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Israël: ouverture du procès de Sara Netanyahu pour des frais de bouche

octobre 7, 2018

Sara Netanyahu, l’épouse du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au Parlement israélien à Jérusalem, le 31 janvier 2017 / © AFP/Archives / GALI TIBBON

Sara Netanyahu, l’épouse du Premier ministre israélien, est jugée à partir de dimanche sous l’accusation d’avoir fait passer pour plus de 80.000 euros de repas aux frais du contribuable, alors que la résidence officielle disposait d’un cuisinier.

La mise en cause de Mme Netanyahu ne semble pas de nature à avoir un effet politique immédiat sur son mari, Benjamin Netanyahu, étranger au dossier. Mais elle s’ajoute aux différentes affaires de corruption présumée qui menace le long règne du Premier ministre, au pouvoir depuis 2009.

Mise en examen pour « fraude » et « abus de confiance » présumés, Mme Netanyahu, 60 ans en novembre, est soupçonnée d’avoir commandé entre septembre 2010 et mars 2013, pour elle-même, les membres de sa famille et des invités, des centaines de repas pour « plus de 350.000 shekels » (83.000 euros), selon le ministère de la Justice.

La justice lui reproche d’avoir menti en invoquant l’absence de cuisinier à la résidence du Premier ministre pour faire livrer, jusqu’à des dizaines de fois un même mois, des repas de différents restaurants de Jérusalem.

Ezra Saidoff, ancien directeur général adjoint au bureau du Premier ministre, est lui aussi mis en examen.

Selon les médias israéliens citant l’acte d’accusation, il aurait agi de concert avec Mme Netanyahu pour créer l’impression qu’aucun cuisinier n’était employé à la résidence.

Le procès doit débuter dimanche à 10H30 GMT au tribunal de première instance de Jérusalem et pourrait durer des mois.

Supervisé par un panel de trois juges en raison de la « sensibilité publique » de l’affaire, il devait initialement commencer en juillet mais a été reporté pour des raisons n’ayant pas été rendues publiques.

Des Israéliens manifestent devant la résidence officielle du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, accusé de corruption dans plusieurs affaires, le 2 mars 2018 / © AFP/Archives / AHMAD GHARABLI

– « Poursuites délirantes » –

Lors de l’annonce de sa mise en examen en juin, les avocats de Mme Netanyahu avaient qualifié les poursuites d' »absurdes et délirantes », estimant que « pour la première fois en Israël et dans le monde, l’épouse du dirigeant en place est poursuivie pour des plateaux repas ».

Cette affaire braque à nouveau les projecteurs sur une figure omniprésente et réputée influente auprès de Benjamin Netanyahu, et dont la presse israélienne éclaire régulièrement d’une lumière peu favorable les agissements personnels.

Les détracteurs des Netanyahu se gaussent depuis des mois des affaires de la résidence, où il a été question non seulement de plats de traiteurs, mais aussi de meubles de jardin achetés sur les fonds publics, de détournement du revenu de bouteilles consignées et de maltraitance du personnel.

Les médias ont déjà suivi avec avidité la bataille devant les tribunaux entre Mme Netanyahu et un ancien homme de confiance de la résidence, Meni Naftali, qui l’avait accusée de comportement tyrannique. Il avait obtenu quelque 40.000 euros en 2016 pour mauvais traitements.

Les Netanyahu ont dénoncé une campagne de calomnie. Sara Netanyahu, qui se présente régulièrement comme une victime de l’acharnement médiatique, avait déjà dit dans le passé que « son sang avait été versé publiquement ».

– Corruption présumée –

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et sa femme Sara dans leur résidence officielle à Jérusalem, le 6 juin 2017 / © AFP/Archives / Gali TIBBON

Au delà des atteintes à son image, l’affaire des frais de bouche paraît moins lourde de risques pour M. Netanyahu que les dossiers de corruption présumée qui, depuis des mois, le visent directement et suscitent des interrogations sur sa faculté à se tirer à nouveau d’affaire.

En février, la police a recommandé son inculpation dans deux enquêtes touchant l’une à des cadeaux qu’il aurait indûment reçus de riches personnalités, l’autre à un accord secret qu’il aurait tenté de conclure avec un quotidien populaire pour une couverture favorable.

Il a de nouveau été entendu par la police vendredi à Jérusalem pendant plusieurs heures. Selon les médias, il était interrogé pour la 12e fois par les enquêteurs en tant que suspect.

Une autre enquête a été ouverte dans l’affaire Bezeq, le principal groupe de télécommunications israélien. La police cherche à savoir si le couple Netanyahu a tenté de s’assurer une couverture propice de la part du site d’informations Walla en contrepartie de faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des centaines de millions de dollars à Bezeq.

Le principal actionnaire du groupe, Shaul Elovitch, et six autres personnes dont deux proches collaborateurs de M. Netanyahu, ont été arrêtés en février dans cette affaire.

Malgré ces enquêtes, M. Netanyahu reste en bonne position dans les sondages et pourrait, après 12 ans au pouvoir -en deux fois- battre le record de longévité de l’historique David Ben Gourion.

Romandie.com avec(©AFP / (07 octobre 2018 07h25)

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Cristiano Ronaldo rejette une accusation de viol, « crime abominable »

octobre 3, 2018

Las Vegas (Etats-Unis) – La star mondiale du football Cristiano Ronaldo a démenti catégoriquement mercredi avoir violé une Américaine de 34 ans dans un hôtel de Las Vegas en juin 2009, qualifiant le viol de « crime abominable ».

« Je démens vigoureusement les accusations qui me visent. Le viol est un crime abominable qui va à l’encontre de tout ce que je suis et de ce que je crois », a écrit le champion portugais sur son compte Twitter.

« Je refuse de nourrir ce cirque médiatique monté par des gens qui cherchent à se faire de la publicité à mes dépens », a-t-il ajouté dans ce message en anglais.

Les avocats de l’accusatrice, Kathryn Mayorga, ont annoncé la tenue d’une conférence de presse mercredi à Las Vegas.

La police de Las Vegas a annoncé lundi avoir rouvert l’enquête sur les accusations portées par Mme Mayorga, qui affirme dans une plainte déposée dans l’Etat du Nevada que Cristiano Ronaldo l’a sodomisée de force le 13 juin 2009.

Dans un deuxième tweet mercredi, l’attaquant du club italien de la Juventus Turin s’est dit serein.

« Ma conscience claire me permet d’attendre avec tranquillité les résultats de n’importe quelle enquête », a écrit celui qui est par ailleurs surnommé CR7.

Romandie.com avec(©AFP / 03 octobre 2018 14h55)

À la CPI, l’accusation tente de défendre son dossier contre Laurent Gbagbo

octobre 3, 2018

Depuis le 1er octobre, la demande d’acquittement de l’ex-président ivoirien et de Charles Blé Goudé est débattue devant la Cour pénale internationale.

Des Ivoiriens regardent, depuis Abidjan, une retransmission de l’audience de la Cour pénale internationale dans le procès de l’ex-président Laurent Gbagbo, le 1er octobre 2018. Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP

Au soir d’une longue journée d’audience, une jeune femme habille le panneau d’entrée de la Cour pénale internationale (CPI) d’un drapeau ivoirien, s’agenouille, mains lancées vers le ciel, et récite quelques incantations. « C’est bien ici qu’ils sont ? », demande-t-elle, comme pour s’assurer que sa prière n’est pas vaine.

 

« Ils » ? Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, jugés par la CPI depuis janvier 2016. Pendant deux ans, le procureur a appelé 82 témoins à la barre et déposé ses pièces à conviction. Mais les avocats de l’ex-président ivoirien et du chef des Jeunes patriotes assurent que son dossier est vide, qu’il n’y a rien à contester. La première phase du procès, consacrée à l’accusation, a révélé la faiblesse des éléments de preuve sur les points essentiels : l’élaboration d’un plan criminel par Laurent Gbagbo, sa mise en œuvre par « un cercle » d’initiés et le choix délibéré de cibler des civils. Les avocats jugent dès lors inutile d’appeler des témoins à décharge. Ils réclament dès maintenant l’acquittement ou, à défaut, le non-lieu. Lundi 1er et mardi 2 octobre, le procureur ne « requiert » donc plus vraiment. Il doit défendre son dossier contre les deux hommes qu’il accuse de « crimes contre l’humanité » commis lors des violences ayant suivi l’élection présidentielle de 2010 durant lesquelles quelque 3 000 personnes avaient été tuées, selon l’ONU, et plus de 150 femmes violées, d’après l’organisation Human Rights Watch.

A La Haye, pour cette étape clé du procès, plusieurs centaines de partisans des deux accusés ont installé chaises pliantes et réchauds à gaz face à la prison de la CPI. « C’est la dernière fois que je viens ici ! », assure une militante drapée dans les couleurs orange-blanc-vert du pays. Les pro-Gbagbo de la diaspora sont venus en nombre, comme à chaque grand-messe de ce procès-fleuve. Cette fois, ils croient dur comme fer assister aux funérailles du dossier de l’accusation. Que leur champion sera bientôt libéré.

Pendant un rassemblement de la coalition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté, favorable à l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, le 28 juillet 2018 à Yopougon, un quartier d’Abidjan.

Pendant un rassemblement de la coalition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté, favorable à l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, le 28 juillet 2018 à Yopougon, un quartier d’Abidjan. Crédits : SIA KAMBOU / AFP

Un mobile, un moyen, un ennemi

Selon la thèse du procureur, l’ex-président aurait élaboré une politique d’Etat visant des civils ivoiriens, partisans de son concurrent à la présidentielle de 2010, Alassane Ouattara. C’est l’existence d’une telle politique d’Etat qui fait que les meurtres, les viols, les persécutions et les actes inhumains perpétrés par les Forces de sécurité ivoiriennes (FDS) et les miliciens peuvent être qualifiés de « crimes contre l’humanité ». Et c’est le volet le plus délicat du dossier de l’accusation.

En décembre 2010, au terme d’un vote contesté, Laurent Gbagbo avait refusé de laisser le pouvoir à Alassane Ouattara, dont l’élection fin novembre était reconnue par les Nations unies. Barbe de deux jours et armé d’un solide accent canadien, le substitut du procureur, Eric Macdonald, tente : « S’il s’était retiré, M. Gbagbo aurait changé de façon radicale le cours des événements. Les crimes n’auraient pas été commis, ou d’une façon différente. »

Il assure donc que l’ex-président avait un mobile : conserver le pouvoir à tout prix. Un moyen : la mobilisation des FDS, de groupes de jeunes et de mercenaires, notamment libériens. Un ennemi : les partisans d’Alassane Ouattara, ciblés parce qu’assimilés à la rébellion des Forces nouvelles qui s’était emparée d’une partie du pays en 2002 et avançait vers la capitale. « Les discours assimilant les civils à des partisans d’Alassane Ouattara montrent bien que la population civile était ciblée », assure le substitut. Le pays était menacé par une rébellion, lui rétorque la défense. Il était du devoir du chef de l’Etat d’agir.

Aux premières heures du procès, il y a plus de deux ans, Eric Macdonald assurait détenir les preuves de cette politique d’Etat. Mais cette fois, il doit demander aux juges de « déduire ». Déduire d’une multitude d’actes que les civils étaient délibérément ciblés. Un tel plan est « très rarement prouvé par des ordres écrits directs ». « Point n’est besoin qu’il soit explicite », lance-t-il pour se dédouaner, le dossier étant moins solide que promis.

Il évoque donc plusieurs réunions, mais demande aux juges de déduire le contenu de celle qui, le 16 décembre 2010, a suivi la répression d’une manifestation de l’opposition vers la Radio-Télévision ivoirienne (RTI). « On peut raisonnablement en déduire que M. Gbagbo a discuté avec ses ministres de la répression du 16 décembre », argue-t-il. Depuis son pupitre, regard perplexe, Laurent Gbagbo relève la tête en direction du juge présidant, Cuno Tarfusser, souvent prompt à tacler le substitut. Mais l’Italien ne dit mot.

Partisans dans la galerie du public

A côté, Charles Blé Goudé noircit des lignes. Il est, pour le procureur, « un intermédiaire essentiel entre M. Gbagbo et les jeunes ». Devenu ministre aux premiers jours de la crise, le patron des Jeunes patriotes recrute, instruit, incite. « Posez-vous ces questions, bataille Eric Macdonald face aux trois juges : pourquoi les jeunes ont-ils été autorisés à ériger des barrages routiers ? Que faisaient-ils là ? » M. Gbagbo, « le président, commandant supérieur, était conscient que cela allait aboutir à des crimes ». Des crimes que le procureur lui reproche de ne pas avoir prévenus ou punis, mais d’avoir au contraire encouragés.

Aux suspensions d’audience, comme un rituel, les accusés saluent leurs partisans assis dans la galerie du public, qui surplombe la salle. Des enfants de Laurent Gbagbo, son ancien directeur de cabinet et quelques représentants de l’opposition sont venus à La Haye.

Les audiences ont été suspendues, mercredi 3 octobre, jusqu’au 12 novembre à la demande des avocats des deux accusés qui doivent préparer leur réponse au procureur. Rien ne dit que la prière des partisans de Laurent Gbagbo sera exaucée. A ce stade, les juges doivent déterminer si les preuves, ou une partie d’entre elles, méritent d’être contestées. Ils prononceront l’acquittement s’ils estiment que le dossier est vide. Dans le cas contraire, les avocats devront appeler leurs témoins à décharge. La décision ne sera pas rendue avant décembre, au plus tôt. La défense comme l’accusation pourront faire appel.

Lemonde.fr par Stéphanie Maupas (La Haye, correspondance)

Suède: huis clos au procès d’un Français accusé de viols sur fonds de scandale Nobel

septembre 19, 2018

Le Français Jean-Claude Arnault arrive au tribunal de Stockholm, le 19 septembre 2018 / © TT NEWS AGENCY/AFP / Fredrik SANDBERG

Le procès d’un Français, figure de la scène culturelle suédoise jugé pour deux viols révélés en pleine tempête #MeToo qui ont entraîné le report du Nobel de littérature, s’est ouvert mercredi devant le tribunal de Stockholm.

Accompagné de son avocat, Jean-Claude Arnault est arrivé au tribunal peu après 08H00. Écharpe grise nouée autour du cou, lunettes de vue à monture noire, veste sombre, il n’a fait aucune déclaration.

« Il conteste les accusations », a annoncé devant les juges son conseil, Björn Hurtig, dont le client encourt de deux à six ans de prison.

Comme souvent dans les affaires d’agressions sexuelles, le tribunal a ensuite ordonné le huis clos à la demande de la partie civile et les journalistes ont été priés de sortir.

La victime présumée, dont l’identité n’a pas été dévoilée, est allée déposer après la décision de huis clos, protégeant de ses mains son visage face au mur de caméras et d’appareils photo.

« C’est une journée difficile pour ma cliente, mais elle va bien », a déclaré à la mi-journée son conseil, Elisabeth Massi Fritz, ténor du barreau suédois spécialisée dans la défense des femmes.

Marié à une membre de l’Académie suédoise, qui décerne depuis 1901 le prix Nobel de littérature, Jean-Claude Arnault, 72 ans, fut une personnalité influente de la scène culturelle à Stockholm jusqu’à la déflagration provoquée par l’affaire Weinstein.

Le Tout-Stockholm courait Forum, son club très sélect. Y gravitaient de nombreuses jeunes femmes férues de lettres et rêvant, entre un concert de jazz et une lecture de Proust, d’approcher un éditeur, un écrivain en vue.

Elisabeth Massi Fritz, avocate de la partie civile dans le procès pour viols du Français Jean-Claude Arnault, accusé de viols, le 19 septembre à Stockholm / © AFP / Jonathan NACKSTRAND

Un mois après les révélations en octobre 2017 des viols et abus sexuels commis par le producteur de cinéma américain Harvey Weinstein, le quotidien Dagens Nyheter publiait le témoignage anonyme de 18 femmes affirmant avoir été violentées ou harcelées par Jean-Claude Arnault.

Le scandale a provoqué un cataclysme au sein de l’académie, avec laquelle M. Arnault entretenait des liens étroits.

Une enquête interne a établi que plusieurs académiciennes, conjointes ou filles d’académiciens, avaient elles aussi subi « l’intimité non désirée » et les comportements « inappropriés » de l’accusé.

– « Peur intense » –

Le 5 octobre 2011 dans un appartement stockholmois, Jean-Claude Arnault a contraint la plaignante à un « rapport oral » puis à une pénétration vaginale alors que la jeune femme se trouvait dans un « état de vulnérabilité » et « de peur intense » l’empêchant de se défendre, selon l’acte de mise en accusation consulté par l’AFP.

Les faits se seraient répétés dans la nuit du 2 au 3 décembre 2011, dans le même appartement, tandis que la victime dormait.

Si pour la défense c’est parole contre parole, Me Massi Fritz souligne au contraire « les éléments de preuve » et la « crédibilité » du récit de sa cliente, « soutenu par sept témoins » appelés à la barre jeudi.

Stockholm: procès de Jean-Claude Arnault, jugé pour viols / © AFP /

Une partie de l’enquête préliminaire ouverte contre le Français pour d’autres viols et agressions sexuelles présumés commis entre 2013 et avril 2015 a été classée sans suite, frappée par la prescription ou faute de preuves.

– Académie en ruine –

Selon une enquête du quotidien Svenska Dagbladet, Jean-Claude Arnault est né en 1946 à Marseille de parents réfugiés russes. Il serait arrivé en Suède à la fin des années 1960 pour étudier la photographie.

Dans un entretien donné à Dagens Nyheter en 2006, il affirmait être monté sur les barricades parisiennes en mai 1968 contre « la direction réactionnaire de l’université ». « L’étincelle a été l’interdiction faite aux étudiants de partager les chambres des étudiantes », se souvenait-il.

Il se vantait d’être le « 19e membre » de l’Académie. Selon des témoins, il soufflait le nom des futurs lauréats Nobel à ses amis.

L’affaire a mis au jour le fonctionnement opaque de l’Académie, riche institution privée fondée en 1786 sur le modèle de son homologue française, ses conflits d’intérêt, ses jeux d’influence et la « culture du silence » qui y régnait.

Huit académiciens se sont mis en congé provisoire ou définitif, dont la secrétaire perpétuelle Sara Danius. L’attribution du Nobel de littérature 2018 a été reportée à 2019, et le prestigieux conclave, en ruines, s’efforce depuis de se reconstruire.

L’Académie doit élire dans les mois à venir de nouveaux membres, qui devront lire des dizaines d’auteurs parmi lesquels ils désigneront deux lauréats Nobel, 2018 et 2019.

Romandie.com avec(©AFP / (19 septembre 2018 13h27)

Égypte: 75 personnes, dont des chefs islamistes, condamnés à mort

septembre 8, 2018

Photographie du procès de 700 accusés (dont le photojournaliste Shawkan) dans un tribunal du Caire, en Egypte, le 8 septembre 2018 / © AFP / Mohamed el-Shahed

Un tribunal du Caire a confirmé samedi la condamnation à mort de 75 personnes dont des dirigeants des Frères musulmans, dans l’un des plus grands procès de masse depuis la révolte ayant secoué l’Egypte en 2011.

Dans le même temps, le photojournaliste Mahmoud Abu Zeid dit « Shawkan », détenu depuis 2013 pour avoir couvert la répression sanglante d’une manifestation d’islamistes au Caire, a été condamné à cinq ans de prison, mais devrait sortir prochainement.

Au total, 739 personnes étaient jugées samedi, accusées pour la plupart d’avoir tué des policiers ou d’avoir vandalisé des biens publics en août 2013, lors d’émeutes au Caire.

Après l’éviction en juillet 2013 par l’armée de Mohamed Morsi, membre des Frères musulmans et premier président élu démocratiquement en Egypte, le pays avait connu plusieurs mois de violence durant lesquels les forces de sécurité ont réprimé dans le sang les rassemblements de ses partisans.

Le 14 août 2013, les forces de l’ordre avaient notamment tué par balles plus de 700 manifestants pro-Morsi en faisant évacuer les places Rabaa al-Adawiya et al-Nahda, au Caire.

Samedi, la cour a confirmé des peines initialement prononcées le 28 juillet. Sur les 75 personnes condamnées à la peine de mort, figurent des dirigeants des Frères musulmans, comme Mohammed al-Beltagui, Issam al-Aryane ou Safwat Hegazi.

Quarante-sept autres personnes ont été condamnées à la perpétuité, 374 à 15 ans de prison, 22 mineurs à 10 ans de prison, et 215 ont été condamnées à cinq ans de prison. Elles peuvent encore faire appel.

– « Simulacre de justice » –

Le photojournaliste égyptien Mahmoud Abou Zeid dit « Shawkan » dans le box des accusés dans un tribunal du Caire le 8 septembre 2018 / © AFP / Mohamed el-Shahed

Le fils de l’ancien président islamiste Mohamed Morsi, Oussama Morsi, a de son côté été condamné à 10 ans de prison.

« Nous demandons une révision de ce procès par une cour impartiale et dans le respect total du droit à un procès équitable pour tous les accusés, sans recours à la peine de mort », a réagi Amnesty International dans un communiqué.

« La peine de mort ne devrait jamais être une option, qu’importent les circonstances », a affirmé l’ONG.

« Le fait qu’aucun officier de police n’ait été convoqué pour répondre de la mort (de centaines de personnes) lors des manifestations de Rabaa et Nahda montre à quel point ce procès était un simulacre de justice », a-t-elle en outre ajouté.

– « Injuste » –

Le photojournaliste Shawkan, 30 ans, a été condamné lui à cinq ans de prison mais devrait sortir de prison « dans quelques jours » après plus de cinq ans de détention sans jugement.

Il avait été interpellé le 14 août 2013, alors qu’il couvrait au Caire la dispersion du sit-in de l’opposition islamiste.

Le photojournaliste Mahmoud Abou Zeid, dit Shawkan, fait le V de la victoire dans un tribunal du Caire après sa condamnation à 5 ans de prison, le 8 septembre 2018 / © AFP / Mohamed el-Shahed

Tout sourire dans le box des accusés, Shawkan a fait le « V » de la victoire devant les journalistes.

Selon son avocat Me Abdelrady, qui se réjouit de sa remise en liberté prochaine, la peine prononcée est toutefois « injuste parce qu’il n’a fait que son travail ».

Lauréat du prix mondial de la liberté de la presse de l’Unesco en mai, Shawkan était poursuivi pour « meurtre, tentative de meurtre et appartenance à un groupe terroriste », et risquait la peine de mort.

Plusieurs ONG internationales ont milité sans relâche pour sa libération, dénonçant à travers le cas du photojournaliste une attitude répressive du pouvoir vis-à-vis des médias en Egypte.

Elu président en 2014, puis réélu en 2018, Abdel Fattah al-Sissi, ex-chef de l’armée et architecte de la destitution de Mohamed Morsi, est régulièrement accusé par les organisations de défense des droits de l’Homme d’avoir instauré un régime ultra-répressif.

Selon Amnesty et Human Rights Watch, au moins 40.000 personnes ont été arrêtées en un an après l’éviction de M. Morsi en 2013.

Selon Reporters sans frontières, 32 journalistes sont actuellement emprisonnés en Egypte, qui figure en 161e position sur 180 au classement mondial 2018 de la liberté de la presse.

Romandie.com avec(©AFP / (08 septembre 2018 21h17)

Donald Trump accuse l’Union européenne et la Chine de manipuler leurs monnaies

juillet 20, 2018

Washington – Le président américain Donald Trump a accusé vendredi l’Union européenne et la Chine de manipuler leurs monnaies, et critiqué la Banque centrale américaine pour l’augmentation du coût du crédit.

« La Chine, l’Union européenne et les autres manipulent leurs monnaies en baissant leurs taux d’intérêt, alors que les Etats-Unis augmentent leurs taux avec un dollar devenant de plus en plus fort tous les jours, ce qui dégrade notre compétitivité », a-t-il déclaré dans un tweet. « Comme d’habitude, ce n’est pas juste », a-t-il ajouté.

Le président américain a estimé que « les Etats-Unis ne devraient pas être pénalisés parce qu’ils vont très bien ». « Resserrer (la politique monétaire) fait du tort désormais à tout ce que nous avons fait », a-t-il écrit.

Donald Trump avait déjà dénoncé jeudi la montée du dollar, dopé par les perspectives de relèvement des taux et par les conflits commerciaux. « Regardez l’euro (…), il tombe! La Chine: leur monnaie est en chute libre. Cela nous met dans une position désavantageuse », avait-il déploré.

Romandie.com avec(©AFP / 20 juillet 2018 13h37)                                                        

Accusé de corruption, le président du Malawi dans la tourmente

juillet 2, 2018

Blantyre (Malawi) – Le président du Malawi, Peter Mutharika, était lundi la cible de vives critiques de l’opposition et de la société civile qui exigent sa démission après la révélation d’une enquête officielle l’accusant de corruption à un an des élections générales.

Ce rapport confidentiel du Bureau anticorruption (ACB) soupçonne M. Mutharika et son Parti démocratique progressiste (DPP) d’avoir touché l’équivalent de 195.000 dollars de pots-de-vin d’une entreprise qui avait remporté un contrat pour la fourniture de rations alimentaires à la police.

Interrogé par l’AFP, le directeur de l’ACB Reyneck Matemba a confirmé l’authenticité du rapport.

« Je peux confirmer que l’ACB a (…) ouvert une enquête et que nous sommes près de la conclure ».

Le porte-parole du chef de l’Etat, Mgeme Kalilani, a démenti catégoriquement toute irrégularité de sa part, affirmant que l’argent qu’il avait perçu était un don fait à son parti. « Le président Peter Mutharika n’a jamais reçu le moindre argent de (l’entreprise contractante) Pioneer Investments », a-t-il assuré à l’AFP. « Tout ce qu’il a fait c’est de signer un chèque au profit de la municipalité de Blantyre en paiement d’un logement offert par la municipalité au parti ».

Ces explications n’ont pas suffi au chef du principal parti d’opposition, qui a exigé lundi la démission du chef de l’Etat.

« Il a échoué à prouver qu’il était un homme d’Etat et qu’il était exemplaire (…) il doit démissionner immédiatement », a plaidé lors d’une conférence de presse Lazarus Chakwera, le patron du Parti du congrès du Malawi (MCP).

« Nous avons perdu toute confiance en lui », a renchéri le responsable d’un groupe d’ONG de la société civile, Gift Trapence, « s’il n’a pas quitté ses fonctions dans deux semaines, nos descendrons dans les rues pour l’y contraindre ».

Elu en 2014, M. Mutharika a été investi lundi par son parti pour briguer un nouveau mandat à la présidentielle de mai 2019.

Mais il est de plus en plus contesté. Des milliers de personnes ont défilé en avril dans plusieurs villes de ce petit pays pauvre d’Afrique australe pour protester contre la corruption, les premières manifestations antirégime depuis 2011.

Elle aussi impliquée dans un scandale financier, la prédécesseure de M. Mutharika, Joyce Banda, a annoncé qu’elle briguerait l’investiture de son parti pour la présidentielle.

Elle est rentrée en mai au Malawi après quatre ans d’exil.

Romandie.com avec(©AFP / 02 juillet 2018 13h57)                                                        

Washington accuse le Canada de « trahison » après le fiasco du G7

juin 10, 2018

/ © AFP /

Les Etats-Unis ont accusé dimanche le Canada de « trahison » lors du sommet du G7 qui s’est terminé sur un fiasco après la volte-face du président américain Donald Trump contre ses alliés qu’il a menacés de droits de douanes alourdis.

Face à ce brusque revirement, la France a dénoncé l' »incohérence » de la délégation américaine tandis que l’Allemagne a accusé M. Trump de « détruire » la confiance des alliés à coups de tweets.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau, cible des violentes critiques américaines, a pour l’instant choisi de ne pas répondre.

Samedi, dans son avion en direction de Singapour pour son sommet avec Kim Jong Un, Donald Trump a brusquement retiré son soutien au communiqué final du sommet de deux jours à La Malbaie (Québec, est du Canada), malgré le compromis qui avait été forgé de haute lutte sur les questions commerciales quelques heures auparavant.

Le président, un habitué des réactions épidermiques, réagissait à des déclarations de Justin Trudeau. Celui-ci avait répété que les nouvelles taxes douanières américaines sur l’acier et l’aluminium frappant la Canada étaient « insultantes », au regard de l’histoire entre les deux pays. Comme l’Union européenne, il a confirmé des représailles pour juillet.

Auparavant, le Canadien avait salué le consensus trouvé par les sept (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Japon). Un texte qui ne résolvait pas le conflit en cours, mais qui était considéré comme un pas vers la désescalade et le dialogue.

« C’est une trahison, il nous a doublés, pas seulement le président Trump mais aussi les autres membres du G7 », a tonné dimanche sur CNN Larry Kudlow, le principal conseiller économique de Donald Trump, qui a concentré ses attaques sur le dirigeant canadien.

« Il y a un siège réservé en enfer pour tout dirigeant étranger qui s’engage dans une diplomatie de la mauvaise foi avec Donald Trump et tente de le poignarder dans le dos quand il s’en va », a renchéri sur Fox News le conseiller présidentiel pour le commerce, Peter Navarro.

– « Incohérence » et « inconsistance » –

Selon Larry Kudlow, la réaction de Donald Trump était également destinée à ne pas « montrer de faiblesse » avant son sommet avec Kim Jong Un sur la dénucléarisation de la Corée du Nord.

Le président américain a atterri dimanche à Singapour, deux jours avant sa rencontre historique avec le dirigeant nord-coréen.

Le Premier ministre canadien, qualifié par M. Trump de personne « malhonnête et faible », s’est contenté de saluer sur Twitter un accord « historique » qui favorisera, notamment, « la prospérité des citoyens et l’économie ».

« C’est ce qui compte », a-t-il conclu.

Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, a pour sa part accusé M. Trump de « détruire très rapidement une quantité incroyable de confiance dans un tweet », alors que Berlin a apporté son soutien au communiqué commun.

« La coopération internationale ne peut dépendre de colères ou de petits mots », a réagi la présidence française, dénonçant « l’incohérence » et « l’inconsistance » de la délégation américaine.

Le président russe Vladimir Poutine a quant à lui ironisé sur le « babillage inventif » des pays du G7, qu’il a invités à « se tourner vers les sujets concrets relevant d’une vraie coopération ».

A La Malbaie, le G7 a rejeté la proposition de Donald Trump de réintégrer dans le club la Russie, exclue en 2014 en raison de l’annexion de la Crimée, appelant Moscou à cesser de « saper les systèmes démocratiques ».

Surtout, le locataire de la Maison Blanche a renouvelé sa menace de droits de douane accrus sur les voitures européennes et étrangères importées aux Etats-Unis. Un secteur qui pèse bien plus que les deux métaux jusqu’à présent frappés.

– Voitures allemandes –

Les Etats-Unis sont le premier marché étranger pour les marques européennes de voitures.

L’Allemagne est particulièrement inquiète: les automobiles représentent en valeur le quart de ce que le pays exporte vers les Etats-Unis. La part de marché des marques allemandes pour le segment des voitures haut de gamme dépasse même les 40%, selon la fédération automobile allemande (VDA).

Les droits de douane actuels sont effectivement différents entre l’UE et les Etats-Unis. L’Europe taxe les importations de voitures hors-UE, donc américaines, de 10%.

Aux Etats-Unis, les Audi, Volkswagen et autres voitures étrangères sont frappées d’une taxe de 2,5%.

Donald Trump s’est souvent plaint, en privé, de voir trop de Mercedes à New York… mais pas assez de voitures américaines dans les rues européennes.

Pour évaluer l’équité des échanges commerciaux avec ses partenaires, le milliardaire se concentre sur une seule question: tel pays a-t-il un excédent ou un déficit commercial avec les Etats-Unis?

Dans le cas de l’Allemagne, il s’agit d’un excédent.

Emmanuel Macron a fait allusion à cette façon de penser du milliardaire. Le président français a souligné que la France pratiquait le libre-échange avec l’Allemagne, mais qu’elle avait quand même un déficit commercial avec sa voisine.

Romandie.com avec (©AFP / 10 juin 2018 18h20)                  

Ukraine: Kiev accuse Moscou du meurtre d’un journaliste russe

mai 30, 2018

/ © AFP / Sergei SUPINSKY

Les autorités ukrainiennes accusaient mercredi Moscou du meurtre du journaliste et écrivain russe virulent critique du Kremlin, Arkadi Babtchenko, tué par balle à Kiev où il s’était exilé.

Ancien soldat russe engagé dans les guerres de Tchétchénie devenu un reporter de guerre chevronné et respecté, Arkadi Babtchenko, 41 ans, a été abattu en arrivant dans son appartement à Kiev et la police a aussitôt indiqué privilégier la piste d’un crime lié à sa profession.

« Je suis sûr que la machine totalitaire russe n’a pas pardonné son honnêteté », a lancé le Premier ministre ukrainien Volodymyr Groïsman sur sa page Facebook dans la nuit de mardi à mercredi.

Ces propos ont été aussitôt condamnés par le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov: « Arkadi Babtchenko a été tué (…) et déjà le Premier ministre ukrainien affirme que sont responsables les services spéciaux russes (…) C’est très triste ».

Le directeur des services de sécurité russes (FSB), Alexandre Bortnikov, a aussi rejeté les accusations ukrainiennes comme « absurdité » et « provocation ». « On dirait qu’ils délirent », a-t-il déclaré à Interfax.

Le Kremlin a « fermement condamné » le meurtre, qualifié de « tragédie », et dit « espérer une véritable enquête ». L’Ukraine est devenue « un endroit très dangereux » pour les journalistes, qui sont expulsés, emprisonnés ou tués, a dénoncé son porte-parole Dmitri Peskov, appelant à une « réaction très ferme » de la communauté internationale.

Arkadi Babtchenko a été tué par balles mardi soir Kiev où il s’était exilé, se disant menacé après avoir dénoncé le rôle de la Russie dans le conflit dans l’est de l’Ukraine.

Ce meurtre, qui a provoqué un choc dans la profession en Russie et en Ukraine, est le deuxième en moins de deux ans d’un journaliste russe habitant dans la capitale ukrainienne.

Le 20 juillet 2016, le Russo-Bélarusse Pavel Cheremet avait péri dans l’explosion de la bombe placée sous la voiture qu’il conduisait en plein centre de Kiev, une affaire qui n’est toujours pas élucidée.

Si le chef de la diplomatie ukrainienne Pavlo Klimkine a estimé qu’il était « trop tôt pour tirer des conclusions » concernant la mort de Babtchenko, il a relevé « une similarité étonnante dans les méthodes que la Russie utilise pour provoquer une déstabilisation politique ».

Ses homologues suédoise Margot Wallstrom et lituanien Linas Linkevicius ont condamné sur Twitter le meurtre du journaliste appelant à « traduire en justice les responsables » de ce crime.

Arkadi Babtchenko a été retrouvé chez lui dans la périphérie de Kiev, selon le porte-parole de la police nationale Iaroslav Trakalo : « Sa femme était dans la salle de bains, elle a entendu un coup sec. Quand elle est sortie, elle a vu son mari ensanglanté », qui est par la suite « mort dans l’ambulance » le transportant.

– « Ami » de l’Ukraine –

La police a diffusé un photorobot du suspect, un homme d’une quarantaine d’années avec une barbe grise.

Dans la matinée, plusieurs dizaines de journalistes se sont réunis devant l’ambassade russe. D’autres rassemblements sont prévus dans la soirée sur la place centrale de Kiev, ainsi qu’à Moscou.

M. Babtchenko a participé en Russie aux deux guerres en Tchétchénie en tant que soldat avant de devenir un journaliste extrêmement critique vis-à-vis du Kremlin. Il avait raconté les guerres dans cette république russe du Caucase dans un livre édité en France par Gallimard sous le nom de « La couleur de la guerre ».

Avant son départ de Moscou, il a notamment coopéré avec le journal Novaïa Gazeta et la radio Echo de Moscou, deux médias critiques du Kremlin.

Arkadi Babtchenko s’était rendu dans l’est de l’Ukraine, où le conflit entre armée ukrainienne et séparatistes prorusses a fait plus de 10.000 morts en quatre ans. Il avait dénoncé le rôle de la Russie, appuyant la thèse de Kiev et des Occidentaux selon laquelle elle soutient militairement les rebelles, ce que Moscou a toujours démenti.

Le Premier ministre ukrainien a salué la mémoire d' »un vrai ami de l’Ukraine qui racontait au monde la vérité sur l’agression russe ».

Le journaliste avait quitté la Russie en février 2017 en dénonçant une « campagne effroyable » de « harcèlement ». Il a d’abord vécu en République tchèque et en Israël, avant de s’installer à Kiev où il animait depuis un an une émission sur la chaîne de télévision privée ATR.

Il avait à plusieurs reprises dit craindre pour sa vie. « +Si quelqu’un promet de vous tuer, faites-leur confiance+. Moi, je leur fait désormais confiance », avait-il écrit sur Facebook après son départ de Russie.

Outre les journalistes, en mars 2017, un ancien député russe réfugié en Ukraine avait été tué par balle dans le centre de Kiev.

Romandie.com avec (©AFP / 30 mai 2018 14h03)                

États-Unis: Weinstein inculpé pour viol et agression sexuelle à New York

mai 25, 2018

Harvey Weinstein se présente le 25 mai 2018 à un commissariat du sud de Manhattan, à New York / © AFP / Don EMMERT

Le producteur de cinéma déchu Harvey Weinstein, accusé par des dizaines de femmes d’agressions sexuelles, a été inculpé vendredi à New York pour un viol et une agression sexuelle, pour la première fois depuis la publication des allégations contre lui il y a sept mois.

M. Weinstein, 66 ans, en veste bleu marine sur pull bleu et chemise claire, trois livres sous le bras, était arrivé peu avant 07H30 locales (11H30 GMT) au commissariat du sud de Manhattan, non loin de là où il avait un temps des bureaux.

L »ex-producteur, qui a été accusé d’abus sexuels par une centaine de femmes, déclenchant le mouvement #MeToo, en est ressorti une heure et demie plus tard les mains dans le dos, apparemment menotté. Il était encadré par un homme et une femme qui sont entrés avec lui dans une grosse voiture noire, en partance pour le tribunal de Manhattan situé non loin de là, où il devait être présenté à un juge.

Attendu par des dizaines de caméras du monde entier, il n’a fait aucune déclaration.

– Bracelet électronique –

La police new-yorkaise a précisé peu après qu’il avait été inculpé pour un viol et une agression sexuelle sur deux femmes distinctes, sans donner d’autres détails.

Selon plusieurs médias américains, l’accusation d’agression sexuelle émanerait de Lucia Evans, une femme qui a témoigné publiquement dans le passé que Weinstein l’avait forcée en 2004 à lui faire une fellation.

Quant à l’accusation de viol, elle concernerait une femme encore non identifiée dont les allégations n’avaient jusqu’ici pas été rendues publiques, selon certains médias.

Weinstein, qui est représenté par le célèbre avocat new-yorkais Benjamin Brafman, le même qui avait obtenu en 2011 l’abandon des poursuites contre Dominique Strauss-Kahn dans l’affaire du Sofitel, a toujours démenti avoir eu des rapports sexuels « non consentis ».

Après son inculpation, Weinstein devrait être remis en liberté moyennant une caution d’un million de dollars, le port d’un bracelet électronique et la remise de son passeport, aux termes d’un arrangement entre ses avocats et le procureur, selon le New York Times.

Depuis la publication des premières accusations contre le producteur par le New York Times et le New Yorker début octobre 2017, Harvey Weinstein a été accusé par une centaine d’actrices –dont Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow et Asia Argento–, de mannequins et d’ex-employées d’abus sexuels allant du harcèlement au viol.

Au fil des révélations du New York Times et du New Yorker, récompensés par le prix Pulitzer pour leurs enquêtes, il est apparu que Weinstein avait usé de son pouvoir, pendant près de 40 ans, pour obliger de jeunes actrices ou aspirantes actrices à céder à ses fantasmes sexuels, se faisant parfois aider par ses employés et achetant le silence de certaines victimes via des accords de confidentialité.

– « Un pas vers la justice » –

Il s’est aussi avéré que beaucoup de gens étaient au courant de son comportement, mais avaient préféré se taire souvent par peur de voir leur carrière ruinée par le producteur multi-oscarisé, longtemps vénéré pour avoir promu un cinéma original incarné par des réalisateurs comme Quentin Tarantino.

Les révélations ont fait l’effet d’une bombe. Des centaines de femmes, sous le hashtag #MeToo, se sont mis à témoigner sur des agressions sexuelles subies souvent des années plus tôt. Le mouvement a fait chuter des dizaines d’hommes de pouvoir dans des secteurs aussi divers que le cinéma, les médias, la mode, la gastronomie ou la musique.

Jeudi, le célèbre acteur Morgan Freeman est venu s’ajouter à la liste des accusés, huit femmes affirmant qu’il les avait harcelées sexuellement. Il a présenté des excuses.

L’annonce de l’arrestation du producteur, après des mois d’enquête par le procureur de Manhattan accusé de traîner des pieds, a été saluée par plusieurs figures du mouvement #MeToo.

« J’avais un besoin viscéral de le voir menotté », a déclaré vendredi sur la chaîne ABC l’ex-actrice Rose McGowan.

Dès l’annonce de son arrestation la veille, celle qui dit avoir été violée par Weinstein au festival de Sundance en 1997 avait salué son inculpation imminente comme « un pas de plus vers la justice ».

« C’est super cathartique pour beaucoup de victimes », avait aussi réagi jeudi Tarana Burke, fondatrice du #MeToo. « Nous assistons peut-être à un changement dans la façon dont les affaires de violences sexuelles sont traitées ».

Samedi dernier, lors de la clôture du festival de Cannes, l’actrice italienne Asia Argento, devenue une figure de proue du #MeToo, avait dénoncé haut et fort Weinstein, affirmant qu’il l’avait violée lors de l’édition 1997 du festival.

Romandie.com avec(©AFP / 25 mai 2018 15h40)