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Mali : Amadou Koufa accuse l’armée et Wagner d’avoir tué des « centaines d’innocents » à Moura

juin 24, 2022

Dans une vidéo de propagande, le chef de la katiba Macina, affiliée à Al-Qaïda, donne sa version des faits sur l’opération militaire qui a endeuillé ce village du centre, fin mars.

Amadou Koufa. © DR

La vidéo, qui dure à peine plus de deux minutes, a été diffusée le 23 juin au soir sur les réseaux sociaux par Al-Zallaqa, l’organe de propagande du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). Amadou Koufa y apparaît face caméra, en chèche noir et boubou blanc, et s’exprime posément en arabe classique.

L’émir de la katiba Macina, affiliée au GSIM d’Iyad Ag Ghaly, y donne sa version des faits sur l’opération menée du 27 mars au 1er avril par l’armée malienne et les mercenaires de Wagner à Moura, dans le centre du Mali.

Cinq jours de massacre

Durant ces cinq jours, les Forces armées maliennes (Fama) et leurs supplétifs de la société militaire privée russe ont investi ce village de la zone dite inondée et sous contrôle de la katiba Macina depuis plusieurs années. Une opération « d’opportunité aéroterrestre de grande envergure » selon les autorités maliennes, qui aurait permis la neutralisation de 203 « combattants de groupes armés terroristes ». Un « massacre », selon de nombreuses sources locales et indépendantes, au cours duquel 300 à 400 civils auraient été tués par les Fama et leurs alliés.À LIREMali – massacre de Moura : « Toute la nuit, ils ont pris des gens et les ont tués »

Face à la caméra, Koufa accuse nommément « l’armée malienne et Wagner », lesquels auraient bénéficié de la complicité de « mécréants rivaux des habitants de Moura ». Il affirme aussi, comme l’ont indiqué à l’époque plusieurs sources concordantes, que certains de ces combattants étaient bien présents à la foire de Moura quand l’opération a été déclenchée.

CES GENS N’ÉTAIENT PAS TOUS DES MOUDJAHIDINES. IL N’Y EN AVAIT QU’UNE TRENTAINE PARMI EUX

« Quand ils ont attaqué au marché, les moudjahidines qui étaient sur place ont défendu leur frères musulmans, poursuit-il. Ils ont tué des centaines d’innocents isolés et fait prisonniers des dizaines de malheureux. Ces gens n’étaient pas, comme ils le prétendent dans leurs médias mensongers, tous des moudjahidines. Il n’y en avait qu’une trentaine parmi eux. »

D’après Koufa, ses hommes ont ensuite « riposté aux opérations de recherche et de ratissage de l’armée malienne et de Wagner ». Il affirme également qu’ils leur auraient infligé de « lourdes pertes » et qu’ils auraient « récupéré des armements ».

France: Un dirigeant de Havas mis à pied après une accusation d’« agression sexuelle »

mai 17, 2022

Christophe Coffre était visé depuis plusieurs semaines par une série de témoignages anonymes publiés sur le compte Instagram « Balance ton Agency ».

Havas est une filiale du groupe Vivendi.
Havas est une filiale du groupe Vivendi.© PATRICK HERTZOG, PATRICK HERTZOG / AFP

Selon un e-mail interne consulté par l’Agence France-Presse, le directeur de la création de l’agence de communication Havas Paris, a été mis à pied mardi après la publication d’une accusation évoquant une agression sexuelle. Christophe Coffre était visé depuis plusieurs semaines par une série de témoignages anonymes publiés sur le compte Instagram « Balance ton Agency » (BTA) qui dénoncent des faits de harcèlement. Il s’était mis début mai « en retrait », ainsi que le PDG de l’agence Julien Carette, le temps d’un audit par un cabinet extérieur.

Dans ce message adressé mardi après-midi aux collaborateurs de l’agence, la direction du groupe Havas indique avoir « décidé sa mise à pied conservatoire, avec effet immédiat », après avoir pris connaissance « d’une allégation d’agression sexuelle » le concernant. « Le groupe précise n’avoir jamais eu connaissance, à quelque moment que ce soit, de faits d’une telle nature » auparavant, et les avoir « immédiatement signalés au cabinet ASW mandaté le 4 mai dernier », selon ce document.

Selon ce nouveau témoignage publié lundi, une ancienne « créative » raconte « avoir repoussé pendant plusieurs années le harcèlement sexuel, moral et les assauts violents » du dirigeant, « au point que nous nous sommes battus physiquement » dans son bureau. « Il m’a menacé de détruire ma carrière naissante et que je ne pourrais jamais plus travailler dans ce milieu si je ne cédais pas », poursuit-elle.

Vague MeToo

Rattrapée par la vague MeToo, la célèbre agence Havas Paris avait confirmé début mai la mise « en retrait » de leurs fonctions de ses deux coprésidents, qui continuaient toutefois de travailler pour leurs clients. La mise à pied de Christophe Coffre signifie cette fois la suspension du contrat de travail et de la rémunération. Contactés, l’agence Havas Paris et le groupe Havas n’ont fait aucun commentaire.

Par Le Point avec AFP

Congo: Exposé sur les réseaux sociaux, le policier 349 accuse ses collègues de traîtres

janvier 30, 2022

Au rond point de flamand à Pointe-Noire, le policier 349 chargé de réguler le trafic routier est connu par tous les chauffeurs comme un arnaqueur de leurs 2000 frs. Ce policier 349 qui serait membre d’une tontine des agents qui a vu ses photos publiées sur les réseaux sociaux accompagnés des commentaires dégradants soupçonne ses collègues de l’en vouloir. Il gagnerait beaucoup d’argent plus qu’eux.

Sur les réseaux sociaux, les photos d’un policer exerçant au rond point Flamand près du contre -rails ont été publiées suivies des commentaires dégradants. Il est présenté comme voleur des chauffeurs des bus et taxi qui passent par là. A chaque demande des papiers du véhicule, le chauffeur doit préparer la somme de 2000 frs quand il est fautif.

En réalité, c’est la vie de tous les policiers routiers du Congo depuis que les valeurs ont quitté la société. Ils se sont constitués en une tontine où chacun doit verser une somme déterminée journalière et leur banque semble être les automobilistes.

« Pointe-Noire : Ce policier voleur (Matricule 349). Il traumatise les usagers de la route pour obtenir une maudite somme de 2000Frs . Ces pratiques doivent cesser . Sa hiérarchie est au courant, il reverse 50% de la recette à sa hiérarchie.. » est le message qui accompagnait la publication sur une page très célèbre.

Face aux réactions des internautes dont la majorité condamne le comportement de la police, les amis du dit agent n’ont pas manqué de le taquiner sur sa célébrité. Une célébrité que l’agent 349 juge très mauvaise pour sa réputation. Ses propres enfants auraient vu la publication bien qu’ils savent que leur père était un malhonnête.

« Pratique largement cautionnée par la hiérarchie au point de fixer des objectifs de verbalisation aux agents de la police routière. La conséquence directe est la création des motifs fallacieux de verbalisation par les policiers pour atteindre l’objectif journalier. Mais ces agents de la route ne sont pas à plaindre comme des victimes car ils bénéficient de la tontine qui est reversée à tour de rôle »a réagi un internaute.

Avec Sacer-infos par Stany Frank

Canada: L’homme soupçonné de migration clandestine au Manitoba lié à d’autres affaires

janvier 21, 2022
Gros plan sur le visage de Steve Shand.

Steve Shand est accusé de migration clandestine après que sept personnes ont été arrêtées au sud de la frontière américaine mercredi. Quatre autres personnes, dont on croit qu’elles faisaient partie du groupe, ont été retrouvées mortes dans un champ au Manitoba. Photo : Grand Forks Country Correctional Centre

Steve Shand, 47 ans, originaire de Floride, arrêté après la découverte mercredi de clandestins morts de froid près de la frontière entre le Manitoba et les États-Unis, pourrait être lié à d’autres migrations clandestines, selon les forces de l’ordre.

Avant la découverte des corps, une camionnette transportant 15 personnes, dont 2 clandestins, a été interceptée par des agents de la patrouille frontalière américaine, à environ 1 kilomètre au sud de la frontière canado-américaine, selon un communiqué du bureau du procureur américain du Minnesota.

Le véhicule était conduit par Steve Shand.

Selon les documents judiciaires déposés jeudi auprès d’un tribunal du Minnesota, l’homme pourrait être impliqué dans trois autres cas récents de migration clandestine. Ces papiers montrent également qu’il a déposé une demande de faillite en 2018.

Steve Shand transportait deux ressortissants indiens sans-papiers dans la camionnette lorsqu’il a été arrêté.

Cinq autres ont également été arrêtés à peu près au même moment, tout près de l’endroit où Steve Shand a été arrêté, selon une déclaration sous serment de John Stanley, agent spécial de la sécurité intérieure.

Les forces de l’ordre pensent que ces sept personnes feraient partie d’un même groupe qui aurait été séparé durant leur périple à pied.

De précédents voyages?

L’agent spécial raconte qu’un membre de la patrouille frontalière a fait mention de trois autres incidents récents de migration clandestine, les 12 et 22 décembre 2021 et le 12 janvier 2022, à l’endroit où Dave Shand a été arrêté.

Le 12 janvier, il avait repéré des empreintes de bottes de trois personnes dans la neige. Les empreintes ont été faites par les mêmes bottes en caoutchouc que celles portées par les personnes arrêtées mercredi, selon le document du tribunal.

On sait peu de choses sur les ressortissants indiens placés en détention aux États-Unis lors de l’arrestation du suspect mercredi. Le document judiciaire indique qu’ils parlent peu ou pas l’anglais, mais qu’ils parlent couramment le gujarati, une langue parlée dans l’ouest de l’Inde.

Les membres du groupe de cinq personnes ont déclaré aux autorités qu’ils avaient traversé la frontière à pied en s’attendant à être pris en charge par quelqu’un. Ils estiment qu’ils ont marché pendant plus de 11 heures.

Selon la déclaration sous serment, l’un d’entre eux avait payé une somme d’argent importante pour entrer au Canada depuis l’Inde avec un visa d’étudiant frauduleux et prévoyait d’entrer aux États-Unis.

Un homme et une femme de ce groupe souffrent de graves blessures dues au froid. Ils ont tous deux été emmenés à l’hôpital pour y être traités pour des gelures présumées. L’homme a pu sortir depuis, mais la femme a été transportée par avion vers un hôpital plus important et devra probablement subir une amputation partielle d’une main, selon les documents judiciaires.

Elle a cessé de respirer à plusieurs reprises pendant son transport par la patrouille frontalière.

Le groupe de cinq personnes portait exactement les mêmes vêtements, selon John Stanley, de nouveaux manteaux d’hiver noirs avec des capuchons bordés de fourrure, des gants noirs, des cagoules noires et des bottes isolantes en caoutchouc.

Les deux personnes qui se trouvaient dans la camionnette avec le suspect portaient des vêtements similaires, mais qui n’étaient pas identiques aux autres.

Steve Shand était également en possession d’un ensemble de gants noirs et d’une cagoule noire correspondant à ceux que portaient les autres.

Les corps de quatre autres personnes, dont un nourrisson et un adolescent, ont été retrouvés près d’Emerson, au Manitoba. Les forces de l’ordre pensent qu’il s’agit d’une famille qui serait morte de froid pendant le voyage.Un champ au sud du Manitoba le 20 janvier 2022.

Un champ près d’Emerson, au Manitoba, à environ 2 kilomètres de l’endroit où les corps ont été retrouvés. Photo: Radio-Canada/ Trevelor Lyons

Une communauté attristée

Les membres de la communauté indienne du Manitoba sont profondément touchés par la mort des quatre personnes retrouvées mercredi, qui seraient des membres de la même famille.

Ramandeep Grewal, de l’Association indienne du Manitoba, dit qu’il a été frappé par l’émotion dès qu’il a appris leur mort.

C’est incroyable, personne ne mérite cela. L’enfant en bas âge et l’adolescent de cette famille, ils avaient la vie devant eux, déplore Ramandeep Grewal.

Selon lui, les personnes qui ont traversé la frontière devaient être vraiment désespérées pour risquer un voyage aussi dangereux vers les États-Unis.

Il souhaite transmettre un message aux personnes qui envisagent de traverser la frontière.

« Les membres de la communauté doivent suivre uniquement les voies légales pour venir et rester vivre dans n’importe quel pays. Les voies illégales peuvent être fatales. »— Une citation de  Ramandeep Grewal, de l’Association indienne du Manitoba.

Radio-Canada avec les informations de Rachel Bergen et Caroline Barghout

France: Le Pen accuse Zemmour de servir de « marchepied » à Pécresse pour le second tour

janvier 12, 2022
Le Pen accuse Zemmour de servir de « marchepied » à Pécresse pour le second tour© AFP/Archives/Pascal GUYOT

Marine Le Pen a accusé mercredi son rival à l’extrême droite Eric Zemmour de servir de « marchepied » à la candidate de la droite Valérie Pécresse pour le second tour de la présidentielle, avant que celui-ci ne taxe Mme Le Pen « d’Arlette Laguiller de la droite nationale » avec une « candidature de routine ».

« Est-ce qu'(Eric Zemmour) a l’ambition d’être au second tour, ce que je ne crois pas, ou est-ce qu’en réalité il sert de marchepied pour permettre à Valérie Pécresse d’être au second tour à la place de Marine Le Pen ? », a interrogé la candidate du Rassemblement national sur BFMTV et RMC.

« Si Eric Zemmour est là pour faire gagner Valérie Pécresse, alors il faut qu’il l’admette. Valérie Pécresse, c’est son actionnaire majoritaire », a ajouté Mme Le Pen, qui avait dit dimanche préférer « débattre avec le patron (Valérie Pécresse), plutôt qu’avec les sous-fifres » comme Eric Zemmour.

« Il y a une problématique de sincérité derrière cette candidature » d’Eric Zemmour, selon la candidate RN, en référence à des propos tenus par son concurrent sur C8 le 16 décembre, à propos des 500 parrainages nécessaires à une candidature à la présidentielle.

Eric Zemmour avait estimé que « si les LR font cette bêtise tactique » d’empêcher leurs élus de le parrainer, « Mme Le Pen sera à 25 % et Mme Pécresse ne sera pas au second tour ».

Les LR devraient-ils encourager les parrainages en sa faveur ? « S’ils (Les Républicains) étaient malins tactiquement, c’est ce qu’ils feraient », avait ajouté l’ancien éditorialiste.

Depuis, Marine Le Pen accuse la candidate LR de laisser des élus LR parrainer Eric Zemmour pour diviser l’extrême droite.

Eric Zemmour a vertement répondu à Mme Le Pen mercredi soir sur BFM. « Peut-être que Madame Le Pen a l’habitude de ce genre de combines politiciennes, moi, c’est pas mon truc », a-t-il souligné.

« Je n’ai pas vraiment de leçons à recevoir de Madame Le Pen. C’est quand même à cause d’elle et de son débat calamiteux que nous avons eu cinq ans d’Emmanuel Macron. C’était déjà d’ailleurs à cause d’elle, parce qu’elle avait refusé d’appeler à voter pour Nicolas Sarkozy, qu’on avait eu François Hollande », a ajouté le candidat Reconquête !.

« Marine Le Pen ne m’intéresse pas beaucoup, c’est une candidature de routine. Elle était là la dernière fois, elle était là l’avant-dernière fois, elle sera là la prochaine fois », a-t-il poursuivi.

« J’ai une pensée émue pour les électeurs du Rassemblement national. Est-ce qu’ils sont prêts à perdre avec Marine Le Pen en 2032 ? C’est un peu notre Arlette Laguiller de la droite nationale », a-t-il lancé, dans un parallèle avec l’ancienne porte-parole de Lutte ouvrière à l’extrême gauche, six fois candidate à l’élection présidentielle de 1974 à celle de 2007, un record.

Du côté de Valérie Pécresse, son directeur de la communication Geoffroy Didier a affirmé dimanche que les maires LR qui donneraient leur parrainage à Eric Zemmour « s’excluraient d’eux-mêmes » du parti mais qu’ils restaient « libres de leurs choix » et qu' »aucune consigne n’est donnée » par LR.

Par Le Point avec AFP

France-Présidentielle: Le Pen accuse Macron d’être « un pyromane », Zemmour le trouve « puéril » et « cynique »

janvier 7, 2022
Presidentielle: Le Pen accuse Macron d'etre "un pyromane", Zemmour le trouve "pueril" et "cynique"
Présidentielle: Le Pen accuse Macron d’être « un pyromane », Zemmour le trouve « puéril » et « cynique »© AFP/Archives/Bertrand GUAY

La candidate RN à l’élection présidentielle Marine Le Pen a accusé vendredi Emmanuel Macron d’être « un pyromane », tandis qu’Eric Zemmour trouve la situation « ridicule, puérile et cynique » après les propos du président sur les non-vaccinés.

« Avoir un pyromane qui vient faire sauter le débat en quelque sorte avec des propos qui sont d’une très grande violence ne m’apparaît pas susceptible d’améliorer les solutions pour sortir de la crise sanitaire », a déploré devant les journalistes la députée du Pas-de-Calais, sur les terres du maire Robert Ménard, qui doit lui apporter son parrainage.

« Quand on est face à une crise, quelle qu’elle soit, ce qu’il faut rechercher c’est l’unité du pays, c’est dans l’unité du pays qu’on résout les crises ( ?) et pas dans la division », a-t-elle ajouté.

« Est-ce qu’Emmanuel Macron se sert de la crise sanitaire pour entrer en campagne ? La réponse est oui, c’est un ton de candidat » qu’il a adopté dans son interview au Parisien, a-t-elle estimé.

« Est-ce que c’est utile ? La réponse est non. Est-ce que c’est efficace ? La réponse est non », a jugé la candidate du RN.

Eric Zemmour, en campagne à Châteaudun (Eure-et-Loir) a accusé le président de se faire « le champion des vaccinés », mettant ses opposants dans le camp des non vaccinés. « C’est ridicule, puéril et cynique », a-t-il déclaré.

Selon le candidat d’extrême droite, Emmanuel Macron « veut voler l’élection aux Français » en ne parlant que de la pandémie: « Je veux parler de la France aux Français […]. Je ne veux pas passer trois mois à parler du Covid ».

Vendredi, Emmanuel Macron a affirmé assumer « totalement » ses propos controversés de mardi sur les non-vaccinés, qu’il avait dit avoir envie « d’emmerder ».

A propos de la candidate LR Valérie Pécresse qui a promis jeudi de « ressortir le Kärcher » pour « nettoyer les quartiers », Marine Le Pen a affirmé qu’il s’agissait d’un « argument extrêmement faible » qui « met la lumière » sur les « promesses non tenues » du gouvernement auquel elle a participé.

« Elle pioche un peu chez nous, un peu chez Nicolas Sarkozy, elle n’a pas une pensée personnelle », a ajouté Mme Le Pen, en disant aussi son désaccord avec elle sur le rôle de l’armée qui « n’est pas faite pour rétablir l’ordre dans les banlieues ».

Par Le Point avec AFP

France: Les époux Fillon se sont « enrichis de manière illicite », estime l’accusation en appel

novembre 29, 2021
Les epoux Fillon se sont "enrichis de maniere illicite", estime l'accusation en appel
Les époux Fillon se sont « enrichis de manière illicite », estime l’accusation en appel© AFP/Archives/Thomas COEX

L’affaire des soupçons d’emplois fictifs de Penelope Fillon est celle de « personnes (qui) se sont enrichies de manière illicite », a estimé lundi l’accusation au procès en appel de François Fillon, de son épouse et de son ex-suppléant Marc Joulaud.

L’avocat général Yves Micolet a débuté son réquisitoire peu après 13h30 en défendant l’enquête du Parquet national financier (PNF) puis l’instruction menées en pleine campagne présidentielle en 2017 face aux critiques de la défense de l’ancien Premier ministre.

« Faire le procès du PNF est un leurre pour essayer de masquer la gravité des faits par les prévenus », a assené le magistrat. « Il n’y a pas eu d’immixtion illégale de la justice dans l’élection présidentielle (ni) d’atteinte à la séparation des pouvoirs ».

Là où la défense a dénoncé une ouverture d’enquête précipitée et téléguidée en janvier 2017 après la parution d’une série d’articles dans Le Canard enchaîné, le parquet général a fait valoir que le PNF était compétent pour se saisir du dossier et qu' »il y avait manifestement la possibilité de réaliser dans (les) trois mois » avant l’élection « des investigations » sur la réalité du travail de Mme Fillon.

Ecartant l’idée d’un « procès hors norme », Yves Micolet a estimé qu’en-dehors du statut d’ancien Premier ministre du principal prévenu et de l’Assemblée nationale et du Sénat comme victimes, il s’agissait d' »un dossier tout à fait classique de nos chambres financières, un dossier dans lequel des personnes se sont enrichies de façon illicite ».

« La question » est celle « de l’effectivité du travail » des assistants parlementaires qui sont « payés par les deniers publics », a-t-il rappelé.

Les trois prévenus, condamnés en première instance, sont rejugés depuis le 15 novembre pour détournement de fonds publics, complicité ou recel de cette infraction notamment, concernant trois contrats d’embauche de Penelope Fillon comme assistante parlementaire entre 1998 et 2013. Rémunération totale: plus de 612.000 euros nets.

A la barre de la cour d’appel, ils ont répété l’un après l’autre que Penelope Fillon avait accompli un réel travail en tant que « collaboratrice de terrain » dans la circonscription de la Sarthe où M. Fillon avait été élu député.

Quelques « erreurs »

Les prévenus ont assuré que la discrète Franco-Galloise entretenait le « lien de confiance » avec les habitants en participant à des manifestations locales, en gérant le courrier qui arrivait chez eux ou en préparant des « mémos ».

S’il en reste si peu de traces, c’est qu’il s’agissait d’un travail surtout « oral », ont-ils soutenu.

Très peu de personnes savaient que Penelope Fillon était assistante parlementaire ? Le couple avait décidé de mettre en avant son statut d’épouse, gage de plus de proximité, ont-ils affirmé, ne reconnaissant que quelques « erreurs » d’organisation ou de communication.

Dans ce dossier, les époux Fillon sont aussi mis en cause pour l’emploi de leurs deux aînés comme collaborateurs de leur père sénateur entre 2005 et 2007 (46.000 euros nets) et pour le contrat de « conseillère littéraire » de Penelope Fillon, en 2012 et 2013, à la Revue des deux mondes, propriété de Marc Ladreit de Lacharrière (135.000 euros bruts).

Là aussi, ils se défendent d’avoir enfreint la loi.

François Fillon est enfin poursuivi pour avoir omis de déclarer un prêt de 50.000 euros de M. Ladreit de Lacharrière à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) – le parquet général a d’ores et déjà annoncé qu’il ne remettrait pas en cause sa relaxe sur ce point en première instance.

Dans son jugement, le 29 juin 2020, le tribunal correctionnel avait presque intégralement suivi le réquisitoire du parquet national financier (PNF).

L’ancien locataire de Matignon, 67 ans aujourd’hui, avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement dont deux ferme, 375.000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité.

Penelope Fillon, 66 ans, s’était vu infliger trois ans de prison avec sursis, 375.000 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité et M. Joulaud, 54 ans, trois ans avec sursis, 20.000 euros d’amende avec sursis et 5 ans d’inéligibilité.

Par Le Point avec AFP

France: Nicolas Hulot, accusé d’agressions sexuelles, « quitte définitivement » la vie publique

novembre 24, 2021

L’annonce de l’ancien ministre de l’écologie a lieu la veille de la diffusion d’une enquête d’« Envoyé spécial » le mettant en cause. Il affirme que ces accusations sont « purement mensongères » et qu’il a « la conscience tranquille ».

Nicolas Hulot

Nicolas Hulot, visé par des accusations d’agressions sexuelles, a annoncé mercredi 24 novembre qu’il quittait « définitivement la vie publique ». La décision de l’ancien ministre de l’écologie survient à la veille de la diffusion d’une enquête de l’émission « Envoyé spécial » donnant la parole à des femmes l’accusant d’« agression sexuelle et de viol » remontant jusqu’à 1989.

« Ni de près ni de loin je n’ai commis ces actes, ces affirmations sont mensongères », a affirmé M. Hulot sur BFM-TV, devançant la diffusion du documentaire télévisé. « Je n’ai jamais contraint qui que ce soit », a-t-il insisté, dénonçant un « système qui est en train de perdre la raison », avec « la justice qui se déplace sur les plateaux de télévision ».

« Dans la foulée, pas plus parce que ma conscience ne serait pas tranquille, je quitte définitivement la vie publique tout simplement parce que je suis écœuré, a ajouté l’ancien animateur télé. Je quitte mon engagement et je ne m’exprimerai plus. C’est trop lourd payé »« Je vais quitter la présidence d’honneur de ma fondation, qui est l’œuvre de ma vie », pour « les protéger des salissures que je vais me prendre dans les jours qui viennent », a-t-il également précisé. « Certains esprits malins vont prendre ça comme un indice de culpabilité. Non, c’est l’expression de mon écœurement », a ajouté M. Hulot, affirmant avoir « la conscience tranquille ».

D’après les questions mercredi du journaliste Bruce Toussaint et Franceinfo, le reportage en question doit être diffusé sur France 2 jeudi. Selon Nicolas Hulot, quatre ou cinq femmes porteraient des accusations contre lui, en plus de la petite-fille de François Mitterrand, dont la plainte pour viol avait déjà émergé il y a quatre ans. Il a affirmé ne pas connaître les noms des nouvelles accusatrices. « Je sais que j’ai un physique très ingrat et que donc seule la contrainte me permet de vivre des histoires d’amour… Mais plus sérieusement, je n’ai jamais séduit par contrainte », a-t-il encore dit. « Ironiser sur un tel sujet ? Sérieusement ?a réagi sur Twitter la ministre déléguée chargée de l’égalité femmes-hommes, Elisabeth Moreno. Ses propos sont intolérables. »

Accusations de quatre ou cinq femmes

Comme il l’avait fait en 2018 lors de la publication d’une enquête controversée du magazine Ebdo, qui a depuis cessé de paraître, relatant une plainte pour viol classée sans suite car prescrite, Nicolas Hulot se défend avant même la révélation des accusations émanant de quatre ou cinq femmes selon ses propos. Juste avant la parution, celui qui était alors ministre de la transition écologique et solidaire avait « pris les devants » en allant démentir, déjà sur BFMTV, tout comportement inapproprié et des rumeurs « ignominieuses ».

Une méthode de défense dénoncée par la Fondation des femmes qui réclame « un peu de décence »« C’est à nouveau une campagne de gestion de crise qui consiste à vouloir parler avant qu’on ait pu entendre ces femmes. Laissons-les parler, qu’il se taise pour qu’on puisse les écouter, a déclaré à l’AFP sa présidente Anne-Cécile Mailfert. Il parle de cauchemar, mais c’est après avoir été violé qu’on fait des cauchemars, pas avant de voir un documentaire. »Lire le décryptage : Article réservé à nos abonnésViolences sexuelles : « Ne pas forcer les témoignages », respecter la parole des victimes, et leur silence

Le parquet de Saint-Malo, tout comme Nicolas Hulot, avait confirmé la plainte pour viol déposée en 2008, mais classée sans suite, les actes dénoncés qui remonteraient à 1997 étant « prescrits ». Pascale Mitterrand, qui n’était pas nommée dans Ebdo, avait alors dit, par l’intermédiaire de ses avocats, n’avoir jamais souhaité médiatiser l’affaire.

« C’est le #metoo politique qui commence »

« C’est le #metoo politique qui commence. Ça bouge. Enfin. Enfin un homme politique est déstabilisé dans sa fonction et ça ne fait que commencer, a réagi auprès du Monde l’ancienne candidate à la primaire écologiste Sandrine Rousseau. La chape de plomb était lourde sur le monde politique. Nicolas Hulot en est un des exemples. » Selon elle, « la parole des femmes va se libérer et (…) ça peut être violent ». Le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts, Julien Bayou, a également réagi à ce départ dans plusieurs tweets mercredi« Demain, dans “Envoyé spécial”, nous entendrons le témoignage de cinq femmes affirmant avoir été victimes de Nicolas Hulot. Je les crois, a-t-il écrit. Je mesure le courage qu’il a fallu à ces personnes pour briser la loi du silence. »

« Il faut aussi briser la complicité des personnes qui savaient et n’ont rien dit ou n’ont pas permis que les victimes soient entendues. J’invite donc les hommes et femmes politiques qui savent et se taisent à prendre enfin la parole », a-t-il poursuivi, rappelant que, « au vu des mises en cause, nous avions décidé il y a déjà plusieurs années qu’EELV ne pouvait pas inviter Nicolas Hulot — qui n’a jamais été membre de notre mouvement — à nos différents événements ». En déplacement à Saint-Etienne, la candidate du Parti socialiste, Anne Hidalgo, s’est dite « du côté de l’Etat de droit »« J’ai beaucoup d’amitié pour Nicolas Hulot et je comprends sa décision. Je ne me prononcerai pas sur une affaire sur laquelle je n’ai aucun élément, a-t-elle poursuivi. S’il y a des victimes et que leurs droits sont reconnus, ce sera salutaire pour la justice de notre pays. »

Interrogé à l’issue du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal n’a pas souhaité « faire de commentaire », étant donné que l’ancien ministre « n’est plus membre du gouvernement ». De son côté, la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme s’est refusée à commenter une affaire qui touche à la « question fondamentale » de la libération de la parole des femmes et s’est dite « résolue à poursuivre son action pour l’écologie et la justice sociale ».

Avec Le Monde

Franco-rwandais accusé de complicité de génocide: « je suis un simple chauffeur »

novembre 23, 2021
Franco-rwandais accuse de complicite de genocide: "je suis un simple chauffeur"
Franco-rwandais accusé de complicité de génocide: « je suis un simple chauffeur »© AFP/Thomas COEX

« Un simple chauffeur » sans relief et sans histoires, mais au parcours semé de zones d’ombres et de mensonges. La cour d’assises de Paris s’est penchée mardi sur la personnalité du Franco-rwandais Claude Muhayimana, poursuivi pour complicité dans le génocide des Tutsi du Rwanda en 1994.

Pendant un interrogatoire de plusieurs heures, parfois décousu, le président de la Cour Jean-Marc Lavergne a tenté de cerner qui était cet homme de 60 ans calme, poli, souriant à l’occasion. Et toujours discret, même lorsqu’il fond en larmes, à plusieurs reprises, notamment à l’évocation de son père décédé.

Vêtu d’un sweat shirt et d’un jean, M. Muhayimana, homme petit et costaud, s’exprime dans un français correct, même si certaines des questions du président lui sont traduites en kinyarwanda.

Poursuivi pour complicité de génocide et de crimes contre l’humanité lors de l’extermination des Tutsi du Rwanda en 1994, il colle sans difficulté à l’image de « Monsieur tout le monde », de « citoyen ordinaire qui s’est retrouvé dans le chaos » défendue depuis le début par ses avocats.

« Je n’aime pas les zizanies dans ma vie », résume cet homme, qui comparaît libre. Il est accusé d’avoir transporté les tueurs hutu sur des lieux de massacres de Tutsi à Kibuye (ouest) lors des mois sanglants d’avril à juillet 1994, au cours desquels plus de 800.000 personnes, issues essentiellement de la minorité tutsi, ont été massacrées au Rwanda.

Zones d’ombre

Pourtant, le parcours de ce « simple chauffeur » tel qu’il se décrit à plusieurs reprises, comporte de nombreuses zones d’ombre, qu’il n’éclaircit pas vraiment.

Questionné sur les mensonges apparus lors de sa demande d’asile en France – dans laquelle il affirmait notamment que plusieurs membres de sa famille ont été tués -, il répond: « je ne me souviens pas », ou « ça a été mal interprété ».

Interrogé sur ses rapports avec son ex-épouse, dont le témoignage pourrait s’avérer crucial, il dit: « les affaires des hommes et des femmes, c’est intime… parfois on avait des difficultés, parfois on était d’accord ».

Questionné sur ses biens et sa richesse, il élude: « je me débrouille ».

Dès l’ouverture de l’audience, le président a tenté de comprendre quelle connaissance Claude Muhayimana avait du génocide et de sa planification.

« Ce que je sais aujourd’hui, c’est qu’il y a eu un génocide mais je ne sais pas si il a été planifié », a répondu l’accusé.

« Une vie calme »

Claude Muhayimana est né en janvier 1961 à Kibuye, d’un couple mixte, une mère tutsi et un père hutu, ce qui fait de lui un Hutu. Elevé dans une famille d’agriculteurs « très croyante », très proche de sa mère, il est le second d’une fratrie de quatre, dont certains vivent toujours au Rwanda.

Il a quitté le foyer à l’adolescence pour aller vivre dans une congrégation religieuse auprès d’une missionnaire belge avant de devenir chauffeur en 1986. Il épouse en 1990 Médiatrice Musengeyezu, une Tutsi, avec qui il aura deux filles.

Mais après le divorce initié par sa femme au début des années 2000, les liens sont coupés avec ses enfants, ce qui est source « de grande souffrance », selon l’enquêtrice de personnalité qui l’a interrogé en prison lors de sa détention provisoire en 2014.

Après le génocide, M. Muhayimana, se disant menacé par les nouvelles autorités rwandaises, a fui au Zaïre en 1995, vécu en exil en Kenya, avant d’arriver en France en 2001, dont il obtiendra la nationalité en 2010.

Depuis 2007, il est employé à la mairie de Rouen. Décrit par des témoins comme « droit, sincère, investi et croyant », « c’est un homme sociable, qui mène une vie calme avec peu de loisirs », et un employé « ponctuel et sérieux », relève l’enquêtrice de personnalité.

Intégré en France, il n’a pour autant pas coupé les liens avec le Rwanda et la diaspora, et est proche d’un parti d’opposition, le Rwandan national Congress (RNC).

L’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Par Jeune Afrique AFP

La Russie reconnaît avoir détruit un satellite avec un missile

novembre 16, 2021

Les Etats-Unis avaient accusé lundi la Russie d’avoir mené un tir de missile antisatellite « dangereux et irresponsable ». Les astronautes de l’ISS se sont préparés à une éventuelle évacuation d’urgence.

La Station spatiale internationale, le 4 octobre 2018.
La Station spatiale internationale, le 4 octobre 2018. HANDOUT / REUTERS

La Russie a reconnu, mardi 16 novembre, avoir effectué un tir d’essai contre l’un de ses vieux satellites en orbite, confirmant des accusations portées plus tôt par Washington. « Le 15 novembre, le ministère russe de la défense a mené avec succès un test à l’issue duquel l’engin spatial Tselina-D, en orbite depuis 1982 et inactif, a été détruit », a écrit l’armée russe dans un communiqué.

Les Etats-Unis avaient accusé lundi la Russie d’avoir mené un tir de missile antisatellite « dangereux et irresponsable » dans une démonstration de force ayant eu pour conséquence directe de menacer la sécurité des astronautes à bord de la Station spatiale internationale (ISS).

« La Russie a conduit de façon irresponsable un test destructeur de missile antisatellite à ascension directe à l’encontre de l’un de ses propres satellites », avait déclaré le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, dans un communiqué.

« Ce test a jusqu’ici généré plus de 1 500 débris orbitaux traçables, et va probablement générer des centaines de milliers de morceaux plus petits de débris orbitaux. »

Les astronautes préparés à une éventuelle évacuation d’urgence

La Station spatiale passe « à travers ou près du nuage [de débris] toutes les quatre-vingt-dix minutes », avait précisé la NASA dans un communiqué.

Lors des deuxième et troisième passages – entre environ 8 heures du matin (heure de Paris) et 10 heures –, les sept personnes actuellement à bord de l’ISS se sont réfugiées dans leurs vaisseaux amarrés à la station, afin de se préparer à une éventuelle évacuation d’urgence. Il s’agit de quatre astronautes américains, un Allemand et deux cosmonautes russes. Cette mesure a été prise spécifiquement lors de ces passages sur la base d’une évaluation des risques par la NASA.

« Je suis scandalisé par cette action irresponsable et déstabilisatrice, a déclaré dans un communiqué le patron de l’agence spatiale américaine, Bill Nelson. Il est impensable que la Russie mette en danger non seulement les astronautes américains et des partenaires internationaux dans l’ISS, mais aussi ses propres cosmonautes. »

De nombreuses écoutilles restent actuellement fermées entre différents modules par mesure de précaution (mais pas entre le segment russe et américain).

Les astronautes hors de danger, selon Moscou

« Les débris créés par ce test dangereux et irresponsable menaceront désormais pour les décennies à venir les satellites et autres objets spatiaux vitaux pour la sécurité, l’économie, et les intérêts scientifiques d’autres nations », a accusé Antony Blinken. Il a promis que les Etats-Unis allaient « travailler avec [leurs] alliés et partenaires pour chercher à répondre à cet acte irresponsable ».

A quoi le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a rétorqué mardi : « Déclarer que la Fédération de Russie crée des risques pour l’exploitation à des fins civiles de l’espace est pour le moins hypocrite. Il n’y a aucun fait en ce sens. »

Lundi, l’agence spatiale russe Roscosmos avait déclaré que les astronautes à bord de l’ISS étaient hors de danger, sans faire mention d’un test de missile. « L’orbite de l’objet, qui a forcé l’équipage aujourd’hui à se rendre dans le vaisseau selon les procédures standards, s’est éloignée de l’orbite de l’ISS », avait tweeté Roscosmos. « Les amis, tout est en ordre chez nous. On continue le travail selon notre programme », avait tweeté le cosmonaute russe Anton Shkaplerov. Mardi, dans un communiqué, l’agence spatiale russe a ajouté que « la sécurité de l’équipage » de l’ISS était sa « priorité principale ».

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a dénoncé mardi, à Bruxelles, un « acte irresponsable ». Pour lui, cette destruction est une « source d’inquiétude » car « elle démontre que la Russie développe de nouveaux systèmes d’armement qui peuvent détruire des satellites ainsi que des capacités spatiales utilisées pour des infrastructures de base sur Terre, comme des communications, la navigation ou des systèmes d’alerte de tir de missile ».

Le Pentagone a déclaré travailler « activement pour caractériser le champ de débris ». Il s’agit notamment d’identifier la trajectoire de chacun des objets, afin d’identifier les menaces de collision potentielles. « Nous regardons de près le type de moyens que la Russie semble vouloir développer », a ajouté John Kirby, le porte-parole du Pentagone, précisant que Moscou n’avait pas prévenu Washington à l’avance.

Appels à une plus grande régulation

Des tirs antisatellites ont déjà été menés par seulement quatre nations (Etats-Unis, Chine, Inde et Russie). Ils sont très critiqués à cause des nombreux débris générés, qui deviennent de dangereux projectiles. Ils peuvent alors notamment heurter les milliers d’autres satellites en orbite, sur lesquels les pays comptent pour de très nombreuses activités, par exemple de communication ou encore de localisation. Pouvoir détruire des satellites d’autres pays peut donc se révéler un atout militaire stratégique.

« Des événements de débris causés par des tests antisatellites n’arrivent pas souvent, le dernier était un test indien » en mars 2019, a rappelé l’astronome Jonathan McDowell, interrogé par l’Agence France-Presse. Selon lui, en déduisant les trajectoires de l’ISS et des objets connus, le satellite visé par la Russie pourrait être un satellite nommé Cosmos-1408, qui n’est plus actif depuis les années 1980. « Le détruire n’était absolument pas nécessaire, a jugé le spécialiste. Il s’agit purement d’un test militaire. »

« Nous avons déjà beaucoup trop de débris là-haut pour délibérément en générer d’autres, c’est inexcusable », a-t-il ajouté. Selon lui, certains débris provoqués par ce test se désintégreront en entrant dans l’atmosphère « dans les mois qui viennent », mais d’autres pourraient rester en orbite jusqu’à pendant dix ans.

De nombreux experts réclament une plus grande régulation face à ces risques. « Nous appelons toutes les nations spatiales responsables à nous rejoindre dans nos efforts pour développer des normes de comportement responsables », a appuyé lundi Antony Blinken.

Par Le Monde avec AFP