Archive for the ‘Terrorisme’ Category

Tchad: au moins dix civils tués dans une attaque de Boko Haram

juillet 31, 2020

 

Au moins dix civils ont été tués et sept autres enlevés vendredi au Tchad dans une attaque attribuée au groupe djihadiste Boko Haram par un officier de l’armée et le préfet local. «Vers trois heures du matin, les éléments de Boko Haram ont attaqué Tenana, tuant deux femmes et huit hommes» de ce village de la région du Lac, une zone frontalière du Nigeria, du Niger et du Cameroun, a dit à l’AFP un officier sous couvert de l’anonymat. «Ils ont enlevé sept hommes, pillé et brûlé le village avant de se retirer», a ajouté la même source. Dans cette région marécageuse parsemée d’îlots où les djihadistes avaient trouvé refuge, l’armée tchadienne avait déclenché en avril une vaste offensive contre Boko Haram après la mort de 98 soldats dans l’attaque d’une de ses bases à Bohoma.

Le préfet de Fouli, Yacoub Mahamat Seitchimi, a confirmé l’attaque de vendredi et son bilan sans donner plus de détails. «J’ai envoyé le sous-préfet et le commandant de la gendarmerie, ils sont allés compatir avec les familles endeuillées», a-t-il dit. «Il s’agit des enfants de la localité mécontents qui s’attaquent à leurs propres parents», a-t-il ajouté. Contacté par l’AFP, le ministre de la Communication, Mahamat Zene Cherif, n’a pas confirmé l’attaque, affirmant qu’il était lui-même en train de «recouper ses informations».

Après l’offensive d’avril, qui avait conduit les troupes tchadiennes à se déployer jusqu’au Niger et au Nigeria, le président Idriss Déby Itno, qui aura en décembre passé 30 ans au pouvoir, avait affirmé qu’il n’y avait «plus un seul djihadiste sur l’ensemble de la zone insulaire». Mais le 9 juillet, un véhicule de l’armée avait sauté sur une mine artisanale à Kalam, ce qui avait provoqué la mort d’au moins huit soldats tchadiens dans une attaque également attribuée à Boko Haram.

Par Le Figaro avec AFP

Cameroun : cinq combattants de Boko Haram tués

juillet 26, 2020

L’armée camerounaise a annoncé ce dimanche 26 juillet avoir tué la veille cinq combattants du groupe djihadiste Boko Haram vers Gouzda-Vreket, un village proche de la frontière nigériane.

«Le 25 juillet, une équipe du commando de nos Forces de défense (…) a eu un accrochage violent avec les terroristes de Boko Haram», a déclaré le porte-parole de l’armée, le capitaine de frégate Cyrille Serge Atonfack Guemo dans un communiqué transmis à l’AFP dimanche.

Le bilan fait état de «cinq terroristes neutralisés, «4 fusils d’assaut récupérés», ainsi que des munitions et du matériel logistique saisis. Aucun militaire n’a été tué au cours de cet affrontement.

52 attaques pour le seul mois de juin

Née dans le nord-est du Nigeria en 2009, l’insurrection de Boko Haram s’est peu à peu propagée à ses voisins camerounais, nigérien et tchadien, particulièrement dans la région du lac Tchad, située à la frontière entre ces quatre pays. En 2016, le groupe s’est scindé en deux branches : la faction historique, dirigée par Abubakar Shekau, et l’Iswap, affilié à l’Etat islamique (EI). L’Extrême-Nord du Cameroun, au sud du lac, est l’une des régions les plus pauvres du monde. Elle est plutôt la cible d’attaques commanditées par la faction historique de Boko Haram.

Le Nord du lac Tchad, à cheval sur le Tchad et le Niger, est plutôt le repaire de ISWAP. Ces derniers mois, peu d’accrochages entre l’armée camerounaise et le groupe djihadiste ont été rapportés. Toutefois, une multitude de petites attaques contre des civils dans les villages, avec des vols de bétails et de vivres, ont eu lieu. Au mois de juin dernier, 52 attaques contre des civils ont ainsi été enregistrés dans cette région, selon les Nations unies.

Depuis 2015, les quatre pays riverains du lac Tchad luttent contre ces groupes djihadistes au sein d’une Force multinationale mixte (FMM). Mais ces derniers mois, son efficacité a été de plus en plus discutée. Les attaques continuent dans tous les pays de la FMM. Le Tchad avait lancé en mars une grande opération militaire, affirmant à son terme avoir chassé Boko Haram de son territoire Mais début juillet, au moins huit de ses soldats ont péri dans une attaque sur son sol.

Le nord-ouest du Nigeria est lui aussi, dix ans après le début de l’insurrection, toujours meurtri par les attaques. Plus de 36.000 personnes y ont été tués depuis 2009, et plus de deux millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

Par Le Figaro avec AFP

Irak: deuxième attaque contre des intérêts américains en 24 heures

juillet 5, 2020

 

Une roquette s’est abattue dans la nuit de lundi à mardi près de l’aéroport de Bagdad, où sont postés des soldats américains, la deuxième attaque de ce type en 24 heures contre des intérêts américains, a indiqué à l’AFP un responsable des services de sécurité irakiens. Ces tirs sont habituellement attribués aux pro-Iran mais n’ont jamais été revendiqués par des factions connues. Ils reprennent alors que dimanche à de nombreuses reprises Bagdad a été secouée par de fortes explosions.

Il s’agissait de tests de C-RAM, un dispositif conçu pour intercepter des roquettes, désormais installé aux abords de l’ambassade américaine à Bagdad, visée la nuit dernière par une roquette, selon un haut-gradé irakien. Des rampes de lancement et des roquettes dirigées vers une base abritant des soldats américains au nord de Bagdad ont également été saisies au moment de l’attaque contre l’ambassade.

Ces nouvelles attaques sont vues comme un défi au gouvernement de Moustafa al-Kazimi, qui passe pour proche de Washington, grand ennemi de Téhéran, et semble vouloir donner des gages aux Etats-Unis à l’approche d’un voyage outre-Atlantique du Premier ministre. Dans la nuit du 25 au 26 juin, les autorités avaient pourtant emporter une manche: les unités d’élite du contre-terrorisme avaient arrêté quatorze hommes, des membres des brigades du Hezbollah, la faction pro-Iran la plus radicale du pays, en possession de plusieurs rampes de lancement de roquettes. Mais quatre jours plus tard, ils étaient tous libérés par un juge estimant «manquer de preuves», à l’exception d’un seul, «directement incriminé» selon un responsable gouvernemental.

Côté autorités, les responsables assurent, unanimes, que mener un tel raid est déjà en soi une réussite, alors que 35 attaques à la roquette contre des diplomates ou des soldats américains -dont certaines meurtrières- ont déjà eu lieu et qu’elles n’ont jamais mené à des arrestations ou même des perquisitions sous le gouvernement précédent, d’Adel Abdel Mahdi. Aussitôt, le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, avait salué «un pas dans la bonne direction» qu’il a dit «applaudir».

Mais en face, les pro-Iran, brigades du Hezbollah en tête, maintiennent leur position anti-Américains, considérés par ces factions comme des «occupants» en Irak. Durant leurs quatre jours de détention de leurs hommes, les brigades du Hezbollah ont multiplié les menaces, s’en prenant en particulier à Moustafa al-Kazimi, qu’elles accusent déjà depuis des mois d’être «complice» de l’assassinat en janvier par Washington du général iranien Qassem Soleimani et de son lieutenant irakien à l’aéroport de Bagdad. Elles affirment aujourd’hui qu’elles vont le poursuivre pour «enlèvement» de leurs hommes et, dans une démonstration de force qui a fait le tour des réseaux sociaux, des membres de cette faction ont piétiné des photos de Moustafa al-Kazimi en brûlant des drapeaux américains.

Par Le Figaro avec AFP

Royaume-Uni : plusieurs personnes poignardées à Reading, un homme arrêté

juin 20, 2020

Plusieurs personnes ont été hospitalisées et un homme est actuellement en garde à vue, selon la police locale.

Plusieurs personnes ont été poignardées samedi soir dans un parc à Reading, à l’ouest de Londres, et transportées à l’hôpital, selon la police. Un homme a été arrêté et est actuellement en garde à vue, précise la police locale dans un communiqué.

La police et les secours sont intervenus sur place après avoir été appelés en début de soirée pour un incident dans lequel plusieurs personnes avaient été poignardées à Forbury Gardens vers 19H00 locales (18H00 GMT), selon la même source. Un périmètre de sécurité a été mis en place sur les lieux, la police appelant le public à «éviter la zone».

The Telegraph évoque trois personnes décédées et deux personnes hospitalisées, mais la police ne confirme pas. L’incident se serait produit dans les jardins de Forbury.

«Mes pensées vont vers ceux qui ont été touché par cet épouvantable incident à Reading et mes remerciements vont aux services d’urgences sur place», a réagi le premier ministre Boris Johnson dans un tweet.

Sur Twitter, la ministre de l’Intérieur Priti Patel s’est dite pour sa part «profondément inquiète».

Plus tôt dans la journée, plusieurs manifestants du mouvement antiraciste Black Lives Matter s’étaient rassemblé à Reading. Certains participants de cette manifestation s’inquiètent d’ores et déjà, sur Twitter, que cette attaque leur soit attribuée.

Nieema Hassan, organisatrice de la manifestation aux jardins de Forbury, indique dans une vidéo relayée sur le réseau social que cet incident n’a aucun lien avec la manifestation.

Par Le Figaro avec Reuters

Aqmi confirme la mort de son fondateur Abdelmalek Droukdel

juin 19, 2020

Des soldats français dans le nord du Mali, le 1er mars 2013.

Des soldats français dans le nord du Mali, le 1er mars 2013. © Ghislain Mariette/AP/SIPA

 

Dans une vidéo, Aqmi a reconnu la mort d’Abdelmalek Droukdel, tué le 3 juin par l’armée française dans le nord du Mali. Le groupe jihadiste y promet également de poursuivre son combat contre la France et ses alliés au Sahel.

Deux semaines après le raid des forces spéciales françaises qui lui a coûté la vie dans le nord du Mali, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a confirmé, dans une vidéo, la mort de son fondateur et leader historique algérien.

Repérée par Site, groupe américain spécialisé dans la surveillance des groupes jihadistes, cette vidéo de propagande fait l’éloge funèbre d’Abdelmalek Droukdel et promet aussi de poursuivre le combat contre la France et ses alliés au Sahel et en Afrique du Nord. Aucun successeur n’a en revanche été désigné pour l’instant.

Le 3 juin, Droukdel avait été tué par les forces spéciales françaises à Talhandak, dans le nord du Mali, à quelques kilomètres de la frontière avec l’Algérie. Le fondateur d’Aqmi, que beaucoup pensaient caché en Kabylie, avait été repéré par les services de renseignement français et américains alors qu’il faisait route vers le Mali. Une fois qu’il y est entré, une opération a été montée par l’armée française pour le neutraliser.

À la tête d’Aqmi depuis sa fondation en 2007, Droukdel, 50 ans, était un des chefs jihadistes les plus recherchés du continent. Il était aussi une des dernières figures algériennes du groupe, la plupart de ses compatriotes et lieutenants ayant été éliminés ces dernières années. Avec Aqmi affaiblie, les ambitions d’Al-Qaïda au Sahel reposent plus que jamais sur les épaules du Malien Iyad Ag Ghaly et son Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), qui fédère la plupart des katibas jihadistes de la région.

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger

Six morts dans une attaque jihadiste au Nigeria

juin 13, 2020

 

Des jihadistes du groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont tué samedi six personnes lors d’une attaque contre une garnison stratégique dans le nord-est du Nigeria, a-t-on appris auprès de sources sécuritaires et d’habitants. Des dizaines de combattants d’ISWAP se sont battus contre des soldats et des membres des milices soutenues par le gouvernement après l’attaque du village de Monguno, près du lac Tchad.

«Deux soldats, un membre d’un groupe d’auto-défense local et trois civils ont été tués dans cette attaque, qui a duré deux heures», a indiqué à l’AFP un combattant anti-jihadiste, Bukar Ari. Selon les habitants, les jihadistes étaient lourdement armés et ont commencé leur opération en libérant des prisonniers, avant de mettre le feu aux bâtiments publics. «Ils ont arrosé le village au lance-roquettes, faisant trois morts et plusieurs blessés», a indiqué à l’AFP un habitant, Kulo Gana. «J’ai vu les corps des deux soldats et du milicien dans les rues après les combats». Selon ces sources, les jihadistes ont fui lorsque l’aviation militaire a lancé des frappes.

ISWAP et son groupe rival, Boko Haram, ont à plusieurs reprises tenté de s’emparer de Monguno, un poste de garnison stratégique à 135 kilomètres de la capitale régionale, Maiduguri. Mardi, des jihadistes de l’ISWAP ont tué 81 personnes lors d’une attaque contre un village d’éleveurs dans le district de Gubio, à 90 km au nord de l’attaque de samedi. L’insurrection jihadiste dans le nord-est du Nigeria a fait plus de 36.000 morts et de deux millions de déplacés depuis 2009.

Par Le Figaro avec AFP

Côte d’Ivoire : plusieurs militaires tués dans l’attaque d’un poste de l’armée dans le Nord

juin 11, 2020

Soldat ivoiriens patrouillant près d'Abidjan,  le 6 août 2012 (Illustration).

Soldat ivoiriens patrouillant près d’Abidjan, le 6 août 2012 (Illustration). © Emanuel Ekra/AP/SIPA

 

Un poste mixte de l’armée et de la gendarmerie a été attaqué dans la zone de Kafolo, près de la frontière avec le Burkina Faso, dans la nuit de mercredi à jeudi, faisant plusieurs morts.

Dans les milieux sécuritaires, c’est la question que beaucoup se posaient : comment allait réagir la cellule terroriste visée par l’opération « Comoé », lancée le 14 mai par la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso ? La réponse n’a pas tardé à tomber. Un poste mixte de l’armée et de la gendarmerie situé dans la zone de Kafolo, une petite ville frontalière avec le Burkina Faso, a été attaqué dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 juin.

L’attaque a eu lieu aux environs de 3 h du matin. Le bilan est encore provisoire, mais plusieurs sources sécuritaires font état d’une dizaine de morts et de disparus dans les rangs des forces de défense et de sécurité ivoiriennes. Dans un communiqué, le ministère de la Défense a précisé par la suite que l’attaque a fait une « dizaine de morts », six blessés et qu’un assaillant été « neutralisé ».

« Les enquêtes sont en cours pour déterminer la nature, les circonstances et le bilan définitif de cette attaque », précise le ministère, qui assure que « des mesures urgentes ont été prises dans la zone notamment la mise en alerte de toutes les troupes ainsi que le ratissage, en vue de retrouver les assaillants ».

Première attaque d’envergure

Cette première attaque d’envergure en territoire ivoirien depuis celle qui avait frappé Grand Bassam en mai 2016 intervient alors que les armées ivoirienne et burkinabè ont mené depuis plusieurs semaines une opération dans cette zone. Intitulée « Comoé », du nom du fleuve qui sépare les deux pays, elle avait entraîné la neutralisation de plusieurs éléments de cette cellule terroriste liée à la Katiba Macina d’Amadou Koufa.

D’autres avaient été arrêtés, conduits à Abidjan et Ouagadougou, mais une fuite avait permis à la cellule de dissimuler une partie de son armement et à son chef de s’évaporer dans la nature. Selon nos informations, il s’agit d’un combattant peul, un certain Dramane Sibidé, surnommé « Hamza ».

Envoyé sur place par Amadou Koufa en 2019 avec d’autres combattants dans le but de recruter localement et de développer la cellule en Côte d’Ivoire, il était surveillé par les services de renseignements burkinabè (qui en avaient averti leurs homologues ivoiriens). Il avait été la cible d’une précédente opération au Burkina Faso, sans succès.

Avec Jeune Afrique par Vincent Duhem

 

 

Opération antijihadiste conjointe Côte d’Ivoire-Burkina : Abidjan salue d’« excellents résultats »

mai 25, 2020

Un militaire ivoirien, à Abidjan en avril 2017 (illustration).

Un militaire ivoirien, à Abidjan en avril 2017 (illustration). © FILE – In this Thursday, Oct. 22, 2015 file photo, an Ivory Coast troop provides security before the arrival of incumbent President Alassane Ouattara at his election rally in Abidjan, Ivory Coast. Witnesses say gunfire has broken out in Ivory Coast’s second-largest city, where the defense chief was expected to resume talks on an army mutiny there a week ago. Fanta Kourouma, a resident of Bouake, says shots could be heard shortly before noon Friday, Jan. 13, 2017. (AP Photo/Schalk van Zuydam,File)/ASVZ101/17013467308163/FILE PHOTO TAKEN THURSDAY, OCT. 22, 2015/1701131413

Pour la première fois, les armées ivoirienne et burkinabè ont mené une opération militaire conjointe à la frontière des deux pays. Huit jihadistes présumés tués, 38 suspects interpellés et une base détruite.

L’opération « Comoé », du nom du fleuve qui traverse les deux pays, s’est déroulée au nord-est de la ville de Ferkessedougou, en Côte d’Ivoire, et au sud de Banfora, au Burkina. Selon l’état major ivoirien, une « base terroriste » a été détruite à Alidougou, côté burkinabè. Huit « terroristes » ont été tués et 38 suspects interpellés, dont 24 au Burkina et 14 en Côte d’Ivoire, avant d’être remis aux services de renseignements. Des armes, munitions, clés USB et téléphones portables ont également été saisis lors de l’opération.

Dans un communiqué, l’armée ivoirienne assure que « la zone est sous contrôle » et souligne la « satisfaction des deux états-majors » et les « excellents résultats obtenus grâce à la parfaite coordination entre les deux armées » lors de cette opération conjointe entre les armées ivoiriennes et burkinabè, présentée comme une première.

Des combats ont notamment eu lieu dans la zone des villages de Tinadalla et Diambeh, au nord de Kong, la ville de la famille du président Alassane Ouattara, près de la frontière burkinabè, selon des habitants de la région rencontrés par un journaliste de l’AFP. Ceux-ci font état d’une forte présence militaire dans le secteur.

Présents depuis plus d’un mois

D’après un habitant de Tindalla, des hommes suspects étaient présents dans la zone depuis plus d’un mois, allant et venant d’un côté et de l’autre de la frontière burkinabè.

L’armée ivoirienne assure qu’« aucune base terroriste n’existe sur le territoire ivoirien » mais note que celui-ci « a peut-être pu servir de zone refuge lors des précédentes offensives » de l’armée burkinabè.

Samedi, une source sécuritaire burkinabè avait toutefois indiqué que toute l’opération s‘était déroulée en « territoire ivoirien ». Un soldat burkinabè blessé pendant l’opération a été hospitalisé à Korhogo, en Côte d’Ivoire), a assuré un militaire burkinabè.

« Les deux armées se sont rassemblées. Il n’y a plus de possibilité de s’échapper. C’est cela qui nous a permis d’avoir des résultats tangibles. Nous n’allons pas nous arrêter en si bon chemin. C’est une première mais je peux vous assurer que ce ne sera pas la dernière », a affirmé à la presse le chef d‘état-major burkinabè, le général Moïse Miningou, à l’issue d’une rencontre vendredi avec son homologue ivoirien en Côte d’Ivoire.

« Il est nécessaire pour nous de nous unir pour faire face à la menace. Eux (les terroristes), ils ont réussi à le faire. Ils arrivent à se solidariser entre groupes armés terroristes. Si nous ne le faisons pas, évidement, on perdra la guerre », a commenté le chef d’état-major ivoirien, le général Lassina Doumbia.

Une fuite côté ivoirien

L’opération a toutefois connu un raté, avec l’arrestation du chef d’escadron de la gendarmerie de Kong, pour avoir communiqué à un civil des informations confidentielles au sujet de l’opération, selon des éléments de l’enquête. Ce qui a « sans doute » permis à certains jihadistes de s’enfuir, selon une source sécuritaire.

La présence de jihadistes au nord du parc national de la Comoé avait été détectée depuis plus d’un an. Selon des sources sécuritaires, il s’agissait de militants opérant au Burkina, qui venaient chercher refuge du côté ivoirien de la frontière.

Le Burkina fait face à des attaques jihadistes qui ont fait près de 900 morts depuis 2015. Des sources sécuritaires ont affirmé à l’AFP dimanche que 13 « jihadistes » avaient été tués samedi lors d’un « accrochage » avec l’armée dans le nord du pays. Vendredi, une attaque a fait trois morts dont un soldat dans l’est.

Par Jeune Afrique avec AFP

Mali : l’enlèvement de Soumaïla Cissé, le chef de file de l’opposition, est confirmé par le gouvernement

mars 26, 2020

 Soumaïla Cissé à Paris en octobre 2011 (archives).

Soumaïla Cissé à Paris en octobre 2011 (archives). © Vincent Fournier/JA 

Porté disparu depuis mercredi après-midi alors qu’il était en campagne électorale dans la région de Niakunfé, Soumaïla Cissé a bien été enlevé, ont confirmé le gouvernement ainsi que l’entourage du chef de file de l’opposition.

« Le gouvernement, à travers l’administration régionale, les FAMa et ses partenaires, rassure que toutes les dispositions pratiques sont prises, pour retrouver » Soumaïla Cissé, porté disparu depuis mercredi, assure le gouvernement dans un communiqué intitulé « enlèvement du chef de file de l’opposition ».

Deux membres de l’entourage de l’opposant malien ont par ailleurs confirmé à l’AFP, sous couvert de l’anonymat, qu’il avait été enlevé.

La Minusma, la force onusienne déployée au Mali, a également annoncé être impliquée dans les recherches, depuis la disparition de l’opposant et de sa délégation, notamment par le déploiement de moyens aériens.

Un enlèvement sans précédent

Soumaïla Cissé et les membres de sa délégation étaient « portés disparus depuis 15h30 ce mercredi 25 mars », selon l’URD, son parti. Natif de Niafunké, l’opposant y est candidat pour les législatives qui doivent se tenir ce dimanche 29 mars. Mercredi, avec sa délégation, il a quitté Saraféré pour se rendre à Koumaïra, dans le cadre de la campagne électorale. Il n’est jamais arrivé à destination et n’avait, depuis, pas donné de nouvelles.

Le 17 mars, déjà, des hommes armés non identifiés avaient enlevé Mohamed Ag Ahmed, le candidat aux élections législatives du parti Rassemblement pour le Mali (RPM, au pouvoir) dans le cercle de Niafunké. Il avait été libérés 24 heures plus tard. Soumaïla Cissé avait, le 19 mars, rencontré son concurrent dans la circonscription pour l’assurer de son soutien après cette épreuve, le temps d’une rencontre « cordiale et amicale ».

L’enlèvement d’une personnalité nationale de cette envergure est sans précédent depuis le début de la crise sécuritaire que traverse le Mali. La zone dans laquelle a disparu Soumaïla Cissé, dans la région de Tombouctou, est un secteur où opèrent des jihadistes affiliés à Al-Qaïda.

Par Jeuneafrique avec AFP

Tunis : l’ambassade des États-Unis visée par un attentat-suicide

mars 6, 2020

Les experts de la police scientifique et les forces de sécurité tunisiennes sur le lieu de l'attaque qui a visé l'ambassade américaine le 6 mars 2020.

Les experts de la police scientifique et les forces de sécurité tunisiennes sur le lieu de l’attaque qui a visé l’ambassade américaine le 6 mars 2020. © REUTERS/Zoubeir Souissi

 

Deux hommes à moto se sont fait exploser devant le check-point protégeant l’ambassade des États-Unis à Tunis. L’attaque, qui n’a pas encore été revendiquée, a fait un mort (un policier) et cinq blessés. Les deux kamikazes sont morts.

A 11h20, ce vendredi 6 mars, une déflagration secoue le quartier du Lac2 à Tunis. Deux jeunes gens à bord d’une vespa ont activé leurs ceintures explosives à proximité de l’ambassade des États-Unis à Tunis. Ils visaient une patrouille des forces de l’ordre tunisienne, l’une des composantes du cordon sécuritaire autour de l’ambassade. L’attaque, qui n’a pas encore été revendiquée, a fait quatre blessés parmi les sécuritaires (dont l’un gravement) et une passante atteinte au visage. Le président de la République, Kais Saïed et le Chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh sont attendus à l’hôpital des forces de l’ordre de la Marsa où ont été admis les blessés.

Peur sur la ville

Le ministère de l’Intérieur confirme dans un communiqué le décès des deux terroristes dont l’identité n’a pas encore été révélée. « Nous avons cru à un énorme accident sur la voie rapide qui conduit de Tunis à La Marsa et qui jouxte l’ambassade », précise l’employé d’un des nombreux cafés du quartier. « Les secours sont arrivés très vite mais la panique des riverains était perceptible », assure Hichem Ajbouni, expert-comptable et dirigeant d’Attayar, dont les bureaux donnent sur les lieux de l’attentat.

Le quartier, siège de représentations diplomatiques mais également d’entreprises et d’institutions internationales et nationales comme la Bourse de Tunis, a aussitôt été bouclé, des marines ont été déployés sur les toits de l’ambassade et la police scientifique est immédiatement intervenue pour les prélèvements. La charge explosive était telle qu’on en relève les traces trois rues plus loin selon des témoins oculaires.  Après avoir vérifié que le périmètre était sécurisé, l’ambassade américaine a permis à son personnel de sortir, mais a aussitôt appelé ses ressortissants à éviter les déplacements. Les autres représentations diplomatiques sont aussi en état d’alerte.

L’offensive, qui intervient alors que l’état d‘urgence n’a pas été levé depuis l’attentat d’El Kantaoui en juin 2015, a eu lieu quatre ans après l’infiltration, depuis la Libye, de combattants de Daech sur le territoire tunisien, le 7 mars 2016, et leur tentative, avec des complicités locales, d’instaurer un califat à Ben Guerdane (sud).

Contexte politique tendu

L’attaque, isolée comme celles qui l’ont précédées depuis 2015, intervient au moment où le gouvernement d’Elyes Fakhfakh débute son mandat, avec des tensions politiques notables entre groupes parlementaires. « Sur la plupart des opérations terroristes, se sont essentiellement les représentants de l’ordre qui sont visés. Les salafistes les considèrent comme des mécréants au service du pouvoir et non à celui d’Allah », analyse Tarak Chagraoui, militant de la société civile. Cet attentat intervient également au moment où les marges de manœuvres des forces de l’ordre devaient être discutées à l’Assemblée.

Pour rappel, l’ambassade américaine a été l’objet d’une attaque en septembre 2012.

Avec Jeuneafrique par Frida Dahmani – à Tunis