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RDC: L’interdiction de la marche de l’opposition ce 30 juin signe l’échec de la démocratie

juin 30, 2019

Suivez la réaction de Martin Fayulu !

 

Publiée le 30 juin 2019 par Satellite Congolais TV

RDC : le gouverneur de Kinshasa interdit la marche de l’opposition prévue le 30 juin

juin 29, 2019

Martin Fayulu, le 10 janvier 2019 à Kinshasa. © AP/Sipa/Jerome Delay

 

Le gouverneur de Kinshasa, Gentiny Ngobila, a annoncé l’interdiction de la « marche pacifique » prévue le 30 juin à l’appel de la plateforme d’opposition Lamuka, pour le 59ème anniversaire de l’indépendance du pays.

Le gouverneur de Kinshasa s’est dit « au regret de ne pouvoir prendre acte » de la demande de manifestation dans une lettre adressée Fidèle Babala Wandu, le coordinateur de Lamuka à Kinshasa. Le 30 juin, date de l’indépendance du pays est une « date sacrée et commémorative », poursuit Gentiny Ngobila, estimant « qu’organiser des marches à cette date friserait le sabotage contre la mémoire de la République ».

Un argument qui semble ne pas avoir convaincu l’opposition. « Il n’y a aucun fondement légal pour justifier cette interdiction. Pour nous la marche est maintenue », a assuré à Jeune Afrique Fidèle Babala Wandu. « Cela montre que les choses n’ont pas vraiment changé ici », poursuit-il. Contacté, le gouverneur de Kinshasa n’a pas répondu à nos sollicitations.

Invalidation des députés

Lamuka voulait organiser « une marche pacifique pour exiger le respect de la volonté du peuple », notamment suite à l’invalidation d’une vingtaine de députés de la coalition Lamuka au profit, dans la plupart des cas, de membres du FCC de Joseph Kabila.

Cette décision de la Cour constitutionnelle a provoqué une levée de boucliers au sein de l’opposition. Martin Fayulu, candidat malheureux lors de la dernière présidentielle – dont il conteste toujours les résultats -, avait qualifié cette invalidation « d’assassinat définitif de la démocratie » en RDC et avait annoncé « la suspension des activités parlementaires de tous les parlementaires de Lamuka jusqu’à nouvel ordre ».

Les membres de la coalition doivent se réunir ce vendredi pour décider de la marche à suivre suite à l’interdiction de la marche. Dans le même temps, le vice-Premier ministre intérimaire en charge de l’Intérieur et Sécurité le Basile Olongo a confirmé, le 26 juin à Jeune Afrique, que le défilé du 30 juin, n’aura pas lieu cette année. Félix Tshisekedi adressera un « discours à la Nation » qui sera retransmis par la RTNC, la télévision nationale.

Jeuneafrique.com par Romain Gras

RDC : le défilé militaire du 30 juin annulé

juin 26, 2019

Des militaires congolais, lors du 50e anniversaire de l’indépendance de la RDC, le 30 juin 2010. © REUTERS/Christophe Licoppe

 

Il n y aura pas de défilé militaire le 30 juin pour la commémoration du 59e anniversaire de l’accession de la RDC à l’indépendance. Le vice-Premier ministre intérimaire en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, Basile Olongo, l’a confirmé à Jeune Afrique, tout en assurant que la décision n’avait pas été prise pour des raisons budgétaires.

Le défilé du 30 juin, jour de l’indépendance en République démocratique du Congo, qui célèbre ce jour-là la fin de la domination coloniale belge, n’aura pas lieu cette année, a confirmé auprès de Jeune Afrique Basile Olongo, vice-Premier ministre intérimaire en charge de l’Intérieur et Sécurité. En revanche, Félix Tshisekedi adressera un « discours à la Nation » qui sera retransmis par la RTNC, la télévision nationale.

« Nous avons décidé de célébrer plutôt le 60 ème anniversaire en 2020. Le 30 juin prochain, il n’y aura pas d’activités officielles. Ce sera plutôt une journée de méditation, les gens resteront chez-eux. Ce sera une journée sous le signe de la méditation », a précisé Basile Olongo.

Dépassement de budget à la présidence

Interrogé par Jeune Afrique sur les raisons de ce report,  Basile Olongo s’est refusé à tout commentaire, précisant cependant que « le gouvernement n’a pas de problème de financement ». Une source de Jeune Afrique au sein du ministère de la Défense a cependant affirmé l’inverse, sous couvert d’anonymat, ajoutant par ailleurs un autre élément d’explication à ce report : « Le président de la République a consulté quelques personnes sur cette date, et finalement, il a été proposé que la fête soit renvoyée en 2020, parce que nous ne pouvons pas faire la fête à Kinshasa alors que ça va mal à l’intérieur dans les provinces ».

En 2018, déjà, le défilé militaire du 30 juin avait été reporté. Les autorités de l’époque avaient alors évoqué des problèmes d’ordre sécuritaires, mais aussi politiques.

L’annonce de ce report intervient alors qu’un rapport du ministère du Budget, daté du 31 mai dernier, fait état d’un dépassement conséquent des dépenses de fonctionnement de la présidence de la République depuis le début de l’année civile. En cinq mois seulement, celle-ci a déjà consommé 98% du budget annuel qui lui est alloué, soit près de 132 milliards Francs congolais dépensés, pour un budget annuel de 134 milliards de Francs congolais (77,10 millions de dollars).

Mais le coût du défilé est supporté par les budgets du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité et du ministère de la Défense, deux ministères qui sont, selon ce même rapport, dans des rythmes de dépenses prévus.

Ce report du défilé intervient alors que la journée revêtait un caractère particulier pour Félix Tshisekedi, qui voulait faire de ce 30 juin 2019 une journée de réconciliation nationale. En amont de cette journée de célébration de l’indépendance congolaise, la présidence congolaise avait ainsi facilité le retour au pays de plusieurs exilés politiques, dont Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba ou encore Antipas Mbusa Nyamwisi.

Jeuneafrique.com par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

RDC: pourquoi le défilé militaire du 30 juin a finalement été annulé

juin 30, 2018

 

 
Joseph Kabila, président de la RDC, passe les troupes en revue, le 30 juin 2010, à Kinshasa. © Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Annoncé comme une démonstration de force dans un contexte de tensions avec les pays voisins, le défilé militaire, initialement prévu ce samedi, jour de la commémoration de l’indépendance de la RDC, est annulé à Kinshasa.

« Le défilé prévu le 30 juin 2018 pour commémorer le 58ème anniversaire de l’accession de la RDC à la souveraineté nationale et internationale a été annulé et remplacé par une marche et des activités sportives. » Dans une correspondance datant du jeudi 28 juin, largement relayée vendredi sur les réseaux sociaux, le général major Gabriel Amisi Kumba, commandant de la première zone de défense de l’armée congolaise, en a ainsi informé le chef d’état-major des Forces armées de la RDC (FARDC).

La veille de l’annonce de cette annulation, c’est Jean-Jacques Wondo, chercheur congolais et expert des questions militaires, qui a révélé sur son blog les préparatifs de ce qui devait être, selon lui, un « grand défilé militaire de dissuasion ». « Il s’agit de lancer un message clair [aux pays voisins] que les FARDC, version 2018, n’est plus ce colosse aux pieds d’argiles qui nécessitaient le baby-sitting étranger ou un accompagnement régional », a-t-il expliqué. « Encore un mensonge » lui a rétorqué, sur Twitter, Jean-Pierre Kambila, directeur de cabinet adjoint du chef de l’État congolais.

Mais quarante-huit heures plus tard, l’information de M. Wondo s’est avérée véridique : un défilé était bel et bien prévu puisque les autorités ont fait savoir qu’elles l’annulaient. « Nous savions exactement quel en était le format et quels types de matériels militaires allaient être exposés », soutient l’expert, contacté par Jeune Afrique. À l’en croire, les militaires congolais s’apprêtaient à défiler avec leurs « dernières acquisitions » et « démontrer principalement à l’Angola que le pays est prêt à riposter en cas d’une éventuelle attaque ».

Depuis les récents propos du président angolais João Lourenço et de son homologue rwandais Paul Kagamé à Paris, au sujet d’une « initiative » régionale pour sortir la RDC de la crise politique, les rapports entre Kinshasa et Luanda sont devenus compliqués, voire tendus. Même si devant les caméras et à travers des communiqués officiels, les deux capitales essayent de jouer aux bons amis d’antan.

Mécontentements au sein de l’armée

À Kinshasa, le dernier défilé militaire d’envergure s’était déroulé en 2014. Depuis, le président Kabila a préféré célébrer l’indépendance à travers différentes villes du pays. Quatre ans plus tard, tout était en place pour organiser une importante procession militaire. Les répétitions se déroulaient déjà sur « la piste de l’aérodrome de Ndolo », indique M.Wondo.

Pourquoi l’armée a-t-elle tout annulé ? Aucune explication officielle n’a été donnée. Le programme a été finalement « allégé », se contente d’avancer le général major Gabriel Amisi, priant au chargé de logistique de l’événement de retourner à la Maison militaire du chef de l’État « les quantités de gasoil et d’essence jugées excédentaires ».

Mais une source au sein de l’état-major de l’armée, consultée par Jeune Afrique, indique qu’il s’est tenu ces dernières semaines plusieurs réunions de sécurité à Kinshasa. Pour cause : « Des militaires de la Garde républicaine, issus des ethnies du Sud Katanga, comme l’opposant Moïse Katumbi, manifesteraient de plus en plus leur mécontentement face au traitement réservé à ce dernier par le régime en place », confie notre source. « C’est très probablement après évaluation des risques d’un éventuel soulèvement d’une unité de l’armée que le défilé a été annulé », croit-elle savoir.

« L’attentat contre le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa et l’attaque à la grenade contre une réunion publique du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmedlele, perpétrés le même samedi 23 juin, n’ont pas non plus rassuré le cercle sécuritaire restreint de Joseph Kabila », souligne de son côté  M. Jean-Jacques Wondo. « Mais cette annulation peut aussi s’inscrire dans une logique de désescalade avec les pays voisins », relève l’expert des questions de défense.

« La RDC ne se prépare pas à la guerre »

Contacté, Henri Mova Sakanyi, vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, assure qu’« il n’en est rien » : « La RDC ne se prépare pas à faire la guerre contre ses voisins. Nous continuons à entretenir de bons rapports avec au moins sept des neuf États qui nous entourent. »

« Et ce n’est pas avec un défilé militaire qu’une armée fait sa démonstration de force. Quand on veut dissuader, on entreprend des manoeuvres militaires », poursuit Mova Sakanyi.

Pour lui, l’option d’un défilé militaire grandiose n’avait pas encore été levée. « Les militaires s’y étaient préparés par anticipation »,  soutient le ministre. À son niveau, conclut-il, il avait d’ailleurs déjà envoyé, « il y a une dizaine de jours », des messages aux gouverneurs de province pour qu’ils organisent des messes à la place des célébrations habituelles du 30 juin.

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula