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Enseignement : Top 10 des pays africains ayant le meilleur système éducatif – classement 2020

mars 8, 2021

Malgré que l’Afrique reste le continent qui enregistre le plus grand taux d’exclusion scolaire dans le monde, bon nombre de pays africains ont construit un système éducatif performant, capable de rivaliser avec les pays occidentaux. Ces pays considèrent vital et essentiel le développement des systèmes éducatifs et l’amélioration du taux d’alphabétisation.

Classement des 10 meilleurs systèmes éducatifs africains

1. Les Seychelles

Les îles seychelles, avec environ 100 000 habitants,  le pays dispose du meilleur système éducatif en Afrique, avec 69,3 points et c’est le seul pays africain dans le top 50 du sytème éducatif mondial, à la 43e position. C’est le seul pays africain à avoir réussi l’objectif de l’Unesco d’ « Education pour tous »,  selon le Forum économique mondial. L’école est gratuite et obligatoire jusqu’à 16 ans, et jusqu’à 18 ans dans l’enseigenemt secondaire. Le gouverrnement y a consacré 12% du budget. En outre, il existe des systèmes éducatifs individuels. 

La Finlande reste à la  première place du classement mondial avec un score de 114 points.

2. Tunisie

C’est le pays arabe le plus scolarisé d’Afrique. L’éducation est une priorité. Elle a procédé récemment à la refonte de son système éducatif. La qualité de l’éducation a été améliorée, grâce à l’investissement public et privé.  Ce qui a attiré des étudiants subsahariens. La Tunisie se classe au 71e rang mondial du système éducatif avec 61,4 points. La Tunisie se classe au 49e rang pour l’espérance de vie scolaire et au 51e pour le ratio élèves / enseignant dans l’enseignement primaire. Plus de 20% du budget du pays  est consacré à l’éducation.

3. Maurice

Une grande partie des avancées de l’éducation à Maurice a été initiée à partir de l’époque coloniale britannique. Après avoir accédé à l’indépendance, le pays a maintenu et amélioré le système éducatif britannique. Ce qui a eu beaucoup d’impact. Maurice attire des activités touristiques qui se complètent par le développement  d’une éducation de meilleure qualité. Son taux d’alphabétisation est estimé à environ 84,40%, pour un score de 61 points. 

4. Afrique du Sud

L’Afrique du Sud consacre 18% de son budget national à l’amélioration des normes d’éducation. Ses universités sont classées parmi les meilleures d’Afrique et s’étendent au classement mondial, avec 58,4 points et une 84e place sur le système éducatif mondial.  Le taux d’analphabétisation est l’un des plus faibles en Afrique.

5. Algérie

Depuis 1970, l’école y est obligatoire de 6 à 15 ans. Le pays totalise un score de 57,4 points et se classe au 88e rang des meilleurs pays du système éducatif au monde.

6. Botswana

Depuis 1966, date de son indépendance, le Botswana a fait des efforts pour améliorer son système éducatif, malgré un passage à vide, avec peu de diplômés. La situation s’est aujourd’hui améliorée. Le pays totalise un score de 56,7 points, et fait partie  des Etats africains ayant les meilleurs sytèmes éducatifs. L’école est obligatoire entre 6 et 16 ans. Durant cette période académique, le gouvernement est responsable et fournit des fonds nécessaires à la bonne marche de l’école. 

7. Kenya

Le Kenya a fixé à 8 ans la durée de l’enseignement primaire et à 14 ans l’enseigenemnt secondaire, donnant un élan  particulier à l’éducation. Ancienne colonie britannique, le pays a bénéficié d’une base solide en matière d’éducation. Celle-ci a été complétée par le gouvernement indigène. Le pays compte actuellement plus de 30 établissements d’enseignement supérieur de haut rang, attirant les étudiants est-africains. Avec un score de 55,4 points, le Kenya est devant l’Inde et derrière le Brésil sur le classement des systèmes éducatifs mondiaux

8. Cap-Vert

Le Cap-Vert a pendant longtemps conservé un système éducatif similaire au système portuguais. Avec les temps, les universités et les écoles locales ont su gagner en rendements, en passant au système américain. Aujourd’hui, Capo Verde totalise un score de 55,3 points. 

9. Egypte

Selon le classement de l’Unesco, l’Égypte occupe 71% du taux d’alphabétisation moyen et se classe au 99e rang du système éducatif mondial. Son système éducatif enregistre 52,8 points. L’éducation est obligatoire de 6 à 17 ans, et l’éducation de base étant un droit à tout enfant égyptien dès l’age de 6 ans. 

10. Namibie

En Namibie, il existe une norme qui fait que l’école est obligatoire de 6 à 16 ans, et la Constitution charge le gouvernement à fournir des fonds nécessaires à l’éducation des enfants. A cela s’ajoute un nombre  important d’écoles d’apprentissage de qualité. Ce qui classe la Namibie au 10e rang du système éducatif africain, avec 52,7 points.

Avec Adiac-Congo par Noël Ndong

Sénégal : Ousmane Sonko remis en liberté sous contrôle judiciaire

mars 8, 2021
Le député Ousmane Sonko au milieu de ses partisans, le 3 mars 2021, avant d’être arrêté pour « trouble à l’ordre public ».

L’opposant sénégalais a été libéré ce lundi 8 mars dans la matinée par le doyen des juges. Ousmane Sonko, placé sous contrôle judiciaire, devra cependant respecter certaines obligations.

Arrêté le mercredi 3 mars alors qu’il était en route pour répondre à une convocation au palais de justice de Dakar dans le cadre de l’enquête ouverte suite à une plainte pour viol déposée contre lui, Ousmane Sonko « rentre chez lui », a indiqué l’un de ses avocats à Jeune Afrique, ce lundi 8 mars. Conduit au tribunal tôt dans la matinée, l’opposant comparaissait devant Samba Sall, le doyen des juges, qui l’a inculpé, a cependant décidé de sa libération et de son placement sous contrôle judiciaire, « assorti de certaines conditions ».

Une liberté sous conditions

Ousmane Sonko se voit dans l’obligation de remettre son passeport aux autorités, et devra demander l’autorisation du juge s’il souhaite voyager. Le leader du Pastef devra également se présenter chaque dernier vendredi du mois devant le juge, indique son avocat Joseph Etienne Ndione. Il devra également se mettre à disposition des enquêteurs, au cas où le juge saisirait la police ou la gendarmerie dans le cadre de l’enquête qui vise l’opposant, précise l’avocat.

Par ailleurs, « s’il est libre de continuer à s’exprimer en tant qu’opposant politique », Ousmane Sonko a l’interdiction d’évoquer devant la presse ou en public le dossier de viol dans lequel il est mis en cause.

Un « geste d’apaisement » ?

Alors que Dakar et plusieurs villes du pays sont le théâtre de violents affrontements depuis l’arrestation de l’opposant, le Mouvement de défense de la démocratie (M2D), qui regroupe des partis politiques de l’opposition et des mouvements de la société civile, avait appelé à trois jours de manifestations sur l’ensemble du territoire à partir de ce lundi. Au moins huit personnes ont été tuées depuis le début des émeutes.

« On a déjà senti une forme d’apaisement aux alentours du tribunal, où les gens jubilent actuellement. Si Ousmane Sonko avait été placé sous mandat de dépôt, nul doute que les affrontements auraient repris de plus belle, estime Mr Joseph Etienne Ndione. Les autorités judiciaires, voire peut être étatiques, ont fait une bonne lecture de la situation et opté pour l’apaisement. » Plusieurs figures de la contestation, arrêtées avant ou en marge des manifestations, sont cependant toujours incarcérées.

Avec Jeune Afrique par Manon Laplace

Côte d’Ivoire : Hamed Bakayoko absent, Patrick Achi est nommé Premier ministre par intérim

mars 8, 2021
Patrick Achi, le secrétaire général de la présidence, à Abidjan.

En l’absence d’Hamed Bakayoko, dont l’état de santé s’est brusquement dégradé, le chef de l’État a choisi Patrick Achi, secrétaire général à la présidence, pour le remplacer à la primature. Téné Birahima Ouattara, frère cadet d’Alassane Ouattara, est lui nommé ministre de la Défense par intérim.

Confronté à l’absence d’Hamed Bakayoko, transféré en Allemagne et dont l’état de santé est jugé préoccupant, Alassane Ouattara a remanié son gouvernement. Selon un communiqué publié à la mi-journée, le chef de l’État a signé ce lundi 8 mars deux décrets « portant intérim » du Premier ministre et ministre de la Défense, « absent pour raisons médicales ».

Patrick Achi, ministre d’État et secrétaire général de la présidence, est nommé Premier ministre à titre intérimaire. De son côté, Téné Birahima Ouattara, frère cadet du président et ministre des Affaires présidentielles, se voit confier le portefeuille de la Défense, toujours à titre intérimaire.

Selon des résultats provisoires, Patrick Achi a été élu député le 6 mars à Adzopé sous la bannière du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Ces derniers mois, il s’est imposé comme l’un des éléments essentiels du régime d’Alassane Ouattara. Secrétaire général de la présidence depuis 2017, cet ancien cadre du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) avait été promu ministre d’État après la nomination d’Hamed Bakayoko comme Premier ministre, en juillet 2020. Il est l’un des plus intimes collaborateurs du président et il travaillait étroitement avec Bakoyoko avant ses problèmes de santé.

Tené Birahima Ouattara, surnommé « Photocopie » en raison de sa ressemblance physique et de sa proximité avec Alassane Ouattara, récupère lui le sensible portefeuille de ministre de la Défense, occupé par Hamed Bakayoko depuis 2017 et une vague de mutineries qui avait secoué le pays. En tant que ministre des Affaires présidentielles, il a notamment autorité sur le Groupement de sécurité du président de la République (GSPR) et la Garde républicaine (GR). Fort de la confiance de son frère, il supervise également de nombreux dossiers sécuritaires et militaires.

Hospitalisé depuis le début du mois de mars à l’Hôpital américain de Paris, Hamed Bakayoko, 56 ans, a été transféré en Allemagne dans la matinée du 6 mars. Son état de santé, qui s’est brusquement dégradé ces derniers jours, est au centre de toutes les attentions à Abidjan

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger

France/Nicolas Sarkozy condamné: François Hollande «n’accepte pas les attaques répétées contre la justice»

mars 6, 2021

L’ancien président a défendu l’action du Parquet national financier (PNF), cible des critiques des soutiens de Nicolas Sarkozy.

François Hollande n’a pas apprécié les attaques du clan Sarkozy contre le Parquet National Financier, qu’il a lui même créé. Samedi 6 avril, dans un entretien au Parisien, il a déclaré ne pas accepter «les attaques répétées contre la justice» après la condamnation à de la prison ferme de Nicolas Sarkozy, même s’il «mesure ce que représente» cette décision pour son prédécesseur à l’Élysée.

«Je mesure ce que représente pour Nicolas Sarkozy cette condamnation à la fois sur le plan humain et sur le plan politique. C’est aussi une question d’honneur compte tenu des fonctions qu’il a exercées», affirme l’ancien chef de l’État. «En revanche ce que je n’accepte pas, ce sont les attaques répétées contre la justice et son indépendance, avec des magistrats qui sont nommément pointés du doigt», ajoute François Hollande, déplorant que le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti n’ait pas défendu «immédiatement l’institution judiciaire».

Alors que la droite a concentré ses attaques sur le Parquet national financier (PNF), qu’elle accuse d’avoir joué un rôle politique dans le procès, l’ancien dirigeant socialiste rappelle que le jugement a été rendu «par un tribunal indépendant après une enquête menée par le PNF, puis une instruction confiée à d’autres magistrats».

«Enfin les magistrats du PNF n’ont pas été choisis par moi, pas plus que par mon successeur. Ils l’ont été sur proposition du Garde des Sceaux après avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature», insiste François Hollande, qui a créé le PNF en 2013 après l’affaire Cahuzac.

«Prétendre que le PNF agirait à des fins partisanes, c’est porter atteinte à l’impartialité de 18 magistrats qui travaillent en toute indépendance pour l’intérêt général», poursuit l’ex-chef de l’État. «À ceux qui comme Mme Le Pen ou M. Mélenchon se plaignent qu’il y aurait un gouvernement des juges, je dis que le temps où les politiques étaient intouchables est révolu», ajoute-t-il encore.

À propos du «soutien personnel» apporté par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin à Nicolas Sarkozy, François Hollande considère qu’«en ces circonstances», cela «ne (le) heurte pas».

Il estime par ailleurs que la «meilleure façon de combattre» le Rassemblement national, «ce n’est pas de se présenter juste comme une solution contre l’extrême droite, mais comme une solution pour le pays». Et juge à propos de la gauche que «ce n’est pas la division qui est la plus inquiétante» mais «le fait qu’il n’y ait pas une ligne politique qui puisse s’affirmer et être capable de rassembler» en vue de 2022.

Par Le Figaro avec AFP

Législatives en Côte d’Ivoire dans le calme, espoir d’une vie politique apaisée

mars 6, 2021

Quatre mois après une présidentielle agitée par des troubles meurtriers, et pour la première fois depuis dix ans, l’ensemble des principaux acteurs politiques ont participé à ces législatives.

Les électeurs de Côte d’Ivoire ont voté samedi 6 mars dans le calme pour choisir leurs députés avec l’espoir que ce scrutin permettra d’apaiser la vie politique de leur pays, quatre mois après une présidentielle agitée par des troubles meurtriers.

Pour la première fois depuis dix ans, l’ensemble des principaux acteurs politiques ont participé à ces législatives, alors que l’opposition avait boycotté la présidentielle du 31 octobre 2020, marquée avant et après le scrutin par des violences ayant fait 87 morts et près de 500 blessés.

Les bureaux de vote ont fermé à 18 heures, puis le dépouillement a débuté. Les résultats seront donnés par la Commission électorale indépendante (CEI) au fur et à mesure du dépouillement.

Hormis trois blessés à l’arme blanche dans la commune de Port-Bouët à Abidjan, selon le maire et candidat d’opposition Sylvestre Emmou, le scrutin s’est déroulé sans incidents majeurs dans l’ensemble du pays, selon les centaines d’observateurs ivoiriens déployés.

En costume et cravate bleus, le président Alassane Ouattara, qui espère que son parti, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), conservera sa majorité absolue à l’Assemblée nationale, a voté sous un soleil radieux à Cocody, commune résidentielle d’Abidjan. «Je souhaite que les épisodes malheureux des élections présidentielles de 2010 et 2020 soient définitivement derrière nous», a-t-il dit.

Vêtu de noir, l’ancien président Henri Konan Bédié, 86 ans, chef du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, opposition) a voté dans le même bureau et appelé la CEI «à faire en sorte qu’il n’y ait pas de tricheries et de troubles».

Le retour du FPI de Gbagbo

A Yopougon, commune populaire d’Abidjan qui compte le plus grand nombre d’électeurs de Côte d’Ivoire – près de 500.000 sur 7,4 millions – Michel Gbagbo, fils de l’ex-président Laurent Gbagbo et candidat, a aussi espéré que tout se passe «dans le calme et la paix». Un sentiment très largement partagé par les électeurs rencontrés par l’AFP, fatigués par les violences électorales de l’histoire récente de leur pays.

Ce scrutin a marqué le grand retour dans le jeu électoral du Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo. Le FPI boycottait tous les scrutins depuis l’arrestation de M. Gbagbo en avril 2011 à Abidjan et son transfèrement à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, après des violences post-électorales ayant fait quelque 3.000 morts.

Pour ce retour, le FPI, force motrice d’une coalition appelée Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), a fait alliance avec son rival historique, le PDCI d’Henri Konan Bédié.

Le PDCI et le FPI, qui avaient boycotté la présidentielle, ne reconnaissent pas la réélection d’Alassane Ouattara à un troisième mandat controversé. Mais ils veulent aujourd’hui la majorité à l’Assemblée pour empêcher «la consolidation d’un pouvoir absolu» de M. Ouattara et de son parti. Le RHDP dit lui s’attendre à «une vague orange», la couleur du parti, pour poursuive «les réformes».

«Nouveau départ»

Aux dernières législatives, en décembre 2016, le RHDP alors allié au PDCI, avait remporté la majorité absolue avec 167 sièges.

En outsider face au RHDP et à l’alliance PDCI-EDS s’est formée une autre alliance entre l’ancien Premier ministre de M. Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan, et les formations d’un ex-ministre, Albert Mabri Toikeusse, et de l’ex-chef des «Jeunes patriotes» Charles Blé Goudé, qui a longtemps été un des piliers de la galaxie des partisans de Laurent Gbagbo.

Pascal Affi N’Guessan, arrêté après la dernière présidentielle et remis en liberté conditionnelle, a dit espérer que «cette élection fonde un nouveau départ pour notre pays sur la voie de la démocratie et de la stabilité politique».

Aux dernières législatives, en décembre 2016, le RHDP alors allié au PDCI, avait remporté la majorité absolue avec 167 sièges. En outsider face au RHDP et à l’alliance PDCI-EDS s’est formée une autre alliance entre l’ancien Premier ministre de M. Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan, et les formations d’un ex-ministre, Albert Mabri Toikeusse, et de l’ex-chef des «Jeunes patriotes» Charles Blé Goudé, qui a longtemps été un des piliers de la galaxie des partisans de Laurent Gbagbo Ses partisans attendent avec impatience son retour, que l’intéressé a récemment annoncé sur Facebook pour «bientôt».

Le président Ouattara s’est déclaré favorable, au nom de «la réconciliation nationale», à ce retour qui se fait toutefois attendre. Le scrutin s’est tenu sans le Premier ministre Hamed Bakayoko, candidat à Séguéla (Nord), dont l’hospitalisation à Paris depuis le 18 février a été prolongée, a annoncé vendredi soir la présidence ivoirienne.

Par Le Figaro avec AFP

RDC : Ferré Gola, force tranquille de la rumba

mars 6, 2021
Le chanteur congolais Ferré Gola à Paris, pour la promotion de son nouvel album, en février 2021.

Après un single symphonique, le « Padre » prévoit la sortie de deux albums à la fin du mois de mars. Évitant soigneusement les polémiques, il poursuit son ascension, et continue de moderniser la rumba.

On n’y croyait plus. Le premier rendez-vous, en janvier, avait été annulé en raison du tournage inopiné d’un clip en Guadeloupe. Le deuxième avait été maintes fois repoussé. Et lorsqu’on pensait que tout était finalement calé (suite à l’échange d’une trentaine de mails avec son attachée de presse), un coup de fil, une heure avant l’entretien, douchait nos espoirs­ : « Désolé, il doit partir en studio pour un enregistrement… » Quelques pourparlers plus tard, Ferré Gola pointait son nez… surmonté d’une paire de lunettes en édition limitée.

Agenda de ministre, ton mesuré de diplomate et bling-bling d’une éminence de la sape. Le « Prés » (pour « président »), comme son équipe le surnomme, cumule les signes extérieurs de distinction. « L’image est fondamentale aujourd’hui. Si tu veux que les gens téléchargent, il faut avoir une bonne image », lâche-t-il tandis que la maquilleuse, qu’il a dépêchée pour l’occasion, poudre ses pommettes.

CHEZ NOUS, QUAND TU ES NOUVEAU, LES MUSICIENS TE TAPENT, C’EST COMME ÇA. ALORS OUI, ON ME TAPAIT

Dans l’organigramme compliqué des groupes congolais, qui n’a rien à envier à celui des multinationales, il est à présent tout en haut… après avoir été tout en bas, le petit qu’on malmenait à ses début dans le Wege Musica Maison Mère. « Chez nous, quand tu es nouveau, que tu n’es pas à l’aise ou que tu ne suis pas le rythme, les musiciens te tapent, c’est comme ça. Alors oui, on me tapait », reconnaît-il dans un demi-sourire.

Entre Kinshasa, Paris et Bruxelles

Mais ce temps est lointain. Rumba des jeunes (son groupe du quartier Bandal Nord, quand il était adolescent), Wenge Musica, Les Marquis de Maison Mère, Quartier Latin, puis carrière en solo à partir de 2007… Ferré (surnom donné en référence au styliste italien Gianfranco Ferré) a fait bien du chemin depuis ses débuts. À 45 ans, le voilà à la tête d’une organisation internationale pléthorique. « Il y a 56 personnes qui dépendent de moi, reconnaît-il. Des musiciens, des danseurs, mon staff entre Kinshasa, Paris et Bruxelles. »

Chanteur insatiable, auteur, compositeur et producteur, celui qu’on a baptisé « Chair de Poule », cumule les casquettes. « Et j’aimerais bien créer aussi ma marque de vêtements », ajoute-t-il tandis que l’on admire, intrigué, sa bague maousse en forme de crâne incrustée de diamants (« des vrais », précise-t-il). « Créer une marque, comme l’a fait Fally Ipupa ? », demande-t-on. En guise de réponse, l’artiste dégaine un sourire de sphinx.

Jamais il ne prononcera le nom de ses principaux rivaux, Fally et Koffi Olomidé, qui se disputent le titre de roi de la rumba depuis la disparition brutale de Papa Wemba. Quant aux éléments les plus prometteurs de la nouvelle génération, il citera Rebo Tchulo (une artiste de son écurie qui a « une belle voix, un beau physique ») et Innoss’B… Mais il faudra lourdement insister pour qu’il cite nommément des artistes.

AU CONGO, QUAND TU COMMENCES À MONTER, TOUTE LE MONDE A LES YEUX SUR TOI ET VEUT TE COMBATTRE

« Je ne dis plus de noms, assume-t-il. Je reste dans mon coin pour éviter les polémiques. Et je reste indifférent, même si on me provoque tout le temps. Au Congo, quand tu commences à monter, tout le monde a les yeux sur toi et veut te combattre… Et les polémiques sont souvent attisées par les fans. » Des fans, le Padre en a… « Gaulois », « Gladiators », les groupes Facebook mettent souvent de l’huile sur le feu dans les clashs réels ou imaginaires entre artistes de cette gigantesque arène qu’est la scène musicale congolaise.

Au-dessus de la mêlée

Mais l’admirateur de Franco veut voir plus loin, au-dessus de la mêlée, et se focaliser sur son art. Pour son quatrième album, QQJD (Qu’est-ce que j’avais dit), sorti en 2017, il avait visé haut : trois galettes (Blue, Red, Gold) contenant chacune 11 titres et mixant savamment la rumba à diverses influences, du RnB en passant par le ndombolo et le soukous.

Un tour de force… même si les artistes, congolais notamment, ont fini par nous habituer à des productions fleuves. Maître Gim’s, par exemple, avait sorti pas moins d’une soixantaine de titres pour son projet Ceinture noire et ses rééditions, entre 2018 et 2019.

EN SUIVANT L’EXEMPLE DE PAVAROTTI J’AI VOULU DÉVELOPPER UNE AUTRE DIMENSION DE MON ART

Pour ne pas se laisser distancer par ses rivaux, le Padre devait revenir sur un nouvel exploit. Son single  Regarde-moi, dans une formule inédite (piano-voix secondé par un orchestre symphonique), a mis tout le monde d’accord. « Pour moi ce virage lyrique était un nouveau challenge, en suivant l’exemple de Pavarotti j’ai voulu développer une autre dimension de mon art », lâche l’autodidacte que rien, décidément, ne semble effrayer.

Mais les fans attendent surtout la sortie, fin mars, des nouveaux albums studios. Car il y aura cette fois deux disques. Le premier, Dynastie, sera complètement tourné vers la rumba congolaise, avec des invités issus de sa première formation, Wenge Musica. Le second, aux sonorités plus urbaines, baptisé Harmonie, devrait permettre de conquérir de nouveaux fans à l’international.

La formule, adoptée par Fally, avec le carton Tokooos invitait Wizkid, Booba ou encore R. Kelly pour aider sa voix à traverser les frontières. Ferré Gola, lui, reste mystérieux sur ses invités… mais on sait que des pourparlers ont été entamés avec Maître Gim’s, et que le Congolais apprécie la musique de Naza.

Éducateur de masse

En attendant, le Padre va continuer à profiter d’un quotidien qu’il décrit comme très sage : « Je fais ma vie dans le quartier de Bastille, à Paris, quand je ne suis pas à Kin… je mange à la maison… » De l’extérieur, pourtant, on a le sentiment qu’il est sur tous les fronts. Le Padre est un père, d’un nombre d’enfants qu’il ne nous donnera pas, mais qui semble conséquent… attaché à leur éducation à l’école française.

Le chanteur congolais Ferré Gola à Paris en février 2021, pour la promotion de son nouvel album

C’est aussi un « éducateur de masse », comme il aime à se définir, qui fut l’un des premiers à sortir un clip rappelant les bons gestes pour contrer le Covid, l’année dernière. Et un médiateur inter-cultures, qui a tenu à tourner ses deux derniers clips en Guadeloupe, en janvier, pour poursuivre le dialogue entre la musique congolaise et antillaise.

Mais les membres de son staff le décrivent surtout comme un bosseur infatigable, un « talent inné », « extrêmement discipliné », qui ne cesse jamais de créer, comme s’il était en permanence « traversé par la musique. » Une vidéo Youtube assez surprenante le montre d’ailleurs en pleine improvisation vocale, à peine levé et un mug à la main, avant une séance de travail en Guadeloupe.

Malgré la pandémie qui l’a amené à renoncer à de nombreuses dates, il a joué les 12 et 13 février au Palais de la culture et à l’Hôtel Ivoire d’Abidjan. Et surtout, il travaille à la reformation de Wenge Musica Maison Mère. Plusieurs nouveaux titres sont, assure-t-il, d’ailleurs déjà enregistrés. Un événement que les fans attendaient depuis longtemps… Le Prés’ devrait continuer longtemps à rallier les suffrages.

Un gêneur nommé Covid

« Le Covid a tout compliqué… regrette Ferré Gola. Aujourd’hui, je ne joue quasiment plus. Je vis sur mes économies. Bien sûr, j’ai fait quelques dates et des lives à la maison, mais ce n’est plus pareil. » Le virus, le chanteur est bien placé pour en parler. Après avoir été l’un des premiers à mettre en ligne un single pour faire de la pédagogie sur les gestes barrières, il a attrapé la maladie lors d’un concert, fin 2020.

« J’ai pris des médicaments traditionnels de chez nous, du gingembre, du thé Mondongo (NDLR : à partir d’une plante plus connue sous le nom de maniguette)… ça a duré deux semaines. » Il espère qu’une éclaircie permettra de planifier plus de dates pour 2021, avec notamment, et c’est un scoop, un grand concert prévu pour décembre au Casino de Paris.

Avec Jeune Afrique par Léo Pajon

Le pape François rencontre en Irak le grand ayatollah Ali al Sistani

mars 6, 2021

 

LE PAPE FRANÇOIS RENCONTRE EN IRAK LE GRAND AYATOLLAH ALI AL SISTANI

© Reuters/GRAND AYATOLLAH ALI AL-SISTANI O LE PAPE FRANÇOIS RENCONTRE EN IRAK LE GRAND AYATOLLAH ALI AL SISTANI

NADJAF (Reuters) – Le pape François a rencontré le grand ayatollah Ali al Sistani samedi en Irak, appelant à la coexistence dans un pays divisé par le sectarisme et la violence.

C’est la première fois qu’un pape rend visite à un si haut dignitaire chiite.

Le souverain pontife a évoqué lors de cet entretien « l’importance de la collaboration et de l’amitié entre les communautés religieuses afin qu’en cultivant le respect réciproque et le dialogue, on puisse contribuer au bien de l’Irak, de la région et de l’humanité entière », selon un communiqué diffusé par la Vatican après la rencontre, qui a duré environ 45 minutes.

Ali al Sistani a pour sa part estimé dans un communiqué que « les dirigeants religieux et spirituels (devaient) jouer un grand rôle pour mettre un terme à la tragédie (…) et exhorter les parties, en particulier les grandes puissances, à faire prévaloir la sagesse et le bon sens et à effacer le langage de la guerre ».

Les grandes puissances ne doivent pas privilégier « leur propre intérêt au détriment du droit des gens à vivre dans la liberté et la dignité », a-t-il dit, ajoutant que les chrétiens devraient vivre comme tous les Irakiens dans la paix et la coexistence.

Le pape François, 84 ans, s’est déjà rendu dans de nombreux pays musulmans comme la Turquie, la Jordanie, l’Egypte, le Bangladesh, l’Azerbaïdjan, les Emirats Arabes Unis ou les territoires palestiniens, appelant à chaque fois à un dialogue interreligieux.

Ali al Sistani, âgé de 90 ans, est l’une des figures majeures de l’islam chiite. Alors qu’il a déjà refusé de s’entretenir avec des Premiers ministres irakiens, il a accepté de rencontrer le pape François à la condition qu’aucun représentant officiel irakien ne soit présent, a révélé une source du bureau présidentiel.

La rencontre s’est déroulée dans la ville méridionale de Nadjaf, où réside le grand ayatollah.

Le pape s’est ensuite rendu à Ur, lieu de naissance du prophète Abraham, vénéré à la fois par les chrétiens, les musulmans et les juifs.

Avec Reuters par (Philip Pullella, Ahmed Rasheed, Nadine Awadalla et John Davison; version française Camille Raynaud et Benjamin Mallet)

Législatives en Côte d’Ivoire : des élections plus ouvertes que jamais

mars 5, 2021
Le 6 mars, près de 800 candidats sans étiquette brigueront un mandat de député.

Pour la première fois en dix ans, les trois plus grands partis de Côte d’Ivoire participent à un même scrutin. Les élections législatives de ce samedi s’annoncent donc très indécises.

Près de 7,5 millions d’électeurs sont appelés aux urnes, ce samedi, quatre mois après une élection présidentielle marquée par des violences. Les législatives permettront-elles de tourner la page de cette séquence chahutée ? Une chose est sûre : c’est la première fois depuis la fin de l’année 2010 que les trois principales formations politiques du pays acceptent de jouer le jeu des urnes. Les législatives pourraient donc réserver quelques surprises.

• Le poids des nouvelles alliances

Elle paraît bien loin la présidentielle d’octobre et la course en solitaire du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Fini la politique de la chaise vide pour l’opposition et l’absence des pro-Gbagbo, qui reviennent dans le bain électoral après plus d’une décennie de boycott.

Nouvelle force en présence, nouvelles alliances : le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) d’Henri Konan Bédié et le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo dans la plateforme Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS) ont trouvé un accord sur 80 % de candidatures communes. Ils aligneront des candidats communs dans les circonscriptions à listes et se sont entendus pour des désistements dans celles où le scrutin était uninominal, à l’exception d’une dizaine de localités, dont Gagnoa, fief de Laurent Gbagbo.

CES LÉGISLATIVES FONT FIGURE DE TEST POUR L’ANCIEN DÉTENU DE LA COUR PÉNALE INTERNATIONALE

Ces législatives font figure de test pour l’ancien détenu de la Cour pénale internationale (CPI) dont le retour en Côte d’Ivoire est espéré par ses fidèles dans les semaines qui viennentPour le PDCI, déjà fragilisé en interne depuis la présidentielle et la stratégie de désobéissance civile, ces élections sont l’occasion d’une remobilisation de son électorat. « S’ils conservent leurs députés, ce sera déjà une victoire », estime le politologue Sylvain N’Guessan.

Uni pour dénoncer la candidature à un troisième mandat d’Alassane Ouattara, le tandem composé du PDCI et du FPI de Pascal Affi N’Guessan a volé en éclats. Ce dernier s’est allié avec d’autres formations politiques : l’Union pour la démocratie et pour la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI), d’Albert Toikeusse Mabri, le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep), de Charles Blé Goudé, le mouvement Agir, de Martial Ahipeaud. Ces alliances représentent au total une centaine de candidats, dont une soixantaine avec l’étiquette du FPI « légal ».

SUR LA BASE DES LISTES ÉLECTORALES, L’OPPOSITION EST DÉJÀ PERDANTE

« L’opposition joue gros dans cette élection, observe Arsène Brice Bado, du Cerpa. Elle joue sa crédibilité après avoir appelé ses électeurs à se démobiliser lors de la présidentielle. » Les adversaires du chef de l’État doivent compenser avec un problème mathématique majeur : « Le RHDP a beaucoup mobilisé pour l’élection du 31 octobre 2020 et il a réussi à faire enregistrer un grand nombre de personnes sur les listes électorales, poursuit Arsène Brice Bado. Ce n’est pas le cas de l’opposition. Sur la base de ces listes électorales, elle est déjà perdante. »

Il faudra aussi compter sur une escouade de candidats indépendants, qui sont près de 800 et qui pourraient créer la surprise.

• Le RHDP en recherche de « légitimité »

Du côté du RHDP, l’objectif est clair : conserver la majorité absolue à l’Assemblée et même remporter plus des 148 sièges sur 255 dont il dispose actuellement dans l’hémicycle. Pour cela, le parti a mis les moyens. Il présente des candidats dans les 250 circonscriptions du pays et presque tous les ministres et proches du président ont été envoyés au front. Moyens humains, mais aussi financiers, avec de nombreux déplacements et meetings à grand renfort d’écrans géants, de voitures floquées et de distributions de goodies.

LE RHDP DOIT DÉMONTRER QU’IL PEUT CONVAINCRE AU-DELÀ DE SON ÉLECTORAT TRADITIONNEL DU NORD

Pour Sylvain N’Guessan, le RHDP est « le parti qui a le plus à perdre » dans cette élection. « Le véritable enjeu est là : le RHDP doit démontrer qu’il peut convaincre au-delà de son électorat traditionnel du nord de la Côte d’Ivoire et rassembler dans les zones acquises à l’opposition : dans le Centre, l’Ouest, l’Est et le Sud. » « Le RDHP doit absolument gagner la majorité. Après être d’une certaine manière passé en force lors de l’élection présidentielle, il doit renforcer sa légitimité », abonde Eugène Brice Bado.

• Les personnalités alignées

Tous les ministres ou presque sont candidats chez eux : Ally Coulibaly, chargé des Affaires étrangères, se présente à Dabakala ; Sidi Tiémoko Touré, porte-parole du gouvernement, à Béoumi ; Kandia Camara, ministre de l’Éducation nationale, à Abobo ; Siandou Fofana, au Tourisme et aux Loisirs, à Port-Bouët ; Laurent Tchagba, de l’Hydraulique, et Danho Paulin, des Sports, à Attécoubé… Ils sont une trentaine au total à briguer un mandat de député.

« Être élu ne sera pas une condition exclusive, mais ce sera évidemment un critère important quand il faudra procéder à des arbitrages [au moment de former le prochain gouvernement] », confiait récemment un proche du président à Jeune Afrique. Grand absent : le Premier ministre Hamed Bakayoko, en France pour des raisons de santé. Il brigue un troisième mandat à Séguéla, dans le nord-est du pays. Adama Bictogo, proche de Ouattara, est quant à lui candidat à Agboville.

Dans l’opposition, Affi N’Guessan, sorti de prison fin décembre après deux mois de détention pour son rôle durant la campagne, est candidat à sa réélection à Bongouanou. Laurent Akoun, le secrétaire général adjoint du FPI pro-Gbagbo, l’est pour sa part à Alépé.

Maurice Kakou Guikahué, le numéro deux du PDCI, sera pour sa part candidat à sa réélection à Gagnoa sous-préfecture. Du côté des pro-Gbagbo, Michel Ggabgo, fils de Laurent Gbagbo, se présente à Yopougon.

• Les circonscriptions à suivre

À Abidjan, les résultats de certaines circonscriptions seront scrutés de près. À Yopougon, qui fournit six députés à l’Assemblée, l’enjeu est important pour les pro-Gbagbo et EDS qui, alliés au PDCI, rêvent de reprendre la circonscription au RHDP. « Yopougon, c’est pour nous ! » a lancé Michel Gbagbo lors du meeting d’ouverture de la campagne. La liste est conduite par le président d’EDS, Georges Armand Ouégnin. Face à eux, Gilbert Koné Kafana, du RHDP, député depuis dix ans et maire de la commune.

Au Plateau, le quartier des affaires d’Abidjan, c’est un duel aux allures de revanche entre le PDCI et le RHDP qui se prépare après des municipales houleuses, sur fond d’accusation mutuelle de fraudes. Le député sortant Jacques Ehouo, pour le PDCI, affrontera Ouattara Dramane, du RHDP, et plusieurs indépendants.

À Gagnoa sous-préfecture, fief de Laurent Gbagbo, Maurice Kakou Guikahué, le numéro deux du PDCI, sera candidat à sa réélection face à Marie-Odette Lorougnon, ancienne députée et vice-présidente du FPI, figure des « Gbagbo ou rien » (GOR). Les deux camps, alliés ailleurs, sont concurrents dans cette circonscription très symbolique.

Daoukro, fief d’Henri Konan Bédié, basculera-t-elle dans l’escarcelle du RHDP ? Nombre d’observateurs n’y croient pas. Venance Konan, patron du grand quotidien Fraternité Matin et candidat du parti présidentiel, se dit « confiant ». Il s’opposera à Olivier Akoto pour le PDCI et à Henriette Lagou, une candidate indépendante.

• Seulement 11 % de femmes candidates

Ce qui devait être un enjeu majeur de ces législatives n’est est finalement plus un, avant même la tenue du scrutin. Une loi adoptée en 2019 impose aux formations politiques de présenter 30 % de femmes. Faute d’être coercitif, le texte ne sera dans les faits appliqué par aucun des partis en lice. Seule certitude : l’hémicycle ivoirien demeurera très majoritairement masculin. Aujourd’hui, seulement 11 % de femmes y siègent. Un pourcentage qui ne devrait guère évoluer.

Avec Jeune Afrique par Florence Richard – à Abidjan

FAO : 45 pays auront besoin d’aide alimentaire en 2021

mars 5, 2021

Si les premières estimations concernant la production de blé en 2021 sont optimistes, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que 45 pays, dont 34 en Afrique, auront besoin d’une aide alimentaire extérieure.

D’après le rapport de cette organisation onusienne basée à Rome, le continent africain reste le plus menacé, avec plus des deux tiers de la liste des 45 pays concernés, à savoir le Burkina Faso, le Burundi, le Cap-Vert, le Cameroun, le Congo, Djibouti, l’Érythrée, l’Eswatini, l’Éthiopie, la Guinée, le Kenya, le Lesotho, le Libéria, la Libye, Madagascar, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, la Namibie, le Niger, le Nigéria, l’Ouganda, la Centrafrique, la République démocratique du Congo, la Tanzanie, le Sénégal, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud, le Tchad, la Zambie et le Zimbabwe.

Dans les Amériques, seuls Haïti et le Venezuela auraient besoin de cette aide extérieure. En Asie et au Moyen-Orient, l’Afghanistan, le Bangladesh, l’Iraq, le Liban, le Myanmar, le Pakistan, la Syrie, la République populaire démocratique de Corée et le Yémen sont concernés.

S’agissant du Yémen, le rapport de la FAO pointe du doigt l’impact des conflits, de la pauvreté, des inondations et des prix élevés des denrées alimentaires. Entre janvier et juin 2021, le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire devrait augmenter de près de 3 millions pour atteindre 16,2 millions de personnes.

En Afrique, sur la trentaine de pays concernés, le rapport s’est penché sur la situation en Éthiopie où environ 13 millions de personnes seront en situation de grave insécurité alimentaire au cours du premier semestre de cette année. Les principaux facteurs sont : les pertes localisées de récoltes et de pâturages dues aux infestations de criquets, les prix élevés des denrées alimentaires ainsi que l’impact négatif de la pandémie de Covid-19 sur les revenus et les prix des denrées alimentaires.

Dans l’Ouest du contient, bien que la situation sécuritaire se soit améliorée dans certaines parties des régions du Liptako Gourma et du Lac Tchad depuis la fin de 2020, les effets des conflits devraient continuer à miner les capacités de production des agriculteurs et, par conséquent, réduire la production en 2021 dans ces régions.

Mais la situation alimentaire peut être également préoccupante, même pour des pays épargnés par les conflits. Au total, les besoins totaux d’importation de céréales de 51 pays à faible revenu et à déficit vivrier devraient atteindre 74 millions de tonnes pour l’année de commercialisation 2020-2021. Pourtant, les augmentations les plus importantes étant à mettre sur le compte des sous-régions de l’Extrême-Orient et de l’Afrique de l’Ouest.

Une production record de blé en 2021

D’après les estimations parues le 4 mars dans les « Perspectives de récoltes et situation alimentaire », la production céréalière totale des 51 pays a augmenté de 3% en 2020 par rapport à l’année précédente. Elle s’est établie à plus de 502 millions de tonnes, la reprise en Afrique australe et au Proche-Orient ayant contrebalancé un recul en Afrique centrale.

D’après les premières estimations de la FAO, la production mondiale de blé devrait ainsi augmenter et atteindre un nouveau record en 2021, à savoir 780 millions de tonnes. La reprise attendue de la production dans l’Union européenne a fait plus que compenser les perspectives de production assombries par les conditions météorologiques en Russie.

La production de maïs en Afrique du Sud devrait atteindre des niveaux quasi record en 2021, tandis que la FAO prévoit une production largement supérieure à la moyenne en Amérique du Sud.

En 2020-2021, l’organisation onusienne prévoit notamment une croissance annuelle de 2,0% de l’utilisation mondiale de blé, qui devrait atteindre 2,766 milliards de tonnes. Il s’agit d’une hausse de 5,5% des échanges mondiaux de céréales, qui devraient représenter 464 millions de tonnes. La FAO s’attend aussi à ce que les stocks mondiaux de riz et de blé grossissent, tandis que ceux des céréales secondaires devraient diminuer.

Des produits alimentaires en hausse

Par ailleurs, les données de la FAO montrent une hausse des prix mondiaux des produits alimentaires, qui ont progressé pour le neuvième mois consécutif en février, avec le sucre et les huiles végétales en tête. L’Indice FAO des prix des produits alimentaires s’est établi en moyenne à 116,0 points en février, soit 2,4% de plus que le mois précédent et 26,5% de plus qu’en février 2020.

Le prix du sucre a augmenté de 6,4% par rapport au mois de janvier. Les baisses de la production dans les principaux pays producteurs et la forte demande à l’importation en Asie faisant toujours craindre un resserrement de l’offre mondiale.

Le prix des huiles végétales a gagné 6,2% et atteint son plus haut niveau depuis avril 2012. Les cours des huiles de palme, de soja, de colza et de tournesol ont tous augmenté. De leur côté, le prix des produits laitiers a progressé de 1,7%.

L’indice FAO des prix des céréales a augmenté de 1,2% en moyenne par rapport au mois de janvier. Les prix du sorgho ont connu une hausse de 17,4% sur le mois, portés par une forte demande en Chine. Les cours internationaux du maïs, du blé et du riz sont restés stables ou ont légèrement augmenté.

L’indice FAO des prix de la viande a progressé de 0,6%, une hausse due à la contraction de l’offre de viande bovine et ovine dans les principales régions productrices. En revanche, les prix de la viande porcine ont chuté en raison du recul des achats de la Chine et la hausse du nombre de porcins invendus en Allemagne.

Avec Adiac-Congo par Josiane Mambou Loukoula

Irak: arrivée vendredi à Bagdad du pape François pour une visite historique

mars 5, 2021

Le pape François est arrivé vendredi après-midi en Irak pour une visite historique notamment destinée à soutenir la communauté chrétienne du pays déchiré par de nombreuses années de conflits et de violences, et plus récemment éprouvé par la pandémie de COVID-19.

 © Fournis par La Presse Canadienne

L’avion de la compagnie Alitalia transportant le souverain pontife s’est posé vers 14h00, heure locale, sur une piste de l’Aéroport de Bagdad, la capitale.   

La visite de François prévoit des allocutions et des messes à Bagdad, mais aussi dans la ville sainte de Nadjaf, à Mossoul et à Erbil.

Des centaines de personnes étaient déjà massées le long du parcours que devait emprunter le pape, dans l’espoir de pouvoir le saluerLa communauté chrétienne d’Irak était constituée d’environ 1,5 million de personnes avant l’invasion des États-Unis en 2003 qui a chassé du pouvoir le dictateur Saddam Hussein. Un grand nombre de chrétiens ont fui le pays, au point où il n’en resterait désormais que quelques centaines de milliers.

Avec La Presse Canadienne