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France-Afrique : Christophe Castaner à Abidjan et Dakar pour parler sécurité et migrations

mai 17, 2019

 

Christophe Castaner, le ministre français de l’Intérieur, le 28 avril 2019. © Jean-Francois Badias/AP/SIPA

 

Le ministre français de l’Intérieur se rendra à Abidjan puis à Dakar, lors d’une mini tournée en Afrique de l’Ouest du 19 au 21 mai. Objectif : renforcer la coopération bilatérale avec ces deux partenaires phares de la France dans la région.

Son déplacement a été tenu confidentiel le plus longtemps possible par les autorités françaises. Alors que les Gilets jaunes poursuivent leur mobilisation à travers l’Hexagone – avec un 27ème samedi de mobilisation consécutif le 18 mai – et que les élections européennes se tiendront le 26 mai, Christophe Castaner se rendra à Abidjan et Dakar du dimanche 19 au mardi 21 mai.

Objectif affiché de ce premier déplacement du ministre français de l’Intérieur sur le continent : renforcer la coopération avec la Côte d’Ivoire et le Sénégal en matière de sécurité et de lutte contre l’immigration clandestine.

Reçu par Alassane Ouattara et Macky Sall

À Abidjan, où il arrivera le 19 mai, Christophe Castaner sera reçu par Alassane Ouattara. Il s’entretiendra ensuite avec son homologue ivoirien, Sidiki Diakité, et avec Hamed Bakayoko, le ministre de la Défense. Une dizaine de jours après la libération au Burkina Faso des deux otages français enlevés au Bénin, nul doute qu’il sera question, lors de tous ces entretiens, de la coopération régionale en matière de lutte contre le terrorisme.

Comme l’explique une source à l’Élysée, les autorités françaises nourrissent « une inquiétude particulière » pour leurs partenaires ivoiriens, voisins du Burkina Faso, où la situation sécuritaire s’est fortement dégradée. Après celui de Grand Bassam en 2016, Paris redoute qu’un nouvel attentat frappe la Côte d’Ivoire, pays stratégique où il compte d’importants intérêts économiques et de nombreux ressortissants. Avant de quitter la lagune Ébrié, Christophe Castaner assistera à une démonstration à l’École nationale de police.

Lutte contre la menace terroriste au niveau régional

D’Abidjan, le ministre français de l’Intérieur s’envolera pour Dakar, où il est attendu lundi 20 mai en fin d’après-midi. Il sera reçu par le président Macky Sall, rentré deux jours plus tôt de Paris, puis par son homologue sénégalais, Aly Ngouille Ndiaye.

Là encore, il sera question de lutte contre la menace terroriste au niveau régional. Castaner rencontrera notamment le commandement du nouveau Groupe d’action rapide de surveillance et d’intervention (Garsi) de la gendarmerie nationale sénégalaise, chargé de renforcer le contrôle des frontières et mis en place avec l’appui de la France. Dakar se montre particulièrement vigilant le long de ses plus de 400 kilomètres de frontières avec le Mali, où les groupes jihadistes sahéliens ont établis leurs bases arrières.

Au Sénégal, Christophe Castaner abordera aussi la coopération en matière de lutte contre l’immigration clandestine. Il visitera ainsi la nouvelle Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT), en charge de la judiciarisation des réseaux de passeurs, avant de reprendre le chemin de Paris, mardi 21 mai.

Jeuneafrique.com  Par Benjamin Roger

Côte d’Ivoire : Aboudramane Sangaré, fidèle compagnon de Laurent Gbagbo, est décédé

novembre 4, 2018

Aboudramane Sangaré lors de la commémoration de l’arrestation de Laurent Gbagbo le 11 avril 2017 à Abidjan © Olivier / JEUNE AFRIQUE

Hospitalisé depuis plusieurs semaines, Aboudramane Sangaré est décédé ce 3 novembre au matin, à Abidjan, à l’âge de 72 ans.

Moins de deux semaines après la disparition de Marcel Gossio, ex-directeur général du port autonome d’Abidjan et pilier du pouvoir de Laurent Gbagbo, décédé d’un arrêt cardiaque le 21 octobre, le Front populaire ivoirien (FPI) est une nouvelle fois en deuil. Aboudramane Sangaré, président par intérim de la frange dirigée par Laurent Gbagbo, est décédé samedi 3 novembre à Abidjan, nous confirment plusieurs sources.

Selon nos sources, souffrant d’un cancer,  il avait été hospitalisé il y a quinze jours à l’Hôtel-Dieu dans le quartier de Treichville. Opéré, il a ensuite été transféré dans un état critique à la polyclinique Farah vendredi dans la soirée. Il est décédé samedi au petit matin.

Gardien du temple

« En cette douloureuse circonstance, le président Laurent Gbagbo et la direction du parti s’inclinent et saluent avec déférence la mémoire de l’illustre disparu. Ils adressent leurs condoléances les plus attristées aux familles biologique et politique du camarade Sangaré ainsi qu’à toute la Côte d’Ivoire », a réagit Assoa Adou, secrétaire général du FPI.

Fidèle camarade de Laurent Gbagbo, Sangaré était surnommé le gardien du temple. Actuel premier vice-président et président par intérim, il avait tenu les rênes du FPI lors de l’exil de Gbagbo, et depuis l’incarcération de l’ancien président ivoirien et de son épouse Simone. Sa mort est un nouveau coup dur pour le FPI.

Deuxième vice-présidente du parti, Simone Gbagbo s’est rendue à la polyclinique Farah à la mi-journée en compagnie de son avocat Me Rodrigue Dadje. Une réunion du secrétariat général du FPI s’est ensuite tenue à sa résidence de la Riviera Golf.

Jeuneafrique.com  par et – à Abidjan

Côte d’Ivoire: libérée, Simone Gbagbo annonce « une nouvelle page »

août 8, 2018

L’ex-première dame ivoirienne Simone Gbagbo libérée mercredi, Abidjan, 8 août 2018. nnGbagbo, 69, has spent seven years behind bars for her role in political violence that claimed several thousand lives in 2010-11. She had been implicated in the 2011 shelling of a market in an Abidjan district that supported Ouattara and for belonging to a « crisis cell » that allegedly coordinated attacks by the armed forces and militias in support of her husband. She was first detained without trial after her arrest in 2011 and later convicted and sentenced in 2015 on a charge of endangering state security.n / © AFP / ISSOUF SANOGO

L’ex-première Dame ivoirienne Simone Gbagbo, libérée mercredi après sept ans de détention, a évoqué devant ses partisans une « nouvelle page » pour son parti, le Front populaire ivoirien (FPI), dans son premier discours public.

Celle qui fut surnommée La « Dame de fer », âgée de 69 ans, a bénéficié de l’amnistie de 800 personnes proclamée lundi par le président Alassane Ouattara pour favoriser la réconciliation en Côte d’Ivoire.

Arrêtée en 2011 avec son mari Laurent Gbagbo, elle avait été condamnée en 2015 à 20 ans de prison pour atteinte à la sureté de l’Etat.

Mme Gbagbo a quitté l’école de gendarmerie d’Abidjan où elle était détenue depuis quatre ans vers 12H15 (locales et GMT) pour regagner sa résidence du quartier de Cocody à Abidjan, où l’attendaient un millier de sympathisants en liesse. A son arrivée 15 minutes plus tard, l’ex-première dame, vêtue d’une robe pagne violette et jaune, souriante quoique fatiguée, a été accueillie sous les vivats et au son des tambours, dans une rare cohue. Se penchant à l’extérieur de sa voiture, où se trouvait son fils Michel, elle a salué pendant une minute ses supporters, avant de s’engouffrer dans sa résidence.

« J’éprouve un sentiment de joie, de bonheur, c’est un grand jour pour la Côte d’Ivoire » a confié à l’AFP une militante du Front populaire ivoirien (FPI).

Elle est réapparue deux heures et demi plus tard pour une cérémonie d’accueil dans le jardin de sa résidence, entourée de plusieurs responsables du FPI et d’autres dignitaires libérés comme elle grâce à l’amnistie, dont deux anciens ministres du régime Gbagbo, Moïse Lida Kouassi et Assoa Adou.

– ‘page tournée’ –

« L’ancienne page est tournée (…), militants, levez-vous pour une nouvelle page, on est partis sans arrêt, on est partis, on est partis! », a-t-elle déclaré sous les ovations, s’exprimant seulement quelques minutes, visiblement émue par l’accueil chaleureux de ses sympathisants.

Le chef du FPI pro-Gbagbo (le parti étant divisé en deux factions), Abdoudramane Sangaré, a souhaité que la libération de Mme Gbagbo « prépare l’arrivée de Laurent Gbagbo », dont les avocats ont à nouveau demandé la libération à la Cour pénale internationale (CPI), qui doit statuer en octobre.

L’ex-président ivoirien (2000-2010) est actuellement détenu et jugé à La Haye, accusé de crimes contre l’humanité commis pendant la crise post-électorale (3.000 morts en 2010-11).

« Un pas a été franchi, un autre reste à faire, je sais que nous aurons raison de tous les obstacles », déclaré M. Sangaré.

Des Partisans de la « dame de fer » ivoirienne Simone Gbagbo célèbrent sa libération, Abidjan, 8 août 2018. / © AFP / ISSOUF SANOGO

Auparavant, Assoa Adou a espéré une « première victoire » aux élections locales du 13 octobre, avant une autre victoire à l’élection présidentielle de 2020.

La position actuelle du FPI pro-Gbagbo est cependant de continuer à boycotter les élections tant que la commission électorale n’aura pas été réformée. Dans son allocution à la Nation lundi, Alassane Ouattara s’est aussi engagé à réformer cette commission, jugée partiale et favorable au pouvoir par l’opposition, ainsi que par la cour africaine des droits de l’Homme. Le président n’a toutefois pas donné de date.

L’amnistie annoncée lundi a été unanimement salué par la classe politique en Côte d’Ivoire, évoquant « un geste fort en faveur de la réconciliation nationale » à deux ans de la prochaine élection présidentielle.

– ‘geste de mépris’ –

En revanche, onze organisations de défense des droits de l’homme ivoiriennes et internationales ont dénoncé cette large amnistie, dénonçant « un geste de mépris vis-à-vis des victimes ».

« Aucune amnistie ne devrait s’appliquer aux crimes de guerre, crimes contre l’humanité et autres graves violations des droits humains commis en Côte d’Ivoire pendant la crise », ont déclaré dans un communiqué la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme, le Mouvement ivoirien des droits humains, Human Rights Watch, Amnesty international, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme et six autres ONG ivoiriennes.

Simone Gbagbo est aussi mise en cause au sujet des exactions commises par des escadrons de la mort pendant la crise politico-militaire des années 2000 en Côte d’Ivoire, ainsi que dans la disparition en avril 2004 du journaliste Guy-André Kieffer, qui enquêtait sur des malversations dans la filière cacao.

Libre en Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo reste poursuivie par la CPI qui a délivré contre elle un mandat d’arrêt en février 2012. Mais le président Ouattara a affirmé en 2016 qu’il « n’enverrait plus d’Ivoiriens » à la CPI, estimant que son pays avait désormais une « justice opérationnelle ».

La question de la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire, après la décennie de crise politico-militaire qui a déchiré le pays, était considérée jusqu’à présent par les observateurs comme un point noir du bilan d’Alassane Ouattara, dont le régime est accusé par l’opposition d’avoir pratiqué une « justice des vainqueurs ».

Romandie.com avec(©AFP / (08 août 2018 21h00)

Côte d’ivoire: lancement des travaux du quatrième pont d’Abidjan

juillet 30, 2018

Le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly s’exprime lors du lancement des travaux du quatrième pont d’Abidjan, le 30 juillet 2018 / © AFP / Sia KAMBOU

Les autorités ont lancé en grande pompe lundi les travaux du quatrième pont d’Abidjan qui va relier le quartier populaire de Yopougon au Plateau, la zone des affaires, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le pont au-dessus de la lagune Ebrié autour duquel s’est constituée Abidjan, mesure 1,4 km. Il s’inscrit dans un projet de 7,2 km d’autoroutes urbaines et d’échangeur d’un coût total de 142 milliards de francs CFA (216 millions d’euros), qui doit permettre de désengorger le nord de la capitale économique ivoirienne, en proie à des embouteillages incessants.

L’appel d’offres a été remporté par la société chinoise China State Construction Engineering Corporation (CSCEC), qui doit remettre l’ouvrage terminé pour fin août 2020.

La Banque Africaine de Développement (BAD) finance le projet à hauteur de 103 milliards FCFA (150 millions d’euros) sous forme d’un prêt de 30 ans.

Quelque 30 milliards de FCFA (47 millions d’euros) sont destinés à indemniser ou reloger les populations de ces zones d’habitation très denses.

Le pont à péage devrait être emprunté par 70.000 véhicules par jour et ainsi soulager l’autoroute du Nord, seul grand axe du nord d’Abidjan et seul voie d’accès à Yopougon.

Cet ouvrage s’inscrit dans une volonté du gouvernement d’améliorer la circulation dans Abidjan avec la création notamment d’un train urbain, d’un cinquième pont et de plusieurs échangeurs et grands axes, a déclaré le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly estimant que ces travaux permettent « l’amélioration des conditions de vie des habitants et des performances du tissu commercial et industriel ».

« Ne vous laissez pas abuser par ceux qui disent +On ne mange pas goudron, on ne mange pas béton+ », a-t-il lancé estimant que ces investissements permettaient d’améliorer la « compétitivité » des entreprises et de « créer des emplois ».

« La modernisation est en marche sans oublier (…) le social », a conclu le Premier ministre lors de la cérémonie qui a réuni plusieurs milliers de personnes.

Le troisième pont enjambant la lagune d’Abidjan avait été inauguré en 2014.

Romandie.com avec(©AFP / 30 juillet 2018 23h47)

En Côte d’Ivoire, une manifestation de l’opposition empêchée par la police

mars 22, 2018

 

Une plate-forme d’opposants avait appelé à manifester contre la Commission électorale indépendante et la tenue d’élections sénatoriales samedi 24 mars.

 

Des manifestants arrêtés le 22 mars 2018 à Abidjan, lors d’un rassemblement de l’opposition. Crédits : SIA KAMBOU / AFP

Les forces de l’ordre ont empêché jeudi 22 mars à Abidjan une manifestation de l’opposition ivoirienne et arrêté un de ses porte-parole, ont constaté des journalistes de l’AFP. La plate-forme d’opposition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS) avait appelé à une marche pour protester contre la Commission électorale indépendante (CEI), accusée par l’opposition d’être déséquilibrée en faveur du pouvoir, et pour protester également contre la tenue d’élections sénatoriales samedi 24 mars.

EDS est une coalition qui regroupe des partis politiques, des associations de la société civile et le Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l’ex-président Laurent Gbagbo. Vers 7 h 30, la police a chargé quelques dizaines de manifestants qui se dirigeaient vers le point de départ de la manifestation, le Monument des martyrs à Adjamé, un quartier populaire d’Abidjan, les dispersant à l’aide de gaz lacrymogènes.

Pendant trois heures, policiers et manifestants ont joué au chat et à la souris dans le quartier, avant que la direction d’EDS ne donne un mot d’ordre de retrait. Au moins une dizaine de personnes ont été arrêtées, dont un porte-parole d’EDS, Jean-Gervais Tcheide, interpellé alors qu’il donnait une interview à des journalistes, ont constaté les journalistes de l’AFP.

Changer la composition de la commission électorale

Le président d’EDS Georges Armand Ouegnin s’est déclaré « scandalisé par cette atteinte grave à la liberté d’expression ». « Dans un pays démocratique, on a le droit de manifester, d’exprimer son mécontentement par une marche pacifique et démocratique », a-t-il déclaré à l’AFP par téléphone.

La manifestation avait été interdite mercredi soir par les autorités, selon M. Ouegnin, faute d’accord sur son parcours. Ni la police ni le gouvernement ivoirien n’étaient joignables dans l’immédiat pour commenter. EDS avait rassemblé entre 1 000 et 2 000 personnes dimanche lors d’un meeting, déjà perturbé par la police.

L’opposition ivoirienne demande au pouvoir de négocier pour changer la composition de la commission électorale, qui compte huit membres du pouvoir contre quatre de l’opposition, avant les prochains scrutins.

Des élections sénatoriales doivent se tenir le 24 mars, puis des élections municipales et régionales dans le courant de l’année, à une date indéterminée. Mais le scrutin qui focalise l’attention est surtout l’élection présidentielle de 2020.

Saisie par l’opposition ivoirienne, la Cour africaine des droits de l’homme a exigé dans un arrêt la modification de la composition de la CEI, jugeant que l’Etat ivoirien « a violé son obligation de créer un organe électoral indépendant et impartial ». Selon le gouvernement ivoirien, « la composition actuelle de la CEI » résulte « d’un large consensus de tous les acteurs politiques de premier plan ».

Lemonde.fr avec AFP

En Côte d’Ivoire, le meutre d’un enfant de 4 ans crée l’émoi

mars 5, 2018
Des policiers ivoiriens, le 22 octobre 2015 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Le 26 février, un enfant de 4 ans était retrouvé mort, enterré, à Abidjan. Le crime a suscité de fortes réactions dans l’opinion et sur les réseaux sociaux, poussant la classe politique à s’emparer du sujet. Une marche en sa mémoire a eu lieu le samedi 3 mars.

 Aboubakar Sidick Traoré habitait avec sa famille à Williamsville, un quartier d’Abidjan. Il était surnommé « Bouba » et avait quatre ans. Son corps a été retrouvé, lundi 26 février, enterré juste derrière le hôpital d’Angré, dans la capitale économique ivoirienne. Sa gorge avait été tranchée par un bijoutier bien connu et apprécié du voisinage. « Un marabout du quartier m’a dit de le tuer pour pouvoir avoir de l’argent », a déclaré à la police l’homme de 27 ans.

Les motivations précises de ce crime ne sont pas encore complètement connues. Certaines sources policières évoquent de possibles implications politiques, mais rien ne permet à l’heure actuelle de le certifier. Toutefois, la violence de l’assassinat et l’âge de la victime ont suscité de fortes réactions dans l’opinion et sur les réseaux sociaux.

Mobilisation et émotion

Samedi 3 mars, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées près du lieu où la dépouille de « Bouba » avait été retrouvée. Au milieu des anonymes, on a pu croiser ce jour-là des musiciens, comme le chanteur de reggae Kajeem, ou des hommes politiques, comme le porte-parole du Rassemblement des républicains (RDR), Mamadou Touré.

Il faut dire que la réaction de l’opinion a poussé la classe politique à s’emparer du sujet. Dimanche, la Première dame, Dominique Ouattara, s’est rendue au domicile de la famille endeuillée. Le 1er mars, le Rassemblement des républicains (RDR) avait dénoncé dans un communiqué un « crime odieux et révoltant ».

Pourquoi, à chaque fois que nous avons des élections qui se rapprochent, la société magique fait son apparition de nouveau ?

Présente le même jourlors des obsèques de l’enfant à Azaguié, la ministre en charge de la Protection de l’Enfant et de la Solidarité, Mariatou Koné, a tenu à « rassurer toutes les familles ivoiriennes que ce crime ne restera pas impuni. L’auteur a été arrêté. En tant que ministre en charge de la Protection de l’Enfant, je veillerai à ce que justice soit rendue ».

La veille, le porte-parole du gouvernement, Bruno Koné, avait exprimé sa « compassion » au nom du gouvernement.

« Les enlèvements d’enfants, enregistrés ces derniers temps s’amplifient, sans que le pouvoir ne s’en émeuve outre mesure », avait préalablement déclaré le Front populaire ivoirien (FPI), regrettant « qu’aucune stratégie claire et d’envergure n’est mise en oeuvre pour dissuader ces criminels crapuleux et endiguer ces actes odieux, qui endeuillent les familles, le plus souvent défavorisées ».

« Consultants irrationnels »

« Pourquoi, à chaque fois que nous avons des élections qui se rapprochent, la société magique fait son apparition de nouveau ? Nous sommes dans une société où l’on est convaincu quand faisant des sacrifices humains, on peut gagner des élections. Que si l’on veut rester au pouvoir, il faut tuer des hommes », a pour sa part réagi le président du Lider, Mamadou Koulibaly.

L’enlèvement d’enfants à des fins rituelles ou crapuleuses, est en effet un phénomène récurent avant des échéances politiques importantes (remaniement, élections ou compétitions sportives importantes). Début 2015, pendant la Coupe d’Afrique des nations (CAN) remportée par la Côte d’Ivoire, une vague d’enlèvements avait crée la psychose à Abidjan.

En période pré-électorales, les marabouts de la sous-région se rendent sur place pour vendre leur service de consultants de l’irrationnel

Les autorités avaient alors évoqué la piste de « cybercriminels » et d’une « filière de crimes rituels ». Des alertes enlèvement très détaillées circulaient par SMS, tandis que sur les réseaux sociaux, des appels au meurtre des « tueurs d’enfants » étaient diffusés.

Malgré l’annonce de mesures sécuritaires par le gouvernement, la crainte n’avait pas quitté les populations quelques mois plus tard. Avant le scrutin présidentiel de octobre 2015, il n’était pas rare de croiser des barrages où des femmes fouillaient les véhicules, dans certains quartiers populaires d’Abidjan.

« C’est toujours la même chose. À l’approche des élections, ces pratiques se multiplient. C’est un business lucratif. En période pré-électorales, les marabouts de la sous-région se rendent sur place, parfois en classe affaires, pour vendre leur service de consultants de l’irrationnel. Le problème, c’est que les enquêtes n’aboutissent jamais car ces pratiques sont utilisés dans les milieux politiques », conclut Francis Akindes, professeur de sociologie à l’université de Bouaké.

Jeuneafrique.com par – à Abidjan

Côte d’Ivoire: Abidjan, capitale de l’économie numérique

février 28, 2018

Kahi Lumumba, directeur général de l’agence Totem Experience. Crédits : DR

Lancés en 2017 à Paris par l’agence Totem Experience, les Africa Digital Communication Days (Adicom Days) se tiennent cette année à Abidjan, jeudi 1er et vendredi 2 mars. L’événement consacré à l’économie numérique africaine n’en est qu’à sa seconde édition, mais la liste des intervenants ferait pâlir d’envie nombre d’organisateurs de grand-messes sur le continent. Des personnalités des médias, comme la Nigériane Uche Pedro, fondatrice du site Bella Naija, des stars des réseaux sociaux, comme les Français Wil Aime et Jérôme Jarre (suivis respectivement par 5 millions et 2 millions de personnes sur Facebook), des représentants de grands groupes internationaux (Coca-Cola) et hexagonaux (Canal +, TV5, Lagardère, Orange, Dailymotion, Air France…)

Le thème de cette année, « Social media, brand content, influence marketing : comment optimiser le retour sur investissement de sa communication digitale en Afrique ? », explique l’importance accordée aux rencontres entre professionnels. Seront notamment présents les Franco-Camerounais Tonjé Bakang, ex-patron du site de vidéo à la demande Afrostream, et Diane Audrey Ngako, fondatrice du site Visiter l’Afrique, l’Ivoirien Guillaume Ketty, qui dirige le cabinet de conseil Afrika Forward, ou encore le Ghanéen Kofi Dadzie, de la société de télécoms Rancard.

Kahi Lumumba, 33 ans, directeur général de Totem Experience – et petit-fils du défunt premier ministre congolais Patrice Lumumba – dévoile les coulisses de l’événement.

Les Adicom Days posent leurs valises à Abidjan. Pourquoi ?

Kahi Lumumba L’année dernière on nous demandait pourquoi Paris, aujourd’hui on nous demande pourquoi Abidjan. Décidément ! Abidjan est devenue un carrefour de l’économie numérique en Afrique, de nombreux indicateurs le montrent : il y a de plus en plus d’investissements venant d’acteurs privés ou d’institutions publiques, de plus en plus d’entrepreneurs, d’applications créées, d’incubateurs, de communautés numériques. La capitale économique ivoirienne est donc pour nous le lieu indiqué, et je peux d’ores et déjà vous assurer que nous y reviendrons très certainement pour la troisième édition.

Quelles sont les autres nouveautés ?

Après la première journée de conférences, où des experts du secteur échangeront, nous avons décidé d’ajouter une cérémonie, le soir, consacrée aux influenceurs et aux créateurs de contenus du continent. Ceux-ci partageront leurs expériences et certains d’entre eux seront récompensés dans différentes catégories : impact social, jeune talent, technologie, culture, voyage… Cette année, nous avons aussi ajouté une seconde journée d’immersion de nos invités dans des lieux d’innovation à Abidjan, tels que le laboratoire Akendewa, l’accélérateur de start-up Orange Fab et l’espace de co-working Jokkolabs.

Parmi les intervenants, on compte une majorité de représentants de groupes français et de créateurs et influenceurs vivant en France. Est-ce à dire que la communication numérique d’Afrique francophone se conçoit dans un entre-deux avec la France ?

Si de nombreuses têtes d’affiche viennent de l’étranger, de France en particulier, nous avons également invité près de 150 influenceurs ouest-africains. Ils ne prendront évidemment pas tous la parole, mais ils ont fait le déplacement pour échanger avec des influenceurs d’autres pays qui ont réussi, grâce à leur originalité et à leur régularité, à vivre de leur activité.

Sur le plan business, effectivement, ce sont ces groupes français, déjà présents dans de nombreux pays africains, qui ont le plus rapidement saisi l’opportunité du numérique afin d’atteindre leurs cibles, là où nombre d’entreprises africaines ou de plus petite taille préfèrent encore les méthodes de communication traditionnelles. Ce qui nous amène d’ailleurs à l’une des missions des Adicom Days : faire connaître davantage les techniques de communication numérique sur le continent et convaincre de leur efficacité.

Vos détracteurs affirment que ce type d’événement ne sert pas à grand-chose. Quelles en sont les retombées concrètes pour les participants ?

Je comprends parfois ces critiques, dues très souvent au fait que nous ne prenons pas assez le temps de communiquer sur nos résultats, même lorsqu’ils sont bons. Les exemples de retombées fourmillent pourtant. Il y a ce grand groupe français installé à Abidjan qui a recruté son digital manager après l’avoir rencontré lors des premiers Adicom Days, cette blogueuse qui a commencé à faire des vidéos pour une marque alimentaire à la suite d’une rencontre lors de notre événement… Quand vous avez 400 à 500 personnes d’un même secteur qui échangent dans un brainstorming géant, forcément, il y a beaucoup de choses qui se passent et que nous ne pouvons relayer systématiquement.

Lemonde.fr

Côte d’Ivoire: la Fondation Donwahi, un havre d’art et de paix à Abidjan

février 16, 2018

 

Illa Ginette Donwahi, collectionneuse d’arts et chef d’entreprise. © Ananias lÉki Dago pour JA

Crée en 2008, dans une capitale en pleine crise, la Fondation Donwahi fait mentir les Cassandre et s’installe durablement dans le paysage artistique d’Abdijan. Avec un leitmotiv : le refus de se cantonner à un art, et une programmation qui revendique sa subjectivité.

Au milieu du vacarme abidjanais, l’imposante bâtisse ocre semble avoir le pouvoir de suspendre le temps. Le bruit entêtant des klaxons et la chaleur collante si présents de l’autre côté du mur s’évaporent dès que le visiteur pénètre dans le coquet jardin de la Fondation Donwahi. Voilà maintenant dix ans qu’Illa Ginette Donwahi a décidé de transformer les 1 500 m2 de sa maison familiale en espace dédié à l’art contemporain.

Cette collectionneuse passionnée s’associe alors avec Simon Njami, écrivain et commissaire d’exposition, figure incontournable du milieu de l’art contemporain, et Marème Samb, chef d’entreprise sénégalaise, déjà à la tête de la galerie camerounaise Mam, à Douala, pour le faire naître.

Nous sommes en 2008, la Côte d’Ivoire est en pleine crise, et les galeries ont presque toutes fermé leurs portes. « Beaucoup nous disaient que ce projet n’était pas raisonnable. En cette période de tension, l’art semblait être une affaire futile. Nous pensions au contraire qu’il était au cœur de la société », explique Illa Ginette Donwahi.

Vernissage de l’exposition « Lumières d’Afriques », en 2016. © issouf sanogo/AFP

 

Nous ne nous sentons pas obligés de ne travailler qu’avec des Africains

Puissante chef d’entreprise dans l’agroalimentaire, cette fille d’une grande famille ivoirienne – son père, Charles, était ministre de l’Agriculture et de la Coopération de Félix Houphouët-Boigny, son frère, Alain-Richard, est l’actuel ministre des Eaux et Forêts – fait alors jouer ses réseaux pour lever des fonds. Le financement, exclusivement via des mécènes, a toujours été le principal défi de la fondation, qui est une galerie mais aussi une résidence d’artiste.

Un espace ouvert à tous

Depuis l’origine, le lieu refuse de se cantonner à un art, et la programmation revendique sa subjectivité. En ce début d’année 2018, ce sont les imposantes sculptures du plasticien ivoirien Jems Koko Bi qui accueillent le visiteur. Auparavant, c’était les peintures et les graffitis du camerounais Boris Nzebo qui interrogeaient les coiffures des femmes. Puis les photographes Aida Muluneh et Ananias Léki Dago, qui comptent parmi les artistes fétiches de la galerie, seront convoqués pour rythmer cette dixième année.

Ici, on ne s’interdit rien et l’on refuse toute étiquette. « Nous ne sommes pas une galerie africaine. Nous ne nous sentons pas obligés de ne travailler qu’avec des Africains. Qui imaginerait qu’une galerie française ne doit montrer que des Français ? » s’agace Illa Ginette Donwahi.

Ouverte à tous les genres, la Fondation Donwahi tente de l’être à tous les publics. Installée en plein cœur de la capitale économique, elle propose des projections cinématographiques et a installé au premier étage un espace gratuit doté du wifi pour attirer les lycéens et étudiants.

On peut aussi y boire un verre et y manger une nourriture inventive – le jeune chef Julien Coulibaly vient d’être recruté – qui reste accessible. « On espère que les différents publics se mêleront autour d’un verre, du passionné d’art à la mère de famille qui vient se détendre. » Et que tous finiront par descendre l’escalier qui mène aux expositions.

Jeuneafrique.com par

Côte d’Ivoire: un avion s’écrase au large d’Abidjan, bilan 4 morts

octobre 14, 2017
Les décombres d’un avion de transport s’étant écrasé en mer près de l’aéroport d’Abidjan, sur la plage de Port-Bouet, le 14 octobre 2017. © Issouf Sanogo/AFP

Un avion de transport affrété par l’armée française s’est abimé samedi en bord de mer près de l’aéroport d’Abidjan, tuant quatre Moldaves et blessant quatre Français et deux Moldaves à bord, selon un responsable des sapeurs pompiers ivoiriens.

« Dix personnes étaient à bord, des Moldaves et des Français. Les quatre victimes décédées sont de nationalité moldave », a déclaré à la télévision ivoirienne le colonel Issa Sakho, des sapeurs pompiers. Les blessés ont été acheminés dans le camp militaire français, situé en bout de piste de l’aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan.

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Parmi les quatre Français à bord, il y avait un civil et trois militaires, selon une source militaire française.

« L’avion était en provenance de Ouagadougou et a chuté dans l’eau », a précisé le colonel des pompiers. « Il nous reste à consolider la carcasse pour ne pas qu’elle dérive, pour que les enquêteurs fassent leur travail ».

Brisée en deux, l’épave de l’avion à hélices siglé d’un « V » bleu sur la queue était visible sur la plage, a rapporté une journaliste de l’AFP. Des centaines de badaud se sont rendus sur la plage.

« Il était aux environs de 06H00, 06H30 lorsque le collègue qui était sur le poste (de surveillance) m’a appelé pour dire qu’il y a un avion qui tombé dans l’eau. Donc rapidement j’ai essayé d’appeler les collègues de service et on s’est retrouvé sur le lieu », a déclaré James Mobioh Aka, un sauveteur de la commune de Port-Bouet, une des dix communes d’Abidjan où se trouve l’aéroport.

« Et lorsque nous sommes venus, on a aperçu l’avion. On a vu qu’il y avait des corps dans l’eau. On est entré (dans l’eau) », poursuit-il « Un jeune homme est entré (dans l’eau) et après il y a eu un second qui l’a suivi et ils sont allés repêcher trois (corps) ». Un autre corps a été récupéré à un autre endroit.

L’avion avait été affrété par l’armée française dans le cadre de l’opération Barkhane de lutte antiterroriste au Sahel, selon une source militaire française. La base militaire française à Abidjan est utilisée dans le cadre de cette opération. Des forces spéciales françaises sont stationnées à Ouagadougou.

Causes inconnues 

Dans le cadre de Barkhane, une centaine de rotations d’avions ont lieu chaque année sur l’aéroport d’Abidjan. Il est fréquent que ces avions, souvent des Antonov, soient pilotés par des équipages de l’ancienne Union soviétique.

Il est aussi fréquent que des militaires français et des employés français d’entreprises sous-traitantes s’occupant de la cargaison soient à bord, a expliqué une source militaire française.

Un fort orage s’était abattu sur Abidjan samedi matin, mais pour le moment les causes de l’accident, qui s’est produit dans la phase d’atterrissage, sont inconnues.

En 2000, un Airbus A310 des Kenya Airways qui assurait la liaison Abidjan-Lagos-Nairobi, s’était écrasé en mer au décollage, à environ 1.500 mètres du rivage, faisant 169 morts et dix blessés.

Les Forces françaises en Côte d’Ivoire (FFCI) comptent environ 950 hommes. Les FFCI sont la principale base française sur la façade atlantique africaine. Il existe aussi des bases à Libreville, au Gabon, et à Dakar, au Sénégal.

Les FFCI ont notamment pour mission l’extraction de civils français et occidentaux en cas de crise en Côte d’Ivoire ou dans les pays voisins. La position centrale d’Abidjan en Afrique de l’Ouest place la base française à moins de trois heures d’avion de la plupart des pays francophones de la région. Le port en eau profonde de la capitale économique ivoirienne permet l’acheminement de matériel par la mer.

Jeuneafrique.com avec AFP

Côte d’Ivoire: opération renaissance pour le musée d’Abidjan

octobre 10, 2017

Un visiteur contemple un masque africain au musée des civilisations à Abidjan, le 29 septembre 2017, dans le cadre de l’exposition « Renaissance » / © AFP / ISSOUF SANOGO

C’est « un des musées d’art nègre les plus riches du monde », disait de lui l’ex-président sénégalais et fin connaisseur Leopold Sédar Senghor. Pillé en mars 2011, fermé ces deux dernières années, le musée des civilisations à Abidjan a rouvert ses portes en juillet après un important lifting.

Ce lieu dans lequel on trouve « des richesses incommensurables », selon les mots de M. Senghor lors d’une visite en Côte d’Ivoire en 1971, a fait peau neuve avec des salles et des éclairages modernes mais aussi un espace de conférence, un restaurant et un jardin extérieur.

Sa première exposition post-rénovation, baptisée « Renaissance », est une sélection très dense d’une centaine de pièces maîtresses de son important fonds, qui va du paléolithique à l’art contemporain.

« Nous pouvons nous estimer heureux d’avoir une belle collection qui est une particularité de la Côte d’Ivoire. C’est un atout. Une collection de 15.000 pièces de toutes les régions », souligne la directrice du musée, Silvie Memel Kassi, encore choquée par le pillage de 2011.

Celui-ci avait eu lieu lors de l’anarchie qui a régné pendant la crise post-électorale (3.000 morts).

« Ca nous a laissé vraiment un goût amer, parce que les (120) oeuvres pillées sont des oeuvres majeures: des pièces sacrées, des objets en cire… », explique-t-elle. « On a même fait une estimation numéraire: c’est près de quatre milliards de francs CFA (6 millions d’euros) » qui ont été perdus.

– Historique et contemporain –

Le musée prévoit d’ailleurs pour les prochains mois une exposition intitulée « La Collection fantôme », à base de photographies et de pièces similaires aux pièces disparues, pour ne pas oublier. Et, souligne Silvie Memel Kassi, pour « réfléchir à comment renforcer la lutte contre le trafic illicite » de pièces historiques, un marché financé par de nombreux collectionneurs privés souvent peu regardants sur les origines.

Fondé en 1942 par la France, l’ancienne puissance coloniale, le musée d’Abidjan est lui-même une oeuvre d’art, avec ses 20 piliers en bois sculptés.

Il ne vit toutefois pas dans le passé, faisant la part belle aux créations contemporaines avec une salle consacrée à des artistes d’aujourd’hui comme Jems Koko Bi et un jardin avec des oeuvres récentes.

« C’est à dessein qu’on parle de musée des civilisations », relève sa directrice, en soulignant que les oeuvres « anciennes » émanent d’artistes qui, à leur époque, pouvaient être considérés comme modernes.

Aujourd’hui, « nous sommes en train de vivre une renaissance (des arts) au niveau national », précise-t-elle. Et dans ce musée, « nous avons (à la fois) l’aspect ancien avec les collections du musée, et l’art contemporain avec la création des jeunes plasticiens. »

Le musée d’Abidjan prépare également une exposition montrant les liens entre Picasso et les sculptures ivoiriennes, dans le sillage de « Picasso Primitif » du musée parisien Jacques Chirac du quai Branly.

Depuis sa réouverture en juillet, il a attiré un peu plus de 10.000 visiteurs mais compte décupler ce nombre en un an, grâce notamment aux touristes, qui reviennent dans le pays après une décennie de crise politique et d’insécurité, et grâce à une politique active envers les écoles et les étudiants.

« Ce musée, c’est aussi la mémoire d’un peuple », souligne Mme Memel Kassi. « Il est important de le faire découvrir aux Ivoiriens. »

Romandie.com avec(©AFP / 10 octobre 2017 19h09)