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Canada-Francisation, emploi qualifié : le casse-tête des Ukrainiens accueillis au Québec

septembre 18, 2022

Ils ont fui la guerre avec un permis de travail du gouvernement canadien. Pour rester au Québec, ils devront répondre aux exigences de sélection de la province. À Saint-Ferréol-les-Neiges, toute une communauté s’entraide pour les soutenir.

Un couple avec un bébé et un homme à droite qui sourit en regardant la petite famille.

Inna, Denys et la petite Karolina, l’une des familles ukrainiennes accueillies sur la Côte-de-Beaupré au Québec. Photo : Radio-Canada/Myriam Fimbry

« Ici, on entend toujours le bruit de la rivière. Quand tu sors dehors, quand tu te couches le soir, si ta fenêtre est ouverte, c’est le bruit que tu entends », dit Marc Tremblay.

Son regard enveloppe la verdure et les flots tumultueux de la rivière Sainte-Anne en contrebas. « C’est apaisant », poursuit-il, songeur. « Pour quelqu’un qui arrive d’un pays en guerre et qui cherche à se ressourcer, je pense que c’est un endroit idéal. »

Marc Tremblay habite au bout du village de Saint-Ferréol-les-Neiges dans une grande maison de campagne, avec sa conjointe Sonia Bussière et un gros chien que les enfants en visite chez eux adorent caresser.

Ils racontent comment le réseau d’entraide s’est mis en place dans la région, peu de temps après le déclenchement de la guerre en Ukraine. C’est un médecin urgentologue à Québec, Patrick Voyer, propriétaire d’un chalet dans le coin, qui a lancé le premier appel sur les réseaux sociaux. Marc et Sonia ne le connaissaient pas.

Marc Tremblay et Sonia Bussière s’engagent activement à accueillir des familles ukrainiennes à Saint-Ferréol-les-Neiges. Derrière eux, le petit chalet rénové par leurs soins pour l’une d’elles.

C’est complètement fou. On ne savait pas dans quoi on s’embarquait!, dit Sonia Bussière. Malgré des jobs à temps plein, ces deux travailleurs autonomes dans le secteur de la construction commerciale ont embarqué dans le mouvement baptisé Un toit pour l’Ukraine.

Réunions, collectes de fonds, récolte de vêtements et jouets. Il y avait six maisons prêtées pour un an par des résidents ou des entrepreneurs. Il fallait les rénover, les meubler et les équiper. Tout cela a demandé beaucoup d’énergie et de bénévolat, de tableaux Excel pour gérer les dons, de contacts à solliciter, toute une logistique.

« La générosité des gens, ça a été exceptionnel. Un élan de solidarité incroyable! »— Une citation de  Marc Tremblay, résident de Saint-Ferréol-les-neiges

Une poignée de bénévoles a même réussi à organiser un concert-bénéfice à la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, et avec l’argent recueilli chaque famille ukrainienne reçoit maintenant un virement mensuel pour son épicerie et ses dépenses personnelles.

Un des messages qui m’a touché, c’est Anton, quand il a commencé à travailler, confie Marc Tremblay, d’un coup très ému. Il a dit : « Je peux payer mes choses, avec mon argent. » Sa voix se brise quand il pense à ce travailleur en usine, avec une famille à charge, payé 20 $ l’heure. C’était une fierté pour ce père de famille, une grande satisfaction pour lui de ne plus être dépendant financièrement. Donc, quand il a eu son premier chèque, c’est ce qu’il m’a écrit.

La carte de l’Ukraine dessinée rapidement par Denys Denysiuk pour situer sa ville d’origine, Rivne, et résumer le conflit.

Francisation : une montagne à gravir

Denys Denysiuk prend une feuille et un crayon pour dessiner grossièrement la carte de l’Ukraine. D’un trait rapide, il indique les lignes de front et les villes de Kiev, de Rivne d’où il vient, Slovyansk, et d’Odessa, un nom familier pour Suzanne, qui l’a entendu aux informations.

Cette retraitée de 72 ans offre de son temps le jeudi soir, au café communautaire près de l’église de Saint-Ferréol-les-Neiges. Elle essaie d’apprendre quelques mots de français aux Ukrainiens qui le souhaitent, en attendant les cours de francisation. Ce n’est pas suffisant, mais juste leur donner confiance, les éveiller aux sons, c’est déjà pas mal, dit-elle.

Une jeune femme avec un bébé sur les genoux à gauche, en compagnie d'Elina et de Suzanne Demers à droite, dans une salle avec des tables.

«Quel est ton nom? Combien d’enfants?» Suzanne Demers enseigne quelques questions simples à un petit groupe d’Ukrainiens. Elle a déjà travaillé une quinzaine d’années avec les immigrants. Photo : Radio-Canada/Myriam Fimbry

Ce soir-là, elle a trois élèves. Dans la poussette près de la table, un bébé resté calme pendant près d’une heure se met à pleurer. Karolina, six mois, trouve le temps long. Elle a faim. C’est un bébé né sous les bombes, glisse Suzanne Demers, attendrie.

Inna Denysiuk, 20 ans, a dû se rendre dans le sous-sol de l’hôpital de Rivne le jour de l’accouchement, le 2 mars. C’était le début de la guerre. Les alarmes partaient tout le temps. Un jour de cauchemar, résume Denys, son mari âgé de 33 ans. Deux semaines après, ils ont compris que la guerre n’allait pas s’arrêter là et ils ont décidé de quitter l’Ukraine. Denys pouvait s’en aller, plutôt que de rester combattre, grâce à une blessure au dos.

Ils sont partis vers la Pologne en voiture, ont parcouru plus de 1000 kilomètres jusqu’à Gdansk, où ils ont attendu leur visa pour Montréal. Ils sont arrivés en juin au Québec et sont maintenant bien installés à Château-Richer dans la MRC de la Côte-de-Beaupré. Leur maison, toute neuve, est prêtée pour un an par un entrepreneur de la construction.

« On est heureux d’être ici. La seule inquiétude, c’est la langue. Il faut qu’on connaisse la langue. On a peur de ne pas réussir, mais on va être capables. »— Une citation de  Inna, 20 ans, Ukrainienne

Si Denys et Inna veulent rester au Québec, ils devront apprendre le français dans un délai relativement rapide. Or, malgré un nombre croissant de demandes, il n’y a pas de classe de francisation à Beaupré. Les classes les plus proches sont à Québec, ce qui pose un défi de transport, de permis de conduire, de temps et d’argent. Sans oublier la garderie… En attendant, le gouvernement leur propose des cours en ligne.

Allo, doudoune!… Tu te réveilles? Le médecin Patrick Voyer est sous le charme de la petite Karolina, le bébé de Denys et Inna. C’est lui qui a lancé le mouvement d’entraide dans la région, Un toit pour l’Ukraine. Entre deux patients ou deux quarts de travail à l’urgence de Québec, il soutient les familles arrivées ici.

Il s’inquiète de la pression ressentie par les familles pour satisfaire les conditions d’immigration au Québec.

Le médecin urgentiste Patrick Voyer avec Karolina, petite Ukrainienne née sous les bombes au début de la guerre en Ukraine.

« Beaucoup d’Ukrainiens ne viennent pas au Québec à cause de cette pression d’apprendre la langue. J’ai plein de familles qui étaient censées venir ici, mais qui ont décidé d’aller à Winnipeg ou à Calgary. »— Une citation de  Patrick Voyer, médecin

Remplir les critères : le casse-tête

Détail important : les familles ukrainiennes accueillies au Canada n’ont pas le statut de réfugié. Elles sont venues avec un permis de travail ouvert de trois ans, accordé par le Canada. Si elles veulent rester au-delà de ce délai, elles devront présenter des demandes de résidence permanente. Et, pour pouvoir rester au Québec, répondre aux exigences de la province.

Ils doivent travailler deux ans dans un emploi qualifié. Et en plus, être à un niveau de 7 sur 12 quant à la francisation, donc être capables de communiquer de façon autonome, détaille Joany Boily, agente de liaison interculturelle à Beaupré, au Service d’accueil des nouveaux arrivants. Donc, ils ont trois ans pour atteindre ces objectifs-là, pour demander leur certificat de sélection du Québec. Ils n’ont pas le choix, pour avoir la résidence permanente au Canada.

Dans le cas des Ukrainiens, accueillis avant tout pour des raisons humanitaires, sans sélection, ce sera difficile de remplir ces exigences en si peu de temps, estime Joany Boily. C’est une pression énorme sur leurs épaules.

En particulier, le critère de l’emploi qualifié, qui s’est ajouté sous le gouvernement Legault. Eux [au gouvernement], ils ont décidé qu’ils voulaient seulement avoir des travailleurs qualifiés, alors qu’en réalité, souvent les emplois faciles à obtenir quand tu ne parles pas encore français, c’est des emplois non qualifiés, explique la jeune femme.

Les emplois ne manquent pas dans la restauration, les magasins ou les usines.

« Il y a plein d’employeurs qui veulent les engager! Des magasins ici ont fermé faute d’employés. On en a, des emplois à leur offrir! Mais trouver un emploi qualifié quand tu ne parles pas français, pas anglais, au Canada, au Québec, c’est difficile. »— Une citation de  Joany Boily, Service d’accueil des nouveaux arrivants

Un bon employé de plus!

Anton Lobiak travaille dans une usine de portes et fenêtres à Beaupré. Il s’est présenté un jeudi, et le lundi, il commençait. Il installe des thermos sur les cadres de fenêtre. Très nerveux au début à l’idée de casser une vitre, parfois aussi grande que lui, il aime néanmoins son travail.

Ce n’est pas un travail compliqué, c’est un travail répétitif, donc c’est facile à faire, dit Anton Lobiak au cours d’une entrevue traduite par un ami ukrainien arrivé au Québec il y a une douzaine d’années. Tant que j’ai deux bras, deux jambes, poursuit-il, je peux gagner mon argent, je ne veux pas rester à attendre qu’on me donne l’argent des impôts de quelqu’un d’autre.

Mais c’est un emploi non qualifié, qui ne nécessite pas d’études ou de diplôme​ particulier​ ni de grande expérience professionnelle​, alors que le Québec valorise plutôt, dans le cadre de son programme actuel de sélection, des emplois qualifiés. 

Payé 20 $ l’heure, 40 heures par semaine, il a appris rapidement le travail à faire. Son chef d’équipe, Simon Bédard, lui a tout expliqué une phrase à la fois à l’aide d’une application de traduction français-ukrainien sur son téléphone.

Maintenant ça va bien, il est rendu autonome. – Et vous avez un employé de plus! – Un bon employé de plus, corrige-t-il. Nous, peu importe d’où ils viennent, tant qu’ils sont efficaces et qu’ils veulent travailler, on est heureux.

On est enchantés de l’arrivée d’Ukrainiens dans la région. On a de la place pour eux, c’est certain, confirme Julie Bernatchez, conseillère en ressources humaines chez Caron et Guay.

Anton Lobiak vit dans la maison prêtée pour un an à sa famille, au cœur du village de Saint-Ferréol-les-Neiges, avec sa conjointe Elina, qui était professeure d’informatique, et leurs deux enfants, des jumeaux de neuf ans.

La petite Milana tend un dessin qu’elle vient de faire : une maison, la porte avec la sonnette, le petit garage et le drapeau du Canada. La fillette est très heureuse ici et ne veut plus repartir maintenant qu’elle s’est fait des amis dans le quartier.

Les parents veulent rester aussi. Je suis très content de la sécurité que ça me procure d’être ici, confie Anton. Je n’ai pas peur de laisser ma fille jouer toute seule sur le terrain qui est un peu plus loin. Ici, on a les portes d’entrée vitrées alors que chez nous, c’est des portes en métal à trois serrures.

Ce serait une perte pour le Québec

Même si la paix revenait en Ukraine, la famille ne souhaiterait pas y retourner. Tout dépend comment va se finir cette guerre-là. Et même après, au moment de la paix, savoir que tu habites à côté de ce voisin, qui est encore la Russie, ça ne m’inspire pas.

Si les règles d’immigration les incitaient à quitter le Québec pour une autre province, ce serait crève-cœur, après tant d’efforts déployés par la petite communauté pour faciliter leur intégration. C’est des gens travaillants, intelligents et ils sont prêts à rester, dit Marc Tremblay. C’est le Québec qui sera perdant s’il leur met des bâtons dans les roues!

Comment améliorer l’accueil des Ukrainiens au Québec? Selon le Service d’accueil des nouveaux arrivants Côte-de-Beaupré, il faudrait :

  • valoriser l’expérience professionnelle acquise dans un emploi non qualifié, pas seulement dans un emploi qualifié;
  • ajouter des classes de francisation à l’écart des grands centres, comme ici à Beaupré;
  • augmenter l’allocation versée pour l’apprentissage du français afin de permettre aux nouveaux arrivants de s’y consacrer et d’avoir un revenu suffisant.

Peut-être que, dans quelques mois, on va trouver une solution. En tout cas, j’espère! s’exclame Joany Boily, agente de liaison interculturelle. Ils veulent travailler, et nous, on a besoin d’eux. On gagne tellement à ce qu’ils soient ici!

Saint-Ferréol-les-Neiges, village de 3800 habitants sur la Côte-de-Beaupré, situé à 50 kilomètres de Québec.

Avec Radio-Canada par Myriam Fimbry

Canada-Québec: Un record d’immigrants sous Legault

août 26, 2022

Jamais le Québec n’a accueilli autant d’immigrants. Un bilan contraire aux promesses faites par François Legault en 2018.

Un ouvrier fait des semis.

Le nombre de travailleurs étrangers arrivés au Québec a explosé ces dernières années. Photo : La Presse Canadienne/Graham Hughes

En prendre moins, mais en prendre soin. Tel était le slogan répété, jour après jour, durant la dernière campagne électorale victorieuse de François Legault.

Pourtant, dans les faits, c’est un tout autre scénario qui a déboulé sur le Québec au cours des quatre dernières années.

Retour sur un mandat controversé en matière d’immigration, où les contestations judiciaires, les bisbilles avec Ottawa et les affrontements avec le monde des affaires ont été omniprésents.

Des seuils baissés, mais…

François Legault a tenu sa principale promesse. Dès sa première année au pouvoir, il a baissé les seuils d’immigration d’environ 20 %. Près de 40 000 immigrants permanents ont été accueillis au Québec en 2019.

Mais, au total, il n’y a pas moins d’immigrants au Québec que sous l’ère libérale précédente. Bien au contraire.

Depuis l’arrivée au pouvoir du chef caquiste, le nombre de personnes arrivées dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) a rapidement explosé. Entre 2017 et 2019, ce nombre a même doublé, avant une stagnation due à la pandémie et à la restriction des voyages.

L’an passé, près de 36 000 travailleurs étrangers temporaires ont été embauchés au Québec. Aucune autre province n’a connu une telle augmentation durant cette période.

Alors que la frontière canadienne est désormais pleinement rouverte, ce chiffre a de bonnes chances d’être battu cette année. De janvier à mars, plus de 14 000 travailleurs étrangers temporaires ont eu l’autorisation de venir au Québec.

C’est d’ailleurs sur ce thème, l’immigration temporaire, que le gouvernement Legault a réalisé de véritables avancées, qui ont été saluées – une fois n’est pas coutume – à la fois par les immigrants et par les employeurs.

Depuis son arrivée en poste l’automne dernier, Jean Boulet – également ministre du Travail – a négocié avec Ottawa des assouplissements réclamés depuis longtemps au niveau des formalités administratives et du recrutement. Il est maintenant plus facile et moins long d’embaucher un travailleur étranger.

Bien plus de 100 000 immigrants en 2022

L’abaissement des seuils d’immigration n’a quant à lui pas duré très longtemps.

Petit à petit, le nombre d’immigrants permanents accueillis au Québec est revenu à des niveaux similaires vus avant la prise de pouvoir caquiste. Un nombre record de nouveaux résidents permanents devrait même arriver d’ici la fin de l’année.

Pour compenser les effets de la crise sanitaire, le gouvernement a promis d’accueillir 18 000 personnes supplémentaires. Il devrait donc y avoir près de 70 000 nouveaux arrivants en 2022.

En cumulant les résidents permanents et les temporaires, la barre des 100 000 immigrants – hors étudiants étrangers – sera donc aisément franchie cette année.

Et ce décompte ne prend pas en compte, non plus, le nombre de travailleurs venant dans le cadre du Programme de mobilité internationale (PMI). Ce programme permet aux employeurs – selon les professions – de réaliser des embauches sans avoir à fournir une longue, coûteuse et pénible évaluation des impacts sur le marché du travail (EIMT).

Selon Immigration Canada, des dizaines de milliers travailleurs arriveraient ainsi au Québec chaque année, mais le ministère fédéral n’a pas été en mesure de nous fournir des données complètes, puisqu’il dit de pas connaître avec exactitude la province de destination de ces immigrants.

Le devant de bureaux de l’Immigration, de la francisation et de l’intégration

Québec est responsable d’une partie de la sélection des immigrants arrivant dans la province. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Qu’en sera-t-il pour l’avenir? Québec a refusé de publier sa prochaine planification avant la campagne électorale, mais François Legault a déjà fermé la porte à une révision à la hausse, tout en affirmant privilégier l’immigration économique, au détriment des autres catégories.

Le premier ministre a maintes fois clamé que le Québec a atteint sa capacité d’accueil, même si, comme l’a révélé Radio-Canada, aucune étude n’existe à ce sujet.

Il y a d’ailleurs eu, tout au long de ce mandat, des remous en interne. Plusieurs sources nous ont parlé de différends, au Conseil des ministres, entre les élus à vocation économique et le premier ministre, sur le nombre d’immigrants à admettre.

En mai dernier, le ministre Boulet avait par exemple jugé raisonnable une proposition d’augmenter les seuils à 58 000 immigrants permanents, avant de faire volte-face quelques heures plus tard.

Un accord complexe entre Québec et Ottawa

L’immigration est une compétence partagée entre Québec et Ottawa. Un accord a été signé en 1991 et le Québec est la seule province à disposer d’une telle entente. Celle-ci permet notamment au gouvernement québécois de sélectionner ses propres immigrants dans la catégorie économique.

Québec est également libre de fixer ses propres cibles d’immigration, même si, selon cet accord, le Québec devrait normalement recevoir un pourcentage d’immigrants égal au pourcentage de sa population par rapport à la population totale du Canada. Ce qui n’est pas le cas actuellement.

François Legault a fait part de son désir de revoir cet accord afin d’obtenir plus de pouvoirs. Il souhaite par exemple gérer le programme de réunification familiale pour imposer une meilleure connaissance de la langue française dans cette catégorie. Une demande déjà rejetée par Justin Trudeau.

Un moment de confidence lors d'une conférence de presse

Le premier ministre du Québec, François Legault, et Simon Jolin-Barrette lors du bilan du gouvernement en juin 2019 Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

De Jolin-Barrette à Boulet

Il faudrait d’ailleurs diviser ce mandat caquiste en deux parties bien distinctes, tant le style, le ton et les résultats ont été différents.

Au cours des deux premières années, le ministre Simon Jolin-Barrette, qui avait la pleine confiance de François Legault et la responsabilité de mettre en œuvre différentes réformes en immigration, s’est attiré les foudres d’experts, d’avocats et des oppositions.

En interne, on parlait même d’une guerre ouverte entre son cabinet et la machine administrative. À micro fermé, des conseillers et des élus à Ottawa fustigeaient également le comportement et les actions du ministre Jolin-Barrette.

Dans un premier temps, ce dernier a voulu revoir radicalement le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), un programme permettant d’accéder rapidement à la résidence permanente pour tous ceux qui ont déjà étudié ou travaillé dans la province. Critiqué de toutes parts, y compris par des sommités internationales, ce projet a dû être suspendu, avant d’être remis en place – avec des changements – quelques mois plus tard.

Ces différentes réformes, qui ont conduit à l’abandon contesté devant les tribunaux de milliers de dossiers d’immigration, avaient un but principal : privilégier Arrima, un nouveau système de sélection des immigrants. Or, ce dernier peine encore à trouver son rythme de croisière.

Les relations entre le gouvernement Legault, en matière d’immigration, se sont par la suite apaisées avec Ottawa et la société civile, après l’arrivée en poste de Nadine Girault (juin 2021), puis de Jean Boulet (novembre 2021).

Seule friction toujours vive : les délais d’immigration, très différents entre le Québec et le reste du Canada. Initialement, le gouvernement fédéral avait publiquement accusé Québec d’allonger ce temps d’attente pour les immigrants avant d’admettre sa part de responsabilité et d’être vivement accusé de négliger les dossiers des étudiants francophones voulant venir au Québec.

Jean Boulet s'exprime debout à l'Assemblée nationale, en gesticulant de la main.

Le ministre de l’Immigration, Jean Boulet, a obtenu des gains avec Ottawa afin de réduire les formalités administratives pour l’embauche de travailleurs temporaires. Photo : La Presse Canadienne/Jacques Boissinot

Francisation, réduction des exigences de français

Outre la baisse du nombre d’immigrants, le gouvernement Legault avait un autre cheval de bataille : améliorer le taux de francisation.

Chaque année, des dizaines de millions de dollars ont été dépensés à cet effet. Lors du plus récent budget, 290 M$ ont d’ailleurs été annoncés pour renforcer l’intégration en emploi des personnes immigrantes.

« Les dépenses du Québec en matière d’intégration et de francisation des personnes immigrantes ont atteint des niveaux historiques. »— Une citation de  Arianne Méthot, porte-parole du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration du Québec (MIFI)

Malgré ces mesures, qui ont été saluées, la CAQ s’est attiré les foudres des oppositions, notamment du Parti québécois. Ce dernier a par exemple demandé à plusieurs reprises de revoir le système de sélection des immigrants.

À ce jour, ne pas connaître la langue française n’est pas rédhibitoire pour immigrer au Québec. Le gouvernement a même ouvert la porte à une réduction de ces exigences pour permettre plus facilement à des talents – selon les mots utilisés par Nadine Girault – d’arriver dans la province.

Pour la première fois, un programme d’immigration, avec quelques centaines de places, a aussi été créé. Celui-ci est réservé aux non-francophones travaillant dans certains secteurs recherchés, avec des hauts salaires.

D’ailleurs, François Legault a confié ouvertement à des chefs d’entreprises avoir un problème avec les immigrants gagnant moins de 56 000 $ annuellement. Des propos qu’il ne regrette pas et qu’il justifie en invoquant son désir d’augmenter le salaire moyen au Québec.

Avec Radio-Canada par Romain Schué

Canada: Ottawa doit accueillir plus d’étudiants étrangers francophones, selon le Bloc québécois

août 25, 2022
Des étudiants dans une salle d'informatique

Le Bloc québécois estime que le gouvernement libéral de Justin Trudeau doit encourager l’obtention de visas pour les étudiants étrangers francophones. Photo : Getty Images/Istock/Michael Jung

Le Bloc québécois demande au gouvernement libéral d’accorder plus de visas aux étudiants étrangers francophones qui souhaitent venir étudier dans les institutions postsecondaires au Québec. Le parti souhaite ainsi assurer la pérennité de certains programmes scolaires et favoriser l’immigration francophone.

Les demandes de visas d’étudiants qui parlent français sont plus souvent déclinées que pour les anglophones, selon le Bloc québécois, qui indique que le pourcentage de visas d’étudiants étrangers refusés s’élève à 79 % à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), comparativement à 9 % à l’université anglophone McGill.

C’est une discrimination claire envers les étudiants africains, puisque leur taux de refus est anormalement élevé comparativement à des gens qui viennent d’autres pays, dénonce le porte-parole bloquiste en matière d’immigration, Alexis Brunelle-Duceppe.

Taux de refus des visas étudiants étrangers par institution en 2021

Institutions post-secondairesTaux de refus
Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)79 %
Université du Québec à Chicoutimi (UQAC)58 %
Cégep de Saint-Félicien56 %
Université McGill9 %

Source : Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale du Canada via le Bloc québécois

Ces étudiants se feraient refuser leur demande de visa, car les autorités ont peur qu’ils ne retournent pas dans leur pays à la suite de l’obtention de leur diplôme, selon le député bloquiste, qui trouve illogique de ne pas souhaiter que ces jeunes francophones éduqués restent au pays.

On n’aide certainement pas le déclin de la langue française en refusant majoritairement des étudiants francophones étrangers, a déclaré jeudi M. Brunelle-Duceppe, faisant référence au déclin du français au Québec, ainsi qu’ailleurs au pays.

Il ajoute que des jeunes d’ici sont aussi pénalisés par ces visas refusés. Il y a des programmes qui sont en péril dans certains cégeps parce que la majorité des étudiants proviennent de l’étranger, soutient le bloquiste, qui était de passage à Trois-Rivières, jeudi.

René Villemure debout derrière Alexis Brunelle-Duceppe debout au podium au centre des congrès.

Le porte-parole du Bloc québécois en matière de francophonie internationale et député dans la circonscription de Trois-Rivières, René Villemure, et le porte-parole en matière d’immigration, réfugiés et citoyenneté, Alexis Brunelle-Duceppe, ont tenu un point de presse jeudi à Trois-Rivières. Photo : Radio-Canada/Marie-Ève Trudel

Alexis Brunelle-Duceppe rappelle qu’en juin, le Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration, dont il est vice-président, a formulé 35 recommandations au gouvernement pour améliorer le processus.

Que l’intention de s’établir au Canada ne nuise pas à l’obtention d’un permis d’étude est l’un des principaux points à corriger, selon le député de la circonscription de Lac-Saint-Jean.

Avec Radio-Canada

Nancy Pelosi arrive à Taïwan, la Chine s’insurge

août 2, 2022
Joseph Wu accueille Nancy Pelosi à son arrivée.

Le ministre taïwanais des Affaires étrangères, Joseph Wu, a accueilli Nancy Pelosi à son arrivée. Photo: Reuters/Courtoisie du Ministre Taiwanais des Affaires Étrangères

Malgré les menaces des autorités chinoises, la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis Nancy Pelosi est arrivée à Taïwan. L’avion militaire qui la transportait s’est posé à l’aéroport Taïwan-Taoyuan, à Taipei, vers 22 h 45, heure locale. Elle a été accueillie à son arrivée par Joseph Wu, le ministre taïwanais des Affaires étrangères.

Mme Pelosi doit passer la nuit au Grand Hyatt Hotel, où des manifestants pour et contre sa venue l’attendaient avant son arrivée(Nouvelle fenêtre).

Selon des médias locaux, elle va s’entretenir avec la présidente de Taïwan, Tsai Ing-wen, mercredi, avant de repartir en fin de journée pour poursuivre son voyage en Asie.

Un manifestant tient une pancarte insultant Nancy Pelosi.

Des manifestants ont exprimé leur mécontentement avec la visite de Nancy Pelosi. Photo : AFP/Annabelle Chih

Dans une lettre ouverte publiée par le Washington Post quelques instants après son arrivée, Mme Pelosi écrit que cette visite démontre l’appui sans équivoque des États-Unis à la vibrante démocratie taïwanaise.

Nous ne pouvons rester immobiles pendant que le PCC (Parti communiste chinois) continue de menacer Taïwan – et la démocratie elle-même, ajoute-t-elle, évoquant notamment la répression brutale de Pékin contre des manifestants prodémocratie à Hong Kong et le traitement de la minorité musulmane ouïgoure.

« La solidarité de l’Amérique avec les 23 millions d’habitants de Taïwan est plus importante aujourd’hui que jamais, alors que le monde est confronté à un choix entre autocratie et démocratie. »— Une citation de  Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants des États-Unis

Elle écrit toutefois que cette visite ne contredit en aucun cas la politique de longue date des États-Unis dans la région. Depuis 1979, les États-Unis ne reconnaissent qu’un seul gouvernement chinois, celui de Pékin, tout en continuant à apporter un soutien décisif à Taipei. Depuis des décennies, Washington cultive également une ambiguïté stratégique  à l’égard de Taïwan, s’abstenant de dire s’ils défendaient ou non militairement l’île en cas d’invasion des forces chinoises.

Au cours des derniers jours, des représentants de l’administration Biden ont tenté de minimiser la portée de cette visite.

Nancy Pelosi pose pour une photo sur le tarmac avec d'autres membres de la délégation américaine et des représentants du gouvernement taïwanais.

Nancy Pelosi est accompagnée de six parlementaires américains pour cette visite à Taïwan, qui s’inscrit dans le cadre d’une tournée en Asie. Photo: Reuters/Courtoisie du Ministre Taiwanais des Affaires Étrangères

Le porte-parole du département de la Défense, John Kirby, a noté qu’elle n’était pas sans précédent, rappelant qu’un ancien président de la Chambre des représentants, Newt Gingrich, s’était rendu à Taïwan en 1997.

S’exprimant après l’arrivée de Nancy Pelosi, il a ajouté que cette visite ne constituait pas une violation de la souveraineté chinoise et ne contrevenait en rien à la politique américaine d’une seule Chine.

Il n’y a aucune raison pour que cette visite devienne l’élément déclencheur d’une crise, d’un conflit ou d’un prétexte que les Chinois pourraient ensuite utiliser pour justifier une action militaire, a-t-il déclaré mardi sur les ondes de CNN.

Le chef de la diplomatie américain, Anthony Blinken, a pour sa part expliqué que la décision de la présidente de la Chambre des représentants de se rendre à Taïwan ne relevait pas de la Maison-Blanche, le Congrès étant une entité indépendante.

Menaces et représailles

Quoi qu’il en soit, Pékin a immédiatement dénoncé l’arrivée de la présidente de la Chambre américaine des représentants à Taïwan, parlant d’une grave violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Chine.

Le ministère chinois des Affaires étrangères dit aussi y voir une atteinte aux fondements politiques des relations entre la Chine et les États-Unis, alors que la question de Taïwan est la plus sensible et la plus importante de ces relations bilatérales.

Qui joue avec le feu y succombera, a ajouté le ministère dans un communiqué.

Signe de la colère de Pékin, des avions de chasse ont été aperçus dans le détroit de Taïwan avant et après l’arrivée de Nancy Pelosi.

Le gouvernement taïwanais a précisé que plus de 20 avions militaires chinois ont effectué une incursion dans sa zone de défense aérienne, mardi.

Ces incursions seront appelées à se reproduire au cours des prochains jours, puisque la Chine a annoncé avoir placé son armée en état d’alerte et vouloir tenir des actions militaires ciblées en réponse à la visite de Mme Pelosi.

Une annonce aussitôt condamnée par le ministère taïwanais de la Défense sur Twitter. Le ministère a accusé la Chine de vouloir menacer les ports et les villes de Taiwan et de chercher à intimider psychologiquement ses citoyens.

Pékin considère Taïwan comme une partie de son territoire à réunifier, par la force si nécessaire, et a plusieurs fois mis en garde Washington contre une visite de Nancy Pelosi, qu’elle perçoit comme une provocation majeure.

La semaine dernière, le président chinois Xi Jinping avait exhorté les Américains à ne pas jouer avec le feu lors d’un entretien téléphonique avec son homologue Joe Biden.

En plus des menaces et des démonstrations de force, le gouvernement chinois a exprimé son mécontentement par la voie économique, lundi soir, interdisant l’importation de 3000 produits alimentaires taïwanais et de plus de 100 fabricants de produits alimentaires.

La Russie, allié majeur de la Chine, a pour sa part accusé Washington de déstabiliser le monde  et décrit la visite de Nancy Pelosi comme une pure provocation. Moscou a ajouté que la Chine avait le droit de prendre des mesures pour protéger sa souveraineté.

Par Radio-Canada avec AFP

Le Canada doit être prêt à accueillir les Ukrainiens en toute sécurité, dit un expert

février 25, 2022

Des familles ukrainiennes fuyant le conflit dans leur pays marchent avec leurs bagages après avoir franchi la frontière entre la Hongrie et l’Ukraine près de Beregsurany, le 25 février 2022, au lendemain de l’offensive militaire russe contre l’Ukraine. Photo: Getty Images/Attila Kisbenedek

L’Europe est confrontée à une nouvelle crise migratoire massive en raison de l’invasion russe en Ukraine et le Canada devrait se préparer à fournir l’asile à ceux qui fuient la violence, selon un expert canadien en sécurité.

Ce serait une chance pour le Canada de vraiment, vraiment intervenir, a déclaré Michael Bociurkiw, un Canadien en Ukraine qui a été le porte-parole de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe au plus fort des tensions qui ont suivi l’annexion de la péninsule de Crimée par la Russie en 2014.

[Il faut] dire aux Ukrainiens : vous êtes les bienvenus au Canada, avec, vous savez, l’assouplissement des règles sur les visas, les séjours temporaires, ce genre de choses, a-t-il précisé.

Le Canada a promis de donner la priorité aux demandes d’immigration en provenance d’Ukraine(Nouvelle fenêtre) afin de mettre en sécurité les personnes fuyant le pays le plus rapidement possible.

Le premier ministre Justin Trudeau a également annoncé jeudi la création d’une nouvelle ligne d’assistance téléphonique, pour toute personne au pays ou à l’étranger ayant des questions urgentes d’immigration liées à l’Ukraine.

Nous avons travaillé ces dernières semaines pour nous préparer exactement à de telles éventualités, a déclaré jeudi le premier ministre.Une femme avec un chat dans un sac attend dans une gare.

Des citoyens ukrainiens attendent à la gare de Przemysl, en Pologne, près de la frontière ukrainienne, le 24 février 2022, après avoir fui l’Ukraine sous les bombardements russes. Photo: Getty Images/Janek Skarzynski

M. Bociurkiw s’est exprimé jeudi depuis la ville de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, où la journée a commencé tranquillement avec une procession ordonnée de résidents faisant la queue devant les distributeurs automatiques de billets et s’approvisionnant dans les magasins avant de laisser place aux sirènes de raid aérien et à la panique organisée.

Des annonces publiques ont dit aux gens de s’abriter sur place et de fermer leurs arrivées de gaz.

M. Bociurkiw a vu une demi-douzaine de véhicules transportant les derniers diplomates canadiens partir pour la frontière polonaise après avoir récemment déménagé à Lviv depuis la capitale Kiev, qui a subi de violents bombardements.

M. Bociurkiw a ajouté que les diplomates occidentaux à qui il avait parlé avaient exprimé leurs craintes que la région ne soit menacée par des colonnes de chars russes venant de Biélorussie, il a donc compris le calcul de partir.

Il a prédit que les Ukrainiens eux-mêmes prendraient bientôt cette décision aussi. De nombreux résidents de Lviv, décrite comme la capitale culturelle de l’Ukraine, pourraient être bien adaptés à une nouvelle vie au Canada, selon lui.

Lviv est la Silicon Valley de cette partie de l’Europe. Tant d’Ukrainiens talentueux, dont beaucoup ont plusieurs diplômes. C’est exactement le type d’immigrants dont nous avons besoin au Canada en ce moment. Des médecins, des dizaines de milliers de gens de l’industrie médicale ici sont extrêmement qualifiés, a déclaré M. Bociurkiw.

En effet, plus d’un million d’Ukrainiens vivent déjà au Canada et, en 2016, environ 4 % des personnes au Canada qui ont répondu au recensement se sont identifiées comme étant d’origine ukrainienne.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, gravement préoccupé par la détérioration rapide de la situation en Ukraine et les conséquences humanitaires dévastatrices qu’elle aura, a exhorté les pays voisins à garder leurs frontières ouvertes aux Ukrainiens qui cherchent la sécurité à l’extérieur du pays.

Le Canada pourrait également faire face à une demande d’ouverture de ses frontières, car on ne sait pas combien de temps l’Europe gardera les siennes ouvertes ou dans quelle mesure elle sera disposée à accueillir ce qui pourrait être un afflux de millions de nouveaux demandeurs d’asile, a précisé M. Bociurkiw.

Il y a beaucoup de lassitude des migrants, si l’on peut dire, en Europe, a-t-il souligné.

Le Canada doit en faire plus, selon Jagmeet Singh

Compte tenu de la pression exercée sur la communauté internationale et le peuple ukrainien, le Canada doit faire plus que donner la priorité aux demandes de ceux qui fuient les zones de conflit, a déclaré jeudi le chef du NPD, Jagmeet Singh.

Nous ne pouvons pas avoir un autre scénario comme celui que nous avons vu en Afghanistan, où les gens fuyaient la tragédie en Afghanistan et n’ont pas pu arriver au Canada en raison de défis dans le système qui ont rendu les choses si compliquées, qui ont rendu leur candidature si difficile, a affirmé M. Singh.

Il a suggéré que le gouvernement permette aux Ukrainiens de venir sans visa, afin de rendre le processus aussi simple que possible pour que les gens trouvent la sécurité au Canada.

Le gouvernement s’est engagé à faire venir 40 000 réfugiés afghans au Canada lorsque les États-Unis ont annoncé qu’ils retireraient leurs forces militaires du pays, ce qui a finalement conduit le gouvernement afghan à tomber aux mains des talibans en août dernier.

Le gouvernement prévoit qu’il faudra deux ans pour atteindre cet objectif et, jusqu’à présent, seulement 7885 environ sont arrivés sur le sol canadien.

Le ministre de l’Immigration, Sean Fraser, a déclaré que la difficulté réside dans le fait que le Canada n’a pas de présence diplomatique dans le pays et qu’il n’y a aucun moyen de faire sortir les Afghans du pays.

Nous pensons que c’est une situation différente, a déclaré Nicole Giles, sous-ministre adjointe d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) lors d’un point de presse jeudi.

Le Canada entretient des liens étroits avec le gouvernement ukrainien qui détient toujours le pouvoir et l’Ukraine partage des frontières avec l’Union européenne. Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada IRCC a également des bureaux des visas et des centres de demande de visa dans les zones voisines, a précisé Mme Giles.

Le ministère avait préparé des ressources supplémentaires dans la région en prévision d’un afflux important de demandes à venir au Canada.

Le gouvernement a accepté de délivrer des titres de voyage aller simple aux Ukrainiens et aux membres de la famille des citoyens canadiens et des résidents permanents qui n’ont pas de titres de voyage.

Les ressortissants ukrainiens au Canada peuvent également demander une prolongation de leur permis d’études ou de travail pour rester en toute sécurité dans le pays, a-t-elle conclu.

Avec La Presse canadienne

L’Ouganda et le Rwanda accueillent des réfugiés afghans

août 25, 2021

ACCORD. Les deux pays d’Afrique de l’Est ont accepté, à la demande des États-Unis, d’accueillir des réfugiés fuyant l’Afghanistan.

Kampala n'a pas donne plus de details sur l'identite des evacues
Kampala n’a pas donné plus de détails sur l’identité des évacués© UGANDA BROADCASTING CORPORATION / AFP

L’avion en provenance d’Afghanistan a atterri ce mercredi 25 août à l’aéroport international d’Entebbe, en Ouganda, avec, à son bord, un premier groupe de 51 Afghans. Au total, ce pays d’Afrique de l’Est doit accueillir pour une durée temporaire 2 000 Afghans en fuite depuis la prise du pouvoir par les talibans. Kampala précise bien que c’est « à la demande des États-Unis », a indiqué le ministère ougandais des Affaires étrangères.

Cet accueil, a souligné le ministère, se fait à la demande des États-Unis d’accueillir temporairement des ressortissants afghans « à risque » et d’autres personnes en transit vers les États-Unis et d’autres destinations dans le monde.

L’ambassade des États-Unis à Kampala a remercié l’Ouganda pour sa « générosité et son hospitalité envers ces communautés ». « Le gouvernement de l’Ouganda et le peuple ougandais ont une longue tradition d’accueil des réfugiés et d’autres communautés dans le besoin », a affirmé l’ambassade sur Twitter.

Accord avec les États-Unis

L’Ouganda accueille une des plus grandes populations de réfugiés au monde – près de 1,5 million, selon les Nations unies –, principalement en provenance du Soudan du Sud et de la République démocratique du Congo voisins. La plupart vivent dans de vastes camps de réfugiés dans le nord du pays, mais 81 000 réfugiés vivent dans la capitale, Kampala. « À l’heure actuelle, nous avons plus de 1,6 million de réfugiés ici en Ouganda. Ainsi, lorsque nous avons reçu la demande, et d’un point de vue moral, nous ne pouvions pas refuser, car nous devons soutenir l’humanité », a répondu le ministre ougandais des Technologies de l’information et de la Communication, Chris Baryomunsi, aux critiques adressées au gouvernement, après l’officialisation de la décision. En effet, de nombreux Ougandais craignent que l’arrivée de ces réfugiés afghans – dont des femmes, des hommes et des enfants – puisse attirer l’attention de groupes terroristes internationaux, tels qu’Al-Qaïda, l’État islamique et surtout Al-Shabab en Somalie vers l’Ouganda et déstabiliser le pays.

L’Ouganda est depuis longtemps un allié des États-Unis, en particulier sur les questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme dans la sous-région. Mais certains militants et opposants au président Yoweri Museveni, qui a été réélu en janvier dernier, affirment que cet accord avec Washington se fait au mépris des violations des droits de l’homme et de mauvaise gouvernance dans un pays qui n’a jamais connu d’alternance politique. Pour eux, leur pays est loin d’être exemplaire.

Des pays qui ont une tradition d’accueil des réfugiés

Non loin, au Rwanda, voisin, plusieurs dizaines d’écolières afghanes, leurs enseignants et le personnel de leur internat pour filles en Afghanistan étaient en cours d’évacuation vers le Rwanda, ont annoncé, mardi, la fondatrice de l’institution et Kigali.

Les talibans ont affirmé à plusieurs reprises que leur nouveau régime serait différent de celui qu’ils ont dirigé dans les années 1990, marqué par une extrême brutalité, l’exclusion des filles des écoles, le confinement des femmes chez elles, l’interdiction de la musique et des divertissements, mais aussi les lapidations et exécutions publiques. Mais depuis leur prise de pouvoir à Kaboul le 15 août, des dizaines de milliers d’Afghans tentent désespérément de quitter leur pays, redoutant de vivre à nouveau sous leur règne.

Près de 250 adolescents, étudiants, professeurs, personnels et membres de leurs familles ont quitté l’Afghanistan pour se rendre au Rwanda et y poursuivre leurs études, a précisé Shabana Basij-Rasikh, la fondatrice de l’École privée de leadership en Afghanistan (Sola). « Tout le monde est en route, via le Qatar, vers la nation du Rwanda où nous avons l’intention de commencer un semestre à l’étranger pour l’ensemble de nos étudiants », a-t-elle déclaré sur Twitter. « Quand les circonstances sur le terrain le permettront, nous espérons rentrer chez nous en Afghanistan », a-t-elle ajouté.

À Kigali, la porte-parole du gouvernement, Yolande Makolo, a confirmé cette information. « Nous souhaitons la bienvenue à la communauté Sola au Rwanda. Nous respectons leur demande de confidentialité, il n’y aura donc pas d’autres commentaires pour le moment », a-t-elle déclaré à l’AFP.

Quelques jours auparavant, Basij-Rasikh a déclaré qu’elle avait brûlé les dossiers scolaires de ses élèves « pour les protéger ainsi que leurs familles ». « Mes élèves, mes collègues et moi sommes en sécurité. […] Mais, en ce moment, nombreux sont ceux qui ne se sentent pas ou se sentent de moins en moins en sécurité. Je suis brisée et dévastée pour eux », a-t-elle écrit, vendredi, sur le site Internet de l’école.

L’ONU a averti, mardi, que les droits des femmes afghanes sont une « ligne rouge » que les talibans ne doivent pas franchir. « Une ligne rouge fondamentale sera la façon dont les talibans traitent les femmes et les filles », a déclaré, mardi, la haute-commissaire Michelle Bachelet à l’ouverture d’une session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme (CDH) sur l’Afghanistan. « Il incombe désormais aux talibans de traduire ces engagements en réalité. » Les talibans affirment aujourd’hui qu’ils respecteront les droits des femmes et qu’elles seront autorisées à recevoir une éducation et à travailler.

Avec Le Point avec AFP

Canada: Legault réitère son offre pour accueillir des réfugiés afghans au Québec

août 21, 2021

Le premier ministre du Québec François Legault a réitéré son intention d’aider les réfugiés afghans qui trouveront asile au Canada.

© Fournis par La Presse Canadienne

Dans un message diffusé samedi sur sa page Facebook, M. Legault a écrit que le gouvernement allait faire sa part pour accueillir des réfugiés autant que possible, «en particulier des femmes victimes de persécution».

Au début de la semaine, il avait déclaré que le Québec était prêt à accueillir un certain nombre de réfugiés afghans.

Le premier ministre n’a pas précisé comment son gouvernement compte venir en aide à ceux qui s’installeront au Québec.

Vendredi, le ministre fédéral de l’Immigration Marco Mendicino a annoncé que son ministère accélérera le processus d’évacuation et d’accueil des familles d’interprètes et des autres personnes qui ont contribué à la mission canadienne en Afghanistan.

Le premier ministre Legault a voulu consoler les militaires québécois qui ont participé à l’intervention canadienne en Afghanistan. Ceux-ci pourraient être tentés que leur présence n’ait servi à rien puisque les talibans ont repris le pouvoir, 20 ans après l’invasion du pays par les États-Unis.

«Ça ne doit vraiment pas être facile de voir la situation basculer aussi rapidement, mais en même temps, ça ne veut pas dire que vous avez fait tout ça en vain, a-t-il dit. Pendant des années, vous avez chassé les terroristes d’Al-Qaïda responsables des attentats du 11 septembre. Vous avez permis à des milliers de filles de pouvoir aller à l’école librement et d’être ambitieuses. Vous avez aidé toute une population à se libérer du joug des talibans.»

Il a ajouté que l’intervention en Afghanistan avait permis de réaliser des progrès là-bas. «C’est certain qu’on aurait souhaité des progrès plus durables, mais il reste que vos missions ont apporté beaucoup de positif pendant près de deux décennies. Vous pouvez encore être fiers de ça. Moi, en tout cas, je suis très fier de nos militaires québécois.»

C’est certain qu’on aurait souhaité des progrès plus durables, mais il reste que vos missions ont apporté beaucoup de positif pendant près de deux décennies. Vous pouvez encore être fiers de ça. Moi, en tout cas, je suis très fier de nos militaires québécois.

Le premier ministre s’est aussi dit «choqué par les images de peur et d’angoisse qui nous sont parvenues».

M. Legault dit craindre pour les conditions de vie des femmes afghanes. «Qu’on soit en accord ou pas avec l’intervention occidentale, ça fait froid dans le dos quand on pense à ce qui attend ces petites filles et ces femmes dans les mois à venir», a-t-il souligné.

Il affirme que les malheurs des Afghanes devraient convaincre notre société de défendre l’égalité entre les hommes et les femmes «avec encore plus d’énergie et de fierté».

Avec La Presse Canadienne

Washington promet d’accueillir des milliers de réfugiés afghans supplémentaires

août 2, 2021
Washington promet d'accueillir des milliers de refugies afghans supplementaires
Washington promet d’accueillir des milliers de réfugiés afghans supplémentaires© AFP/HOSHANG HASHIMI

Les Etats-Unis, déjà engagés dans une course contre la montre avant leur retrait d’Afghanistan pour évacuer les Afghans ayant travaillé pour l’armée américaine, tentent d’accueillir des milliers d’autres personnes qui risquent de subir les représailles des talibans mais le processus s’annonce complexe.

« A la lumière de la hausse de la violence de la part des talibans, le gouvernement américain travaille pour fournir à certains Afghans, y compris ceux qui ont travaillé avec les Etats-Unis, l’opportunité de bénéficier des programmes d’admission de réfugiés aux Etats-Unis », a annoncé lundi le département d’Etat dans un communiqué.

Cette décision « étend la possibilité de relocalisation permanente aux Etats-Unis à plusieurs milliers d’Afghans et aux membres de leur famille immédiate qui pourraient être en danger en raison de leur proximité avec les Américains, mais qui ne sont pas éligibles aux visas d’immigration spéciaux » actuellement octroyés à une partie des interprètes, traducteurs et autres auxiliaires afghans de l’armée américaine, a-t-il précisé.

Le président américain Joe Biden a fixé au 31 août la date butoir pour le retrait total des forces américaines d’Afghanistan, juste avant le 20e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 à New York et au Pentagone qui avaient déclenché leur intervention.

Mais les talibans ont lancé une offensive généralisée, faisant craindre qu’ils ne s’emparent du pouvoir au départ des forces étrangères et qu’ils ne se vengent contre les Afghans qui ont travaillé pour ces dernières.

Pour les évacuer, la diplomatie américaine a commencé à leur fournir des visas d’immigration spéciaux. Un premier groupe de 200 personnes est arrivé vendredi aux Etats Unis, sur 2.500 ayant franchi toutes les étapes pour l’obtention de ce visa et qui sont attendues dans les prochaines semaines.

D’autres, dont le processus n’est pas aussi avancé, doivent être mis à l’abri dans des bases américaines à l’étranger le temps d’attendre leur visa.

Mais quelque 20.000 Afghans ayant travaillé pour l’armée américaine ont demandé à être accueillis aux Etats-Unis, selon la Maison Blanche, et leur nombre pourrait s’élever à 100.000 selon certaines estimations si l’on compte les membres de leurs familles. Et tous ne sont pas éligibles à ces visas spéciaux.

12 à 14 mois

D’autres Afghans qui ont travaillé pour des organisations non gouvernementales ou des médias américains sont aussi menacés sans pouvoir obtenir ces visas.

Le gouvernement Biden est donc sous pression, notamment d’élus républicains comme démocrates, pour en faire davantage.

D’où l’idée de les faire bénéficier d’un des programmes d’admission des réfugiés aux Etats-Unis.

Mais ce processus est long et complexe: les candidats au statut de réfugié doivent ainsi être recommandés par leur employeur actuel ou ancien. A l’inverse des demandeurs de visas spéciaux, Washington n’a pas prévu d’évacuer ces futurs réfugiés et ils doivent quitter l’Afghanistan par leurs propres moyens.

Ce n’est qu’une fois qu’ils auront rejoint un pays tiers que leur demande commencera à être examinée, ce qui prend ensuite douze à quatorze mois.

« Nous continuons d’observer la situation sur le terrain et d’examiner toutes les options pour protéger ceux qui ont travaillé avec nous ou pour nous », a seulement dit une responsable de la diplomatie américaine à la presse.

Elle a reconnu « la difficulté pour ces gens de devoir quitter le pays par leurs propres moyens », dans une région où les voisins de l’Afghanistan sont parfois jugés proches des talibans, comme le Pakistan, ou sont des ennemis des Etats-Unis, comme l’Iran.

« Nous discutons avec les pays voisins ainsi qu’avec le HCR (Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés) pour être prêts à un éventuel afflux », a assuré un autre responsable américain. « Dans un endroit comme le Pakistan, il sera important que la frontière reste ouverte », et en Iran, ils pourront s’enregistrer « auprès du HCR », a-t-il ajouté.

Par Le Point avec AFP

Côte d’Ivoire: Mobilisation pour le retour du président Gbagbo, bonne ambiance

juin 16, 2021

Avec Edo Tips

Côte d’Ivoire : pouvoir et opposition se préparent à accueillir Laurent Gbagbo

mai 25, 2021

Acquitté le 31 mars par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l’humanité commis pendant la crise postélectorale de 2010-2011, l’ex-président jouit actuellement de nombreux soutiens favorables à son retour au pays après le feu vert donné par l’actuel chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara. Selon des sources sûres, des discussions sont en cours entre le gouvernement et le Front populaire ivoirien (FPI) pour fixer les modalités et la date à laquelle il regagnera sa terre natale.

Dans le camp de l’ancien président, l’on estime que son arrivée prochaine en terre ivoirienne sera un moment auquel il retrouvera sa vraie dignité, lui qui a été arrêté dans des conditions jugées « inacceptables » et conduit à La Haye, siège de la justice internationale. Ses partisans veulent que le gouvernement ne fasse plus l’économie du temps, mais qu’il réunisse dès maintenant toutes les conditions nécessaires pour permettre à Laurent Gbagbo de rentrer dans son pays sans plus tarder.

« La vraie réconciliation entre Ivoiriens passe aussi et surtout par le retour de Laurent Gbagbo », souligne un citoyen qui requiert l’anonymat. « On veut Gbagbo ! » scandaient récemment ses partisans venus à l’aéroport d’Abidjan accueillir les exilés du FPI. De son côté, le chef de l’opposition, Henri Konan Bédié, souhaite que « le gouvernement prenne toutes les dispositions nécessaires pour favoriser leur retour en Côte d’Ivoire dans les meilleurs délais et dans des conditions sécurisées ».

Pour le ministre ivoirien de la Réconciliation nationale, Bertin Kouadio Konan, la date du retour de l’ancien président, précédée par celle de ses anciens partisans, cadres de son parti, et de sa sœur cadette, Jeannette Koudou, sera connue quand tout sera « prêt » pour l’accueillir, notamment en termes de sécurité. Ceci revient à dire que le gouvernement se prépare à réserver un accueil chaleureux à Laurent Gbagbo et à Charles Blé Goudé, ancien pilier de son régime, acquitté comme lui de crimes contre l’humanité par la justice internationale.

Des gestes d’apaisement se multiplient

Une manière de montrer à l’opinion internationale que l’exécutif ivoirien est prêt à enterrer définitivement la hache de guerre.

A leur retour, Laurent Gbagbo dont le voyage La Haye-Abidjan sera pris en charge par l’Etat, aura droit au traitement réservé aux anciens présidents, selon Alassane Ouattara qui n’a pas mentionné de dispositions particulières concernant Charles Blé Goudé.

Après la réélection de l’actuel chef de l’Etat ivoirien en octobre 2020 pour un troisième mandat controversé lors d’une présidentielle boycottée par l’opposition, ayant donné lieu à une crise électorale qui a fait une centaine de morts et un demi-millier de blessés entre août et novembre,  la tension est retombée. Les élections législatives de mars dernier se sont déroulées dans le calme et avec la participation de l’opposition.

Depuis lors, les gestes d’apaisement se multiplient, dont le retour d’exilés et la libération de prisonniers politiques. C’est le cas d’une figure de la société civile ivoirienne, Pulcherie Gbalet, emprisonnée pendant huit mois pour avoir contesté le troisième mandat d’Alassane Ouattara.

Malgré son acquittement par la CPI, l’ex-président reste sous le coup d’une condamnation en Côte d’Ivoire à 20 ans de prison pour le « braquage » de la Banques centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest commis durant la crise postélectorale. Or, en annonçant début avril qu’il était libre de rentrer dans son pays quand il le souhaitait, le chef de l’Etat ivoirien n’avait pas mentionné cette condamnation de Laurent Gbagbo, mais Amadou Coulibaly, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, laisse toujours entendre qu’elle serait levée.

Eu égard à cette imprécision, de nombreux Ivoiriens veulent que le pouvoir affiche une position sans ambigüité concernant le retour de Laurent Gbagbo au moment où certaines organisations comme le Collectif des victimes de Côte d’Ivoire pendant la crise postélectorale de 2010-2011 qui avait fait quelque 3.000 morts, s’y opposent. 

Avec Adiac-Congo par Nestor N’Gampoula