Posts Tagged ‘Abdoulaye Wade’

Le président gabonais rend hommage au « grand sage » sénégalais, Abdoulaye Wade

mars 27, 2012

Le président gabonais Ali Bongo, qui a salué « la maturité  politique du peuple sénégalais » lors de la présidentielle, a rendu hommage mardi  au sortant Abdoulaye Wade en soulignant son « profond attachement et (son)  sincère engagement aux idéaux de paix et de développement ».

Dans une lettre écrite à M.  Wade et transmise à l’AFP, M.  Bongo affirme que  « cette élection a donné la preuve éclatante, si le besoin en était encore, de  toute la maturité politique du peuple sénégalais ».

« Cette avancée démocratique qui fait l’honneur de l’Afrique n’aurait pas été  possible sans votre profond attachement et votre sincère engagement aux idéaux  de paix et de développement ».

« Elle témoigne de la cohérence de votre engagement politique, et aussi de vos  nombreuses actions en faveur de la métamorphose rapide du Sénégal, sans compter  votre inlassable contribution à faire de l’Afrique le continent de l’avenir (. .  . ) », selon lui.

« Qu’il me soit enfin permis de réitérer au Grand Sage qu’invoque la tradition  africaine toute ma reconnaissance pour la qualité des conseils toujours  prodigués, ainsi que pour l’attention permanente de l’Ainé », a conclu M.  Bongo.

Selon les résultats provisoires du deuxième tour publiés mardi, l’opposant  Macky Sall a battu avec plus de 65% des voix Abdoulaye Wade qui avait reconnu sa  défaite dès dimanche.

La passation de pouvoir entre Macky Sall, 50 ans, et Abdoulaye Wade, 85 ans,  au pouvoir depuis douze ans, doit avoir lieu lundi 2 avril, suivie de la  prestation de serment du nouveau chef de l’Etat le 3.  Il sera alors en fonction  pour présider le lendemain la fête de l’indépendance du 4 avril.

L’élection a été saluée comme une alternance pacifique exemplaire dans le  monde.

Jeuneafrique.com avec AFP

Sénégal: Macky Sall, nouveau chef d’Etat, prépare sa prise de fonction

mars 27, 2012

Le nouveau président sénégalais Macky Sall, tombeur d’Abdoulaye  Wade, au pouvoir depuis 12 ans, se prépare à s’installer au palais présidentiel  à Dakar dès la semaine prochaine, tandis que le camp Wade, après la défaite, met  le cap sur les législatives prévues en juin.

Macky Sall doit en principe prendre ses fonctions le 3 avril, après avoir  prêté serment le même jour et formé un nouveau gouvernement, afin de présider le  lendemain la fête de l’indépendance.

« Aucune date définitive n’est encore arrêtée pour la passation.  Nous saurons  d’ici ce soir », a déclaré à l’AFP une source dans l’entourage de M.  Sall.  Le  président Wade « a décidé de quitter le palais de la République mercredi », selon  l’Agence de presse sénégalaise (APS, publique).

Depuis dimanche soir, Macky Sall passait « une bonne partie de son temps à  s’entretenir au téléphone avec des dirigeants étrangers », qui continuaient de le  féliciter pour sa victoire à la présidentielle, très vite acceptée par M.  Wade,  selon son entourage.

L’élection de dimanche a été saluée comme une alternance pacifique exemplaire  dans le monde.  Selon des chiffres officieux, M.  Sall a remporté plus de 60%  des voix face à son ex-mentor dont il a été le Premier ministre.

La publication des résultats officiels provisoires par la Commission  nationale de recensement des votes (CNRV) se fera « impérativement aujourd’hui »  mardi, selon un de ses membres.  Les résultats doivent ensuite être transmis au  Conseil constitutionnel qui annoncera les chiffres définitifs, à une date non  précisée.

Le président Wade a de son côté renoncé à participer au sommet extraordinaire  de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) prévu  mardi à Abidjan pour discuter du coup d’Etat militaire qui a renversé le  président Amadou Toumani Touré, a indiqué une source à présidence sénégalaise.

Tournée d’adieu

« Le président (ivoirien) Alassane Ouattara (président de la Cédéao) a  beaucoup insisté, mais il y a un nouveau président élu et nous ne voulons poser  aucun acte pouvant le gêner », selon elle.  Le Sénégal sera représenté à ce  sommet par son ministre des Affaires étrangères, Madické Niang, a-t-elle  précisé.

Le chef de l’Etat sortant poursuivait mardi sa tournée d’adieu auprès des  chefs religieux.

Après Touba (centre), capitale de la confrérie musulmane des Mourides, il  était est attendu à Tivaouane, ville sainte d’une autre confréirie, les  Tidianes.

Après la défaite à la présidentielle, son parti, le Parti démocratique  sénégalais (PDS), se concentre désormais sur les prochaines législatives prévues  juin en exigeant du nouveau président « le respect du calendrier républicain ».

« Nous demandons à Macky Sall, s’il est investi, de faire tout pour que  l’agenda électoral ne soit pas modifié afin que les élections législatives  s’organisent le 17 juin », a dit le porte-parole du PDS, Babacar Gaye.

« Dans une dizaine de jours, c’est-à-dire le 7 avril, ce sera l’ouverture du  dépôt des listes » pour ce scrutin et « nous voulons que tous les engagements pris  quand au respect du fonctionnement normal de la République soient bien tenus »,  a-t-il ajouté.

En vue de ce vote, la coalition Benno Bokk Yakkar (Unis pour le même espoir  en langue wolof) qui a soutenu la candidature de M.  Sall au second tour de la  présidentielle, a décidé de présenter une liste commune.

L’actuelle Assemblée nationale, qui compte 140 députés, est largement dominée  par le PDS.

Jeuneafrique.com

Sénégal : Marième Faye Sall, nouvelle première dame

mars 26, 2012

Avec la victoire de Macky Sall contre Abdoulaye Wade au second  tour de la présidentielle, le Sénégal change de président mais aussi de première  dame. Et, pour la première fois dans l’histoire du pays, c’est une Sénégalaise  « pur jus », Marième Faye Sall, qui occupe le poste. Portrait.

Marième Faye Sall ne lit pas les journaux, mais elle sait que  l’ex-« presse du Palais » (pro-Wade) la compare déjà à Simone Gbagbo.  Devenue nouvelle première dame du Sénégal, l’épouse de Macky Sall serait une « femme de pouvoir », une pieuse qui pousserait son mari à la  radicalité. Les ressemblances physiques entre l’une et l’autre font que le  rapprochement est tentant.

Viviane Wade, le meilleur atout de Karim ?

Macky Sall n’était pas encore né quand Viviane Wade, née Vert, en  1932, à  Besançon (France), a rencontré Abdoulaye Wade. Elle avait  20 ans. Depuis,  elle n’a cessé de le soutenir, dans l’opposition comme  au Palais. Les anciens  collaborateurs de Wade la décrivent comme une  femme de pouvoir qui a pris  l’ascendant sur le président sortant.  « Comme leurs deux enfants – leur fils, Karim, et leur fille,  Sindiély -, elle joue un rôle  important », indique un ancien ami de la  famille. « Viviane est une  femme discrète et simple », poursuit-il. Avec  son association Éducation  Santé, créée en 2000 après la victoire  d’Abdoulaye, elle s’est fait adopter par  les Sénégalais. « Mais le  pouvoir l’a changée. Elle a perdu le sens des  réalités. C’est elle qui  soutient depuis le début l’ascension de  Karim. »

Cette influence se limite à la sphère privée – ce qui n’est pas rien,   après quarante-neuf années de mariage. Au Palais, elle ne joue pas à la   vice-présidente. Certes, elle a parcouru le pays avec son mari ces  dernières  semaines. Lors des meetings, elle était au premier rang.  « Mais elle ne  participe à aucune de nos réunions », assure un membre de  l’équipe de  campagne. En 2007, elle avait parcouru le pays en long et en large. À l’époque,   les femmes des ministres lui avaient proposé de l’aider dans sa  mission, mais  elle avait refusé. À leur tête, une certaine Marième Faye  Sall. Macky Sall  était alors le directeur de campagne de Wade, et les  deux femmes, qui se vouent  encore aujourd’hui un respect mutuel, étaient  amies.

Celui entre Viviane Wade, l’épouse du président sortant, et Dominique Ouattara l’est aussi. Toutes  deux sont françaises, blanches, blondes, et on leur prête des amitiés dans  certains milieux d’affaires franco-africains. Mais le Sénégal n’est pas la Côte d’Ivoire

Contrairement à sa réputation, Marième Faye Sall, la quarantaine (elle refuse  de donner son âge), n’a que peu de prise sur son mari. Du moins en politique.  Selon un ami du couple, « c’est une femme au foyer dévouée. Elle ne  s’écrase pas à la maison, mais ne joue pas non plus les intruses en  dehors ». Lorsqu’elle a rencontré Macky en 1992, à Diourbel, cette Sérère  née à Saint-Louis n’était qu’une lycéenne. Trois ans plus tard, enceinte, elle  laisse tomber ses études pour se consacrer à sa famille.

Certes, elle a, selon ses proches, « un caractère bien trempé » et « n’hésite pas à se dresser quand elle flaire les mauvais coups ». Lorsque son mari était Premier ministre, de 2004 à 2007, elle n’a pas laissé que  de bons souvenirs – elle avait la réputation de faire et défaire les carrières.  Mais elle a retenu la leçon, affirme son entourage. Aujourd’hui, elle reste à  bonne distance de la politique. Jamais elle n’a participé à une réunion de  l’Alliance pour la République (APR), le parti créé par Sall en 2008, pas plus  qu’elle ne s’est impliquée dans la campagne électorale. « Elle est très  proche de son mari, mais n’a aucun pouvoir sur lui, résume un ami. Ils discutent  comme un couple peut le faire, mais il ne la suit pas toujours. » C’est un  détail pour elle, mais, après l’élection de son époux le 25 mars, au second tour de  la présidentielle, elle est désormais la première Sénégalaise « pur  jus » à prendre les clés du Palais. La femme de Senghor était une  Française, celle de Diouf une métisse, celle de Wade est, elle aussi, française  (voir encadré).

Jeuneafrique.com

Sarkozy: une « très bonne nouvelle pour l’Afrique » et le Sénégal

mars 26, 2012

Le président Nicolas Sarkozy a salué lundi l’élection  présidentielle au Sénégal, qui a porté Macky Sall à la tête du pays, « une très  bonne nouvelle pour l’Afrique en général et pour le Sénégal en particulier »,  qualifié de « modèle de démocratie ».

Le Sénégal, « un pays considérable d’Afrique », a été un « modèle de démocratie »  et que « les choses se passent aussi dignement, il faut que (le président  sortant) Abdoulaye Wade en soit félicité », ainsi que Macky Sall, a ajouté  Nicolas Sarkozy sur France Info.

« Quand on voit ce qui se passe au Mali (où un coup d’Etat vient d’avoir lieu,  ndlr), eh bien, c’est un facteur d’espérance pour toute l’Afrique », a conclu le  président.

Dans un courrier au nouveau président rendu public par l’Elysée, Nicolas  Sarkozy se dit « convaincu » que le Sénégal et la France sauront « entretenir et  faire fructifier » leurs liens « exceptionnels » et leur « amitié profonde ».

« Au moment où débute votre mandat, sachez que vous trouverez toujours en moi  un ami fidèle, et en la France un partenaire loyal, attentif à vos  préoccupations et soucieux de se faire, partout où sa voix porte, l’écho de vos  attentes et de vos efforts », poursuit-il.

Dans un courrier distinct au président sortant, Nicolas Sarkozy rend hommage  à l’action d’Abdoulaye Wade « en faveur du réglement des conflits et des crises,  notamment sur le continent africain ».  « Vous laisserez, dans le mémoires et dans  les coeurs, le souvenir d’un Africain engagé, d’un homme de paix et de  dialogue », poursuit-il.

Macky Sall, ancien Premier ministre, est devenu dimanche le nouveau chef de  l’Etat sénégalais en battant au second tour de la présidentielle son rival  Abdoulaye Wade, qui a reconnu sa défaite avant même les résultats officiels d’un  scrutin qui s’est déroulé pacifiquement.

« Le scrutin du second tour s’est déroulé dans le calme et la sérénité, démontrant la très grande vitalité démocratique du Sénégal qui est un exemple pour l’Afrique toute entière », a déclaré de son côté, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé qui a également félicité Macky Sall et « salué l’attitude digne du président Wade ».

« Le nouveau chef de l’Etat sénégalais, M.  Macky Sall, pourra compter sur le  soutien de la France qui est déterminée à accompagner, comme elle l’a toujours  fait, le Sénégal sur la voie du progrès, de la paix et du développement », a  ajouté Alain Juppé.  Il devait s’entretenir ce lundi par téléphone avec M.  Sall  ainsi qu’avec le président sortant.

Jeuneafrique.com avec AFP

Sénégal : Macky Sall élu président, Abdoulaye Wade le félicite

mars 26, 2012

Celui qu’Abdoulaye Wade appelait son « apprenti » a finalement  remporté la présidentielle sénégalaise. Dimanche, l’ancien Premier ministre  Macky Sall a été largement élu au second tour du scrutin. Si les résultats  définitifs n’ont pas encore été annoncés, le sortant a reconnu sa défaite dès le  soir du vote.

Le suspens n’aura pas duré bien longtemps après la fin du vote au second tour  de la présidentielle  sénégalaise, ce dimanche. Les bureaux de vote ont fermé depuis à peine un  peu plus de trois heures lorsque le président sortant, Abdoulaye Wade, appelle son challenger  Macky Sall sur son téléphone portable. Il est 21 heures 30.

Sall se trouve à l’hôtel Radisson, idéalement situé sur la Corniche de Dakar,  en présence des observateurs de l’Union européenne. C’est Karim Wade, le fils du  président sortant avec qui Sall entretient des relations cordiales, qui parle en  premier. Puis « Gorgui » (« le Vieux », en wolof), prend le  téléphone : « Les choses se précisent, dit-il à son ancien Premier  ministre. Tu vas gagner. Je te félicite ». Réponse de Macky  Sall : « Je vous remercie ». Wade père passe ensuite l’appareil à  sa femme, Viviane…

L’échange entre la famille Wade et le président en passe d’être élu est bref – il ne dure pas plus de trois minutes. Mais pour les partisans de Macky Sall,  il veut tout dire. Au QG de campagne du président de l’Alliance pour la  République (APR), dans le quartier de Liberté 6, à Dakar, les militants exultent  à l’annonce de cet appel.

Wade tient ses promesses

Pour eux, c’est la confirmation que leur candidat l’emportera et, surtout,  que Wade ne s’accrochera pas au pouvoir. Beaucoup, parmi les membres de  l’opposition, le craignaient, l’annonçaient même. Ils se sont trompés. Wade a  reconnu sa défaite, comme promis. Au vu des tendances qui circulaient en milieu  de soirée (entre 65 et 70% pour Sall), il ne pouvait faire autrement.

Au QG de Macky Sall, la fête avait commencé dès la fermeture des bureaux de vote, à 18 heures. Très vite, les  premiers résultats égrenés par les radios et les télévisions ne laissaient guère  de doutes. À 19 heures, ils sont peut-être un millier à se masser devant la  bâtisse à trois étages du candidat. À 21 heures, ils sont deux à trois fois  plus.

Il y a là beaucoup de jeunes – des enfants, des adolescents. Au rythme de la  musique crachée par une sono poussée à son maximum, ils dansent, sifflent,  saluent les voitures qui klaxonnent en passant. Et crient : « Macky  président ! Macky président ! » Ou encore, ce refrain chanté  depuis le début de la campagne : « Le Vieux est mort, il faut  l’enterrer ».

Au siège du Parti démocratique sénégalais (PDS), le parti de Wade qui était encore celui de  Sall il y a quatre ans, une petite cinquantaine de partisans – beaucoup de  femmes – regardent avec amertume l’écran géant sur lequel s’affichent un à un  les résultats des bureaux de vote. « Wade a perdu, mais vous verrez dans  trois ans, ce sera la désillusion », dit l’un d’eux.

Amertume au PDS

La soirée n’aura été marquée par aucune violence, mais, du côté du PDS, elle  est ternie par une immense amertume. Wade croyait-il à ses propres paroles,  lorsqu’il affirmait, quelques heures plus tôt au moment de voter dans le lycée  arabo-islamique du Point E, que « 75% des gens de Niasse » et « 80% de ceux de Seck » (deux perdants du 1er tour qui ont soutenu  Sall) voteraient pour lui ?

Au Radisson, il est presque minuit lorsque Sall, vêtu d’un costume de  circonstance (complet bleu marine, chemise blanche, cravate rouge) sort de la  suite qu’il loue depuis quelques jours en compagnie de sa femme, Marième. Alors  qu’à l’extérieur, des centaines de partisans se sont réunis devant les grilles  de l’hôtel, le couple salue les perdants du 1er tour qui l’ont tous soutenu et  se sont réunis dans une salle de conférence, puis il se dirige vers une tente où  se sont massés près d’une centaine de journalistes, ainsi que quelques uns de  ses soutiens.

C’est son premier discours de président, même s’il ne l’est pas encore  officiellement. Il est court, sans grande envergure. Il est question de « fierté », de « maturité du peuple sénégalais ». « L’ampleur de cette victoire aux allures de plébiscite exprime l’immensité  des attentes de la population. J’en prend la mesure », déclare-t-il, avant  d’annoncer qu’une « ère nouvelle commence ce soir pour le Sénégal ». Pour la deuxième fois de son histoire, le pays assiste à une alternance  démocratique dans la paix. Wade en avait profité en 2000, il en est aujourd’hui  le grand perdant.

Jeuneafrique.com par Rémi Carayol, à Dakar

 

Les Sénégalais ont voté dans le calme au second tour de la présidentielle

mars 25, 2012

Les Sénégalais ont voté dimanche dans le calme au second tour  de la  présidentielle entre le chef de l’Etat sortant Abdoulaye Wade et son   ex-Premier ministre Macky Sall, favori après avoir rallié toute  l’opposition et  une grande partie de la société civile.

Ouverts à 08H00 (locales et GMT), les bureaux de vote ont fermé à 18H00 et le  dépouillement des bulletins a aussitôt commencé. Les premiers résultats  officiels ne sont pas attendus avant mardi ou mercredi, mais des médias  sénégalais ont déjà commencé à donner des chiffres bureau par bureau.

Hormis l’action d’hommes armés qui ont perturbé le vote dans quelques bureaux  de Casamance (sud), région en proie à une rébellion indépendantiste depuis  trente ans, aucun incident grave n’a été signalé dans le reste du pays.

Macky Sall a à plusieurs reprises appelé à « la vigilance », craignant des  fraudes organisées par le Camp Wade. La France a dit avoir « confiance » dans le  peuple sénégalais pour accepter le résultat quel qu’il soit.

Le Sénégal est souvent cité comme l’un des rares exemples de démocratie en  Afrique, en particulier en Afrique de l’Ouest régulièrement secouée par des  violences politico-militaires, comme en témoigne le coup d’Etat qui a renversé  jeudi au Mali voisin le président Amadou Toumani Touré.

La campagne a donné lieu à quelques incidents violents entre partisans des  deux candidats, sans commune mesure toutefois avec les manifestations et les  violences qui avaient précédé le premier tour du 26 février et avaient fait de  six à 15 morts et au moins 150 blessés. Thijs Berman, chef des observateurs  de l’Union européenne (UE), a espéré que le Sénégal montrera « un exemple fort »  de démocratie dans la région après le coup de force à Bamako.

Dès l’ouverture des bureaux, des files d’attente se sont formées, ce qui  avait été le cas lors du premier tour à l’issue duquel, pourtant, la  participation avait tout juste dépassé les 51%.

Ndèye Fall, institutrice, a voté dans un quartier populaire de la capitale en  souhaitant « que Macky Sall gagne cette élection parce que les temps sont durs au  Sénégal ». La plupart des votants ont préféré taire leur choix.

Wade oublie son bulletin

Candidat à sa propre succession, Abdoulaye Wade, 85 ans, au pouvoir depuis  2000, était arrivé en tête du premier tour avec 34,81% des voix, suivi de Macky  Sall (26,58%).

Mais ce dernier, âgé de 50 ans, a obtenu le ralliement des douze battus du  premier tour qui veulent barrer la route à M. Wade dont ils ont jugé la  candidature « anticonstitutionnelle » après deux mandats.

Macky Sall disposait également du soutien de mouvements de jeunes comme « Y’en  a marre » et de celle le célèbre chanteur populaire Youssou Ndour.

Accompagné de son épouse, M. Sall a voté dans la matinée dans une école de sa  ville de Fatick (centre) et a salué « la mobilisation » des Sénégalais.

Le président sortant a lui voté en famille dans son quartier du « point E » à  Dakar, où il a été accueilli sous les acclamations de 200 à 300 de ses  partisans.

Il a oublié son bulletin dans l’isoloir et est allé le rechercher pour le  glisser dans l’urne, a constaté un photographe de l’AFP. Lors du premier tour,  il avait été copieusement sifflé dans ce même bureau. Cette fois les services de  sécurité avaient pris leurs précautions.

M. Wade a assuré que des « responsables » de l’opposition étaient  d’ores-et-déjà « d’accord pour venir dans un gouvernement que je vais  former ».

A la veille du vote, plusieurs acteurs de la vie politique et les  observateurs avaient appelé à un scrutin pacifique. Sur le papier, si les  appels à voter pour lui des douze candidats éliminés au premier tour ont été  suivis, Macky Sall peut l’emporter avec plus de 60% des voix, tandis que M. Wade  comptait sur les abstentionnistes du premier tour (48,42%).

Au total, quelque 300 observateurs étrangers ont surveillé le vote, notamment  de l’Union africaine (UA), de la Communauté économique des Etats d’Afrique de  l’Ouest (Cédéao) et de l’Union européenne (UE).

Jeuneafrique.com avec AFP

Les Sénégalais votent pour le second tour d’une présidentielle à risques

mars 25, 2012

Les Sénégalais votent dimanche pour le second tour de  l’élection  présidentielle devant départager le chef de l’Etat sortant Abdoulaye  Wade et son ex-Premier ministre Macky Sall, qui, fort du soutien de  toute  l’opposition, part favori.

Près de 5,3 millions d’électeurs sont appelés à voter. Les quelques 11.900  bureaux de vote du pays seront ouverts de 08H00 à 18H00 (locales et GMT). La  campagne a donné lieu à quelques incidents violents entre partisans des deux  candidats, sans commune mesure toutefois avec les manifestations et les  violences qui avaient précédé le premier tour du 26 février et avaient fait de  six à 15 morts et au moins 150 blessés.

Candidat à sa propre succession, Abdoulaye Wade, 85 ans, au pouvoir depuis  2000, aborde ce second tour dans une position relativement inconfortable. S’il  est arrivé en tête du premier tour avec 34,81% des voix, c’est son challenger  Macky Sall (26,58%) qui semble rassembler le plus largement. M. Sall, 50 ans, a  obtenu le ralliement de tous les autres candidats éliminés qui ont appelé à  voter pour lui pour barrer la route au sortant dont ils jugent la candidature  « anticonstitutionnelle » après deux mandats.

Macky Sall dispose également du soutien de nombreuses organisations de la  société civile, de mouvements de jeunes comme « Y’en a marre », de personnalités  telles que le célèbre chanteur populaire Youssou Ndour. Sur le papier, si ces  soutiens se concrétisent dans les urnes, il peut l’emporter avec plus de 60% des  voix. M. Wade compte quant à lui sur les abstentionnistes du premier tour  (48,42%).

Second tour tendu

Environ 18.000 membres de la Commission électorale nationale autonome (Céna)  veilleront à ce que le scrutin se tienne dans des conditions de sécurité et de  transparence, comme au premier tour. Face au risque de possibles dérapages, la  Céna a invité les deux camps de « s’abstenir de faire une quelconque déclaration  prématurée sur les résultats ». Au total, quelque 300 observateurs étrangers vont  surveiller le vote, notamment de l’Union africaine (UA) et de la Communauté  économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Jeuneafrique.com

Sénégal : si Wade perdait…

mars 20, 2012

En cas de victoire de Macky Sall lors du second tour de  l’élection présidentielle sénégalaise, fixé au 25 mars, le camp d’Abdoulaye Wade  doit s’attendre à rendre des comptes. L’ancien Premier ministre a promis des  audits, même s’il exclut toute « chasse aux sorcières ».

C’est le porte-parole de la présidence, Serigne Mbacké Ndiaye, qui l’affirme  : « Si Wade perd, on ira tous en prison. » La première fois qu’il l’a  dit, c’était en privé, lors d’un séminaire du Parti démocratique sénégalais (PDS). Puis il l’a répété devant des  journalistes, dans le but d’expliquer le fond de sa pensée : « Je veux dire  par là que l’opposition a tellement parlé de malversations et de corruption  qu’elle fera tout pour nous mettre en prison si elle arrive au  pouvoir. »

Dans cette perspective peu réjouissante pour les cadres du parti, Macky Sall  semble être un moindre mal. L’ancien Premier ministre de Wade n’a cessé de le  clamer : « Il n’y aura pas de chasse aux sorcières. » Il l’a dit  presque tous les jours de la semaine qui a suivi le premier tour de la présidentielle sénégalaise, tout en affirmant qu’il  commanderait des audits pour savoir où en sont les caisses de l’État. « Il  n’est pas question de se venger de quoi que ce soit, explique-t-il à Jeune  Afrique. Mais l’une des premières mesures sera de faire un état des lieux sur  les comptes de la nation et sur les grands chantiers. » Et d’ajouter : « Pas question de transiger avec la loi. »

« Meilleur gouvernance »

Longtemps mises sous le tapis, les affaires de corruption, de détournement de  fonds et d’accaparement de terres évoquées par la presse ces dernières années  pourraient ressurgir à la faveur d’une alternance. Macky Sall, qui promet « une meilleure gouvernance » et plus de « transparence », aurait bien du mal à protéger ses anciens alliés. Il y a fort à parier cependant  que la famille Wade échappera à d’éventuelles poursuites. « On ne va tout  de même pas mettre le « Vieux » en prison », glisse un conseiller de  Sall.

C’est au moment où le camp Wade vacille que la menace la plus sérieuse vient de  Paris. Récemment interrogé par le quotidien français Le Parisien,  Me William Bourdon, président de l’association Sherpa et avocat de l’ONG  Transparency International, a révélé que la plainte concernant les « biens mal acquis pourrait  être élargie au président sénégalais » et aux membres de sa famille. « Plusieurs éléments liés au climat de corruption du deuxième mandat du  président font l’objet de vérifications et devraient déboucher sur cette  procédure judiciaire », indique-t-il.

Jeuneafrique.com par Rémi Carayol

Présidentielle au Sénégal: Youssou Ndour en campagne à Ziguinchor pour Macky Sall

mars 17, 2012

Le célèbre chanteur Youssou Ndour est arrivé samedi en  Casamance, région du sud du Sénégal en proie à une rébellion armée, pour y mener  campagne en faveur de Macky Sall qui affrontera le 25 mars le sortant Abdoulaye  Wade au second tour de la présidentielle, a constaté l’AFP.

Dès son arrivée à Ziguinchor, l’une des villes principales de Casamance, il a  rendu visite aux dirigeantes de « la plate-forme des femmes pour la paix en  Casamance », où il a été accueilli par des dizaines de personnes.

« Pour qu’il y ait la paix, il faut que Wade dégage. Vous pouvez compter sur le président Macky (. . . ) pour la paix en Casamance », leur a-t-il dit, ajoutant: « Si le pouvoir vous donne de l’argent en échange » de votre vote, « prenez le, mais votez pour Macky Sall le 25 mars ».

Le cortège de Youssou Ndour a sillonné les grandes artères de la ville sous  les acclamations de dizaines de badauds.  Des partisans d’Abdoulaye Wade ont  bien tenté d’empêcher son passage en dressant quelques barricades de fortune,  mais se sont repliés à l’arrivée du cortège.

Le célèbre chanteur populaire devait plus tard prendre la parole en  centre-ville pour expliquer les raisons de son combat contre Abdoulaye Wade et  son soutien à Macky Sall, un des anciens Premier ministres de Wade.

La Casamance est le théatre depuis 1982 d’un conflit opposant l’armée  sénégalaise au Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, rébellion  indépendantiste).

Des périodes d’apaisement relatif y alternent avec des périodes de violences  marquées par des accrochages entre rebelles et militaires, des attaques à main  armée et, dernièrement, des rapts de membres de forces de sécurité.  Depuis fin  2011, les rebelles ont intensifié leurs actions.

Le conflit a fait des milliers de victimes civiles et militaires et des  dizaines de milliers de déplacés et réfugiés.

Youssou Ndour, dont la candidature à la présidentielle avait été rejetée par  le Conseil constitutionnel, a décidé d’apporter son soutien à Macky Sall, comme  tous les candidats d’opposition battus au premier tour du 26 février et la  plupart des organisations de la société civile.

Les douze candidats battus ont créé autour de M.  Sall une nouvelle  coalition, le Rassemblement des forces du changement (RFC)/Benno bok Yaakkar  (unis pour le même espoir en langue wolof), qui mène campagne en sa faveur.

Jeuneafrique.com avec AFP

Sénégal: tractations en cours pour le second tour de la présidentielle

mars 1, 2012

Les tractations politiques se poursuivaient jeudi au Sénégal,  avant le second tour de la présidentielle entre le sortant Abdoulaye Wade, 85  ans dont 12 au pouvoir, et son ex-Premier ministre devenu opposant Macky Sall,  50 ans, au lendemain de la proclamation des résultats du premier tour.

Cabinet d’ouverture, réduction du mandat présidentiel à cinq ans renouvelable  une fois, baisse des prix des produits de première nécessité: Macky Sall a  dévoilé mercredi une ébauche de programme de gouvernement.

Pour cela, il a appelé à « parachever l’alternance démocratique » en l’élisant  au deuxième tour, qui devrait se tenir le 18 mars, après l’examen d’éventuels  recours devant le Conseil constitutionnel.

Abdoulaye Wade est arrivé en tête du premier tour du 26 février avec 942. 546  voix (34,82%), contre 719. 369 voix à Macky Sall (26,57%), qui devance Moustapha  Niasse, également ex-Premier ministre de Wade avec 357. 347 voix (13,20%), selon  des chiffres officiels publiés mercredi.

Le leader du Parti socialiste (PS) Ousmane Tanor Dieng a obtenu 305. 980  suffrages (11,30%) et un autre ex-Prmier ministre de Wade, Idrissa Seck, 212.  848 voix (7,86%).  Les neuf autres candidats ont recueilli moins de 2% des votes  chacun.

La participation s’est élevée à 51,58%, en nette baisse par rapport aux 70%  de la présidentielle de 2007.

La presse soulignait jeudi la difficile tâche d’Abdoulaye Wade, a priori  privé de réserve pour le second tour, face à Macky Sall, son ancien homme de  confiance.

« Le président sortant est délesté de presque la moitié de ses voix  habituelles face à un adversaire qui, en plus de puiser dans le vivier du PDS  (Parti démocratique sénégalais), espère par ailleurs les soutiens d’autres  groupes politiques avec qui il partage la même aspiration au changement », note  le quotidien Le Soleil, proche du pouvoir.

Abdoulaye Wade a perdu un million de voix par rapport à son élection dès le  premier tour en 2007 (1. 914. 043 voix).

Stratégie « Wade dégage » Il se voit obligé de changer de stratégie dans  l’urgence, alors que, jusqu’à la veille du scrutin, il s’était déclaré « sûr » de  l’emporter dès le premier tour, avec plus de 50% des voix.

Il va devoir partir à la conquête des abstentionnistes, et tenter d’obtenir  des ralliements parmi les 12 candidats éliminés au premier tour.

La plupart sont membres comme Macky Sall du Mouvement du 23 juin (M23,  coalition de partis d’opposition et d’organisations de la société civile), dont  le coordonnateur Alioune Tine a réaffirmé mercredi la stratégie « Wade dégage ».

Le collectif de jeunes « Y en a marre », en pointe dans le combat contre la  candidature contestée de Wade à un troisième mandat et très populaire dans les  banlieues dakaroises, doit se prononcer jeudi.

Et Macky Sall devait rencontrer le célèbre chanteur Youssou Ndour dont la  candidature à la présidentielle avait été rejetée par le Conseil  constitutionnel.

MM.  Niasse et Tanor Dieng ayant d’ores et déjà réaffirmé leur opposition  catégorique à Wade, Idrissa Seck pourrait bien être le plus courtisé par le camp  présidentiel.

« Qui choisir entre Macky et Wade? Les dilemmes d’Idrissa Seck », titre jeudi  le quotidien le Populaire, qui souligne les déclarations contradictoires de  responsables du parti de M.  Seck, dit « Idy », dont certains ont indiqué à titre  personnel qu’ils voteront Wade au second tour.

Le Comité pour protéger les journalistes (CPJ) a par ailleurs appelé les  autorités sénégalaises « à enquêter sérieusement sur des attaques récentes »  contre « au moins douze journalistes » victimes « de menaces et d’agressions  physiques pendant la campagne électorale, le jour du vote dimanche et après ».

La plupart ont été commises par « des officiels de la sécurité ou des membres  du parti au pouvoir », selon le CPJ.

Jeuneafrique.com