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Canada/Mesure historique : des porcs du Québec seront abattus aux États-Unis

novembre 25, 2020

Environ 95 000 porcs sont en attente d’abattage dans la province. Pour ne pas perdre cette viande, les producteurs québécois, qui ont toujours été fiers d’élever et de transformer leurs porcs localement, s’apprêtent à les envoyer chez nos voisins du Sud.

Les éclosions de COVID-19 parmi le personnel de deux abattoirs d’Olymel a réduit la capacité d'abattage de porcs dans la province.© /iStock Les éclosions de COVID-19 parmi le personnel de deux abattoirs d’Olymel a réduit la capacité d’abattage de porcs dans la province.

Les éleveurs de porcs sont en train de mettre la touche finale à un plan historique pour écouler leurs bêtes; un scénario nécessaire pour éviter d’euthanasier 95 000 porcs qui s’entassent actuellement dans les porcheries québécoises.

Les éclosions de COVID-19 parmi le personnel de deux abattoirs d’Olymel, ceux de Vallée-Jonction, en Beauce, et de Princeville, au Centre-du-Québec, expliquent notamment l’adoption de cette mesure exceptionnelle.Publicité

Ailleurs au pays, l’Ontario, le Manitoba et l’Alberta ont l’habitude d’exporter aux États-Unis. Or, le Québec, lui, a toujours tenu à ce que la viande soit transformée sur place. À quelques rares occasions, des porcs québécois ont été transformés à Red Deer, en Alberta, mais jamais une action concertée n’a dû être entreprise par les acteurs de l’industrie.

Tout indique que d’ici deux semaines, des camions-remorques débarqueront dans les fermes porcines et les animaux y monteront, en direction de Red Deer et vers les États-Unis.

Entre 5000 et 10 000 porcs par semaine devraient pouvoir être abattus en Alberta, mais c’est insuffisant. Les éleveurs espèrent donc pouvoir en vendre le plus possible aux États-Unis, même s’ils anticipent des pertes financières. Les éleveurs de porcs vont assumer le coût du transport des bêtes.

Les défis logistiques de cette opération sont immenses, selon le président des Éleveurs de porcs du Québec, David Duval, mais cela permettra de ne pas gaspiller d’animaux destinés à la consommation.

«On est très fiers de tout transformer au Québec et d’amener une valeur ajoutée au Québec. […] Mais de dire que je produis un produit qui va être transformé ailleurs, c’est le moins pire des scénarios», explique David Duval.

Ultimatum d’ici Noël

Plus la période des Fêtes approche, plus la situation devient critique. Durant les congés de Noël et du jour de l’An, les abattoirs du Québec fonctionnent habituellement à capacité réduite, ce qui crée un goulot d’étranglement. Il faut compter six journées d’abattage en moins, à raison de 40 000 porcs abattus par jour. C’est donc pourquoi les éleveurs gardent espoir de réduire le nombre de porcs en attente à 50 000 d’ici Noël en les écoulant aux États-Unis.

Chez Olymel, qui participe activement aux échanges visant à trouver des solutions, on ne souhaite pas commenter l’exportation de porcs aux États-Unis avant que l’opération ne commence. 

Le directeur des communications, Richard Vigneault, confirme cependant qu’un quart de travail a été ajouté à l’usine de Red Deer et que des heures supplémentaires ont été effectuées à l’abattoir d’Ange-Gardien, en Montérégie. Il précise qu’avec le protocole sanitaire de la COVID-19, il est extrêmement difficile d’organiser des quarts supplémentaires et que les heures supplémentaires se font sur une base volontaire uniquement.

Les représentants syndicaux des usines de Princeville et de Vallée-Jonction affirment que les travailleurs n’ont jamais été sollicités pour des heures supplémentaires depuis que les éclosions ont été maîtrisées.

Détourner les porcs ontariens

Olymel a accepté de faire abattre des porcs ontariens en Alberta plutôt qu’au Québec, un soulagement pour les éleveurs québécois qui déploraient la situation.

L’Ontario produit 24 000 porcs par semaine et 14 000 sont normalement transformés au Québec.

Le cabinet du ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, convient que les éleveurs «font face à d’importants défis» et dit suivre la situation de près. Le ministre n’était pas disponible pour répondre aux questions de Radio-Canada.

La semaine dernière, André Lamontagne dévoilait les détails de son plan pour accroître l’autonomie alimentaire. Il insistait notamment sur l’importance de transformer les produits d’ici au Québec.

Avec Maude Montembeault

Covid-19: des dizaines de milliers de visons contaminés abattus aux Pays-Bas

juillet 6, 2020

En mai dernier, deux employés d’élevage de visons avaient contracté le coronavirus. L’OMS soupçonne qu’il s’agisse du premier cas de transmission animal-homme.

Des cas de Covid-19 ont été signalés chez des visons dans 20 élevages aux Pays-Bas depuis le début de l’épidémie, conduisant à l’abattage de dizaines de milliers de ces petits mammifères, a déclaré ce lundi 6 juillet le ministère de l’Agriculture.

Les autorités néerlandaises ont démarré les abattages début juin après que les premières contaminations eurent été constatées, afin d’éviter qu’ils ne deviennent des foyers de contamination. «Au total, des contaminations ont été constatées dans 20 élevages de visons aux Pays-Bas», tous situé au sud du pays, a déclaré dans un communiqué le ministère de l’Agriculture.

La totalité des mammifères ont été abattus dans 18 de ces fermes. L’abattage des visons des deux derniers élevages suivra lundi, a ajouté le ministère, précisant que la dernière ferme où le virus a été officiellement détecté comptait 12.000 mères.

Les autorités ont établi en mai que deux employés d’élevages avaient «très probablement» contracté le Covid-19 via des visons. Ces deux cas sont susceptibles d’avoir été les «premiers cas connus de transmission» du nouveau coronavirus de l’animal à l’homme, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le gouvernement a par la suite interdit le transport de ces animaux et rendu le dépistage au Covid-19 obligatoire dans tous les élevages de visons des Pays-Bas, où ils sont élevés pour leur fourrure. En 2016, la plus haute instance judiciaire du pays a ordonné la fermeture des élevages de visons d’ici 2024.

Par Le Figaro avec AFP

Œufs contaminés: les Pays-Bas abattent des poules

août 7, 2017

Analyses d’oeufs dans un laboratoire vétérinaire à Munster, en Allemagne, le 4 août 2017 / © dpa/AFP/Archives / Guido Kirchner

Les éleveurs néerlandais pourraient abattre des millions de poules contaminées par un insecticide, le fipronil, conséquence d’une crise sur laquelle la Belgique a promis lundi « la transparence la plus complète » après avoir tardé à donner l’alerte.

L’ampleur du scandale est apparu au grand jour la semaine dernière aux Pays-Bas, où jusqu’à 180 élevages ont été bloqués et des rappels massifs ordonnés alors que les taux de fipronil –une molécule utilisée pour éradiquer le pou rouge sur les poules– dépassaient parfois largement les seuils autorisés par la réglementation européenne.

En grande quantité, le fipronil est considéré comme « modérément toxique » pour l’homme par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il est strictement interdit chez les animaux destinés à la consommation humaine.

La crise s’est ensuite propagée en Allemagne, en Suisse et en Suède, où des millions d’oeufs provenant des Pays-Bas –qui comptent près de 50 millions de poules pondeuses– ont été rappelés et détruits.

Certains éleveurs néerlandais ont commencé à détruire leur cheptel. Trois cent mille poules contaminées, qui atteignaient la limite d’âge de 18 à 24 mois pour la ponte, mais étaient de ce fait exclues du circuit de transformation alimentaire habituel, ont déjà été abattues, selon l’organisation agricole néerlandaise LTO.

Un à plusieurs millions de poules pondeuses pourraient connaître le même sort si les éleveurs estiment qu’il n’est plus rentable de les maintenir en vie, faute de débouchés pour les oeufs, a-t-elle prévenu dimanche soir.

– Manifestation –

Ulcérées, des organisations de défense des droits des animaux néerlandaises ont prévu de manifester lundi contre l’abattage, par gazage au CO2, de 60.000 poules prévu dans une ferme de la province de Drenthe (nord-est).

Dans les supermarchés néerlandais, les étals d’oeufs étaient peu garnis voire vides après les retraits massifs des derniers jours. « Nous travaillons d’arrache-pied pour tout remplir à nouveau », a déclaré René Roorda, directeur du Bureau central du commerce des denrées alimentaires (CBL).

Le gouvernement de La Haye a promis un plan d’aide d’urgence alors que le secteur estime déjà les pertes à « plusieurs millions d’euros ».

Des représentants des exploitations touchées aux Pays-Bas, en Belgique ou de Basse-Saxe (ouest de l’Allemagne) ont déjà annoncé qu’ils réclameraient des indemnités, une fois que les responsabilités auront été clairement établies.

Car aux Pays-Bas comme en Belgique, des enquêtes pénales sont en cours sur l’utilisation frauduleuse du fipronil. Dans le collimateur des enquêteurs, la société néerlandaise spécialisée dans la désinfection d’élevages ChickFriend, et son fournisseur belge Poultry-Vision, selon les médias.

En Belgique, 57 sociétés, représentant 86 poulaillers, sont suspectées d’être contaminées, soit un quart des 210 élevages de poules pondeuses du pays.

Elles font toutes l’objet de vérifications sur leurs contacts ou contrats avec ChickFriend depuis le 1er janvier 2017, a précisé à l’AFP Danny Coulier, président de l’organisation belge regroupant les éleveurs de poules et lapins. A ce jour, le taux de fipronil détecté dans leurs oeufs est très faible, en moyenne « dix fois inférieur » au seuil maximal autorisé.

– ‘Problème’ –

Samedi, l’Agence fédérale belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) a reconnu qu’elle avait connaissance depuis juin d’un « problème de fipronil dans le secteur avicole », mais elle n’en a informé les pays voisins, par un système d’alerte européen, que le 20 juillet.

L’Afsca explique cette discrétion, qui ne l’a apparemment pas empêchée de faire retirer des oeufs de certains supermarchés en juillet, par le fait qu’elle était tenue de respecter le « secret de l’instruction ».

Mais « ce n’est pas un argument: c’est la protection du consommateur qui doit prévaloir, et le principe de précaution », a tonné lundi matin le ministre belge de l’Agriculture Denis Ducarme sur la radio publique La Première.

Face aux critiques de l’opposition et aux demandes d’éclaircissements de son homologue allemand, il a commandé un « rapport circonstancié » sous 48 heures à l’Afsca et promis de « faire la transparence la plus complète ».

En France, le ministère de l’Agriculture a affirmé samedi que le pays n’était pas « concerné », même si un élevage du Pas-de-Calais (nord) est bloqué préventivement depuis le 28 juillet.

Romandie.com avec(©AFP / 07 août 2017 15h12)                

La Chine fait main basse sur les forêts africaines

mars 28, 2016

Abattage d'un arbre dans la concession La Compagnie équatoriale des bois, à 500 km à l'est de Libreville, au Gabon, en juillet 2006.

Abattage d’un arbre dans la concession La Compagnie équatoriale des bois, à 500 km à l’est de Libreville, au Gabon, en juillet 2006. Crédits : MAX HURDEBOURCQ / AFP
La voracité chinoise à l’égard des matières premières africaines n’a pas de limite : les minerais, le pétrole, la faune et la flore sont exploités de façon intensive. C’est le cas également du bois, dont 75 % de la production part pour la Chine, ce qui en fait la troisième matière première la plus importée par l’empire du Milieu.

Selon l’ONG Greenpeace, qui vient de publier une enquête à ce sujet, une grande partie des forêts est exploitée illégalement. Le bois est exporté brut vers la Chine où il est transformé avant d’être réexporté essentiellement vers l’Europe. Le tout dans des conditions souvent opaques. Le Cameroun, le Gabon, la République du Congo et le Mozambique sont en première ligne.

Lire aussi : La RDC, paradis du commerce illégal du bois ?

Greenpeace s’est ainsi penchée en particulier sur le bois en provenance du Cameroun et du Congo. Avec plus de 250 millions d’hectares, le bassin du Congo abrite la deuxième plus grande forêt de la planète. Elle fait vivre plus de 75 millions de personnes qui en dépendent pour leur subsistance, tout comme des espèces animales menacées comme les gorilles et les chimpanzés.

Un chiffre d’affaires de 6 milliards de dollars

L’enquête de l’ONG se concentre essentiellement sur la société camerounaise CCT (Compagnie de commerce et de transport) qui est le plus grand exportateur de grumes du pays. L’ONG a remonté la filière des forêts camerounaises au port chinois de Zhangjiagang (à l’est de la Chine), où les importateurs profitent d’une législation particulièrement laxiste. Cette zone de libre-échange construite en 1992 se trouve à une heure trente à peine de Shanghai.

Sur les quelque trois cents entreprises identifiées qui importent du bois d’Afrique, une trentaine concentre 80 % des volumes transportés. Parmi elles, Jiu Li Timber Industry, World Wood Trade, Allwin ou Huilong Goup… Il s’agit essentiellement d’entreprises de quatre provinces du Sud-Est : le Guangdong, le Zhejiang, Shanghai et le Jiangsu où se trouve le port de Zhangjiagang. C’est là, sur les rives du Yangtze, que se concentre l’essentiel de l’industrie chinoise du bois. Au total, le chiffre d’affaires de ces industriels du bois s’élève à 6 milliards des dollars.

Lire aussi : Le Gabon, partagé entre protéger et exploiter sa forêt

Mais le principal scandale de cette exploitation illégale est le commerce d’essences précieuses et protégées, comme le bois de rose en provenance de Madagascar. Un bois plutôt utilisé dans la fabrication de meubles pour une clientèle aisée. Dans le bassin du Congo existe plus de 10 000 espèces de bois tropicaux dont un tiers est endémique à cette région.

Entre 2000 et 2013, près de neuf millions d’hectares de forêts ont disparu. Une catastrophe pour la biodiversité. Au Gabon par exemple, l’exploitation illégale de Kevazingo, un bois précieux, est particulièrement réprimée. L’an dernier, vingt-six personnes, dont cinq Chinois, ont été arrêtées près de Makokou, dans le nord-est du Gabon, dans le cadre de la lutte contre l’exploitation illégale. Le Gabon est l’un des principaux exportateurs de cette essence rare d’Afrique centrale avec près de 18 000 m3 exportés chaque année. Ce bois sert à fabriquer des meubles massifs, des parquets et moulures ou encore des instruments de musique.

La Chine ferme les yeux

La demande en Kevazingo a explosé ces dernières années, faisant flamber son prix. Le mètre cube varie aujourd’hui entre 1 500 et 3 000 euros une fois en Chine, selon Luc Mathot, responsable de l’ONG Conservation Justice, à l’origine d’un rapport accablant qui dénonce une « véritable organisation mafieuse de blanchiment du bois et une corruption à tous les étages ».

Ces pays sont devenus tellement dépendants de la Chine qu’ils acceptent toutes les conditions posées par leur principal client. Selon l’Institut international pour l’environnement et le développement (IIED), 90 % du bois du Mozambique part ainsi pour la Chine, dont la moitié proviendrait d’exploitations illégales.

Si l’Union européenne et les Etats-Unis ont renforcé leur législation en matière d’importation de bois africain, la Chine en revanche ferme les yeux. Pour prévenir une déforestation sauvage, l’IIED a mis en place, il y a deux ans, un observatoire, qui réunit les autorités africaines, chinoises et les principaux forestiers du continent, conduisant la Chine à adopter un code de bonne conduite dans l’importation de bois d’Afrique. Pour les pays africains, cela doit aussi être l’occasion de mettre en place une industrie responsable du bois, aussi vertueuse que vitale pour leurs économies.

Lemonde.fr par Sébastien Le Belzicchroniqueur Le Monde Afrique, Hongkong

Sébastien Le Belzic dirige le site Chinafrica. info, un magazine sur la « Chinafrique » et les économies émergentes.