Posts Tagged ‘Abus sexuels’

Colombie: plus de 100 militaires impliqués dans des abus sexuels de mineurs

juillet 1, 2020

Plus d’une centaine de militaires font l’objet d’une enquête pour abus sexuel présumé contre des mineurs, a admis mercredi le chef de l’armée de terre, suite au scandale des viols collectifs de deux adolescentes indigènes par des soldats.

«Avec douleur, je veux informer tous les Colombiens (…) qu’à ce jour, selon une vérification détaillée que nous avons effectuée depuis l’année 2016, nous avons 118 membres impliqués dans des cas présumés d’actes sexuels abusifs et violents contre des mineurs», a déclaré le commandant de l’armée de terre, le général Eduardo Zapateiro, lors d’une conférence de presse virtuelle.

Selon cet officier, le Parquet et l’armée enquêtent sur tous les cas afin de déterminer les actions pénales, disciplinaires et administratives à prendre.

«Sur les 118 impliqués, 45 ont été retirés de l’armée de terre» et 73 font l’objet de procédures au sein de l’institution militaire, a-t-il précisé.

Le général Zapateiro a fait ces déclarations, sous la pression du scandale des viols de mineures indigènes par des soldats, qui a suscité de vives manifestations de rejet en Colombie.

Le 25 juin, les autorités indigènes avaient dénoncé le fait qu’une fille âgée de 13 ans ait été séquestrée et violée par des soldats qui patrouillaient le territoire de la communauté Embera Chami, dans l’ouest du pays.

Sept militaires ont admis leur culpabilité pour le viol de cette mineure et sont détenus dans une caserne, sous la surveillance des forces de l’ordre.

Le général Zapateiro a affirmé avoir aussi écarté les trois sous-officiers qui étaient à la tête du peloton dans la zone.

Quatre jours plus tard, un autre viol avait été dénoncé, commis par un groupe de militaires contre une adolescente âgée de 15 ans, de l’ethnie Nukak Maku, en septembre 2019.

Le chef de l’armée de terre a déploré ces abus et affirmé qu’il s’agit de «conduites individuelles» et non «systématiques» au sein des 240.000 membres de cette force.

Le gouvernement du président de droite Ivan Duque a également rejeté ces crimes, dénoncés une semaine après que le parlement ait voté une réforme constitutionnelle permettant de condamner à la prison à perpétuité les violeurs et les assassins d’enfants et adolescents de moins de 14 ans. Cette peine ne pourra s’appliquer rétroactivement à ces militaires, étant donné que la loi n’a pas encore été promulguée, selon des juristes.

Plus de 22.000 mineurs de moins de 18 ans ont été victimes de crimes sexuels et 708 d’homicides l’an dernier en Colombie, selon des statistiques de l’autorité médico-légale.

Par Le Figaro avec AFP

Les sourds argentins victimes d’abus du clergé réclament justice au pape

février 20, 2020

Trois sourds argentins victimes d’abus sexuels commis par des prêtres dans des instituts catholiques spécialisés d’Argentine ont lancé jeudi 20 février un cri de douleur et de colère depuis la place Saint-Pierre pour demander justice et réparation à leur compatriote, le pape François.

«Nous avons beaucoup souffert. Il nous faut une loi qui oblige le Vatican à cesser de se protéger. Nous, les sourds, avons subi des abus de la part de prêtres et nous avons besoin que cela change», a expliqué en langue des signes Daniel Sgardelis, 45 ans, en route pour la place Saint-Pierre de Rome.

«Ils ont trop commis d’abus sexuels et il faut que cela cesse. Le pape est là tranquillement au Vatican sans nous donner la preuve d’un changement», a aussi déploré Ezequiel Villalonga, 19 ans, grâce à une traductrice.

«Pourquoi sommes-nous venus à Rome? Pour mettre fin aux abus sexuels partout», lance Ezequiel en brandissant un portrait de son bourreau.

Erica Labeguerie, dont la sœur de 26 ans est devenue une victime lorsqu’elle fréquentait l’un des deux Instituts catholiques Provolo pour les sourds d’Argentine, explique que son combat est pour que ces horreurs ne se répètent pas dans d’autres parties du monde.

Le drame de ces personnes handicapées est d’autant plus choquant qu’il s’agit de personnes particulièrement vulnérables qui ont été confiées à des religieux pour leur éducation.

Pas de rencontre avec le pape

Les victimes ont demandé en vain une rencontre avec le pape lors de leur séjour à Rome, du 20 au 22 février. «Nous sommes très déçus», reconnaît Erica Labeguerie, en racontant d’une voix hachée le parcours de sa famille.

«Cette lutte sert à rompre le silence, à faire en sorte que les preuves ne soient pas cachées, que le Vatican collabore», glisse-t-elle. Les victimes, accompagnées par leurs avocats, accusent le Vatican et le pape de dissimulation. Elles demandent justice, châtiment et réparation économique.

«Le pape a le pouvoir d’agir et d’éviter que cela ne se reproduise. Nous ne parlons pas du passé mais du présent que beaucoup vivent encore», assure la jeune femme.

Pour l’avocat Sergio Salinas, de l’organisation argentine humanitaire Xumex, «le pape argentin n’a rien fait pour enquêter sur les victimes ou pour les réparer».

«Nous avons besoin d’actions. Il ne suffit pas de lever le secret pontifical. L’Église doit collaborer. Le pape n’a rien dit, il ne s’est même pas excusé publiquement. Ce qui, de toute façon, n’est pas suffisant pour les victimes», a commenté pour sa part un autre avocat, Lucas Lecour.

En novembre, deux prêtres ont été condamnés à plus de 40 ans de prison pour avoir violé durant des années ces enfants dans l’institut spécialisé Provolo de Mendoza (ouest de l’Argentine). Nicola Corradi, un curé italien qui vit en Argentine depuis 1970, a été condamné à 42 ans de prison, et l’Argentin Horacio Corbacho à 45 ans.

Nicola Corradi avait été dénoncé au Vatican en 2009 pour avoir abusé sexuellement d’enfants sourds dans un institut Provolo de Vérone, dans le nord de l’Italie, avant d’être envoyé en Argentine voici cinquante ans. C’est pourquoi des sourds italiens de Vérone participeront à une veillée avec leurs compagnons d’infortune argentins, samedi dans les jardins du château de Saint-Ange, à quelque pas de la place Saint-Pierre.

Avant leur venue à Rome, les victimes argentines, qui considèrent avoir été «torturées» par leurs agresseurs, s’étaient rendues à Genève auprès du Comité de l’ONU contre la torture et du Comité des droits de l’enfant.

Par Le Figaro avec AFP

Norvège: 16 ans de prison pour des centaines d’abus sexuels sur internet

juin 28, 2019

 

Il se faisait passer pour «Sandra» sur la toile. Un Norvégien aujourd’hui âgé de 27 ans a écopé vendredi d’une peine de 16 ans de prison pour s’être rendu coupable d’abus sexuels, allant jusqu’au viol, sur plusieurs centaines de garçons mineurs, ont rapporté les médias norvégiens.

Pendant plusieurs années, l’homme, qui officiait par ailleurs en tant qu’arbitre, a manié duperie puis menaces sur internet pour obtenir des vidéos à caractère sexuel ou scatologique auprès de quelque 460 garçons, généralement âgés de moins de 16 ans. Campant un personnage fictif de jeune fille, il promettait notamment sucreries, iPhone, photos dénudées ou relations sexuelles pour appâter ses victimes, puis exigeait d’elles toujours plus de vidéos en les menaçant de publier sur la toile celles déjà en sa possession. Il a en partie reconnu les faits devant le tribunal de district de Nedre Romerike (sud-est).

La peine prononcée est conforme au réquisitoire du Parquet, qui a évoqué «la plus vaste affaire d’abus sexuels en Norvège». La défense avait pour sa part plaidé pour la peine la plus clémente possible. L’homme, dont l’identité n’a pas été révélée, avait été arrêté une première fois au cours de l’été 2016, puis rapidement libéré, ce qui lui avait permis de poursuivre ses agissements jusqu’à sa seconde interpellation. Il a également été condamné à verser près de 19 millions de couronnes (près de 2 millions d’euros) de dédommagements à ses victimes.

Par Le Figaro.fr avec AFP

En Irlande, le pape François demande pardon aux victimes d’abus

août 26, 2018

Le pape François à Knock, en Irlande, le 26 août 2018, deuxième jour d’une visite au cours de laquelle il a demandé « pardon » à Dieu pour les abus sexuels commis par les prêtres / © AFP / Tiziana FABI

Le pape François a égrené dimanche lors d’une messe géante à Dublin une longue liste de « pardons » aux victimes d’abus commis par le clergé ou des institutions religieuses en Irlande, mais s’est vu lui-même durement accuser d’avoir couvert un prélat soupçonné d’abus.

Au terme de deux journées de visite très focalisées sur les abus commis au sein de l’Eglise, le pape est arrivé en papamobile sous un ciel pluvieux dans l’immense parc Phoenix de Dublin. L’occasion pour ce pays, qui reste l’un des plus catholiques d’Europe, d’exprimer une ferveur populaire.

Dès sa première prise de parole devant les fidèles, François a créé la surprise en égrenant dans sa langue natale espagnole une litanie de pardons destinés aux « survivants d’abus de pouvoir, d’abus de conscience et d’abus sexuels » en Irlande.

Dressant une liste de tous « les crimes », en particulier ceux commis dans des « institutions dirigées par des religieux et des religieuses », le pape a notamment demandé pardon pour « les enfants qui furent éloignés de leur mères », parce qu’elles étaient tombées enceintes hors mariage.

Le souverain pontife, qui avait rencontré en fin de journée samedi huit victimes irlandaises d’abus, a aussi pointé du doigt « des membres de la hiérarchie de l’Eglise » qui ont « gardé le silence ».

– Contre-manifestation –

Un demi-million de fidèles étaient attendus au parc Phoenix mais le nombre de participants semblait inférieur, peut-être à cause de la pluie. En 1979, lorsque le divorce, l’avortement et le mariage homosexuel étaient impensables dans le pays, Jean Paul II avait parlé devant 1,5 million de personnes.

Dans le centre-ville de Dublin, environ 5.000 victimes d’abus de l’Eglise et leurs sympathisants ont eux participé à une manifestation intitulée, « Debout pour la vérité ».

Parmi les participants figuraient une femme déguisée en nonne, avec du faux sang sur les mains, et un homme distribuant des pancartes « L’église protège les pédérastes ».

La visite papale « provoque beaucoup de souffrances », a déclaré à l’AFP William Gorry, une victime des abus du clergé.

Depuis 2002, plus de 14.500 personnes se sont déclarées victimes d’abus sexuels commis par des prêtres en Irlande, et la hiérarchie de l’Église irlandaise est accusée d’avoir couvert des centaines de prêtres.

L’ampleur de ces scandales explique en partie la perte d’influence de l’Eglise sur la société irlandaise ces dernières années.

Dimanche matin, François a « imploré le pardon » de Dieu « pour le scandale et la trahison ressentis par tant de personnes », lors d’une prise de parole au sanctuaire de Knock, site de piété mariale distant de 180 km de Dublin, où il a été acclamé par 45.000 personnes.

« Cette plaie ouverte nous défie d’être fermes et décidés dans la recherche de la vérité et de la justice », a dit le pape, qui, samedi à Dublin, avait évoqué sa « honte » et sa « souffrance » face à « l’échec des autorités ecclésiastiques » pour affronter de manière adéquate ces « crimes ignobles ».

Avant François, Benoît XVI avait écrit en 2010 une lettre aux catholiques irlandais, reconnaissant la responsabilité de l’Eglise dans les abus.

– Le pape en accusation –

Officiellement consacrée à la Rencontre mondiale des familles, la visite du pape, qui s’achèvait dimanche, n’a de fait cessé d’être parasitée par le dossier explosif des abus du clergé.

Le pape François a lui-même été mis en cause dimanche par un ex-ambassadeur auprès du Vatican à Washington, l’archevêque Carlo Maria Vigano, qui l’accuse d’avoir annulé des sanctions contre le cardinal américain Theodore McCarrick, en faisant fi de signalements de son « comportement gravement immoral avec des séminaristes et des prêtres ».

« La corruption a atteint le sommet de la hiérarchie de l’Eglise », affirme dans une lettre Mgr Vigano, en allant jusqu’à demander la démission du pape.

Cette lettre, confirmée par son auteur, a été publiée samedi dans plusieurs publications catholiques américaines de tendance traditionaliste ou ultra-conservatrice ainsi que dans un quotidien italien de droite.

L’ancien nonce apostolique aujourd’hui à la retraite y met aussi en cause nommément nombre de hauts prélats de la Curie romaine.

Le cardinal McCarrick, 88 ans, a été accusé fin juillet d’abus sexuels et interdit d’exercer son ministère, un scandale qui a ébranlé la hiérarchie de l’église catholique américaine. Le pape a aussi accepté sa démission de son poste de cardinal, un fait quasi-inédit dans l’histoire de l’Eglise.

L’homme a été accusé d’abus par un adolescent, des faits remontant à des décennies, mais qui n’étaient pas publiques.

« Le Vatican n’a aucun commentaire immédiat », a réagi une porte-parole du Saint-Siège à propos des accusations formulées contre le pape.

Romandie.com avec(©AFP / (26 août 2018 18h53)

Abus sexuels: le pape accepte la démission du cardinal américain McCarrick

juillet 28, 2018

Le cardinal américain Theodore McCarrick a présenté sa démission du collège des cardinaux au pape François, qui l’a accepté le 28 juillet 2018 / © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / CHIP SOMODEVILLA

Le pape François a accepté la démission du célèbre cardinal américain Theodore McCarrick, 88 ans, déjà interdit d’exercer son ministère après des accusations d’abus sexuels aux Etats-Unis, a annoncé samedi le Saint-Siège dans un communiqué.

« Le Saint père a reçu la lettre dans laquelle le cardinal Theodore McCarrick, archevêque émérite de Washington (USA) présentait sa démission comme membre du collège des cardinaux », indique le communiqué publié par la salle de presse du Saint-Siège.

« Le pape François accepte cette démission du collège cardinalice et a ordonné sa suspension de tout ministère public, avec l’obligation de rester dans une maison, qui doit encore lui être indiquée, pour mener une vie de prière et de repentance jusqu’à ce que les accusations portées contre lui soient examinées dans le cadre d’un procès canonique normal », ajoute le texte.

Le cardinal McCarrick, un prêtre qui fut promu évêque et archevêque dans l’archidiocèse de New York avant de partir pour Washington en 2001, est l’un des cardinaux américains les plus en vue à l’international.

Bien qu’officiellement retraité, il continuait à voyager, notamment pour défendre des questions de droits de l’homme. Il avait été particulièrement en pointe pour soutenir les mesures prises contre les prêtres pédophiles aux Etats-Unis.

Dans un communiqué publié le 20 juin, le cardinal Timothy Dolan de New York avait expliqué que son diocèse avait reçu des allégations sur des abus supposés du cardinal McCarrick remontant à « presque 45 ans ».

Conformément à la Charte sur la protection des enfants, adoptée en 2002 par les évêques américains après le scandale de pédophilie qui a secoué le diocèse de Boston, « une agence indépendante » a mené une enquête, dont les résultats ont été transmis à une commission qui a jugé les accusations « crédibles et étayées », a souligné le cardinal Dolan.

Theodore McCarrick, « tout en maintenant son innocence, accepte cette décision », avait aussi précisé le cardinal Dolan, en indiquant que le Vatican avait demandé au cardinal suspecté de « ne plus exercer publiquement son ministère ».

Selon le Washington Post, Theodore McCarrick aurait abusé d’un adolescent.

Romandie.com avec(©AFP / 28 juillet 2018 13h50)

Shania Twain : Abusée sexuellement par son beau-père, elle brise le silence

avril 25, 2018

 

Shania Twain - Célébration du 150ème anniversaire du Canada à Ottawa. Le 1er juillet 2017.
 Shania Twain – Célébration du 150ème anniversaire du Canada à Ottawa. Le 1er juillet 2017.
La chanteuse canadienne n’a jamais connu son père biologique. Élevée par sa mère et son beau-père, l’interprète de « Man! I Feel Like a Woman » a été abusée sexuellement et physiquement par ce dernier, un calvaire qui a débuté autour de ses 10 ans.

Le secret avait jusque-là été très bien gardé. Le sujet des agressions sexuelles n’étant plus tabou depuis le scandale Harvey Weinstein qui a éclaté en octobre 2017, Shania Twain s’autorise enfin à évoquer son histoire personnelle. Au cours d’une interview accordée à The Guardian, la chanteuse de 52 ans révèle avoir été victime d’agressions sexuelles et physiques de la part de son beau-père. Jerry Twain a élevé Shania avec sa maman, l’artiste n’ayant jamais connu son père biologique.

Si l’interprète de You’re Still the One accepte de révéler ce grand secret, elle n’est toutefois pas encore prête à en livrer les dessous. La chanteuse se réserve le droit de ne pas « entrer dans les détails« , préférant miser sur le positif et l’espoir. « Le plus important est que les gens comprennent que vous pouvez survivre à ces choses-là« , explique-t-elle au Guardian, restant floue sur la date à laquelle les abus de son beau-père ont débuté, aux alentours de ses 10 ans. « L’abus sexuel va de pair avec l’abus physique et psychologique quand c’est une personne que vous connaissez. J’ai appris à verrouiller ça« , partage-t-elle.

Le bourreau de Shania Twain ne pourra répondre à ces accusations puisque Jerry Twain est décédé en 1987 dans un accident de voiture qui a également emporté la mère de la chanteuse. Pour ne pas être séparée de ses deux soeurs et de son demi-frère, la chanteuse a fait le choix de les élever seule alors qu’elle avait à peine plus de 20 ans. Demander de l’aide à des associations aurait pu les mener à ne plus vivre ensemble. Un risque qu’elle n’a jamais voulu prendre : « Nous sommes donc restés ensemble pour le meilleur et pour le pire. »

Purepeople.com

Le pape présente des excuses aux victimes d’abus sexuels

janvier 22, 2018

Le pape François lors d’une conférence de presse à bord de l’avion papal, le 22 janvier 2018 / © AFP / Vincenzo PINTO

Le pape François a présenté lundi « des excuses » aux victimes d’abus sexuels, après le tollé provoqué au Chili par son soutien à un évêque chilien controversé faute selon lui de « preuve » à son encontre, un mot dont il a reconnu qu’il avait « blessé ».

« Le jour où vous m’apportez une preuve contre l’évêque Barros, je vous parlerai. Il n’y a pas une seule preuve contre lui. Tout est calomnie. C’est clair? », avait lancé abruptement jeudi le pontife argentin, apostrophé par des journalistes au Chili.

Dans ce pays où le catholicisme est en chute, François a aussi choqué en donnant une accolade à Mgr Juan Barros, évêque soupçonné d’avoir gardé le silence sur les agissements d’un vieux prêtre pédophile défroqué par le Vatican.

« Je dois présenter des excuses parce que le mot +preuve+ a blessé tant de personnes victimes d’abus », a déclaré François lors d’une conférence de presse dans l’avion qui le ramenait à Rome.

« Entendre le pape leur dire en face +apportez-moi une lettre avec la preuve+, c’est une gifle et je me rends compte maintenant que mon expression n’a pas été heureuse », a-t-il dit.

Il a cependant rappelé que le Vatican avait enquêté sur Mgr Barros, sans trouver « d’élément pour le condamner ». Au risque de déplaire aux Chiliens, il s’est déclaré « convaincu » de l’innocence de l’évêque.

« Vous me dites qu’il y a des victimes, mais je ne les ai pas vues, elles ne se sont pas présentées à moi », a-t-il argué, en reprenant son expression de « calomnie ».

Dans l’avion, le pape a estimé qu’il aurait dû parler d' »élément à charge ». « Le mot +preuve+ n’était pas le meilleur pour me rapprocher d’un cœur endolori », a-t-il convenu. « Je sais qu’il y a beaucoup de personnes victimes d’abus qui ne peuvent apporter de preuve ».

« Je sais combien elles souffrent », a insisté François, qui a rencontré au Chili en privé deux victimes de prêtres pédophiles. Selon le Vatican, il a « prié et pleuré » avec elles.

« Le drame des victimes d’abus est horrible, horrible. Il y a deux mois, j’ai été en contact avec une femme victime il y a 40 ans. Mariée avec trois enfants, cette femme ne communiait pas depuis cette époque, parce que dans la main du curé, elle voyait la main de l’auteur d’abus sexuels », a confié le pape.

Samedi, le cardinal Sean Patrick O’Malley -qui dirige une commission anti-pédophilie en cours de renouvellement au Vatican- avait mis en avant la sincérité de François lorsqu’il prône la tolérance zéro contre la pédophilie dans l’Église.

Mais dans une critique inhabituelle du pape, il avait jugé « compréhensible » que les propos du souverain pontife aient pu provoquer « une grande douleur ».

« Sa déclaration a été très juste », a estimé le pape dans l’avion. « Il a rappelé tout ce que j’ai fait et ce que je fais, et ce que fait l’Église, et puis il a dit la douleur des victimes ».

Romandie.com avec(©AFP / 22 janvier 2018 16h09)

Abus sexuels dans le foot anglais: l’ex-entraîneur Bennell plaide coupable

janvier 8, 2018

L’ex-entraîneur anglais Barry Bennell plaide coupable lundi pour six chefs d’accusation d’abus sexuels devant les assises de Liverpool / © AFP/Archives / DENIS CHARLET

L’ancien entraîneur de football anglais Barry Bennell, accusé de viols, tentatives de viols et agressions sexuelles sur des adolescents, a plaidé coupable lundi pour six chefs d’accusation à l’ouverture de son procès aux assises de Liverpool.

Agé de 63 ans, Barry Bennell est apparu via vidéo-conférence à l’audience. Il doit répondre de 55 infractions, des agressions présumées sur douze garçons mineurs commises entre 1979 et 1991. Il plaide coupable pour six accusations d’attentat à la pudeur.

Bennell a entraîné des équipes de jeunes dans plusieurs clubs anglais dont celui de Crewe Alexandra (aujourd’hui en 4e division), Manchester City et Stoke City.

Ce scandale de pédophilie dans le football anglais a éclaté à la mi-novembre 2016 après des révélations d’un ancien joueur du club de Crewe Alexandra qui a raconté son calvaire au quotidien The Guardian.

Romandie.com avec(©AFP / 08 janvier 2018 13h47)                

Abus sexuels au cœur du Vatican: le Saint-Siège enquête

novembre 18, 2017

Cité du Vatican – Le Saint-Siège a annoncé samedi l’ouverture d’une enquête sur d’éventuels abus sexuels commis au sein même du Vatican dans un lieu hébergeant des mineurs attirés par la prêtrise.

Cette annonce survient dix jours après la parution d’un livre-enquête évoquant les tentatives infructueuses d’un jeune lanceur d’alerte pour dénoncer des abus sexuels dont aurait été victime son ancien camarade de chambre.

L’affaire impliquerait « un ancien élève du pré-séminaire Saint-Pie X », qui est devenu récemment prêtre, précise le communiqué du Vatican.

Le Saint-Siège laisse toutefois entendre qu’il pourrait s’agir simplement de relations homosexuelles entre jeunes pensionnaires.

Le « pré-séminaire Saint-Pie X », installé dans un palais tout près de la résidence du pape François, héberge des enfants et adolescents du monde entier. Ces pensionnaires étudient dans une école privée dans le centre de Rome et participent comme « enfants de choeur » aux messes célébrées dans la basilique Saint-Pierre. Certains d’entre eux décident ensuite de devenir prêtres et d’étudier dans un séminaire.

« A la suite de plusieurs signalements, anonymes ou non, des enquêtes furent menées à partir de 2013, à plusieurs reprises, aussi bien par les supérieurs du pré-séminaire que par l’évêque de Côme (nord) », diocèse auquel les éducateurs sont rattachés, précise le communiqué du Vatican.

Les signalements sur des abus, qui n’avaient alors pas pu être confirmés, « auraient concerné des élèves du même âge entre eux, dont certains n’étaient plus présents dans l’institution au moment des investigations », ajoute le Saint-Siège.

L’ouverture d’une nouvelle enquête est justifiée par « l’apparition récente de nouveaux éléments ».

Le Vatican fait allusion à la parution en Italie et en France d’un livre-enquête, « Pêché originel », du journaliste italien Gianluigi Nuzzi.

L’ouvrage raconte qu’au sein du pré-séminaire, un séminariste majeur aurait abusé sexuellement d’au moins un lycéen âgé de « 17 ou 18 ans » en 2011-2012, sous les yeux d’un témoin.

Ce témoin polonais, Kamil Tadeusz Jarzembowksi, raconte que le séminariste venait régulièrement le soir dans sa chambre pour avoir des relations sexuelles avec son camarade de chambre, qui « se sentait obligé de céder à ses exigences » et n’était pas dans une relation amoureuse.

Dans une enquête télévisée diffusée dimanche à la télévision italienne, l’ex-camarade de chambre est sorti du silence et a raconté à visage caché qu’il avait en fait été abusé sexuellement dès sa première année au pré-séminaire, à l’âge de 13 ans.

Dans cette émission (« Le Iene Show »), il affirme en outre que la même personne lui faisait parfois des propositions déplacées dans la basilique Saint-Pierre pendant des messes.

L’évêque de Côme, qui a récemment ordonné prêtre l’ancien séminariste, ainsi que l’ancien recteur du pré-séminaire Saint-Pie X, ont jugé dans ce reportage qu’il s’agissait de « calomnies » inventées par le jeune Polonais chassé du pré-séminaire.

Quant au séminariste devenu prêtre, il n’a pas voulu s’exprimer devant la caméra.

Ces témoignages ne précisent jamais l’âge du « séminariste » mis en cause. Selon une source au sein du Vatican, il aurait six mois d’écart avec sa victime présumée.

Romandie.com avec(©AFP / 18 novembre 2017 22h09)                                            

Près de 200 musiciens suédois dénoncent des abus sexuels

novembre 17, 2017

Stockholm – « Quand on est violée par un musicien de talent, on perd beaucoup d’amis »: 1.993 artistes suédoises ont dénoncé vendredi dans une tribune les agressions, les viols et le harcèlement dans le milieu de la musique.

Les signataires, dont les stars de la chanson Zara Larsson et Robyn, s’insurgent contre la « culture du silence » dans une industrie où le harcèlement et les agressions sont « plus la règle que l’exception ».

« Dirigeants dans le milieu de la musique, c’est votre responsabilité que personne ne soit victime de harcèlement sexuel et vous avez échoué », écrivent-elles dans le quotidien Dagens Nyheter.

Cette tribune est publiée un peu plus d’une semaine après celle de 456 comédiennes dénonçant le harcèlement, les agressions et la culture du silence dans le cinéma et le théâtre dans le pays scandinave.

Certaines de ces actrices doivent se retrouver les 19 et 20 novembre pour lire leurs témoignages sur scène.

Rassemblés sous le mot-dièze #quandlamusiquesarrete (#närmusikentystnar), des récits anonymes, dont plusieurs font état de viols, visent — sans les nommer — des artistes, producteurs et agents réputés en Suède et à l’étranger.

« Je fais semblant, comme dans un film. Je le trouve laid, il laisse un goût répugnant dans ma bouche. Il m’a enlevé la joie d’avoir enfin fait un album. Il a abusé de ma confiance », témoigne ainsi une chanteuse.

« J’ai été agressée par un musicien (…) sur scène quand on jouait », se souvient une autre artiste.

Par ailleurs 1.300 responsables politiques femmes de droite et de gauche, dont plusieurs députées, ont dénoncé vendredi les mêmes pratiques sous le mot-dièze #danslescoulissesdupouvoir.

« Nous nous sommes lancées en politique pour changer le monde et bâtir un monde meilleur. Nous avons rapidement réalisé que nous devions d’abord changer le monde politique », écrivent les signataires du manifeste.

« J’avais 15 ans », raconte l’une d’elles. « J’ai été violée par un garçon qui siégeait au bureau national du mouvement de jeunes. Il m’a envoyé des fleurs pour s’excuser. Quand j’ai écrit que ce qu’il avait fait était illégal et que j’envisageais de porter plainte il s’est tourné vers le bureau national et s’est ouvert à ses membres. Ils lui ont ensuite exprimé leur entier soutien ».

Romandie.com avec(©AFP / 17 novembre 2017 17h40)