Mali : après le mandat d’arrêt contre Karim Keïta, l’ancien patron de la Sécurité d’État arrêté

juillet 29, 2021
Des soldats maliens, lors de l’investiture d’Assimi Goïta, le 7 juin 2021 (illustration).

Moussa Diawara, l’ancien directeur de la Sécurité d’État sous Ibrahim Boubacar Keïta, a été arrêté et inculpé pour « complicité de séquestration et d’enlèvement » dans l’affaire de la disparition de Birama Touré. Le fils de l’ancien président, Karim Keïta, est également cité dans l’affaire.

C’est un nouveau rebondissement dans l’affaire de la disparition du journaliste Birama Touré, dans laquelle le nom de Karim Keïta, le fils de l’ancien président malien, est notamment cité. Alors que l’enquête piétinait depuis que le reporter malien avait disparu le 26 janvier 2016, la procédure s’est soudain accélérée. Le 5 juillet, la justice malienne a saisi Interpol pour demander l’émission d’un mandat d’arrêt international à l’encontre de Karim Keïta, que les juges souhaitent auditionner.

Séquestration et tortures

Après le fils d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), c’est au tour du général de division Moussa Diawara, ancien chef d’état-major de la garde nationale, qui a également dirigé la Sécurité d’État (les services de renseignement maliens) de 2013 à la chute d’IBK, en août 2020, de se retrouver impliqué dans cette procédure.

Moussa Diawara a été arrêté à son domicile, ce jeudi 29 juillet, et inculpé pour « complicité de séquestration et d’enlèvement », de « tortures » et d’« associations de malfaiteurs » par le tribunal de la Commune-IV de Bamako, a indiqué à Jeune Afrique une source judiciaire. Il s’agit de la première inculpation, en cinq ans, dans le cadre de l’instruction menée sur la disparition du journaliste.

« Conformément à son statut de général, une demande de mise à disposition avait été formulée auprès du ministère de la Défense par le juge d’instruction chargé de l’affaire, après que la demande de mandat d’arrêt international a été émise à l’encontre de Karim Keïta », précise une source proche du dossier. « Le ministre [de la Défense, le colonel Sadio Camara] n’a pas fait obstacle », souligne la même personne. Moussa Diawara serait actuellement détenu dans les locaux de l’École de gendarmerie.

« Les langues se sont déliées »

Quelques jours avant cette arrestation, une source judiciaire confiait à Jeune Afrique que, depuis la chute d’IBK, « les langues se sont déliées » et des éléments nouveaux ont permis « des avancées non négligeables dans le dossier ». Depuis la saisine d’Interpol par la justice malienne, de nouveaux témoignages ont été rendus publics, notamment par Reporter sans frontières (RSF), qui a enquêté sur la disparition du journaliste. Certains de ces témoignages mettent directement en cause les services de renseignement maliens.

Selon RSF, Birama Touré aurait en effet été détenu pendant plusieurs mois dans une « prison secrète » de la Sécurité d’État. L’un de ses codétenus, dont Reporter sans frontières a obtenu le témoignage, assure que le journaliste a été exécuté « de trois coups de feu » en présence du lieutenant-colonel Cheick Oumar N’Diaye, responsable de la division recherche au sein de la Sécurité d’État. Ce dernier n’a, pour l’heure, pas été inquiété.

Avec Jeune Afrique par Fatoumata Diallo et Manon Laplace

En Tunisie, le PDG de la chaîne nationale démis de ses fonctions

juillet 28, 2021

Le président de la chaîne Wataniya a été remplacé par une journaliste qui avait déjà occupé ce poste par intérim.

Des journalistes travaillent ans la salle de rédaction de la chaîne de télévision nationale publique tunisienne Wataniya, le 14 novembre 2020
Des journalistes travaillent ans la salle de rédaction de la chaîne de télévision nationale publique tunisienne Wataniya, le 14 novembre 2020 FETHI BELAID / AFP

La présidence tunisienne a limogé, mercredi 28 juillet, le PDG de la chaîne de télévision nationale après qu’un militant et une représentante du syndicat des journalistes se sont vu brièvement interdire l’accès à la chaîne où ils devaient intervenir dans une émission.

Cette décision intervient trois jours après la prise de pouvoir du président Kais Saied en Tunisie, qui a entraîné des craintes sur le respect des libertés dans la jeune démocratie, notamment après la fermeture des bureaux de la chaîne qatarie Al-Jazira.

Bloqués à l’entrée

La journaliste Amira Mohamed, vice-présidente du SNJT, a dit être restée bloquée à l’entrée de chaîne Wataniya par un agent de sécurité qui attendait l’autorisation de la direction de la télévision lui permettant d’y entrer. « Le PDG de la Wataniya m’a dit qu’il avait reçu des instructions d’un responsable militaire de ne pas laisser d’invités entrer au siège de la télévision », a ajouté le militant des droits de l’homme Bassem Trifi.

Le ministère de la défense et la présidence de la République ont affirmé qu’ils n’avaient donné aucune instruction dans ce sens.

Quelques heures plus tard, c’est le président de la chaîne, Laassad Dhahech, accusé d’avoir tenté de semer le trouble en limitant l’accès de la chaîne, qui a été limogé. Il a été remplacé par une journaliste qui a déjà occupé ce poste par intérim, Awatef Dali.

Le président Saied, qui a suspendu le Parlement pendant trente jours et limogé le premier ministre, a assuré qu’il était attaché aux libertés publiques, et ferait en sorte de les protéger.

Avec AFP

France: Covid-19: la Martinique de nouveau confinée

juillet 28, 2021
Covid-19: la Martinique de nouveau confinee
Covid-19: la Martinique de nouveau confinée© AFP/Sameer Al-DOUMY

Le préfet de Martinique, Stanislas Cazelles, a annoncé mercredi un nouveau confinement de l’île à partir de vendredi 19h pour une durée d’au moins trois semaines.

« Nous sommes inquiets, la situation sanitaire s’aggrave et les chiffres de la Covid-19 explosent », ont assuré lors d’une conférence de presse Olivier Coudin, le directeur adjoint de l’Agence régionale de santé (ARS), et Stanislas Cazelles.

« Cette hausse se répercute sur le nombre de d’accueils aux urgences, en hospitalisation et en réanimation: le CHUM (Centre hositalier universitaire de Martinique) a atteint un niveau de saturation », précise par ailleurs un communiqué de la préfecture de Martinique.

En conséquence, le couvre-feu en vigueur en Martinique à partir de 21 heures sera ramené à 19 heures jusqu’à 5 heures du matin avec des conditions de circulation plus strictes, selon le préfet qui rappelle que « les premiers confinements avaient permis de baisser considérablement les taux de contamination: 45 % en moyenne ».

Stanislas Cazelles a précisé qu’il faudrait se munir d’une attestation pour se déplacer au-delà d’un rayon de plus de 10 km du domicile.

Il a également indiqué que tous les commerces resteraient ouverts, le port du masque étant globalement respecté, mais que les restaurants seraient en revanche fermés. Pour ces derniers, ainsi que les salles de sports et lieux sportifs couverts, le chômage partiel spécial Covid et le fonds de solidarité seront maintenus, précise la préfecture.

La Martinique est passée de 2.241 cas positifs la semaine dernière à 3.537 cas, selon la préfecture qui précise que la tendance à la hausse se confirme avec 1.100 cas positifs déjà enregistrés sur les deux premiers jours de la semaine.

Le taux d’incidence du Covid-19 passe de 280 cas à 995 pour 100.000 habitants, selon la préfecture.

« Freiner le virus apparaît d’autant plus urgent, que la population martiniquaise est moins immunisée, globalement plus âgée, et donc plus fragile, que celles des régions où le Covid-19 a davantage circulé et où le taux de vaccination est plus important », souligne encore la préfecture.

Par Le Point avec AFP

Covid-19 : l’Angleterre met fin à la quarantaine pour les voyageurs vaccinés aux Etats-Unis et dans l’UE, à l’exception de la France

juillet 28, 2021

La présence du variant Beta sur le territoire français préoccupe les autorités britanniques, qui ont choisi d’exclure le pays de la liste des pays concernés par cette mesure très demandée par les expatriés.

Une passagère à l’aéroport londonien d’Heathrow, le 10 juillet 2020.
Une passagère à l’aéroport londonien d’Heathrow, le 10 juillet 2020. DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP

La France est le seul pays de l’Union européenne à ne pas bénéficier de cet assouplissement. Les voyageurs complètement vaccinés contre le Covid-19, dans l’Union européenne (UE) ou aux Etats-Unis, seront désormais exemptés de quarantaine en Angleterre, a annoncé, mercredi 28 juillet, le gouvernement britannique.

Cette mesure, ardemment réclamée par les expatriés et par le secteur touristique, entrera en vigueur à partir de lundi à 5 heures, heure française, a précisé le ministère britannique des transports. Mais elle ne s’appliquera pas aux arrivées de France.

La France exclue à cause du variant Beta

Pour les voyageurs venus de pays classés « orange », soit la grande majorité des destinations touristiques, dont l’UE et les Etats-Unis, le Royaume-Uni impose une quarantaine d’au moins cinq jours, ainsi que de coûteux tests. Le pays avait déjà exempté de quarantaine les arrivants vaccinés par le service de santé britannique, mais pas ceux vaccinés à l’étranger, au grand désespoir des expatriés britanniques dans ces pays, pour lesquels tout retour à la maison est très difficile.about:blankclose

Désormais, l’Angleterre appliquera la même mesure aux personnes vaccinées dans l’Union européenne ou aux Etats-Unis, pour les arrivées de tous les pays de la liste orange, sauf la France, en raison de la présence du variant Beta, répertorié pour la première fois en Afrique du Sud. « Des règles distinctes vont continuer de s’appliquer pour les arrivées de France », a affirmé le ministère dans un communiqué.

Les voyageurs vaccinés aux Etats-Unis devront, eux, prouver en plus qu’ils sont résidents aux Etats-Unis. Un test PCR restera obligatoire deux jours après leur arrivée. En outre, ces mesures ne concernent pas les pays classés « rouge » par Londres, comme l’Inde, les Emirats arabes unis, ou les pays d’Amérique du Sud. Seuls les résidents du Royaume-Uni peuvent en revenir, en observant une coûteuse quarantaine à leurs frais, dans des hôtels réservés à cet effet.

Par Le Monde avec AFP

Les États-Unis vont restituer à l’Irak quelque 17 000 pièces archéologiques volées

juillet 28, 2021

Ces antiquités ont été pillées lors des conflits qui ont dévasté l’Irak au cours des dernières décennies, notamment après l’invasion américaine de 2003.

Le président des Etats-Unis, Joe Biden (à droite), et le premier ministre irakien, Mustafa Al-Kadhimi, se sont rencontrés à la Maison Blanche, le 26 juillet.
Le président des Etats-Unis, Joe Biden (à droite), et le premier ministre irakien, Mustafa Al-Kadhimi, se sont rencontrés à la Maison Blanche, le 26 juillet. SAUL LOEB / AFP

C’est un trésor d’environ 17 000 objets archéologiques, datant de près de 4 000 ans. Une restitution des Etats-Unis à l’Irak « sans précédent », s’est félicité le ministre irakien de la culture, Hassan Nazim, mercredi 28 juillet. « Il s’agit de la plus importante restitution d’antiquités à l’Irak », a-t-il déclaré dans un communiqué, en ajoutant que cette annonce était le « résultat de plusieurs mois d’efforts des autorités irakiennes en liaison avec leur ambassade à Washington ».

Les 17 000 pièces seront transportées dans l’avion du premier ministre irakien, Moustafa Al-Kadhimi, qui rentre jeudi en Irak après une visite de plusieurs jours à Washington, où il a rencontré le président américain, Joe Biden. La majorité des restitutions documentent « les échanges commerciaux pendant la période sumérienne », l’une des plus anciennes civilisations de la Mésopotamie, selon le communiqué du ministère irakien de la culture.

Des pillages inquantifiables

Parmi les biens rendus pourrait figurer une tablette d’argile cunéiforme, vieille de 3 500 ans, que les Etats-Unis comptent rendre à l’Irak. Elle est considérée comme « un bien culturel volé », introduit frauduleusement sur le marché de l’art américain, selon le ministère américain de la justice, qui n’a cependant pas précisé quand elle serait de retour dans le pays.

La tablette comporte des fragments de l’Epopée de Gilgamesh, considérée comme l’une des plus anciennes œuvres littéraires de l’humanité, qui narre les aventures d’un puissant roi de Mésopotamie en quête d’immortalité. La décision judiciaire américaine « représente une étape importante vers le retour de ce chef-d’œuvre de la littérature mondiale dans son pays d’origine », a affirmé mardi la procureure Jacquelyn Kasulis, chargée du dossier.

Les antiquités irakiennes sont pillées depuis des décennies, à la faveur des multiples conflits qu’a connus le pays, notamment de l’invasion américaine de 2003. « Il est impossible de quantifier le nombre de pièces qui ont été volées sur les sites archéologiques », a expliqué Qahtan Al-Obaid, directeur des antiquités et du patrimoine du musée de Bassora, la deuxième ville d’Irak. Les pillages relèvent généralement du crime organisé, mais sont parfois aussi le fait de populations locales qui cherchent à assurer leur survie, a-t-il précisé.

Les sites archéologiques à travers le pays ont été sévèrement endommagés et négligés, et les musées pillés à la chute du dictateur Saddam Hussein, en 2003. Quelque 15 000 possessions ont ainsi été volées dans le seul musée national d’Irak, situé à Bagdad. « J’espère que dans un futur proche nous pourrons récupérer le reste de nos biens, notamment en Europe », a déclaré le ministre irakien de la culture dans son communiqué.

Avec Le Monde avec AFP

France: L’acteur et réalisateur Jean-François Stévenin est mort

juillet 28, 2021

Auteur de trois films cultes – « Passe-montagne », « Double messieurs » et « Mischka » –, ce comédien prolifique avait joué pour François Truffaut, Bertrand Blier et Jacques Demy. Il s’est éteint mardi à l’âge de 77 ans, a annoncé sa famille.

L’acteur et réalisateur Jean-François Stévenin, à Paris, le 17 octobre 2008.
L’acteur et réalisateur Jean-François Stévenin, à Paris, le 17 octobre 2008. MARTIN BUREAU / AFP

L’acteur Jean-François Stévenin, qui a commencé sa carrière chez Rivette et Truffaut avant de devenir un second rôle prisé du cinéma français puis un réalisateur culte en seulement trois films, est mort mardi 27 juillet à l’âge de 77 ans, a annoncé sa famille à l’Agence France-Presse. « Il est décédé à l’hôpital à Neuilly, il s’est bien battu », a affirmé son fils Sagamore Stévenin, également comédien.

Réalisateur de trois films considérés comme cultes (Passe-montagneDouble messieurs et Mischka), Jean-François Stévenin est un acteur prolifique vu dans des films aussi éclectiques que L’Argent de poche, de François Truffaut, Une chambre en ville, de Jacques Demy, ou Le Pacte des loups, de Christophe Gans.

Figure familière du cinéma français

Né dans le Jura en 1944, cet ancien étudiant à HEC, au parcours romanesque et buissonnier, découvre les plateaux de cinéma lors d’un stage à Cuba… sur la production laitière. « Je ne savais rien faire, mais j’ai appris à parler espagnol très vite et je me suis fondu dans l’équipe. Incognito », racontait-il.about:blankclose

En 1968, il devient assistant d’Alain Cavalier sur le tournage de La Chamade« Pendant dix ans, j’étais assistant, je n’avais jamais pensé à jouer. (…) Dans Out One, de Jacques Rivette, Juliet Berto avait dit : “C’est drôle, l’assistant ressemble à Brando, pourquoi il ne jouerait pas Marlon ?” La scène a été gardée au montage »se souvenait-il en 2000 pour Libération.

Son visage rond et ses yeux bleus perçants font rapidement de lui une figure familière du cinéma français.

Père de quatre enfants, tous acteurs

Dans les années 1980, il tourne sous la direction de Jean-Luc Godard (Passion), Bertrand Blier (Notre histoire) et Catherine Breillat (36 fillette). Puis viendront les films à plus grand succès comme Le Pacte des loups, où il joue avec Vincent Cassel et Samuel Le Bihan, ou encore L’Homme du train, réalisé par Patrice Leconte.

Son travail de cinéaste lui vaudra en 2018 un prix Jean-Vigo d’honneur, remis par Agnès Varda. Cette récompense distingue l’indépendance d’esprit, la qualité et l’originalité.

Ses films, où la nature est très présente, sont marqués par le cinéma de Cassavetes et, comme le cinéaste américain, il aime à filmer ses proches. Il est père de quatre enfants, tous acteurs : Sagamore, Robinson, Salomé et Pierre.

Son dernier film, Illusions perdues, de Xavier Giannoli, adapté de Balzac, doit être présenté à la rentrée au Festival de Venise.

Par Le Monde avec AFP

France: L’influenceuse Nabilla paie 20 000 euros d’amende pour « pratiques commerciales trompeuses » sur Snapchat

juillet 28, 2021

En 2018, la vedette de téléréalité avait fait la promotion de services boursiers sur le réseau social sans mentionner qu’elle était rémunérée pour cela.

Nabilla, soucieuse(...)

Vingt mille euros d’amende et un mea-culpa : l’ancienne vedette de téléréalité Nabilla Benattia-Vergara a accepté de payer une amende après avoir été épinglée par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour avoir fait la promotion de services boursiers sans mentionner qu’elle était rémunérée. Une pratique loin d’être marginale chez les influenceurs.

Dans une story sur le réseau social Snapchat, la vedette de téléréalité mettait en avant la gratuité d’un service proposé par un site boursier et des perspectives de gains importants, ce que la DGCCRF a assimilé à des « pratiques commerciales trompeuses »selon un communiqué de la répression des fraudes publié mercredi. En 2018, l’ex-star des « Anges de la téléréalité » s’était déjà montrée particulièrement enthousiaste pour le bitcoin. Cette « monnaie du futur » est « grave en train de se développer », lançait-elle dans une vidéo. Ce qui lui avait déjà valu une mise en garde de l’Autorité des marchés financiers.

Lutte contre les publicités déguisées

« Je ne suis pas au-dessus des lois et j’assume les conséquences de mes actes », a réagi, mercredi, l’influenceuse sur Twitter, déclarant qu’elle espérait que « cet accord permettra d’éveiller les consciences » et la nécessité d’encadrer l’activité d’influenceur, un métier « nouveau » et « sans réglementation stricte ».

Contrairement à ses dires, la réglementation, pourtant, est bien claire : « Le défaut d’indication du caractère publicitaire de sa publication (par un logo ou une mention orale ou écrite, par exemple) constitue une pratique commerciale trompeuse à l’encontre de ses abonnés, qui peuvent croire à tort que la promotion de l’influenceuse résulte d’une expérience personnelle positive désintéressée », souligne la DGCCRF.

« Les influenceurs doivent informer leur communauté quand ils sont rémunérés pour faire la promotion de produits », a d’ailleurs rappelé sur Twitter le ministre de l’économie, Bruno le Maire, qui a aussi appelé à signaler auprès de la DGCCRF les « comportements trompeurs » et « publicités déguisées ».

D’autres enquêtes en cours

L’amende transactionnelle, qui prend en compte le bénéfice tiré de cette opération, a été « proposée et acceptée » par Mme Benattia-Vergara, avec l’accord du procureur de Paris, à l’issue d’investigations menées par le service national des enquêtes de la DGCCRF.

La direction, qui dépend du ministère de l’économie, souligne que d’autres enquêtes sont en cours dans ce domaine, alors que les marques sont de plus en plus nombreuses à solliciter des influenceurs sur les réseaux sociaux pour faire la promotion de leurs produits ou de leurs services. Bruno Le Maire avait déjà appelé les créateurs de contenus à prendre « leurs responsabilités », dans une vidéo publiée sur Twitter en avril.

« Les publications des influenceurs sur les réseaux sociaux sont (…) susceptibles d’avoir une incidence significative sur le comportement économique des personnes qui les suivent et ne doivent donc pas tromper les consommateurs », insiste pour sa part la DGCCRF dans son communiqué.

Le « dropshipping » en ligne de mire

En ligne de mire de la DGCCRF, au-delà de ce qui est reproché ici à Mme Benattia-Vergara : le « dropshipping ». Une pratique courante chez les influenceurs qui consiste à mettre en relation une marque ou un fournisseur avec un consommateur et à toucher une commission au passage – la plupart du temps sans indiquer au consommateur ce lien d’intérêt. L’influenceur-vendeur ne possède donc pas de stock, il est un simple intermédiaire et peut augmenter sa marge comme il le souhaite.

Le dropshipping est « une technique de vente comme une autre », tout à fait légale, explique l’avocat spécialiste du numérique Gérard Haas. « Ce qui est condamnable, c’est de diffuser de fausses informations ou des informations de nature à induire en erreur. Beaucoup d’arnaques ont été mises en place avec des influenceurs vantant des produits avec des qualités qui ne sont pas vraies. »

L’association de défense des consommateurs UFC-Que choisir détaillait dans une enquête publiée en juin les « dérives » du commerce d’influence « dont il faut se méfier ». En plus des sites de dropshipping et des partenariats cachés des influenceurs, l’association mentionne des cas d’allégations mensongères avec des produits miracles comme une crème censée « donner du volume aux hanches », sans aucun effet, voire des produits « dangereux » ou « illégaux » comme des masques anti-Covid-19 parés du monogramme Louis Vuitton.

Afin de se protéger au maximum, l’UFC-Que choisir recommande de « faire preuve de bon sens avant de succomber aux arguments des influenceurs »« Vérifiez la renommée du site et la qualité réelle des articles », ajoute l’association, en recommandant de consulter des avis de consommateurs ou d’utiliser des sites comme AntiDrop et Captain Drop, qui permettent d’évaluer les risques que le webmarchand pratique le dropshipping.Lire aussi  Devenir riche sur Internet sans rien faire : les mirages du « dropshipping »

Par Le Monde avec AFP

Journée mondiale de l’amitié : l’ONU exhorte les Etats à cultiver l’amour

juillet 28, 2021

Pour rappeler à la communauté internationale les atouts qu’inspire l’amitié entre les peuples, les pays, les cultures et les individus, dans le cadre de la consolidation de la paix , l’humanité célèbre le 30 juillet de chaque année  la journée mondiale de l’amitié.

Selon les organisateurs, la Journée mondiale de l’amitié offre aux Etats et à toutes les communautés l’occasion de jeter des ponts d’entente et de rechauffer leurs liens d’amitié, en partageant les expériences humaines. Car, face aux problématiques d’envergure mondiale comme la pauvreté, la violence ou les violations des droits de l’homme, l’amitié constitue un élément important nous permettant de faire face aux crises et aux conflits.  « Il faut encourager et défendre l’esprit de partage et  de solidarité entre les peuples », souligne l’ONU, tout en rappelant que les forces de la division cherchent activement à saper la paix, la sécurité et l’harmonie sociale, alors que la multiplication des liens de camaraderie dans le monde entier peut contribuer aux transformations fondamentales de la communauté.

 Notons que la Journée internationale de l’amitié a été proclamée en 2011 par l’Assemblée générale des Nations unies. Elle fait suite à la proposition de l’Unesco, réprise en 1997 par la même Assemblée. De même, elle définit la culture de la paix comme un ensemble de valeurs, attitudes et comportements qui reflètent et favorisent la convivialité et le partage. 

Avec Adiac-Congo par Rock Ngassakys

Israël : certains enfants de 5 à 11 ans pourront être vaccinés

juillet 28, 2021

La vaccination s’ouvre aux enfants de 5 à 11 ans, présentant « des risques importants de maladies graves ou de décès » après une infection au Covid-19.

Les enfants ages de 5 a 11 ans risquant des complications graves liees au Covid-19 pourront etre vaccines a partir du 1er aout en Israel.
Les enfants âgés de 5 à 11 ans risquant des complications graves liées au Covid-19 pourront être vaccinés à partir du 1er août en Israël.© Vincent Isore / MAXPPP / IP3 PRESS/MAXPPP

Les enfants âgés de 5 à 11 ans risquant des complications graves liées au Covid-19 pourront être vaccinés à partir du 1er août en Israël, ont indiqué des responsables de la santé de l’État hébreu, ce mercredi 28 juillet. Dans un document publié mardi, le ministère israélien de la Santé a donné son feu vert aux caisses d’assurance-maladie pour la vaccination des enfants de 5 à 11 ans qui présentent « des risques importants de maladies graves ou de décès à la suite d’une infection au nouveau coronavirus ».

« Il s’agit d’une autorisation spéciale et chaque vaccination sera étudiée au cas par cas », a indiqué mercredi un porte-parole du ministère à l’Agence France-Presse. « Cette autorisation prend effet au 1er août », a-t-il ajouté. « La vaccination de (tous les) enfants âgés de 5 à 11 ans n’est pas recommandée à ce stade », a ajouté le ministère soulignant qu’elle était réservée aux enfants les plus vulnérables.

Selon la directive du ministère, les enfants atteints de maladies pulmonaires chroniques graves, d’immunodépression sévère, de troubles du développement neurologique, de drépanocytose, d’insuffisance cardiaque, d’hypertension pulmonaire et d’obésité importante pourront se voir administrer une dose de 0,1 ml du vaccin Pfizer, soit trois fois moins que la dose standard.

La vaccination avait été étendue aux 12-16 ans début juin

Environ 55 % de la population israélienne a été entièrement vaccinée grâce à une vaste campagne lancée fin décembre après un accord avec le géant pharmaceutique Pfizer. Celui-ci a livré au pays des millions de doses en échange de données sur les effets de la vaccination dans ce pays de 9,3 millions d’habitants dont les banques de données médicales numérisées permettent des études rapides à grande échelle.

Début juin, les autorités ont étendu la vaccination aux jeunes de 12 à 16 ans. Confronté à une hausse des contaminations ces dernières semaines, l’État hébreu a annoncé un retour partiel au pass sanitaire dès jeudi. Seules les personnes complètement vaccinées, guéries du Covid-19 ou munies d’un test PCR négatif de moins de 72 heures seront autorisées à entrer dans un lieu accueillant plus de 100 personnes, intérieur ou extérieur.

Par Le Point avec AFP

Après le coup de force du président, la Tunisie dans l’attente d’un gouvernement

juillet 28, 2021
Apres le coup de force du president, la Tunisie dans l'attente d'un gouvernement
Après le coup de force du président, la Tunisie dans l’attente d’un gouvernement© AFP/FETHI BELAID

Trois jours après le coup de force du président tunisien Kais Saied, qui s’est octroyé le pouvoir exécutif et a suspendu le Parlement pour 30 jours, les appels se multiplient en faveur d’une feuille de route et pour la mise en place d’un nouveau gouvernement.

Le président a argué des « périls imminents » auxquels était confrontée la Tunisie, plongée depuis des mois dans une profonde crise politique, pour justifier sa prise de pouvoir dimanche.

Il a limogé le Premier ministre Hichem Mechichi, très critiqué pour sa gestion de l’épidémie de Covid-19 qui a laissé la Tunisie à court d’oxygène et débordée par un pic d’hospitalisations, indiquant qu’il exercerait le pouvoir exécutif avec « l’aide d’un gouvernement » dont il devait nommer le chef.

D’influentes ONG tunisiennes ont mis en garde contre tout prolongement « illégitime » de la suspension du Parlement tandis que Paris a appelé mercredi à la « nomination rapide » d’un Premier ministre.

« Le président Saied est devant un grand défi: montrer aux Tunisiens et au monde qu’il a pris les bonnes décisions », souligne le politologue Slaheddine Jourchi.

M. Saied a présidé mercredi une réunion des cadres de l’armée et de la police, sans qu’aucune décision ne soit annoncée.

Calendrier détaillé

Depuis dimanche, le président tunisien a démis de leurs fonctions une série de conseillers gouvernementaux et chargés de missions auprès du Premier ministre, puis écarté le procureur général de la justice militaire ainsi que les ministres de la Défense et de la Justice après s’être attribué le pouvoir judiciaire dans le cadre des mesures exceptionnelles.

S’il a été salué par de nombreux Tunisiens exaspérés par les luttes de pouvoir au Parlement en pleine crise sociale et sanitaire, ce coup de force suscite également de l’inquiétude en Tunisie comme à l’étranger.

Plusieurs organisations de la société civile, influentes dans le seul pays à poursuivre sa démocratisation après la vague de soulèvement des Printemps arabes en 2011, ont plaidé en faveur d’une feuille de route avec un calendrier détaillé.

Elles ont mis en garde dans un texte commun contre tout prolongement « illégitime » de la suspension du Parlement, soulignant la nécessité de respecter le délai de 30 jours mentionné dans l’article 80 de la Constitution sur lequel s’est appuyé Kais Saied.

A Paris, le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a souligné lors d’un entretien téléphonique avec son homologue Othman Jarandi « l’importance de la nomination rapide d’un Premier ministre et de la formation d’un gouvernement qui soit à même de répondre aux attentes des Tunisiens ».

La décision dimanche de suspendre le Parlement et de démettre le Premier ministre faisait suite à des manifestations ayant éclaté le jour même à travers la Tunisie contre le gouvernement, principalement contre sa gestion de la crise sanitaire après une nouvelle flambée des cas.

Les milliers de protestataires réclamaient notamment « la dissolution du Parlement ».

Le principal parti au Parlement, Ennahdha, formation d’inspiration islamiste, a dénoncé les mesures prises par le président tunisien comme un « coup d’Etat » et appelé M. Saied à revenir sur ses décisions.

Enquête

M. Saied avait notamment indiqué qu’il présiderait les services du procureur général « pour qu’ils agissent dans le cadre de la loi et qu’ils ne se taisent pas face à des crimes commis contre la Tunisie et dont les dossiers disparaissent ».

Mercredi, le parquet a annoncé avoir ouvert le 14 juillet une enquête contre Ennahdha, son allié Qalb Tounes et la formation Aïch Tounsi, pour une affaire de financement étranger de leur campagne électorale en 2019.

Dix ans après la chute de Zine el Abidine ben Ali, les problème du chômage, profondément enraciné, et de la dégradation des infrastructures publiques et du pouvoir d’achat, à l’origine du soulèvement contre son régime autoritaire, n’ont jamais été résolus. Et la Tunisie fait face à un mur de dettes.

En outre, depuis les élections d’octobre 2019 ayant débouché sur un Parlement très fragmenté, le pays a connu trois chefs de gouvernements et vu s’accentuer les luttes de pouvoir en pleine crise sociale et sanitaire.

Ennahdha s’est dit prêt « à la tenue d’élections législatives et présidentielle anticipées simultanées » pour « éviter que tout retard ne serve de prétexte au maintien d’un régime autocratique ».

Mais avant de telles élections, il faudrait selon un dirigeant d’Ennahdha interrogé par l’AFP, Noureddine B’hiri, « que le Parlement reprenne ses activités et que soit mis fin à son contrôle militaire ».

Par Le Point avec AFP