France: La famille refuse d’enterrer Parfait Kolelas sans les vrais résultats de l’autopsie

avril 21, 2021

La famille de Parfait Kolelas ne comprend toujours pas les raisons qui empêchent le tribunal de Bobigny de leur transmettre les vrais résultats de l’autopsie transmis par le médecin légiste. Le même tribunal sans doute sous in9luence du Quai d’Orsay refuse qu’un contre autopsie sollicitée par la famille ne soit faite. Eu égard à toutes ces entraves politiciennes, les enfants et la famille de l’opposant Congolais ont décidé de ne pas procéder à l’inhumation.

Le décès de l’opposant Congolais Guy Brice Parfait Kolelas, continue d’être au cœur d’un conflit entre Mpila, une partie de la famille à Brazzaville, le Quai d’Orsay et ses enfants, sa femme et sa famille de France. La famille de France continue d’opposer son refus à ses obsèques sans qu’une contre autopsie ne soit réalisée.

A Sa mort sur le territoire français, le tribunal de Bobigny avait ouvert une enquête et demandé qu’un autopsie soit réalisée sur le cadavre. Les résultats ont été transmis au tribunal par le médecin légiste et ces derniers ont été truqués selon la famille parisienne du défunt. Officiellement, le tribunal a parlé d’une mort par Covid-19, alors que ce rapport a fait l’objet d’un dénie de la part du médecin.

En réunion avec la famille, quelques opposants de la diaspora ont convenu d’accentuer la pression sur les autorités françaises afin que toute la lumière soit faite sur les causes réelles du décès de l’opposant Congolais.

La famille, soutenue par quelques députés français et l’opposition congolaise, reste convaincue d’une mort par empoisonnement et non par Covid. Elle est confortée sur le refus catégorique du tribunal de Bobigny d’autoriser une contre autopsie.

Le dimanche prochain, la famille et enfants Kolelas tiendront une réunion avec les députés français pour pousser la France à leur faciliter la tâche. Le Quai d’Orsay, en complicité avec Mpila serait à la manœuvre pour étouffer les circonstances de la mort de l’opposant Congolais.

Avec Sacer-infos par Stany Frank

Canada/COVID-19: Québec signale 1217 nouveaux cas et une hausse des hospitalisations

avril 21, 2021

MONTRÉAL — Québec signale 1217 nouveaux cas de COVID-19 et une forte hausse des hospitalisations dans la province.

© Fournis par La Presse Canadienne

Depuis le début de la pandémie, 340 397 personnes ont été infectées dans la province; 317 338 d’entre elles sont considérées comme guéries.

Six nouveaux décès sont rapportés, mais on en a retiré un du bilan – qui s’élève maintenant à 10 838 – après qu’il eut été déterminé qu’il n’était pas attribuable à la COVID-19. Un décès est survenu dans les 24 dernières heures, trois entre le 14 et le 19 avril et deux avant le 14 avril.

Le nombre d’hospitalisations a fait un bond: on en rapporte 716, 22 de plus que la veille. Parmi ces patients, 178 se trouvent aux soins intensifs, une hausse d’un.

Un total de 44 311 prélèvements ont été réalisés le 19 avril.

Côté vaccination, le ministère de la Santé ajoute 55 101 doses administrées à son bilan, soit 54 410 données dans les 24 dernières heures et 1091 avant le 20 avril. Au total, 2 503 910 doses ont administrées, sur 3 066 969 reçues.

Le ministère note que les 230 490 doses du vaccin de Pfizer attendues cette semaine ont toutes été reçues dans les régions.

Au Canada

À l’échelle du Canada, 1 144 472 cas de COVID-19 et 23 750 décès ont été rapportés depuis l’apparition du virus au pays.

Voici la distribution des cas au pays depuis le début de la pandémie, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux:

— 429 123 cas en Ontario, dont 7789 décès;

— 340 397 cas au Québec, dont 10 838 décès;

— 173 531 cas en Alberta, dont 2048 décès;

— 120 889 cas en Colombie-Britannique, dont 1539 décès;

— 38 651 cas en Saskatchewan, dont 465 décès;

— 36 470 cas au Manitoba, dont 960 décès;

— 1831 cas en Nouvelle-Écosse, dont 67 décès;

— 1797 cas au Nouveau-Brunswick, dont 33 décès;

— 1048 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont six décès;

— 428 cas au Nunavut, dont quatre décès;

— 174 cas à l’Île-du-Prince-Édouard;

— 77 cas au Yukon, dont un décès;

— 43 cas dans les Territoires du Nord-Ouest.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars 2020.

Avec La Presse Canadienne

Canada: L’Ontario fracasse son record de vaccination

avril 21, 2021

Plus de 136 000 Ontariens ont été vaccinés au cours des dernières 24 heures – un nouveau sommet provincial, mais le nombre de nouveaux cas de coronavirus remonte au-dessus de la barre des 4000.

Un Torontois du quartier à risque Jane et Finch reçoit sa première dose du vaccin de Moderna, le 20 avril.

© /CBC/Evan Mitsui Un Torontois du quartier à risque Jane et Finch reçoit sa première dose du vaccin de Moderna, le 20 avril.

Santé publique Ontario confirme 4212 nouvelles infections et 32 décès de plus mercredi.

Toronto recense 1249 nouveaux cas, suivi des régions de Peel (771), York (386), Hamilton (276) et Durham (214).

Vaccination

Après avoir ouvert la vaccination aux 40 ans et plus qui pouvaient recevoir à partir de mardi le vaccin d’AstraZeneca en pharmacie et dans certains cabinets de médecin, la province a fracassé son record d’immunisation.

Au total, 136 695 doses des vaccins d’AstraZeneca, Pfizer et Moderna ont été administrées au cours des dernières 24 heures.

C’est plus de 20 000 doses de plus que le dernier sommet qui avait été atteint en Ontario.

Hospitalisations

Le nombre d’hospitalisations baisse légèrement, se chiffrant à 2335 (-25).

En revanche, il y a 17 patients de plus aux soins intensifs (total : 790).

Il y a 4204 nouvelles guérisons. Le nombre de cas actifs diminue de 24, pour un total de 42 917.

De son côté, le premier ministre Doug Ford s’est placé en isolement préventif, parce qu’un membre de son équipe avec qui il a été en contact étroit a contracté la COVID-19.

Près de 51 900 tests de dépistage ont été effectués au cours des dernières 24 heures.

Avec CBC/Radio-Canada

Tchad : le successeur d’Idriss Déby Itno devra compter sur le FMI

avril 21, 2021
Mahamat Idriss Deby, le fils d’Idriss Déby Itno qui présidera la transition.

Le Covid-19 et les cours du pétrole ont fragilisé une économie mise à mal par l’explosion des dépenses sécuritaires. Mais une enveloppe de 560 millions de dollars a été promise en janvier à N’Djamena.

« La mort du président tchadien Idriss Déby risque de provoquer une instabilité politique dans ce pays producteur de pétrole et dans l’ensemble de la région d’Afrique centrale, avec un impact potentiel sur le secteur pétrolier », s’inquiète l’agence de notation S&P Global au lendemain de l’annonce du décès du chef d’État, qui venait d’être élu pour un sixième mandat à la tête du pays.

Il faut dire que la lutte contre le terrorisme (Boko Haram, État islamique) et les rébellions (notamment du Conseil de commandement militaire pour le salut de la République et du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad) pesait lourd sur une économie d’à peine 12,5 milliards de dollars.

Avec 1,5 milliard de barils de réserves pétrolières prouvées et une production d’environ 140 000 b/j, le Tchad est le dixième producteur d’Afrique. L’or noir représente 90 % de ses exportations, environ 40% des recettes publiques et 20% du PIB.

Le secteur agricole (céréales, gomme arabique, coton et élevage) et l’industrie tertiaire (banques, commerce, télécoms etc.) représentent respectivement environ 40% de l’économie.

Dette pétrolière

Avant même les chamboulements auxquels le pays fait désormais face, le Tchad s’était déjà lourdement endetté, notamment auprès du trader Glencore via des prépaiements de sa future production pétrolière, faisant face à une crise aiguë de liquidités, malgré un pourcentage d’endettement somme toute raisonnable, à 42 % du PIB.

Cet étranglement des finances publiques, aggravé par la crise du Covid-19, a poussé le pays à demander, fin janvier, à bénéficier du nouveau cadre de restructuration des dettes mis en place en novembre 2020 par le G20. Un cadre qui pousse les créanciers privés – dont Glencore – à s’engager au moins autant que les prêteurs publics.

À la même période, le FMI et N’Djamena ont conclu un accord dans le cadre de la Facilité élargie de crédit et du Mécanisme élargi de crédit portant sur 560 millions de dollars sur quatre ans.

« Le programme à moyen terme des autorités est axé sur des réformes ambitieuses visant à soutenir le redressement post-crise et la réduction de la pauvreté, ainsi qu’à rétablir la viabilité de la dette », avait annoncé l’institution qui a revu à la baisse, en avril (avant l’annonce du décès d’Idriss Déby Itno), ses prévisions de croissance pour le pays cette années, ramenée à 2,1%, contre une anticipation à 6,1 % six mois plus tôt.

Déficit commercial et réserves de change taries

L’institution internationale se prononce rarement – en public – sur les transitions politiques dans ses pays d’intervention. Et le calendrier précis de déboursement de l’enveloppe de 560 millions de dollars promise en début d’année n’est pas connu.

Mais il ne fait aucun doute, toutefois, que tant sur les volets budgétaires que sur le renforcement des réserves de devises du pays, les nouvelles autorités tchadiennes devront compter sur l’appui du Fonds. Et ce d’autant plus que « l’insécurité régionale persistante pourrait perturber le commerce bilatéral et mettre sous tension les finances publiques », avertissait il y a quelques mois la Banque mondiale.

Selon les projections, les recettes du gouvernement tchadien étaient attendus en baisse de 10 % à 747 milliards de F CFA par rapport à l’année précédente, pour des dépenses en progression de 10,5 % à 1 177 milliards de F CFA.

Pour ne rien arranger, la balance commerciale (échange de biens) du pays avait périclité en 2020, passant d’un excédent de 676 milliards de F CFA à un déficit de 3 milliards selon les projections du Fonds, qui anticipait il y a encore quelques mois un « rebond » à 198 milliards de F CFA en 2021. Et les réserves de change du pays plafonnent à 300 millions de dollars loin des 1,1 milliard d’avant la crise pétrolière.

Les réformes auxquelles s’étaient engagés l’exécutif tchadien auprès du FMI comprenaient, entre autres, l’amélioration du climat et le renforcement du secteur bancaire, de la transparence – notamment dans l’attribution des marchés publics – et de la gouvernance (lutte contre la corruption, déclarations de patrimoine…).

Dans un message publié ce 21 avril, Kristalina Georgieva, la dirigeante du FMI, a exprimé ses condoléances au peuple tchadien et salué la mémoire « d’un dirigeant qui a consacré sa vie à son pays et à la sécurité de la région du Sahel. 

Avec Jeune Afrique par Nelly Fualdes

Canada/Tempête sur le Québec : le sud et le Bas-Saint-Laurent seront les plus touchés

avril 21, 2021

Une bordée tardive est prévue pour plusieurs régions du Québec de mercredi à jeudi. Jusqu’à 40 centimètres pourraient tomber par endroits, notamment dans le Bas-Saint-Laurent. Les régions de l’Estrie, de la Beauce et du Bas-Saint-Laurent seront les plus affectées par la neige. Des vents forts se mettront de la partie

Un gros système qui s’intensifie

Une dépression en provenance du Colorado va remonter vers le Québec pour s’intensifier en puisant de l’énergie le long de la côte américaine. Ce système fera son entrée sur le Québec dès mercredi matin, apportant d’abord de la faible neige qui se transformera en neige soutenue au cours de la journée sur le sud du Québec et vers le centre de la province.

© Fournis par MétéoMédia

Cette neige soutenue sera lourde et collante. L’est de la province recevra de la pluie jusqu’à vendredi.

Belle bordée

Les secteurs les plus touchés seront l’Estrie, la Beauce et le Bas-Saint-Laurent. L’Estrie pourrait recevoir entre 15 et 20 cm, alors que pour la Beauce, on parle de 20 à 30 cm et jusqu’à 40 cm pour le Bas-Saint-Laurent.

Il y a des avertissements de neige pour le Bas-Saint-Laurent.

© Fournis par MétéoMédia

Pour Montréal, Trois-Rivières et Québec, les quantités seront moindres. On parle de 5 à 10 cm pour Montréal et la Montérégie.

La neige se poursuivra jeudi pour Sept-Îles et la Côte-Nord. Il pourrait y avoir encore de la neige résiduelle vendredi.

© Fournis par MétéoMédia

La bonne nouvelle, c’est que cette neige va fondre rapidement !

Fortes rafales

Ce système sera accompagné de puissantes rafales pouvant atteindre 80 km/h à compter de jeudi. Le contraste de températures va favoriser la contribution du vent. Le maximum sera nettement sous les normales mercredi et jeudi, mais une remontée du mercure est prévue vendredi.

© Fournis par MétéoMédia

Beaucoup de pluie

Étant donné que le mercure oscillera autour du point de congélation, de bonnes quantités de pluie sont prévues. L’est du Québec pourrait recevoir jusqu’à 50 millimètres d’eau. L’Estrie, la Beauce et Québec auront droit à d’importantes accumulations.

© Fournis par MétéoMédia

Prudence sur les routes

Il faudra faire preuve de prudence sur les routes dans les secteurs touchés. Même si la neige ne s’accumulera pas sur les routes, comme les précipitatiosn seront fortes, la visibilité.

© Fournis par MétéoMédia

En raison des rafales et du poids de la neige, il pourrait même y avoir des pannes d’électricité.

© Fournis par MétéoMédia

Avec  MétéoMédia 

Mort d’Idriss Déby : le président tchadien « serait mort lors de son transfert à N’Djamena »

avril 20, 2021

Avec France 24

Congo: La veillée de l’opposant Guy Brice Parfait Kolelas, candidat à l’élection présidentielle, à Brazzaville

avril 20, 2021

Avec Polémique Congo Brazza Europe

Guinée : les déguerpissements sont-ils légaux ?

avril 20, 2021
Les boutiques sans permis de construction ont été démolies au Marché Niger de Conakry. Photo d’illustration.

Lancé en 2016, le déguerpissement des voiries publiques s’est accéléré ces dernières semaines. Mais parfois conduites sans base légale, ces opérations ont suscité la colère des habitants dont les maisons ont été détruites. Le Premier ministre promet des sanctions le cas échéant.

Lors des nuits des 12 et 13 avril, Conakry a enregistré les premières pluies de 2021, accompagnées d’un vent violent. Le lendemain, des ruelles boueuses étaient jonchées des déchets drainés par les eaux de ruissellement puis ramassés dans les bennes à ordures du turc Albayrak, partenaire des autorités guinéennes en matière d’assainissement.

Mais pour certains Conakrykas comme Mamadou Bah, rencontré devis en main au quartier Hafia 2, l’insalubrité est une préoccupation moins pressante que celle d’avoir un toit pour s’abriter des pluies. Dans ce quartier de la commune de Dixinn, les opérations de libération des emprises des voiries publiques, engagées en 2016 par le ministère de la Ville et de l’Aménagement du territoire, ont provoqué des déguerpissements sans ménagement.

« Ils ont démoli ma maison en notre absence »

Le 1er mars, un bulldozer du génie militaire a fait irruption dans le quartier et démoli plusieurs concessions pour tracer une nouvelle route. Les victimes de l’opération ont de sérieux doutes quant à la régularité des travaux. « Ils ont démoli ma maison en notre absence, déplore Mamadou Bah, qui a trouvé refuge avec sa famille chez des voisins. L’ordre du gouvernement, c’était de libérer les emprises des routes et non de créer une nouvelle voie ou de procéder à un nouveau lotissement. Une équipe du ministère de la Ville est venue certifier qu’aucun tracé de route n’est prévu sur l’emplacement de ma maison. »

Sa voisine, Hawa Sow, a dû mettre la main à la poche pour qu’on épargne son four à pain qui nourrit, depuis le décès de son mari en 2008, ses sept enfants et ses trois petit-fils. « Quand le bulldozer a donné un premier coup sur le four, j’ai crié, raconte la veuve. Depuis la mort de mon mari, avec mes enfants qui ont fini d’étudier mais qui n’ont pas de travail, nous dépendons de ce four. Ils m’ont demandé de leur donner trois millions de francs. Finalement, je leur ai donné 2, 5 millions, pris à crédit avec le chef des boulangers. Après, leur chef a ordonné d’arrêter ».

TOUS CEUX QUI ONT DES TITRES FONCIERS, L’ÉTAT S’ENGAGE À LES REMBOURSER

À Kénendé, dans la ville de Dubréka située à 50 km à l’est de Conakry, des démolitions d’habitations ont également été enregistrées début mars. « Nous avons été surpris de voir des gens venir avec des militaires pour casser nos maisons. Quand nous avions acheté ce terrain il y a onze ans, aucune autorité ne nous a signifié qu’il s’agissait d’une zone réservée. Ils ont tout cassé, j’ai tout perdu », se désole Yéro Tala Diallo. Selon lui, une soixantaine de maisons ont été détruites en même temps que la sienne.

« Des sanctions seront prises »

Le 7 avril, alors qu’il livrait son discours de politique générale devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, avait martelé la consigne du gouvernement à propos des opérations de déguerpissement. « L’instruction du président, c’est de libérer les emprises des routes. Mais que les gens aillent dans les quartiers casser des maisons, nous ignorons d’où vient l’ordre », avait-il assuré. Avant de renchérir : « Tous ceux qui ont des titres fonciers, l’État s’engage à les rembourser. C’est une décision ferme du président et je suis appelé à y veiller. J’ai demandé au ministre de l’Urbanisme de s’organiser pour recenser toutes les maisons irrégulièrement cassées. La lumière sera faite, des sanctions seront prises contre ceux de l’administration qui ont permis cela. »

Mais avec la saison des pluies qui s’annonce, les victimes n’ont d’autre choix que de financer elles-même la reconstruction de leur maison. Du moins celles qui en ont les moyens. « Le maire de Dixinn est venu voir les dégâts. Il nous a réunis avec le colonel qui a piloté les opérations pour lui demander s’il détenait un ordre de mission. Ce dernier a répondu par la négative. La directrice de l’Habitat de la commune a pour sa part dit n’avoir donné aucune consigne dans ce sens. Dans ce cas, pourquoi ne pas arrêter celui qui est venu avec le bulldozer démolir ? », s’interroge Mamadou Bah, qui a presque achevé de reconstruire les murs de sa maison démolie, « avec l’autorisation du maire », s’empresse-t-il de préciser. « Ce sont des dépenses imprévues, mais avec la pluie, nous n’avons d’autre choix. J’ignore le coût total des dépenses pour le moment, surtout en cette période de fluctuation des prix », ajoute-t-il.

« Abus » et faille légale

Le Conseil national des organisations de la société civile (Cnosc) a ouvert une enquête sur le déroulement des opérations. Les résultats feront l’objet d’un rapport attendu en fin de semaine. Mais le président du Cnosc admet d’ores et déjà des « excès » et esquisse les responsabilités.

LES CADRES CHARGÉS DE L’OPÉRATION ONT COMMIS DES ABUS, VOIRE SE SONT LIVRÉS À DES RÈGLEMENTS DE COMPTE PAR ENDROIT

« Il y a eu un certain amateurisme de la part des agents sur le terrain, qui se sont contentés de dire qu’ils avaient reçu des ordres, tout en restant incapables de fournir une base légale, explique Dansa Kourouma à Jeune Afrique. L’opération a été sélective par endroits : elle a visé des couches vulnérables et épargné les gros bonnets. Il y a des habitations construites sur des emprises de route, mais il y a bel et bien eu des maisons démolies qui n’étaient pas dans cette situation. Les cadres chargés de l’opération ont commis des abus, voire se sont livrés à des règlements de comptes par endroit. Des excès ont été commis. »

Dansa Kourouma déplore aussi le flou juridique entourant ces pratiques : absence de délai de préavis, de commission de réclamations, de fonds d’indemnisation. Une faille qui facilite, selon lui, ces déguerpissements illégaux.

Avec Jeune Afrique par Diawo Barry – à Conakry

Bénin/Patrice Talon : quel agenda pour son deuxième mandat ?

avril 20, 2021
Le président béninois Patrice Talon à Cotonou le 9 septembre 2020.

Alors qu’il entame son deuxième quinquennat, le président béninois doit poursuivre ses efforts en faveur du développement et trouver, sur un plan politique, un juste équilibre entre rigueur et compassion.

Le 3 février 2016, à l’aube d’une campagne électorale qui devait porter Patrice Talon au pouvoir, Jeune Afrique publiait mes propositions sur ce qu’il fallait attendre du futur élu ; les actions prioritaires qu’il me semblait indispensable de conduire pour redresser la barre d’un Bénin où tout était urgent.

J’avais mis l’accent, entre autres, sur la mécanisation et la diversification des cultures agricoles pour accroître la production et les revenus des producteurs ; l’emploi des jeunes à travers la promotion des filières de formation professionnelle et technique ; l’accélération des investissements publics et privés dans les grands travaux ; la production et la distribution à bas coût d’énergie pour accélérer l’industrialisation du pays ; l’amélioration de la couverture sanitaire ; l’exploitation d’une véritable économie numérique.

Au-delà de ces politiques publiques prioritaires, j’avais également indiqué les changements structurels indispensables pour porter le renouveau espéré. Il s’agissait ainsi de réformer l’administration en bannissant toute forme de gaspillage et en privilégiant la culture de l’excellence, du mérite et de la transparence ; réduire la part de l’informel dans l’économie afin d’accroître les ressources de l’État et de mieux assurer la « sécurité humaine » de chaque citoyen ; mettre en place un mécanisme de financement public des partis politiques, assorti d’obligations, afin de mettre un terme à la « clochardisation » des partis, si préjudiciable à la vitalité démocratique.

Donner des gages d’ouverture

Le curseur a bougé sur chacune de ces propositions. Des évolutions notables ont été enregistrées. Le président Patrice Talon a eu l’occasion de présenter son bilan aux Béninois, qui lui ont renouvelé leur confiance. Il sied à présent de définir les priorités de son deuxième quinquennat.

D’emblée, le Bénin de 2021 n’est plus celui de 2016. Le monde a bien changé depuis, et le Bénin avec ! Avec quelques autres États, le pays fait exception avec une croissance économique positive en contexte pandémique. Pour autant, l’herbe n’y est pas verte pour tous ! Au moment où les Béninois entrent dans l’ère Talon II, le confort passe nécessairement par la recherche de l’équilibre. L’équilibre entre rigueur et compassion. Entre démocratie et développement.

LES VOIX DISSONANTES DOIVENT CONTINUER DE S’EXPRIMER ET LES ESPRITS LIBRES AVOIR DROIT DE CITÉ.

Car, comme chacun sait, un relatif sentiment de peur plane sur le pays. Or, la jouissance des libertés avec un sens de la responsabilité et du discernement est indispensable au développement de la créativité. L’un des défis sera donc de libérer les énergies, de donner des signes et des gages d’ouverture pour que les voix dissonantes continuent de s’exprimer et que les esprits libres aient toujours droit de cité.

Jeunesse et contre-pouvoirs

Par ailleurs, la durabilité des réformes politiques, économiques et institutionnelles ne pourra être garantie que par le renforcement des compétences de l’administration et par l’indépendance des contre-pouvoirs, de sorte que les progrès accomplis transcendent les personnes et le régime. Il sera alors indispensable d’améliorer le rendement des services publics et, donc, la productivité des fonctionnaires.

Et il importe surtout de consolider et de faciliter la mise en œuvre des prérogatives des contre-pouvoirs, en particulier celles du Parlement et de la justice. Ce faisant, le président Talon pourra alors inscrire son action dans la postérité, au-delà du style qu’il imprime actuellement à l’action publique. De sorte qu’au terme de son deuxième et dernier mandat, les Béninois, dans une plus grande majorité comprennent, adhèrent, soutiennent et contribuent davantage à la société de devoirs et non pas seulement de droits qu’il promeut.

Pour y parvenir, l’accent devrait être davantage mis sur l’emploi d’une jeunesse qui doute et à laquelle le développement d’une agriculture mécanisée, d’industries viables et l’éclosion de l’écosystème numérique pourra offrir de belles perspectives d’avenir si elle y est préparée dès à présent. Outre les salariés des secteurs publics et privés, les entrepreneurs pourront ainsi s’enrichir davantage pour qu’à l’horizon 2026, plusieurs multimilliardaires nationaux – idéalement éloignées des cercles du pouvoir – revendiquent leurs succès grâce aux opportunités induites par les réformes de l’ère Talon.

Le développement du capital humain reste également une priorité avec des investissements attendus dans la santé et l’éducation destinés à améliorer l’Indice de développement humain (IDH) qui n’est qu’à 0.545 en 2019. Ce qui place le pays à la peu satisfaisante 158e position sur 189 pays et territoires.

Pas à l’abri de tumultes

Dans un contexte régional troublé par l’incapacité des États à contenir les menaces attentatoires à la paix et à la sécurité, le Bénin n’est pas à l’abri des tumultes. Malgré les réformes opérées et les investissements consentis dans les secteurs de la défense et de la sécurité durant le premier quinquennat, les besoins sont loin d’être couverts.

COTONOU DEVRA RÉINVENTER SA PRÉSENCE AU MONDE ET ACCROÎTRE SON LEADERSHIP RÉGIONAL

Le pays devrait enfin se doter d’une loi de programmation militaire et de la sécurité intérieure en faisant progresser la part du budget général de l’État consacré à ce secteur. En 2020, l’État béninois a prévu 41 milliards pour sa défense nationale et 54 pour sa sécurité intérieure. Cela correspond à moins de 5 % des 2167 milliards de F CFA du budget général de l’État et en fait l’un des plus faibles ratios de la région.

Enfin, Cotonou devra réinventer sa présence au monde et accroître son leadership régional en déployant une diplomatie plus ambitieuse pour révéler le Bénin nouveau. Celui incarné par la vision Alafia 2025 : « … Pays-phare, […] bien gouverné, uni et de paix, à économie prospère et compétitive, de rayonnement culturel et de bien-être social ». Ainsi, en dépit de quelques anicroches, toutes les composantes de l’Etat convergeront vers la félicité, au panthéon syncrétique du vodun, du christianisme et de l’islam pratiqués en osmose dans un Bénin qui devra progresser en restant ancré dans ses valeurs de démocratie, de dialogue, de tolérance, de justice et de travail !

Par  Oswald Padonou

Docteur en sciences politiques. Enseignant et chercheur en relations internationales et études de sécurité

Tchad : le jour où Idriss Déby Itno a été tué au combat

avril 20, 2021
Selon la télévision nationale tchadienne, le chef de l’État a succombé à des blessures reçues au combat dans la région du Kanem.

Au lendemain de l’annonce de sa réélection à la présidence pour un sixième mandat, le chef de l’État tchadien, Idriss Déby Itno, est décédé, ce mardi 20 avril. Selon la télévision nationale tchadienne, il aurait succombé à des blessures reçues au combat ces derniers jours.

Idriss Déby Itno est décédé, ce mardi 20 avril. Selon la télévision nationale tchadienne, le chef de l’État aurait succombé à des blessures reçues au combat le 19 avril dans la région du Kanem face aux rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT). Il avait été annoncé vainqueur quelques heures plus tôt de la présidentielle tchadienne avec 79,32 % des voix et aurait entamé son sixième mandat.

« Idriss Déby Itno vient de connaître son dernier souffle en défendant l’intégrité territoriale sur le champ de bataille », a déclaré le porte-parole de l’armée, le général Azem Bermandoa Agouna, dans un communiqué lu à l’antenne de Télé Tchad ce 20 avril en fin de matinée.

IL A ÉTÉ BLESSÉ AU COURS DES ACCROCHAGES ET A RENDU L’ÂME UNE FOIS RAPATRIÉ À N’DJAMENA

« Le maréchal du Tchad, Idriss Déby Itno, comme il le fait chaque fois que les institutions républicaines sont gravement menacées, a pris la tête des opérations lors du combat héroïque mené contre les hordes terroristes venues de la Libye. Il a été blessé au cours des accrochages et a rendu l’âme une fois rapatrié à N’Djamena », a précisé l’armée.

Selon nos informations, Idriss Déby Itno était monté au front dans le Kanem dans la journée de lundi, afin de pousser ses hommes au combat. Les affrontements avec les rebelles du FACT avaient alors été très violents, occasionnant de nombreuses pertes dans les deux camps. Touché dans une manœuvre, Idriss Déby Itno a été rapatrié à N’Djamena dans la soirée, avant de succomber quelques heures plus tard, vers 1 heure du matin.

Une transition de dix-huit mois

Aussitôt le décès du président connu de ses proches, les hauts gradés de l’armée se sont réunis autour du général Mahamat Idriss Déby, fils du défunt, afin de se mettre d’accord sur les grands axes d’une charte de la transition et les modalités de cette dernière. Ils ont alors décidé la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale et la mise en place d’une transition de dix-huit mois, dont l’annonce a été faite dans la matinée du 20 avril.

Un deuil national de quatorze jours a également décrété sur toute l’étendue du territoire et des obsèques nationales seront organisées. Un couvre-feu allant de 18 heures à 5 heures du matin est aussi instauré dans tout le pays et les frontières terrestres et aériennes sont fermées jusqu’à nouvel ordre. Selon des sources à N’Djamena, la capitale est pour le moment calme, même si des mouvements de population ont été observés du Tchad vers le Cameroun en milieu de journée.

« Un conseil militaire de transition [CMT] est mis en place pour assurer la défense de notre cher pays dans cette situation de guerre contre le terrorisme et les forces du mal afin d’assurer la continuité de l’État », a déclaré l’armée. Le CMT, précise-t-elle encore, assurera le pouvoir durant dix-huit mois, à l’issue desquels de nouvelles institutions seront établies par l’organisation d’élections « libres, démocratiques et transparentes ».

La transition sera dirigée par Mahamat Idriss Déby. Ce dernier, fils d’Idriss Déby Itno, est général de l’armée tchadienne et dirigeait depuis de nombreuses années la Direction générale des services de sécurité des institutions de l’État (DGSSIE), dont fait partie la garde présidentielle.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier