un attentat au couteau contre la maire de Cologne Henriette Reker en 2015, et deux ans plus tard contre le maire d’Altena Andreas Hollstein. Tous deux, favorables à l’accueil des migrants, en réchappent de justesse. L’Allemagne est confrontée à «une nouvelle RAF», une «RAF brune», selon le Süddeutsche Zeitung, en référence au groupe terroriste d’extrême gauche Fraction armée rouge, actif entre 1968 et 1998. Plus de 12.700 extrémistes de droite jugés dangereux sont recensés par les autorités.

Par Le Figaro avec AFP et Reuters

France/Attaque à la préfecture de police de Paris : l’auteur aurait adhéré à une «vision radicale de l’islam»

octobre 5, 2019

 

 

On en sait plus sur le profil de l’homme qui a tué 4 personnes jeudi 3 octobre.

L’auteur de l’attaque qui a tué jeudi 3 octobre quatre fonctionnaires de la préfecture de police de Paris, «aurait adhéré à une vision radicale de l’islam» et était en contact avec des individus de la «mouvance islamiste salafiste», a indiqué samedi Jean-François Ricard, procureur antiterroriste.

L’homme s’appelait Mickaël Harpon, était né en 1974 à Fort-de-France en Martinique. Il était marié, et père de deux enfants de 9 et 3 ans. Depuis 2003, il était affecté au service technique de la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP).

Les premières investigations ont relevé son «approbation de certaines exactions commises au nom de cette religion», «son souhait de ne plus avoir certains contacts avec des femmes», «sa justification» des attentats de Charlie Hebdo en 2015, «son changement d’habitude vestimentaire depuis quelques mois», a déclaré le procureur antiterroriste lors d’une conférence de presse.

Il avait abandonnait «toute tenue occidentale au profit d’une tenue traditionnelle pour se rendre à la mosquée», a-t-il expliqué.

Les investigations ont aussi «permis de faire apparaître des contacts entre l’auteur des faits et plusieurs individus, susceptibles d’appartenir à la mouvance islamiste».

Cet homme au casier judiciaire vierge mais qui avait fait l’objet d’une procédure pour violences conjugales en 2009 s’était converti à l’islam il y a «une dizaine d’années», a précisé Jean-François Ricard. Il souffrait d’une surdité consécutive à une méningite.

Devant les enquêteurs, l’épouse de l’assaillant, d’origine marocaine, a évoqué un « comportement inhabituel et agité » de son mari, la veille de son passage à l’acte, selon une source proche du dossier.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Nigeria: 7 soldats tués dans une embuscade tendue par des djihadistes

septembre 27, 2019

 

Au moins sept soldats nigérians ont été tués dans l’attaque de leur convoi par des djihadistes dans l’Etat de Borno, dans le nord-est du Nigeria, a annoncé vendredi 27 septembre un haut responsable militaire.

Des combattants de l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont attaqué mercredi à l’arme lourde et à l’aide de grenades un convoi militaire aux alentours de la ville de Gubio (nord-est), entraînant une bataille féroce entre les djihadistes et les soldats, a rapporté l’officier sous couvert de l’anonymat. «Nous avons perdu sept soldats lorsque nos hommes ont été touchés par un RPG» (lance-roquettes), a déclaré cette même source. Une autre source militaire a confirmé l’incident sans donner de bilan.

Dès jeudi, l’ISWAP avait revendiqué l’attaque, affirmant avoir tué 14 soldats et en avoir capturé deux autres, selon les informations de SITE, groupe de surveillance international des activités djihadistes, ce qui a été démenti par les sources militaires. Les insurgés ont également déclaré avoir saisi des armes et des munitions ainsi qu’un camion militaire dans l’attaque. Depuis juillet 2018, l’ISWAP intensifie ses attaques contre les bases militaires du Nord-Est et a fait des dizaines voire des centaines de morts au sein des armées régionales, et accumule un important arsenal de guerre. En 10 ans, le conflit a fait près de 35.000 morts, et plus de 2 millions de déplacés ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Libye: deux membres du personnel de l’ONU tués dans un attentat à Benghazi

août 10, 2019

 

 

Deux membres du personnel de la mission de l’ONU en Libye ont été tués samedi dans un attentat à la voiture piégée à Benghazi, dans l’est du pays, a indiqué un responsable de la sécurité. «Deux personnes ont été tuées et au moins huit autres blessées, dont un enfant, samedi, après l’explosion d’une voiture piégée dans le quartier al-Haouari à Benghazi lors du passage d’un convoi du personnel de l’ONU en Libye», a indiqué à l’AFP ce responsable, sous le couvert de l’anonymat.

«Les victimes de l’attentat terroriste qui sont décédées (…) sont deux membres du personnel de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (Manul), un Libyen et un Fidjien», a confirmé à l’AFP le responsable de la sécurité. Selon cette source, «Ibrahim Bouchnaf, ministre de l’Intérieur (du gouvernement parallèle basé dans l’est) et le chef de la Sécurité de Benghazi, le général Adel Abdel Aziz, se sont rendus rapidement sur le lieu de l’attentat pour inspecter les mesures de sécurité» mises en place.

Un gouvernement parallèle est installé dans l’est de la Libye et soutient le maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de la région, qui a lancé une offensive le 4 avril avec son autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) pour tenter de s’emparer de la capitale Tripoli (ouest). Cette attaque survient moins d’un mois après qu’un attentat similaire à Benghazi a visé les obsèques d’un ancien officier des forces spéciales libyennes, tuant une personne et blessant huit autres

Par Le Figaro.fr avec AFP

Fusillade dans une mosquée en Norvège

août 10, 2019

 

Une personne a été blessée dans une fusillade dans une mosquée près d’Oslo, et un suspect arrêté, a annoncé samedi la police de la capitale norvégienne. «Une personne a été touchée. Nous ne connaissons pas le niveau de gravité de ses blessures. Un suspect a été arrêté. La police est sur place», a déclaré la police sur Twitter. Selon un porte-parole des forces de l’ordre, cité par Reuters, la victime est un homme de 75 ans.

La fusillade a eu lieu dans le centre islamique al-Nour à Baerum, ville de la banlieue d’Oslo. La police a précisé ne pas avoir d’informations sur la présence d’autres assaillants, ni sur le suspect arrêté qui est «blanc». «Un des nôtres a été touché par balles par un homme blanc avec un casque et un uniforme», a déclaré de son côté le responsable de la mosquée, Irfan Mushtaq, à un journal local Budstikka. Il a ensuite précisé à la chaine TV2 que l’homme portait plusieurs armes sur lui. «Un homme de type norvégien avec un fusil à pompe et des pistolets est entré dans la mosquée (…). Il a commencé à tirer autour de lui», a-t-il raconté.

Selon la chaîne publique NRK, la police a trouvé plusieurs armes dans la mosquée, et une personne qui s’y trouvait est parvenue à maîtriser l’assaillant avant l’arrivée des forces de l’ordre. Les services de sécurité de la police norvégienne (PST) ont indiqué «suivre les évènements». «Il est trop tôt pour tirer des conclusions», a déclaré à NRK le responsable de l’information des PST, Martin Bernsen.

Par Le Figaro.fr avec AFP et Reuters

Afghanistan: Au moins 14 morts et 145 blessés dans un attentat des talibans à Kaboul

août 7, 2019

A man carries an injured woman to a hospital after a blast in Kabul, Afghanistan

Un homme transporte une femme blessée, après l’explosion qui s’est produite ce mercredi matin à Kaboul (Afghanistan). REUTERS/Mohammad Ismail

Cet attentat intervient alors que les talibans mènent depuis un an des pourparlers avec les Etats-Unis.

Un attentat à la voiture piégée revendiqué par les talibans a fait au moins 14 morts et 145 blessés, dont une majorité de civils, mercredi matin dans l’ouest de Kaboul, ont indiqué les autorités.

«Un véhicule rempli d’explosifs a explosé à l’entrée du commissariat de police dans l’ouest de Kaboul à 9h (6h30 en France)», a déclaré le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Nasrat Rahimi. Dix des quatorze morts sont des civils, tout comme 92 des blessés, a-t-il précisé.

Le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a revendiqué l’attentat sur les réseaux sociaux, ajoutant qu’il avait été commis par un kamikaze. L’attaque «a été lancée contre un centre de recrutement ennemi. Des dizaines de soldats et de policiers ont été tués et blessés», a-t-il indiqué. Les civils continuent de payer un lourd tribut au conflit. L’ONU a révélé que le mois de juillet avait été le plus sanglant depuis mai 2017, avec plus de 1.500 civils tués ou blessés à travers le pays. En 2018, 3.804 civils ont été tués, dont 900 enfants.

Pourparlers

Cet attentat intervient alors que les talibans mènent depuis un an des pourparlers avec les Etats-Unis. Un huitième round de négociations est en cours à Doha, au Qatar. Les deux parties se sont félicitées des « excellents progrès » réalisés et ont espéré être en mesure de signer un accord de paix bilatéral. Si un tel accord venait à se conclure, il ouvrirait la voie à des discussions directes à Oslo entre talibans et une équipe de négociation formée par le gouvernement afghan.

« Les talibans sont un obstacle à la paix, a commenté le porte-parole de la présidence, Sediq Sediqqi. Ils doivent cesser les combats et utiliser l’opportunité de paix fournie par les Etats-Unis sinon, rien d’autre ne les attend que leur extinction. »

Men carry an injured man to a hospital after a blast in Kabul

L’explosion a fait de nombreux blessés ce mercredi matin à Kaboul (Afghanistan). REUTERS/Mohammad Ismail

Un «gros boum»

Le poste de police visé est situé dans la partie chiite de la ville où vit la communauté Hazara (la troisième communauté d’Afghanistan après les Pachtounes et les Tadjkiks qui sont sunnites), alors que les préparatifs battent leur plein à l’approche de l’Aïd el-Kébir, la plus grande fête musulmane. Bravant la peur des attaques, la population de Kaboul se rendait en masse mercredi sur les étals des marchés remplis de victuailles. « J’ai entendu un gros boum et toutes les fenêtres de mon magasin ont volé en éclats », a raconté à l’AFP un commerçant, Ahmad Saleh.

Les images des télévisions afghanes sur place témoignaient de l’étendue des dégâts. Plusieurs bâtiments sont totalement détruits, leurs façades s’étant affaissées. Des murs anti-explosion en ciment ont été réduits en poussières. Des explosions avaient déjà retenti dans la nuit à Kaboul. Les forces spéciales afghanes ont pris d’assaut plusieurs repaires de membres de la branche afghane du groupe Etat islamique, où « étaient fabriqués des vestes explosives et des voitures piégées ». Selon leur communiqué, l’EI prévoyait de « mener des attentats-suicides à Kaboul ».

Par ailleurs, dans la province de Baghlan, dans le nord de l’Afghanistan, les autorités ont affirmé avoir déjoué une attaque mercredi contre un convoi des forces de sécurité vers lequel se dirigeait un véhicule blindé chargé d’explosifs qui a été détruit au lance-roquette avant d’atteindre sa cible.

Par Le Figaro.fr avec AFP et Reuters

Tueries aux États-Unis: les autorités s’inquiètent du «terrorisme intérieur»

août 4, 2019

APTOPIX Texas Mall Shooting

Le tueur a tiré de sang froid sur des passants et des personnes venues faire leurs courses dans un supermarché de la ville située à la frontière avec le Mexique, dont la population est à 85 % d’origine ou de naissance hispanique. Mark Lambie/AP

Les deux fusillades qui ont fait ce week-end 29 morts au Texas et dans l’Ohio ont ravivé les débats sur les armes à feu et la rhétorique incendiaire de Donald Trump, accusé de racisme par les démocrates.

L’Amérique s’est éveillée pantelante, dimanche, frappée par la double tragédie qui a coûté la vie à trente personnes, lors de deux fusillades distinctes, au Texas et en Ohio ; en l’espace de treize heures, ces massacres devraient relancer le débat sur l’impossible contrôle des armes à feu outre- Atlantique, en pleine campagne présidentielle, ainsi que sur l’ombre grandissante d’un terrorisme intérieur visant immigrants, juifs, musulmans et tous ceux censés menacer la «race blanche».

Samedi matin, à El Paso, cité fron-tière texane avec le Mexique, un tueur armé d’un fusil d’assaut de type AK-47 a abattu froidement vingt passants, dont un enfant de 6 ans, et blessé vingt-six autres personnes venues faire leurs courses dans un supermarché, avant de se constituer prisonnier. Le bilan risque de s’alourdir dans les prochains jours, certains des blessés, âgés de 2 à 82 ans, se trouvant dans un état critique. «C’est écœurant, intolérable et ce n’est pas texan», s’est indigné Greg Abbott, le gouverneur du Texas. Pas plus texan qu’ohien, sans doute. Et pourtant, le cauchemar s’est reproduit dans la nuit de samedi à dimanche, devant un bar du centre-ville de Dayton, en Ohio (voir ci-dessous).

D’une banalité terrifiante, la litanie insensée des statistiques défile en boucle sur les écrans de télévision, comme à chacune de ces tragédies: il s’agit de la 2187e tuerie de masse outre-Atlantique depuis le massacre tristement célèbre de 26 personnes dans une école maternelle de Sandy Hook (Connecticut), le 14 décembre 2012. 8666 Américains ont déjà été tués par armes à feu en 2019, et 249 tueries déjà recensées, pour une année qui ne comptait samedi que 215 jours.

Des clients abattus de sang-froid

La tragédie d’El Paso, elle, s’inscrit comme la sixième la plus sanglante de l’histoire récente et, selon son gouverneur, la pire de l’histoire du Texas, cet État où le port d’armes est toléré sans restriction (open carry), et où l’on peut porter un fusil en bandoulière au supermarché. À 10 h 30 du matin, le tueur imberbe est apparu devant l’entrée de l’imposant Walmart. Une caméra de sécurité a figé sa silhouette inquiétante: tee-shirt noir et pantalon cargo, fusil d’assaut presque trop grand pour sa corpulence, casque antibruit sur les oreilles, comme s’il s’agissait d’un jeu vidéo ou d’une séance au stand de tir.

Après avoir semé la mort, avec un calme sidérant selon les témoins oculaires, le tueur s’est rendu sans résister. Le dénommé Patrick Crusius, originaire d’Allen, une bourgade du nord de Dallas située à plus de 1000 kilomètres et dix heures de route d’El Paso, est âgé de 21 ans. Il a ouvert le feu au jugé sur les clients, abattus de sang-froid sur le parking, près des caisses et dans les travées bondées en cette prérentrée scolaire.

Dix-neuf minutes avant que ne retentisse le premier appel paniqué au 911 (urgences), un manifeste était apparu en ligne, sur le site de partage 8chan, coutumier des imprécations islamophobes et antisémites. Élucubrant sur «une invasion hispanique du Texas» et le soi-disant «grand remplacement» en cours des Blancs par les «étrangers», classique des écrits suprémacistes blancs attribué au penseur identitaire français Renaud Camus et entendu lors du rassemblement néonazi de Charlottesville, en Virginie, le 12 août 2017, le document de cinq pages proposait de «diviser l’Amérique en territoires racialement distincts». «Si nous pouvons éliminer suffisamment de gens, écrit l’auteur de ces lignes infamantes, alors notre mode de vie pourra subsister.» Six des victimes étaient des citoyens mexicains, a déclaré le président Andres Manuel Lopez Obrador dimanche soir, ajoutant que sept autre de ses concitoyens ont été blessés dans l’attaque.

Enquête pour crime à caractère raciste et terrorisme intérieur

Le FBI, qui a déjà procédé à une centaine d’arrestations dans les milieux suprémacistes blancs depuis octobre 2018, a ouvert une enquête pour crime à caractère raciste et terrorisme intérieur. Le manifeste d’El Paso mentionne en effet la tuerie dans une mosquée de Chrischurch, le 15 mars dernier en Nouvelle-Zélande (51 morts), devenue un cri de ralliement pour les extrémistes occidentaux.

«Nous sommes le seul pays au monde avec plus d’armes que d’habitants»

Pete Buttigieg, candidat à la primaire démocrate

L’un des premiers candidats présidentiels à réagir, le démocrate de l’Indiana Pete Buttigieg, s’est alarmé que l’Amérique soit «attaquée par un terrorisme nationaliste blanc intérieur». «Nous sommes le seul pays au monde avec plus d’armes que d’habitants, a poursuivi “Maire Pete”, un ancien officier de renseignement de l’US Navy en Afghanistan et maire de la ville de South Bend. Le nationalisme blanc incite des gens à commettre des meurtres, et il est conforté aux plus hauts échelons du gouvernement américain.»

La pique vise ouvertement le président des États-Unis, Donald Trump, qui s’est fendu d’un message sur Twitter, depuis son parcours de golf de Bedminster, dans le New Jersey. Qualifiant le drame d’El Paso d’«acte lâche», il a estimé qu’«il n’existe aucune raison ou excuse qui puissent justifier de tuer des gens», puis il a adressé au «formidable peuple du Texas» ses «pensées et prières les plus sincères». «La haine n’a aucune place dans notre pays», a-t-il renchéri dimache soir. Il a également annoncé que le drapeau américain sera en berne jusqu’au 8 août.

À El Paso, ville du candidat présidentiel démocrate Beto O’Rourke, qui a dénoncé les imprécations de Trump envers les Mexicains «voleurs et criminels», la générosité s’est manifestée devant les centres de don du sang: des volontaires sont apparus les bras bardés de pizzas, pour soutenir tous ceux patientant sagement afin de donner leur sang au profit des victimes.

La compassion des Américains s’arrête là, entravée par la paralysie du débat politique. Malgré les incessants appels à un contrôle renforcé des armes à feu, le débat n’ira pas plus loin, surtout en pleins congés parlementaires. Pas plus qu’après la fusillade dans un lycée de Floride à Parkland (17 morts), le 14 février 2018, qui avait déclenché de vaines manifestations étudiantes.

Gravé dans les mémoires, le massacre de Sandy Hook, en 2012, avait également suscité une intense émotion à travers le pays. Là encore, même le massacre sauvage de vingt bambins de maternelle n’avait pas suffi à convaincre une majorité républicaine du Sénat d’interdire les fusils d’assaut et les chargeurs à forte capacité, la plupart des élus jugeant une telle réforme contraire au deuxième amendement de la Constitution sur la liberté de posséder des armes. L’assassin d’El Paso, quant à lui, risque la peine capitale.

Une seconde fusillade meurtrière à Dayton

Une deuxième tuerie a endeuillé les États-Unis, treize heures après celle perpétrée à El Paso. À 1 heure du matin, devant un bar du centre de Dayton (Ohio), une grêle de balles s’est abattue sur les clients du Ned Pepper’s Bar, dans le quartier très animé et habituellement sûr d’Oregon, lorsque est apparu un inconnu muni d’un fusil d’assaut de type AR-15, de chargeurs multiples et d’un gilet pare-balles. Un videur a tenté de s’opposer à l’individu en bloquant le canon de l’arme de sa main, mais l’agresseur a alors dégainé une arme de poing. L’assaillant a été identifié dimanche soir comme un jeune homme blanc de 24 ans dénommé Connor Betts.

Dix personnes sont mortes, dont le tueur neutralisé par des policiers, et sa soeur. Seize autres personnes sont blessées. La scène a duré moins d’une minute. «Rendez-vous compte, le tueur a été en mesure de tuer neuf personnes et d’en blesser vingt-six autres en moins d’une minute, soupire le maire de Dayton, Nan Whaley. Si la police n’avait pas été présente dans le quartier d’Oregon, avec ces milliers de gens profitant de leur samedi soir, imaginez ce qui aurait pu se passer.» Le fusil d’assaut AR-15 est l’arme privilégiée des tueurs de masse depuis le massacre de Sandy Hook, en 2012, pour sa maniabilité et sa puissance de feu dévastatrice.

«Ma femme et moi nous avons le cœur absolument brisé après l’horrible attaque qui s’est produite ce matin à Dayton, a tweeté le gouverneur Mike DeWine. Nous nous joignons à tous ceux à travers l’Ohio et le pays qui offrent leurs prières aux victimes et à leurs familles.»

Des pensées et des prières, à défaut de toute législation plus sévère à l’encontre des armes de guerre telles que l’AR-15.

Le Figaro.fr par Maurin Picard

L’Onu redoute de nouveaux attentats d’ici la fin de l’année

août 4, 2019

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Paris lors des attentats du 13 novembre 2015. MIGUEL MEDINA / AFP

 

Un rapport de l’organisation révélé par le Guardian estime que la menace n’a pas disparu avec la chute des derniers bastions de l’Etat islamique en Syrie.

Selon un récent rapport des Nations-Unies cité par le quotidien britannique The Guardian, la menace du terrorisme islamiste ne s’est pas éteinte avec le califat et la chute des derniers bastions de Daech en Syrie. Au contraire, il constitue toujours une menace sérieuse et importante. Les rapporteurs estiment que la raréfaction des attaques sur le sol européen n’est qu’une trève, et que de nouvelles vagues d’attentats sont à craindre d’ici la fin de cette année.

Les auteurs estiment notamment que jusqu’à 30.000 combattants étrangers venus rejoindre le «califat», et dont la mort n’a jamais été officialisée, pourraient en fait toujours être en vie, et vouloir rejoindre Al-Qaïda ou d’autres groupes islamistes radicaux émergents. «Ils pourraient en être des leaders ou des recruteurs», écrivent les rapporteurs, qui estiment que la menace qui pèse sur l’Europe reste «élevée».

Ce rapport a été rédigé sur la base des informations fournies par les services de renseignements de plusieurs pays membres des Nations unies. Il met notamment en avant le fait que bien que Daech n’existe plus de fait sous la forme de proto-Etat, les facteurs qui ont contribué à son avènement existent toujours. Les auteurs estiment ainsi qu’un des problèmes aux sources du mal est la radicalisation en prison de «détenus frappés par la pauvreté, la marginalisation, la frustration, une faible estime de soi et la violence».

«Les programmes de déradicalisation n’ont pas prouvé leur pleine efficacité… Les combattants les plus endurcis qui ont écopé de longues peines de prison ne sont pas près d’en sortir. Ils continuent d’être dangereux et de constituer une menace à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du système pénal», est-il écrit dans le rapport.

Les Etats Européens estiment que quelque 6.000 de leur ressortissants ont rejoint l’Irak ou la Syrie pour y rejoindre Daech ou un autre groupe islamiste. Environ un tiers aurait été tué, tandis qu’un autre tiers serait actuellement détenu dans la région ou aurait fui vers une destination inconnue. Selon le rapport, les 2.000 individus restants pourraient bel et bien être rentrés en Europe.

Le rapport ajoute que Daech, s’il n’existe plus que sous la forme d’un califat virtuel, continue de jouir d’une manne estimée entre 50 millions et 300 millions de dollars, grâce à laquelle il poursuit sa propagande et parvient à entretenir sa réputation de «marque de référence du terrorisme mondial». Selon les auteurs, tous ces éléments portent à croire que les États devront redoubler de vigilance afin de prévenir une nouvelle attaque avant le début de l’année 2020.»

Par Le Figaro.fr

Hamza, fils d’Oussama Ben Laden, est mort, selon les médias américains

juillet 31, 2019

Hamza

Hamza ben Laden, le fils d’Oussama ben Laden, est mort et les États-Unis ont contribué à l’opération visant à l’éliminer, ont annoncé les médias américains, le 31 juillet 2019.FEDERATION FOR DEFENSE OF DEMOCRACIES / AFP

Hamza Ben Laden, l’un des fils d’Oussama Ben Laden, présenté comme son héritier à la tête d’Al-Qaïda, est mort et les États-Unis ont contribué à l’opération visant à l’éliminer, selon des informations mercredi du New York Times et de la chaîne NBC.

Premier média à révéler cette possible élimination, NBC a affirmé ce mercredi 31 juillet que Washington disposait d’informations de services de renseignement attestant de la mort de Hamza Ben Laden, s’appuyant sur trois responsables anonymes.

« Je ne veux pas faire de commentaire là-dessus », a répété à deux reprises le président Donald Trump, interrogé mercredi par des journalistes sur cette information de NBC.

Le New York Times affirme de son côté que les États-Unis ont « eu un rôle » dans l’opération au cours de laquelle Hamza ben Laden, considéré comme un dirigeant clé d’al-Qaïda, a été tué. Le quotidien cite deux responsables américains.

Ni NBC ni le New Yok Times n’ont pas de détails sur la date, le lieu ou les circonstances du décès. Selon le New York Times, il serait intervenu dans les deux dernières années, mais les Américains ont mis du temps à le confirmer.

Washington avait offert en février une récompense pouvant atteindre un million de dollars pour toute information permettant de retrouver Hamza ben Laden. En mars il avait été déchu en mars de sa nationalité saoudienne.

Parmi des archives d’Oussama ben Laden, saisies lors du raid américain de 2011 au cours duquel il a été tué au Pakistan, dévoilées fin 2017 par la CIA, figure une vidéo du mariage de son fils Hamza, apparemment en Iran, dont on a ainsi découvert les premières images à l’âge adulte. Hamza était considéré comme le fils préféré –voire le successeur désigné– d’Oussama Ben Laden

Par Rfi.fr avec AFP

Nigeria : le bilan d’une attaque de Boko Haram dans le Nord-Est grimpe à 65 morts

juillet 28, 2019

 

Une attaque du groupe jihadiste Boko Haram samedi contre un groupe d’hommes revenant d’une cérémonie de funérailles, dans le nord-est du Nigeria, a fait 65 morts, soit près de trois fois plus qu’annoncé dans un premier bilan, a déclaré dimanche un responsable local.

Des dizaines de cadavres supplémentaires ont été découverts après l’attaque par des hommes armés d’un village proche de la capitale régionale Maiduguri. «Il y a 65 morts et 10 blessés», a déclaré le chef du gouvernement local Muhammed Bulama.

Plus de 20 personnes sont mortes dans l’attaque contre les participants rassemblés pour la cérémonie de funérailles et des dizaines d’autres ont été tuées alors qu’elles tentaient de poursuivre les jihadistes, a-t-il précisé.

Le dirigeant d’une milice locale anti-Boko Haram a confirmé ce bilan, tout en faisant un récit légèrement différent de l’attaque. Vingt-trois personnes ont été tuées alors qu’elles revenaient des funérailles et « les 42 autres ont été tuées quand elles ont poursuivi les terroristes », a déclaré Bunu Bukar Mustapha à l’AFP. Des journalistes de l’AFP sur place ont vu des maisons incendiées lors de l’attaque. Des proches rassemblaient les corps des personnes tuées en vue de leur enterrement.

Selon Muhammed Bulama, l’attaque de samedi est une opération de représailles contre le meurtre de 11 combattants du groupe et la saisie de 10 fusils automatiques par des habitants il y a deux semaines, lorsque Boko Haram s’était approché de leur village. Boko Haram est actif dans le district de Nganzai où il mène régulièrement des raids contre les villages.

En septembre dernier, le groupe avait tué huit personnes et volé du bétail dans deux villages de cette zone alors que les habitants essayaient de l’empêcher de voler leurs animaux.

L’insurrection de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria et sa répression ont fait plus de 27.000 morts et plus de deux millions de déplacés en 10 ans

Par Le Figaro.fr avec AFP