Posts Tagged ‘accord cadre’

RDC : selon Lambert Mende, Bosco Ntaganda est au Rwanda

mars 17, 2013

Le général Bosco Ntaganda est recherché par la CPI. Le général Bosco Ntaganda est recherché par la CPI. © Walter Astrada/AFP

Le général Bosco Ntaganda, recherché par la Cour pénale internationale (CPI), a quitté samedi l’est de la République démocratique du Congo pour se rendre au Rwanda voisin, a indiqué dimanche le gouvernement de RDC.

Le général Bosco Ntaganda, recherché par la Cour pénale internationale (CPI), a quitté samedi l’est de la République démocratique du Congo pour se rendre au Rwanda voisin, a indiqué dimanche le gouvernement de RDC.

« Le général mutin a traversé hier (samedi) et il est au Rwanda aujourd’hui », a déclaré à l’AFP le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende.

Rebelle devenu général de l’armée de RDC, puis radié, Bosco Ntaganda fait l’objet de deux mandats d’arrêts de la CPI pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis dans la région de l’Ituri (nord-est de la RDC) en 2002 et 2003.

Selon le porte-parole du gouvernement, il a traversé la frontière en même temps que des centaines de combattants d’une faction de la rébellion congolaise du Mouvement du 23 mars (M23), faction qu’il est accusé de diriger.

Lambert Mende a appelé le Rwanda à ne pas accueillir le général Ntaganda, en vertu d’un accord-cadre pour ramener la paix dans la région des Grands Lacs signé à Addis Abeba en février par onze pays.

« Il y a un engagement clair: pas d’asile, pas d’accueil aux criminels recherchés par la justice internationale, pas d’accueil à ceux qui sont sous sanction des Nations Unies. (…) Nous attendons de voir comment Kigali va exécuter ses engagements », a déclaré Lambert Mende.

Jeuneafrique.com

RDC: 10 morts dans des affrontements armés entre rebelles du M23

février 25, 2013
RDC: 10 morts dans des affrontements armés entre rebelles du M23 RDC: 10 morts dans des affrontements armés entre rebelles du M23 © AFP

Des incidents armés ont opposé dimanche soir des factions rivales du mouvement M23 et fait dix morts parmi les rebelles dans le Rutshuru, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), apprend-on de source hospitalière lundi à Rutshuru.

L’hôpital provincial de Rutshuru a indiqué que les corps de 10 personnes avaient été dénombrés et que deux blessés avaient été hospitalisés. Ces heurts, apprend-on de source militaire occidentale, sont liés à des divergences sur l’attitude du mouvement rebelle face à l’accord-cadre qui vient d’être signé à Addis Abeba pour garantir la paix dans cette région de la RDC.

Jeuneafrique.com avec AFP

Mali : le Premier ministre Cheick Modibo Diarra affirme qu’il ne démissionnera pas

juillet 29, 2012
Cheick Modibo Diarra, le 22 juin 2012 à Ouagadougou. Cheick Modibo Diarra, le 22 juin 2012 à Ouagadougou. © Ahmed Ouoba/AFP/Archives

Le Premier ministre malien de transition Cheick Modibo Diarra affirme qu’il ne démissionnera pas de son poste comme le réclament les grands partis politiques maliens, dans un entretien diffusé samedi soir par la chaîne de télévision privée Africable.

« Je ne démissionnerai pas. Si je dois démissionner, à qui je dois remettre ma démission ? Parce que l’accord-cadre (de Ouagadougou) dit que le président (intérimaire) ne peut pas accepter ma démission », a déclaré M. Diarra dans cet entretien avec Africable, une chaîne de télévision basée à Bamako.

Cet accord signé le 6 avril entre l’ex-junte qui avait renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré et la médiation ouest-africaine avait prévu la remise du pouvoir aux civils, un président et un Premier ministre de transition.

« La deuxième chose, c’est que je suis un enfant de ce pays, le Mali qui m’a tout donné. Et quand ce pays me confie une tâche, tant que je resterai debout, je ne vais jamais démissionner », a ajouté M. Diarra, en poste depuis le 17 avril.

Cette déclaration de Cheick Modibo Diarra a lieu au lendemain du retour à Bamako du président de transition Dioncounda Traoré, après deux mois passés à Paris suite à une agression le 21 mai dans la capitale malienne par une foule hostile.

Contesté

Dioncounda Traoré doit décider s’il maintient à son poste Cheick Modibo Diarra, astrophysicien de renommée internationale mais qui est de plus en plus contesté.

Dans un virulent communiqué publié mardi, le Front uni pour la défense de la République et de la démocratie (FDR), qui regroupe 140 partis politiques dont l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adema) du président Dioncounda Traoré, syndicats et organisations de la société civile, avait demandé la démission de M. Diarra.

Le FDR, qui s’était opposé au coup d’Etat du 22 mars, lui reproche de n’avoir « aucune stratégie » pour libérer le Nord du Mali occupé depuis quatre mois par des groupes islamistes alliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

« C’est moi le chef du gouvernement qui propose une équipe au président. J’ai déjà en tête l’architecture de la future équipe. Evidemment des gens qui ont des moyens et qui n’aiment pas le gouvernement, (ont le) droit d’utiliser leurs moyens pour payer (des) journaux pour faire du lobbying », a-t-il précisé.

Reconquête et élections

« On m’a confié une responsabilité, celle de diriger ce pays pendant la transition, de reconquérir le Nord, d’organiser des élections crédibles, transparentes pour qu’il n’y ait pas de conflits post-électoraux », affirme Cheick Modibo Diarra.

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cédéao) a donné jusqu’au mardi 31 juillet aux autorités de transition pour former un gouvernement d’union nationale qui ait, en particulier, la légitimité de demander une intervention militaire pour combattre Aqmi et ses alliés dans le Nord, ce que n’a jamais fait M. Diarra.

 Jeuneafrique.com avce AFP

Mali: joie mesurée après un accord de principe sur la transition

mai 20, 2012
Mali: joie mesurée après un accord de principe sur la transition Mali: joie mesurée après un accord de principe sur la transition © AFP

L’accord de principe entre l’Afrique de l’Ouest et les putschistes du 22 mars au Mali pour le maintien du président intérimaire Dioncounda Traoré à la tête de la transition suscitait dimanche une joie mesurée dans les camps des opposants et partisans du putsch à Bamako.

« C’est plutôt une bonne nouvelle. Maintenant, il faut avoir une feuille de route très claire pour éviter des couacs », a déclaré à l’AFP Soumaïla Diakité, responsable d’un des partis du Front uni pour la défense de la République et de la démocratie (FDR, opposé au putsch).

Samedi soir, l’ex-junte militaire ayant renversé le régime du président Amadou Toumani Touré et des médiateurs dépêchés à Bamako par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont annoncé avoir trouvé un accord de principe, selon lequel l’ex-junte accepte le maintien du président intérimaire Dioncounda Traoré à la tête de la transition au Mali, en pleine crise depuis le putsch.

Les deux parties ont indiqué qu’elles poursuivraient les discussions pour définir des « mesures d’accompagnement », sans plus de détails.

« Il y a accord de principe sur le nom du président de transition, mais il y a tout le reste toujours en discussions », a affirmé à l’AFP Mahamane Maïga, responsable d’un des partis du Mouvement populaire du 22 mars (MP22, front favorable au putsch). « Le processus n’est pas terminé », il faut en attendre l’issue pour être fixé », a-t-il ajouté.

Les médiateurs de la Cédéao poursuivaient dimanche leurs discussions sur la question. Samedi soir, l’un d’entre deux, le ministre burkinabè des Affaires étrangères Djibrill Bassolé, a indiqué qu’ils resteraient à Bamako « le temps nécessaire ».

Les auteurs du coup d’Etat du 22 mars sont restés jusque-là incontournables, bien qu’ils aient officiellement rendu le pouvoir aux civils en vertu d’un accord-cadre conclu avec la Cédéao le 6 avril.

Ils entendaient faire partir Dioncounda Traoré dès mardi prochain, au terme du délai constitutionnel de 40 jours pourtant déclaré intenable dans l’accord-cadre. La Cédéao avait au départ prévu une transition d’un an, mais aucune précision sur la durée du processus n’a été donnée samedi à Bamako et à Abidjan, où s’est tenu une réunion de ministres ouest-africains notamment sur la crise au Mali.

Jeuneafrique.com  avec AFP

Mali : la convention proposée par Sanogo continue de diviser la classe politique et déplaît à la Cedeao

mai 16, 2012

Le leader de l’ex-junte malienne, le capitaine Amadou Haya Sanogo, a pris tout le monde de court. Lundi 14 mai, il a annoncé la tenue de la Convention nationale avant le 22 mai, date butoir de l’intérim du président Dioncounda Traoré. Objectif : empêcher que ce dernier soit maintenu dans ses fonctions pour l’année de transition. Et cela malgré les recommandations de la Commission des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et des États-Unis…

Coup de sang ou coup de génie minutieusement réfléchi ? L’annonce de l’ex- chef putschiste, Amadou Haya Sanogo, qui assure avoir demandé au Premier ministre malien, Cheick Modibo Diarra, d’organiser la Convention nationale –  mentionnée par l’accord-cadre signé début avril entre la junte et le médiateur mandaté par la Cedeao – avant le 22 mai, n’a pas manqué de susciter des réactions. Par la voix de Tiebilé Dramé, le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie (FDR), opposé aux putschistes depuis le début de la crise malienne, a déclaré qu’il « attendait de voir » et a prévenu d’ores et déjà qu’il ne s’associerait à aucune violation de la Constitution.

Une vision que ne partage pas Me Mamadou Ismaila Konaté, avocat malien. Au contraire, rappelle-t-il, c’est justement à cause des insuffisances de la Constitution que l’accord-cadre entre le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État (CNRDRE) et la Cedeao a dû être signé le 6 avril.

Selon cet accord, l’intérim est balisé par la Constitution du Mali, contrairement à la transition. Et il est formel : l’intérim de Dioncounda Traoré – président de l’Adema et du Parlement, investi le 6 avril à la place de ATT démissionnaire – finit bel et bien le 22 mai.

Traoré, « quarante jours et pas un de plus ! »

Les mouvements pro-junte, à savoir le M22 et la Copam, n’avaient pas encore réagi lundi soir aux déclarations de Sanogo. Mais leur hostilité vis-à-vis de Dioncounda Traoré laisse peu de doute sur leur souhait de le voir recalé à la fin de l’intérim. On se souvient qu’ils avaient exigé la tenue de la convention nationale dès la mi-avril pour que les parties prenantes s’entendent sur les modalités de la transition.

Me Mountaga Tall, président du Congrès national d’initiative démocratique (CNID), ne cache pas non plus son souhait d’avoir quelqu’un de moins politiquement marqué pour conduire une transition dont l’un des objectifs majeurs sera justement d’organiser le prochain scrutin présidentiel.

Le parti d’Ibrahim Boubacar Keita (IBK), le Rassemblement pour le Mali (RPM), n’est pas en reste. Il avait épluché très tôt l’accord-cadre et déduit que le président intérimaire ne pouvait être à la manœuvre que « pour un maximum de quarante jours ».

On se souvient, pour finir, du retentissant « c’est quarante jours et pas un de plus !» lancé par Sanogo, lorsque, le 26 avril, les chefs d’État de la sous-région ont décidé de maintenir Traoré à la tête de la transition pendant douze mois.
Cette sortie musclée de Sanogo n’a d’ailleurs pas manqué d’énerver au plus haut point l’administration Obama, qui voit désormais en lui l’obstacle au retour effectif à l’ordre constitutionnel.

Zone d’ombre

L’ambassadeur des États-Unis à Bamako est monté au créneau ces derniers jours. Rencontrant la presse, la société civile et les acteurs politiques, il réitère l’adhésion de son pays aux décisions de la Cedeao, déplorant le temps perdu par le Mali sur les questions institutionnelles. Il a également rappellé que le Sahel « brûlait » et prévenu l’ex-junte des conséquences qu’aurait sur le pays un second putsch, après le 22 mai. Une position partagée par les chancelleries et les agences de coopération à Bamako, même si toutes se disent pourtant favorables à ce que l’ex-junte s’occupe de la restructuration de l’armée.

Mais ce sont justement les intentions de Sanogo qui restent encore floues. Souhaite-t-il lui-même être le président de la transition ? Pour certains, c’est évident. Pour d’autres, il a compris que c’était impossible et que c’est la raison pour laquelle il a déjà cédé début avril. 

Qui alors ?  « Personne d’autre que le Capitaine Sanogo », lance, sans détour, l’ancien ministre Younouss Hameye Dicko, chef du Rassemblement pour le développement et la solidarité (RDS). Une telle proposition, bien entendu, ne plaira ni à Ouagadougou, ni à Abidjan, et ne serait ni plus ni moins qu’une déclaration de guerre à la Cedeao, laisse-t-on entendre dans l’entourage du président Ouattara. Il se dit d’ailleurs que ce dernier apprécierait peu Dioncounda Traoré et  Cheick Modibo Diarra.

Depuis la sortie de Sanogo, on aura finalement entendu tout le monde excepté les juges constitutionnels du Mali, au grand dam des médiateurs Djibril Bassolé et Adama Bictogo qui étaient attendus à Bamako le 15 mai, avant d’être retenus chez eux par une méchante grippe. Si elle est plus diplomatique que virale, c’est une façon de signifier que le dialogue est pour l’instant rompu entre la Cedeao et la junte.

Jeuneafrique.com

Mali : à Bamako, les Bérets rouges se replient face aux soldats de l’ex-junte

mai 1, 2012

Les affrontements entre militaires pro-ATT et pro-putschistes ont baissé d’intensité mardi après-midi à Bamako. Les premiers – les Bérets rouges de la garde présidentielle – se sont retranchés dans un quartier du centre de la capitale malienne tandis que les seconds – les Bérets verts – recevaient des renforts venus de l’intérieur du Mali.

C’est un calme bien précaire qui règne à Bamako après les affrontements de la nuit et de la matinée de mardi entre les Bérets rouges de la garde présidentielle commandée par Abidine Guindo, favorable à l’ancien président Amadou Toumani Touré, et les Bérets verts – soldats de l’ex-junte putschiste.

Mardi après-midi, le camp militaire de Djicoroni-Para – QG des Bérets rouges pris d’assaut dans la matinée par les soldats putschistes – avait été déserté par les forces « loyalistes » qui se sont retranchées dans le quartier chic dit de l’ACI, où des snipers postés sur les toits des immeubles tirent à vue sur les Bérets verts.

L’appel de Sanogo

« Je lance un appel aux autres [Bérets rouges, NDLR] qui ne sont plus dans la garnison, qui traînent dans la nature : il est encore temps de revenir, d’essayer de trouver le poste de  gendarmerie le plus proche et de se rendre, cela va faciliter les choses », a réagi le chef des ex-putschistes, le capitaine Amadou Haya Sanogo, sur les ondes de la télévision nationale, quelques heures après la chute du camp des Bérets rouges. « L’accord-cadre [avec la Cedeao, NDLR] demeure. Le président, le Premier ministre, le gouvernement et l’Assemblée nationale demeurent, cela n’a rien à avoir avec ce qui s’est passé », a-t-il ajouté.

Selon un premier bilan qu’a pu établir Jeune Afrique, il y aurait au moins 11 morts, dont 5 civils, tous tués par balles et environ 30 blessés. « Après les premiers soins, les blessés militaires ont été transportés dans l’infirmerie de leur garnisons respectives », précise Adama Traoré, chargé de communication de l’hôpital Gabriel Touré.

Renforts

L’aéroport de Bamako-Senou, où de violents combats à l’arme lourde ont eu lieu lundi soir est désormais contrôlé par l’ex-junte et est fermé jusqu’à nouvel ordre alors qu’une véritable chasse aux Bérets rouges a été lancée par les ex-militaires putschistes.

« Nous avons arrêté quatorze éléments des Bérets rouges et beaucoup sont mort », indique un des militaires de l’ex-junte, qui ont par ailleurs reçu du renfort de l’intérieur du pays. « Des soldats sont déjà arrivé en provenance de Koulikoro, nous en attendons d’autres de Segou et bientôt de Sikasso », affirme une source militaire. « Nous pensons que la situation ne va pas se calmer dans les prochaines 24 heures », confirme un autre Béret vert.

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Jeune Afrique avec Baba Ahmed, à Bamako

Mali: l’ex-chef de la junte rejette les décisions de l’Afrique de l’Ouest

avril 28, 2012

L’ex-chef de la junte militaire qui avait pris le pouvoir le 22 mars au Mali avant d’accepter de le rendre, le capitaine Amadou Haya Sanogo, a rejeté samedi les décisions prises jeudi à Abidjan par les chefs d’Etat ouest-africains, en particulier l’envoi de soldats dans son pays.

« Toutes les décisions prises à Abidjan ont été prises sans concertation avec nous », a déclaré le capitaine Sanogo à la presse au camp militaire de Kati, près de Bamako, ajoutant: « Je ne suis pas d’accord avec l’arrivée des soldats de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ».

« Aucun soldat étranger ne foulera le sol du Mali sans une demande du gouvernement malien », a-t-il affirmé.

L’ex-chef de la junte a également rejeté la décision de la Cédéao de fixer la période de transition à douze mois, jusqu’à la tenue d’élections présidentielle et législatives.

Il a affirmé qu’il prendrait ses « responsabilités » à l’issue du mandat constitutionnel du président malien par intérim Dioncounada Traoré, investi le 12 avril à Bamako.

La Constitution malienne prévoit qu’en cas de vacance du pouvoir, le président par intérim doit organiser des élections dans un délai de 40 jours maximum après sa prise de fonction. Mais l’accord de sortie de crise conclu le 6 avril entre la junte et la Cédéao reconnaissait que ce délai n’était pas tenable.

« La Cédéao a pris de façon unilatérale des décisions qui ne nous engagent pas », a affirmé le capitaine Sanogo. « Le président intérimaire ne fera que 40 jours, a-t-il insisté. Au-delà, je prendrai mes responsabilités ».

Selon lui, « la Cédéao a violé l’accord-cadre » signé le 6 avril entre lui et le médiateur ouest-africain, le chef de la diplomatie burkinabè Djibrill Bassolé.

Cet accord avait permis d’amorcer un retour à l’ordre constitutionnel avec la démission formelle du président renversé Amadou Toumani Touré (ATT) et l’investiture le 12 avril du chef de l’Assemblée nationale Dioncounda Traoré comme président par intérim.

M. Traoré avait nommé le 17 avril comme Premier ministre l’astrophysicien réputé Cheick Modibo Diarra, qui a annoncé mercredi son gouvernement, composé en grande partie de techniciens mais aussi de militaires, et s’est fixé comme priorité de régler la crise dans le nord du pays.

Mais dans la classe politique et les milieux diplomatiques, beaucoup soupçonnent les putschistes de ne pas vouloir se mettre à l’écart. La France les a exhortés vendredi à respecter l’accord signé et à redonner la liberté à la radio et la télévision publiques maliennes ORTM qu’ils contrôlent depuis mars.

Les miliatires maliens avaient renversé le pouvoir du président Touré le 22 mars en fustigeant sa « gestion de la crise dans le Nord », où le gouvernement était confronté depuis le 17 janvier à des attaques de divers groupes armés, mêlant des mouvements rebelles touareg, islamistes et bandes criminelles.

Ces groupes ont profité du coup d’Etat pour accélérer leur offensive et prendre le contrôle des trois régions administratives composant le Nord: Kidal, Gao et Tombouctou, coupant de fait le Mali en deux.

Selon les dispositions annoncées jeudi par la Cédéao, la force militaire ouest-africaine n’aura pas pour mission de se rendre dans le Nord dans un premier temps, mais d’aider à « sécuriser les organes de la transition et le gouvernement intérimaire ».

Au moment où l’ex-chef de la junte donnait sa conférence de presse, une Coordination des organisations patriotiques du Mali (Copam), favorable au coup d’Etat du 22 mars, a elle aussi violemment dénoncé le « diktat » imposé, selon elle, par la Cédéao au Mali.

Dans un communiqué, la Copam a mis en garde contre « les risques de dérapage qui pourraient en découler et qui pourraient compromettre la dynamique du retour à l’ordre constitutionnel », et appelé « le peuple malien à se mobiliser pour faire échouer cette tentative de déstabilisation et d’humiliation ».

Jeuneafrique.com

Cedeao : les chefs d’État envoient des forces militaires au Mali et en Guinée-Bissau

avril 27, 2012

Réunis à Abidjan, en Côte d’Ivoire, à l’occasion d’un sommet extraordinaire jeudi 26 avril, les chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont décidé d’envoyer des troupes au Mali et en Guinée-Bissau, suite aux coups d’État dans ces deux pays. L’objectif de ces forces régionales sera avant tout de sécuriser les processus de transition.

Des forces militaires de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) seront envoyées au Mali et en Guinée Bissau. C’est la décision qu’ont pris les chefs d’État de l’instance régionale jeudi 26 avril, à l’issue d’un sommet extraordinaire à Abidjan.

Au Mali, un déploiement « immédiat » de militaires vise à « sécuriser les organes de la transition et le gouvernement intérimaire », suite à la formation d’un gouvernement de transition, un mois après le putsch militaire du 22 mars.

L’objectif est de « parer à toute éventualité dans l’hypothèse de l’usage de la force pour le recouvrement de l’intégrité territoriale du Mali » selon les mots du président de la Commission de la Cedeao, Désiré Kadré Ouédraogo. Pour autant, la force armée n’aura pas comme fonction d’aller combattre la rébellion du Nord-Mali, qui a déclaré l’indépendance de la région suite au coup d’État militaire à Bamako.

Le président a indiqué que la Commission « attend les négociations d’abord » et que le premier contingent veillera à sécuriser la transition, dont les modalités ont été décidées dans un accord-cadre entre la junte militaire et la Cedeao. Il n’a cependant pas exclu « que des unités combattantes soient envoyées plus tard », dans le cas où les discussions avec la rébellion touarègue et les groupes islamistes qui ont pris le pouvoir dans le nord du pays échouaient.

Plus de 500 hommes en Guinée-Bissau

Quant au nouveau gouvernement, son mandat n’exercera pas 12 mois, et devra se clore par des élections présidentielle et législatives. Une nouvelle fois, les dirigeants de la Cedeao ont appelé les membres de la junte à « retourner dans les casernes », mettant en garde « contre toute action arbitraire et unilatérale », passible de « sanctions individuelles ciblées ». 

Du côté de la Guinée-Bissau, pays abonné aux coups d’État et devenu une plaque tournante du trafic de drogue entre Amérique latine et Europe, les chefs d’État de la région ont pris la décision de « déployer avec effet immédiat un contingent » suite au putsch du 12 avril. « Cinq cents à six cents hommes » seront envoyés, en provenance d’au moins quatre pays (Nigeria, Togo, Côte d’Ivoire et Sénégal). Pour ces militaires, l’objectif sera de permettre le retrait de la mission militaire angolaise, composée de quelque 650 hommes et présente depuis 2011 mais aussi d’ « assister la sécurisation du processus de transition ». Le processus doit également durer 12 mois et finir  par des élections, selon la Cedeao.

Les États d’Afrique de l’Ouest ont en outre menacé la Guinée-Bissau de sanctions diplomatiques et économiques et des « sanctions ciblées » sur les membres de la junte, si ceux-ci n’allaient pas dans le sens d’une « restauration immédiate de l’ordre constitutionnel ». Les putschistes ont 72 heures pour réagir faute de quoi, outre les sanctions, ils pourraient être poursuivis par la Cour pénale internationale (CPI).

« Notre réaction ferme et l’engagement de nos alliés sont plus que jamais vitaux pour que notre sous-région ne bascule dans le terrorisme et la criminalité transnationale », avait averti le président ivoirien Alassane Ouattara à l’ouverture.

Jeuneafrique.com avec  AFP

Mali: pro et anti-putsch désapprouvent le nouveau gouvernement

avril 25, 2012

Opposants et partisans du coup d’Etat militaire du 22 mars qui a renversé le régime du président Amadou Toumani Touré (ATT) au Mali ont désapprouvé mercredi le gouvernement du Premier ministre malien de transition Cheick Modibo Diarra.

« Ce gouvernement a été formé en violation flagrante de l’accord-cadre » signé par les putschistes et la médiation des pays d’Afrique de l’Ouest, qui prévoit la mise en place d’un « gouvernement d’union nationale composé de personnalités consensuelles », déclare le Front uni pour la défense de la République et de la démocratie (FDR, opposé au putsch) dans un communiqué.

Le front favorable au coup d’Etat militaire, le Mouvement populaire du 22 mars (MP22), estime pour sa part que « ce n’est aucunement le gouvernement d’union nationale tel qu’appelé » par l’accord-cadre du 6 avril.

« Le MP22 constate que ce gouvernement fait de larges places à des Maliens, certes, mais des hommes plus engagés auprès de chefs d’Etat étrangers et des institutions régionales et internationales que dans la vie politique malienne ».

Sadio Lamine Sow, seul ministre d’Etat, chargé des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, est ainsi proche du président du Burkina Faso Blaise Compaoré dont il était jusqu’ici un des conseillers spéciaux à Ouagadougou.

M. Diarra a formé mercredi un gouvernement composé en grande partie de techniciens et de militaires, qui aura la difficile mission de tenter de ramener la paix dans le Nord du pays occupé par des groupes armés.

Le FDR affirme qu’à « aucun moment », il n’a été « associé à la formation » d’un cabinet qui « n’a rien de consensuel; il n’est pas un gouvernement d’union nationale ». Ces opposants regrettent notamment que « les militaires y occupent des postes clés au moment où l’accent est mis sur le retour effectif de l’armée dans les casernes ».

« Le FDR n’entravera pas l’action du gouvernement, mais il sera particulièrement vigilant », sur « la défense de la Constitution » et des libertés et « l’organisation d’élections régulières et transparentes dans des délais raisonnables ».

Selon lui, les nouveaux ministres seront jugés sur pièces « notamment au regard des missions fondamentales et brûlantes de l’heure » dont « la défense de l’intégrité du territoire national », « l’assistance aux populations des régions nord du Mali », sous contrôle depuis fin mars-début avril de divers groupes armés, dont des rebelles touareg, des islamistes et bandes criminelles.

Le MP22 affirme de son côté que « ce gouvernement ne peut nullement incarner le changement auquel aspirent fondamentalement les populations maliennes » et n’est pas en mesure de faire face « à l’occupation d’une partie » du territoire.

Il appelle « les forces vives à s’assumer et à se rassembler dans les meilleurs délais au sein d’une Convention pour la transition vers le changement ».

Lors d’un point de presse à Kati, près de Bamako, le chef des putschistes, le capitaine Amadou Haya Sanogo, a assuré qu’il veillerait « personnellement » à ce que l’accord signé avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) « soit respecté dans son intégralité ». Il a mis en garde « tous ceux qui seront tentés d’entraver son exécution ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Mali : investiture de Dioncounda Traoré attendue, Boko Haram au Nord

avril 10, 2012

Après la démission dimanche d’Amadou Toumani Touré,  l’investiture du nouveau président du Mali, Dioncounda Traoré – qui sera  intérimaire pendant 40 jours – est attendue ce mardi à Bamako. Pendant ce temps,  l’insécurité grandit au Nord-Mali, livré à l’activité de groupes criminels et  terroristes comme Boko Haram.

Après la constatation la vacance du pouvoir par la Cour constitutionnelle  réunie à Bamako en séance publique, mardi matin, l’investiture du président de  l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, comme nouveau président du Mali par  intérim pendant 40 jours est prévue dans l’après-midi. Elle devrait être  suivie, sans doute avant la fin de la semaine, par la désignation d’un Premier  ministre de transition « disposant des pleins pouvoirs », qui aura la  charge de nommer un « gouvernement d’union nationale ». Du côté de la  médiation burkinabè mandatée par la Cedeao, on dit espérer que le premier  Conseil des ministres se tienne « avant vendredi ».

En conférence de presse, lundi, le leader de la junte malienne, le capitaine  Amadou Haya Sanogo, s’est « personnellement » engagé « à  respecter dans son intégralité » l’accord-cadre de transition signé avec la Cedeao. Il a  également promis une « tolérance zéro » à ceux qui chercheraient à  entraver l’exécution dudit accord, son principal objectif étant l’organisation  d’élections présidentielle et législatives à des dates qui restent à fixer.

« Boko Haram ne se cache pas »

Mais pour organiser le scrutin, le gouvernement doit d’abord trouver une  solution à l’insécurité au Nord, confronté à l’activité de groupes criminels, djihadistes voire terroristes. « Il y a une bonne  centaine de combattants de Boko Haram à Gao. Ce sont des Nigériens et des  Nigérians. Ils ne se cachent pas », a affirmé lundi Abdou Sidibé, un député  du Nord. « Ils sont plus de 100 » et « étaient les plus  nombreux » lors de l’attaque du consulat d’Algérie, le 5 avril, confirme  une source sécuritaire malienne.

C’est pourtant un groupe dissident d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest  (Mujao), qui a revendiqué l’enlèvement du consul algérien et de six membres  de sa mission, toujours aux mains de leurs ravisseurs, selon Alger.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a quant à lui exprimé sa profonde  inquiétude à propos de la « menace terroriste » grandissante au Mali et  condamné l’enlèvement des diplomates algériens. par ailleurs, selon un témoin et  un policier, des « islamistes » ont égorgé dans la nuit de dimanche à  lundi près de Gao un homme appartenant à une bande de braqueurs qui  s’attaquaient à un bus.

Jeuneafrique.com avec AFP