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Climat: le monde avance sur l’accord de Paris, les Américains reviennent dans le jeu

septembre 16, 2017

Réunion de ministres de l’Environnement d’une trentaine de pays, le 16 septembre 2017, à Montréal / © AFP / Alice CHICHE

Les ministres de l’Environnement d’une trentaine de pays ont débroussaillé samedi à Montréal les règles permettant d’atteindre les objectifs de réduction des émissions convenus dans l’accord de Paris, et ont acté le retour progressif dans le jeu des Etats-Unis.

La conférence ministérielle s’est déroulée 30 ans jour pour jour après la signature du Protocole de Montréal pour la protection de la couche d’ozone, « un accord international historique », selon la ministre canadienne du Changement climatique Catherine McKenna.

Afin de respecter un calendrier ébranlé par l’annonce en juin par le président Donald Trump de se retirer de l’accord de Paris sur le climat (COP21), l’Union européenne, la Chine et le Canada ont pris les rênes et affiché leur volonté d’aller de l’avant.

Les Américains, qui avaient envoyé à Montréal un délégué, ont assoupli leur position. Selon Miguel Arias Cañete, commissaire européen à l’Action pour le climat, les Etats-Unis « ont indiqué qu’ils ne renégocieraient pas l’accord de Paris mais qu’ils allaient passer en revue les termes sur lesquels ils sont engagés par cet accord ».

« Tous les acteurs autour de la table, y compris les Etats-Unis, actent que l’accord de Paris est irréversible », a indiqué de son côté Nicolas Hulot, ministre français de la Transition écologique.

Pour autant, la mise en place des dispositions de l’accord de Paris de réduction des émissions doit être amplifiée tout en gardant l’objectif de limiter, dans l’idéal, la hausse de la température moyenne de la planète à +1,5 degré Celsius en 2050 par rapport à son niveau de l’ère pré-industrielle.

Pour cela, « l’Union européenne est résolue à mettre en oeuvre l’accord de Paris mais nous sommes aussi décidés à élever nos ambitions dans le temps », a assuré M. Arias Cañete.

« L’accord doit être dynamique et on ne doit pas s’en tenir là, les phénomènes (météorologiques) vont plus vite que nos propres engagements », a averti M. Hulot.

– ‘Personne n’est à l’abri’ –

« Quelle que soit la puissance des Etats, personne n’est à l’abri des changements climatiques », a-t-il ajouté en référence aux Etats-Unis touchés par les inondations à Houston ou les ravages de l’ouragan Irma en Floride.

« Les phénomènes météorologiques extrêmes sont plus fréquents, plus puissants et plus destructeurs » avec les changements climatiques, a rappelé Catherine McKenna. Et la ministre canadienne de prendre l’exemple « des enfants à Barbuda qui n’ont même plus d’école » après le passage de l’ouragan Irma qui a dévasté l’île des Caraïbes il y a une semaine.

Le temps presse et, selon M. Arias Cañete, les partenaires doivent « réduire leurs différences et avoir une bonne compréhension de la meilleure façon de mettre en oeuvre ce très ambitieux accord » conclu en décembre 2015 à Paris.

Pour cela, « nous avons besoin d’un recueil de règles pour nous permettre de suivre, de vérifier et de comparer » le niveau des émissions par pays.

Le calendrier, a souligné M. Arias Cañete, est d’avoir ce « recueil de règles (…) avant la COP24 de Katowice (Pologne) fin 2018 ».

Samedi à Montréal, la conférence a permis aussi « de croiser nos expériences sur ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas », a expliqué Nicolas Hulot.

Autre gros émetteur de CO2, la Chine a fait part de son intention d’interdire la vente d’automobiles propulsées par des moteurs à carburants fossiles, un objectif ambitieux pour le premier marché automobile au monde.

Xie Zhenhua, négociateur chinois pour le climat, a jugé nécessaire de prendre rapidement des mesures pour « nous assurer que nous pouvons réaliser les objectifs » fixés par l’accord de Paris.

Reste à savoir, « comment nous devrions allier les actions sur le climat avec la croissance économique, la protection des populations et la création d’emplois », a-t-il dit.

« Si nous pouvons combiner tous ces sujets, nous ferons de l’accord de Paris un grand succès », a-t-il assuré.

Romandie.com avec(©AFP / 16 septembre 2017 21h20)                

Climat: réunion sur l’avenir de l’accord de Paris à Montréal…sans les Américains

septembre 16, 2017

Réunion de ministres de l’Environnement d’une trentaine de pays, le 16 septembre 2017, à Montréal / © AFP / Alice CHICHE

Les ministres de l’Environnement d’une trentaine de pays se réunissaient samedi à Montréal pour fixer des règles afin d’atteindre les objectifs de réduction des émissions convenus dans l’accord de Paris, une réunion sans les Etats-Unis de Donald Trump, sortis de l’accord.

A l’initiative du Canada, de l’Union européenne et de la Chine, cette conférence se tient 30 ans jour pour jour après la signature du Protocole de Montréal pour la protection de la couche d’ozone, « un accord international historique », selon la ministre canadienne du Changement climatique Catherine McKenna.

Le Protocole de Montréal est l’exemple de ce « que le monde doit continuer à faire pour affronter la menace des changements climatiques », a-t-elle dit.

« Nous sommes ici ensemble et nous devons agir ensemble », a déclaré Mme McKenna en guise de bienvenue aux ministres ou représentants de plus de 30 pays en leur rappelant les récents épisodes météorologiques (typhon, inondations, ouragans…).

« Les phénomènes météorologiques extrêmes sont plus fréquents, plus puissants et plus destructeurs » avec les changements climatiques. Et la ministre canadienne de prendre l’exemple « des enfants à Barbuda qui n’ont même plus d’école » après le passage de l’ouragan Irma qui a dévasté l’île des Caraïbes il y a une semaine.

Afin de respecter un calendrier ébranlé par le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat (COP21) –décidé en juin par le président Donald Trump–, l’Union européenne, la Chine et le Canada ont pris les rênes et affiché leur volonté d’aller de l’avant.

« Ce n’est pas une discussion bureaucratique, c’est une discussion politique avec des gens qui ont en tête l’objectif de l’accord (de Paris) avec d’importantes étapes face à eux pour arriver à une transition vers des énergies propres pour arrêter le réchauffement », a souligné avant la réunion Miguel Arias Cañete, commissaire européen à l’Action pour le climat.

– ‘Recueil de règles’ –

Le temps presse, a-t-il assuré, et les partenaires doivent « réduire leurs différences et avoir une bonne compréhension de la meilleure façon de mettre en oeuvre ce très ambitieux accord » conclu en décembre 2015.

Pour cela, « nous avons besoin d’un recueil de règles pour nous permettre de suivre, de vérifier et de comparer » le niveau des émissions par pays, a-t-il confié à l’AFP.

Cela permettra, selon lui, de mesurer le chemin qu’il reste à accomplir pour atteindre l’objectif de la COP21 de limiter dans l’idéal la hausse de la température moyenne de la planète à +1,5 degré Celsius en 2050 par rapport à son niveau de l’ère pré-industrielle.

Le calendrier, a souligné M. Arias Cañete, est d’avoir ce « recueil de règles (…) avant la COP24 de Katowice (Pologne) fin 2018 ». D’ici là, la prochaine Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP23) se déroulera à Bonn sous la présidence des Fidji en novembre.

L’Union européenne doit sous peu faire des propositions à ses Etats membre pour réduire ses émissions de carbone dans le secteur des transports, avait indiqué plus tôt cette semaine son président Jean-Claude Juncker.

Autre gros émetteur de CO2, la Chine a fait part de son intention d’interdire la vente d’automobiles propulsées par des moteurs à carburants fossiles, un objectif ambitieux pour le premier marché automobile au monde.

Le Royaume-Uni a également dit vouloir aller dans ce sens, comme la France dont le ministre de la transition écologique Nicolas Hulot a affiché sa volonté d’interdire dès 2040 la vente de voitures diesel et essence.

L’objectif de protéger la couche d’ozone avec l’élimination progressive des hydrofluorocarbones (HFC), gaz extrêmement nocifs pour le climat utilisé dans les réfrigérateurs et climatiseurs, « a été plutôt réussi », a estimé Xie Zhenhua, négociateur chinois pour le climat.

Sur cet élan, « nous devons prendre des mesures » dès maintenant pour « nous assurer que nous pouvons réaliser les objectifs » fixés par l’accord de Paris, a-t-il ajouté.

Reste à savoir, « comment nous devrions allier les actions sur le climat avec la croissance économique, la protection des populations et la création d’emplois ».

« Si nous pouvons combiner tous ces sujets, nous ferons de l’accord de Paris un grand succès », a-t-il assuré.

Romandie.com avec(©AFP / 16 septembre 2017 18h25)                

Climat: l’UE prône la coopération avec les villes américaines

juin 6, 2017

Pékin – Après l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, l’UE entend doper les coopérations sur le climat entre les collectivités locales des deux côtés de l’Atlantique, a assuré mardi le vice-président de la Commission, Maros Sefcovic, saluant « l’activisme » des maires américains.

« Je suis très optimiste sur l’engagement local aux Etats-Unis contre le réchauffement climatique, grâce à des centaines de maires et de dirigeants des milieux d’affaires et en dépit du gouvernement fédéral », a indiqué M. Sefcovic mardi à l’AFP à Pékin, en marge d’un forum ministériel sur les énergies propres.

« En Europe, nous avons engagé une 4e révolution industrielle » avec les énergies renouvelables, mais en se retirant de l’accord sur le climat, « c’est comme si la Maison Blanche voulait revenir à la deuxième révolution industrielle » du XIXe siècle, fondée sur le charbon, ironise-t-il.

« Mais si l’on s’en tient aux villes (américaines), aux grosses entreprises aux Etats-Unis, il est clair qu’elles resteront arrimées à l’appel de la modernité et à un avenir d’énergies propres », a insisté le commissaire chargé de l’Energie.

De fait, nombre d’autorités locales ont déjà pris le contrepied de l’annonce de Donald Trump la semaine dernière en se disant décidées à redoubler d’efforts pour limiter le réchauffement climatique.

Le milliardaire new-yorkais Michael Bloomberg, ancien maire de New York, a pris la tête dès vendredi d’une coalition de dizaines de maires, gouverneurs et organisations prêts à s’engager pour réduire les émissions des Etats-Unis, deuxième plus gros émetteur mondial de carbone derrière la Chine.

Maros Sefcovic avait justement déjà lancé avec M. Bloomberg « une convention mondiale des maires pour le climat et l’énergie », un forum international rassemblant plus de 130 villes américaines: des coopérations que le haut responsable européen appelle désormais à renforcer.

« Je suis un fervent défenseur de l’action locale. Regardez les pouvoirs des maires: ils sont responsables des transports, de la pollution de l’air, de la gestion des ordures… Or, on voit aux Etats-Unis que maires et gouverneurs restent engagés » sur la question climatique, observe-t-il.

Le gouverneur de Californie Jerry Brown, à la tête d’un des Etats les plus riches du pays, est lui même cette semaine à Pékin pour participer au « Forum Ministériel sur les énergies propres » où une vingtaine de pays sont représentés.

« Le monde n’en fait pas assez. (…) Nous nous dirigeons vers un avenir désastreux, à moins d’accroître le tempo de notre changement » de modèle énergétique, a martelé mardi M. Brown.

Un vif contraste avec une apparition discrète du secrétaire américain à l’Energie, Rick Perry, qui s’est contenté, dans une session ministérielle extrêmement technique, de vanter les technologies de capture de carbone au Texas, son Etat d’origine.

Romandie.com avec(©AFP / 06 juin 2017 14h12)                                            

Climat: l’Inde assure la France de son soutien à l’Accord de Paris

juin 3, 2017

Le Premier ministre indien Narendra Modi (d) et le président français Emmanuel Macron, le 3 juin 2017 au palais de l’Elysée à Paris / © POOL/AFP / JACQUES DEMARTHON

L’Inde « est pour l’Accord de Paris, et travaillera dans ce domaine même au-delà » de cet accord sur le climat, a déclaré samedi à Paris le Premier ministre indien Narendra Modi, à l’issue d’une rencontre avec Emmanuel Macron.

Le président français a, lui, annoncé qu’il se rendrait en Inde « avant la fin de l’année » pour « le premier sommet de l’Alliance mondiale solaire », une alliance initiée par la France et l’Inde, et qu’il souhaite élargir à de « nombreux autres pays ».

Narendra Modi a fait une étape à Paris pour rencontrer le nouveau président français, au terme d’une tournée européenne qui l’a conduit en Allemagne, en Espagne et en Russie.

Pour le président français, l’appui du dirigeant indien renforce son appel mondial à défendre l’Accord de Paris, en dépit de la décision de Donald Trump qui a annoncé jeudi le retrait des Etats-Unis.

Avec Emmanuel Macron, qu’il a très chaleureusement enlacé à son arrivée sur le perron de l’Elysée, le Premier ministre indien a pendant deux heures parlé notamment de leur soutien commun à l’Accord de Paris.

« Je redis combien notre engagement commun est fort, en particulier sur le sujet climatique », a dit M. Macron.

« Cet accord de Paris est notre patrimoine commun. Il peut protéger des générations à venir, donner lieu à un nouvel espoir », a-t-il poursuivi.

« Pour moi, pour les Indiens, la protection de l’environnement, de la planète, est un article de foi car nous l’avons appris dans les veda (textes sacrés de l’hindouisme) qui existent depuis des millénaires », a-t-il dit.

Le dirigeant indien a aussi salué avec enthousiasme l’élection de M. Macron. « Le fait que vous ayez gagné a encouragé le monde entier », a-t-il lancé.

Il a aussi souhaité que soit « donné un nouvel élan » à l’Union européenne, car « une Europe forte et puissante peut assurer un équilibre au niveau international » et appelé la France à « jouer son rôle » à cet égard.

Dans une double déclaration plus formelle que concrète, où le nom de M. Trump n’a pas été mentionné, les deux dirigeants ont aussi évoqué le développement de leurs partenariats dans le domaine des énergies renouvelables, de l’industrie civile et militaire, de la lutte contre le terrorisme et des échanges culturels et éducatifs.

Romandie.com avec(©AFP / 03 juin 2017 19h21)                

Climat: Washington doit rester dans l’accord de Paris (secrétaire à l’Énergie)

avril 25, 2017

Washington – Les Etats-Unis doivent rester dans l’accord de Paris sur le climat mais en renégocier les termes, a déclaré mardi le secrétaire américain à l’Energie, Rick Perry.

« Je ne vais pas dire au président des Etats-Unis de quitter l’accord de Paris sur le climat (…) Je vais lui dire que nous devons le renégocier », a-t-il dit lors d’une conférence organisée par Bloomberg sur le financement des énergies nouvelles et le futur de l’énergie.

L’ancien gouverneur du Texas rejoint ainsi le camp de ceux qui sont favorables au maintien des Etats-Unis dans l’accord de Paris, au sein de l’administration Trump.

Outre M. Perry, le secrétaire d’Etat Rex Tillerson, ancien PDG du géant pétrolier ExxonMobil est également en faveur du maintien dans l’accord, tout comme la fille aînée du président, Ivanka et son mari Jared Kushner qui ont l’oreille du milliardaire.

En revanche, le patron de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), Scott Pruitt, a récemment plaidé pour un retrait de cet accord estimant que « c’était une mauvaise affaire pour l’Amérique » qui avantageait surtout la Chine, le plus gros émetteur mondial de CO2 devant les Etats-Unis.

Steve Bannon, le stratège de M. Trump, un nationaliste économique dont l’influence paraît s’éroder, prône également un retrait.

La Maison Blanche a fait savoir qu’elle examinait sa position sur le changement climatique et la politique énergétique sans encore indiquer si elle comptait respecter la promesse de campagne du candidat Trump « d’annuler » la participation des Etats-Unis à l’accord de Paris.

Donald Trump avait affirmé que le réchauffement était un canular inventé par la Chine, avant de modérer ses propos après l’élection.

M. Trump a indiqué fin mars qu’il prendrait position « d’ici fin mai » sur l’accord de Paris, conclu par 195 pays en décembre 2015 pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et contenir le réchauffement de la planète au-dessous de deux degrés Celsius.

Rick Perry, qui s’adressait mardi à des investisseurs et des patrons d’entreprises dans le secteur de l’énergie, a également critiqué la France et l’Allemagne, à qui il reproche de ne pas respecter l’esprit de l’accord de Paris.

S’il n’a pas donné d’explications spécifiques à ces accusations dans le cas de la France, Rick Perry s’est en revanche interrogé sur la décision de Berlin de fermer ses centrales nucléaires.

« Le fait est que leurs émissions (de CO2) sont en hausse parce qu’ils utilisent plus de charbon, et du charbon qui n’est pas une technologie propre ».

Dans le même temps, les Etats-Unis ont drastiquement réduit leurs émissions de carbone en remplaçant le charbon par du gaz naturel.

« Vous ne pouvez pas signer un accord et vous attendre à ce que les Etats-Unis continuent à y adhérer si vous n’allez pas vraiment y participer », a dit M. Perry.

« Nous devons le renégocier et ils (l’Allemagne et d’autres ndlr) doivent faire preuve de sérieux », a-t-il insisté.

M. Perry qui a connu un développement record de l’énergie éolienne au Texas quand il était gouverneur de cet Etat, a plaidé dans son intervention mardi pour que les Etats-Unis embrassent toutes les formes d’énergie.

La précédente administration s’était engagée à Paris à ce que les Etats-Unis réduisent leurs émissions de CO2 de 26 à 28% d’ici 2025, par rapport au niveau de 2005.

Pour ce faire, le président démocrate Barack Obama avait notamment donné par décret autorité à l’EPA pour contraindre les centrales électriques à charbon à réduire leurs émissions de CO2.

Romandie.com avec(©AFP / 26 avril 2017 00h13)