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Le Nobel de littérature pourra être décerné

octobre 5, 2018

 

Suède L’académie suédoise a élu de nouveaux membres, ce qui permettra de décerner le prix Nobel de littérature en 2019.

 

Jila Mossaed, 70 ans, poétesse née à Téhéran, est l'une des deux personnalités élues vendredi à l'académie suédoise.

Jila Mossaed, 70 ans, poétesse née à Téhéran, est l’une des deux personnalités élues vendredi à l’académie suédoise. Image: AFP

L’académie suédoise, qui décerne le prix Nobel de littérature, a annoncé vendredi l’élection de nouveaux membres. Après un scandale sexuel, elle n’en comptait plus que dix actifs sur 18, ce qui a entraîné le report d’un an de la récompense en 2018.

Ses statuts requièrent la présence d’au moins douze sages. Les désaccords au sein de l’académie sur la manière de gérer les révélations d’agressions sexuelles d’un Français proche de l’institution, et marié à l’un de ses membres, ont suscité de graves dissensions internes. Plusieurs se sont mis en congé, dont la secrétaire perpétuelle alors en exercice, Sara Danius.

L’élection de Jila Mossaed, 70 ans, poétesse née à Téhéran, qui écrit en suédois et en persan, et celle d’Eric Runesson, né en 1960, juge à la cour suprême suédoise, permet ainsi à l’académie de retrouver son quorum indispensable. Mme Mossaed remplace l’écrivaine Kerstin Ekman, qui s’est mise en retrait de l’académie en 1989, après le refus de l’académie de condamner à l’époque une fatwa contre l’écrivain britannique Salman Rushdie.

«Nous avons fait un bon bout de chemin pour rétablir la confiance. Les choses semblent désormais différentes», s’est félicité le secrétaire perpétuel par intérim, Anders Olsson. Le roi Carl XVI Gustaf, parrain de l’institution, avait annoncé en mai une modification des statuts de l’académie: ses membres, initialement élus à vie, pourront désormais démissionner et être remplacés de leur vivant. (ats/nxp)

Tdg.ch créé: 06.10.2018, 03h31

L’académie Nobel de littérature dans la tempête #metoo

novembre 24, 2017

L’Académie suédoise, qui décerne le prix Nobel de littérature, prise à son tour dans la tempête #metoo / © AFP/Archives / BERTRAND GUAY

L’Académie suédoise, qui décerne le prix Nobel de littérature, prise à son tour dans la tempête #metoo: des académiciennes, épouses d’académiciens, leurs filles et d’autres femmes ont révélé avoir subi les agressions d’une figure des arts étroitement liée à l’institution.

L’affaire agite depuis près d’une semaine le monde des lettres dans un pays réputé champion de l’égalité entre les sexes et qui découvre pourtant à un train quasi quotidien les coulisses peu reluisantes du cinéma, du théâtre et de la musique.

La littérature est à son tour plongée dans le bouillon des révélations scabreuses avec la publication dans le journal de référence Dagens Nyheter (DN) du témoignage de 18 femmes affirmant avoir été agressées ou violées par un homme parmi les plus influents de la scène culturelle stockholmoise.

Son identité est notoire mais son nom n’a pas été rendu public, conformément au respect de la présomption d’innocence observé par la presse suédoise.

Marié à une écrivaine « étroitement liée à l’Académie suédoise », il dirige dans la capitale un lieu d’exposition et de performances couru des élites culturelles et en partie financé par l’académie qui y organise des lectures des lauréats.

C’est notamment dans cet espace qu’auraient eu lieu certaines agressions, commises entre 1997 et 2017. Plusieurs victimes présumées ont témoigné à visage découvert et leurs récits ont été corroborés par des témoins oculaires, selon DN.

L’une d’elles affirme avoir été violée dans un appartement d’un quartier chic de Stockholm. « Tout le monde sait et tout le monde a toujours su » qu’il agressait des filles, assure-t-elle.

Du fait de ces liens et de ses proches relations avec des éditeurs, producteurs, metteurs en scène ou compositeurs de premier plan, ses accusatrices expliquent avoir choisi de se taire plutôt que de risquer leur carrière.

Au terme d’une « réunion de crise » jeudi soir, l’Académie suédoise a annoncé qu’elle coupait tous les ponts avec le mis en cause, auquel elle versait des subsides et avait confié la gestion d’un appartement dans le 6e arrondissement à Paris.

Au cours de cette réunion, « il est apparu que des membres de l’académie, des filles d’académiciens, des épouses d’académiciens et des membres du personnel de la chancellerie de l’académie ont subi une intimité non désirée ou des comportements inappropriés » de l’homme, précise l’académie dans un communiqué.

L’académie va lancer une enquête interne pour savoir si ce dernier « a eu quelque influence, directe ou indirecte, sur l’attribution de prix, de bourses ou de financement d’autre nature et s’il a pesé de quelconque façon sur (ses) travaux ».

La ministre de la Culture, Alica Bah Kuhnke, a dit regretter de lui avoir décerné en 2015 la médaille de l’Ordre royal de l’Etoile polaire réservé aux membres de la famille royale suédoise où à des personnalités étrangères.

Le mis en cause n’a pas souhaité répondre aux sollicitations de l’AFP. Il a affirmé à DN être innocent des faits qu’on lui reproche.

Romandie.com avec(©AFP / 24 novembre 2017 14h57)                

27 ans après la fatwa, les académiciens Nobel soutiennent Salman Rushdie

mars 24, 2016

Stockholm – Il aura fallu près de trois décennies pour que l’Académie suédoise, institution prestigieuse qui décerne le prix Nobel de littérature, dénonce la fatwa visant l’écrivain britannique Salman Rushdie, auteur des Versets sataniques honni des islamistes.

Dans une tribune publiée jeudi par le quotidien Dagens Nyheter, l’académie pourfend une condamnation à mort prononcée pour châtier une création littéraire.

L’indépendance de la littérature vis-à-vis du contrôle politique est impérieuse pour la civilisation et doit être préservée des attaques des partisans de la vengeance et de la censure, écrit son secrétaire perpétuel, Tomas Riad.

C’est au nom de ce même principe d’indépendance que les académiciens s’étaient abstenus de prendre position sur l’affaire Rushdie en 1989, déchirés entre tenants d’un soutien franc à l’écrivain et garants de la neutralité du cénacle.

L’auteur d’origine indienne était devenu l’ennemi désigné des musulmans fondamentalistes en mettant en scène dans ses Versets des prostituées rêvant qu’elles étaient les femmes du prophète Mahomet.

L’imam Khomeiny, guide suprême de la révolution islamique iranienne, a prononcé à son encontre le 14 février 1989 une fatwa le condamnant à mort.

Trois des membres de l’Académie suédoise indignés par son silence, Kerstin Ekman, Lars Gyllensten puis Werner Aspenström, en avaient quitté les bancs, sans cependant être autorisés à démissionner, ses statuts ne le permettant pas.

L’académie, dont la composition a été très largement renouvelée depuis, s’est décidée à prendre position après que la somme offerte pour l’assassinat de Rushdie eut été augmentée fin février par une quarantaine de médias iraniens, a justifié Tomas Riad.

Ce linguiste d’origine égyptienne fustige un crime contre le droit international (…) incompatible avec le processus de normalisation engagé par Téhéran et les puissances occidentales.

L’académie n’a pas été épargnée par les polémiques par le passé, d’aucuns l’accusant d’avoir porté maints coups de canif au testament d’Alfred Nobel qui entendait récompenser l’idéalisme.

Le Français Louis-Ferdinand Céline, sanctionné pour ses écrits antisémites, et l’Argentin Jorge Luis Borges, critiqué pour ses relations ambiguës avec les dictatures sud-américaines, sont au nombre des célèbres oubliés du Nobel.

Les dernières controverses en date concernent l’attribution du prix au Chinois Mo Yan en 2012, jugé par ses détracteurs trop complaisant avec Pékin, et celui décerné l’an dernier à la Bélarusse Svetlana Alexievitch, qui n’a de cesse de dénoncer le bellicisme et le nationalisme de la Russie.

Sa réception Nobel à Stockholm n’a pas été retransmise par la télévision publique au Bélarus.

Les académiciens suédois ont souvent affirmé ne pas prêter attention à la politique, à la religion, à l’âge ou au sexe des lauréats, relève le journaliste Antoine Jacob, auteur d’une Histoire du prix Nobel.

Mais qu’ils le veulent ou non, depuis le premier prix en 1901, certaines décisions obéissent également à d’autres critères que la littérature: courants idéologiques, convictions personnelles, voire liens d’amitié, dit-il à l’AFP.

Romandie.com avec(©AFP / 24 mars 2016 11h25)