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Présidence de la Commission de l’UA : forces et faiblesse des trois favoris

janvier 29, 2017

Zoom sur les trois principaux candidats à la succession de la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma. L’élection aura lieu durant le 28e sommet de l’Union africaine, les 30 et 31 janvier.

La présidente de la Commission de l’Union africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, en novembre 2015. Crédits : Darrin Zammit Lupi/REUTERS
Si le passage de flambeau de la présidence de l’Union africaine (UA) entre le président tchadien Idriss Déby et son homologue guinéen Alpha Condé semble une affaire entendue, il n’en va pas de même pour la succession de la présidence de la Commission de l’organisation panafricaine.

Lors du 28e sommet de l’UA, qui se déroulera les lundi 30 et mardi 31 janvier à Addis-Abeba, l’organe exécutif de l’UA doit être entièrement renouvelé. Qui succédera à la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, au bilan très décevant ?

Rien ne permet à ce stade de dire qui des cinq candidats en lice pour la présidence de la Commission de l’Union africaine emportera le vote prévu lundi, mais trois candidats abordent cette élection avec le statut de favori.

  • Abdoulaye Bathily, Sénégal

Plusieurs fois ministre au Sénégal, Abdoulaye Bathily, 69 ans, est assuré du soutien de la Commission économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). L’organisation sous-régionale entend tirer les dividendes de son succès dans la gestion de la crise postélectorale gambienne pour donner des meilleures chances d’être élu à son candidat.

A en croire sa profession de foi, M. Bathily mise également, pour succéder à la Sud-Africaine NKosazana Dlamini-Zuma, sur son expérience dans la gestion des crises africaines. En effet, en sa qualité de représentant du secrétaire général des Nations unies en Afrique centrale, il a été fortement impliqué dans la recherche des solutions aux crises postélectorales au Burundi, au Gabon, au Congo-Brazzaville.

Il doit toutefois faire face aux critiques qui le présentent comme le candidat du Maroc, en raison de la trop grande proximité de la diplomatie sénégalaise avec Rabat.

  • Moussa Fakhi Mohamed, Tchad

Ministre des affaires étrangères du Tchad depuis 2008, M. Fakhi Mahamat, 56 ans, est un fidèle parmi les fidèles du président tchadien Idriss Déby Itno, actuel président en exercice de l’Union africaine. Outre sa connaissance des grands dossiers internationaux, le chef de la diplomatie tchadienne entend faire de l’engagement de son pays dans la lutte contre le terrorisme un argument électoral. Ce n’est pas le moindre atout dans le contexte actuel de la menace terroriste en Afrique.

Sa prétention à succéder à Mme Dlamini-Zuma est cependant affaiblie par l’absence de consensus sur une candidature unique en Afrique centrale, sous-région dont il est originaire. De plus, une partie de la société civile tchadienne milite contre sa candidature en mettant en avant l’absence de démocratie et le non-respect des droits de l’homme au Tchad. Pour ne rien arranger à sa candidature, s’y ajoute l’étiquette de candidat de l’Algérie.

  • Amina Mohamed, Kenya

Réputée « grande bosseuse », Amina Mohamed, 55 ans, ministre des affaires étrangères kényanes depuis 2013, présente un profil moins clivant que les deux autres favoris du scrutin. Elle jouit également d’une grande connaissance de la communauté internationale pour avoir été directeur adjointe du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et ambassadrice de son pays auprès de l’ONU à Genève. Atout non négligeable, Mme Mohamed bénéficie du soutien total de l’Autorité intergouvernementale pour le développement en Afrique de l’Est (IGAD).

Par ailleurs, elle pourrait tirer profit du rapprochement récent entre l’Afrique du Sud et le Kenya, première économie d’Afrique de l’Est. La position constante de son pays contre la Cour pénale internationale (CPI) très décriée au sein de l’UA pourrait également lui attirer des voix si elle devait départager MM. Bathily et Fakhi.

En revanche, la décision unilatérale de son pays de retirer à la fin de l’année 2016 ses troupes de la force africaine de paix en Somalie (Amisom) pourrait se retourner contre elle le jour du scrutin. Elle devra aussi compter avec le fait que son compatriote Eratus Mwancha a occupé pendant huit années le poste de vice-président de la Commission de l’UA.

Le ministre équato-guinéen Agapito Ba Mokuy, 51 ans, et l’ancienne ministre botswanaise Pelonomi Venson-Moitoi, 65 ans, devraient, quant à eux, plutôt jouer les trouble-fête, même si la désignation du président de la Commission obéit surtout à des critères politiques.

Lemonde.fr par Seidik Abba, chroniqueur Le Monde Afrique, Addis-Abeba, envoyé spécial

Congo/Brazzaville : les quartiers sud quadrillés par l’armée après les violences de lundi

avril 5, 2016

Brazzaville – Les quartiers sud de Brazzaville étaient quadrillés mardi matin par un important dispositif militaire au lendemain d’échanges de tirs ayant contraint des milliers d’habitants apeurés à fuir vers le centre de la ville, a constaté un journaliste de l’AFP.

Alors que des échanges de feu avaient encore été entendus lundi en fin d’après-midi, la nuit a été calme.

Les bérets noirs de l’armée ont pris la relève des éléments de la garde républicaine qui avaient occupé les principaux points stratégiques lundi. L’armée a mis en place de nombreux barrages filtrant, et le soldats fouillaient les rares véhicules circulant, et les piétons, peu nombreux.

Après les violences de la veille, les quartiers sud semblaient émerger très lentement de leur torpeur, les habitants ayant fuit ne semblant pas vouloir pour l’instant rentrer chez eux.

Au Grand Marché Total, porte des quartiers sud, les étals étaient vides et désertés par la quasi-totalité des vendeurs vers à 09H00 (08H00 GMT), et les chalands peu nombreux.

Au marché Bourreau de Makélékélé, de rares vendeurs offraient des fruits, des légumes, des haricots, des oignons. Quelques acheteurs passaient en hâte pour de menus achats et disparaissaient rapidement.

Sur l’avenue de l’OUA, qui relie le sud au centre de la ville, quelques minibus circulaient dans les deux sens. La circulation, habituellement encombrée, était parfaitement fluide.

Des milliers d’habitants du sud de Brazzaville ont fui leurs quartiers lundi après plusieurs heures d’échanges de tirs et de canonnades provoqués selon le gouvernement congolais par une attaque menée par un nombre indéterminé d’hommes armés contre des bâtiments publics.

Le représentant spécial de l’ONU pour l’Afrique centrale, préoccupé, a appelé lundi les protagonistes d’affrontements au sud de Brazzaville à la retenue et à faire preuve de responsabilité face à la panique ayant poussé des milliers d’habitants à fuir, dans un communiqué daté de Libreville parvenu mardi à l’AFP.

Le Représentant spécial du Secrétaire général appelle toutes les parties prenantes congolaises, notamment les acteurs politiques, et les forces de défense et de sécurité, à faire preuve de retenue et de responsabilité, a écrit Abdoulaye Bathily, représentant de Ban Ki-moon pour l’Afrique centrale, condamnant ces actes de violence.

M. Bathily leur a demandé de ne pas compromettre les précieux acquis après une longue période d’instabilité, exhortant à la recherche du consensus en vue d’une solution pacifique durable.

Les autorités n’ont fourni aucun bilan en pertes de vie humaines de ce qui s’apparente selon elles à une véritable action terroriste et ont indiqué enquêter en vue d’établir s’il existe un lien entre ces attaques et les candidats de l’opposition ayant contesté la réélection du président Denis Sassou Nguesso à l’issue de la présidentielle du 20 mars, dont la victoire a été validée lundi soir par la Cour constitutionnelle.

Romandie.com avec(©AFP / 05 avril 2016 12h56)

Congo: Bathilly arrive à Brazzaville, Sassou promulgue sa constitution, suivi de la lettre de François Hollande

novembre 8, 2015

« Un médiateur chez le médiateur », tel serait le titre du feuilleton politique qui se joue au Congo-Brazzaville au lendemain du référendum controversé du 25 octobre 2015.

 

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Répétition

En politique comme dans tous les autres domaines, on assiste à d’étranges scènes répétitives où les réflexes dictatoriaux du passé deviennent des symptômes du présent. C’est très souvent sur le champ de la politique que l’on peut avoir le sentiment troublant et parfois désespérant que l’Histoire en Afrique et en Extrême Orient ( Corée du nord) repasse les plats (elle se répète) , ramenant l’actualité du Congo-Brazzaville au Burundi de Pierre Nkurunziza où le changement de Constitution a débouché à la déstabilisation de ce petit pays des Grands Lacs.

Aujourd’hui, en effet, c’est le Congo-Brazzaville de Denis Sassou Nguesso, un petit pays pétrolier d’Afrique centrale, qui défraie la chronique par ses étranges comiques de répétition, cela avec un sentiment particulier de déjà vu en Afrique où les présidents rechignent de décrocher et de passer la main.

Médiation

Ironie de l’histoire, Denis Sassou Nguesso, médiateur dans la crise centrafricaine doit s’ouvrir à la médiation de l’envoyé spécial de l’ONU en Afrique Centrale, Abdoulaye Bathily, en vue de la résolution de la crise née du scrutin référendaire du 25 octobre 2015 très largement déserté par les populations du Congo-Brazzaville.
Denis Sassou Ngueso veut prendre tout le monde de court : l’IDC-FROCAD, Abdoulaye Bathily et la communauté internationale qui manque de fermeté à son égard. L’homme d’Edou/Penda veut passer en force, avec, en prime, un bras d’honneur au reste du monde.

Promulgation

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Ainsi, contre vents et marées, Sassou Nguesso a promulgué, vendredi 6 novembre, la nouvelle Constitution, adoptée par référendum le 25 octobre 2015. Un référendum contesté par la plate-forme IDC-FROCAD et dont les résultats ont été avalisés vendredi 6 octobre 2015 par la Cour Constitutionnelle d’Auguste Iloki. Selon les chiffres officiels, 94 % des électeurs ont approuvé la Constitution. L’alliance IDC-FROCAD a rejeté avec véhémence ces résultats sortis du chapeau d’Henri Bouka, tel un prestidigitateur. La promulgation de la nouvelle Constitution coïncide avec l’arrivée chez le médiateur de la crise centrafricaine, à Brazzaville, d’Abdoulaye Bathily, l’envoyé spécial de l’ONU en Afrique centrale, venu pour tenter de relancer le dialogue entre Sassou Nguesso, le PCT, les épigones du « chemin d’avenir » et l’alliance IDC-FROCAD. Est-ce un hasard ou un pied de nez à l’endroit de la communauté internationale ?

En tout cas, la promulgation de la constitution de Sassou ressemble à un camouflet au médiateur sénégalais Abdoulaye Bathily. Pour Sassou Nguesso, « j’y suis, j’y reste ». La page est tournée. Que ceux qui souhaitent prendre son fauteuil aillent voir ailleurs s’il y est.

Résistance

L’IDC-FROCAD ne l’entend pas de cette oreille et n’entend pas se coucher. Elle va maintenir la pression jusqu’au retrait de la Constitution. Sous quelle forme ? Un dialogue de sourd s’est installé entre les deux camps. Et, un véritable bras de fer est engagé entre Denis Sassou Nguesso, le PCT, les épigones du « chemin d’avenir » d’une part et la plate-forme IDC-FROCAD d’autre part. Denis Sassou Nguesso et Pierre Nkurunziza, même combat de dictateur ? Abdoulaye Bathily a essuyé un échec en tentant de ramener Nkurunziza à de meilleurs sentiments au Burundi. Réussira-t-il sa mission auprès de Denis Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville ? Abdoulaye Bathily démentira-t-il sa réputation de looser dans la résolution des crises en Afrique Centrale qui lui colle sur la peau comme la tunique de Nessus ? Abdoulaye et Hollande même hypocrisie ?

Benjamin BILOMBOT BITADYS

Congo: Dialogue entre le pouvoir et l’Opposition ce vendredi 23 octobre:

octobre 23, 2015
Restons mobilisés! Soyons prêts!

Les entourloupes et les enfarinages, nous en avons l’habitude avec monsieur Sassou Nguesso. Cette fois-ci, soyons prêts à relancer la désobéissance civile dès le samedi 24 octobre 2015 au cas où Sassou n’annoncerait pas le retrait de son projet macabre.

Souvenez-vous de ce qui s’est passé au Burundi avec le même Abdoulaye Bathily comme médiateur.

Centrafrique: médiation internationale à Bangui après les récentes violences

octobre 18, 2014

Bangui – Une délégation de la médiation internationale dans la crise centrafricaine était en visite à Bangui samedi pour rencontrer autorités et groupes armés afin de ramener le calme après les violences qui ont fait une vingtaine de morts depuis 15 jours.

Cette visite, à l’initiative du président congolais Denis Sassou Nguesso, le médiateur dans la crise centrafricaine, était notamment composée du chef de la mission de l’ONU en Afrique centrale, Abdoulaye Bathily, et du ministre congolais des Affaires étrangères, Basile Ikouébé.

La médiation a rencontré les autorités de transition et s’est entretenue à huis-clos avec les groupes armés. Il s’agissait de voir comment aujourd’hui ramener le calme, la sérénité dans ce pays pour une transition apaisée après les violences de ces derniers jours, a déclaré Abdoulaye Bathily dans un entretien à la presse présidentielle à son arrivée à Bangui.

Nous condamnons ces évènements. Nous voulons que les Centrafricains se remettent ensemble, se parlent, dialoguent. C’est par le dialogue, le débat d’idées qu’on sortira de cette crise de manière durable, a affirmé le responsable onusien.

Ce n’est pas en tuant des enfants, en tuant les mères de famille, en tuant les personnes qu’on peut résoudre la crise dans ce pays. Je suis venu rencontrer la présidente (Catherine Samba Panza) pour lui donner ce message et j’ai des raisons d’être optimiste, a ajouté M. Bathily, tout en reconnaissant que depuis quelques jours, il y a eu déraillement du train de la transition.

Cela est profondément regrettable, a-t-il dit, évoquant les victimes civiles mais aussi militaires, les Casques bleus, les blessés, les souffrances, les larmes, et les milliers de gens qui ont encore une fois pris le chemin de l’exil hors de leurs maisons.

A l’issue de cette visite, le ministre congolais a réaffirmé l’importance pour les partenaires de la Centrafrique de respecter les délais prévus pour organiser des élections générales, d’ici février 2015.

Maintenant que la Minusca (force onusienne) est installée, il faut absolument sécuriser Bangui et puis l’intérieur du pays (…) Il faut ensuite accélérer le calendrier de la transition, a déclaré Basile Ikouébé lors d’une conférence de presse.

Qu’on soit sur les barricades ou ailleurs, il faut se dire que nous allons aux urnes, a-t-il insisté, admettant qu’il faudrait toutefois tenir compte des revendications des différents acteurs politiques et de la société civile pour améliorer les institutions.

Mais il n’est pas question pour nous d’ouvrir une porte à une troisième transition. C’est exclu. Sinon, il faudra tout recommencer, a asséné M. Ikouébé.

Réunis à Brazzaville fin juillet, les représentants des principaux groupes armés qui ont mis le pays à feu et à sang depuis un an et demi –l’ex-coalition Séléka, majoritairement musulmane, qui avait pris le pouvoir en 2013, et des miliciens anti-balaka qui avaient mené une impitoyable chasse aux musulmans après la chute de la Séléka au début de l’année– avaient signé un accord de cessation des hostilités.

Mais cet accord a été depuis régulièrement violé, alors que les affrontements, les braquages et les pillages se poursuivent à Bangui comme en province.

Depuis 15 jours, la capitale centrafricaine a ainsi été le théâtre de violences qui ont fait une vingtaine de morts, dont un Casque bleu pakistanais et plusieurs dizaines de blessés.

Vendredi, Mme Samba Panza, dont la gestion des affaires est de plus en plus critiquée, a fixé la fin de la transition au 15 février.

Mais de nombreux observateurs estiment que les conditions sont loin d’être réunies, à cause de l’insécurité et de l’économie ravagée par des mois de conflit, le pays vivant sous perfusion de l’aide internationale.

Romandie.com avec(©AFP / 18 octobre 2014 21h28)