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Didier Decoin remplace Bernard Pivot à la tête de l’académie Goncourt

janvier 20, 2020

L’écrivain et scénariste de 74 ans a été élu, ce lundi, président de l’institution qu’il avait rejoint en 1995.

Le fils du cinéaste Henri Decoin, né à Boulogne-Billancourt le 13 mars 1945, avait rejoint l’académie Goncourt en 1995.
Le fils du cinéaste Henri Decoin, né à Boulogne-Billancourt le 13 mars 1945, avait rejoint l’académie Goncourt en 1995. Francois Bouchon

Didier Decoin succède à Bernard Pivot à la tête de l’académie Goncourt. Âgé de 74 ans, l’écrivain et scénariste français était en ballottage avec Françoise Chandernagor. Ancien secrétaire général de l’institution, il en a été élu président lundi 20 janvier par cinq voix contre trois.

Le fils du cinéaste Henri Decoin, né à Boulogne-Billancourt le 13 mars 1945, avait rejoint l’académie Goncourt en 1995, en remplacement de Jean Cayrol. Il a débuté sa carrière comme journaliste à France Soir et au Figaro. A participé à la création du magazine VSD et travaillé sur Europe 1. Marié, il est le père de trois enfants dont l’écrivain Julien Decoin.

Prix Goncourt en 1977

Alors qu’il est encore journaliste, Decoin entame une carrière de romancier en 1966 avec Le Procès de l’amour (éd. du Seuil), un huis-clos qui est à la fois une mise en garde, une révolte et une invitation à céder à la passion. Suivront une vingtaine de titres dont John l’Enfer (éd. du Seuil) pour lequel il reçoit en 1977, le prix Goncourt.

A deux reprises, il a assuré la présidence de la Société des gens de lettres. Il a également été l’un des fondateurs de la SCAM (Société civile des auteurs multimedia). Egalement scénariste pour le cinéma, il a travaillé pour des réalisateurs comme Marcel Carné, Robert Enrico, Henri Verneuil, et Maroun Bagdadi avec qui il recevra, pour le film Hors-la-vie, le prix spécial du jury au festival de Cannes.

Mais c’est à la télévision que Didier Decoin consacre l’essentiel de ses activités. Auteur de très nombreux scripts originaux et d’adaptations, et après avoir dirigé pendant trois ans et demi la fiction de France 2, il reçoit en 1999 le Sept d’Or du meilleur scénario pour Le Comte de Monte-Cristo (mini-série télévisée diffusée en 1998).

L’écrivain est incollable sur le fait divers. Il lui a même consacré en 2015 un Dictionnaire amoureux (Plon). Il ne voit pas cette passion comme une défaite de l’imaginaire. Mais comme une béquille. « Dans tout fait divers, il y a des trous ; et ce qui est intéressant, c’est la façon dont le scénariste et le réalisateur comblent ces vides. Le public peut se contenter d’un récit documentaire mais, pour magnifier un fait divers, il faut un point de vue », déclarait-il au Figaro.

En 2017, Didier Decoin publie Le Bureau des jardins et des étangs chez Stock. Le parcours d’une jeune Japonaise, une campagnarde du XIIe siècle qui expérimente la vie à la cour impériale.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Décès de la romancière franco-belge Françoise Mallet-Joris, à 86 ans

août 13, 2016

Paris – La romancière franco-belge Françoise Mallet-Joris, auteur du rempart des Béguines, est morte à l’âge de 86 ans, a annoncé samedi à l’AFP le romancier et journaliste Pierre Assouline, qui lui avait succédé à l’Académie Goncourt.

La romancière, qui avait reçu le Prix Fémina pour L’empire céleste en 1958, était membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique depuis 1993.

Admiratrice de Colette, François Mallet-Joris a notamment écrit des récits autobiographiques comme Lettre à moi-même, La maison de papier, un de ses grands succès, sur ses démêlés familiaux et domestiques, ou La double confidence, autour de sa mère.

Elue en 1971 à l’Académie Goncourt, qui décerne chaque année le célèbre prix littéraire éponyme, elle en fut membre jusqu’en 2011.

Françoise avait vraiment une sensibilité qui a beaucoup compté pour influencer les choix des académiciens (du Goncourt), les inciter à lire des livres vers lesquels ils ne seraient pas allés spontanément, s’est souvenu Pierre Assouline.

Mariée trois fois, cette grande fumeuse aux yeux bleux et aux cheveux blonds a eu quatre enfants. Elle avait bousculé le milieu littéraire en se passionnant pour la chanson de variétés et le show-business, écrivant notamment des textes comme La Parisienne (1976) pour la chanteuse Marie-Paule Belle, avec laquelle elle a longtemps vécu.

Je lui dois tout… Je suis née une deuxième fois grâce à elle. Je ressens une peine immense, a confié, en sanglots, son ancienne compagne contactée par l’AFP.

Féministe, Françoise Mallet-Joris a eu une grande audience notamment chez les femmes mais pas que chez les femmes, a souligné Pierre Assouline. Ce n’était pas qu’une romancière pour femmes, contrairement à ce que l’on a pu dire en raison de ses engagements féministes, a-t-il ajouté.

Romandie.com avec(©AFP / 13 août 2016 13h17)

Robert Sabatier, auteur des Allumettes suédoises, est décédé

juin 29, 2012
Robert Sabatier, auteur des Allumettes suédoises, est décédéSABATIER. « Les allumettes suédoises », la saga autobiographique de Robert Sabatier, fut un immense succès de librairie.

Denis Félix / Albin Michel

L’écrivain français disparaît ce jeudi à l’âge de 88 ans, laissant derrière lui une oeuvre engagée et poétique. 

Robert Sabatier est décédé ce jeudi en région parisienne à l’âge de 88 ans, a-t-on appris auprès de son éditeur Albin Michel.  

Doyen de l’Académie Goncourt, l’écrivain s’est imposé comme un grand de la littérature populaire avec Les allumettes suédoises, une saga autobiographique qui connut un énorme succès à la fin des années 1960, mais aussi comme un poète exigeant, auteur d’une monumentale Histoire de la poésie française. Cet enfant de Montmartre, qui peuplait ses livres de personnages truculents et fit revivre dans une vingtaine de romans le Paris gouailleur, insouciant, un peu anar, des années 1930. « J’écris par besoin, pour essayer de rejoindre quelque chose que j’ignore », disait-il, encore étonné par son parcours improbable dans la vie littéraire.  

Né le 17 août 1923 à l’emplacement de ce qui fut le domicile de Verlaine, il passe son enfance sur les escaliers de la butte. Orphelin à 12 ans, il quitte pourtant Paris pour la Haute-Loire où il apprend le métier de typographe. En 1943, le jeune Sabatier prend le maquis, puis rentre à Paris au lendemain de la guerre pour vivre sa passion de la littérature. Son premier roman, Alain et le nègre (1953), est salué par la revue Les lettres françaises comme « le premier roman français antiraciste » et adapté par Julien Duvivier au cinéma.  

Une saga autobiographique vendue en millions d’exemplaires

Encouragé par Albert Camus et quelques figures de l’après-guerre, il publie une quinzaine de livres en quinze ans. Mais c’est avec Les allumettes suédoises (1969), premier volet des aventures du jeune Olivier, orphelin lui-même, qu’il rencontre le succès populaire. Une histoire de poulbot pur jus, dont il eut bizarrement l’idée en observant jouer des gamins de New York. « Le manuscrit a été assez vite achevé et je l’ai porté à mon éditeur qui a trouvé cela charmant, tout en prédisant que cela ne se vendrait pas parce que mon enfance n’intéressait que moi », racontait-il, la pipe vissée à la bouche. Les allumettes suédoises ratent de peu le Goncourt, mais Sabatier ajoutera sept épisodes en trente ans aux aventures d’Olivier: Les noisettes sauvages (1974), David et Olivier (1986), Olivier et ses amis (1993)… La saga s’est vendue depuis à des millions d’exemplaires dans le monde et France 2 a adapté Les allumettes… en 1996 pour un téléfilm en trois épisodes.  

Un poète parmi les jurés du Goncourt

Recalé au Goncourt, Robert Sabatier entre pourtant en 1971 au jury du prix, dont il sera un membre influent pendant une quarantaine d’années. Le romancier célébrissime mettait la poésie au dessus de tout. Au point de lui consacrer une Histoire de la poésie française en neuf volumes, pour laquelle il disait avoir lu 25 millions de vers en 40 ans. Il a publié lui-même une dizaine de recueils de poèmes –Les fêtes solaires (1952), Dédicace d’un navire (1984)… -dépouillés, austères, à l’opposé de la prose truculente du romancier. En 1969, il obtient le Grand prix de poésie de l’Académie française. L’auteur de best-sellers savait aussi être plus grave, avec des romans comme Les années secrètes de la vie d’un homme(1984) ou Diogène (2001). Sabatier, gamin de Paris, ne rigolait pas avec la littérature. En 1994, il n’hésita pas, à 71 ans, à boxer l’écrivain Louis Nucéra avec qui il était en désaccord pour l’attribution d’un prix littéraire: « Ca s’est transformé en pugilat au cours duquel j’ai flanqué une raclée à Nucéra », racontait-il, amusé de cet épisode inattendu de la vie littéraire. 

Lexpress.fr avec AFP

Hommage à François Nourricier à l’occasion du premier anniversaire de sa mort : 15 février 2011-15 février 2012

février 15, 2012

Il y a un an mourrait, François Nourricier, le 15 février 2011, à l’âge de 83 ans, à Paris.

Né le 18 mai 1927, d’un père exploitant forestier, il passe son enfance dans la banlieue parisienne et dans la capitale.

Après son passage en droit et une escale dans les petits boulots,  il s’orientait dans le journalisme où il développait ses armes d’excellent journaliste ayant collaboré à de nombreux journaux dont il fût un critique littéraire aux Nouvelles littéraires (1960-1970), au Point (depuis 1972), au Figaro Magazine ; critique de cinéma à L’express (1970-1972) ; critique dramatique au Figaro (1975-1977) ; grand-reporter-écrivain à Paris-Match (1962-1963). Collaborations : Témoignage chrétien, Elle, Marie-Claire, Vogue, Gazette de Lauzanne, Paris-Match, Les Lettres françaises, France-Observateur, Le Monde, Midi-Libre, etc.

François Nourricier était nourri constamment par les mamelles jumelles de la lecture.

Grand romancier du XXe siècle, il avait produit une bonne sève littéraire inscrivant son œuvre dans la riche veine admirable de Montherlant, Chardonne et Aragon.

Auteur de romans de bonne facture et de grande référence, au style singulier, décrivant les personnages et les paysages familiers de son quotidien social; les lecteurs ont encore les meilleurs souvenirs de sa contribution mouvementée et saccadée portée dans Une histoire française, Le maître de maison, L’empire des nuages, En avant calme et droit, qui ont consacré des moments élogieux de sa remarquable identité d’écrivain majeur.

Admis à l’Académie Goncourt, en 1977, il en deviendra secrétaire général en 1983 avant d’accéder à sa présidence en 1996, où son ombre tutélaire continue à y planer constituant ainsi toute une légende vivante gravée du sceau de l’éternité.

Seigneur de l’écriture avec une culture impressionnante de la littérature, il y avait forgé un caractère bien trempé et respectable car il appartenait à la belle branche de la génération de Bertrand-Poirot Delpech, François Régis Bastide, Jean-François Deniau, Jean-Raspail, Jérôme Peignot ou Jean d’Ormesson qui ont franchi le seuil de l’Académie française tout en portant l’habit vert, bordant les palmes de l’immortalité.

Coqueluche de l’Académie Goncourt, il était aimé par les uns et détesté par les autres. Fervent polémiste, il défendait bec et ongles la langue française comme l’oiseau de Minerve mais aussi comme un jeune lion des lettres françaises.

Facilement reconnu par ses cheveux blancs de savant littéraire et sa barbe blanche de missionnaire, il avait tissé un faisceau de relations avec des écrivains, des éditeurs, des dandies, des peintres et des hommes politiques ouvrant la brèche amicale aux agents immobiliers.

François Nourricier démissionne de l’Académie Goncourt, en 2008, l’âme fière du devoir bien accompli avec à la clé moult péripéties interrogeant le devenir de sa vie parce que pris dans l’étau de la maladie de Parkinson, (sa Miss P), qu’il ironisait courageusement dans le dernier temps des hommes avant son éternel départ d’adieu.

François Nourricier est toujours vivant dans la modalité successive d’une absence qui a marqué le temps et les hommes de la République des lettres mais aussi la mémoire et l’histoire.

Bernard NKOUNKOU