Archive for the ‘Terrorisme’ Category

En Centrafrique, neuf Chinois tués dans une attaque contre un site minier

mars 20, 2023

L’attaque, survenue dans le centre du pays, n’a fait l’objet d’aucune revendication, mais une coalition rebelle a accusé les mercenaires russes de Wagner d’en être à l’origine.

Parade militaire à Bangui à l’occasion du 64e anniversaire de l’indépendance de la République centrafricaine, le 1er décembre 2022. © Barbara Debout/AFP.

Il était environ 5h du matin quand « des hommes armés » ont attaqué, dimanche 19 mars, le site minier de « l’entreprise Gold Coast Group », à 25 kilomètres de Bambari, dans le centre de la Centrafrique. Bilan de l’attaque : « neuf morts et deux blessés », selon le maire du chef-lieu de la préfecture de la Ouaka, Abel Matchipata, qui précise que les victimes sont des ressortissants chinois travaillant sur place.

Une source sécuritaire locale a confirmé l’attaque, le bilan et la nationalité des victimes. Les corps des victimes ont été transférés en fin de journée à l’hôpital de l’Amitié à Bangui, où se sont rendus l’ambassadeur de Chine, Li Qinfeng, et la ministre des Affaires étrangères, Sylvie Baïpo Temon.

Les Chinois appelés à évacuer les zones dangereuses

La Chine a confirmé le bilan, évoquant « deux blessés graves », mais sans donner davantage de détails sur les circonstances de cette attaque, qui n’a fait l’objet d’aucune revendication jusqu’à présent. Le président chinois Xi Jinping, qui démarre ce lundi une tournée de trois jours en Russie, « a appelé à déployer tous les efforts nécessaires pour soigner les blessés » ainsi qu’à « sévèrement punir les meurtriers conformément à la loi », a indiqué le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué.

« À l’exception de la capitale Bangui, le niveau de risque sécuritaire dans les autres régions de la Centrafrique est rouge, c’est-à-dire extrêmement élevé », a souligné le ministère, appelant les citoyens chinois « à évacuer au plus vite » les zones dangereuses.

Accusations contre Wagner

Le gouvernement a mis en cause la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), une alliance de groupes rebelles créée en décembre 2020 pour renverser le président Faustin-Archange Touadéra.

Dans un communiqué diffusé dimanche, celle-ci a démenti toute implication dans l’attaque et dénoncé un acte « ignoble et barbare », accusant les « mercenaires russes de Wagner », lesquels sont présents dans le pays depuis 2018, d’en être à l’origine ».

Par Jeune Afrique (avec AFP)

Burkina Faso : le groupe djihadiste État islamique revendique une attaque meurtrière

février 24, 2023

L’embuscade tendue menée par le groupe djihadiste État islamique a tué au moins 51 soldats au Burkina Faso, vendredi 17 février.

51 soldats sont morts dans une attaque djihadiste, le vendredi 17 fevrier. (Photo illustration)
51 soldats sont morts dans une attaque djihadiste, le vendredi 17 février. (Photo illustration)© MICHELE CATTANI / AFP

Le groupe djihadiste État islamique (EI) a revendiqué vendredi une embuscade tendue au Burkina Faso qui a tué au moins 51 soldats la semaine dernière.

Dans un communiqué publié par son organe de propagande Amaq, le groupe déclare que ses combattants « ont infligé des pertes massives dans les rangs des forces du Burkina Faso dans une embuscade tendue vendredi dernier ».

Cette embuscade dans la région du Sahel frontalière du Mali et du Niger, dont le bilan provisoire a été annoncé lundi par l’armée, pourrait s’avérer la plus meurtrière jamais commise contre les forces de sécurité depuis celle de novembre 2021 à Inata (nord) : 57 gendarmes avaient alors été tués après avoir vainement lancé des appels à l’aide.

Les jihadistes ont indiqué avoir « repéré un convoi de forces burkinabées essayant d’avancer vers les zones qu’ils contrôlent dans la province d’Oudalan près de la frontière agitée avec le Mali ». Les combattants de l’EI ont « incendié un véhicule blindé et saisi un véhicule et 27 motos, ainsi que des dizaines de fusils automatiques et un certain nombre de grenades propulsées ».

Mercredi, une douzaine de volontaires pour la défense de la patrie (VDP), des supplétifs de l’armée du Burkina Faso, ont été tués lors d’une nouvelle attaque de jihadistes présumés dans le nord du pays. Les raids meurtriers attribués à des groupes jihadistes ont fait au Burkina plus de 200 morts, civils et militaires, depuis début janvier.

Le pays, théâtre de deux coups d’État militaires en 2022, est pris depuis 2015 dans une spirale de violences jihadistes apparues au Mali et au Niger quelques années auparavant et qui s’est étendue au-delà de leurs frontières. Les violences ont fait depuis sept ans plus de 10 000 morts -civils et militaires- selon des ONG, et quelque deux millions de déplacés.

Le Point par L.L. avec AFP

En Centrafrique, des pertes militaires « considérables » et une vingtaine d’otages après une attaque rebelle

février 19, 2023

Les Forces armées centrafricaines ont été la cible mardi d’une attaque de plusieurs membres de la Coalition des patriotes pour le changement, dans le nord du pays. Le bilan est, pour le conseiller spécial du président Sébastien Wénézoui, imputable à la mauvaise gestion du commandement opérationnel.

Un casque bleu rwandais de la Minusca se tient sur la route qui relie Bangui à Damara, où des escarmouches ont eu lieu quelques jours avant, le 23 janvier 2021. © FLORENT VERGNES / AFP)

Une attaque rebelle mardi dans le nord de la Centrafrique a causé des « pertes considérables » parmi les Forces armées centrafricaines (Faca) et une « vingtaine » de militaires ont été pris en otage, a annoncé vendredi le gouvernement.

Mardi 14 février, des « combats violents » ont opposé des militaires et des combattants de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), une alliance de groupes rebelles, à Sikikede – une localité de la région de la Vakaga dans le nord de la Centrafrique, au carrefour des frontières tchadienne et soudanaise –, a annoncé Sébastien Wénézoui, ministre conseiller spécial du président Faustin-Archange Touadéra.

Acte de terrorisme

Sébastien Wénézoui a immédiatement mis en cause le commandement opérationnel. « Il n’y a pas de cohésion dans la chaîne de commandement, depuis le sommet jusqu’à la base », a-t-il déclaré dans un communiqué, ajoutant que « si le chef d’état-major des armées a failli à sa mission, il pourra être relevé de son poste de responsabilité ».

Le chef d’état-major des armées, Zephirin Mamadou, a quant à lui dénoncé un « acte de terrorisme » perpétré par un « groupe armé criminel », dans un communiqué vendredi. Il évoque également des « otages et des blessés » sans plus de précisions. Le porte-parole de la CPC, Mamadou Koura, avait affirmé jeudi être à l’origine de l’attaque, assurant que les rebelles contrôlaient la ville de Sikikede, ce que l’armée conteste.

La Centrafrique est le deuxième pays le moins développé au monde selon l’ONU, et le théâtre depuis 2013 d’une guerre civile très meurtrière dans ses premières années mais qui a baissé d’intensité depuis 2018. Fin 2020, les plus puissants des nombreux groupes armés qui se partageaient alors les deux tiers du territoire s’étaient alliés au sein de la CPC et avaient lancé peu avant les élections présidentielle et législatives une offensive sur Bangui pour renverser le chef de l’État Faustin-Archange Touadéra, lequel avait appelé Moscou à la rescousse de son armée démunie.

Par Jeune Afrique (Avec l’AFP)

Burkina: une trentaine de morts en deux jours, la violence jihadiste s’intensifie

janvier 31, 2023
Burkina: une trentaine de morts en deux jours, la violence jihadiste s'intensifie
La violence jihadiste s’intensifie au Burkina Faso© AFP/Archives/Olympia DE MAISMONT

Quinze civils enlevés retrouvés morts lundi dans l’ouest et une dizaine de membres des forces de sécurité tuées le même jour dans le nord: les violences de jihadistes présumés s’intensifient au Burkina Faso, qui entend les combattre principalement seul.

Les actions meurtrières des groupes liés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique ont débuté en 2015, mais n’ont cessé de se multiplier ces derniers mois et sont en partie à l’origine de deux coups d’Etat au Burkina en 2022.

Lundi, c’est dans le sud-ouest du pays, près de la Côte d’Ivoire, que quinze personnes ont été retrouvées mortes après avoir été enlevées la veille par des jihadistes présumés.

Dimanche soir, deux minibus avaient été interceptés dans le village de Linguekoro par des hommes armés, selon le gouverneur de la région, le colonel Jean-Charles Somé.

Les passagers, huit hommes et seize femmes, « ont été débarqués » des véhicules, a-t-il dit dans un communiqué. Parmi eux, « huit femmes et un homme ont été libérés et enjoints de regagner à pied Mangodara », à 30 kilomètres de Linguekoro.

Les deux minibus « ont par la suite été incendiés et les autres passagers enlevés », selon le gouverneur. Les corps des victimes retrouvées lundi présentent « des impacts de balles », selon lui.

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté mardi matin à Mangodara pour protester contre « l’insécurité » et « l’impunité » après la découverte des quinze corps, selon des habitants joints par l’AFP.

A la mi-janvier, une soixantaine de femmes avaient été enlevées par des jihadistes présumés à Arbinda, dans le nord, avant d’être retrouvées quelques jours après.

Des gendarmes et Volontaires pour la défense de la patrie (VDP, supplétifs de l’armée) stationnés dans la localité de Falagountou dans la région du Sahel (nord), ont par ailleurs subi lundi après-midi « une attaque terroriste », selon l’armée. « Le bilan provisoire enregistré fait état de douze combattants tombés, dont deux VDP », selon l’état-major qui parle également d’un civil tué.

« Au moins cinq gendarmes ont été blessés et une dizaine d’autres », disparus, sont « toujours recherchés », précise l’armée en affirmant que, « côté ennemi, une quinzaine de corps de terroristes ont été retrouvés lors des opérations de ratissage qui sont toujours en cours ».

« Souveraineté »

Ces enlèvements et attaques attribuées aux jihadistes interviennent dix jours après la décision du gouvernement burkinabè d’exiger le départ des 400 soldats français de la force Sabre basée à Ouagadougou.

La décision du Burkina est motivée par « la volonté des autorités de la transition et de l’ensemble des Burkinabè, d’être les acteurs premiers de la reconquête de notre territoire », selon le porte-parole du gouvernement, Jean-Emmanuel Ouédraogo.

« Il ne s’agit pas de la fin des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la France« , ajoutait-il.

La France, ex-puissance coloniale au Burkina, y est désormais régulièrement contestée.

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi en soutien au pouvoir à Ouagadougou, où le départ des troupes françaises est accueilli comme un retour à la « souveraineté ».

Depuis son arrivée au pouvoir en septembre à la faveur d’un putsch, le deuxième en huit mois, le capitaine Ibrahim Traoré et son gouvernement ont manifesté leur volonté de diversifier leurs partenariats en matière de lutte contre le jihadisme.

Les nouvelles autorités ont ces dernières semaines engagé un rapprochement avec la Russie où le Premier ministre, Appolinaire Kyélem de Tembéla, s’est discrètement rendu en décembre. La Russie est « un choix de raison », selon lui.

Ces derniers développements rappellent le précédent du Mali voisin: l’été dernier, la junte au pouvoir à Bamako avait intimé aux forces françaises de quitter le pays après neuf ans de présence. Le Mali s’est dans le même temps rapproché de la Russie. De multiples sources rapportent que la junte a fait venir à partir de la fin 2021 le groupe paramilitaire russe Wagner, aux agissements décriés dans différents pays.

Le Burkina Faso, en particulier sa partie nord, est confronté depuis 2015 aux attaques de groupes jihadistes qui ont fait des milliers de morts et au moins deux millions de déplacés.

Avec Le Point par AFP

Dans l’est de la RDC, les islamistes ADF multiplient les attaques meurtrières

janvier 30, 2023

Les Forces démocratiques alliées, affiliées au groupe État islamique, ont mené des attaques simultanées contre trois villages d’Ituri. Au moins quinze personnes ont été tuées, selon un bilan provisoire.

Des soldats de la force régionale EAC à Goma, dans l’est de la RDC. © GLODY MURHABAZI / AFP.

Une semaine après avoir tué au moins 23 personnes dans le Nord-Kivu, les Forces démocratiques alliées (ADF) ont de nouveau frappé dans l’est de la RDC. Des attaques contre trois villages d’Ituri, attribuées aux milices affiliées au groupe État islamique (Daesh), ont fait au moins 15 morts le 29 janvier, a-t-on appris de sources locales. Un attentat à la bombe dans une église pentecôtiste du Nord-Kivu, également attribué aux ADF, avait fait au moins 14 morts le 15 janvier.

« Il y a eu des attaques simultanées ce dimanche de 04 h à 05 h dans 3 villages sur le tronçon Komanda-Luna en chefferie de Walese Vonkutu », a relaté Dieudonné Malangai, acteur de la société civile de cette chefferie en territoire d’Irumu. « Au village Manyala, nous avons retrouvé sept corps […], à Ofay, il y a huit morts dont sept femmes », a-t-il précisé, soulignant que ce bilan était provisoire.

Une source humanitaire a confirmé sept morts à Manyala et « au moins huit » à Ofay. Ils « ont aussi attaqué le village Bandibese, mais ils ont trouvé une résistance des militaires qui sont intervenus et donc là, il n’y a eu aucun civil tué », a également précisé Dieudonné Malangai.

État de siège

Pour tenter de stopper les violences, le gouvernement a placé en mai 2021 le Nord-Kivu et l’Ituri en « état de siège », une mesure exceptionnelle qui a remplacé les administrateurs civils par des policiers et militaires. Depuis la fin de 2021, une opération conjointe entre les armées congolaise et ougandaise cible par ailleurs les ADF en territoire congolais. Mais les violences continuent. Actifs dans ces deux provinces et considérés comme l’un des groupes armés les plus meurtriers de l’est de la RDC, les ADF sont présentés par le groupe jihadiste État islamique comme sa branche en Afrique centrale.

De nombreux autres groupes armés écument également ces deux provinces, notamment la milice communautaire Codeco en Ituri. Celle-ci est accusée d’avoir tendu le 27 janvier à l’armée congolaise une embuscade qui, selon l’armée, a tué cinq soldats dont deux colonels. La force de l’ONU en RDC, la Monusco, a évoqué de son côté 15 militaires tués, une source sécuritaire établissant le bilan, sous couvert d’anonymat, à 17 morts.

Par Jeune Afrique (avec AFP)

Au Burkina, 62 femmes libérées alors que les attaques jihadistes se multiplient

janvier 21, 2023

Enlevées dans le nord du pays il y a une semaine, ces femmes ont été libérées vendredi par l’armée, ainsi que leurs quatre bébés. Mais une série d’attaques jihadistes a fait en parallèle une trentaine de morts.

Des soldats patrouillent près de Dori, dans le nord du Burkina Faso, le 3 février 2020. © AFP / OLYMPIA DE MAISMONT

Vendredi soir, la Radio-Télévision du Burkina (RTB) a montré des images des femmes, libérées et ramenées à Ouagadougou, évoquant une « opération » des forces armées, sans davantage de détails.

Ces femmes et leurs bébés avaient été enlevés les 12 et 13 janvier aux alentours d’Arbinda, dans la région du Sahel (nord) alors qu’elles étaient sorties de leur village pour aller chercher de quoi se nourrir.

Des recherches, terrestres et aériennes, avaient été lancées pour les retrouver. Selon des responsables sécuritaires, les victimes ont été localisées dans la zone de Tougouri, dans la région voisine du Centre-nord, 200 km plus au sud, avant d’être héliportées vers la capitale burkinabè dans la soirée où elles ont été accueillies par des hauts-gradés. « Leur débriefing permettra d’en savoir plus sur leurs ravisseurs, leur détention et leur convoi », indique une de ces sources.

Blocus jihadiste

Une partie du pays, notamment la région du Sahel où se trouve Arbinda est depuis plusieurs mois sous blocus des groupes jihadistes et les localités sont difficilement ravitaillées en vivres ce qui pousse les habitants à sortir de leurs villages pour trouver de la nourriture.

Jeudi, le Burkina Faso a été endeuillé par une série d’attaques dans plusieurs régions du nord et du nord-ouest du pays faisant une trentaine de morts, dont une quinzaine de Volontaires de la défense de la patrie (VDP), des supplétifs de l’armée, selon plusieurs sources sécuritaires, jointes vendredi.

Une première attaque a visé un poste avancé des VDP à Rakoegtenga, une ville située dans la province de Bam (nord), tuant six d’entre eux ainsi qu’une femme, a indiqué un responsable local des VDP. Plus à l’ouest, dans la province de Nayala, une « embuscade » a eu lieu « contre un convoi escorté par des militaires et des VDP sur l’axe Siena-Saran », a ajouté cette même source.

Une dizaine de terroristes neutralisés

« Une dizaine d’autres VDP et un civil sont tombés dans cette deuxième attaque », a précisé ce responsable et une dizaine de personnes ont été blessées, certains gravement. Dans la province du Sanmatenga (centre-nord) une équipe mixte composée de militaires et de VDP a été « prise à partie » à Zincko, indique une autre source sécuritaire.

« Une dizaine de terroristes ont été neutralisés. Malheureusement, quatre civils ont également péri », précise cette source. Enfin, dans la soirée, plus au sud, des hommes armés ont fait incursion dans la ville de Sanaba, dans la province des Banwa, tuant huit civils.

Cette commune est située à quelques kilomètres de Solenzo, dont l’armée avait annoncé la reconquête fin décembre face aux groupes jihadistes. C’est dans cette dernière ville que le président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré, avait livré son message de fin d’année.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Le Burkina Faso sous le choc après le rapt d’une cinquantaine de femmes

janvier 16, 2023

ALERTE. Elles ont été enlevées jeudi et vendredi par des djihadistes présumés à Arbinda, dans le nord. C’est le premier enlèvement de cette ampleur dans ce pays.

Depuis le debut des violences terroristes en 2015 au Burkina Faso, c'est la premiere fois que des femmes sont victimes d'enlevement. (Image d'illustration)
Depuis le début des violences terroristes en 2015 au Burkina Faso, c’est la première fois que des femmes sont victimes d’enlèvement. (Image d’illustration)© Philippe ROY / Aurimages via AFP

Les recherches sont toujours en cours pour retrouver une cinquantaine de femmes enlevées jeudi et vendredi dans deux localités au nord et à l’ouest de la commune d’Arbinda, située dans le nord du pays, par des djihadistes présumés. « Dès leur disparition signalée, des recherches ont été entreprises en vue de retrouver l’ensemble de ces victimes innocentes, saines et sauves », a précisé le lieutenant-colonel Rodolphe Sorgho, le gouverneur de la région du Sahel, dans un communiqué. « Tous les moyens sont mis en œuvre, sur le plan terrestre et aérien, pour retrouver ces femmes », a indiqué à l’AFP une source sécuritaire, assurant que « des aéronefs survolent la zone pour détecter tout mouvement suspect ». 

Arbinda et ses environs sont régulièrement le théâtre d’attaques djihadistes meurtrières (80 morts en août 2021, 42 fin 2019). Mais des enlèvements d’une telle ampleur, en particulier visant des femmes, constituent une nouveauté au Burkina, selon plusieurs observateurs.

Ce que l’on sait

Selon le témoignage de plusieurs habitants et de responsables locaux souhaitant rester anonymes, un premier groupe d’une quarantaine de femmes a été enlevé jeudi, et un autre d’une vingtaine le lendemain. Certaines ont pu s’échapper et regagner leur village pour témoigner, une cinquantaine ne sont pas revenues. « Nous pensons que les ravisseurs les ont emmenées dans leurs différentes bases », a affirmé un habitant d’Arbinda. « C’est le premier enlèvement massif depuis le début de la crise sécuritaire et il faudra bien gérer cette situation pour éviter tout drame ou une récidive », a déclaré pour sa part un officier supérieur, proche de l’état-major.

Une ville sous blocus

La commune d’Arbinda se situe dans la région du Sahel, une zone sous blocus de groupes djihadistes et qui est difficilement ravitaillée en vivres. Près d’un million de personnes vivent actuellement dans des zones sous blocus, dans le nord ou l’est du pays, selon les Nations unies. Le Burkina Faso, en particulier dans sa moitié nord, est confronté depuis 2015 aux attaques de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique qui se multiplient. Elles ont fait des milliers de morts et au moins deux millions de déplacés. Le capitaine Ibrahim Traoré, président de transition issu d’un coup d’État militaire le 30 septembre – le deuxième en huit mois –, s’est donné pour objectif « la reconquête du territoire occupé par ces hordes de terroristes ».

Les enlèvements massifs, une nouvelle stratégie des groupes armés ?

« C’est la première fois qu’on voit un enlèvement de plusieurs dizaines de femmes. On avait enregistré des cas isolés, mais aujourd’hui c’est comme s’il y avait une nouvelle donne dans l’insécurité », abonde Daouda Diallo, secrétaire général du Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés, une association de défense des droits de l’homme.

« Avant, les femmes étaient épargnées. Ce sont les hommes qui étaient traqués. Si on enlève maintenant ces femmes qui pouvaient sortir pour rapporter quelque chose à manger, que va-t-il se passer ? C’est la mort assurée pour tout le monde, car c’est la famine en ce moment. On n’a rien à manger », a expliqué un habitant d’Arbinda, joint lundi par l’AFP. « Depuis que l’information de l’enlèvement s’est propagée, personne n’ose s’aventurer hors de la ville. Si ce ne sont pas les terroristes, c’est la faim qui va nous tuer », ajoute un autre résident.

Lundi, le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Volker Türk, a exigé « la libération immédiate et inconditionnelle de toutes les femmes enlevées », appelant les autorités burkinabées à « mener rapidement une enquête efficace, impartiale et indépendante pour identifier les responsables et leur demander de rendre des comptes ». 

La France a condamné lundi cet enlèvement « avec la plus grande fermeté », et a appelé « à leur libération immédiate ». Dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, Paris a réaffirmé « sa solidarité ainsi que son engagement aux côtés du Burkina Faso ».

On se souvient qu’au Nigeria, en 2014, le groupe djihadiste Boko Haram avait enlevé près de 300 adolescentes à Chibok (Nord-Est), suscitant une émotion mondiale avec le slogan « Bring Back Our Girls » (« Ramenez-nous nos filles »), relayé à l’époque jusqu’à la Maison-Blanche. Plus de cent sont toujours portées disparues.

Par Le Point avec AFP

Une cellule de Daesh démantelée au Maroc et en Espagne

janvier 12, 2023

Trois suspects affiliés à l’organisation État islamique (EI) ont été arrêtés lors d’une opération sécuritaire conjointe.

Arrestation de l’un des 6 membre d’une cellule terroriste à Melilla le 6 septembre 2017. Les 5 autres jihadistes ont été arrêtés au Maroc lors de cette opération conjointe. © Jesus BLASCO DE AVELLANEDA / AFP

Une cellule affiliée à l’organisation État islamique (EI), composée de trois suspects, a été démantelée en Espagne et au Maroc lors d’une opération sécuritaire conjointe, a indiqué mercredi la police marocaine.

Un des « éléments extrémistes » a été interpellé par les forces spéciales de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) à Chtouka-Aït Baha, région rurale dans le sud du Maroc, a précisé le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ) dans un communiqué. Cet homme a été placé en garde à vue. Simultanément, deux autres membres de la même cellule ont été arrêtés par les autorités espagnoles à Almeria, en Andalousie (sud de l’Espagne), ajoute le communiqué. À Madrid, une source policière a confirmé les informations de la police marocaine, sans vouloir donner de détails.

Recrutement et embrigadement

Selon le BCIJ marocain, l’enquête a montré que les suspects avaient prêté allégeance à l’EI et œuvraient à diffuser et promouvoir « des idées extrémistes pour les besoins de recrutement et d’embrigadement ». Selon le communiqué marocain, « les mis en cause ont montré leur disposition à s’impliquer dans des opérations terroristes faute de pouvoir rejoindre les fiefs de Daech (acronyme du groupe État islamique) dans la région du Sahel. […] Ils entretenaient des liens avec des combattants chargés de recruter et de faciliter l’accès des volontaires pour combattre dans cette zone. »

Si le royaume chérifien a été épargné ces dernières années par les violences liées aux groupes jihadistes, ses services de sécurité font régulièrement état de coups de filet antiterroristes et de projets d’attentat déjoués. Depuis 2002, la police marocaine a démantelé plus de 2 000 « cellules terroristes » et interpellé plus de 3 500 personnes dans le cadre d’affaires liées au « terrorisme », selon le BCIJ.

Par Jeune Afrique (avec AFP)

Turquie: Au moins six morts dans un attentat au cœur d’Istanbul

novembre 13, 2022
Déploiement de policiers et de services d'urgence.

Des policiers et les services d’urgence sur les lieux de l’explosion dans la rue Istiklal, artère piétonne très fréquentée à Istanbul. Photo: Reuters/Kemal Aslan

Un attentat a visé dimanche le cœur battant d’Istanbul, principale ville et capitale économique de la Turquie, faisant au moins six morts et des dizaines de blessés dans l’artère commerçante très fréquentée d’Istiklal.

L’explosion de forte puissance est survenue vers 16 h 20 (heure locale), au moment où la foule était particulièrement dense dans ce lieu de promenade prisé des Stambouliotes et des touristes.

Dans une déclaration devant la presse télédiffusée en direct, le président Recep Tayyip Erdogan a dénoncé un vil attentat qui a fait 6 morts et 53 blessés.

Les premières observations laissent subodorer un attentat terroriste, a affirmé le chef de l’État, ajoutant qu’une femme y serait impliquée, sans autre précision.

Des rumeurs ont couru immédiatement après l’explosion évoquant une attaque suicide, sans aucune confirmation ni preuve. L’attaque n’avait pas été revendiquée en début de soirée.

« Les auteurs de ce vil attentat seront démasqués. Que notre population soit sûre [qu’ils] seront punis. »— Une citation de  Recep Tayyip Erdogan, président turc

M. Erdogan a déjà été confronté à une campagne de terreur à travers le pays en 2015-2016.

Revendiquée en partie par le groupe État islamique, elle avait fait près de 500 morts et plus de 2000 blessés.

Un premier bilan du gouverneur d’Istanbul, Ali Yerlikaya, avait fait état de 4 morts et 38 blessés.

La police a aussitôt établi un large cordon de sécurité pour empêcher l’accès à la zone touchée par crainte d’une seconde explosion. Un imposant déploiement de forces de sécurité barrait également tous les accès au quartier et aux rues adjacentes, a constaté la vidéaste de l’AFP.

J’étais à 50-55 mètres de distance, il y a eu soudain un bruit d’explosion. J’ai vu trois ou quatre personnes à terre, a déclaré à l’AFP un témoin, Cemal Denizci, 57 ans.

« Les gens couraient en panique. Le bruit était énorme. Il y a eu une fumée noire. Le son était si fort, presque assourdissant. »— Une citation de  Cemal Denizci, témoin de l’explosion

Deux femmes et deux enfants inquiets après l’explosion à Istanbul.

Deux femmes et deux enfants se rendent dans une zone sécurisée après l’explosion. Photo : Getty Images/Burak Kara

Selon des images diffusées sur les réseaux sociaux au moment de l’explosion, celle-ci, accompagnée de flammes, a été entendue de loin et a déclenché aussitôt un mouvement de panique.

Un large cratère noir est visible sur ces images, ainsi que plusieurs corps gisant par terre à proximité.

Le maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, s’est rapidement rendu sur place : J’ai été informé par les équipes de pompiers sur Istiklal. Ils poursuivent leur travail en coordination avec la police, a-t-il indiqué sur Twitter, en présentant ses condoléances aux victimes et à leurs proches.

Dans le quartier voisin de Galata, beaucoup de boutiques ont baissé leurs rideaux avant l’heure. Certains passants, arrivés en courant du lieu de l’explosion, avaient les larmes aux yeux, a constaté un journaliste de l’AFP.

À la nuit tombée, les terrasses des restaurants de ce quartier très touristique restaient en partie vides.

Censure de l’État

Le Haut conseil audiovisuel turc (RTUK) a rapidement interdit aux médias audiovisuels de diffuser des images de la scène, décision justifiée par le directeur de la communication présidentielle et proche conseiller du président Erdogan, Farhettin Altun, pour empêcher de semer la peur, la panique et l’agitation dans la société et (risquer) de servir les objectifs d’organisations terroristes.

Toutes les institutions et organisations de notre État mènent une enquête rapide, méticuleuse et efficace concernant l’incident, a-t-il promis dans une déclaration.

L’émotion est intense à Istanbul, déjà durement éprouvée par le passé. Les matchs des grands clubs de foot stambouliotes, dont le Galatasaray, ont été annulés.

La rue Istiklal, qui signifie l’Indépendance, dans le quartier historique de Beyoglu, est l’une des plus célèbres artères d’Istanbul, entièrement piétonne sur 1,4 km. Sillonnée par un vieux tramway, bordée de commerces et de restaurants, elle est empruntée par près de 3 millions de personnes par jour durant le week-end.

Elle avait déjà été touchée, en mars 2016, par une attaque suicide qui avait fait cinq morts.

En Grèce, avec laquelle Ankara entretient des relations tendues, le ministère des Affaires étrangères a condamné sans équivoque le terrorisme et exprime ses sincères condoléances au gouvernement et au peuple turcs.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Poutine accuse Kiev de « terrorisme » après l’explosion au pont de la Crimée

octobre 9, 2022
Les ruines d'un bâtiment bombardé.

Les frappes russes ont touché des maisons et des immeubles d’habitation de plusieurs étages à Zaporijia. Photo : AP/Leo Correa

Le président russe Vladimir Poutine a accusé dimanche Kiev d’avoir commis un « acte terroriste » en organisant l’explosion qui a partiellement détruit samedi le pont de Crimée reliant la Russie à la péninsule annexée, suivie dans la nuit par des frappes russes meurtrières contre une ville ukrainienne.

Les auteurs, les exécutants et les commanditaires sont les services secrets ukrainiens, a résumé M. Poutine à l’issue d’une réunion avec le chef du Comité d’enquête russe, selon une vidéo diffusée par le Kremlin.

« Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un acte terroriste visant à détruire une infrastructure civile russe d’importance critique. »— Une citation de  Vladimir Poutine

C’était la première réaction de Vladimir Poutine à l’explosion survenue samedi au petit matin, et qui constitue un nouveau revers majeur pour la Russie, au moment où ses forces sont en difficulté en Ukraine.

Le Kremlin a indiqué que le président russe convoquait le Conseil de sécurité lundi.

L’armée ukrainienne et les services spéciaux (SBU) de Kiev n’ont ni confirmé ni démenti leur implication, et le président Volodymyr Zelensky s’est contenté d’ironiser dans une vidéo sur le temps nuageux qu’il faisait samedi en Crimée – une allusion probable à la fumée de l’incendie – bien qu’il y faisait également chaud.

Au moins 12 morts à Zaporijjia

Le président Zelensky a qualifié dimanche les militaires russes de terroristes, après des frappes sur des immeubles d’habitation de Zaporijjia, ville du sud de l’Ukraine, qui ont fait entre 12 et 17 morts selon les bilans, trois jours après de précédents bombardements qui y avaient fait 17 morts.

Un dernier bilan de l’administration régionale de Zaporijjia faisait état de 13 morts et 60 blessés, dont des femmes et des enfants.

« Aucun sens. Le mal absolu. Des terroristes et des sauvages. Depuis celui qui a donné cet ordre jusqu’à celui qui l’a exécuté. Tous ont une responsabilité. Devant la loi et devant le peuple. »— Une citation de  le président Zelensky sur son compte Telegram

Cette frappe russe a détruit des appartements privés, où des gens vivaient, dormaient sans attaquer personne, a-t-il ajouté.

Des camions de pompiers.

Les services d’urgence sont intervenus sur les lieux d’un bombardement qui a fait plusieurs morts et de nombreux blessés. Photo: AP/Leo Correa

L’armée de l’air ukrainienne a indiqué que quatre missiles de croisière, deux missiles tirés depuis des avions de chasse et d’autres missiles de type antiaérien avaient été utilisés contre la ville.

L’armée russe a affirmé dimanche avoir mené des frappes avec des armes de haute précision contre des unités de mercenaires étrangers près de Zaporijia.

Non loin de là, la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, a été reconnectée au réseau électrique dimanche.

Réouverture du pont entre la Crimée et la Russie

Au lendemain de l’énorme explosion sur le pont de Crimée, des plongeurs devaient examiner l’ouvrage dimanche pour évaluer les dégâts structurels, a annoncé le vice-premier ministre russe Marat Khousnoulline, avec de premiers résultats attendus dans la journée.

Le trafic automobile et ferroviaire avait repris partiellement dès samedi, quelques heures après la déflagration qui avait fait s’effondrer sur plusieurs travées une des voies de ce pont construit à grands frais et inauguré par Vladimir Poutine en 2018.

Les poids lourds avaient cependant été renvoyés vers des traversiers dans un premier temps.

Un convoi ferroviaire de wagons-citernes de carburant avait en outre pris feu sur le pont.

Le ministère russe des Transports a toutefois affirmé dimanche que les trains de passagers de la Crimée vers la Russie roulaient selon l’horaire habituel.

Un camion de propriété russe

Les autorités russes ont attribué l’explosion à un camion piégé dont le propriétaire est un habitant de la région russe de Krasnodar.

De la fumée noire s'échappe d'un incendie sur le pont de Crimée.

Le pont de Crimée, aussi appelé pont de Kertch, est le seul lien terrestre de la Russie avec la Crimée annexée. Photo : Getty Images/AFP

Kiev avait toutefois menacé à plusieurs reprises de frapper ce pont, symbole de l’annexion de la Crimée en 2014, qui sert aussi à l’approvisionnement des troupes russes en Ukraine.

Des images de vidéosurveillance diffusées sur les réseaux sociaux ont montré une puissante explosion au moment où plusieurs véhicules circulaient sur le pont, notamment un camion que les autorités russes soupçonnent d’être à l’origine de la déflagration.

Sur d’autres clichés, on peut voir un convoi de wagons-citernes en flammes sur la partie ferroviaire du pont ainsi que deux travées d’une des deux voies routières effondrées.

Selon les enquêteurs, l’attaque survenue samedi au petit matin a fait trois morts : le conducteur du camion ainsi qu’un homme et une femme qui circulaient en voiture à proximité de la déflagration, dont les corps ont été retirés des eaux.

Des revers pour l’armée russe

L’armée russe, en difficulté sur le front de Kherson, dans le sud de l’Ukraine, a assuré samedi que l’approvisionnement de ses troupes n’était pas menacé.

Depuis le début de septembre, les forces russes ont été obligées de reculer sur de nombreux points du front. Elles ont notamment dû se retirer de la région de Kharkiv et reculer dans celle de Kherson.

Un soldat de l'armée ukrainienne passe devant un convoi russe détruit.

Un membre de l’armée ukrainienne passe devant un convoi russe dans la ville de Lyman, ville récemment reprise dans la région de Donetsk. Photo : Getty Images/Yasuyoshi Chiba

Face à une armée ukrainienne galvanisée et forte des approvisionnements en armes occidentales, M. Poutine a décrété, fin septembre, la mobilisation de centaines de milliers de réservistes et l’annexion de quatre régions ukrainiennes, bien que Moscou ne les contrôle que partiellement.

Les services de sécurité russes (FSB) ont par ailleurs dénoncé dimanche une augmentation considérable des tirs ukrainiens visant des territoires russes frontaliers de l’Ukraine, dans lesquels selon eux une personne a été tuée et cinq ont été blessées au cours de la semaine écoulée.

Signe du mécontentement en haut lieu quant à la conduite des opérations, Moscou a annoncé samedi avoir nommé un nouvel homme à la tête de son opération militaire spéciale en Ukraine, le général Sergueï Sourovikine, 55 ans.

Par Canada avec Agence France-Presse