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Michaëlle Jean a pris ses fonctions à la tête de la Francophonie

janvier 5, 2015
 Michaëlle Jean est l'unique femme candidate au secrétariat général de l'OIF. © Vincent Fournier pour J.A.

Michaëlle Jean, en poste au secrétariat général de l’OIF. © Vincent Fournier pour J.A.

La Canadienne Michaëlle Jean a officiellement pris ses fonctions lundi de secrétaire générale l’Organisation internationale de la Francophonie, a annoncé l’OIF. Elle est la première femme et la première personne non africaine à être nommée à ce poste.

La cérémonie de passation avec son prédécesseur Abdou Diouf s’est déroulée au siège de l’OIF à Paris. Michaëlle Jean, âgé de 57 ans, est la troisième personne à occuper le poste de secrétaire général de la Francophonie. Elle succède au Sénégalais Abdou Diouf (2003-2014) et à l’Egyptien Boutros Boutros-Ghali (1998-2002).

Gouverneure générale et commandante en chef du Canada de 2005 à 2010, Mme Jean a conclu le mois dernier un mandat de plus de 4 ans à titre d’envoyée spéciale de l’UNESCO pour Haïti. Née le 6 septembre 1957 à Port-au-Prince, elle a également fait carrière pendant plus de 18 ans à la télévision publique canadienne Radio-Canada.

Mme Jean avait été désignée le 30 novembre dernier par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’OIF lors du 15e Sommet de la Francophonie à Dakar (Sénégal), pour un mandat de quatre ans. C’est la première fois que l’organisation a désigné un non-Africain pour la représenter, alors que l’Afrique concentre 90% de son action et représente la moitié des francophones dans le monde.

Plus haut responsable de l’OIF, le secrétaire général en est le porte-parole politique et le représentant officiel au niveau international. Il met en oeuvre l’action politique et diplomatique de la Francophonie. L’OIF compte 57 Etats et gouvernements membres, et 23 pays observateurs.

Romandie.com avec Jeuneafrique.com

La Canadienne Michaëlle Jean nommée nouvelle secrétaire générale de la Francophonie

novembre 30, 2014
 Michaëlle Jean est l'unique femme candidate au secrétariat général de l'OIF. © Vincent Fournier pour J.A.

Michaëlle Jean élue secrétariat général de l’OIF. © Vincent Fournier pour J.A.

Dakar – La Canadienne d’origine haïtienne Michaëlle Jean a été nommée au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) lors d’un huis clos des dirigeants dimanche à Dakar, a annoncé l’OIF.

Il s’agit de la première nomination d’une personnalité non africaine, modifiant une règle non écrite selon laquelle le secrétaire général vient d’un pays du Sud – certains revendiquaient même une chasse gardée africaine – tandis que l’administrateur appartient à un pays du Nord.

Cette ex-gouverneure générale du Canada, âgée de 57 ans, a été désignée par consensus et non à l’issue d’un vote des 53 pays membres de plein droit de l’OIF, a indiqué à l’AFP une source proche des discussions.

L’OIF a annoncé cette nomination sur son compte Twitter, précisant que Mme Jean prendra ses fonctions en janvier 2015.

Je remercie les chefs d’Etat et de gouvernement de la confiance qu’ils me témoignent en me désignant secrétaire générale de la Francophonie, a déclaré Mme Jean dans un communiqué transmis à l’AFP par son équipe de campagne.

Elle a rendu hommage à son prédécesseur, l’ex-président sénégalais Abdou Diouf, qui quittera ses fonctions fin décembre, après avoir dirigé l’OIF pendant 12 ans.

Je mesure la tâche qui m’attend et je veillerai à prendre grand soin de l’héritage que nous lègue le président Diouf, a ajouté Michaëlle Jean.

J’entends répondre aux besoins et aux attentes des Etats et gouvernements membres de l’OIF tout en donnant une nouvelle impulsion à la Francophonie, a-t-elle déclaré, plaidant pour une Francophonie moderne et tournée vers l’avenir.

Quatre autres candidats étaient en lice, tous Africains, pour ce mandat de quatre ans créé en 1997, qui a successivement été occupé par l’Egyptien Boutros Boutros-Ghali et Abdou Diouf.

Concouraient l’ex-président burundais Pierre Buyoya (65 ans), l’écrivain et diplomate congolais Henri Lopes (77 ans), l’ex-Premier ministre mauricien Jean-Claude de l’Estrac (66 ans) et l’ancien ministre équato-guinéen Agustin Nze Nfumu (65 ans).

L’hypothèse d’un vote, qui aurait constitué une première dans l’histoire de l’OIF, avait plané dimanche matin en l’absence de consensus avant le début du huis clos des dirigeants.

Romandie.com avec(©AFP / 30 novembre 2014 15h56)

OIF : désignation du secrétaire général, le sommet de la cacophonie

novembre 30, 2014

De g. à dr. : Abdou Diouf, François Hollande et Macky Sall, le 29 novembre à Dakar.
De g. à dr. : Abdou Diouf, François Hollande et Macky Sall, le 29 novembre à Dakar. © AFP

Dimanche, à Dakar, pendant que les chefs d’État membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) désignent à huis clos le nouveau secrétaire générale, à l’extérieur les hypothèses sur son identité et ses potentiels soutiens vont bon train.

Quel que ce soit le candidat qui aura été désigné ce dimanche pour succéder au Sénégalais Abdou Diouf en tant que secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), son sort s’est probablement décidé au sein du triangle d’or hôtelier de la capitale sénégalaise : le Terrou Bi, le Radisson Blu et le King Fahd Palace, où étaient logées la grande majorité des délégations officielles. Dans les deux premiers, situés sur la corniche ouest, les délégations ministérielles ont commencé à prendre leurs quartiers dès le 25 novembre, à la veille de l’ouverture de la 30e session de la Conférence ministérielle de la Francophonie. Autour du bar cosy du Radisson, qui fait face à l’océan, des diplomates en tenue décontractée tiennent conciliabule ou échangent d’aimables accolades. Venus de l’Île Maurice, du Vietnam, d’Égypte, des Seychelles, du Rwanda, du Québec ou de Tunisie, ministres et ambassadeurs bavardent entre homologues avec l’espoir de relever le principal défi de ce 15e sommet : aboutir au consensus qui, traditionnellement, est le mode de désignation du Secrétaire général de la Francophonie.

En 1997 (Boutros Boutros Ghali) comme en 2002 (Abdou Diouf), l’exercice n’avait pas posé de problème. En 2014, en revanche, il relève du casse-tête. Jusqu’à la dernière minute, une profusion de rumeurs contradictoires entouraient la décision tant attendue, et les spéculations allaient bon train sur la position de tel ou tel État. En dehors des quatre membres de l’océan Indien (Comores, Madagascar, Maurice, Seychelles), qui affichent  leur solidarité régionale en faveur du Mauricien Jean-Claude de L’Estrac, des trois entités canadiennes (Canada, Nouveau-Brunswick et Québec), unies derrière Michaëlle Jean, et des pays dont sont originaires Pierre Buyoya (Burundi), Henri Lopes (Congo) et Augustin Nzé Nfumu (Guinée-Equatoriale), le mystère planait sur les préférences des 43 autres membres de plein droit. Principale inconnue : les 21 autres États africains de l’OIF parviendraient-ils à s’accorder sur une candidature commune ?

Les 26 et 27 novembre, ce n’est pas dans le cadre bucolique du Radisson, que se sont déroulés les pourparlers mais dans les coursives du Centre international de conférences de Diamniadio – qui vient d’être rebaptisé par Macky Sall du nom d’Abdou Diouf. Soucieux d’aboutir à un compromis de dernière minute avant l’ouverture officielle du sommet, plusieurs délégations africaines ont proposé qu’une rencontre de la dernière chance réunisse, le 28 au soir, les chefs d’État hôtes des deux derniers sommets, Macky Sall et Joseph Kabila, ainsi que leurs homologues des quatre pays du continent présentant un candidat. Une initiative visant à proposer un candidat unique mais qui allait faire long feu.

Vendredi, après la session matinale clôturant la Conférence ministérielle, Dakar bruissait de rumeurs. Sur la petite corniche, au célèbre restaurant Le Lagon, l’ancien maire de Paris, Bertrand Delanoë, déjeunait à la table du maire de Dakar, le socialiste Khalifa Sall, voisinant avec divers journalistes et diplomates. Le matin même, Mediapart avait publié un article affirmant que le Français serait le candidat de dernière minute de l’Elysée en cas de blocage. Soudain, trois hommes entourés de gardes du corps font leur entrée, provoquant l’effervescence dans le restaurant: « C’est Michel Sleiman », chuchotent en chœur plusieurs clients ». Le nom de l’ancien président libanais est en effet cité depuis quelque semaines comme un recours possible pour débloquer la situation si nécessaire. Mais après vérification, il s’agissait en réalité d’un déjeuner entre le Premier ministre tunisien Mehdi Jomaa, son ministre des Affaires étrangères et le ministre desAffaires étrangères algérien.

Au Radisson, Jean-Claude de L’Estrac a passé le vendredi après-midi entre audiences et interviews, pendant qu’à quelques mètres de lui, la ministre québécoise des Affaires étrangères et de la Francophonie, Christine Saint-Pierre, abordait les délégués présents en compagnie de sa candidate. « Michaëlle Jean s’est présentée à eux, leur a parlé les yeux dans les yeux, très directement, et leur a expliqué pourquoi elle ferait une très bonne candidate pour le poste », raconte-t-elle à Jeune Afrique. Au même moment, à l’aéroport, les chefs d’État faisaient leur arrivée les uns après les autres, accueillis par Macky Sall, avant de gagner le King Fahd Palace, qui allait dès lors devenir l’épicentre des ultimes négociations.

Spéculations à la buvette

Samedi matin, à l’ouverture du sommet, 800 journalistes venus des quatre coins de l’espace francophone s’installent sous la tente prévue à leur intention. Contrariés de devoir suivre le sommet sur de petits écrans de télé, sans accès possible aux délégations officielles, certains préfèrent sécher les seize discours kilométriques inaugurant l’événement pour échanger des informations autour de la buvette, où les spéculations redoublent d’intensité. « L’Afrique soutient Henri Lopes », lance un journaliste proche de la présidence béninoise. « Je tiens de source élyséenne que Paris est derrière Michaëlle Jean », répond en écho un vieux routier de la presse panafricaine, tandis qu’un autre égrène la liste des pays d’Afrique qui auraient, selon ses sources, rallié la candidature canadienne : Sénégal, Mali, RDC, Bénin… « La Belgique soutiendrait Buyoya et la fédération Wallonie-Bruxelles rallierait le candidat africain en cas de consensus », croit savoir une journaliste belge. « Les candidats africains n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord », relativise un officiel de l’OIF qui passe par là.

De la salle de presse à la buvette, le sommet de la Francophonie vire à la cacophonie. Le huis clos strict des membres de plein droit, qui devait s’ouvrir ce dimanche à 10h30 GMT, avait la mission délicate de la convertir en consensus.

Jeuneafrique.com par Mehdi Ba et Pierre Boisselet, à Dakar

La Francophonie réunie à Dakar pour la succession d’Abdou Diouf

novembre 29, 2014

La Francophonie réunie à Dakar pour la succession d'Abdou Diouf
La Francophonie réunie à Dakar pour la succession d’Abdou Diouf © AFP

Plus de 35 chefs d’Etat et de gouvernement se réunissent samedi à Dakar pour désigner un successeur au Sénégalais Abdou Diouf à la tête de la Francophonie, lors d’un sommet dominé par les alternances politiques en Afrique et le péril Ebola.

Les pays membres l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) vont devoir trancher d’ici dimanche entre cinq candidats en lice et aucune tête d’affiche, même si le président français François Hollande a loué avant son départ les qualités de la seule candidate non africaine et seule femme, la Canadienne d’origine haïtienne, Michaelle Jean.

La voix de la France, qui se défend de jouer les faiseurs de rois et veut privilégier le consensus pour désigner le prochain secrétaire général à un moment charnière de l’OIF, pèse malgré tout au sein de l’organisation en sa qualité, notamment, de premier bailleur.

La Francophonie (57 Etats membres, 20 pays observateurs) représente 274 millions de locuteurs dans le monde.

Dirigé pendant douze ans par l’ex-président sénégalais, l’OIF, jusqu’alors connue pour ses missions de coopération dans le développement et de soutien à la langue française, a gagné en poids politique, grâce à la diplomatie d’influence dans les crises africaines pratiquée par M. Diouf auprès de ses anciens pairs.

La candidature de Mme Jean, ex-gouverneure générale du Canada, est très critiquée par certains pays africains représentant l’écrasante majorité des Etats membres et de la population de l’OIF.

Une règle non écrite veut que le secrétaire général soit issu d’un pays du Sud — certains estiment même qu’il doit rester une chasse gardée africaine – et que l’administrateur vienne du Nord.

Pourraient alors avoir leurs chances l’ex-président burundais Pierre Buyoya, l’ex-Premier ministre mauricien Jean-Claude de Lestrac, ou l’écrivain congolais Henri Lopes. L’Equato-Guinéen Agustin Nze Nfumu, a, lui, peu convaincu.

Une candidature de dernière minute est même possible: aucune date limite n’a été fixée, alimentant toutes les spéculations. Les discussions se dérouleront dimanche à huis clos, sans vote.

– Leçon du Burkina Faso? –

L’ouverture du XVe sommet, consacré aux femmes et aux jeunes, va être marquée par la passation de relais entre le président de la République du Congo (RDC), Joseph Kabila, hôte du précédent sommet en 2012, et celui du Sénégal, Macky Sall.

Reporters sans Frontières (RSF) a rappelé vendredi que le régime congolais, déjà accusé voici deux ans par Paris de violer les droits de l’homme, continuait de bafouer la liberté de la presse.

Ce sommet s’ouvre dans un contexte international « perturbé par les menaces récurrentes sur la paix, une crise économique aiguë » et le « péril d’Ebola qui annihile les efforts de développement » des Etats touchés, a résumé mercredi le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye.

Une vingtaine d’artistes d’Afrique de l’Ouest, dont les chanteurs maliens Amadou et Mariam et le rappeur burkinabé Smockey, ont exhorté les chefs d’Etat francophones à apporter une réponse politique à l’épidémie de fièvre hémorragique.

Selon plusieurs responsables gouvernementaux et d’organisations internationales réunis cette semaine à Dakar, la Francophonie devait investir « plus et mieux » dans la santé.

L’Afrique de l’Ouest est en proie à la pire épidémie d’Ebola depuis 38 ans, avec près de 5. 700 morts en presque un an, essentiellement dans trois Etats: Liberia, Sierra Leone et Guinée.

En coulisses, la chute de Blaise Compaoré, au pouvoir au Burkina Faso depuis 1987, épisode inédit qui a donné matière à réflexion à plus d’un chef d’Etat africain, devrait être de toutes les discussions.

François Hollande a donné le ton avant son arrivée à Dakar en exhortant les dirigeants à ne pas s’accrocher au pouvoir comme M. Compaoré, qui avait annoncé un projet de révision constitutionnelle pour lui permettre de briguer un nouveau mandat.

Le président français a estimé lors d’un entretien radio-télévisé vendredi que la destitution du président burkinabé sous la pression populaire pouvait « servir de leçon à beaucoup de chefs d’Etat, et pas seulement en Afrique ».

S’agit-il pour autant des prémices d’un « printemps africain » ? Abdou Diouf, qui se retire ce week-end de la vie publique à 79 ans avec la réputation d’un vieux sage, a dit ne pas « du tout » y croire.

Jeuneafrique.com avec AFP

La Francophonie confrontée au casse-tête de la succession d’Abdou Diouf

septembre 28, 2014

La Francophonie confrontée au casse-tête de la succession d'Abdou Diouf
La Francophonie confrontée au casse-tête de la succession d’Abdou Diouf © AFP

Après 12 ans sous la férule de l’ancien président sénégalais Abdou Diouf, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) se trouve face au casse-tête de sa succession fin novembre à Dakar, pour laquelle les candidats se comptent sur les doigts d’une main.

« Il faut quelqu’un qui soit à la fois secrétaire et général », résume une source proche de l’organisation, qui compte une soixantaine de membres et 20 observateurs pour 220 millions de locuteurs à travers le monde.

Parfois décriée pour son manque de poids, l’OIF est à une période charnière. « L’après-Diouf est crucial pour voir où va aller l’OIF, voir ce qu’elle va devenir », estime un diplomate, soulignant le charisme de M. Diouf qu’on avait fini par confondre avec la fonction.

Le profil désiré était celui d’un ancien chef d’Etat ayant « l’oreille » de ses anciens collègues, mais diplomates et hommes politiques ont revu l’objectif à la baisse: aucun candidat ne correspond !

La France, qui n’a pas encore pris position, espérait même l’émergence d’un candidat de la société civile. « Chanteur, écrivain, artiste. . . Pourquoi pas? Cette règle d’un ancien chef d’Etat n’est pas inscrite dans le marbre », selon une source au Quai d’Orsay.

– Michaelle Jean, une longueur d’avance –

La Canadienne Michaelle Jean semble avoir une longueur d’avance sur ses quatre concurrents. Gouverneure générale de son pays de 2005 à 2010, et envoyée spéciale de l’Unesco pour Haïti, cette ancienne journaliste de 57 ans connaît à la fois la maison, puisqu’elle a été grand témoin de la Francophonie aux jeux Olympiques de Londres 2012, et les rouages des grandes organisations mondiales.

Elle a aussi l’avantage d’être du Sud avec ses origines haïtiennes, tout en étant soutenue par un des plus grands bailleurs de l’OIF, le Canada (mais aussi ses provinces de Québec et du Nouveau-Brunswick, membres à part entière).

Mme Jean veut mettre en place « une stratégie économique pour la francophonie ». « On ne peut pas penser désamorcer des crises (. . . ) si on ne pense pas aussi au développement », assure-t-elle, soulignant l’importance de l’éducation, « arme de construction massive ».

Autre atout, une femme pourrait donner à l’OIF une image plus dynamique. Toutefois, sa candidature de se heurte à un obstacle de taille: elle n’est pas Africaine.

– ‘Défaite diplomatique africaine’ ?-

Une règle non écrite veut en effet que le secrétaire général soit une personne du Sud –certains estiment même qu’il doit rester une chasse gardée africaine –, alors que de nombreux postes de haut niveau sont occupés par des gens du Nord.

Mme Jean en est consciente et n’hésite pas à évoquer ses origines haïtiennes et l’esclavage: « Je suis reçue comme une sœur, comme une fille de l’Afrique ».

Une source diplomatique du continent noir souligne: « Un secrétaire général non africain pourrait être perçu comme une défaite diplomatique africaine. En plus cela bouleverserait la géopolitique de l’institution. . .  »

Le Gabonais Jean Ping, ancien président de la commission de l’Union africaine et diplomate reconnu, présentait un profil idéal mais on lui prête des ambitions présidentielles dans son pays et il a décliné les approches.

Médiateur estimé en Afrique, l’ancien président burundais Pierre Buyoya (1987-1993, 1996-2003) devrait être barré, sauf surprise, par son passé d’ancien putschiste dans son pays semble vouer sa candidature à l’échec.

Du coup, l’ex-Premier ministre mauricien, Jean-Claude De Lestrac, secrétaire général de la Commission de l’Océan indien, pourrait tirer son épingle du jeu.

Des pays africains ont accepté de tirer un trait sur Buyoya mais pas sur une candidature africaine. « De Lestrac s’est retrouvé en tête de liste », confie-t-on de source africaine.

L’écrivain congolais Henri Lopes, déjà candidat au poste par le passé, joue sur le même registre mais son âge, 77 ans, et ses postes de ministres sous Denis Sassou Nguesso sont un handicap. Il est actuellement ambassadeur du Congo à Paris.

Le cinquième et dernier candidat, l’Equato-Guinéen Agustin Nze Nfumu ne semble avoir aucune chance. Mais, La Guinée largement hispanophone a peut être les moyens de peser avec ses pétrodollars alors que l’OIF a du mal à se financer.

Lors du sommet de Dakar fin novembre, les chefs d’Etat décideront à huis clos. Derrière les portes closes, les règles non écrites pourront alors être adaptées. Ou pas.

Jeuneafrique.com

Abdou Diouf, le visage de la Francophonie

septembre 24, 2014
Abdou Diouf, le visage de la Francophonie

Abdou Diouf, le visage de la Francophonie

Elu en octobre 2002, Secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) en remplacement de l’Egyptien Boutros Boutros-Ghali, Abdou Diouf quittera ses fonctions lors du prochain sommet de la Francophonie prévu en novembre prochain à Dakar (Sénégal).

L’ancien président sénégalais (1981-2000) qui avait accepté de prendre les rênes de l’OIF sur demande « insistante » de son ami Jacques Chirac, alors président de la France, est devenu ces 14 dernières années le visage de la Francophonie. Son expérience et son riche parcours politique à  la tête de l’Etat du Sénégal lui ont été des atouts certains dans sa fonction de Secrétaire général de l’OIF. Nommé à  28 ans, directeur de cabinet puis ministre à  33 ans sous le régime du défunt président-poète Léopold Sedar Senghor, Diouf devient en janvier 1981, Chef de l’Etat du Sénégal à  la faveur de la démission de Senghor qui se retire de la vie politique pour s’installer en Normandie (France). Il a rempila à  trois reprises à  la magistrature suprême de son pays.

En 2000, malgré la volonté manifeste de changement au Sénégal, son entourage l’incite à  se représenter pour un ultime mandat. Ce fut l’élection de trop. Mais Diouf sort de l’épreuve la tête haute : il reconnait immédiatement sa défaite et félicite son adversaire. Lui qui disait – par modestie sans doute – ne pas bien connaitre la francophonie est pourtant devenu au fil des ans le porte-étendard de la préservation de la Langue française. Aux détracteurs de l’OIF il répond sans ambages : «Si le français n’existait pas, il faudrait l’inventer». Après un mandat de quatre ans, Abdou Diouf est reconduit sans surprise, à  son poste quatre ans plus tard à  Bucarest (Roumanie) puis de nouveau à  Montreux (Canada) en 2010.

A chacun de ses mandats, l’ex-président sénégalais a un calendrier très chargé, car, il conduit les activités politiques et diplomatiques de la Francophonie au service de la paix, de la démocratie et des droits de l’Homme. Pour de nombreux observateurs, c’est sous son magistère que l’organisation aura connu un dynamisme à  nul autre pareil depuis sa création. Diouf s’est en effet beaucoup investi pour la résolution de conflits sur le continent africain et dans le monde.

A plusieurs reprises il a conduit des missions d’observation électorale de l’OIF dans des pays en crise comme à  Madagascar, au Mali, et en Guinée entre autres. A ce titre il aura contribué à  ramener la paix et la démocratie dans ces pays. Par ailleurs, Abdou Diouf a reçu de nombreuses distinctions pour récompenser ses initiatives. Cet amoureux de la langue et de la culture franà§aise comme la quasi-totalité des dirigeants de sa génération, est un pur produit de l’école coloniale française.

Né en 1935 à  Louga (nord du Sénégal), dans une famille musulmane modeste (son père était postier), il a mené des études brillantes à  Saint-Louis, puis à  Dakar, avant de faire des études de droit à  Paris. Diouf sort major de l’Ecole nationale de la France d’outre-mer, le creuset de l’administration coloniale.

En 1960, à  l’indépendance du Sénégal, le jeune Diouf se met au service de son nouvel Etat, et ne tarde pas à  se faire remarquer par l’homme qui va influer tout le reste de sa vie : Léopold Sédar Senghor, premier président du Sénégal. Abdou Diouf est marié à  une catholique métisse (père syrien et mère sénégalaise), Elizabeth.

Apanews.net

Mali – OIF : Dioncounda Traoré, le lièvre de Bamako

août 18, 2014
En avril 2012 il avait pris les rênes du pays après le coup d'État de la junte. © PIUS UTOMI EKPEI / AFP

En avril 2012 il avait pris les rênes du pays après le coup d’État de la junte. © PIUS UTOMI EKPEI / AFP

Après des mois d’hésitations, l’ancien chef de l’État malien se lance enfin dans la course pour succéder à Abdou Diouf à la tête de l’OIF. Le soutien du président IBK suffira-t-il à compenser ce départ tardif ?

La rumeur a couru des mois avant de s’éteindre, et son nom avait rejoint la cohorte des successeurs fictifs, pour ne pas dire fantasmés, d’Abdou Diouf à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Finalement, c’est quand on ne l’attendait plus que Dioncounda Traoré, 72 ans, a fait acte de candidature au poste de secrétaire général de l’institution basée à Paris.

Dans une lettre adressée le 31 juillet à Abdou Diouf, l’ambassadeur du Mali en France a notifié la décision de Bamako de faire concourir celui qui eut à gérer la transition après le coup d’État de mars 2012, avant de transmettre le pouvoir à Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) en septembre 2013. Des notes verbales ont également été envoyées aux ambassadeurs du Mali en poste dans les pays membres de l’OIF, afin qu’ils « vendent » sa candidature.

Mais curieusement, IBK n’en a pas parlé à ses pairs lors du sommet États-Unis – Afrique, au début du mois à Washington, et certains de ses proches n’étaient même pas informés quand la nouvelle est tombée, le 6 août. « Une équipe est en train de se mettre en place à la présidence », explique pourtant un conseiller de Traoré. Elle devrait être coordonnée par Mohamed Alhousseyni Touré, le directeur de cabinet d’IBK. Selon cette même source, « le président a promis son aide à Dioncounda » lors d’un tête-à-tête, en juillet.

Encore président par interim, Il en parlait avec Fabius

Keïta n’est toutefois pas très à l’aise avec cette candidature, qu’il n’a pas suscitée. C’est Traoré qui a décidé d’y aller. La maturation fut longue. En avril 2013, alors qu’il était encore président du Mali par intérim, il en parlait déjà avec Laurent Fabius, le chef de la diplomatie française. Puis, après la fin de la transition, certains chefs d’État africains l’ont sondé sur ses ambitions : « L’OIF, ça t’intéresse ? »

Le Mali lorgne déjà deux postes importants en ce moment : la présidence de la BAD et la direction Afrique de l’OMS.

C’est en juin dernier que Traoré a franchi le pas. Il a d’abord envoyé un émissaire en Côte d’Ivoire pour sensibiliser l’entourage du président Alassane Ouattara, puis a mandaté l’un de ses proches à Paris. Reçu par Hélène Le Gal, la conseillère Afrique de François Hollande, l’émissaire est revenu avec ce message : « Pas de problème avec votre candidature, mais attention, le temps file ! »

C’est alors que Traoré, qui fut membre du gouvernement Keïta dans les années 1990, a demandé son soutien au président. « IBK ne pouvait pas dire non », explique l’un de ses proches. Reste que le Mali lorgne deux postes importants en ce moment : la présidence de la Banque africaine de développement (BAD) et la direction Afrique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). À trop courir de lièvres…

Fabius se démène pour dénicher la perle rare

Pour que le Mali l’emporte lors du sommet de Dakar, en novembre, IBK devra pourtant mouiller la chemise. Certes, Traoré répond à l’attente de Paris de voir un candidat de poids émerger du continent. Depuis des mois, Fabius se démène pour dénicher la perle rare. Jean Ping et Blaise Compaoré ont refusé. Le Malien dispose d’un CV solide : ancien chef d’État, ancien président de l’Assemblée nationale, ancien ministre, ancien opposant sous la dictature de Moussa Traoré et – atout non négligeable – homme de gauche…

Mais il s’est lancé tard dans la course. Rien ne dit qu’il obtiendra le soutien du continent ni même de Paris, où l’on semble s’être fait une raison après avoir tout tenté pour trouver un candidat qui ferait l’unanimité en Afrique. Officiellement, « aucune décision n’a été prise », indique-t-on à l’Élysée, mais la candidature de la Canadienne Michaëlle Jean est étudiée de très près.

Autre handicap : Traoré est discret, peut-être trop. « Il n’a ni l’envergure d’Abdou Diouf ni son autorité », estime un diplomate français. Le 14 août, après un séjour à Séoul (à l’invitation de l’Église de l’unification, fondée par le révérend Moon), il sera de passage en France pour y lancer sa campagne. Il lui reste moins de quatre mois pour montrer qu’il est un meilleur candidat que Michaëlle Jean, aujourd’hui favorite, et que trois autres Africains : le Mauricien Jean Claude de l’Estrac, le Congolais Henri Lopes et le Burundais Pierre Buyoya.

Jeuneafrique.com par Rémi Carayol

RDC : Abdou Diouf décoré du « Grand cordon Kabila-Lumumba »

avril 15, 2014
 Abdou Diouf  décoré par Joseph Kabila

Abdou Diouf décoré par Joseph Kabila

Arrivé à la fin de son mandat à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), Abdou Diouf a été décoré lundi soir à Kinshasa du plus haut grade de l’ordre national du mérite en RDC.

« Autrement, ce serait de l’ingratitude. Abdou Diouf a beaucoup fait pour la RDC », lâche un proche de Joseph Kabila. Le 14 avril au soir, à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, le président congolais a honoré l’ancien président sénégalais en le décorant de la médaille du Grand cordon Kabila-Lumumba, le plus haut grade de l’ordre national de la RDC.

Pour les autorités congolaises, c’est une façon de reconnaître « mérites et loyaux services que [Abdou Diouf] a rendus dans la promotion des valeurs que prône l’OIF dont la RDC assure la présidence ».

Ce qu’Abdou Diouf a fait pour la RDC

À ceux qui se demandent ce qu’Abdou Diouf, 78 ans, a fait pour la RDC, à Kinshasa, on rappelle notamment que l’ancien président sénégalais est celui qui a « encouragé son compatriote Moustapha Niasse à accepter d’être le facilitateur du dialogue inter-congolais en Afrique du Sud lorsqu’une partie du pays était occupée par divers groupes rebelles ».

En décernant la haute distinction honorifique à Abdou Diouf, Joseph Kabila voulait également le remercier d’avoir pesé de tout son poids pour que la RDC accueille le XIVe Sommet de la Francophonie en 2012. « C’est lui qui a même convaincu François Hollande de faire le déplacement à Kinshasa », soutient une source proche de la présidence congolaise.
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Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula

Sommet de la francophonie : bras de fer Hollande-Kabila

juillet 19, 2012

François Hollande (g.) et Joseph Kabila. François Hollande (g.) et Joseph Kabila. © AFP

Joseph Kabila paraît de plus en plus agacé par son homologue français, François Hollande. Celui-ci, on le sait, pose des conditions à sa venue au Sommet de la francophonie, en octobre, à Kinshasa.

François Hollande viendra-t-il en octobre à Kinshasa pour le Sommet de la francophonie ? La décision du nouveau locataire de l’Élysée serait conditionnée à une réforme de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), qui garantirait la transparence des futures élections provinciales, et au jugement des « vrais coupables » dans l’affaire Floribert Chebeya.

Le 7 juillet, lors d’une réunion de haut niveau dans la capitale, le chef de l’État congolais a confié à ses collaborateurs qu’il ne se sentait pas tenu d’obtempérer à ces demandes françaises. « De toute façon, j’ai la guerre à l’Est », a-t-il ajouté. Le conflit du Nord-Kivu pourrait lui servir de prétexte pour proposer un report du sommet… Signe de cette fermeté : le lendemain, le 8, le journaliste belge Thierry Michel, qui venait présenter son film sur l’affaire Chebeya, s’est fait refouler de l’aéroport de Kinshasa. Aussitôt, Paris a « regretté profondément » cette décision.

« Coup de bluff »

« La Francophonie, c’est surtout la France. Si le président français ne venait pas à Kinshasa, nous pourrions nous interroger sur l’opportunité du sommet », convient un haut responsable politique congolais proche de Kabila. Dans les milieux diplomatiques, on préfère plutôt parler de « bras de fer » et de « coup de bluff » entre Paris et Kinshasa. Avec un espoir : « Que les choses bougent en septembre. » C’est en tout cas ce qui est ressorti de l’entretien entre Abdou Diouf, secrétaire général de l’OIF, et Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale congolaise, le 11 juillet, à Bruxelles. Deux jours plus tôt, Abdou Diouf avait été reçu à l’Élysée par François Hollande. Qui a rappelé ses exigences pour envisager un déplacement à Kinshasa. « La balle est dans le camp congolais », conclut une source proche de ce dossier.

Jeuneafrique.com

Le Président Alassane Ouattara a reçu en audience M. Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie

août 4, 2011