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Accusé de corruption, le président du Malawi dans la tourmente

juillet 2, 2018

Blantyre (Malawi) – Le président du Malawi, Peter Mutharika, était lundi la cible de vives critiques de l’opposition et de la société civile qui exigent sa démission après la révélation d’une enquête officielle l’accusant de corruption à un an des élections générales.

Ce rapport confidentiel du Bureau anticorruption (ACB) soupçonne M. Mutharika et son Parti démocratique progressiste (DPP) d’avoir touché l’équivalent de 195.000 dollars de pots-de-vin d’une entreprise qui avait remporté un contrat pour la fourniture de rations alimentaires à la police.

Interrogé par l’AFP, le directeur de l’ACB Reyneck Matemba a confirmé l’authenticité du rapport.

« Je peux confirmer que l’ACB a (…) ouvert une enquête et que nous sommes près de la conclure ».

Le porte-parole du chef de l’Etat, Mgeme Kalilani, a démenti catégoriquement toute irrégularité de sa part, affirmant que l’argent qu’il avait perçu était un don fait à son parti. « Le président Peter Mutharika n’a jamais reçu le moindre argent de (l’entreprise contractante) Pioneer Investments », a-t-il assuré à l’AFP. « Tout ce qu’il a fait c’est de signer un chèque au profit de la municipalité de Blantyre en paiement d’un logement offert par la municipalité au parti ».

Ces explications n’ont pas suffi au chef du principal parti d’opposition, qui a exigé lundi la démission du chef de l’Etat.

« Il a échoué à prouver qu’il était un homme d’Etat et qu’il était exemplaire (…) il doit démissionner immédiatement », a plaidé lors d’une conférence de presse Lazarus Chakwera, le patron du Parti du congrès du Malawi (MCP).

« Nous avons perdu toute confiance en lui », a renchéri le responsable d’un groupe d’ONG de la société civile, Gift Trapence, « s’il n’a pas quitté ses fonctions dans deux semaines, nos descendrons dans les rues pour l’y contraindre ».

Elu en 2014, M. Mutharika a été investi lundi par son parti pour briguer un nouveau mandat à la présidentielle de mai 2019.

Mais il est de plus en plus contesté. Des milliers de personnes ont défilé en avril dans plusieurs villes de ce petit pays pauvre d’Afrique australe pour protester contre la corruption, les premières manifestations antirégime depuis 2011.

Elle aussi impliquée dans un scandale financier, la prédécesseure de M. Mutharika, Joyce Banda, a annoncé qu’elle briguerait l’investiture de son parti pour la présidentielle.

Elle est rentrée en mai au Malawi après quatre ans d’exil.

Romandie.com avec(©AFP / 02 juillet 2018 13h57)                                                        

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Washington accuse le Canada de « trahison » après le fiasco du G7

juin 10, 2018

/ © AFP /

Les Etats-Unis ont accusé dimanche le Canada de « trahison » lors du sommet du G7 qui s’est terminé sur un fiasco après la volte-face du président américain Donald Trump contre ses alliés qu’il a menacés de droits de douanes alourdis.

Face à ce brusque revirement, la France a dénoncé l' »incohérence » de la délégation américaine tandis que l’Allemagne a accusé M. Trump de « détruire » la confiance des alliés à coups de tweets.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau, cible des violentes critiques américaines, a pour l’instant choisi de ne pas répondre.

Samedi, dans son avion en direction de Singapour pour son sommet avec Kim Jong Un, Donald Trump a brusquement retiré son soutien au communiqué final du sommet de deux jours à La Malbaie (Québec, est du Canada), malgré le compromis qui avait été forgé de haute lutte sur les questions commerciales quelques heures auparavant.

Le président, un habitué des réactions épidermiques, réagissait à des déclarations de Justin Trudeau. Celui-ci avait répété que les nouvelles taxes douanières américaines sur l’acier et l’aluminium frappant la Canada étaient « insultantes », au regard de l’histoire entre les deux pays. Comme l’Union européenne, il a confirmé des représailles pour juillet.

Auparavant, le Canadien avait salué le consensus trouvé par les sept (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Japon). Un texte qui ne résolvait pas le conflit en cours, mais qui était considéré comme un pas vers la désescalade et le dialogue.

« C’est une trahison, il nous a doublés, pas seulement le président Trump mais aussi les autres membres du G7 », a tonné dimanche sur CNN Larry Kudlow, le principal conseiller économique de Donald Trump, qui a concentré ses attaques sur le dirigeant canadien.

« Il y a un siège réservé en enfer pour tout dirigeant étranger qui s’engage dans une diplomatie de la mauvaise foi avec Donald Trump et tente de le poignarder dans le dos quand il s’en va », a renchéri sur Fox News le conseiller présidentiel pour le commerce, Peter Navarro.

– « Incohérence » et « inconsistance » –

Selon Larry Kudlow, la réaction de Donald Trump était également destinée à ne pas « montrer de faiblesse » avant son sommet avec Kim Jong Un sur la dénucléarisation de la Corée du Nord.

Le président américain a atterri dimanche à Singapour, deux jours avant sa rencontre historique avec le dirigeant nord-coréen.

Le Premier ministre canadien, qualifié par M. Trump de personne « malhonnête et faible », s’est contenté de saluer sur Twitter un accord « historique » qui favorisera, notamment, « la prospérité des citoyens et l’économie ».

« C’est ce qui compte », a-t-il conclu.

Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, a pour sa part accusé M. Trump de « détruire très rapidement une quantité incroyable de confiance dans un tweet », alors que Berlin a apporté son soutien au communiqué commun.

« La coopération internationale ne peut dépendre de colères ou de petits mots », a réagi la présidence française, dénonçant « l’incohérence » et « l’inconsistance » de la délégation américaine.

Le président russe Vladimir Poutine a quant à lui ironisé sur le « babillage inventif » des pays du G7, qu’il a invités à « se tourner vers les sujets concrets relevant d’une vraie coopération ».

A La Malbaie, le G7 a rejeté la proposition de Donald Trump de réintégrer dans le club la Russie, exclue en 2014 en raison de l’annexion de la Crimée, appelant Moscou à cesser de « saper les systèmes démocratiques ».

Surtout, le locataire de la Maison Blanche a renouvelé sa menace de droits de douane accrus sur les voitures européennes et étrangères importées aux Etats-Unis. Un secteur qui pèse bien plus que les deux métaux jusqu’à présent frappés.

– Voitures allemandes –

Les Etats-Unis sont le premier marché étranger pour les marques européennes de voitures.

L’Allemagne est particulièrement inquiète: les automobiles représentent en valeur le quart de ce que le pays exporte vers les Etats-Unis. La part de marché des marques allemandes pour le segment des voitures haut de gamme dépasse même les 40%, selon la fédération automobile allemande (VDA).

Les droits de douane actuels sont effectivement différents entre l’UE et les Etats-Unis. L’Europe taxe les importations de voitures hors-UE, donc américaines, de 10%.

Aux Etats-Unis, les Audi, Volkswagen et autres voitures étrangères sont frappées d’une taxe de 2,5%.

Donald Trump s’est souvent plaint, en privé, de voir trop de Mercedes à New York… mais pas assez de voitures américaines dans les rues européennes.

Pour évaluer l’équité des échanges commerciaux avec ses partenaires, le milliardaire se concentre sur une seule question: tel pays a-t-il un excédent ou un déficit commercial avec les Etats-Unis?

Dans le cas de l’Allemagne, il s’agit d’un excédent.

Emmanuel Macron a fait allusion à cette façon de penser du milliardaire. Le président français a souligné que la France pratiquait le libre-échange avec l’Allemagne, mais qu’elle avait quand même un déficit commercial avec sa voisine.

Romandie.com avec (©AFP / 10 juin 2018 18h20)                  

Ukraine: Kiev accuse Moscou du meurtre d’un journaliste russe

mai 30, 2018

/ © AFP / Sergei SUPINSKY

Les autorités ukrainiennes accusaient mercredi Moscou du meurtre du journaliste et écrivain russe virulent critique du Kremlin, Arkadi Babtchenko, tué par balle à Kiev où il s’était exilé.

Ancien soldat russe engagé dans les guerres de Tchétchénie devenu un reporter de guerre chevronné et respecté, Arkadi Babtchenko, 41 ans, a été abattu en arrivant dans son appartement à Kiev et la police a aussitôt indiqué privilégier la piste d’un crime lié à sa profession.

« Je suis sûr que la machine totalitaire russe n’a pas pardonné son honnêteté », a lancé le Premier ministre ukrainien Volodymyr Groïsman sur sa page Facebook dans la nuit de mardi à mercredi.

Ces propos ont été aussitôt condamnés par le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov: « Arkadi Babtchenko a été tué (…) et déjà le Premier ministre ukrainien affirme que sont responsables les services spéciaux russes (…) C’est très triste ».

Le directeur des services de sécurité russes (FSB), Alexandre Bortnikov, a aussi rejeté les accusations ukrainiennes comme « absurdité » et « provocation ». « On dirait qu’ils délirent », a-t-il déclaré à Interfax.

Le Kremlin a « fermement condamné » le meurtre, qualifié de « tragédie », et dit « espérer une véritable enquête ». L’Ukraine est devenue « un endroit très dangereux » pour les journalistes, qui sont expulsés, emprisonnés ou tués, a dénoncé son porte-parole Dmitri Peskov, appelant à une « réaction très ferme » de la communauté internationale.

Arkadi Babtchenko a été tué par balles mardi soir Kiev où il s’était exilé, se disant menacé après avoir dénoncé le rôle de la Russie dans le conflit dans l’est de l’Ukraine.

Ce meurtre, qui a provoqué un choc dans la profession en Russie et en Ukraine, est le deuxième en moins de deux ans d’un journaliste russe habitant dans la capitale ukrainienne.

Le 20 juillet 2016, le Russo-Bélarusse Pavel Cheremet avait péri dans l’explosion de la bombe placée sous la voiture qu’il conduisait en plein centre de Kiev, une affaire qui n’est toujours pas élucidée.

Si le chef de la diplomatie ukrainienne Pavlo Klimkine a estimé qu’il était « trop tôt pour tirer des conclusions » concernant la mort de Babtchenko, il a relevé « une similarité étonnante dans les méthodes que la Russie utilise pour provoquer une déstabilisation politique ».

Ses homologues suédoise Margot Wallstrom et lituanien Linas Linkevicius ont condamné sur Twitter le meurtre du journaliste appelant à « traduire en justice les responsables » de ce crime.

Arkadi Babtchenko a été retrouvé chez lui dans la périphérie de Kiev, selon le porte-parole de la police nationale Iaroslav Trakalo : « Sa femme était dans la salle de bains, elle a entendu un coup sec. Quand elle est sortie, elle a vu son mari ensanglanté », qui est par la suite « mort dans l’ambulance » le transportant.

– « Ami » de l’Ukraine –

La police a diffusé un photorobot du suspect, un homme d’une quarantaine d’années avec une barbe grise.

Dans la matinée, plusieurs dizaines de journalistes se sont réunis devant l’ambassade russe. D’autres rassemblements sont prévus dans la soirée sur la place centrale de Kiev, ainsi qu’à Moscou.

M. Babtchenko a participé en Russie aux deux guerres en Tchétchénie en tant que soldat avant de devenir un journaliste extrêmement critique vis-à-vis du Kremlin. Il avait raconté les guerres dans cette république russe du Caucase dans un livre édité en France par Gallimard sous le nom de « La couleur de la guerre ».

Avant son départ de Moscou, il a notamment coopéré avec le journal Novaïa Gazeta et la radio Echo de Moscou, deux médias critiques du Kremlin.

Arkadi Babtchenko s’était rendu dans l’est de l’Ukraine, où le conflit entre armée ukrainienne et séparatistes prorusses a fait plus de 10.000 morts en quatre ans. Il avait dénoncé le rôle de la Russie, appuyant la thèse de Kiev et des Occidentaux selon laquelle elle soutient militairement les rebelles, ce que Moscou a toujours démenti.

Le Premier ministre ukrainien a salué la mémoire d' »un vrai ami de l’Ukraine qui racontait au monde la vérité sur l’agression russe ».

Le journaliste avait quitté la Russie en février 2017 en dénonçant une « campagne effroyable » de « harcèlement ». Il a d’abord vécu en République tchèque et en Israël, avant de s’installer à Kiev où il animait depuis un an une émission sur la chaîne de télévision privée ATR.

Il avait à plusieurs reprises dit craindre pour sa vie. « +Si quelqu’un promet de vous tuer, faites-leur confiance+. Moi, je leur fait désormais confiance », avait-il écrit sur Facebook après son départ de Russie.

Outre les journalistes, en mars 2017, un ancien député russe réfugié en Ukraine avait été tué par balle dans le centre de Kiev.

Romandie.com avec (©AFP / 30 mai 2018 14h03)                

États-Unis: Weinstein inculpé pour viol et agression sexuelle à New York

mai 25, 2018

Harvey Weinstein se présente le 25 mai 2018 à un commissariat du sud de Manhattan, à New York / © AFP / Don EMMERT

Le producteur de cinéma déchu Harvey Weinstein, accusé par des dizaines de femmes d’agressions sexuelles, a été inculpé vendredi à New York pour un viol et une agression sexuelle, pour la première fois depuis la publication des allégations contre lui il y a sept mois.

M. Weinstein, 66 ans, en veste bleu marine sur pull bleu et chemise claire, trois livres sous le bras, était arrivé peu avant 07H30 locales (11H30 GMT) au commissariat du sud de Manhattan, non loin de là où il avait un temps des bureaux.

L »ex-producteur, qui a été accusé d’abus sexuels par une centaine de femmes, déclenchant le mouvement #MeToo, en est ressorti une heure et demie plus tard les mains dans le dos, apparemment menotté. Il était encadré par un homme et une femme qui sont entrés avec lui dans une grosse voiture noire, en partance pour le tribunal de Manhattan situé non loin de là, où il devait être présenté à un juge.

Attendu par des dizaines de caméras du monde entier, il n’a fait aucune déclaration.

– Bracelet électronique –

La police new-yorkaise a précisé peu après qu’il avait été inculpé pour un viol et une agression sexuelle sur deux femmes distinctes, sans donner d’autres détails.

Selon plusieurs médias américains, l’accusation d’agression sexuelle émanerait de Lucia Evans, une femme qui a témoigné publiquement dans le passé que Weinstein l’avait forcée en 2004 à lui faire une fellation.

Quant à l’accusation de viol, elle concernerait une femme encore non identifiée dont les allégations n’avaient jusqu’ici pas été rendues publiques, selon certains médias.

Weinstein, qui est représenté par le célèbre avocat new-yorkais Benjamin Brafman, le même qui avait obtenu en 2011 l’abandon des poursuites contre Dominique Strauss-Kahn dans l’affaire du Sofitel, a toujours démenti avoir eu des rapports sexuels « non consentis ».

Après son inculpation, Weinstein devrait être remis en liberté moyennant une caution d’un million de dollars, le port d’un bracelet électronique et la remise de son passeport, aux termes d’un arrangement entre ses avocats et le procureur, selon le New York Times.

Depuis la publication des premières accusations contre le producteur par le New York Times et le New Yorker début octobre 2017, Harvey Weinstein a été accusé par une centaine d’actrices –dont Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow et Asia Argento–, de mannequins et d’ex-employées d’abus sexuels allant du harcèlement au viol.

Au fil des révélations du New York Times et du New Yorker, récompensés par le prix Pulitzer pour leurs enquêtes, il est apparu que Weinstein avait usé de son pouvoir, pendant près de 40 ans, pour obliger de jeunes actrices ou aspirantes actrices à céder à ses fantasmes sexuels, se faisant parfois aider par ses employés et achetant le silence de certaines victimes via des accords de confidentialité.

– « Un pas vers la justice » –

Il s’est aussi avéré que beaucoup de gens étaient au courant de son comportement, mais avaient préféré se taire souvent par peur de voir leur carrière ruinée par le producteur multi-oscarisé, longtemps vénéré pour avoir promu un cinéma original incarné par des réalisateurs comme Quentin Tarantino.

Les révélations ont fait l’effet d’une bombe. Des centaines de femmes, sous le hashtag #MeToo, se sont mis à témoigner sur des agressions sexuelles subies souvent des années plus tôt. Le mouvement a fait chuter des dizaines d’hommes de pouvoir dans des secteurs aussi divers que le cinéma, les médias, la mode, la gastronomie ou la musique.

Jeudi, le célèbre acteur Morgan Freeman est venu s’ajouter à la liste des accusés, huit femmes affirmant qu’il les avait harcelées sexuellement. Il a présenté des excuses.

L’annonce de l’arrestation du producteur, après des mois d’enquête par le procureur de Manhattan accusé de traîner des pieds, a été saluée par plusieurs figures du mouvement #MeToo.

« J’avais un besoin viscéral de le voir menotté », a déclaré vendredi sur la chaîne ABC l’ex-actrice Rose McGowan.

Dès l’annonce de son arrestation la veille, celle qui dit avoir été violée par Weinstein au festival de Sundance en 1997 avait salué son inculpation imminente comme « un pas de plus vers la justice ».

« C’est super cathartique pour beaucoup de victimes », avait aussi réagi jeudi Tarana Burke, fondatrice du #MeToo. « Nous assistons peut-être à un changement dans la façon dont les affaires de violences sexuelles sont traitées ».

Samedi dernier, lors de la clôture du festival de Cannes, l’actrice italienne Asia Argento, devenue une figure de proue du #MeToo, avait dénoncé haut et fort Weinstein, affirmant qu’il l’avait violée lors de l’édition 1997 du festival.

Romandie.com avec(©AFP / 25 mai 2018 15h40)                

RDC: des cadres de l’UDPS accusés de complicité avec la milice Kamuina Nsapu

mai 17, 2018

Bannière annonçant le soutien de Evariste Kalala Kwete à Félix Tshisekedi. © Capture d’écran Facebook.

Maître Evariste Kalala Kwete, un des cadres de l’UDPS, a été arrêté par des hommes en armes dans la nuit du 8 au 9 mai à son domicile de Kinshasa. Comme d’autres membres de ce parti d’opposition, il est accusé d’être lié aux milices « Kamuina Nsapu ». Le président du parti, Félix Tshisekedi, dénonce une « manipulation » des services congolais.

Dans la nuit du 8 au 9 mai, des hommes armés ont débarqué dans la commune de Matete, à Kinshasa. Sans explication, ils ont extirpé les habitants d’une maison située au 531 avenue Lumière. Puis, ils ont amené le fils : Evariste Kalala Kwete, un avocat de 35 ans, cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Depuis, ses proches n’ont plus pu le voir.

Dans un communiqué, l’UDPS a dénoncé l’« enlèvement » et la « détention arbitraire » de cet homme qui faisait partie du collectif d’avocats du parti et a été nommé secrétaire national adjoint aux droits humains. Le communiqué pointe aussi « l’enlèvement » de deux autres membres du parti à Kinshasa : Jacques Ntumba le 16 avril et Paul Sokomay (parfois orthographié Sobolay) le 19 décembre 2016.

« Réseau terroriste »

Contactée par Jeune Afrique, une source à l’Agence nationale de renseignement (ANR) confirme l’arrestation de ces trois hommes et assure qu’ils sont détenus par la direction des renseignements généraux de la police nationale. Selon cette source, les trois hommes seraient « impliqués de manière avérée dans le réseau terroriste Kamuina Nsapu », qui aurait « mené des attaques en série à Kinshasa l’année dernière, notamment à la prison de Makala et au marché central ».

Les milices dites « Kamuina Nsapu », sont nées dans la province du Kasaï-central, suite à un conflit entre un chef coutumier, Jean-Pierre Pandi, et les autorités congolaises. Elles se sont répandues après la mort de Pandi, tué dans une intervention de police en août 2016. Ses membres, convaincus de disposer de pouvoirs mystiques, ont commis de nombreuses exactions et ont été visés par une répression « disproportionnée » des autorités selon l’ONU. Ce conflit a provoqué le déplacement de plus de 900 000 personnes selon le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies.

Ces dernières arrestations surviennent alors que se tient, à la prison militaire de Ndolo, le procès de plusieurs individus accusés d’avoir assassiné l’administratrice du marché central de Kinshasa, Chantal Mboyo. Selon notre source à l’ANR, 36 personnes sont détenues dans cette prison en lien avec des attaques attribuées au « réseau » Kamuina Nsapu à Kinshasa, parmi lesquelles 30 seraient des membres revendiqués de l’UDPS.

« Agents doubles »

Pour le président de l’UDPS, Félix Tshisekedi, cette affaire est une « manipulation des services », visant à assimiler les militants de son parti à ces miliciens.

« Je connais très bien Evariste Kalala Kwete. C’est un jeune intellectuel, brillant et talentueux, que j’étais en train de faire émerger au sein du parti. C’est pour cela qu’on s’en prend à lui, affirme-t-il à Jeune Afrique. Je peux affirmer qu’il ne partageait aucune des croyances mystiques de ces groupes ».

Selon Félix Tshisekedi, les services congolais se servent des origines géographiques commune des Kamuina Nsapu et de nombreux militants de l’UDPS – l’ex-province du Kasaï-occidental – pour faire croire à leur collusion.

S’il ne nie pas que « certains jeunes désespérés » originaires de cette région aient pu être séduits par le discours et les croyances des miliciens, il affirme tout faire pour les empêcher de les rejoindre. « Les services disposent d’agents doubles, qui se font passer pour des chefs de miliciens et tentent de recruter des militants de l’UDPS pour nous discréditer », accuse-t-il.

Jeuneafrique.com par Pierre Boisselet

Arrestation d’une actrice américaine accusée de trafic sexuel

avril 21, 2018

Washington – Une actrice de la série télévisée américaine « Smallville » a été arrêtée aux Etats-Unis, accusée de trafic sexuel pour avoir recruté des femmes dans une secte où elles étaient ensuite forcées à avoir des relations sexuelles avec son gourou.

Allison Mack, 35 ans, a été arrêtée vendredi, a indiqué le procureur fédéral de New York Richard Donoghue dans un communiqué du ministère de la Justice.

Les femmes recrutées étaient contraintes à avoir des relations sexuelles avec le gourou de cette secte réservée aux femmes, a-t-il précisé. Keith Raniere, à la tête de cette organisation, avait été interpellé fin mars au Mexique et extradé vers les Etats-Unis.

Les victimes étaient « exploitées, à la fois sexuellement et pour leur travail, au bénéfice des accusés », a expliqué le procureur fédéral.

Keith Raniere a fondé en 1998 une organisation baptisée Executive Success Program (ESP), qui tenait des séries d’ateliers dont le but officiel était de « réaliser le potentiel humain » des participants.

En 2003, il a créé une deuxième entité, baptisée Nxivm (prononcer Nexium), qui chapeautait ESP, selon la plainte déposée mi-février par le ministère public devant un tribunal fédéral de Brooklyn.

Selon ce document, les participants aux sessions de formation acceptaient de payer jusqu’à 5.000 dollars par ateliers de 5 jours et se retrouvaient, le plus souvent, endettés au point de devoir travailler pour Nxivm pour les rembourser.

Basé à Albany, capitale de l’Etat de New York, l’organisation a ouvert des centres dans plusieurs villes des Etats-Unis, du Canada, du Mexique et d’autres pays d’Amérique centrale.

En 2015, le gourou présumé aurait créé une organisation parallèle pyramidale, baptisée DOS, qui comprenait des « esclaves » et des « maîtres ». Tous les membres étaient des femmes avec, au sommet de la pyramide, Keith Raniere lui-même.

Avant d’être acceptées comme esclaves, les femmes devaient fournir des « garanties », c’est-à-dire divers éléments compromettants pour elles-mêmes, photos, lettres ou documents, que l’organisation se réservait le droit de rendre publics si elles quittaient DOS.

L’une des missions des « esclaves » était d’avoir des rapports sexuels avec Keith Raniere. Ces femmes étaient en outre marquées des initiales du gourou à l’aide d’un stylo à cautériser, qui brûlait les chairs. La victime était maintenue immobile par d’autres femmes et chaque séance était filmée.

Après la défection de plusieurs membres et la publication d’un long article dans le New York Times, en octobre dernier, le gourou présumé s’était enfui au Mexique. Il est poursuivi pour trafic sexuel, association de malfaiteurs et menaces.

Au cours des 20 dernières années, « Raniere a établi une série de programmes prétendument destinés à l’entraide au sein de son organisation-mère appelée Nxivm », assure le communiqué du ministère de la Justice.

Allison Mack est accusée d’avoir créé avec le gourou présumé l’un de ces programmes, destiné à recruter des femmes. Selon le procureur de New York, elle était au premier niveau de la pyramide, juste en-dessous de Raniere.

L’actrice tenait le rôle de Chloe Sullivan dans « Smallville », série télévisée qui a duré 10 saisons racontant l’enfance de Superman dans cette petite ville du Kansas où il est élevé par une famille de fermiers.

Elle a également joué dans le film d’animation « Lucas, fourmi malgré lui » (2006) et « Chérie, nous avons été rétrécis » (1996).

Romandie.com avec(©AFP / 21 avril 2018 16h05)                                            

GB: démission du président de l’ONG Save The Children

avril 19, 2018

Londres – Le président de l’ONG britannique Save The Children, Alan Parker, a annoncé jeudi sa démission, invoquant un « besoin de changement » pour l’organisation, deux mois après un scandale de comportements sexuels inappropriés qui a largement ébranlé le secteur humanitaire.

Déclenché par des révélations visant l’ONG Oxfam, ce scandale avait également touché l’organisation Save The Children: deux anciens membres, Brendan Cox et l’ex-directeur général Justin Forsyth, avaient fait l’objet d’accusations pour comportements déplacés envers des collègues féminines.

« Étant donnée la combinaison complexe de défis auxquels notre organisation et le secteur font face, je pense qu’un changement est nécessaire », a écrit Alan Parker dans sa lettre de démission publiée par l’ONG.

Le mandat d’Alan Parker, qui a passé dix ans au sein de l’organisation, devait se terminer en décembre prochain. Il a salué le travail effectué par l’ONG, qui, pendant cette période, « a aidé plus d’enfant qu’à n’importe quel autre moment de son histoire ».

Il a également mentionné les « comportements inacceptables » au sein de la branche britannique de l’ONG, citant les cas de Brendan Cox et de Justin Forsyth, « maintenant soumis à un examen approfondi » par la Commission caritative, l’institution britannique qui contrôle les organisations humanitaires.

« Il s’agit d’une enquête importante, et je travaillerai avec eux (les membres de la commission) pour les aider de tout mon possible », a-t-il souligné. « Il existe un besoin urgent de rétablir la confiance » dans le secteur.

Selon un rapport interne de l’ONG rédigé en 2015, la relation « très proche » entre Alan Parker et Justin Forsyth, qui avait quitté l’organisation en 2016, pourrait avoir eu une incidence sur la façon dont l’organisation à répondu aux plaintes.

Le 22 février, Justin Forsyth avait démissionné de son poste de numéro deux de l’Unicef suite aux accusations de comportement inapproprié formulées par trois employées de Save the Children.

Il avait expliqué sa démarche par la volonté de ne pas causer un « préjudice à l’Unicef comme à Save The Children », tout en estimant que les « erreurs commises » avaient été « traitées » plusieurs années auparavant.

Save The Children avait aussi été accusée d’avoir laissé partir sans sanction Brendan Cox – par ailleurs mari de la députée britannique assassinée en 2016 Jo Cox – alors qu’il lui était reproché un comportement sexuel déplacé.

La directrice général de l’ONG, Helle Thorning-Schmidt, a remercié Alan Parker pour son travail « sans relâche », qui a selon elle permis à l’ONG d’être présente dans « plus de 120 pays » et d’agir pour « 50 millions d’enfants chaque année ».

Romandie.com avec(©AFP / 19 avril 2018 20h20)                                            

Madagascar: l’opposition accuse le gouvernement de censure

avril 14, 2018

Antananarivo – L’opposition malgache a finalement débattu samedi au cours d’une émission sur des lois électorales controversées, après avoir dénoncé une tentative de censure à la suite d’une interruption provisoire de diffusion des chaînes de télévision privées qui devaient retransmettre le débat.

« Les télés Viva, Kolo et TV plus ont été coupées volontairement au moment où un débat est prévu entre les journalistes des trois chaînes et les députés ce soir », avait affirmé dans la journée le député Paul Bert Rahasimanana sur son compte Facebook.

Ces trois chaînes, diffusées par satellite sur l’ensemble du territoire de la Grande Ile par Canal Plus Madagascar, affichaient un écran noir en début d’après-midi.

Dans un communiqué, Canal Plus Madagascar a expliqué qu’un incident technique chez l’un de ses prestataires à Paris avait entraîné la coupure de la diffusion de l’ensemble des chaînes de télévision malgaches sur ses bouquets.

La société a finalement annoncé dans la soirée avoir rétabli le signal, permettant la diffusion de l’émission.

« Alerte à la censure ! », s’était indigné plus tôt M. Rahasimanana, un membre du Mapar, le parti de l’ancien président Andry Rajoelina. « Exigez le rétablissement des programmes ! », avait-il lancé.

L’opposition accuse le régime du président Hery Rajaonarimampianina de vouloir la museler, à quelques mois des élections générales prévues pour la toute fin de l’année.
Les députés de l’opposition dénoncent notamment la récente adoption de lois électorales qui, selon elles, favorisent le camp du pouvoir.

Au cours d’un débat très tendu à l’Assemblée, ils ont accusé le gouvernement d’avoir acheté certains élus pour les faire voter.

C’est de ces lois que des élus ont débattu samedi soir sur les télévision privées, faute d’accès, selon eux, aux médias publics.

Les chaînes de télévision privées ne sont accessibles sur tout le territoire de Madagascar que via satellite. Elles ne le sont par ondes hertziennes que dans la capitale, Antananarivo.

Elu en 2013, le président sortant Rajaonarimampianina n’a pas encore annoncé s’il allait briguer un second mandat.

En revanche, deux anciens chefs de l’Etat ont déjà laissé entendre qu’ils se présenteraient : Marc Ravalomanana, président de 2002 à 2009, et Andry Rajoelina, au pouvoir de 2009 à 2014. Tous les deux avaient été interdits de candidature en 2013.
M. Ravalomanana avait été renversé en 2009 après une mutinerie de l’armée qui avait permis à M. Rajoelina, alors maire d’Antananarivo, de devenir président non élu d’une transition jusqu’en 2014.

Romandie.com avec(©AFP / 14 avril 2018 20h35)                                            

Une adolescente palestinienne détenue par Israël maltraitée, accuse sa famille

avril 9, 2018

Bassem Tamimi, le père de l’adolescente palestinienne détenue par Israël Ahed Tamimi, tient une conférence de presse à Ramallah en Cisjordanie occupée, après avoir montré une vidéo d’un interrogatoire de sa fille, le 9 avril 2018 / © AFP / ABBAS MOMANI

La famille d’une adolescente palestinienne détenue pour avoir frappé deux soldats israéliens en Cisjordanie occupée a accusé lundi les interrogateurs israéliens, vidéo à l’appui, de l’avoir agressée verbalement et psychologiquement.

Ahed Tamimi avait attiré l’attention internationale avec la diffusion en décembre d’une vidéo la montrant frappant près de sa maison en Cisjordanie des soldats israéliens impassibles.

Elle a été arrêtée et condamnée à huit mois de prison par un tribunal militaire israélien aux termes d’un accord de « plaider coupable » conclu entre le procureur et la défense. Elle doit être libérée cet été.

S’appuyant sur une loi israélienne leur permettant d’avoir accès à une partie du dossier d’un mineur, les avocats de la jeune fille ont réussi à se procurer une vidéo de deux heures, où Ahed Tamimi âgée de 16 ans à l’époque, est interrogée sans la présence d’un avocat ou d’un membre de sa famille.

Elle refuse à plusieurs reprises de donner son nom et de répondre aux questions des deux interrogateurs.

« Les séances d’interrogatoires ont eu lieu après différents types de pressions physiques et psychologiques », a accusé son père, Bassem Tamimi, lors d’une conférence de presse à Ramallah.

Selon lui, sa fille a été maintenue en isolement et changée de cellule régulièrement.

« Elle a été privée de sommeil pour une longue période et subi son dernier interrogatoire alors qu’elle n’avait pas dormi depuis 34 heures », a ajouté M. Tamimi.

Les avocats de la jeune fille ont affirmé avoir rendu publique cette vidéo pour montrer comment se passe les interrogatoires de mineurs dans les prisons israéliennes.

« Il s’agit de réaffirmer le message d’Ahed, le message de sa génération selon lequel nous ne sommes pas des victimes, nous sommes de combattants pour la cause (palestinienne), pour la liberté », a affirmé le père.

L’armée israélienne a indiqué récemment avoir reçu par l’intermédiaire du ministère de la Justice une plainte déposée par un avocat d’Ahed Tamimi sur des « allégations concernant la conduite inappropriée d’un officier » israélien.

« Ces plaintes sont examinées avec soin », a assuré l’armée.

L’affaire Tamimi a trouvé un large écho chez les Palestiniens comme les Israéliens. Les premiers louent en Ahed Tamimi un exemple de courage face aux abus israéliens dans les territoires palestiniens occupés par l’Etat hébreu.

Nombre d’Israéliens ont ressenti une vive amertume devant ce qui a été fortement perçu comme une humiliation pour leurs soldats qui n’ont pas répliqué.

Le bureau du Haut Commissaire de l’ONU pour les droits de l’Homme et l’Union européenne ont exprimé leur préoccupation devant le cas Tamimi.

Environ 350 enfants palestiniens sont détenus par Israël, selon Amnesty International.

Romandie.com avec(©AFP / 09 avril 2018 16h23)                

Israël accusé d’une frappe en Syrie, pressions accrues après une « attaque chimique »

avril 9, 2018

Frappes de missiles en Syrie / © AFP / Gal ROMA

Le régime syrien et son allié russe ont accusé Israël d’avoir mené lundi des frappes contre une base militaire en Syrie, où une attaque chimique présumée contre une ville rebelle a provoqué de nouveaux appels à une riposte.

Paris et Washington ont menacé le régime syrien de Bachar al-Assad d’une « réponse forte » après avoir confirmé « l’utilisation d’armes chimiques » samedi dans la ville de Douma près de Damas. Mais ils ont démenti avoir mené les frappes contre la base militaire T-4 dans le centre de la Syrie en guerre.

Deux réunions sont prévues plus tard dans la journée au Conseil de sécurité de l’ONU à New York sur l’attaque chimique imputée au régime, et qui a tué, selon des secouristes, près de 50 personnes.

Dans ce contexte tendu, quand des missiles se sont abattus sur l’aéroport militaire T-4, connu sous le nom de Tiyas, dans la province de Homs, l’agence de presse officielle syrienne Sana a d’abord pointé du doigt les Etats-Unis, avant de se rétracter et de désigner Israël.

« L’agression israélienne sur l’aéroport du T-4 a été menée par des avions F-15 qui ont lancé plusieurs missiles », a précisé une source militaire citée par Sana.

La Russie, qui aide militairement le régime syrien face aux rebelles et jihadistes, a elle aussi accusé Israël, le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov dénonçant un « développement très dangereux ».

En Israël, l’armée a décliné tout commentaire, alors que l’Etat hébreu a mené de nombreux raids contre des cibles en Syrie ces dernières années.

– Ennemis d’Israël –

Israël et la Syrie sont officiellement en état de guerre. Les relations sont d’autant plus tendues que trois ennemis d’Israël opèrent sur le théâtre syrien: le régime lui-même, l’Iran et le Hezbollah libanais pro-iranien, deux autres alliés de M. Assad.

Au moins 14 combattants, dont trois officiers syriens et des Iraniens, ont péri par la frappe sur l’aéroport T-4, qui selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), accueille des forces russes et iraniennes.

En février, Israël a visé cette même cible en affirmant qu’un drone avait été envoyé par l’Iran sur son territoire depuis cet aéroport présenté comme une « base iranienne ».

Dimanche, les Etats-Unis et la France ont fait planer la menace d’une frappe en Syrie, après des affirmations de secouristes, non vérifiées de source indépendante, sur une attaque présumée aux « gaz toxiques » à Douma, dernière poche rebelle près de Damas que le régime cherche à reprendre pour parachever sa reconquête de la Ghouta orientale.

M. Trump a ainsi averti le régime et ses alliés, dont la Russie, qu’ils pourraient « payer le prix fort », et a qualifié M. Assad « d’animal ».

Le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson a lui aussi appelé à une « réponse internationale forte », lors d’une conversation téléphonique avec son homologue français, Jean-Yves Le Drian.

Selon M. Jonhson, l’une des réunions de l’ONU « constituera une étape importante dans la détermination de la réponse internationale ».

– Enquête internationale –

Il y a un an, M. Trump avait fait bombarder une base militaire syrienne, en représailles à une attaque au gaz sarin imputée au régime, qui avait tué en avril 2017 plus de 80 civils à Khan Cheikhoun (nord-ouest).

Le pouvoir d’Assad a toujours nié sa responsabilité dans les nombreuses attaques chimiques qui lui ont été attribuées durant la guerre.

Il a aussi démenti celle à Douma. L’allié russe a lui dit que des « spécialistes militaires » n’avaient trouvé sur place « aucune trace de chlore ou d’une quelconque substance chimique ».

Mais l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a annoncé l’ouverture d’une enquête « pour établir si des armes chimiques ont été utilisées ».

L’OSDH a indiqué ne pas être en mesure de confirmer cette attaque chimique.

Selon les Casques Blancs et l’ONG médicale Syrian American Medical Society, 48 personnes ont péri dans l’attaque à Douma et des centaines ont souffert de « difficultés respiratoires ».

Une vidéo postée par les secouristes et présentée comme tournée après l’attaque présumée montre un enchevêtrement de corps sans vie, dont ceux de femmes et d’enfants, allongés à même le sol, de la mousse blanche s’échappant de leur bouche.

Grâce à l’appui militaire crucial de Moscou, le pouvoir syrien a réussi à reprendre plus de la moitié du territoire, au prix d’une guerre dévastatrice qui a fait plus de 350.000 morts depuis mars 2011.

Fort de ce même soutien, le régime a finalement fait plier le dernier groupe rebelle présent à Douma, l’obligeant à commencer à évacuer la cité. Des semaines durant, en février et mars, l’enclave rebelle dans la Ghouta orientale a été la cible de bombardements intenses qui ont tué selon l’OSDH plus de 1.700 civils.

Romandie.com avec(©AFP / 09 avril 2018 13h28)