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France-Affaire Mila: le procès de 13 personnes pour cyberharcèlement renvoyé au 21 juin

juin 3, 2021
Affaire Mila: le proces de 13 personnes pour cyberharcelement renvoye au 21 juin
Affaire Mila: le procès de 13 personnes pour cyberharcèlement renvoyé au 21 juin© AFP/Bertrand GUAY

Le procès de treize personnes, jugées à Paris pour avoir cyberharcelé, voire menacé de mort, l’adolescente Mila après sa publication en novembre d’une vidéo polémique sur l’islam devenue virale, a été renvoyé jeudi au 21 juin, après l’examen de questions de procédure.

Pendant quatre heures, le tribunal correctionnel a examiné lors d’une audience très technique, mais aux vertus pédagogiques sur le « rituel judiciaire » au temps des réseaux sociaux, les différents points de procédure soulevés par la défense.

Certains avocats des prévenus ont notamment demandé l’annulation des gardes à vue de leurs clients, et in fine leur convocation devant le tribunal, les jugeant irrégulières.

Me Juan Branco, qui défend l’un des prévenus, Jordan L, a lui soulevé deux questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) portant sur le délit de harcèlement en ligne, créé par une loi en 2018, et qui vaut aux 13 jeunes hommes et femmes d’être renvoyés en correctionnelle.

Le tribunal se prononcera le 21 juin à 9H00 sur la transmission ou non à la Cour de cassation de ces QPC. S’il ne faisait pas droit à la demande de la défense, le procès se poursuivrait, avec l’examen du fond de l’affaire sur deux jours, les 21 et 22 juin, a indiqué le président Michaël Humbert.

« Il n’y a pas d’anonymat. A partir du moment où on commet un crime sur internet, on peut être recherché, on peut être retrouvé et on peut être jugé devant un tribunal », a lancé à la sortie de l’audience Mila, cheveux clairs rasés au-dessus des oreilles et vêtue d’un haut rouge.

« C’est pour cela qu’on est là aujourd’hui. Il est temps de le réaliser, de le dire : la peur change de camp. Plus nombreux on sera à l’ouvrir, plus on sera forts, puissants face à la menace et au harcèlement qui ne fera qu’empirer si on reste sans rien faire, si on continue à se soumettre », a-t-elle déclaré à la presse.

La jeune femme, qui vient de fêter ses 18 ans et défend son droit au blasphème, vit sous protection policière depuis la publication d’une première vidéo critiquant le Coran et l’islam en janvier 2020.

Mi-novembre, elle avait été victime d’un « raid » numérique après avoir publié sur le réseau social TikTok une nouvelle vidéo dans laquelle elle s’en prenait vertement à ses détracteurs.

Selon son avocat Richard Malka, Mila « a reçu plus de 100.000 messages haineux et de menaces de mort » lui promettant d’atroces sévices

Agés de 18 à 30 ans et originaires de toute la France, les prévenus, pour la plupart sans antécédents judiciaires, comparaissent tous pour harcèlement en ligne. Certains sont également renvoyés pour menaces de mort et l’un d’eux pour menace de crime.

Placés en garde à vue en février, mars ou avril, dans le cadre d’une enquête menée par le tout nouveau pôle national de lutte contre la haine en ligne, les prévenus avaient en grande partie reconnu être les auteurs du message pour lequel ils sont poursuivis.

Ils encourent deux ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende pour le harcèlement en ligne, trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende pour les menaces de mort.

Deux personnes ont déjà été condamnées à des peines de prison pour avoir menacé de mort Mila

Par Le Point

Finis le masque et la distanciation sociale pour les Américains entièrement vaccinés

mai 13, 2021

Les responsables fédéraux de la santé publique aux États-Unis ont réservé jeudi une bonne nouvelle pour les personnes vaccinées : les Américains qui ont reçu toutes leurs doses du vaccin contre la COVID-19 n’auront plus besoin de porter un masque ou de respecter la distanciation sociale dans la plupart des environnements intérieurs et extérieurs.

Image symbolique : le président Joe Biden et la vice-présidente Kamala Harris ont pour la première fois marché côte à côte, sans masque.

© Evan Vucci/Associated Press Image symbolique : le président Joe Biden et la vice-présidente Kamala Harris ont pour la première fois marché côte à côte, sans masque.

Amorçant un virage important, le groupe d’intervention de la Maison-Blanche consacré à la COVID-19 a annoncé ces assouplissements aux restrictions recommandées au cours d’un point de presse.

Le jalon est important pour ce pays qui, en raison de son bilan peu reluisant de l’an dernier, figure toujours au premier rang mondial pour le nombre total de cas recensés et de morts.

Bout de tissu devenu une ligne de fracture politique, le masque est vu depuis l’an dernier comme l’arme de choix pour lutter contre la pandémie.

Malgré les variants, les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) vont plus loin qu’au début du mois, alors qu’ils cessaient de préconiser le port du masque à l’extérieur, mais uniquement dans les endroits peu fréquentés.

Plusieurs choses sont survenues dans les deux dernières semaines», a expliqué la directrice des CDC, Rochelle Walensky, mentionnant entre autres la diminution importante des cas, l’extension de la vaccination aux adolescents de 12 à 15 ans, qui a commencé dans la journée, et les résultats d’études.

Sur la base de la trajectoire descendante continue des cas, des données scientifiques sur la performance de nos vaccins et de notre compréhension de la façon dont le virus se propage, ce moment est arrivé pour ceux qui sont entièrement vaccinés», a-t-elle soutenu. Les cas ont chuté d’environ du tiers au cours des deux dernières semaines.

Nous avons tous attendu ce moment où nous pourrons retrouver un certain sens de la normalité», a-t-elle commenté.

La décision s’appuie sur la science, a assuré la directrice des CDC, qui a rejeté tout rôle qu’aurait pu jouer la pression populaire.

Les récentes études ont démontré à la fois l’efficacité des vaccins, entre autres contre les variants, et l’efficacité dans la prévention de la transmissibilité», a-t-elle expliqué. Selon les données scientifiques, le taux d’efficacité des vaccins pour prévenir les symptômes légers et graves, les hospitalisations et les morts est supérieur à 90 %.

L’année dernière nous a montré que ce virus peut être imprévisible. Donc, si les choses s’aggravent, il est toujours possible que nous devions modifier les recommandations», a néanmoins averti la Dre Walensky.

La scientifique a également fait état d’exceptions. Les personnes vaccinées doivent ainsi continuer de se couvrir le visage et de respecter la distanciation sociale dans les hôpitaux et les établissements de soins de longue durée.

La même consigne s’applique dans les transports publics, comme l’autobus, le train et l’avion, les aéroports et les gares, ainsi que dans les prisons et les centres pour itinérants.

D’autres pays ayant commencé à alléger leurs restrictions ne sont pas allés aussi loin que les États-Unis. Israël a, par exemple, levé l’obligation du port du masque, mais à l’extérieur seulement.

Les CDC ont opéré un virage radical par rapport à leurs recommandations antérieures sur le port du masque.

© Violeta Stoimenova/Getty Images Les CDC ont opéré un virage radical par rapport à leurs recommandations antérieures sur le port du masque.

Un point tournant

Peu après l’annonce, le président Joe Biden a tenu un point de presse qui n’était pas prévu pour souligner ce changement majeur.

Plus que le contenu de l’allocution, les premiers instants illustraient la teneur de l’annonce des CDC. Pour la première fois, on a pu voir – au 114e jour de leur mandat – Joe Biden et la vice-présidente Kamala Harris, qui l’accompagne toujours lors de ses points de presse, marcher près l’un de l’autre, le visage à découvert, tout sourire.

Le président a souvent été interrogé sur la raison pour laquelle il continue de porter un masque à l’extérieur, puisqu’il est vacciné.

C’est un grand jour pour l’Amérique», s’est réjoui Joe Biden, évoquant une phase décisive de la lutte contre la COVID-19.

Je pense que c’est une étape importante, un grand jour. Cela a été rendu possible grâce au succès extraordinaire que nous avons obtenu en vaccinant autant d’Américains si rapidement», a-t-il affirmé.

Autant le président que les responsables de la santé publique ont cependant insisté sur l’importance pour les personnes qui n’ont pas reçu toutes les doses de leur vaccin de continuer à porter un masque et de garder leurs distances.

Les États-Unis ont autorisé l’utilisation d’urgence de trois vaccins : Pfizer-BioNTech et Moderna, qui comportent deux doses, et Johnson & Johnson, qui n’en compte qu’une seule. Il faut attendre deux semaines après la dernière dose pour qu’une personne soit considérée pleinement vaccinée.

S’il vous plaît, protégez-vous jusqu’à la ligne d’arrivée, car aussi formidable que soit cette annonce aujourd’hui, nous ne voulons pas baisser la garde. Nous savons tous combien ce virus a été difficile à combattre. La chose la plus sécuritaire pour le pays est que chacun se fasse vacciner. Et se faire vacciner est plus facile que jamais», a affirmé le président américain.

Parlant d’un effort de tous les instants», il n’a pas manqué de remercier les chercheurs, les compagnies pharmaceutiques, les médecins, les infirmières, les militaires, les gouverneurs et tous les autres qui ont remué ciel et terre pour administrer des doses dans le plus grand nombre de bras possible».

La Maison-Blanche a par ailleurs rapidement emboîté le pas aux CDC, envoyant aux membres de son personnel, peu après l’annonce, un courriel libérant de l’obligation de porter un masque ceux qui ont reçu tous leurs vaccins.

La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a toutefois indiqué à CNN qu’elle n’entendait pas changer les règles en vigueur à la Chambre pour le moment. Non. Sont-ils tous vaccinés?», a-t-elle demandé, faisant allusion à une frange réfractaire au vaccin au sein du camp républicain.

Une trentaine de représentants républicains a envoyé une lettre à dirigeante démocrate, la pressant de revenir aux procédures d’avant la pandémie. Les élus réclament le retour des votes en personne et la levée du port obligatoire du masque.

De nombreux républicains ont en outre déploré que les CDC aient tant tardé pour prendre leur décision.

Plusieurs Américains vaccinés se montraient eux aussi frustrés de ne pas bénéficier de davantage de latitude, en dépit du fait qu’ils aient reçu toutes leurs doses.

Un assouplissement assorti d’avertissements

La Dre Rochelle Walensky a assorti les assouplissements annoncés de certains avertissements. (archives)

© Susan Walsh/Reuters La Dre Rochelle Walensky a assorti les assouplissements annoncés de certains avertissements. (archives)

La levée des restrictions s’accompagne toutefois de certaines exceptions et mises en garde.

La Dre Walensky a entre autres recommandé aux personnes dont le système immunitaire est affaibli de consulter leur médecin avant d’abandonner le port du masque.

Les personnes pleinement vaccinées qui développent des symptômes devraient pour leur part le remettre et passer un test de dépistage.

Le Dr Anthony Fauci, conseiller principal du président sur la COVID-19, a pour sa part appelé les Américains plus prudents à respecter leur rythme.

Il n’y a absolument rien de mal à ce qu’une personne ait un certain niveau d’aversion au risque. Ils ne devraient pas être critiqués», a déclaré le directeur de l’Institut des maladies infectieuses.

Interrogée sur les écoles et les entreprises, la Dre Walensky a indiqué que les CDC publieraient sous peu de nouvelles recommandations pour des contextes spécifiques, comme les camps d’été et les voyages.

Elle a en outre appelé les Américains à s’en remettre aux règles édictées par les autorités locales – États, municipalités et communautés autochtones – et celles mises en œuvre dans les milieux de travail.

Selon le New York Times, les gouverneurs du Massachusetts, de New York, du New Jersey, de la Caroline du Nord et de la Virginie, de même que les maires de la Ville de New York et de Washington – tous démocrates –, ont dit qu’ils évalueraient les nouvelles directives des CDC avant de les adopter.

La moitié des gouverneurs du pays, en majorité des républicains, avaient déjà levé les interdictions à divers degrés.

Un tiers de la population vacciné

Quelque 155 millions d'Américains sont partiellement ou pleinement vaccinés.

© Carlos Barria/Reuters Quelque 155 millions d’Américains sont partiellement ou pleinement vaccinés.

Près de 155 millions de personnes ont reçu au moins une dose de vaccin, mais 119 millions de personnes, soit le tiers de la population américaine, sont pleinement vaccinées, selon le New York Times.

La campagne de vaccination est en outre passée à une autre phase, avec le début de la vaccination, aujourd’hui, des 12 à 15 ans dans quelque 15 000 pharmacies du pays.

En début de semaine, l’Administration des produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA) a étendu la vaccination à cette tranche d’âge, composée de 17 millions de jeunes.

La semaine dernière, le président Biden a défini une nouvelle cible de vaccination pour la date symbolique du 4 juillet, fête de l’Indépendance américaine. L’objectif que vise son administration est d’avoir administré d’ici là au moins une dose à 70 % des adultes américains.

La campagne de vaccination connaît cependant une stagnation.

Selon les données du New York Times, les prestataires de vaccin administrent présentement une moyenne de 2,2 millions de doses par jour. Il s’agit d’une diminution de 36 % par rapport au sommet de 3,4 millions enregistré il y a un mois.

L’administration Biden a donc adapté sa stratégie, misant dorénavant moins sur les centres de vaccination de masse et davantage sur les structures locales. Elle a également conclu une entente avec les deux leaders américains de la réservation de voitures avec chauffeur, Uber et Lyft, pour qu’ils fournissent gratuitement le transport à chaque personne se rendant à un centre de vaccination.

Pour pallier cet essoufflement de la vaccination, certains États rivalisent de leur côté de créativité en offrant des cadeaux. Le New Jersey offre par exemple une bière aux citoyens vaccinés et le gouvernement du Maryland s’est engagé à verser 100 $ à chaque fonctionnaire qui reçoit ses doses.

L’Ohio a même lancé une loterie d’un million de dollars destinée aux personnes qui auront reçu leur vaccin.

Selon un sondage Axios-Ipsos réalisé il y a quelques semaines, un Américain sur cinq n’a pas l’intention de se faire vacciner, une proportion restée constante au cours des derniers mois. La proportion d’Américains récalcitrants montait cependant à plus d’un sur quatre dans un sondage Quinnipiac.

Avec Radio-Canada par Sophie-Hélène Lebeuf 

Un réseau « moldave » de cambrioleurs démantelé en France

avril 28, 2021

Les malfaiteurs arrêtés par la police judiciaire ciblaient surtout des petites et moyennes entreprises, avec un butin estimé à plus de 100 000 euros.

Ils écumaient la région parisienne, mais pas seulement. Le gang de voleurs originaires de Moldavie avait commencé ses méfaits en novembre en Seine-Saint-Denis avec le cambriolage d’une entreprise spécialisée dans l’isolation thermique. Puis les malfaiteurs avaient étendu leur champ d’action. Le parquet de Bobigny avait alors saisi le service départemental de la police judiciaire de Seine-Saint-Denis (SDPJ 93) et la brigade de recherches et d’intervention (BRI) pour suivre cette délinquance itinérante originaire d’Europe de l’Est, qui s’est accélérée avec l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne. Les voyous profitent de faux papiers roumains, généralement acquis dans un pays frontalier, pour pouvoir circuler librement dans l’espace Schengen.

Le réseau de cambrioleurs a également sévi en Essonne, puis dans le Maine-et-Loire, en Dordogne et dans l’Aveyron. Les enquêteurs de la police judiciaire de Seine-Saint-Denis, branche départementale de l’ex-Quai des Orfèvres, aidés par la BRI, ont mis fin au périple de ces délinquants chevronnés qui ciblaient essentiellement les petites et moyennes entreprises.

Trois malfaiteurs déférés

Leur butin a été évalué à plus de 100 000 euros. « Il s’agit d’une fourchette basse. Une partie du liquide a été retrouvée sur eux, mais la particularité de cette délinquance, c’est d’envoyer le matos volé chez eux via un réseau de recel très bien organisé », indique une source policière qui suit particulièrement la délinquance itinérante. Depuis vendredi, douze malfaiteurs ont été interpellés, mais seulement trois ont été présentés à un juge d’instruction de Bobigny mercredi soir.

Ce n’est pas le premier réseau dit « moldave » démantelé par la police. En 2017, un groupe responsable de 120 cambriolages dans toute la France, pour un préjudice de près d’un million d’euros, avait été défait.

Avec Le Point par Aziz Zemouri

Côte d’Ivoire: Nomination de Patrick Achi, Premier ministre

mars 26, 2021

Avec France 24

Canada: Un imposant système fonce vers le Québec

mars 10, 2021

Un important système fonce vers le Québec et apportera un mélange de précipitations et des vents forts, jeudi et vendredi. Par la suite, un creux dépressionnaire apportera un peu de neige et sera accompagné d’une chute du mercure

Système printanier

Au début du printemps, il faut s’attendre au pire lorsque la météo se déchaîne. Le combat des masses d’air et le passage d’intenses dépressions donnent lieu à des mélanges de précipitations abondantes et à de forts vents. C’est précisément ce qui se dessine pour terminer la semaine. Un important système se dirige vers le Québec et frappera aussi l’Ontario. La province voisine aura aussi droit à de la pluie verglaçante. Derrière ce système, un creux dépressionnaire apportera un peu de neige et des températures plus froides au cours du week-end.

© Fournis par MétéoMédia

Une bonne douche

Au Québec, l’on prévoit surtout de la pluie, en bonne quantité dans certains secteurs. Tandis que l’extrême sud du Québec et l’Estrie recevront environ cinq millimètres, Val-d’Or, Chibougamau et Saguenay pourraient recevoir jusqu’à 30 millimètres d’eau. Cette pluie combinée à la douceur prolongée pourrait exercer une pression sur les cours d’eau.

© Fournis par MétéoMédia

Vents forts

Un élément rend ce système plus dérangeant : le vent. De fait, de fortes rafales vont souffler un peu partout en province, en particulier le long du littoral, de Québec jusqu’au Bas-Saint-Laurent. Des pointes de 80 km/h à 90 km/h pourraient être observées. Les autres secteurs observeront des rafales de 70 km/h.

© Fournis par MétéoMédia

La douceur avant la chute

Le Québec observe une poussée de douceur printanière qui s’est amorcée mardi. Les températures se maintiendront bien au-dessus du point de congélation d’ici la fin de la semaine. Derrière le système, un creux dépressionnaire apportera cependant un peu de neige. Ces précipitations solides vont coïncider avec une chute du mercure et les températures froides devraient perdurer quelques jours.

© Fournis par MétéoMédia

Avec MétéoMédia

Explosions à Bata en Guinée équatoriale : Obiang lance un appel à la communauté internationale

mars 9, 2021
Des civils transportent l’une des victimes des explosions de Bata, le 7 mars 2021 en Guinée équatoriale.

Le bilan des explosions qui ont ravagé un camp militaire à Bata, dimanche 7 mars, ne cesse de s’alourdir. Le chef de l’État a ordonné une enquête et lancé « un appel à la communauté internationale à soutenir la Guinée équatoriale ».

Secouristes ou simples civils extirpant des corps de ruines encore fumantes, hommes transportant un cadavre dans un drap jaune au milieu d’un amas de morceaux de béton et de tôles, un civil déposant le corps inanimé d’un enfant sur le plateau d’un pick-up, blessés gisant à même le sol d’un hôpital… Les images de Bata, diffusées par la TVGE, la télévision d’État qui dépend du ministère de l’Information, ou filmées par des témoins et relayées sur les réseaux sociaux depuis dimanche, sont terribles.

Au moins 98 personnes tuées

La première explosion s’est produite en début d’après-midi, dimanche 7 mars, dans le camp militaire de Nkoa Ntoma, situé dans la capitale économique équato-guinéenne, bientôt suivie de trois autres détonations dans cette base qui abrite notamment les forces spéciales ainsi que des hommes de la gendarmerie.

NOUS N’AVONS PAS DORMI DE LA NUIT, DES MAISONS ONT CONTINUÉ DE BRÛLER TOUTE LA NUIT

Selon des témoignages recueillis par l’AFP, les bâtiments ont ensuite continué à brûler au cours de la nuit de dimanche à lundi. « Mon oncle, un officier du camp, vient de nous appeler pour dire qu’il avait retrouvé ce matin les corps de cinq membres de sa famille entièrement brûlés », a rapporté par téléphone un habitant de Bata sous couvert d’anonymat.

« Nous n’avons pas dormi de la nuit, des maisons ont continué de brûler toute la nuit et on entendait encore des petites détonations ; les habitants des quartiers situés dans un rayon de 2 à 4 km du lieu des explosions n’ont pas pu rentrer », a assuré Teodoro Nguema, un autre habitant de la ville.

Une enquête et un appel

Lundi, les opérations de sauvetage ont continué. De nombreux cadavres ont été sortis des décombres, mais aussi des survivants. Trois enfants âgés de 3 et 4 ans ont ainsi pu être extraits vivants des ruines d’habitations et transportés à l’hôpital, selon la TVGE.

Le bilan, encore provisoire, s’établissait  lundi à « 98 morts et 615 blessés », a annoncé le fils du chef de l’État, Teodoro Nguema Obiang Mangue – dit Téodorin – , vice-président en charge de la Défense et de la Sécurité. « Les dommages ne sont pas seulement physiques mais aussi psychologiques », a-t-il précisé.

JE LANCE UN APPEL À LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE ET AUX BIENFAITEURS NATIONAUX POUR QU’ILS SOUTIENNENT LA GUINÉE ÉQUATORIALE EN CES MOMENTS DIFFICILES

Le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo avait pour sa part, dans un premier communiqué, évoqué un « accident provoqué par la négligence de l’unité chargée de garder les dépôts de dynamite, d’explosifs et de munitions qui ont pris feu à cause des brûlis allumés dans leurs champs par les fermiers qui ont finalement fait exploser successivement ces dépôts ». Le ministère de la Défense a expliqué que ce sont des « munitions de gros calibre » qui ont explosé, provoquant une « des ondes de choc détruisant totalement de nombreuses maisons avoisinantes ».

Appel à la communauté internationale

« Compte tenu de l’ampleur des dommages occasionnés, encore provisoires, aux infrastructures officielles et privées, dont la réparation impliquera d’importantes ressources économiques, je lance un appel à la communauté internationale et aux bienfaiteurs nationaux pour qu’ils soutiennent la Guinée équatoriale en ces moments difficiles qui coïncident avec la crise économique résultant de la chute des prix du pétrole et de la pandémie de Covid-19 », a par ailleurs déclaré le chef de l’État.

Un appel auquel l’Espagne a d’ores et déjà répondu. Après un échange téléphonique avec son homologue équato-guinéen, Simeon Oyono Esono, Arancha Gonzalez, la ministre espagnole des Affaires étrangères, a annoncé l’envoi « immédiate » d’une cargaison d’aide humanitaire. Un premier avion a atterri à Malabo ce mardi 9 mars.

Par Jeune Afrique avec AFP

Décès de Djibril Tamsir Niane : « Oui, nous sommes entrés dans l’Histoire »

mars 9, 2021
Djibril Tamsir Niane devant sa bibliothèque en construction, en janvier 2017, à Conakry.

Décédé ce lundi 8 mars à l’âge de 89 ans, l’historien et intellectuel Djibril Tamsir Niane était une figure des milieux universitaires d’Afrique de l’Ouest. Jeune Afrique l’avait rencontré en 2018. Il avait pour nous déroulé le fil de ses souvenirs, de l’enthousiasme des premières années de l’indépendance de son pays, la Guinée, à l’exil en passant par la prison sous Sékou Touré.

En avril 2018, lors de la clôture de la manifestation « Conakry, capitale mondiale du livre », Djibril Tamsir Niane avait inauguré, en présence du président Condé, la première bibliothèque privée du pays. Construite juste en face de sa villa de toujours, à Belle-Vue, dans le quartier de la Minière, elle porte son nom. Jeune Afrique l’avait rencontré quelques semaines plus tard. Nous republions aujourd’hui l’entretien qu’il nous avait accordé, alors que l’historien et dramaturge est décédé lundi 8 mars à Dakar, à l’âge de 89 ans.*

À lui seul, Djibril Tamsir Niane était la mémoire vivante de l’Afrique de l’Ouest. Aussi grand en taille et en notoriété qu’il était modeste et réservé, il faisait depuis longtemps partie des figures universitaires majeures de l’Afrique contemporaine, qu’il a d’ailleurs toutes côtoyées, tels le Sénégalais Cheikh Anta Diop, le Malien Amadou Hampâté Bâ ou le Burkinabè Joseph Ki-Zerbo, son ami, avec lequel il a codirigé la publication du volume IV de l’Histoire générale de l’Afrique, sous les auspices de l’Unesco.

Si l’on évoque régulièrement l’histoire du Mandé et, en particulier, celle de l’empire du Mali, qui domina la sous-région du XIIIe au XVIIe siècle, c’est en grande partie grâce à l’immense travail de recherche de Djibril Tamsir Niane, compilé dans son ouvrage le plus célèbre, Soundjata ou l’épopée mandingue.

Après un diplôme d’études supérieures en histoire médiévale à l’université de Bordeaux, Djibril Tamsir Niane a participé au tout début de l’ère Sékou Touré à la grande réforme de l’enseignement. Il a notamment contribué à mettre l’histoire de l’Afrique au cœur des manuels scolaires. Mais son intégrité et sa franchise conduiront à son arrestation, en 1961, alors qu’il était membre du bureau du syndicat des enseignants. Il sera détenu au célèbre camp Boiro avant de recouvrer la liberté, quelques années plus tard, pour enseigner de nouveau à l’Institut polytechnique de Conakry, puis, en 1972, sera contraint de s’exiler avec sa famille au Sénégal, où il devint un proche conseiller de Léopold Sédar Senghor.

Jeune Afrique : Quels souvenirs avez-vous des premiers jours de l’indépendance ?

Pr Djibril Tamsir Niane : Je me souviens d’abord de la visite du général de Gaulle à Conakry, le 25 août 1958. Il a été bien reçu par Sékou Touré. À l’époque, j’étais jeune, je venais de terminer ma licence et me destinais à la recherche.

NOUS PRÉFÉRONS LA LIBERTÉ DANS LA PAUVRETÉ À L’ESCLAVAGE DANS L’OPULENCE

Je me souviens que toute la ville de Conakry a été mobilisée pour acclamer de Gaulle. Pour nous, il était le sauveur de la France durant la Seconde Guerre mondiale. Oui, il a été vivement acclamé.

Mais les paroles des deux hommes ont donné un tout autre tour à cette visite. Le ton du discours de Sékou Touré fut fort et ferme : « Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’esclavage dans l’opulence. » Après que la foule l’eut applaudi et eut hurlé sa joie, de Gaulle prit la parole et répondit calmement que l’indépendance était à la disposition de la Guinée, qu’elle pouvait la prendre le 28 septembre en votant « non ». C’était net. C’était la rupture.

Le général de Gaulle à Conakry, le 25 août 1958.

Comme on le sait, la France a tout fait par la suite pour faire échouer le projet politique de Sékou Touré. Dès 1959, les difficultés entre les deux pays commencèrent. La Guinée s’est dressée, elle est entrée en révolution. Elle a traversé de grandes épreuves, et le pouvoir de Sékou Touré s’est raidi. Il s’est maintenu au pouvoir durant vingt-cinq ans, un pouvoir dictatorial, sanglant. On vivait sur le qui-vive en permanence. Et, dans le même temps, on était en face d’une France hostile, qui ne baissa officiellement les armes qu’en 1978, lorsque le président Giscard d’Estaing fit une visite à Conakry.

Quand la France s’est retirée, quelle a été l’atmosphère dans le pays ?

Au début, elle était formidable. Il y avait un grand enthousiasme. La Guinée était très agitée au temps de la lutte anticolonialiste, mais il n’y a pas eu d’actes de violence contre les Français résidant dans le pays. Après les élections, de Gaulle a demandé aux fonctionnaires français de rentrer en France. Cela a créé un vide, qui a été rapidement comblé : avec une grande joie, la Guinée a vu arriver des Russes, des Chinois, etc., des cadres venus d’ailleurs pour la soutenir et l’aider. C’était une nouvelle voie.

LES INTELLECTUELS AFRICAINS SONT VENUS SPONTANÉMENT EN GUINÉE ET ONT PRIS AVANTAGEUSEMENT LA RELÈVE DES PROFESSEURS FRANÇAIS

Y compris pour le milieu universitaire, dont vous faisiez partie ?

L’indépendance était soutenue par tous ceux qui voulaient l’émancipation de l’Afrique. Et la Guinée a connu un formidable élan de solidarité africaine pour sauver son enseignement, menacé par le départ des fonctionnaires français, expressément demandé par de Gaulle.

Les intellectuels africains sont venus spontanément en Guinée, et de nombreux enseignants, répondant à l’appel de Sékou Touré, sont arrivés du Sénégal, du Mali, du Niger, de Côte d’Ivoire, du Dahomey, de Haute-Volta, et ont pris avantageusement la relève des professeurs français. Parmi eux, le Voltaïque Joseph Ki-Zerbo, agrégé d’histoire, le Nigérien Abdou Moumouni, le Dahoméen Louis Behanzin, agrégé de mathématiques, Mame Ndiack Seck, professeur de sciences naturelles, etc.

SI L’ON REVENAIT DE FRANCE, ON ÉTAIT TOUT DE SUITE SUSPECT POUR LE RÉGIME

Ils ont sauvé le système éducatif en assurant la première réforme de l’enseignement. Après « nos ancêtres les Gaulois », on s’est enfin mis à enseigner l’histoire de l’Afrique. Idem du côté de la littérature. Au fil des ans, les relations avec la France se sont tendues.

Les Guinéens se sont donc tournés vers les pays de l’Est, qui leur accordaient des bourses. On allait à Pékin ou à Moscou bien plus facilement qu’en Europe. L’Ouest était presque devenu interdit. Si l’on revenait de France, on était tout de suite suspect pour le régime. Nous avons lentement perdu contact avec l’ancienne métropole, dont nous avons commencé à sentir de plus en plus le manque… Ce qui explique que lorsque le président Giscard est venu à Conakry, le 21 décembre 1978, les Guinéens lui ont offert un accueil extraordinaire. J’ai vu cela à la télévision, depuis Dakar.

Sékou Touré et son homologue français, Valéry Giscard d’Estaing, le 21 décembre 1978.

À l’époque, vous étiez en exil volontaire au Sénégal. Pourtant, vous avez été proche de Sékou Touré au début de sa présidence ?

Oui. C’était vraiment un tribun hors pair, toujours en première ligne pour le combat anticolonialiste. À l’époque, Conakry était une petite ville coquette. Tout le monde se connaissait. On y parlait beaucoup de politique. Il y avait alors plusieurs partis, et la Guinée était très politisée, grâce à Sékou Touré, qui avait donné une orientation marxiste à son parti, le Parti démocratique de Guinée [PDG].

ON ÉTAIT POUR OU CONTRE, ET QUAND ON ÉTAIT CONTRE, ON DEVENAIT UN ENNEMI

Le pouvoir était très centralisé, avec des sections bien formées, et le parti était une force incroyable.

Mais le PDG est rapidement devenu un parti unitaire, qui a englobé tout le monde. Et tout le monde obéissait au chef. On était pour ou contre, et quand on était contre, on devenait un ennemi. Le parti avait des slogans anti-impérialistes écrits sur des panneaux que l’on retrouvait partout – « À bas le capitalisme ! À bas le colonialisme ! » –, des slogans qui dénonçaient les ennemis intérieurs (qu’on appelait les « valets du colonialisme ») et que l’on criait avec force. En tant qu’historien, je peux dire que c’était comme sous la Terreur, en France, au temps où la Révo­lution faisait peur. Mais il fallait suivre. Même quand on n’y croyait plus, il fallait suivre.

Que s’est-il passé ?

Le désenchantement est venu rapidement. Tout le monde a applaudi quand, en 1960, la Guinée a créé le franc guinéen, une monnaie indépendante. Mais celle-ci dégringola rapidement. Or tout venait de l’extérieur (huile, sucre, farine, tomate…) et, comme nous n’avions pas l’expérience de devoir commander et gérer les ravitaillements, les ruptures de stock ont commencé, puis les pénuries, et le gouvernement a été contraint de réduire tous les salaires – des cheminots, enseignants, agents administratifs, etc. –, ce qui provoqua un grand émoi.

ON CRITIQUAIT LES SENGHOR, LES HOUPHOUËT, QU’ON DISAIT À DROITE

C’est là que les heurts ont commencé.

Et vous avez senti que le régime allait mal tourner ?

Au début, j’y croyais. Nous, les jeunes, nous étions tous à gauche et farouchement pour l’indépendance. On critiquait les Senghor, les Houphouët, qu’on disait à droite. Lorsque les étudiants de France venaient en vacances en Afrique, ils faisaient des conférences, tenant des discours révolutionnaires.

SÉKOU TOURÉ FERMA TOUTES LES ÉCOLES ET NOUS ACCUSA D’ÊTRE À LA SOLDE DE L’ÉTRANGER

Quand je suis rentré en Guinée, j’étais professeur d’histoire. Je devins proviseur du lycée technique, puis du lycée classique de Donka et, en 1961, je fus élu au bureau du syndicat des enseignants. Ce dernier s’éleva contre la diminution des salaires, qui était difficilement ressentie.

Au congrès de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée [CNTG], Sékou Touré dénonça les enseignants et créa un complot : les enseignants furent traduits devant la Haute Cour de justice et condamnés, les lycéens se soulevèrent. Sékou Touré ferma toutes les écoles et nous accusa d’être « à la solde de l’étranger ». Nous avons alors été enfermés au camp de la Garde républicaine, lequel deviendra plus tard le sinistre camp Boiro.

Qu’est-ce qu’a raté la France dans sa relation avec la Guinée et, plus généralement, avec l’Afrique ?

La France nous a profondément marqués. Elle a enseigné de grands principes (liberté, égalité, fraternité) et s’est battue pour ces principes. Or elle a conquis la Guinée et lui a imposé sa force, ainsi qu’à beaucoup d’autres pays. Moi j’étais français, né sénégalais – la citoyenneté française n’était pas donnée à tout le monde, elle ne revenait qu’aux seules quatre communes du Sénégal (Dakar, Gorée, Saint-Louis et Rufisque). Le premier mouvement des Africains était d’obtenir l’égalité avec les Français. On ne voulait plus du régime de l’indigénat, on n’aimait pas être appelés « indigènes », le terme était méprisant.

FINALEMENT, ON VOULAIT TOUS L’ÉGALITÉ, MAIS QUELLE ÉGALITÉ ?

Après le discours de De Gaulle à Brazzaville, en 1944, un vent de liberté a soufflé sur l’Afrique. L’empire français a senti qu’il fallait lâcher du lest. C’est alors que nous avons pris conscience de notre existence et que s’est enclenché le combat pour la libération du continent. Le débat s’était installé autour de l’union française, fraîchement créée par la France, mais de quoi s’agissait-il ? Fallait-il l’égalité entre Français et Africains dans une même nation ? Créer l’égalité entre la France et des entités africaines indépendantes ? Il y avait une dichotomie dans les luttes. Finalement, on voulait tous l’égalité, mais quelle égalité ?

Soixante ans plus tard, diriez-vous que la Guinée est pleinement indépendante ?

D’une manière générale, l’Afrique n’est pas indépendante car elle est encore sous-développée. On ne parle pas d’égal à égal avec les grandes puissances. Nous sommes indépendants en théorie, mais, en fait, nous dépendons étroitement de l’extérieur, de la France, de la Chine, de la Russie, des États-Unis. Nous n’avons ni agriculture ni industrie développée. Nous ne produisons rien, pas de voitures, pas de machines agricoles. Tout ou presque vient de l’extérieur, à commencer par la nourriture.

SI NOUS SOMMES ENCORE DÉPENDANTS DE L’EXTÉRIEUR EN 2018, C’EST LA FAUTE DES GUINÉENS, C’EST LA FAUTE DES AFRICAINS

L’Afrique est bien entrée dans l’Histoire, contrairement à ce qu’a dit Sarkozy. Mais le continent d’aujourd’hui doit se battre durement. Oui, nous avons une histoire et, oui, elle a été perturbée par la domination européenne, par l’esclavage et la colonisation. Mais si nous sommes encore dépendants de l’extérieur en 2018, c’est la faute des Guinéens, c’est la faute des Africains. Car cela fait soixante ans que nous sommes indépendants. Regardez le Vietnam, la Corée du Sud, les « Tigres d’Asie », eux sont vraiment indépendants.

Nos gouvernements successifs n’ont pas assumé leurs responsabilités. Le continent doit s’affranchir et se prendre en main. On n’arrive pas à maîtriser les structures nouvelles, la démocratie marche mal, on tente de créer une unité africaine alors que nous n’avons pas d’armée pour la défendre, ni de budget suffisant pour lui donner son autonomie. On attend toujours l’aide extérieure. Pour rassembler les Africains, l’Union africaine doit s’en donner les moyens.

Des moyens qui ne sont pas uniquement financiers, évidemment…

Nous parlons beaucoup d’économie et de développement. Or, en Europe, en Asie ou en Amérique, le développement est fondé sur l’enseignement et la recherche. Aux États-Unis, la plus grande fête est celle des universités, lors de la graduation, quand toute la famille et le pays entier applaudissent les jeunes lauréats.

En Afrique aujourd’hui, où est l’école ? Où est la recherche ? L’un des grands défauts du continent est de n’avoir pas compris cela et de ne pas donner à l’éducation – le pilier de toute nation – la place qui lui revient.

La bibliothèque que je viens d’ouvrir est consacrée à la recherche. Ma précédente bibliothèque avait été ravagée par un incendie en 2012 – plus de cinquante ans de travail partis en fumée. Heureusement, grâce au soutien du président Alpha Condé, elle a été restaurée et agrandie, ce qui va lui permettre d’accueillir plus de lecteurs ainsi que des chercheurs venant de l’extérieur. Elle reste l’une des rares bibliothèques et l’un des rares centres privés de lecture publique du pays.


Soundjata ou l’épopée mandingue

Ce récit épique retrace la vie de l’ancêtre du grand Manding et la genèse de cet empire du Mali, né en 1235 après la victoire de Soundjata sur le roi du Sosso (Soumahoro) à la bataille de Kirina. Il compile les travaux du mémoire de diplôme d’études supérieures de Djibril Tamsir Niane, pour lequel le médiéviste a collecté les récits et paroles des griots.

La première édition de Soundjata ou l’épopée mandingue, parue en 1960 chez Présence africaine, a eu un succès phénoménal. En réhabilitant l’oralité, la parole africaine, il a constitué un tournant dans l’approche de l’histoire du continent. « À la soutenance de mon diplôme, j’ai dit : “Il y a des gens qui utilisent la parole et sont des spécialistes. Il y a un enseignement moral, structuré, donné par les griots aux jeunes griots. L’Afrique a une histoire, et elle est enseignée par les griots.” Ce fut un grand tournant », explique l’historien.

Avec Jeune Afrique par François-Xavier Freland

(*) Cet article a été initialement publié le 2 octobre 2018. Nous le republions ce 9 mars, au lendemain de l’annonce du décès de Djibril Tamsir Niane. 

États-Unis: Biden nomme deux femmes à la tête de commandements militaires

mars 8, 2021

Le président Joe Biden a annoncé lundi 8 mars la nomination de deux femmes à la tête de commandements militaires américains, qui devraient devenir les deuxième et troisième femmes à occuper d’aussi hautes fonctions militaires aux États-Unis. La générale de l’US Air Force Jacqueline Van Ovost, seule femme ayant le rang de général 4 étoiles, le plus haut de l’armée américaine, est nommée à la tête du transport logistique (Transcom). La générale 3 étoiles de l’armée de terre Laura Richardson est choisie pour diriger le commandement sud (Southcom), qui couvre l’Amérique centrale et latine, et devrait obtenir sa 4e étoile.

Si leur nomination est confirmée par le Sénat, Jacqueline Van Ovost et Laura Richardson succéderont à Lori Robinson, qui était devenue la première femme à prendre la tête d’un commandement militaire (Northcom) avant de prendre sa retraite en 2018. «Chacune de ces deux femmes a fait carrière en démontrant des compétences, une intégrité et un sens du devoir incomparables», a déclaré Joe Biden en les présentant lors d’une courte allocution à la Maison Blanche. «Aujourd’hui est la Journée internationale des femmes et nous devons voir et reconnaître les accomplissements de ces deux femmes pionnières», a-t-il ajouté.

L’armée américaine compte onze commandements militaires, tous dirigés par des généraux 4 étoiles, qui ont quasiment rang de ministre aux États-Unis. Le mois dernier, le New York Times avait révélé que les nominations de ces deux femmes avaient été décidées dès l’an dernier par le Pentagone, mais que l’annonce en avait été reportée à après le scrutin présidentiel de novembre, car l’ex-ministre de la Défense Mark Esper craignait que Donald Trump n’approuve pas ces choix à cause de leur genre.

Par Le Figaro avec AFP

Covid-19: plus de 700.000 morts en Amérique latine

mars 8, 2021

La région est le second continent à atteindre ce seuil, après l’Europe le 25 janvier. Rapporté à sa population, le Mexique est le pays le plus touché.

Plus de 700.000 décès du Covid-19 ont été officiellement enregistrés en Amérique latine et Caraïbes depuis le début de la pandémie en décembre 2019, selon un comptage réalisé par l’AFP mardi à 02 heures du matin (heure de Paris) à partir de bilans fournis par les autorités de santé. Les 34 pays de la région totalisent 700.022 décès (pour 22.140.444 cas déclarés), derrière l’Europe (876.511) et devant les États-Unis/Canada (547.986) et l’Asie (259.925).

Après une légère accalmie à l’automne, lors de laquelle entre 1.500 et 1.700 décès quotidiens étaient enregistrés, le sous-continent a connu une accélération des contaminations et décès en décembre. Depuis mi-février, le nombre de morts quotidiens dans la région est redescendu sous la barre des 3.000 décès. La semaine dernière, 2.850 morts étaient recensés par jour en moyenne soit une hausse de 6% par rapport à la semaine précédente.

Le 31 octobre, l’Amérique latine et les Caraïbes recensaient plus de 400.000 morts au total. Le 29 décembre, 500.000. Alors que 59 jours s’étaient écoulés entre ces deux dates, le rythme s’est accéléré et seuls 35 jours ont passé jusqu’au 2 février, date à laquelle le total de 600.000 décès a été atteint dans la région. De nouveau 35 jours plus tard, le 8 mars, le seuil de 700.000 victimes est franchi. La région est le second continent à atteindre ce seuil, après l’Europe qui l’a franchi le 25 janvier.

Le Brésil et le Mexique concentrent deux tiers des décès de la région. Deuxième pays le plus endeuillé dans le monde après les États-Unis, le Brésil recense 266.398 morts pour plus de 11 millions de cas. Quant au Mexique, il en compte 190.604 pour plus de 2,1 millions d’infections recensées. Rapporté à la population, le pays le plus touché par la pandémie de Covid-19 est le Mexique avec 148 morts pour 100.000 habitants, suivi par le Pérou (145) et le Panama (137), puis le Brésil (125) et la Colombie (119).

Au niveau mondial, près de 117 millions de malades du Covid-19 ont été recensés, dont près de 2,26 millions de morts depuis le début de l’épidémie en décembre 2019.

Par Le Figaro avec AFP

Canada: Une personne de moins de 19 ans meurt des suites de la COVID-19 en Saskatchewan

mars 8, 2021

 CBC/Radio-Canada Le conseiller en politiques de santé pour la Ville de Saskatoon, le Dr Denis Kendel, tient à rappeler aux Saskatchewanais que personne n’est à l'abri des effets les plus graves de la COVID-19, comme la mort.© Trent Peppler/Radio-Canada 

Le conseiller en politiques de santé pour la Ville de Saskatoon, le Dr Denis Kendel, tient à rappeler aux Saskatchewanais que personne n’est à l’abri des effets les plus graves de la COVID-19, comme la mort.

Pour la première fois dans la province, une jeune personne dans la tranche d’âge des 19 ans et moins a succombé à la COVID-19.

Les autorités sanitaires ont rapporté ce décès dimanche.

Ce décès survient alors que ce groupe d’âge comptait pour 29 % des cas actifs, soit 440 cas dans la province, selon le plus récent rapport des autorités sanitaires concernant la semaine du 22 au 28 février.

Cela représente une hausse considérable puisque cette tranche d’âge ne représentait que 18 % des cas la semaine du 15 au 21 février, et 15 % la semaine précédente.

Le conseiller en politiques de santé pour la Ville de Saskatoon, le Dr Dennis Kendel, estime que cette augmentation des cas chez les plus jeunes peut s’expliquer de nombreuses façons.

Dennis Kendel souligne également que la campagne de vaccination se concentre pour le moment sur certains travailleurs prioritaires et les personnes les plus âgées.

«Il est donc normal de constater une baisse du nombre de cas dans ces populations.»

Mais cette tendance à la hausse chez les jeunes pousse Dennis Kendel à conseiller au gouvernement de maintenir, pour encore quelque temps, les restrictions sanitaires actuellement en place.

Celles-ci doivent être revues par le gouvernement provincial le 19 mars.

En conférence de presse la semaine dernière, le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a laissé entendre qu’un possible allègement des mesures sanitaires pourrait être annoncé cette semaine, à condition que le nombre de cas et d’hospitalisations reste stable.

Par CBC/Radio-Canada avec les informations de Gregory Wilson