Archive for the ‘Terrorisme’ Category

Burkina Faso : une nouvelle attaque « jihadistes » dans le nord du pays fait une dizaine de morts

janvier 17, 2022
Un soldat burkinabè, à Ouagadougou, au Burkina Faso, le18 janvier 2016 (image d’illustration) © Sunday Alamba/AP/SIPA

Une dizaine de civils ont été tués samedi lors d’une attaque attribuée à des jihadistes et perpétrée contre le village de Namssiguian, dans le nord du Burkina Faso.

Samedi matin « des individus armés non identifiés ont mené une attaque meurtrière dans le village de Namssiguian, dans la province du Bam », a déclaré une source sécuritaire en précisant que « le bilan provisoire établi hier (samedi) était d’une dizaine de civils tués » et que « des familles sont toujours sans nouvelles de certains de leurs proches », a-t-elle ajouté.

Un habitant de la zone a de son côté parlé d’un bilan provisoire d’au moins neuf morts. Il y a également « d’importants dégâts matériels car des boutiques et des commerces ont été incendiés ». « Les terroristes sont restés pendant plusieurs heures dans le village où ils ont pillé et détruit», a-t-il ajouté, affirmant que « les assaillants avaient préalablement saboté les antennes téléphoniques, rendant toute communication impossible ».

Spirale de violences

Comme ses voisins malien et nigérien, le Burkina Faso est pris depuis 2015 dans une spirale de violences attribuées à des groupes armés jihadistes, affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique. Malgré des opérations contre ces groupes, l’armée a du mal à contenir les violences qui ont fait plus de 2 000 morts en six ans, et contraint plus de 1,5 million de personnes à fuir leurs foyers.

Fin décembre, une attaque de jihadistes présumés avait fait 41 morts dans le nord du Burkina Faso, dont des civils et des supplétifs de l’armée. Selon plusieurs médias burkinabè, cette embuscade visait un convoi de commerçants, escorté par des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). C’était le bilan le plus lourd enregistré depuis l’attaque d’Inata (nord), mi-novembre, où 57 personnes dont 53 gendarmes avaient été tuées, suscitant l’exaspération de la population.

Mais la plus meurtrière depuis le début des violences djihadistes en 2015 au Burkina reste à ce jour celle de Solhan, dans la province du Sahel (nord), au cours de laquelle au moins 132 personnes ont été tuées, selon un bilan officiel.

Les attaques d’ampleur variable contre des civils ou des membres des Forces de défense et de sécurité sont devenues presque quotidiennes au Burkina. Jeudi, un policier a été tué et « plusieurs terroristes neutralisés » lors d’une attaque armée contre un poste de contrôle dans le nord, selon des sources sécuritaires. Deux jours auparavant, au moins quatre soldats avaient trouvé la mort dans une attaque attribuée à des groupes jihadistes contre une unité du détachement militaire de Markoye, toujours dans le nord du pays, près de la frontière du Niger.

Quatre officiers supérieurs de l’armée ont été nommés jeudi à la tête de régions du nord et de l’est du Burkina Faso, les zones les plus frappées par les jihadistes.

Par Jeune Afrique avec l’AFP

Bénin : une attaque « terroriste » meurtrière dans le nord du pays

décembre 2, 2021
Désormais, des militaires patrouilleront avec les rangers dans la Pendjari, au Bénin. © STEFAN HEUNIS/AFP

Une position de l’armée béninoise, située dans l’Atacora, a été prise pour cible par des « jihadistes » dans la nuit du 1er au 2 décembre. Deux soldats et un assaillant ont été tués.

Le bilan est lourd du côté des forces armées béninoises. Deux soldats ont été tués dans la nuit de mercredi à jeudi dans une attaque menée par des assaillants qualifiés de « jihadistes » par une source militaire. Le poste de l’armée visé par cette attaque se situe près de Porga, une petite ville du département de l’Atacora, non loin de la frontière avec le Burkina Faso, en bordure du parc de la Pendjari.

Les combats ont été intenses. Outre les deux soldats tués, plusieurs ont été blessés dans l’échange de tirs entre les militaires et les membres du groupe armé, qui n’a pour l’heure pas été formellement identifié. L’un des « jihadistes » a été abattu.

« Pas une surprise »

La veille déjà, un accrochage avait eu lieu dans le département voisin de l’Alibori, également situé à la frontière avec le Burkina. Cette fois-là, c’est une patrouille de l’armée qui a été prise pour cible, alors qu’elle se trouvait à proximité du fleuve Mékrou. Aucune victime chez les soldats, mais l’un des assaillants a été tué.

Ces deux opérations qui ont visé les forces armées béninoises à quelques heures d’intervalles dans le nord du pays interviennent trois semaines après une autre attaque perpétrée dans le nord du Togo et attribuée à des jihadistes en provenance du Burkina. Selon une source sécuritaire béninoise, cette recrudescence de violences n’est « malheureusement pas une surprise ».

IL N’Y A PAS DE KATIBA AU BÉNIN. LES GENS QUI MÈNENT CES ATTAQUES DEPUIS 2019 VIENNENT D’AILLEURS

Notre source assure que des informations faisant état de mouvement de groupes armés dans le parc de la Pendjari avait conduit à un relèvement du niveau de vigilance et que, « un mois avant l’attaque qui s’est produite au Togo », le dispositif sécuritaire béninois avait été renforcé à la frontière avec le Burkina Faso. « Il n’y a pas de katiba au Bénin, assure cependant notre source sécuritaire. Les gens qui mènent ces attaques depuis 2019 viennent d’ailleurs. »

Infiltration jihadiste ?

En février dernier, Bernard Émié, le patron de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), les services de renseignements français, avait affirmé que les chefs d’Al-Qaïda avaient conçu un « projet d’expansion vers les pays du golfe de Guinée ». « Ces pays sont désormais des cibles eux aussi. Pour desserrer l’étau dans lequel ils sont pris et pour s’étendre vers le Sud, les terroristes financent déjà des hommes qui se disséminent en Côte d’Ivoire ou au Bénin », avait-il affirmé.

En juin dernier, un rapport publié par le think tank néerlandais Clingendael avait observé que, s’il n’y avait « pas de signe d’installation permanente » jihadiste dans le pays, certains groupes armés  « parcourent régulièrement les trois provinces [du nord du pays : Alibori, Atacora et Borgou], disposent de moyens logistiques et ont développé des liens avec des individus au Bénin ». Les auteurs de cette enquête s’appuyaient notamment sur les travaux de l’ONG Armed Conflict Location & Event Data Project (Acled), qui affirmait qu’« au Bénin, le GSIM [Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans] est actuellement en quête de ravitaillement pour sa base arrière de Pama », au Burkina Faso, et faisait état d’une augmentation des incidents armés depuis mars 2021.

Le rapport, dont les conclusions et la méthodologie avaient été remises en cause par les autorités béninoises, mettaient alors en garde contre une sous-évaluation de la menace terroriste.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Millecamps

Les talibans désirent entretenir de « bonnes relations » avec le monde

novembre 27, 2021

Le Premier ministre taliban Mohammad Hassan Akhund s’est exprimé à la télévision publique afghane au sujet des relations internationales. Des promesses ont été faites.

Les Talibans veulent instaurer une bonne entente avec les autres pays.
Les Talibans veulent instaurer une bonne entente avec les autres pays.© KARIM JAAFAR / AFP

Les talibans afghans ont assuré vouloir de « bonnes relations » avec tous les autres pays, lors du discours de leur Premier ministre Mohammad Hassan Akhund à la nation, samedi 27 novembre. Ils ont également promis qu’ils n’interféreront jamais dans leurs affaires. L’enregistrement audio d’une demi-heure a été diffusé à l’antenne de la télévision publique RTA, quelques jours avant la reprise de négociations entre son gouvernement et des représentants américains à Doha (Qatar).

Le Premier ministre taliban n’est toujours pas apparu en public depuis qu’il a été nommé Premier ministre le 7 septembre, tout comme le chef suprême du mouvement, le mollah Hibatullah Akhundzada, invisible depuis la reprise du pays par les islamistes à la mi-août.

« Nous n’interférerons jamais dans leurs affaires internes »

« Je veux assurer tous les pays (étrangers) que nous n’interférerons jamais dans leurs affaires internes » et que « nous voulons de bonnes relations avec eux », y compris au niveau économique, a déclaré dans son message le mollah Akhund, critiqué ces derniers temps sur les réseaux sociaux locaux pour son silence prolongé alors que le pays se débat avec une grave crise économique.

Les talibans sont revenus au pouvoir à la mi-août à la faveur du retrait militaire des Occidentaux, et de l’effondrement du gouvernement afghan soutenus par ces derniers, après vingt ans de guerre sanglante. Les islamistes fondamentalistes avaient été chassé du pouvoir à la fin 2001 par une coalition militaire internationale menée par les Etats-Unis qui les avait punis d’avoir hébergé des leaders d’Al-Qaïda, auteurs des attentats du 11-Septembre quelques mois plus tôt.

Le règne de la terreur

Après le retour au pouvoir des talibans en août dernier, Washington a gelé les avoirs de la banque centrale afghane, et la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont suspendu leurs aides à Kaboul. L’économie afghane, déjà l’une des plus démunie du monde, minée par 40 ans de guerre, plus de récentes sécheresses, et jusque là portée à bout de bras par l’aide internationale, est en chute libre, et le pays au bord de la catastrophe humanitaire selon l’ONU.

À Doha, les talibans devraient de nouveau réclamer la levée de ces sanctions, et la reprise de l’aide internationale pour éviter une flambée de misère et de famine cet hiver parmi les quelque 40 millions d’Afghans. Washington réclame de son côté aux islamistes afghans de lutter fermement contre le terrorisme, et donc de ne plus héberger de groupes susceptibles d’attaquer l’Amérique comme en 2001. Les Américains veulent également qu’ils diversifient leur gouvernement et respectent mieux les droits des minorités et ceux des femmes et des filles, en partie privées d’éducation et d’emploi depuis leur retour au pouvoir.

Par Le Point avec AFP

Explosion de Liverpool: le Royaume-Uni relève le niveau de la menace terroriste

novembre 15, 2021
Explosion de Liverpool: le Royaume-Uni releve le niveau de la menace terroriste
Explosion de Liverpool: le Royaume-Uni relève le niveau de la menace terroriste© AFP/Paul ELLIS

Le Royaume-Uni a relevé lundi à « grave » le niveau de la menace terroriste sur le sol britannique, après l’explosion d’un taxi à Liverpool (nord de l’Angleterre), qualifiée d' »acte terroriste » par la police.

Cette attaque, qui a fait un mort – le terroriste présumé – vient rappeler « le besoin pour chacun de nous de rester vigilant », a déclaré le Premier ministre Boris Johnson lors d’une conférence de presse, soulignant que « le peuple britannique ne se laissera jamais intimider par le terrorisme ».

« Nous ne cèderons jamais devant ceux qui veulent nous diviser », a-t-il ajouté.

Ce relèvement du niveau de la menace signifie que les autorités considèrent comme hautement probable une attaque terroriste.

Quatre hommes ? âgés de 20 à 29 ans ? ont été arrêtés depuis l’explosion dimanche du taxi devant un hôpital pour femmes de Liverpool, a annoncé la police qui a évoqué lundi un « acte terroriste » tout en précisant que ses motivations « restaient à déterminer ».

La ministre de l’Intérieur Priti Patel a souligné qu’il s’agissait de la deuxième attaque en un mois, après le meurtre le 15 octobre du député David Amess lors d’une permanence parlementaire à une soixantaine de kilomètres de Londres. Son auteur présumé a été inculpé pour meurtre et préparation d’actes terroristes.

Les enquêteurs pensent que l’engin explosif de Liverpool a été « fabriqué » par le passager du taxi, qui est décédé dans l’explosion.

La police a perquisitionné deux adresses à Liverpool. A l’une d’elle, avenue Rutland, « des éléments importants ont été trouvés et des recherches supplémentaires seront nécessaires aujourd’hui et potentiellement dans les prochains jours », a indiqué la police.

Le passager avait emprunté le taxi dans cette avenue, demandant au chauffeur de l’emmener à l’hôpital pour femmes, situé à dix minutes en voiture.

C’est devant cet hôpital que l’explosion est survenue dimanche matin, au moment où le Royaume-Uni commémorait les victimes des guerres, à l’occasion du « Dimanche du Souvenir ».

Elle s’est produite juste avant 11H00 (locale et GMT), heure à laquelle la nation se recueillait en silence, et à quelques centaines de mètres de la cathédrale de Liverpool où des centaines de soldats, vétérans et membres du public étaient rassemblés.

« Nous ne pouvons pas établir de lien à ce stade mais c’est une piste d’enquête que nous explorons », a déclaré lors de la conférence de presse lundi Russ Jackson, chargé de la police antiterroriste de la région, à propos de ces commémorations.

Il a précisé que les enquêteurs pensaient connaître l’identité du passager tué mais ne souhaitaient pas la révéler pour le moment.

« Bravoure incroyable »

Blessé lors de l’explosion, le chauffeur de taxi a été qualifié de « héros » par des responsables politiques et des tabloïds qui ont affirmé qu’il avait permis d’éviter des morts.

« Il semble que le chauffeur de taxi en question se soit comporté avec une présence d’esprit et une bravoure incroyables », a déclaré Boris Johnson lundi lors d’une visite dans un centre médical de Londres.

D’après The Daily Mail, le chauffeur a repéré que son passager avait l’air « suspect » et l’a enfermé dans le taxi, avant de s’échapper.

« Le chauffeur de taxi, dans ses efforts héroïques, a réussi à éviter ce qui aurait pu être une catastrophe absolument horrible à l’hôpital », a déclaré la maire de Liverpool, Joanne Anderson sur la BBC, confirmant qu’il avait « verrouillé les portes » du véhicule.

Il a depuis quitté l’hôpital où il était soigné, selon la police.

La police antiterroriste est chargée de l’enquête avec, selon la BBC, le soutien du service de renseignement MI5.

Appel à la vigilance

La police locale avait expliqué avoir été alertée vers 11H00 et être immédiatement intervenue.

Des images ont montré une large fumée grise s’échappant des lieux de l’explosion et un véhicule carbonisé.

Phil Garrigan, chef des pompiers du Merseyside, a déclaré que l’incendie du véhicule était « complètement développé » à l’arrivée des véhicules de secours.

La police a exhorté la population à « rester calme mais vigilante ».

Par Le Point avec AFP

Norvège: 5 tués dans une attaque à l’arc, la piste terroriste pas exclue

octobre 13, 2021
Norvege: 5 tues dans une attaque a l'arc, la piste terroriste pas exclue
Norvège: 5 tués dans une attaque à l’arc, la piste terroriste pas exclue© NTB/AFP/Terje Pedersen

La police norvégienne a arrêté un Danois de 37 ans, soupçonné d’être l’auteur d’une attaque à l’arc et aux flèches qui a fait cinq morts et deux blessés mercredi à Konsberg, dans le sud-est du pays, les enquêteurs n’excluant pas à ce stade une motivation terroriste.

Le suspect, interpellé peu de temps après les faits, est un citoyen danois de 37 ans résidant à Kongsberg, a annoncé la police norvégienne dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi.

« Nous avons décidé de confirmer cette information car beaucoup de rumeurs circulent sur les réseaux sociaux autour de l’auteur de l’attaque, certaines [mettant en cause] des personnes n’ayant aucun lien avec les actes graves commis », a-t-elle ajouté.

Plus tôt dans la soirée, le responsable de la police locale, Øyvind Aas, avait fait état lors d’un point de presse de cinq personnes mortes et deux blessées.

Les deux blessés ont été hospitalisés dans des unités de soins critiques mais, selon Øyvind Aas, rien n’indique que leur vie est en danger. L’un d’eux était un policier hors service qui se trouvait dans un supermarché, l’un des multiples endroits où l’attaque s’est produite.

« Selon les informations dont nous disposons maintenant, il n’y a qu’une personne impliquée dans ces actes », a ajouté le policier. Aucun autre suspect n’est donc recherché.

Les motivations de l’agresseur sont encore inconnues à ce stade.

Selon la chaîne TV2, généralement bien informée, l’auteur présumé de l’attaque est converti à l’islam et a des antécédents médicaux — ce que les autorités n’ont pas voulu confirmer.

« Vu le déroulement des faits, il est naturel d’évaluer s’il s’agit d’une attaque terroriste », a indiqué Øyvind Aas.

« Le suspect n’a pas été entendu et il est trop tôt pour se prononcer sur ses mobiles », a-t-il ajouté, précisant que les enquêteurs gardaient « toutes les possibilités ouvertes ».

« Carquois sur l’épaule »

Informée à 18H13 (16H13 GMT), la police a arrêté le suspect à 18H47 et l’a emmené au commissariat de la ville voisine de Drammen.

A Kongsberg, petite ville d’environ 25.000 habitants à environ 80 kilomètres à l’ouest d’Oslo, l’accès aux lieux du crime était bloqué par un cordon de police et des agents, a constaté un correspondant de l’AFP.

Une femme, Hansine, qui a en partie assisté à l’attaque, a dit à TV2 avoir entendu du vacarme et vu une femme se mettre à l’abri ainsi qu' »un homme au coin de la rue avec des flèches dans un carquois sur l’épaule et un arc dans la main ».

« Après, j’ai vu des gens courir pour leur vie. L’un d’eux était une femme qui tenait un enfant par la main », a-t-elle témoigné auprès de la chaîne.

« Ces événements nous ébranlent », a déclaré la Première ministre Erna Solberg, dont c’était le dernier jour en fonction. Elle cédera jeudi son poste au travailliste Jonas Gahr Støre, vainqueur des législatives du 13 septembre.

Policiers armés

Les habitants ont été appelés à rester chez eux tandis que d’importantes forces de police et de multiples ambulances ont été déployées.

Des hélicoptères de la police et des services médicaux ainsi qu’une équipe de démineurs ont aussi été envoyés sur place.

La direction norvégienne de la police a décidé que les agents, qui ne sont généralement pas armés, porteraient des armes à titre temporaire dans tout le pays.

Plusieurs médias ont diffusé des photos de flèches noires, de compétition semble-t-il, gisant au sol ou, pour l’une d’entre elles, solidement fichée dans un mur.

Dans le passé, la Norvège, nation traditionnellement paisible, a été la cible d’attaques d’extrême droite.

Le 22 juillet 2011, Anders Behring Breivik avait tué 77 personnes en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo, faisant huit morts, avant d’ouvrir le feu sur un rassemblement de la Jeunesse travailliste sur l’île d’Utøya, faisant 69 autres victimes.

En août 2019, Philip Manshaus avait aussi tiré dans une mosquée des environs d’Oslo, avant d’être maîtrisé par des fidèles, sans faire de blessé grave. Il avait auparavant abattu par racisme sa demi-soeur adoptive d’origine asiatique.

Plusieurs projets d’attentats islamistes ont par ailleurs été déjoués.

Par Le Point avec AFP

Une explosion aurait fait au moins 100 victimes en Afghanistan

octobre 8, 2021

KABOUL — Une centaine de personnes auraient été tuées ou blessées vendredi par une explosion dans une mosquée chiite du nord de l’Afghanistan, a indiqué un dirigeant taliban.

© Fournis par La Presse Canadienne

L’attentat n’a pas été immédiatement revendiqué. L’explosion est survenue à Kunduz, la capitale de la province du même nom, mais les militants de Daech (le groupe armé État islamique) s’en prennent de longue date à la minorité chiite en Afghanistan.

Le chef adjoint de la police de la province de Kunduz, Dost Mohammad Obaida, a dit que la majorité des victimes ont été tuées. L’attentat pourrait avoir été perpétré par un kamikaze qui s’était mêlé aux fidèles.

Il pourrait s’agir de l’attentat le plus meurtrier depuis que les forces de l’OTAN et des États-Unis sont parties d’Afghanistan à la fin du mois d’août et que les talibans ont pris le contrôle du pays. Daech a lancé plusieurs attaques meurtrières contre les talibans.

L’explosion s’est produite pendant les prières du vendredi à la mosquée Gozar-e-Sayed Abad. La prière du vendredi midi est le fait saillant de la semaine religieuse musulmane, et les mosquées sont typiquement bondées.

Des photos et des vidéos de l’attentat montrent des secouristes transportant un corps enveloppé dans une couverture de la mosquée vers une ambulance. L’escalier devant la mosquée était couvert de sang.

Avec Samya Kullab et Tameem Akhgar, The Associated Press

Mali : six mois après, quel espoir de libération pour Olivier Dubois ?

octobre 8, 2021
Manifestation de soutien à Olivier Dubois, le 8 juin 2021, à Paris © SEVGI/SIPA

Alors que le ton monte entre Paris et Bamako, certains s’inquiètent de possibles répercussions sur les négociations en vue de la libération du journaliste français, otage des jihadistes.

C’est sur le terrain qu’il aimait donner à voir et à entendre. C’est aussi là qu’il se sentait le mieux. Comme lors de chacun de ses déplacements, juste avant de se rendre à Gao où il a été enlevé le 8 avril, Olivier Dubois a laissé un protocole de sécurité à Déborah Al Hawi Al Masri, son épouse. Il lui demandait d’alerter les autorités si elle n’avait pas de ses nouvelles au plus tard le 10 avril à 17h. Il était prudent, mais n’aurait jamais imaginé voir un jour son nom inscrit sur la liste des Français pris en otage à l’étranger.

Voilà maintenant six mois que ce journaliste hyperactif, collaborateur notamment de Jeune Afrique, est otage, laissant sa compagne et ses deux enfants dans un état d’angoisse… mais aussi d’espoir. L’espoir de le voir un jour revenir et reprendre le cours de sa vie.

« Je ne suis informée de rien »

À l’annonce de son enlèvement, un comité de soutien baptisé #FreeOlivierDubois s’est très vite constitué, et multiplie depuis les actions à Paris comme à Bamako. Surtout, ne pas oublier Olivier Dubois, alors même que de nombreuses interrogations demeurent. Où se trouve-t-il ? Comment se porte-t-il ? Comment les États français et maliens œuvrent-ils pour qu’il soit libéré le plus vite possible ? Les questions fusent dans la tête de ses proches, sans réponse. Ils affirment ne rien savoir d’éventuelles négociations. « Je ne suis informée de rien, confie sa compagne. Je ne sais pas si des discussions ont été entamées parce que le Mali et la France travaillent dans une totale discrétion. »

Les jours passant, cette mère de famille éprouve une certaine frustration et un sentiment d’impuissance. Mais elle veille à ne pas laisser leurs enfants dans l’ignorance : « Olivier est omniprésent dans nos pensées et sa situation n’est pas un tabou. On en parle régulièrement. Je préfère leur répondre plutôt que d’engendrer des angoisses chez eux ». Le dernier message de leur père date du 5 mai, c’est une courte vidéo de 20 secondes. Habillé en tunique traditionnelle avec une barbe de trois jours, l’otage confirmait son enlèvement à Gao, par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), la nébuleuse sahélienne d’Al Qaïda dirigée par le Malien Iyad Ag Ghaly.

Le 29 septembre dernier, le journaliste Wassim Nasr, spécialiste des réseaux jihadistes, a affirmé avoir été en contact avec une source « propre » du GSIM. Contrairement au scenario avancé jusqu’alors, celle-ci affirme qu’Olivier Dubois n’a pas été attiré dans un piège ou « trompé » et que son cas « peut être ouvert à la discussion ».

Crispation

Si c’est le cas, la France – qui a officiellement pour doctrine de ne pas négocier avec les terroristes – accepterait-elle d’ouvrir des négociations ? La récente crispation des relations entre Paris et Bamako va-t-elle entraver l’avancée du dossier du seul otage français au monde ? « Je n’ai pas de craintes par rapport à la situation d’Olivier parce que les deux États m’ont affirmé qu’il est une priorité, veut croire Déborah Al Hawi Al Masri. Les problèmes géopolitiques ne seront pas un frein. » 

Depuis la fin septembre, le ton est monté d’un cran entre les deux pays. Paris n’apprécie guère que Bamako ait entamé des discussions avec des sociétés de sécurité russes de la nébuleuse Wagner. Et Emmanuel Macron a vivement réagi aux propos du Premier ministre malien, Choguel Maïga, qui a qualifié « d’abandon » le retrait progressif des troupes de Barkhane dans le nord du Mali.

Journaliste indépendant et spécialiste des questions de sécurité, Walid Ag Menani estime toutefois que ce changement de dispositif militaire n’aura pas de réel impact sur le dossier Dubois. Selon lui, cela ne veut pas nécessairement dire que la sécurité et la libération du journaliste seront compromises. « Sophie Pétronin [enlevée à Gao en 2016 et libérée en octobre 2020] a été arrêté dans une ville où des soldats français étaient présents et elle a été libérée à quelques kilomètres d’une base de l’armée française », rappelle-il. Autrement dit, la présence des troupes françaises dans la zone n’a pas empêché ce rapt.

« Il est très compliqué de tirer des conclusions, nuance Marc de Boni, membre du comité de soutien à Olivier Dubois. Il est certain que cette crispation est un facteur d’angoisse pour tous. Mais Quand Sophie Petronin a été libérée, les relations entre la France et le Mali n’étaient pas au beau fixe non plus. » Six mois après l’enlèvement d’Olivier Dubois, l’espoir est toujours aussi grand. 

Avec Jeune Afrique par Fatoumata Diallo

Rwanda : Paul Rusesabagina condamné à 25 ans de prison

septembre 20, 2021
Paul Rusesabagina arrivant dans les enceintes de la Cour suprême à Kigali le 17 février 2021 pour son procès.

Sanctifié par Hollywood à travers le film « Hotel Rwanda », Paul Rusesabagina a été condamné à 25 années de prison par la justice rwandaise pour actes de « terrorisme ». En cause : son rôle dans la rébellion armée du MRCD-FLN, qui a commis des attentats au Rwanda en 2018.

Tel Janus, le Dieu romain des commencements et des fins, des choix, du passage et des portes, le Rwandais Paul Rusesabagina est une célébrité à deux visages.

Côté pile, ce personnage bifrons est le héros dont Hollywood a retracé le parcours durant le génocide des Tutsi au Rwanda, entre avril et juillet 1994, dans le film Hotel Rwanda (Terry George, 2004). « Seul » face au régime, à l’armée et aux milices hutu, il aurait sauvé du massacre 1 268 personnes menacées, Hutu et Tutsi confondus.

Côté face, il est devenu par la suite un opposant en exil (en Belgique puis aux États-Unis) au régime de Kigali. Il a finalement opté pour la lutte armée et son Mouvement rwandais pour un changement démocratique (MRCD, l’aile politique)-Front de libération nationale (FLN, la branche militaire) a commis divers attentats au Rwanda en 2018.

Arrêté dans des circonstances dénoncées par sa défense et sa famille, détaillées à l’époque par Jeune Afrique, Paul Rusesabagina, qui était jugé depuis février dernier aux côtés de dix-neuf autres accusés soupçonnés d’appartenir au FLN, avait, dans un premier temps, reconnu avoir participé à la création d’un groupe armé.

Héros incontestable pour ses idolâtres occidentaux, mystificateur durant le génocide contre les Tutsi pour ses détracteurs rwandais, Paul Rusesabagina a notamment bénéficié, depuis son arrestation, du soutien de la diplomatie belge et du Parlement européen. Le Département d’État américain a même adressé des « exhortations » à Kigali afin que le pouvoir « veille à un traitement humain, au respect de l’État de droit et à la mise en œuvre d’un processus juridique équitable et transparent, et en particulier à l’accès à un avocat de son choix pour M. Rusesabagina ».

Paul Rusesabagina était poursuivi aux côtés de 20 autres accusés. La Haute Cour de justice en charge des crimes internationaux a également condamné Callixte Nsabimana, ancien commandant et porte-parole des FLN, qui avait plaidé coupable, à 20 ans de prison. Quant à Herman Nsengimana, un autre-parole des FLN et membre du CRND (Conseil national pour la renaissance et la démocratie, issu des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda – FDLR), il a été condamné à cinq années de prison.

Selon la porte-parole du ministre rwandais des Affaires étrangères, Yolande Makolo, « ce long procès a mis au jour les activités terroristes du FLN, dirigé par Paul Rusesabagina. Les preuves contre l’accusé étaient indiscutables et le peuple rwandais se sentira plus en sécurité maintenant que justice a été rendue. Le procès a été une épreuve longue et douloureuse pour les victimes des attentats du FLN, en particulier pour celles qui ont été appelées à témoigner. Nos pensées vont aujourd’hui à ces valeureux témoins, ainsi qu’aux familles et amis des victimes ».

Avec Jeune Afrique par Mehdi Ba

Mali : le chef du groupe État islamique au Grand Sahara tué par les forces françaises

septembre 16, 2021
Abou Walid al-Sahraoui, dans une vidéo de propagande.

Les forces françaises ont tué le chef du groupe jihadiste État islamique au Grand Sahara (EIGS), Adnan Abou Walid al-Sahraoui, un « succès majeur », a annoncé le président français Emmanuel Macron dans la nuit de mercredi à jeudi.

« Il s’agit d’un nouveau succès majeur dans le combat que nous menons contre les groupes terroristes au Sahel », a déclaré le président français sur Twitter.

Cet été, en juin et juillet, Paris avait déjà annoncé la mort ou la capture de plusieurs cadres de haut rang de l’EIGS par la force française Barkhane et ses partenaires, dans le cadre de sa stratégie de cibler les dirigeants et les cadres des organisations jihadistes. Le chef de l’EIGS « est mort à la suite d’une frappe de la force Barkhane », a tweeté de son côté la ministre française des Armées Florence Parly, en saluant également « un coup décisif contre ce groupe terroriste. Notre combat continue ».

L’EIGS, créé en 2015 par Adnan Abou Walid al-Sahraoui, ancien membre du Front Polisario, puis de la mouvance jihadiste Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), avait été désigné comme « ennemi prioritaire » au Sahel, lors du sommet de Pau (sud-ouest de la France), en janvier 2020. Il est en effet considéré comme étant à la manoeuvre de la plupart des attaques dans la région des « trois frontières », un vaste espace aux contours vagues à cheval sur le Mali, le Niger et le Burkina Faso.

Cette zone constitue la cible récurrente d’attaques de deux groupes armés jihadistes : l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al Qaïda. – « Nous poursuivrons ce combat » – L’EIGS a perpétré des attaques particulièrement meurtrières, visant civils et militaires, au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Il avait pris pour cible des soldats américains dans une attaque meurtrière en octobre 2017, au cours de laquelle quatre soldats américains des Forces spéciales et quatre Nigériens avaient été tués dans une embuscade à Tongo Tongo, près du Mali, dans le sud-ouest du Niger.

Fin 2019, l’EIGS avait mené une série d’attaques d’ampleur contre des bases militaires au Mali et au Niger. Et le 9 août 2020, au Niger, le chef de l’EIGS avait personnellement ordonné l’assassinat de six travailleurs humanitaires français et de leurs guide et chauffeur nigériens. Cette attaque contre des jeunes engagés dans l’humanitaire avait suscité une vive émotion en France et au Niger, classé ensuite en zone rouge, soit « formellement déconseillée », à l’exception de la capitale Niamey, par le ministère français des Affaires étrangères.

Après plus de huit ans d’engagement important, Emmanuel Macron a annoncé en juin une réduction de la présence militaire française au Sahel et la fin de l’opération antijihadiste Barkhane au profit d’un dispositif resserré, recentré sur les opérations de contre-terrorisme et l’accompagnement au combat des armées locales, autour d’une alliance internationale associant des Européens. « La Nation pense ce soir à tous ses héros morts pour la France au Sahel dans les opérations Serval et Barkhane, aux familles endeuillées, à tous ses blessés. Leur sacrifice n’est pas vain. Avec nos partenaires africains, européens et américains, nous poursuivrons ce combat », a ajouté Emmanuel Macron dans un autre tweet.

Par Jeune Afrique avec AFP

Nouvelle frappe américaine mortelle contre le groupe armé État islamique à Kaboul

août 29, 2021

Les États-Unis ont réalisé dimanche à Kaboul une frappe de drone contre un véhicule transportant « plusieurs kamikazes » du groupe armé État islamique au Khorasan (EI-K) afin de « supprimer une menace imminente » contre l’aéroport, a annoncé le Pentagone. D’après un porte-parole des talibans, trois enfants figurent parmi les victimes.

Le véhicule piégé a été éliminé par un tir de missile provenant d'un drone de combat américain.

© Handout ./Reuters Le véhicule piégé a été éliminé par un tir de missile provenant d’un drone de combat américain.

La frappe aérienne défensive» de drone des forces américaines a été lancée depuis l’extérieur de l’Afghanistan, contre un véhicule à Kaboul, éliminant une menace imminente de l’EI-K contre l’aéroport international» Hamid Karzai, a précisé pour sa part Bill Urban, un porte-parole du commandement central.

Nous sommes certains d’avoir atteint la cible», a-t-il ajouté. De fortes explosions secondaires provenant du véhicule ont montré la présence d’une quantité importante d’explosifs», a-t-il souligné.

Un porte-parole des talibans a confirmé que la frappe visait deux véhicules garés dans le stationnement d’un immeuble résidentiel près de l’aéroport et que plusieurs victimes, dont des civils, étaient du nombre.

Plusieurs témoins ont affirmé que des enfants ont été touchés par la frappe. Dina Mohammadi a fait savoir que des membres de sa famille habitaient dans cet immeuble et que plusieurs ont été tués. Elle n’a pas donné plus de détails sur l’âge et le nombre de victimes.

Un représentant de la région a déclaré que l’attaque a provoqué un incendie, rendant difficile l’évacuation des blessés. Il y avait de la fumée partout. J’ai tenté d’évacuer des enfants et des femmes», a-t-il raconté.

Les États-Unis n’avaient pas encore commenté le bilan signalé par les autorités afghanes.

Joe Biden avait fait savoir samedi qu’une nouvelle attaque islamiste était hautement probable», après l’attentat de jeudi aux abords de l’aéroport de Kaboul, revendiqué par l’EI-K et qui a fait plus d’une centaine de morts, dont 13 militaires américains.

L’ambassade américaine à Kaboul avait exhorté tous les Américains à quitter les abords de l’aéroport en raison d’une menace précise et crédible».

Les États-Unis avaient annoncé samedi avoir effectué une première frappe de drone dans l’est de l’Afghanistan, tuant deux membresde haut niveau» du groupe État islamique et en blessant un troisième, et prévenu que ce ne serait pas la dernière».

Joe Biden a reçu dimanche solennellement sur une base militaire du Delaware les dépouilles des 13 militaires américains, une cérémonie difficile au moment où le président américain est sous le feu des critiques pour sa gestion de la crise afghane.

Avec  CBC/Radio-Canada