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#Metoo au Venezuela: les langues se délient sur les abus sexuels

juin 11, 2021
#Metoo au Venezuela: les langues se delient sur les abus sexuels
#Metoo au Venezuela: les langues se délient sur les abus sexuels© AFP/Yuri CORTEZ

Gionaira Chavez, violée quand elle avait 15 ans, avait toujours gardé le secret avant que la campagne #Metoo au Venezuela, après l’avoir d’abord plongée dans des crises d’angoisse, ne l’aide à surmonter l’épreuve.

« Je me suis beaucoup identifiée. Je suis passée par une crise nerveuse. J’ai eu besoin d’aide psychologique. Il était temps que j’élève la voix. Cette expérience (témoigner) m’a aidée à comprendre que c’était un cauchemar qui était passé et que je peux continuer ma vie », raconte cette styliste aujourd’hui âgée de 28 ans.

Encore aujourd’hui, elle peine à raconter son expérience et baisse instinctivement la voix: « Il a insisté pour me ramener à la maison. Quand on a été dans le centre (…) cette personne… ce… eh… m’a violée dans la voiture. Après, il m’a déposée à la maison et je n’ai plus jamais eu de ses nouvelles ». Il avait une dizaine d’années de plus qu’elle.

La campagne du #metoo vénézuélien a commencé en avril avec la mention #yositecreo (Moi je te crois, ndlr) et l’apparition de témoignages de victimes d’agressions sexuelles de la part de personnes célèbres. La justice a ouvert des enquêtes et lancé en juin des mandats d’arrêt notamment contre Alejandro Sojo, chanteur du groupe Los Colores et contre Tony Maestracci, batteur des Tomates Fritos.

Sur internet, une femme aujourd’hui majeure avait notamment relaté des faits qui s’étaient produits avec M. Sojo alors qu’elle était mineure. D’autres témoignages contre des personnes célèbres comme des metteurs en scène ou l’écrivain Willy McKey avaient suivi.

Ce dernier avait reconnu une partie des faits dans un communiqué avant de se suicider le 29 avril à Buenos Aires où il résidait.

Des témoignages contre le système des Orchestres de jeunes du Venezuela étaient aussi apparus.

Parmi les témoignages qui ont lancé le mouvement figure celui de Carmela Perez contre Sojo. La jeune femme avait 15 ans à l’époque et lui 23. « Il voulait prendre ma virginité et je ne voulais pas. Il était si insistant que j’ai dit que j’avais mes règles. C’est ce qui l’a arrêté », se souvient-elle.

Aujourd’hui âgée de 20 ans, elle dit comprendre « la manipulation » dont elle a été victime. « Il était célèbre mais personne n’échappait à ce qu’il écrivait ou à une photo qu’il t’envoyait et que tu ne voulais pas voir ».

Vivant aujourd’hui en Argentine, Sojo, qui fait l’objet de plus de trente plaintes selon Yo si Te creo, a diffusé un communiqué regrettant « profondément » son « comportement ignorant et imprudent ».

Les choses bougent

« L’abus sexuel au Venezuela est normalisé dans une société patriarcale » et conservatrice, estime Abel Saraiba de l’ONG Cecodap de protection des mineurs. « La violence sexuelle est loin d’être en régression, elle est même en hausse ».

Selon le procureur général du Venezuela Tarek Saab, il y a eu 8.450 inculpations et 1.676 mandats d’arrêts pour des crimes ou délits sexuels depuis sa prise de fonction en 2017, pour une population de 30 millions d’habitants.

« On voit que les choses bougent. Les gens prennent conscience » de certaines « dynamiques d’abus » considérées comme normales jusqu’ici, précise M. Saraiba.

A l’époque, après des attouchements par un musicien alors qu’elle avait 12 ans, Carmela avait fini par penser que les baisers forcés et les caresses sans consentement étaient normaux. « C’est comme ça que CA se passe » dans les fêtes, pensait-elle.

Les violences sexuelles sont passibles de 12 ans de prison au Venezuela mais le délai de prescription est d’un an seulement.

« J’ai dû lui expliquer »

« La plupart (des victimes) ne veulent pas porter plainte parce qu’elles n’ont pas confiance en la justice » commente Ariana Gonzalez, activiste de Yo si Te Creo Venezuela.

« Ce que veulent la plupart des victimes ce n’est pas que les agresseurs soient emprisonnés mais qu’on les croie », précise Andrea Hernandez, une autre activiste de 26 ans.

Yarani Acosta, 23 ans, a été victime d’abus en 2019, lors d’une fête universitaire alcoolisée. Après quelques baisers avec un homme, celui-ci est devenu « un peu agressif. Mon souvenir suivant, c’est lui ouvrant la porte et moi en train de remettre ma chemise. (Le lendemain), j’avais des bleus partout », dit-elle.

« J’ai dû lui expliquer pourquoi ce qu’il avait fait était mal. Je lui ai pardonné et je n’ai pas porté plainte », raconte-elle.

Aujourd’hui mariée et mère d’une fille de 3 ans, Gionaira a en revanche porté plainte tout en sachant qu’elle « n’obtiendra pas justice. Mais ça soulage un peu de penser que je peux faire éviter un nouvel abus ».

Par Le Point avec AFP

Allemagne : un éminent cardinal démissionne en dénonçant « la catastrophe des abus sexuels »

juin 4, 2021

L’un des cardinaux les plus influents d’Allemagne, l’archevêque de Munich Reinhard Marx, a demandé au pape François d’être démis de ses fonctions, tirant les conséquences de l' »échec », selon lui, de l’Église catholique dans « la catastrophe des abus sexuels » qui ébranle tout particulièrement un diocèse allemand.

L'archevêque de Munich et ancien président de la conférence épiscopale allemande, Reinhard Marx, le 1er février 2017 à Stuttgart

© THOMAS KIENZLE L’archevêque de Munich et ancien président de la conférence épiscopale allemande, Reinhard Marx, le 1er février 2017 à Stuttgart

Le cardinal allemand Reinhard Marx lors d'une conférence de presse à Munich (Allemagne), le 4 juin 2021

© LENNART PREISS Le cardinal allemand Reinhard Marx lors d’une conférence de presse à Munich (Allemagne), le 4 juin 2021

« Pour moi, il s’agit essentiellement de partager la responsabilité de la catastrophe des abus sexuels commis par des responsables de l’Église au cours des dernières décennies », a écrit l’ancien président de la Conférence épiscopale allemande dans ce courrier adressé le 21 mai au pape.

Il dénonce également un « échec institutionnel ou systémique » dans ce vaste scandale qui éclabousse toute l’Église.

Le prélat de 67 ans, considéré comme un libéral au sein de l’institution, juge que l’Église catholique est arrivée à « un point mort ».

Les récentes discussions ont montré « que certains au sein de l’Église ne veulent pas accepter cette responsabilité et donc la complicité de l’institution et s’opposent ainsi à tout dialogue de réforme et de renouvellement en lien avec la crise des abus » sexuels, poursuit-il dans cette missive.

A ce stade, la démission du cardinal n’a pas été acceptée par le pape François, dont il est un proche. « Le pape lui-même voulait que cette lettre soit publiée, c’est important », a souligné Mgr Marx lors d’une conférence de presse.

L’actuel président de la Conférence épiscopale, Georg Bätzing, a exprimé son « respect » pour le geste de son prédécesseur. 

« Je comprends la décision du cardinal Marx » qui veut « envoyer un signal », a-t-il dit, assurant que les abus sexuels et leur dissimulation avaient « révélé des faiblesses systémiques dans l’Eglise qui appellent également des réponses systémiques ».

Reinhard Marx fait partie d’un conseil restreint de cardinaux conseillant le pape sur ses réformes de la Curie romaine. Il coordonne aussi au Vatican le Conseil pour l’économie chargé de veiller à la bonne gestion financière du Saint-Siège.

Archevêque de Munich et de Freising (sud) depuis près de 14 ans, il avait refusé il y a un mois la plus haute distinction allemande, la Croix fédérale du Mérite.

– « Visiteurs apostoliques » –

Cette demande de démission intervient alors que le pape a ordonné fin mai une enquête sur le traitement de cas d’agressions sexuelles de mineurs au diocèse de Cologne (ouest), le plus grand d’Allemagne, secoué par une grave crise depuis des mois.

L’archevêque de Cologne, Rainer Maria Woelki, un conservateur dans les rangs de l’Église, est accusé notamment d’avoir longtemps couvert deux prêtres de la communauté religieuse de Düsseldorf soupçonnés de violences sexuelles.

Le Saint-Siège a nommé deux « visiteurs apostoliques », des envoyés pontificaux extraordinaires, chargés d' »appréhender la situation pastorale complexe à l’archevêché et parallèlement d’étudier d’éventuelles fautes » du cardinal Woelki et d’autres prélats.

Reinhard Marx a assuré que sa décision ne visait pas à dicter leur conduite à ses pairs. « Chacun doit prendre ses responsabilités comme il l’entend », a-t-il déclaré.

Un rapport accablant, rendu public en mars, révélait que des centaines de mineurs avaient subi des violences sexuelles dans le diocèse de Cologne entre 1975 et 2018, et que plusieurs responsables religieux s’étaient tus.

– Fuite en masse –

L' »affaire » du diocèse de Cologne s’est notamment traduite par une fuite en masse des fidèles.

En 2019, lors d’un sommet inédit au Vatican de présidents de conférences épiscopales consacré aux scandales d’abus sexuels sur mineurs, Reinhard Marx fut une personnalité en pointe pour réclamer davantage de transparence sur la question.

L’année précédente, il avait présenté les excuses de l’Église allemande après un rapport révélant des abus sexuels sur plus de 3.600 mineurs pendant des décennies.

Le président du puissant comité central des catholiques allemands, qui représente les laïcs au sein de l’institution, a salué son engagement dans ce domaine. « Ce n’est pas lui qui devrait partir », a jugé Thomas Stenberg au quotidien Rheinische Post.

Le chargé des questions d’abus sexuels au sein du gouvernement allemand, Johannes-Wilhelm Rörig, a lui souhaité que toute la lumière soit faite sur ces crimes dans tous les diocèses, selon l’agence dpa.

L’Église allemande, qui reste la plus grande confession du pays avec quelque 22,6 millions de membres, mène par ailleurs depuis des mois un « synode » national houleux où s’opposent progressistes en faveur par exemple de l’ordination de femmes et évêques plus conservateurs.

Avec AFP par bur-yap/ilp/mba

Canada-Québec: Une amende de 2000 $ pour avoir payé pour obtenir des services sexuels

novembre 17, 2020

Trois-Rivières — Richard Hagan, 49 ans, a disposé de ses dossiers, lundi, au palais de justice de Shawinigan, en admettant avoir obtenu les services sexuels d’une jeune femme moyennant rétribution.

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Pour ce faire, il a été condamné à payer une amende de 2000 $ et devra se soumettre à une probation pendant un an avec l’interdiction de contacter des jeunes femmes impliquées au dossier.

Rappelons que l’individu avait été arrêté en octobre 2019 à sa résidence de Saint-Mathieu du-Parc dans le cadre d’une opération du Service des enquêtes sur les crimes majeurs de la Sûreté du Québec en lien avec la marchandisation des services sexuels. Il avait alors été formellement accusé d’avoir obtenu les services sexuels contre rétribution d’une adolescente de 14 ans et d’agression sexuelle. Les événements seraient survenus entre janvier et août 2018. Il avait été libéré sous conditions.

Les discussions entre son avocat, Me Yvan Braun, et le procureur de la Couronne, Me Jean-Marc Poirier, ont donné lieu à un plaidoyer de culpabilité sur un chef moindre et inclus, soit de sollicitation de services sexuels d’une personne de plus de 18 ans. Il y a eu acquittement sur le chef d’agression sexuelle.

Avec le Nouvelliste par Nancy Massicotte

Plus de 80.000 plaintes pour abus sexuel déposées contre les Scouts américains

novembre 16, 2020

Plus de 80.000 victimes d’abus sexuel chez les Scouts américains se seront manifestées d’ici lundi 16 novembre au soir, date-limite pour bénéficier d’un fonds d’indemnisation mis en place par l’organisation dans le cadre de leur dépôt de bilan, a indiqué à l’AFP un de leurs avocats.

«A notre connaissance, il y a eu 11.000 plaintes globalement contre l’Église catholique, nous pensons que les cas chez les Boys Scouts seront huit fois plus nombreux à 17H00 ce soir» (22H00 GMT lundi), a déclaré Andrew Van Arsdale, membre d’une équipe d’avocats qui représente les victimes de ces abus. «Nous sommes horrifiés par le nombre de vies ayant souffert des abus passés chez les Scouts et touchés par le courage de ceux qui sont sortis du silence», a commenté, sans confirmer les chiffres, Boys Scouts of America dans un communiqué.

2,2 millions d’adhérents

L’organisation, fondée en 1910, est le principal mouvement scout des Etats-Unis. Elle compte 2,2 millions d’adhérents âgés de 5 à 21 ans. Plombée par des accusations d’abus sexuels, elle a déposé le bilan en février afin de geler toutes les demandes de dédommagement déposées par d’anciens boy-scouts devant la justice et de les rediriger vers un fonds d’indemnisation. Les Scouts américains, qui évaluent leurs actifs à plus d’un milliard de dollars, n’ont pas indiqué quel montant ils entendaient consacrer à ce fonds.

Les révélations d’abus sexuels chez les scouts d’Amérique ont éclaté au grand jour en 2012, quand le quotidien Los Angeles Times a publié des documents internes portant sur des décennies d’abus sexuel dans leurs rangs. Il était alors question de quelque 5000 «dossiers de la perversion», correspondant à autant d’agresseurs présumés parmi les chefs scouts. La plupart n’avaient jamais été signalés aux autorités, l’organisation se bornant à les écarter. Les actions en justice se sont depuis multipliées contre les Scouts américains, notamment après l’allongement par plusieurs Etats des délais de prescription pour les agressions pédophiles.

Par Le Figaro avec AFP

Colombie: plus de 100 militaires impliqués dans des abus sexuels de mineurs

juillet 1, 2020

Plus d’une centaine de militaires font l’objet d’une enquête pour abus sexuel présumé contre des mineurs, a admis mercredi le chef de l’armée de terre, suite au scandale des viols collectifs de deux adolescentes indigènes par des soldats.

«Avec douleur, je veux informer tous les Colombiens (…) qu’à ce jour, selon une vérification détaillée que nous avons effectuée depuis l’année 2016, nous avons 118 membres impliqués dans des cas présumés d’actes sexuels abusifs et violents contre des mineurs», a déclaré le commandant de l’armée de terre, le général Eduardo Zapateiro, lors d’une conférence de presse virtuelle.

Selon cet officier, le Parquet et l’armée enquêtent sur tous les cas afin de déterminer les actions pénales, disciplinaires et administratives à prendre.

«Sur les 118 impliqués, 45 ont été retirés de l’armée de terre» et 73 font l’objet de procédures au sein de l’institution militaire, a-t-il précisé.

Le général Zapateiro a fait ces déclarations, sous la pression du scandale des viols de mineures indigènes par des soldats, qui a suscité de vives manifestations de rejet en Colombie.

Le 25 juin, les autorités indigènes avaient dénoncé le fait qu’une fille âgée de 13 ans ait été séquestrée et violée par des soldats qui patrouillaient le territoire de la communauté Embera Chami, dans l’ouest du pays.

Sept militaires ont admis leur culpabilité pour le viol de cette mineure et sont détenus dans une caserne, sous la surveillance des forces de l’ordre.

Le général Zapateiro a affirmé avoir aussi écarté les trois sous-officiers qui étaient à la tête du peloton dans la zone.

Quatre jours plus tard, un autre viol avait été dénoncé, commis par un groupe de militaires contre une adolescente âgée de 15 ans, de l’ethnie Nukak Maku, en septembre 2019.

Le chef de l’armée de terre a déploré ces abus et affirmé qu’il s’agit de «conduites individuelles» et non «systématiques» au sein des 240.000 membres de cette force.

Le gouvernement du président de droite Ivan Duque a également rejeté ces crimes, dénoncés une semaine après que le parlement ait voté une réforme constitutionnelle permettant de condamner à la prison à perpétuité les violeurs et les assassins d’enfants et adolescents de moins de 14 ans. Cette peine ne pourra s’appliquer rétroactivement à ces militaires, étant donné que la loi n’a pas encore été promulguée, selon des juristes.

Plus de 22.000 mineurs de moins de 18 ans ont été victimes de crimes sexuels et 708 d’homicides l’an dernier en Colombie, selon des statistiques de l’autorité médico-légale.

Par Le Figaro avec AFP

Les sourds argentins victimes d’abus du clergé réclament justice au pape

février 20, 2020

Trois sourds argentins victimes d’abus sexuels commis par des prêtres dans des instituts catholiques spécialisés d’Argentine ont lancé jeudi 20 février un cri de douleur et de colère depuis la place Saint-Pierre pour demander justice et réparation à leur compatriote, le pape François.

«Nous avons beaucoup souffert. Il nous faut une loi qui oblige le Vatican à cesser de se protéger. Nous, les sourds, avons subi des abus de la part de prêtres et nous avons besoin que cela change», a expliqué en langue des signes Daniel Sgardelis, 45 ans, en route pour la place Saint-Pierre de Rome.

«Ils ont trop commis d’abus sexuels et il faut que cela cesse. Le pape est là tranquillement au Vatican sans nous donner la preuve d’un changement», a aussi déploré Ezequiel Villalonga, 19 ans, grâce à une traductrice.

«Pourquoi sommes-nous venus à Rome? Pour mettre fin aux abus sexuels partout», lance Ezequiel en brandissant un portrait de son bourreau.

Erica Labeguerie, dont la sœur de 26 ans est devenue une victime lorsqu’elle fréquentait l’un des deux Instituts catholiques Provolo pour les sourds d’Argentine, explique que son combat est pour que ces horreurs ne se répètent pas dans d’autres parties du monde.

Le drame de ces personnes handicapées est d’autant plus choquant qu’il s’agit de personnes particulièrement vulnérables qui ont été confiées à des religieux pour leur éducation.

Pas de rencontre avec le pape

Les victimes ont demandé en vain une rencontre avec le pape lors de leur séjour à Rome, du 20 au 22 février. «Nous sommes très déçus», reconnaît Erica Labeguerie, en racontant d’une voix hachée le parcours de sa famille.

«Cette lutte sert à rompre le silence, à faire en sorte que les preuves ne soient pas cachées, que le Vatican collabore», glisse-t-elle. Les victimes, accompagnées par leurs avocats, accusent le Vatican et le pape de dissimulation. Elles demandent justice, châtiment et réparation économique.

«Le pape a le pouvoir d’agir et d’éviter que cela ne se reproduise. Nous ne parlons pas du passé mais du présent que beaucoup vivent encore», assure la jeune femme.

Pour l’avocat Sergio Salinas, de l’organisation argentine humanitaire Xumex, «le pape argentin n’a rien fait pour enquêter sur les victimes ou pour les réparer».

«Nous avons besoin d’actions. Il ne suffit pas de lever le secret pontifical. L’Église doit collaborer. Le pape n’a rien dit, il ne s’est même pas excusé publiquement. Ce qui, de toute façon, n’est pas suffisant pour les victimes», a commenté pour sa part un autre avocat, Lucas Lecour.

En novembre, deux prêtres ont été condamnés à plus de 40 ans de prison pour avoir violé durant des années ces enfants dans l’institut spécialisé Provolo de Mendoza (ouest de l’Argentine). Nicola Corradi, un curé italien qui vit en Argentine depuis 1970, a été condamné à 42 ans de prison, et l’Argentin Horacio Corbacho à 45 ans.

Nicola Corradi avait été dénoncé au Vatican en 2009 pour avoir abusé sexuellement d’enfants sourds dans un institut Provolo de Vérone, dans le nord de l’Italie, avant d’être envoyé en Argentine voici cinquante ans. C’est pourquoi des sourds italiens de Vérone participeront à une veillée avec leurs compagnons d’infortune argentins, samedi dans les jardins du château de Saint-Ange, à quelque pas de la place Saint-Pierre.

Avant leur venue à Rome, les victimes argentines, qui considèrent avoir été «torturées» par leurs agresseurs, s’étaient rendues à Genève auprès du Comité de l’ONU contre la torture et du Comité des droits de l’enfant.

Par Le Figaro avec AFP

Norvège: 16 ans de prison pour des centaines d’abus sexuels sur internet

juin 28, 2019

 

Il se faisait passer pour «Sandra» sur la toile. Un Norvégien aujourd’hui âgé de 27 ans a écopé vendredi d’une peine de 16 ans de prison pour s’être rendu coupable d’abus sexuels, allant jusqu’au viol, sur plusieurs centaines de garçons mineurs, ont rapporté les médias norvégiens.

Pendant plusieurs années, l’homme, qui officiait par ailleurs en tant qu’arbitre, a manié duperie puis menaces sur internet pour obtenir des vidéos à caractère sexuel ou scatologique auprès de quelque 460 garçons, généralement âgés de moins de 16 ans. Campant un personnage fictif de jeune fille, il promettait notamment sucreries, iPhone, photos dénudées ou relations sexuelles pour appâter ses victimes, puis exigeait d’elles toujours plus de vidéos en les menaçant de publier sur la toile celles déjà en sa possession. Il a en partie reconnu les faits devant le tribunal de district de Nedre Romerike (sud-est).

La peine prononcée est conforme au réquisitoire du Parquet, qui a évoqué «la plus vaste affaire d’abus sexuels en Norvège». La défense avait pour sa part plaidé pour la peine la plus clémente possible. L’homme, dont l’identité n’a pas été révélée, avait été arrêté une première fois au cours de l’été 2016, puis rapidement libéré, ce qui lui avait permis de poursuivre ses agissements jusqu’à sa seconde interpellation. Il a également été condamné à verser près de 19 millions de couronnes (près de 2 millions d’euros) de dédommagements à ses victimes.

Par Le Figaro.fr avec AFP

En Irlande, le pape François demande pardon aux victimes d’abus

août 26, 2018

Le pape François à Knock, en Irlande, le 26 août 2018, deuxième jour d’une visite au cours de laquelle il a demandé « pardon » à Dieu pour les abus sexuels commis par les prêtres / © AFP / Tiziana FABI

Le pape François a égrené dimanche lors d’une messe géante à Dublin une longue liste de « pardons » aux victimes d’abus commis par le clergé ou des institutions religieuses en Irlande, mais s’est vu lui-même durement accuser d’avoir couvert un prélat soupçonné d’abus.

Au terme de deux journées de visite très focalisées sur les abus commis au sein de l’Eglise, le pape est arrivé en papamobile sous un ciel pluvieux dans l’immense parc Phoenix de Dublin. L’occasion pour ce pays, qui reste l’un des plus catholiques d’Europe, d’exprimer une ferveur populaire.

Dès sa première prise de parole devant les fidèles, François a créé la surprise en égrenant dans sa langue natale espagnole une litanie de pardons destinés aux « survivants d’abus de pouvoir, d’abus de conscience et d’abus sexuels » en Irlande.

Dressant une liste de tous « les crimes », en particulier ceux commis dans des « institutions dirigées par des religieux et des religieuses », le pape a notamment demandé pardon pour « les enfants qui furent éloignés de leur mères », parce qu’elles étaient tombées enceintes hors mariage.

Le souverain pontife, qui avait rencontré en fin de journée samedi huit victimes irlandaises d’abus, a aussi pointé du doigt « des membres de la hiérarchie de l’Eglise » qui ont « gardé le silence ».

– Contre-manifestation –

Un demi-million de fidèles étaient attendus au parc Phoenix mais le nombre de participants semblait inférieur, peut-être à cause de la pluie. En 1979, lorsque le divorce, l’avortement et le mariage homosexuel étaient impensables dans le pays, Jean Paul II avait parlé devant 1,5 million de personnes.

Dans le centre-ville de Dublin, environ 5.000 victimes d’abus de l’Eglise et leurs sympathisants ont eux participé à une manifestation intitulée, « Debout pour la vérité ».

Parmi les participants figuraient une femme déguisée en nonne, avec du faux sang sur les mains, et un homme distribuant des pancartes « L’église protège les pédérastes ».

La visite papale « provoque beaucoup de souffrances », a déclaré à l’AFP William Gorry, une victime des abus du clergé.

Depuis 2002, plus de 14.500 personnes se sont déclarées victimes d’abus sexuels commis par des prêtres en Irlande, et la hiérarchie de l’Église irlandaise est accusée d’avoir couvert des centaines de prêtres.

L’ampleur de ces scandales explique en partie la perte d’influence de l’Eglise sur la société irlandaise ces dernières années.

Dimanche matin, François a « imploré le pardon » de Dieu « pour le scandale et la trahison ressentis par tant de personnes », lors d’une prise de parole au sanctuaire de Knock, site de piété mariale distant de 180 km de Dublin, où il a été acclamé par 45.000 personnes.

« Cette plaie ouverte nous défie d’être fermes et décidés dans la recherche de la vérité et de la justice », a dit le pape, qui, samedi à Dublin, avait évoqué sa « honte » et sa « souffrance » face à « l’échec des autorités ecclésiastiques » pour affronter de manière adéquate ces « crimes ignobles ».

Avant François, Benoît XVI avait écrit en 2010 une lettre aux catholiques irlandais, reconnaissant la responsabilité de l’Eglise dans les abus.

– Le pape en accusation –

Officiellement consacrée à la Rencontre mondiale des familles, la visite du pape, qui s’achèvait dimanche, n’a de fait cessé d’être parasitée par le dossier explosif des abus du clergé.

Le pape François a lui-même été mis en cause dimanche par un ex-ambassadeur auprès du Vatican à Washington, l’archevêque Carlo Maria Vigano, qui l’accuse d’avoir annulé des sanctions contre le cardinal américain Theodore McCarrick, en faisant fi de signalements de son « comportement gravement immoral avec des séminaristes et des prêtres ».

« La corruption a atteint le sommet de la hiérarchie de l’Eglise », affirme dans une lettre Mgr Vigano, en allant jusqu’à demander la démission du pape.

Cette lettre, confirmée par son auteur, a été publiée samedi dans plusieurs publications catholiques américaines de tendance traditionaliste ou ultra-conservatrice ainsi que dans un quotidien italien de droite.

L’ancien nonce apostolique aujourd’hui à la retraite y met aussi en cause nommément nombre de hauts prélats de la Curie romaine.

Le cardinal McCarrick, 88 ans, a été accusé fin juillet d’abus sexuels et interdit d’exercer son ministère, un scandale qui a ébranlé la hiérarchie de l’église catholique américaine. Le pape a aussi accepté sa démission de son poste de cardinal, un fait quasi-inédit dans l’histoire de l’Eglise.

L’homme a été accusé d’abus par un adolescent, des faits remontant à des décennies, mais qui n’étaient pas publiques.

« Le Vatican n’a aucun commentaire immédiat », a réagi une porte-parole du Saint-Siège à propos des accusations formulées contre le pape.

Romandie.com avec(©AFP / (26 août 2018 18h53)

Abus sexuels: le pape accepte la démission du cardinal américain McCarrick

juillet 28, 2018

Le cardinal américain Theodore McCarrick a présenté sa démission du collège des cardinaux au pape François, qui l’a accepté le 28 juillet 2018 / © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / CHIP SOMODEVILLA

Le pape François a accepté la démission du célèbre cardinal américain Theodore McCarrick, 88 ans, déjà interdit d’exercer son ministère après des accusations d’abus sexuels aux Etats-Unis, a annoncé samedi le Saint-Siège dans un communiqué.

« Le Saint père a reçu la lettre dans laquelle le cardinal Theodore McCarrick, archevêque émérite de Washington (USA) présentait sa démission comme membre du collège des cardinaux », indique le communiqué publié par la salle de presse du Saint-Siège.

« Le pape François accepte cette démission du collège cardinalice et a ordonné sa suspension de tout ministère public, avec l’obligation de rester dans une maison, qui doit encore lui être indiquée, pour mener une vie de prière et de repentance jusqu’à ce que les accusations portées contre lui soient examinées dans le cadre d’un procès canonique normal », ajoute le texte.

Le cardinal McCarrick, un prêtre qui fut promu évêque et archevêque dans l’archidiocèse de New York avant de partir pour Washington en 2001, est l’un des cardinaux américains les plus en vue à l’international.

Bien qu’officiellement retraité, il continuait à voyager, notamment pour défendre des questions de droits de l’homme. Il avait été particulièrement en pointe pour soutenir les mesures prises contre les prêtres pédophiles aux Etats-Unis.

Dans un communiqué publié le 20 juin, le cardinal Timothy Dolan de New York avait expliqué que son diocèse avait reçu des allégations sur des abus supposés du cardinal McCarrick remontant à « presque 45 ans ».

Conformément à la Charte sur la protection des enfants, adoptée en 2002 par les évêques américains après le scandale de pédophilie qui a secoué le diocèse de Boston, « une agence indépendante » a mené une enquête, dont les résultats ont été transmis à une commission qui a jugé les accusations « crédibles et étayées », a souligné le cardinal Dolan.

Theodore McCarrick, « tout en maintenant son innocence, accepte cette décision », avait aussi précisé le cardinal Dolan, en indiquant que le Vatican avait demandé au cardinal suspecté de « ne plus exercer publiquement son ministère ».

Selon le Washington Post, Theodore McCarrick aurait abusé d’un adolescent.

Romandie.com avec(©AFP / 28 juillet 2018 13h50)

Shania Twain : Abusée sexuellement par son beau-père, elle brise le silence

avril 25, 2018

 

Shania Twain - Célébration du 150ème anniversaire du Canada à Ottawa. Le 1er juillet 2017.
 Shania Twain – Célébration du 150ème anniversaire du Canada à Ottawa. Le 1er juillet 2017.
La chanteuse canadienne n’a jamais connu son père biologique. Élevée par sa mère et son beau-père, l’interprète de « Man! I Feel Like a Woman » a été abusée sexuellement et physiquement par ce dernier, un calvaire qui a débuté autour de ses 10 ans.

Le secret avait jusque-là été très bien gardé. Le sujet des agressions sexuelles n’étant plus tabou depuis le scandale Harvey Weinstein qui a éclaté en octobre 2017, Shania Twain s’autorise enfin à évoquer son histoire personnelle. Au cours d’une interview accordée à The Guardian, la chanteuse de 52 ans révèle avoir été victime d’agressions sexuelles et physiques de la part de son beau-père. Jerry Twain a élevé Shania avec sa maman, l’artiste n’ayant jamais connu son père biologique.

Si l’interprète de You’re Still the One accepte de révéler ce grand secret, elle n’est toutefois pas encore prête à en livrer les dessous. La chanteuse se réserve le droit de ne pas « entrer dans les détails« , préférant miser sur le positif et l’espoir. « Le plus important est que les gens comprennent que vous pouvez survivre à ces choses-là« , explique-t-elle au Guardian, restant floue sur la date à laquelle les abus de son beau-père ont débuté, aux alentours de ses 10 ans. « L’abus sexuel va de pair avec l’abus physique et psychologique quand c’est une personne que vous connaissez. J’ai appris à verrouiller ça« , partage-t-elle.

Le bourreau de Shania Twain ne pourra répondre à ces accusations puisque Jerry Twain est décédé en 1987 dans un accident de voiture qui a également emporté la mère de la chanteuse. Pour ne pas être séparée de ses deux soeurs et de son demi-frère, la chanteuse a fait le choix de les élever seule alors qu’elle avait à peine plus de 20 ans. Demander de l’aide à des associations aurait pu les mener à ne plus vivre ensemble. Un risque qu’elle n’a jamais voulu prendre : « Nous sommes donc restés ensemble pour le meilleur et pour le pire. »

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