Archive for the ‘Transport’ Category

Manifestation de routiers au Canada : les Etats-Unis demandent à Trudeau d’intervenir

février 11, 2022

Les chauffeurs bloquent désormais trois axes frontaliers, ce qui affecte les échanges commerciaux entre les deux pays et perturbe l’industrie automobile américaine.

Des manifestants canadiens bloquent le pont Ambassador, à Windsor (Ontario), le 10 février 2022.
Des manifestants canadiens bloquent le pont Ambassador, à Windsor (Ontario), le 10 février 2022. COLE BURSTON / AFP

Les Etats-Unis s’en mêlent. La Maison Blanche a appelé, jeudi 10 février, le Canada à employer les « pouvoirs fédéraux » pour mettre fin aux convois des opposants aux mesures sanitaires, qui bloquent des axes frontaliers majeurs entre les deux voisins nord-américains depuis plusieurs jours, une menace pour l’économie.

Washington a proposé son « aide pleine et entière », ont fait savoir, jeudi, des responsables de la Maison Blanche, précisant que plusieurs ministres étaient en contact régulier avec leurs homologues canadiens à ce sujet. Ils ont aussi assuré que l’administration Biden était « mobilisée vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour mettre fin rapidement » à la crise.

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a de nouveau appelé, jeudi, à la fin des manifestations : « Il est temps que cela finisse, car cela fait mal aux Canadiens », mais sans proposer un plan d’action concret. Son gouvernement a annoncé que des renforts policiers seraient envoyés aux endroits de blocage, mais sans plus de précisions.

L’industrie automobile touchée

Estimant que la situation représentait une « crise nationale », le maire de la ville de Windsor, Drew Dilkens, a annoncé son intention d’« expulser » les manifestants par la force s’il obtenait l’autorisation d’un tribunal. « Le préjudice économique que cette occupation cause au commerce international ne peut pas durer et doit cesser », a-t-il ajouté.

Les manifestants paralysent des voies commerciales essentielles, ce qui perturbe déjà certains secteurs des deux côtés de la frontière, depuis le blocage, il y a quatre jours, du pont Ambassador, qui relie l’Ontario à Detroit (Michigan) aux Etats-Unis. Les manifestants ont en effet ainsi touché un nerf central de l’industrie automobile et forcé les géants du secteur – Ford, Stellantis et Toyota – à suspendre ou à ralentir temporairement les chaînes de fabrication dans plusieurs usines.

La zone autour du pont est cruciale pour l’industrie automobile, explique Jason Miller, expert en chaîne d’approvisionnement à l’université d’Etat du Michigan. « Certaines pièces peuvent traverser jusqu’à cinq, six ou sept fois le pont. » Par ailleurs, ce pont transfrontalier voit passer chaque jour plus de 40 000 travailleurs et touristes et les routiers y font traverser quotidiennement 323 millions de dollars (284 millions d’euros) de marchandises en moyenne.

« Il est impératif que les gouvernements locaux, provinciaux et nationaux du Canada désamorcent ce blocus économique », a déclaré, jeudi, la gouverneure démocrate du Michigan, Gretchen Whitmer, les appelant à prendre « toutes les mesures nécessaires ».

La police « pas en mesure » de faire cesser la manifestation

Le mouvement s’étend sur les routes et semblait dans une impasse dans les rues de la capitale fédérale canadienne, Ottawa, a constaté une journaliste de l’Agence France-Presse (AFP). Des centaines de camions bloquent toujours les rues, installés devant le Parlement et les bureaux de Justin Trudeau.

La police de la ville a une nouvelle fois expliqué qu’elle n’était « pas en mesure » de « mettre un terme » à la manifestation sans renforts. Son chef, Peter Sloly, a affirmé « ne pas avoir les ressources suffisantes » pour « empêcher l’approvisionnement en essence des camions » qui bloquent les rues, ou pour « procéder à des arrestations ». De fait, malgré un avertissement lancé mercredi aux manifestants, la police n’a procédé qu’à deux nouvelles interpellations, portant leur nombre à vingt-cinq depuis le début du mouvement.

En Europe, les autorités ont pris les devants : des rassemblements prévus pour la fin de semaine ont été interdits, notamment à Paris et à Bruxelles. Ce mouvement, baptisé comme au Canada « convois de la liberté », semble prendre de l’ampleur, notamment dans l’Hexagone, pour protester contre le passe vaccinal. Ses partisans se réclament des « gilets jaunes », la mobilisation populaire de 2018-2019, déclenchée par une hausse des prix de l’essence qui avait tourné à la révolte contre le président Emmanuel Macron.Lire nos explications : Comment le « convoi de la liberté » des camionneurs canadiens tente de s’exporter en France

En Nouvelle-Zélande, où des opposants aux restrictions sanitaires sont rassemblés depuis trois jours près du Parlement à Wellington, des heurts ont éclaté jeudi avec la police. Plus de 120 personnes ont été arrêtées.

Par Le Monde avec AFP

France: Avant l’arrivée des « convois de la liberté » à Paris, Macron appelle au calme

février 11, 2022

Ces convois de manifestants antipass et anti-Macron convergent vers Paris, malgré une interdiction de la préfecture. Le président dit entendre leur colère.

Les « convois de la liberté » vont-ils bloquer Paris ce week-end ? Malgré l’interdiction décrétée par la préfecture de police de la capitale, ainsi que la fermeté affichée par les autorités, des milliers de manifestants opposés au pass vaccinal, mais aussi au gouvernement d’Emmanuel Macron, convergeaient, vendredi, vers la Ville Lumière, partis de toute la France. Des cortèges de dizaines, voire de centaines de voitures de particuliers, de camping-cars ou encore de camionnettes se sont organisés, dès le lever du jour, depuis Lille, Vimy ou encore Strasbourg.

Dans l’Ouest, 280 véhicules, selon la gendarmerie, plus de 400, selon l’Agence France-Presse, sont partis dans la matinée de Châteaubourg (Ille-et-Vilaine). Quelque 2 600 véhicules, selon la police, faisaient route en début d’après-midi vers la capitale. C’est une action « d’une ampleur phénoménale », a dit à l’Agence France-Presse un coordinateur du mouvement. « Il y a des gens de tous horizons, pas du tout que des fachos. On est des citoyens, on a des familles, on travaille, on est juste solidaires contre le gouvernement », résume, depuis Vimy, Sarah, une tatoueuse de 40 ans venue de Lens saluer le convoi.

Emmanuel Macron appelle au calme

Emmanuel Macron a, pour sa part, appelé vendredi « au plus grand calme », tout en disant « entendre et respecter » la « fatigue » et « la colère » liées à la crise sanitaire. Dans un entretien à Ouest-France alors qu’il se trouvait vendredi à Brest, le chef de l’État et quasi-candidat à la présidentielle souligne que la France a « besoin de concorde, de beaucoup de bienveillance collective ».

« Nous sommes tous collectivement fatigués par ce que nous vivons depuis deux ans. Cette fatigue s’exprime de plusieurs manières : par du désarroi chez les uns, de la dépression chez d’autres. On voit une souffrance mentale très forte, chez nos jeunes et moins jeunes. Et parfois, cette fatigue se traduit aussi par de la colère. Je l’entends et la respecte », déclare Emmanuel Macron, qui a participé à un sommet sur les océans à Brest.

« Les revendications des uns et des autres sont toujours légitimes. Nous avons d’ailleurs toujours préservé le droit de manifester, le pluralisme démocratique, les débats parlementaires durant cette période. Mais nous avons besoin de concorde, de beaucoup de bienveillance collective », conclut-il.

Retrait du pass vaccinal, prix de l’énergie, pouvoir d’achat… des revendications multiples

Rassemblement hétéroclite d’opposants au président Emmanuel Macron et de Gilets jaunes qui ont protesté contre son gouvernement en 2018-2019, le mouvement s’est constitué sur les réseaux sociaux et les messageries cryptées sur le modèle de la mobilisation qui paralyse la capitale canadienne Ottawa. Les manifestants exigent le retrait du pass vaccinal et défendent des revendications sur le pouvoir d’achat ou le coût de l’énergie.

Réfutant toute volonté de bloquer la capitale, les participants espèrent y passer la nuit puis grossir samedi les rangs des cortèges contre le pass vaccinal organisés chaque semaine. « C’est important de ne pas déranger les autres usagers, de garder la population de notre côté, comme au Canada », a lancé Robin, depuis un parking à Illkirch-Graffenstaden, en banlieue de Strasbourg. « Il faut être très ferme » en cas de tentatives de blocage, a mis en garde le Premier ministre Jean Castex sur France 2. « La vaccination est une forme de respect des autres », a-t-il dit.

« Je ne peux en aucun cas laisser associer ces attaques virulentes contre la vaccination et le mot liberté », car « la liberté, ce n’est pas celle, je l’ai déjà dit dix fois, de contaminer les autres », a-t-il averti. Pour lui, les revendications de ce mouvement ne sont « pas toujours très claires », mais « surtout à connotation sanitaire, des revendications qu’on connaît depuis longtemps contre la vaccination ». « Le droit de manifester et d’avoir une opinion est un droit constitutionnellement garanti dans notre République et dans notre démocratie. Le droit de bloquer les autres ou d’empêcher d’aller et venir ne l’est pas », a-t-il mis en garde.

L’avertissement de Gabriel Attal contre les « tentatives d’instrumentalisation »

Vendredi se répandaient aussi des appels à occuper samedi des ronds-points en région. « Je lance un appel à rejoindre toutes les grandes villes pour les occuper, multipliez les points de rassemblement », a lancé dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux l’un des initiateurs du mouvement, sous le pseudonyme de Rémi Monde.

Si des participants s’affichent comme des citoyens « apolitiques » et « apartisans », le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a mis en garde vendredi contre la « tentative d’instrumentalisation » politique de la « lassitude des Français » vis-à-vis de la pandémie de Covid-19, à deux mois de l’élection présidentielle. Le chef de file des Patriotes Florian Philippot, dont les troupes défilent chaque samedi à Paris contre les restrictions sanitaires, a prévu d’accueillir vendredi après-midi les manifestants place Denfert-Rochereau, dans le sud de la capitale.

Un « dispositif spécifique » des forces de l’ordre

La préfecture de police de Paris a décrété jeudi l’interdiction dans la capitale de cette mobilisation en raison de « risques de troubles à l’ordre public ». Un « dispositif spécifique » doit être mis en place « pour empêcher les blocages d’axes routiers, verbaliser et interpeller les contrevenants », qui encourent 6 mois de prison et 7 500 euros d’amende, a indiqué la préfecture. Des soutiens à la mobilisation ont déposé un recours pour annuler l’interdiction de rassemblement, dont l’audience a commencé à 14 h 30 au tribunal administratif de Paris.

Les convois n’en ont pas moins maintenu leur cap, animé par un esprit de convivialité et de lien social similaire à celui qui avait imprégné le début du mouvement des Gilets jaunes. « On n’a jamais peur du peuple quand on gouverne », a assuré le ministre de l’Économie Bruno Le Maire sur CNews. « Mais le peuple français, c’est les millions de Français qui sont responsables, et qui en se vaccinant, en allant travailler, en continuant à faire tourner l’économie, garantissent notre liberté collective », a-t-il poursuivi.

Avec Le Point

Canada/États-Unis: Le pont Ambassador bloqué en partie par des manifestants entre Windsor et Détroit

février 8, 2022
Une camionnette transportant une affiche en opposition à la vaccination obligatoire bloque la route.

La manifestation bloquant l’accès au pont Ambassador se poursuit pour une 2e journée. Photo : CBC/Christopher Ensing

Des manifestants continuent ce mardi à bloquer l’accès au pont Ambassador entre Windsor et Détroit, le lien transfrontalier le plus achalandé de l’Amérique du Nord.

Selon la police, une centaine de protestataires sont toujours sur place. L’accès aux États-Unis demeure partiellement ouvert, contrairement à l’entrée vers le Canada.

Circulation limitée vers les États-Unis et bloquée vers le Canada

Ce matin aux environs de 9 h, l’entrée du pont par la rue Wyandotte était ouverte. Sur place, la police indiquait que cette entrée resterait accessible.

Lundi soir, la Police provinciale de l’Ontario (PPO) du comté d’Essex a publié un communiqué en expliquant qu’à 20 h, le pont n’était pas accessible dans les deux directions.

Mardi après-midi, la circulation sur la rue Huron Church, le point d’accès principal au pont, a repris en direction des États-Unis de façon contrôlée, selon la police de Windsor.

Encombrement à Sarnia après la déviation du trafic

La Police provinciale de l’OntarioPPO demande aux automobilistes d’éviter la zone et conseille à ceux qui doivent se rendre aux États-Unis d’utiliser le tunnel qui relie Windsor à Détroit. Les camionneurs sont quant à eux invités à se rendre au pont Bluewater à Sarnia, à environ 155 km au nord-est de Windsor.

En conséquence, cette région a observé mardi un trafic élevé, d’après la Police provinciale de l’OntarioPPO locale.

À 13 h, le temps d’attente à ce point de passage était de près de 2 h, selon l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).

L’Agence des services frontaliers du CanadaASFC a classé le pont Ambassador comme temporairement fermé quelques minutes avant minuit lundi, dans une mise à jour de son site Web consacré aux temps d’attente à la frontière.

Cependant, tôt mardi matin, la police de Windsor a déclaré dans un tweet qu’une voie de circulation à destination des États-Unis était ouverte et accessible par l’entrée de la rue Wyandotte Ouest.Quelques manifestants et une voiture de police.

Des manifestants et la police aux abords du pont Ambassador, mardi matin à Windsor Photo: Radio-Canada/Elvis Nouemsi Njiké

Aucune voie n’était ouverte en revanche pour permettre aux véhicules de sortir du pont Ambassador en direction du Canada.

À l’heure actuelle, on ne sait pas encore pourquoi l’Agence des services frontaliers du CanadaASFC indique que le pont est temporairement fermé, alors qu’une des voies fonctionne au ralenti.

Réactions politiques

Le député libéral de Windsor-Tecumseh, Irek Kusmierczyk, qui condamne la manifestation, assure être en pourparlers avec le premier ministre Justin Trudeau, le ministre de la Sécurité publique et le ministre des Transports. Bloquer le pont Ambassador, c’est comme se tenir debout sur la trachée de notre communauté. Voilà à quel point c’est grave. On parle d’un impact sur les emplois [et] sur les moyens de subsistance, dit-il.

La gestion de la manifestation relève des autorités locales et provinciales, étant donné que celle-ci se situe hors de la frontière, s’accordent à dire le député et le ministre des Transports fédéral, Omar Alghabra. Ottawa se dit néanmoins prêt à fournir du soutien.

Selon le maire de Windsor, Drew Dilkens, environ 300 millions de dollars de marchandises entrent dans la ville chaque jour, dont environ 10 000 camions de transport utilisant le pont Ambassador.Photo du maire de Windsor Drew Dilkens

Le maire de Windsor, Drew Dilkens. (Archives) Photo: Radio-Canada/Derek Spalding

C’est une chose de protester, de s’installer et d’être une nuisance dans les rues d’Ottawa, et une autre chose de descendre et de fermer le passage frontalier international où circule une grande majorité des échanges, alors nous faisons de notre mieux, a-t-il déclaré à CBC. La police de Windsor fait de son mieux pour travailler avec les manifestants, mais vous avez des gens qui prennent des décisions irrationnelles et vous essayez de trouver et de mettre en place une solution rationnelle, mais vous ne travaillez pas avec des acteurs rationnels dans tous les cas.

Doug Ford a déclaré mardi matin sur Twitter que le pont Ambassador est une artère commerciale vitale entre le Canada et les États-Unis. De nombreux travailleurs essentiels, y compris les travailleurs de la santé de première ligne, en dépendent pour se rendre au travail. La police est sur place pour assurer la circulation en toute sécurité.

Le député néo-démocrate de Windsor-Ouest, Brian Masse, a dénoncé le manque de leadership du premier ministre Justin Trudeau.

La fermeture du pont Ambassador aura de graves répercussions sur les travailleurs essentiels, y compris les travailleurs de la santé, qui travaillent de l’autre côté de la frontière, a-t-il souligné dans une déclaration. Les solutions ne sont pas simples, mais un leadership national est nécessaire.

Matt Moroun, le propriétaire du pont, a publié un communiqué mardi matin. Le commerce international doit reprendre. […] La famille Moroun comprend les conducteurs de camions et les personnes bloquées par cette manifestation. Nous encourageons les autorités à réagir aussi vite que possible, dans le respect mutuel, indique le communiqué.

RDI Matin

Une manifestation bloque la circulation au pont Ambassador à la frontière

Des manifestants décidés à rester

La manifestation contre la vaccination obligatoire des camionneurs et les restrictions sanitaires a commencé lundi après-midi.

La protestation a perdu de son ampleur depuis, mais certains manifestants affirment qu’ils resteront sur les lieux tant que les gouvernements n’auront pas acquiescé à leurs demandes.

On est frustrés. Rien ne bouge à Ottawa et Doug Ford ne change pas sa position. Nous allons rester ici jusqu’à l’abandon de la vaccination obligatoire, lance le camionneur Jake Dyck, qui ne peut pas aller aux États-Unis parce qu’il n’est pas vacciné. J’ai une famille, une maison, je m’en sors difficilement, explique-t-il. Je ne travaille plus depuis trois semaines […] j’espère pouvoir retourner au travail.

Aucune arrestation n’a été effectuée jusqu’à maintenant.

Près de 2,5 millions de camions empruntent le pont Ambassador chaque année. Plus de 25 % des marchandises exportées entre les États-Unis et le Canada y transitent.

Nombre de manifestations contre la vaccination obligatoire et les mesures de santé publique ont eu lieu au cours des derniers jours au pays, y compris à Toronto et à Ottawa. Des camionneurs occupent une partie du centre-ville d’Ottawa depuis plus d’une semaine.

Avec Radio-Canada

Canada: Déplacer les camions du centre-ville est « presque impossible », disent des experts

février 7, 2022
Des camions bloquent la rue.

Manifestation des camionneurs à Ottawa Photo : Radio-Canada/Michael Charles Cole

Déplacer la centaine de camions garés illégalement au centre-ville d’Ottawa est « presque mission impossible » sans la coopération des camionneurs, selon différents experts en remorquage.

La police d’Ottawa évalue que 500 véhicules lourds paralysent présentement les environs de la colline du Parlement, désignée comme étant la zone rouge par les autorités.

Le maire Jim Watson a répété à plusieurs reprises, au cours de la fin de semaine, qu’il souhaitait leur départ.

Le remorquage de véhicules lourds est toutefois un processus beaucoup plus compliqué que le remorquage d’une simple voiture, a déclaré Randy Whan, le propriétaire d’une compagnie de remorquage de Kingston qui s’est entretenu avec Canadian Broadcasting CorporationCBC. 

Ce n’est ni facile ni simple, a-t-il expliqué. Cela peut prendre jusqu’à 30 minutes et, de plus, c’est presque impossible sans la coopération du conducteur du camion.Des camions stationnés derrière des blocs de béton, avec des slogans anti-Trudeau et des drapeaux du Canada et du Québec.

Des images de la manifestation des camionneurs à Ottawa le 6 février 2022 Photo : Radio-Canada

Les camions comportent de nombreuses pièces d’équipement — telles que des chaînes pesant plus de 15 kilos — destinées à empêcher le remorquage sans le consentement du conducteur. 

Si le camionneur a enclenché les freins à air et verrouillé les roues de son véhicule, le remorquage devient encore plus difficile. Dans ces conditions, le camion ne bouge plus.

« C’est le camionneur qui décide en fin de compte si vous pouvez emporter son camion ou non. »— Une citation de  Randy Whan, propriétaire d’une compagnie de remorquage

Si on le lui demandait, M. Whan dit qu’il hésiterait à déplacer un camion sans la coopération du conducteur parce cela placerait ses employés dans une position vulnérable, car ces derniers doivent passer sous le camion pour faire leur travail.

Honnêtement, je ne vois pas comment on pourrait procéder, a-t-il déclaré. Chaque compagnie qui envoie une [dépanneuse] là-bas met son chauffeur en danger d’être blessé.Des manifestants sur un camion brandissent des drapeaux devant le parlement d'Ottawa.

Des images de la manifestation des camionneurs à Ottawa, le 6 février 2022 Photo : Radio-Canada/Brigitte Bureau

Une tâche difficile, mais possible 

David Allen, le propriétaire d’une compagnie de remorquage à London, a lui aussi soutenu que remorquer le camion d’un conducteur récalcitrant est une tâche très difficile, mais elle n’est pas impossible.

Même si les freins à air sont enclenchés, a-t-il dit, certaines dépanneuses ont la capacité de les desserrer ou de les mettre en cage, en transférant de l’air de leur système vers les camions.

Nous avons toutes les capacités sur nos dépanneuses pour le faire, mais le problème est que je ne vois pas qui voudrait le faire, a-t-il nuancé.Début du widget . Passer le widget?

Aperçu de la rue Wellington à Ottawa ce matin en route vers le travail. #polcan pic.twitter.com/DAlU2rD47w— Louis Blouin (@ICILouisBlouin) February 7, 2022

En effet, Canadian Broadcasting CorporationCBC rapporte que de nombreuses entreprises qui fournissent des services de remorquage pour véhicules lourds ne veulent pas risquer leurs relations avec les camionneurs.

Différentes sources ont déclaré au réseau anglais que plusieurs entreprises engagées par la Ville ont refusé de déplacer les camions stationnés illégalement.

Jusqu’ici, la Ville soutient que 28 véhicules associés à la manifestation ont été remorqués, parce qu’ils entravent la circulation et bloquent des allées. La Ville a toutefois refusé de dire s’il s’agissait de camions commerciaux. 

Radio-Canada avec les informations de Michelle Allan

Comment le « convoi de la liberté » des camionneurs canadiens tente de s’exporter en France

février 7, 2022

Des opposants au passe vaccinal prévoient d’immobiliser la capitale le week-end du 13 février, sur le modèle des camionneurs canadiens. Sur Facebook, plus de 250 000 internautes ont déjà rejoint l’initiative, non sans évoquer les « gilets jaunes ».

Le mouvement canadien Freedom Convoy, mobilisation de camionneurs hostiles à l’obligation vaccinale, a pris d’assaut Ottawa. Et, désormais, s’internationalise.
Le mouvement canadien Freedom Convoy, mobilisation de camionneurs hostiles à l’obligation vaccinale, a pris d’assaut Ottawa. Et, désormais, s’internationalise. JUSTIN TANG / AP

Le maire d’Ottawa a déclaré, dimanche 6 février, l’état d’urgence dans sa ville, paralysée par l’action de camionneurs hostiles aux mesures sanitaires contre le Covid-19. La capitale fédérale canadienne est paralysée depuis plusieurs jours par le Freedom Convoy (« convoi de la liberté »), une manifestation de camionneurs hostiles à la nouvelle loi sur l’obligation vaccinale. Environ cinq cents poids lourds partis de tout le pays s’étaient rejoints le 29 janvier à Ottawa, bloquant les grands axes et klaxonnant à longueur de journée. Certains arboraient des drapeaux confédérés et nazis.

Le mouvement a fait tache d’huile, avec des manifestations de soutien les 5 et 6 février à Toronto, à Vancouver ou à Québec. Et des velléités d’exporter le mouvement en Europe et au-delà ont émergé ces derniers jours dans les réseaux hostiles à la politique sanitaire. Des initiatives comparables ont été observées à Leeuwarden aux Pays-Bas, à Schwerin en Allemagne, ou encore à Canberra en Australie, tandis qu’un convoi prévoit de déferler sur Bruxelles le 14 février. En passant par une étape stratégique : Paris.

  • Un convoi qui s’organise pour converger vers Paris

Dès que le Freedom Convoy a fait parler de lui, les opposants à la politique sanitaire du gouvernement français ont salué l’initiative des routiers canadiens, quitte à relayer de fausses informations en exagérant l’importance ou l’impact politique. Ils affirmaient par exemple que le convoi avait contraint à la fuite le premier ministre, Justin Trudeau, alors que celui-ci, atteint du Covid-19, s’était isolé.

Sur les réseaux sociaux français circulent de nombreux appels à instaurer un blocage routier de Paris du vendredi 11 au dimanche 13 février. Un site Internet a été créé pour recenser les routes que pourraient emprunter ces convois pour converger vers la capitale, en partant de Morlaix (Finistère) ou de Nice (Alpes-Maritimes). Pour les plus motivés, l’objectif est d’aller jusqu’à Bruxelles le 14 février, pour y rejoindre les convois venus d’autres pays.

Plusieurs groupes de discussion Facebook et Telegram ont été créés ces deux dernières semaines pour coordonner l’initiative, au niveau national ou local. Le principal, « Le convoi de la liberté », compte plus de 250 000 inscrits, tandis que sur Telegram, plusieurs délégations par pays ont été créées, comme le groupe « Convoy France » avec 23 000 sympathisants ou encore « Tous à Paris ». La chaîne La Meute, hommage au collectif Mamans louves, qui lutte contre la vaccination des enfants, compte entre 100 et 500 suiveurs sur chacune de ses 90 antennes départementales.

Ces groupes mêlent des profils hétérogènes. On y trouve de nombreux « gilets jaunes », des routiers, des restaurateurs, des « insoumis », des militants du Rassemblement national, ainsi que des Anonymous – mouvement international de gauche radicale né lors de la crise des subprimes. Mais aussi des naturopathes, des « coachs en confiance », ou des spécialistes en « vibration » opposés aux vaccins anti-Covid-19 et promoteurs de traitements alternatifs contre l’épidémie (hydroxychloroquine, ivermectine…)

Malgré une apparente volonté de modération, on peut lire dans ces groupes Telegram des propos violents (certains parlent de « sortir les guns ») ou illégaux, avec des offres de faux passes sanitaires.

  • Une initiative « apolitique » qui attire l’extrême droite

Parmi ces milliers d’anonymes, une figure a émergé : celle de Rémi Monde, coorganisateur et porte-parole du mouvement. Selon sa page Facebook, il se présente comme adepte de groupes de routiers, du professeur Didier Raoult et du documentaire à tendance conspirationniste Hold-up. Estimant que « le peuple de France en a assez », le 30 janvier, il appelle dans une vidéo à une convergence des automobilistes vers Paris, au nom des libertés.

« Il faut que nous nous levions, nous, peuple de France, de tous horizons, parce qu’ils [les gouvernants] vont trop loin et que, si nous ne disons pas stop, ils ne s’arrêteront jamais. »Vérification : Les contre-vérités du documentaire « Hold-up »

De nombreux groupes en lien avec la mouvance conspirationniste QAnon, comme « Les DéQodeurs », « QactusPublic », « Qode17info », « Nouvel Ordre mondial » ou encore « Patriotesfrancophones » ont relayé l’initiative.

Elle a aussi reçu le soutien de figures politiques comme Jean-Frédéric Poisson, président de « Via, la voie du peuple » et proche d’Eric Zemmour, du conférencier pro-Raoult Idriss Aberkane ou encore du président des Patriotes, Florian Philippot, qui surfe depuis un an sur la vague des mouvements antirestrictions : « Les résistants français sont à fond avec eux. Il se passe quelque chose d’immense !, » s’est enthousiasmé ce dernier. Cette tentative de récupération n’a pas été du goût de Rémi Monde, qui présente le convoi de la liberté comme « apolitique, appartenant aux citoyens, tout simplement ».

Dans ses messages, M. Monde demande la levée de toutes les restrictions sanitaires, mais ses revendications sont plus vastes : la suspension de toutes les directives européennes, la détaxation partielle de l’essence, l’augmentation des salaires nets, la démission des députés, des sénateurs, des ministres et du président de la République, et l’instauration du référendum d’initiative populaire. Des thématiques qui rappellent celles des gilets jaunes à l’automne 2018.

  • Entre le Canada et la France, des situations très différentes pour les routiers

Le « convoi de la liberté » français peut-il prendre la même ampleur que son homologue canadien ? Ce n’est pas si évident, car les situations sont différentes dans les deux pays.

Tout d’abord, les restrictions sanitaires qui s’appliquent aux transports routiers ne sont pas les mêmes qu’en Amérique du Nord. Depuis le 15 janvier, les camionneurs canadiens sont, en effet, soumis à l’obligation vaccinale. Du côté français, les règles sont différentes. Ils ont le droit de voyager entre les pays et ils peuvent se restaurer dans les relais routiers sans passe vaccinal« On nous inclut dans un mouvement qui ne nous concerne donc pas. Ils se servent de l’imaginaire de la puissance d’un convoi pour bloquer je-ne-sais-qui ou je-ne-sais-quoi » , explique Christophe Denizot, secrétaire général de la Fédération Sud-Solidaires des transports routiers, qui se désolidarise de ce mouvement.

Autre différence majeure, relevée par M. Denizot :

« Contrairement au Canada, nous ne sommes pas propriétaires de notre camion, si on participe à ce convoi, on peut se voir retirer notre permis et être viré pour entrave à la liberté de circulation. »

Les organisateurs du convoi français en ont déjà pris acte. Rémi Monde a donc choisi, à l’inverse des manifestations canadiennes, d’ouvrir à tous la possibilité de rejoindre le cortège : « en camion, en voiture, en vélo ou à cheval, il faut réunir le plus de monde possible » et « inonder les réseaux sociaux », annonce-t-il. C’était le cas également aux Pays-Bas avec le convoi parti de La Haye, le 30 janvier. La majorité du mouvement était composée de voitures, de tracteurs ou de motos, accompagnés seulement par quelques camions.

Avec Le Monde par William Audureau et Léa Prati

Vol annulé : une mineure laissée seule à Toronto par Air Canada

février 7, 2022
Diomerys O'Leary interviewée devant sa maison.

Diomerys O’Leary souhaite qu’Air Canada change sa politique sur les mineurs qui voyagent seuls. Le transporteur a annulé le vol que devait prendre sa fille. Cette dernière s’est retrouvée seule à l’aéroport de Toronto sans nourriture ni hébergement. Photo : CBC/Ted Dillion

Diomerys O’Leary ressentait déjà de la nervosité en laissant sa fille de 14 ans voyager seule pour rendre visite à son père en République dominicaine, mais elle ne se doutait pas que le transporteur Air Canada allait la laisser pour compte à Toronto.

Le transporteur l’a informée par courriel, le 18 janvier, que le vol de sa fille de Toronto à Saint-Jean, à Terre-Neuve, était annulé en raison d’un conflit de travail à l’aéroport de Saint-Jean, et qu’elle pouvait prendre un autre vol deux jours plus tard.

Elle a ensuite reçu de nombreux messages textes de sa fille disant qu’Air Canada l’avait informée qu’elle devait se débrouiller pour trouver un endroit où dormir et se restaurer.

Elle pleurait, elle était désespérée et elle me demandait ce qu’elle devait faire. Je ne pouvais pas y croire, affirme Mme O’Leary.

Diomerys O’Leary se demandait si l’entreprise s’attendait à ce que sa fille passe deux jours sur un banc sans même lui donner de la nourriture.Des messages textes en espagnol sur un téléphone.

Diomerys O’Leary a reçu de nombreux messages de la part de sa fille, qui était seule et désemparée à l’aéroport de Toronto tandis qu’elle cherchait une solution pour elle. Photo : CBC/Ted Dillion

Elle a passé des heures au téléphone et en ligne à chercher des moyens d’aider sa fille tandis que cette dernière attendait à l’aéroport de Toronto. Les hôtels n’acceptent pas de mineur seul et sa fille n’avait pas d’argent pour de la nourriture.

Mme O’Leary a fini par trouver un logement Airbnb où sa fille pouvait passer la nuit et un chauffeur Uber pour la transporter. Elle a fait livrer un repas à sa fille.

« C’était le pire jour de ma vie. »— Une citation de  Diomerys O’Leary

Diomerys O’Leary affirme qu’elle n’a pu dormir cette nuit-là même après avoir trouvé cette solution temporaire pour sa fille.

Le lendemain, après presque deux heures d’attente au téléphone avec Air Canada, Mme O’Leary a trouvé un vol pour sa fille à destination de Gander et un billet d’autobus pour qu’elle puisse rentrer à Saint-Jean.

Selon Air Canada, l’agente du centre d’appel a proposé de l’aider à trouver de l’hébergement, mais la mère de la cliente a refusé.

Mais Diomerys O’Leary présente un enregistrement de cette conversation où l’agente affirme qu’elle ne peut pas aider sa fille à trouver un hébergement. L’agente lui propose d’appeler un autre bureau d’Air Canada. À ce moment, Mme O’Leary avait déjà pris des arrangements pour sa fille tout en attendant au téléphone.Une adolescente devant un autobus.

Après avoir passé la nuit seule à Toronto, la fille de Diomerys O’Leary âgée de 14 ans est rentrée à Saint-Jean, à Terre-Neuve, le 20 janvier. Ci-dessus : le visage de l’adolescente est embrouillé à la demande de sa mère. Photo: Gracieiseté/Diomerys O’Leary

Air Canada affirme qu’il n’est généralement pas conseillé que des mineurs voyagent seuls quand il s’agit d’un vol avec des correspondances ou un vol à l’étranger en raison de possibles interruptions imprévues qui échappent au contrôle de l’entreprise. Cet avertissement ne figure pas sur la page web d’Air Canada au sujet des enfants voyageant seuls(Nouvelle fenêtre).

Des imprévus peuvent toujours survenir lors de voyages en avion, particulièrement durant cette pandémie. La COVID-19 a grandement perturbé l’industrie l’an dernier. Les autorités déconseillent par moments aux Canadiens de faire des voyages non essentiels.

Diomerys O’Leary aimerait qu’Air Canada prenne plus de responsabilité ou cesse tout simplement d’accepter des mineurs qui voyagent seul sur des vols à plusieurs étapes. Ils acceptent mon argent, mais ne prennent pas de responsabilité pour la sécurité de ma fille, dit-elle.

D’autres enfants laissés pour compte

Les propres règles d’Air Canada lui permettent d’éviter de prendre des responsabilités et ce serait une surprise pour beaucoup d’adultes qui permettent à leurs jeunes de voyager, selon un défenseur des droits des voyageurs, Ian Jack, vice-président aux affaires publiques de l’Association canadienne des automobilistes. Il dit que des jeunes peuvent être laissés pour compte en vertu de ces règles.

Comme d’autres transporteurs, dont WestJet et Air Transat, Air Canada offre un service pour enfants non accompagnés. Des employés aident ces enfants à faire leur voyage. Mais ce service n’est pas offert lors de voyages en plusieurs étapes comme celui effectué par la fille de Mme O’Leary.

Air Canada indique que dans un tel cas, elle aide de façon prioritaire ses passagers handicapés, âgés ou jeunes. Mais ce jour-là, ajoute l’entreprise, des vols ont été annulés de façon imprévue et des centaines de voyageurs avaient besoin d’aide.

Le document d’Air Canada intitulé Tarif international – Règles générales applicables au transport de passagers et de bagages(Nouvelle fenêtre), indique en page 49 que sauf pour le service fourni expressément à un enfant non accompagné et visé par la présente règle, le transporteur n’assume aucune responsabilité financière ou de tutelle pour les enfants non accompagnés, si ce n’est celles applicables aux passagers adultes.

WestJet et Air Transat ont aussi une règle semblable.

Même le Règlement sur la protection des passagers aériens(Nouvelle fenêtre) adopté par le gouvernement du Canada en 2019 est vague, indique Ian Jack, quand il est question de protéger les jeunes voyageurs. Le Règlement stipule que les compagnies aériennes doivent établir une politique pour les mineurs non accompagnés, mais il laisse aux transporteurs le soin de décider en quoi consiste cette politique.

Transports Canada établit les règles et l’Office des transports du Canada les met en application. Canadian Broadcasting CorporationCBC leur a demandé s’ils comptent améliorer la protection des mineurs qui voyagent seuls.

Transports Canada a indiqué que l’Office des transports du Canada est dans une meilleure position pour répondre à cette question, mais l’Office a expliqué qu’il ne peut agir que dans le cadre des règles de Transports Canada et que ces dernières ne comprennent rien au sujet des responsabilités précises des transporteurs envers les mineurs qui voyagent seuls.

Dans ce contexte, les transporteurs devraient au moins indiquer plus clairement que des mineurs peuvent être laissés pour compte lorsque leur vol est annulé, estime Ian Jack.Ian Jack interviewé.

Ian Jack, vice-président aux affaires publiques de l’Association canadienne des automobilistes, estime que ce cas illustre certains aspects mal définis de la réglementation des transporteurs aériens. Photo : CBC/Stephan Richer

Cela s’était produit auparavant. Une famille a réclamé des changements de la part d’Air Canada en 2016 lorsqu’un garçon écarté de son vol a dû dormir sur le plancher à l’aéroport Pearson de Toronto. La même mésaventure est survenue à un Terre-Neuvien de 13 ans, en 2013, à qui le transporteur avait simplement donné un coupon alimentaire de 10 $.

Ian Jack dit qu’il faut reconnaître que c’est un problème des transporteurs et possiblement aussi des règles gouvernementales en la matière.

Air Canada a offert à Diomerys O’Leary un bon de voyage d’une valeur de 500 $ en signe de bonne volonté, mais elle l’a refusé en disant que ce n’était pas une question d’argent. Mme O’Leary réclame des explications précises de la part du transporteur. Elle dit qu’elle ne peut tout simplement pas accepter ce qui est arrivé à sa fille.

Avec Radio-Canada d’après un reportage de Rosa Marchitelli, de Canadian Broadcasting Corporation CBC

Canada: GoFundMe n’émettra finalement que le remboursement des 10 M$ recueillis par le Convoi

février 6, 2022

MONTRÉAL — La plateforme de sociofinancements GoFundMe affirme qu’elle a changé ses plans pour les millions de dollars amassés en soutien aux manifestants qui occupent le centre-ville d’Ottawa depuis plus d’une semaine.

© Fournis par La Presse Canadienne

La société a retiré la collecte de fonds de son site vendredi soir, affirmant que des preuves policières suggéraient qu’elle s’était transformée en une «occupation, avec des rapports de police faisant état de violences et d’autres activités illégales», et s’était engagée soit à rembourser l’argent collecté, soit à le redistribuer à des organisations caritatives choisies par les organisateurs de la manifestation.

Mais GoFundMe a depuis publié un article de blogue indiquant que la société a changé d’avis en réponse aux «commentaires des donateurs» et qu’elle ne remettra plus que des remboursements.

GoFundMe indique que ceux qui ont fait un don à la campagne du Convoi de la liberté n’auront pas besoin de soumettre de demandes de remboursement et peuvent s’attendre à voir leur argent restitué dans les sept à dix jours ouvrables.

GoFundMe avait précédemment déclaré avoir supprimé la collecte de fonds, car elle violait les conditions d’utilisation du site, qui interdisent la promotion de la violence et du harcèlement.

Un premier million de dollars sur les plus de 10 millions de dollars collectés a été remis aux organisateurs plus tôt cette semaine.

L’une des organisatrices de la manifestation, Tamara Lich, a réagi dans une vidéo vendredi pour annoncer un nouveau site officiel de dons, le GiveSendGo, basé aux États-Unis. 

La Presse Canadienne

Canada: Des organisateurs de la manifestation à Ottawa mis en demeure

février 5, 2022
Des camions sont stationnés en plein milieu d'une rue du centre-ville d'Ottawa.

Le centre-ville d’Ottawa est toujours occupé par des manifestants qui s’opposent aux mesures sanitaires, après une semaine de mobilisation. Photo: Radio-Canada/Christian Milette

Les organisateurs du convoi de camionneurs qui protestent contre les mesures sanitaires depuis plus d’une semaine au centre-ville d’Ottawa sont visés par un recours collectif de près de 10 millions de dollars.

Une demande d’injonction a également été déposée, vendredi soir. Elle exige la fin immédiate de la nuisance dans les rues de la capitale fédérale.

Le recours collectif a été initié par Zexi Li, une fonctionnaire d’Ottawa de 21 ans, qui habite à quelques pâtés de maisons de la colline du Parlement.

Dans les documents déposés en cour supérieure de l’Ontario, les plaignants citent le bruit excessif des klaxons dans les quartiers résidentiels qui perdurent depuis plus d’une semaine.

L’une des principales tactiques du « convoi de la liberté » consiste à faire retentir les klaxons des véhicules sans arrêt, toute la journée. […] Ces klaxons ne sont pas destinés à être utilisés pendant plus de quelques secondes, car les niveaux sonores sont dangereux et provoquent des dommages permanents à l’oreille humaine. Malgré ces dangers, le « convoi de la liberté » a fait retentir ces klaxons en continu pendant 12 à 16 heures par jour, peut-on lire dans le document.

Une somme de 4,8 millions $ est réclamée en dommages et intérêts pour nuisance en plus d’un montant de 5 millions exigé pour dommages et intérêts punitifs.

Le recours collectif représente les résidents d’Ottawa qui habitent dans les secteurs situés entre les rues Bay et Elgin ainsi que les rues Lisgar et Wellington, d’après les documents légaux, dont Radio-Canada a obtenu copie.

Les organisateurs visés par le recours collectif, dont le Torontois Benjamin Dichter et les Albertains Patrick King et Tamarra Lich, ont 20 jours pour répondre.

Les camionneurs qui utilisent leur klaxon sans réserve et qui seront identifiés se verront ajoutés à la liste des personnes visées par ce recours.

Avec Radio-Canada

Canada: Au moins un millier de manifestants à Québec demandent « plus de liberté »

février 5, 2022
Des centaines de manifestants circulent dans les rues du centre-ville de Québec.

Des centaines de manifestants circulent dans les rues du centre-ville de Québec. Photo : Radio-Canada/Guillaume Croteau-Langevin

Des convois de camionneurs et automobilistes, ainsi que de nombreux marcheurs, encerclent le secteur de l’Assemblée nationale à Québec. Plus d’un millier de manifestants demandent de retrouver leur liberté et exigent la fin des mesures sanitaires.

Les manifestants se font entendre depuis ce matin au centre-ville. Le bruit des klaxons des automobiles résonne près de l’Assemblée nationale. Les manifestants côtoient les familles, d’autant plus que le Carnaval de Québec est en cours.

En plus des convois venus entre autres de la Côte-Nord, du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Beauce, s’ajoute un mouvement dit plus familial, organisé par Isabelle Villeneuve.

Tous se partagent les espaces près de l’édifice de l’Assemblée nationale depuis ce matin pour demander le retour à la vie comme elle était avant la pandémie.

C’est la liberté qu’on veut. On veut que ça bouge, s’exclame un camionneur de la Beauce au volant de son poids lourd. Un autre camionneur dit : Je me sens comme si j’ai des menottes. C’est le code QR qui m’a fait exploser. 

Stratégie différente du SPVQ

Les policiers de Québec ont une approche différente que celle de leurs collègues d’Ottawa, où depuis plus d’une semaine, des camions sont stationnés sur la colline Parlementaire.Une carte de la congestion routière près de l'Assemblée nationale à Québec

L’état du réseau routier au centre-ville de Québec un peu avant 13 h, samedi. Photo : Carte Congestion Québec

Pour le moment, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) interdit aux véhicules et aux poids lourds de se stationner sur les artères principales. Seuls les piétons ont accès aux espaces de stationnement face à l’édifice de l’Assemblée nationale, près de la fontaine de Tourny.

En guise de symbole, les policiers ont permis à quelques camions de s’immobiliser près de l’édifice de l’Assemblée nationale.

La présence des manifestants cause néanmoins beaucoup de congestion routière dans les rues du centre-ville.

Cette manifestante se dit vaccinée et tannée des mesures sanitaires.

Un manifestant avec une affiche représentant François Legault en dictateur.

Caricature de François Legault ressemblant au leader Nord-Coréen

Depuis jeudi soir

Des manifestants sont installés au centre-ville de Québec depuis jeudi soir.

Dans la journée de vendredi, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a remis six constats d’infraction d’un règlement municipal et 34 constats d’infraction routière. Les policiers ont précisé que la manifestation s’est déroulée sans débordement.

Samedi matin, le SPVQ a communiqué un message aux manifestants en faisant appel au calme et à la bonne collaboration.

Le SPVQ rappelle que manifester est un exercice démocratique. Nous serons sur le terrain pour assurer la sécurité de tous. Violence, vandalisme ou infraction criminelle ne seront pas tolérés, écrit la police sur Twitter.

Un mouvement contre les manifestations

Par ailleurs, un mouvement pour s’opposer aux manifestations est né au cours des derniers jours. Des membres de l’Observatoire des délires conspirationnistes se sont déplacés vers Québec en matinée pour se faire entendre.

Selon l’administrateur du groupe et organisateur de l’événement Faisons bloc au convoi, les manifestations sont importantes pour la démocratie, mais pas lorsqu’elles accaparent une ville durant une semaine comme c’est le cas à Ottawa.Une image illustrée d'un camion avec un arc-en-ciel au-dessus. Il est écrit : Soyons solidaires avec nous.

L’action de visibilité Faisons bloc au convoi sert à affirmer qu’il est possible de critiquer la gestion de la pandémie, sans nuire à l’effort collectif pour éliminer le virus. Photo : Faceboo

En période de pandémie, ce n’est pas le temps de manifester aussi longtemps et d’accaparer une ville, de terroriser les populations locales, croit Jean-Sébastien Ménard.

Il précise être lui aussi tanné des mesures sanitaires, mais comprend qu’il faille effectuer des efforts collectifs pour s’en sortir.

Je me pose la question sur qui instrumentalise ce mouvement-là, celui des convois de camionneurs contre le vaccin… Bernard Gauthier, La Meute, des partis sécessionnistes de l’Alberta, je me demande leur agenda caché et qui les finance, s’interroge-t-il.

L’événement Faisons bloc au convoi était prévu à 10 h près du parlement. Le groupe sera peu nombreux. Moi, à la limite, j’ai dit aux gens d’aller dans les restaurants, d’aller au Carnaval, nous on sera là pour faire entendre leur voix.

Des annulations

Les manifestations ont engendré plusieurs annulations dans les restaurants et hôtels de Québec. Selon le directeur général de la Société de développement commercial du Vieux-Québec, 65 % de ses membres ont observé des annulations pour le week-end.

Parmi les restaurants qui voient des annulations, on retrouve un taux de 10 à 40 % d’annulation, précise Donald Gilbert.

Le Carnaval de Québec n’a pas modifié sa programmation en raison des manifestations. Par contre, la sécurité a été renforcée. Les sites du festival d’hiver sont bien délimités puisque les visiteurs doivent présenter leur passeport vaccinal et leur billet pour entrer.

Radio-Canada par Audrey Paris avec la collaboration de nos journalistes sur le terrain : Hadi Hassin, Pascal Poinlane, Camille Carpentier et Pierre-Alexandre Bolduc

Canada: Trudeau n’envisage pas, pour l’instant, l’intervention des Forces armées à Ottawa

février 3, 2022
Une photo de Justin Trudeau, le regard vif.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, refuse de faire appel à l’armée pour mettre fin à la manifestation de camionneurs (archives). Photo: La Presse Canadienne/Adrian Wyld

Le gouvernement exclut de faire appel aux Forces armées canadiennes pour mettre fin à la manifestation des camionneurs.

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré dans un point de presse jeudi après-midi : nous savons que les forces policières, que ce soit la police d’Ottawa ou à la GRC, qu’il y a des ressources ici et là pour régler la situation.

Interrogé sur ce conflit qui perdure depuis maintenant une semaine, le premier ministre a ajouté que le gouvernement fédéral est prêt à répondre aux demandes.

« Mais pour l’instant, ce n‘est pas quelque chose qu’on est en train de regarder, d’envoyer les Forces armées contre les citoyens canadiens. »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le premier ministre soutient suivre la situation de très près. Son bureau, affirme-t-il, est en communication régulière avec celui du maire [d’Ottawa]. Il répète : Je l’ai dit clairement il y a plusieurs jours qu’il est temps que les manifestants rentrent chez eux. Il dénonce cette situation, qui est en train de déranger les gens qui vivent dans la communauté… les gens qui subissent des menaces de violence et des propos et des symboles haineux. C’est inacceptable. Le premier ministre conclut : nous savons que les forces policières doivent faire leur job pour régler la situation.

Les camionneurs doivent rencontrer la presse jeudi après-midi pour faire le point sur leur mouvement de contestation. C’est la première fois que les organisateurs de la manifestation convoquent la presse depuis leur arrivée sur la colline du Parlement, il y a une semaine.

Avec Radio-Canada