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Togo : l’ANC de Jean-Pierre Fabre refuse la main tendue par Faure Gnassingbé

juillet 13, 2012
Jean-Pierre Fabre, leader du parti d'opposition (ANC). Jean-Pierre Fabre, leader du parti d’opposition (ANC). © Jean-Claude Abalo, pour J.A.

Une correspondance de la présidence de la République togolaise adressée jeudi 12 juillet au parti de l’opposant Jean-Pierre Fabre, de l’Alliance nationale pour changement (ANC), pour des consultations en vue de la formation d’un nouveau gouvernement, s’est heurtée à un refus catégorique.

L’Alliance nationale pour changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre vient de décliner l’offre du président de la République togolaise de prendre part à une « rencontre d’échanges », dans le cadre des consultations auxquelles procède le chef de l’État en vue de la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale, suite à la démission du Premier ministre et de son gouvernement », peut-on lire dans un communiqué du parti d’opposition. L’ANC fait ensuite mention des motifs de cette décision, estimant que le chef de l’État togolais agit « en violation de la Constitution et des lois de notre pays », notamment en ce qui concernent les violences policières et la révocation du mandat des parlementaires de l’ANC.

Même son cloche du côté du Collectif sauvons le Togo (CST). Ce regroupement de partis politiques et de défenseurs des droits de l’homme, qui a beaucoup fait parler de lui ces dernières semaines, n’entend pas non plus servir de béquilles au  pouvoir.

Quid de l’UFC ?

« Aucune entité du CST, aucun de ses responsables, ne participera à un gouvernement sous Faure Gnassingbé », a martelé Me Zeus Ajavon, Coordinateur du Collectif. L’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo, également membre du CST, a réitéré qu’il « n’entend pas non plus occuper un poste de Premier ministre sous Faure Gnassingbé ». « Je ne peux servir le père et le fils [feu le président Eyadéma Gnassingbé et Faure Gnassingbé, NDLR] », a juré M. Kodjo.

En refusant une énième « main tendue » du chef de l’État, le pouvoir pourrait désormais se ranger du côté des faucons de Lomé et se radicaliser vis-à-vis de l’opposition. Les petits partis, en quête de visibilité, pourraient alors se voir propulsés au devant de la scène politique. Et bien que l’Union des forces de changement (UFC) de « l’opposant historique » Gilchrist Olympio, se dise « serein » sur la suite des événements, sa prochaine participation au gouvernement n’est pas du tout assurée.

Jeuneafrique.com par Jean-Claude Abalo, à Lomé

Togo : manifestations de masse contre Faure Gnassingbé

juin 13, 2012

Les manifestants étaient innombrables à Lomé, les 12 et 13 juin. Les manifestants étaient innombrables à Lomé, les 12 et 13 juin. © Jean-Claude Abalo, pour J.A.

C’est une première depuis 2005 et l’arrivée au pouvoir de Faure Gnassingbé. Des milliers d’opposants politiques et de la société civile ont manifesté à Lomé mardi et mercredi, pour réclamer notamment le retrait de la réforme électorale votée par le Parlement le 25 mai. Une mobilisation violemment réprimée.

Deux jours d’émeute à Lomé suite à l’appel à manifester du collectif « Sauvons le Togo ». Mardi, des manifestants ont pris d’assaut Dékon, un grand centre commercial de la capitale, où ils ont passé la nuit. Ils ont été surpris mercredi matin par une pluie de grenades lacrymogène envoyées pas la police. Des échauffourées ont alors éclaté avant de prendre des allures de vraie guérilla urbaine, s’étendant à plusieurs quartiers de la capitale. Selon des informations partielles, on dénombrerait plusieurs dizaines de blessés parmi les opposants et deux policiers tués.

Le collectif « Sauvons le Togo » est un regroupement de partis de l’opposition et d’organisations de la société civile qui réclament le retrait de la réforme du code électoral et du découpage électoral voté à la fin de mai par le Parlement togolais, notamment en prévision des élections législatives et municipales d’octobre prochain. Ses membres réclament par exemple un mode de scrutin présidentiel à deux tours. En outre, ils demandent la mise en œuvre des recommandations du rapport de la Commission nationale des droits de l’homme relatif à la torture.

Journées « Togo mort »

Dans l’après-midi, des proches du gouvernement contactés par Jeune Afrique ne souhaitaient pas réagir. Les manifestations auraient rassemblé plusieurs centaines de milliers de manifestants, selon la presse locale. Des chiffres invérifiables, mais une chose est sûre : depuis 2005, après l’élection controversée de Faure Gnassingbé, c’est la première fois que la population répond massivement à l’appel de l’opposition à sortir dans la rue. « C’est un signal envoyé au gouvernement. Faure Gnassingbé et ses amis doivent comprendre que le peuple en a marre. Ils doivent partir », se déchaîne Me Zeus Ajavon, coordinateur du collectif. Ce mercredi, le Collectif a conclu la journée de mobilisation en lançant pour jeudi et vendredi une opération de désobéissance civile baptisée « Togo mort ».

Jeuneafrique.com par Jean-Claude Abalo, à Lomé