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Royaume-Uni : pourquoi les jours de Boris Johnson au 10 Downing Street sont comptés

janvier 16, 2022

Confronté à de multiples accusations portant sur le non-respect des règles du confinement au 10 Downing Street en 2020, Boris Johnson vacille malgré des excuses présentées mercredi au Parlement. Le Premier ministre est contesté par l’opposition travailliste et par des députés de son propre camp, où des Tories veulent organiser un vote de défiance pour le faire démissionner.

Bientôt la sortie pour le principal artisan du Brexit ? Boris Johnson est dans la tourmente depuis plusieurs semaines, à la suite de multiples affaires révélées par la presse britannique concernant le non-respect des règles du confinement au 10 Downing Street au printemps et à l’hiver 2020.

Dernière en date : des pots ont été organisés chaque vendredi à Downing Street pendant le confinement, a affirmé samedi 15 janvier le journal The Mirror. Photos à l’appui, le tabloïd explique que « tout au long de la pandémie, le personnel de Downing Street a organisé des ‘vendredis du vin’, Boris Johnson assistant régulièrement à ces rencontres. (…) Le Premier ministre encourageait ses collaborateurs à ‘se défouler’ malgré l’interdiction de se réunir à l’intérieur, conformément aux règles de confinement. » Et d’ajouter que ces « apéros du vendredi » étaient « programmés dans les agendas électroniques d’une cinquantaine d’employés du N° 10, entre 16 h et 19 h chaque semaine ».

Cette affaire, qui finit de fragiliser Boris Johnson, vient ponctuer un mois de révélations ayant constamment mis le Premier ministre sur le devant de la scène : la presse britannique a d’abord révélé et s’est indignée de la tenue d’une fête clandestine au 10 Downing Street en décembre 2020, au moment où les Britanniques étaient soumis à des restrictions sanitaires. Boris Johnson, qui a alors affirmé ne pas avoir été présent à cette fête, a promis des sanctions.

Une semaine plus tard, The Guardian et The Independent ont révélé que « Boris Johnson s’est joint au personnel du N° 10 pour une fête à Downing Street » en mai 2020, lors du premier confinement au Royaume-Uni. « Il s’agissait de réunions de personnes au travail parlant du travail », a justifié le Premier ministre quelques jours plus tard. 

Mais c’est la chaîne ITV qui a mis le feu aux poudres en révélant, le 10 janvier, que l’invitation à cette fête – intitulée « Apportez votre alcool » – a été envoyée « par courriel à une centaine de personnes par le secrétaire personnel de Boris Johnson, Martin Reynolds, et la fête a rassemblé une quarantaine de convives, dont le chef du gouvernement ».

« Politiquement, le Premier ministre est un mort-vivant »

Le « Partygate » a valu à Boris Johnson de présenter « du fond du cœur » ses excuses, mercredi, à la Chambre des communes, affirmant au sujet de la garden party de mai 2020 : « Je croyais implicitement que c’était un événement professionnel. »

L’opposition travailliste lui a répondu qu’il fallait qu’il démissionne. « La fête est finie, Boris Johnson », a lancé le chef de file du Labour, Keir Starmer. « Après des mois de tromperie, (voici) le spectacle pathétique d’un homme qui est arrivé au bout du chemin. Sa défense – il ne s’est pas rendu compte qu’il était à une fête – est tellement ridicule qu’elle est insultante pour le peuple britannique. »

The party is over @BorisJohnson.

Resign.— Keir Starmer (@Keir_Starmer) January 12, 2022

Face aux appels à sa démission, Boris Johnson a expliqué qu’il n’était pas en mesure d’anticiper les résultats de l’enquête interne menée par Sue Gray, secrétaire permanente du Cabinet Office, sur plusieurs événements organisés au 10 Downing Street pendant les périodes de confinement.

Cette enquête va durer au moins plusieurs semaines. « Il ne s’agit pas d’une enquête parlementaire formelle, d’une enquête menée par un juge (…), donc ce (ne sera) pas le dernier mot », estime auprès de Sky News Catherine Haddon, chargée de mission à l’Institute for Government. « Toutefois, le rapport pourrait contenir des éléments si explosifs et si accablants qu’ils provoqueraient une crise politique pour le Premier ministre. Il devra alors (…) obtenir suffisamment de soutien pour rester à la tête du pays. »

Et les soutiens se font rares actuellement pour Boris Johnson. Sa fin pourrait être précipitée avant même les conclusions de l’enquête de Sue Gray, tant certains députés de son propre camp politique semblent souhaiter sa démission. « Il me semble, j’en ai peur, que politiquement, le Premier ministre soit un mort-vivant », a déclaré le député conservateur Sir Roger Gale.

D’autres, comme le député conservateur William Wragg, considèrent que la position de Boris Johnson est « intenable ». « Il revient au Parti conservateur, si ce n’est au Premier ministre lui-même, de prendre cette décision », a aussi déclaré sur la BBC celui qui est le vice-président du Comité 1922. 

C’est d’ailleurs ce puissant comité, en charge de l’organisation parlementaire du Parti conservateur, qui pourrait pousser le Premier ministre à la démission. Plusieurs députés Tories ont déjà envoyé une lettre de défiance au Comité 1922, et il en faut au total 54 – soit 15 % des membres du groupe conservateur au Parlement – pour déclencher un vote de défiance qui conduirait probablement Boris Johnson à la démission.

Rishi Sunak et Liz Truss évoqués pour succéder à Boris Johnson

Cette situation de plus en plus tendue au sein du camp conservateur indique au moins que le Premier ministre est tombé « en disgrâce » vis-à-vis de ses pairs, comme l’explique à RFI Sophie Loussouarn, docteure spécialiste de l’histoire politique du Royaume-Uni : « Boris Johnson connaît la disgrâce après avoir gagné une majorité de 80 sièges à la Chambre des communes lors des dernières élections législatives, c’est-à-dire la plus grande victoire pour les conservateurs depuis 1987. (…) Ce soulèvement est une humiliation pour (lui), qui a perdu la confiance d’une partie de ses députés ».

Dans sa situation actuelle, Boris Johnson est sur un siège éjectable et les conversations pour lui succéder à la tête des Tories ont démarré bien avant les accusations qu’il affronte depuis des semaines, comme l’indiquait en décembre dernier The Independent.

Deux noms reviennent avec insistance pour briguer le poste de Premier ministre : le chancelier de l’Échiquier – le ministre chargé des Finances et du Trésor – Rishi Sunak et la ministre des Affaires étrangères Liz Truss, « l’un des ministres les plus expérimentés (du gouvernement) Johnson » selon Politico.

I’ve been on a visit all day today continuing work on our #PlanForJobs as well as meeting MPs to discuss the energy situation.

The PM was right to apologise and I support his request for patience while Sue Gray carries out her enquiry.— Rishi Sunak (@RishiSunak) January 12, 2022

Absent à la Chambre des communes mercredi lorsque Boris Johnson a présenté ses excuses, Rishi Sunak est soupçonné par plusieurs médias britanniques de prendre ses distances avec le Premier ministre en lui ayant apporté un soutien timoré dans un tweet : « (Boris Johnson) a bien fait de présenter ses excuses et je soutiens sa demande de faire preuve de patience; »

Dans l’immédiat, Boris Johnson entend s’attaquer à la « culture sous-jacente » à Downing Street ayant permis des fêtes pendant des périodes de confinement. Selon le Sunday Times, le Premier ministre va bientôt annoncer des mesures « pour sauver son poste », parmi lesquelles l’interdiction de l’alcool dans les bureaux du 10 Downing Street. Dont il reste pour le moment le locataire, même dans la tourmente.

Avec France24 par Jean-Luc Mounier

Gabon : le pays abrite-t-il le plus grand scandale de pédophilie de l’histoire du football ?

décembre 17, 2021
Patrick Assoumou Eyi, ancien entraîneur de l’équipe des moins de 17 ans du Gabon, est aujourd’hui directeur technique de la première ligue du pays. © DR

Une enquête du quotidien britannique « The Guardian » révèle des accusations de viol à l’encontre de Patrick Assoumou Eyi, ex-sélectionneur de l’équipe gabonaise des moins de 17 ans. Plusieurs centaines d’enfants auraient été abusés et des personnalités de la Fédération gabonaise de football seraient impliquées.

L’enquête n’en est encore qu’à ses prémices. Mais, selon l’un de ses auteurs, le journaliste Romain Molina, ce pourrait être « la plus grosse affaire de pédophilie de l’histoire du football ». D’après les témoignages recueillis par The Guardian, qui a publié le récit le 16 décembre, Patrick Assoumou Eyi est accusé d’avoir « violé, formé et exploité » de nombreux garçons, alors qu’il était sélectionneur des moins de 17 ans du Gabon, jusqu’en 2017, puis directeur technique de la Ligue de l’Estuaire, poste qu’il occupait encore avant la parution de l’enquête.

Une victime présumée résume les accusations : « Il m’a forcé à avoir des relations sexuelles avec lui. C’était la condition pour rester dans l’équipe nationale. […] “Capello” [son surnom] a violé tant de garçons qu’il allait parfois à la campagne pour en trouver de nouveaux. Il profitait de leur pauvreté. […] C’est la réalité du football gabonais depuis des décennies, mais personne ne peut arrêter le système. Les prédateurs sont trop nombreux… »

La Fegafoot impliquée ?

Deux autres victimes présumées ont également affirmé que Patrick Assoumou Eyi les avait maltraitées alors qu’elles avaient moins de 18 ans et fréquentaient l’Académie Club de Libreville, située à Akanda, entre 2017 et 2019. Un ancien joueur a quant à lui déclaré que l’entraîneur attirait les jeunes garçons chez lui et qu’il avait rebaptisé son domicile le « jardin d’Eden ».

La Fédération gabonaise de football (Fegafoot) était-elle au courant des soupçons pesant sur l’ancien sélectionneur ? Toujours dans The Guardian, un ancien responsable de la Fegafoot a affirmé qu’il avait tenté de faire part de ses préoccupations concernant des allégations d’abus sexuels lors d’une réunion du conseil d’administration en 2019. Il assure avoir ensuite été démis de ses fonctions. La Fegafoot nie cette version des faits et a précisé dans un communiqué n’avoir « jamais enregistré de plaintes relatives à un acte de cette nature ».

Une enquête ouverte par le ministère des Sports

Les victimes présumées ont quant à elles expliqué ne pas avoir contacté la police au Gabon par manque de confiance à l’égard des autorités. En revanche, une plainte a été déposée par la Fédération internationale des associations de footballeurs professionnels (Fifpro), le syndicat mondial des joueurs. « Nos enquêtes préliminaires ont donné des preuves cohérentes de témoins crédibles qui parlent tous d’une pratique continue et bien ancrée consistant à forcer les jeunes joueurs à avoir des relations sexuelles comme condition préalable aux opportunités de football », écrit le syndicat dans cette plainte consultée par The Guardian.

« On parle de plusieurs centaines de jeunes joueurs abusés, a expliqué Romain Molina sur Twitter. Patrick Assoumou Eyi n’est que le premier de la liste. Nous publierons un prochain volet des abus sexuels sur jeunes footballeurs au Gabon avec le nom d’autres prédateurs impliqués dans les hautes sphères du football gabonais. » Ce 17 décembre, le ministre des Sports a annoncé la suspension provisoire de Patrick Assoumou Eyi et l’ouverture d’une enquête à la suite des témoignages révélés par le quotidien britannique.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

France: La comédienne Charlotte Arnould accuse Gérard Depardieu de viols

décembre 17, 2021

La comédienne de 25 ans a affirmé sur Twitter avoir été violée en août 2018 par l’acteur, mis en examen depuis un an pour ces faits qu’il conteste.

« J’ai été violée par Gérard Depardieu en août 2018. » Vendredi 17 décembre, la comédienne Charlotte Arnould a affirmé sur Twitter être la victime des viols pour lesquels le principal intéressé est mis en examen depuis un an et qu’il conteste. L’acteur de 72 ans a été mis en examen pour « viols » et « agressions sexuelles » le 16 décembre 2020, pour des faits commis à l’été 2018, mais l’identité de sa victime était jusque-là inconnue.

« Je suis la victime de Depardieu… Ça fait un an pile qu’il est mis en examen. Je ne peux plus me taire… » écrit Charlotte Arnould sur son compte Twitter. Et d’ajouter : « Cela fait un an qu’il est mis en examen. Il travaille pendant que je passe mon temps à survivre. » « Cette vie m’échappe depuis 3 ans et j’ai envie de vivre sans me renier. Cette prise de parole risque d’être une secousse immense dans ma vie, je n’y gagne strictement rien si ce n’est l’espoir de récupérer mon intégrité », a déclaré la jeune femme de 25 ans originaire du Jura, estimant que « continuer à me taire, c’est m’enterrer vivante ».

Les investigations sont toujours en cours

Ni Me Élodie Tuaillon-Hibon, avocate de la plaignante, ni Me Hervé Temime, avocat de Gérard Depardieu, n’ont souhaité commenter cette prise de parole. Parmi les messages de soutien au tweet de Charlotte Arnould, l’autrice Florence Porcel, qui accuse elle-même l’ancien présentateur du 20 Heures Patrick Poivre d’Arvor de l’avoir violée, lui fait part de « tout (s)on soutien ». La plaignante avait dénoncé à la gendarmerie fin août 2018 deux viols au domicile parisien de la star quelques jours plus tôt. Elle avait obtenu à l’été 2020 que cette enquête, d’abord classée par le parquet de Paris, soit confiée à un juge d’instruction.

Depuis sa mise en examen, révélée par l’Agence France-Presse, Gérard Depardieu a été entendu au fond par la juge d’instruction. Il conteste les faits et a été laissé libre sans contrôle judiciaire. L’acteur a sollicité auprès de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris la nullité de sa mise en examen, mais la requête n’a pas encore été examinée. Des investigations sont encore en cours. Charlotte Arnould est comédienne mais également diplômée de danse classique et contemporaine, ainsi que de piano. Elle a joué dans une dizaine de courts-métrages et dans plusieurs pièces de théâtre. Elle a également réalisé les doublures voix pour plusieurs séries sur Netflix.

Par Le Point avec AFP

Grande-Bretagne: Le père de Boris Johnson accusé d’attouchements par deux femmes

novembre 16, 2021

Une députée conservatrice et une journaliste politique incriminent Stanley Johnson d’attouchements innapropriés en 2003 et 2019, rapporte la BBC.

Deux femmes ont accuse Stanley Johnson, le pere du Premier ministre britannique, de les avoir touchees de maniere inappropriee. (Image d'illustration)
Deux femmes ont accusé Stanley Johnson, le père du Premier ministre britannique, de les avoir touchées de manière inappropriée. (Image d’illustration)© BEN STANSALL / AFP

C’est une nouvelle polémique dont Boris Johnson se serait bien passé. Comme l’indique la BBC, le père du Premier ministre britannique, Stanley Johnson, est accusé par deux femmes issues du milieu politique de les avoir touchées de manière inappropriée. La députée conservatrice Caroline Nokes a affirmé que l’ancien député européen l’avait frappée « dans le dos aussi fort qu’il le pouvait » lors d’une conférence du parti conservateur à Blackpool en 2003, alors qu’elle était âgée de 31 ans. Interrogé sur cet acte par la chaîne Sky, Stanley Johnson a déclaré qu’il n’avait « aucun souvenir » de Caroline Nokes.

« Je pense que n’importe qui serait choqué que quelqu’un lui donne une claque sur les fesses, et c’est la réalité », a regretté l’élue britannique auprès de la BBC, estimant également que le père de Boris Johnson devrait « avouer et s’excuser ». Au moment des faits, Caroline Nokes était en campagne électorale pour briguer le mandat de députée dans la circonscription de Romsey dans le Hampshire lors des élections de 2005, au cours desquelles Stanley Johnson s’était quant à lui présenté à Teignbridge, dans le Devon. « Je n’ai pas réagi et j’en ai honte. Maintenant, je le ferais probablement », a-t-elle ajouté.

Stanley Johnson également visé par une journaliste politique 

À la suite de ces révélations, la journaliste politique et correspondante au Royaume-Uni du New Statesman, Ailbhe Rea, a fait savoir sur Twitter qu’elle avait été pelotée par Stanley Johnson lors de la conférence du Parti conservateur en 2019, à Manchester. « Je suis reconnaissante envers Caroline Nokes d’avoir dénoncé quelque chose qu’aucun de nous ne devrait avoir à supporter, notamment de la part du père du Premier ministre », a-t-elle également souligné. De son côté, Downing Street s’est refusé à tout commentaire et n’a pas indiqué si une enquête serait menée.

Par Le Point avec AFP

France/13-Novembre: les accusations de Zemmour envers Hollande suscitent l’indignation

novembre 14, 2021
13-Novembre: les accusations de Zemmour envers Hollande suscitent l'indignation
13-Novembre: les accusations de Zemmour envers Hollande suscitent l’indignation© AFP/Archives/Christophe SIMON

Eric Zemmour, un « profanateur de sépulture »: les accusations du polémiste envers François Hollande qui n’aurait pas « protégé les Français » contre les attentats de 2015, et sa venue samedi devant le Bataclan au soir des six ans des attaques, ont provoqué une vague d’indignation parmi victimes et politiques.

M. Zemmour, qui ne cache pas ses ambitions présidentielles, s’est rendu samedi soir devant le Bataclan où il a réitéré ses critiques envers l’ancien chef de l’Etat.

« Il savait qu’il y aurait des terroristes et n’a pas protégé les Français et a pris une décision criminelle de laisser les frontières ouvertes », a déclaré M. Zemmour devant la presse.

Vendredi à Bordeaux, le polémiste avait soutenu que « le pouvoir était au courant du danger et il a préféré que des Français meurent plutôt que d’empêcher des +migrants+ de venir en France« .

François Hollande s’est vivement élevé dimanche sur Radio J contre des déclarations « infondées, indécentes et indignes ». « Les terroristes du 13 novembre sont venus de Belgique, ils sont belges ou français », a-t-il souligné, rappelant les mesures prises pour « contrôler les arrivées extérieures » à l’UE.

« C’est indécent d’être devant le Bataclan, de parler de guerre de civilisation devant le bâtiment lui-même » en reprenant « le langage même des terroristes », a aussi relevé l’ancien président.

Et c’est « indigne parce que ça laisse penser que ceux qui ont dirigé la France sont des criminels », a ajouté François Hollande, invitant à mettre Eric Zemmour et ceux suivant sa « dérive » de « côté dans le pacte républicain ».

Le Premier ministre d’alors, Manuel Valls, a pointé sur Twitter les « mensonges distillés par ce personnage dont le seul but est de semer le doute et la haine ».

Marion Maréchal, nièce de Marine Le Pen et amie d’Eric Zemmour, a dit pour sa part affirmé dimanche, lors de l’émission le Grand rendez-vous sur Europe 1-Cnews-Les Echos, qu’elle ne croyait « à aucun moment qu’il y ait eu l’intentionnalité de François Hollande de causer la mort de qui que ce soit » mais que « son irresponsabilité à l’époque est une irresponsabilité criminelle ».

Sur LCI, le président par intérim du Rassemblement national, Jordan Bardella, a lui critiqué une « forme d’indécence » chez Eric Zemmour avec ses déclarations devant le « lieu martyr » du Bataclan. Toutefois, il a estimé que François Hollande avait une « responsabilité » dans la « hausse » du « terrorisme » à cause de sa politique migratoire.

Arthur Dénouveaux, président de l’association de victimes Life for Paris, a lui qualifié sur Twitter Eric Zemmour de « profanateur de sépulture »: « Aucun politique n’avait jamais parlé un 13 novembre sur un des sites visés ».

« C’est de la lâcheté politique que d’utiliser ces victimes. Ce n’est pas possible d’utiliser de fausses informations, infondées et injustes pour raviver cette douleur », a abondé sur BFMTV Me Samia Maktouf, avocate d’une quarantaine de parties civiles au procès en cours des attentats.

« Personne n’a envie d’entendre ce type de propos dans un moment de recueillement », a aussi déclaré Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté, sur Franceinfo dimanche. Son collègue à l’Economie Bruno Le Maire a affirmé vouloir « démasquer M. Zemmour quand il introduit de la division là où les Français ont été capables d’une unité exceptionnelle face au terrorisme, (et) dénoncer cette espèce de fascination morbide, malsaine, pour les terroristes » chez le polémiste.

« Sa parole de saltimbanque est sale et indigne de notre pays », a également jugé le vice-président de l’Assemblée Hugues Renson (LREM) sur Twitter, parmi d’autres élus de la majorité.

Par Le Point avec AFP

RDC : Koffi Olomidé rattrapé par son passif

octobre 28, 2021
Koffi Olomidé a de nouveau été jugé en appel à Versailles pour agressions sexuelles et séquestration sur quatre ex-danseuses le 25 octobre dernier © Jonathan Kimya

Après onze ans d’interdiction de séjour en France, il devait se produire à Paris le 27 novembre. Mais la star de la rumba congolaise doit désormais assumer son lourd passé judiciaire, dont des accusations de viol et séquestration sur mineure.

Cologne, dernier étage d’un luxueux gratte-ciel surplombant le Rhin. Koffi Olomidé, alors en promotion en Allemagne, rejoint la fête organisée en son honneur en août dernier par son nouveau label, Goldmann Records, escorté par la jeune chanteuse congolaise Anina Mwarabu, elle-même accompagnée d’une amie, une vingtaine de printemps au compteur. Une soirée privée qui a vu défiler une armada de jouvencelles réclamant tour à tour leurs selfies. L’occasion pour le vieux guerrier de la rumba congolaise, 63 ans, d’inverser les rôles et de jouer à son tour les paparazzi, en photographiant ces demoiselles en catimini.

Avec quarante-trois ans de carrière à son actif, Antoine Christophe Agbepa Mumba, de son vrai nom, a su traverser les générations et séduire tous les publics. Alors qu’il annonçait que 13e apôtre (2013) serait son dernier album, le voilà déterminé à entrer dans la « Légende », titre de son 39e opus à paraître courant novembre. « Faites semblant de mourir et vous verrez à quel point on vous aime et qui vous aime, récite-t-il. L’amour que je porte au public me commande de ne pas lui tourner le dos tout de suite. »

« Le concert de ma vie »

C’est en s’offrant la crème des artistes de la scène urbaine actuelle qu’il annonce son grand retour. Davido, Tiwa Savage, Kaaris, Ninho, Gradur… La liste des artistes nigérians et de la diaspora congolaise et ivoirienne invités sur ce nouvel album est longue. Un casting cinq étoiles qui marque la volonté pour l’inusable crooner de s’inscrire dans l’air du temps. « On ne peut plus faire de la musique sans featuring aujourd’hui », glisse la star derrière ses éternelles lunettes de soleil, lors de la conférence de presse qui s’est tenue un peu plus tôt le même jour devant une maigre assemblée de journalistes.

Après des heures d’attente, celui que l’on surnomme « le Rambo » – parmi une myriade d’autres noms de guerre – nous propose un entretien privé à son hôtel, avant de préciser qu’elle se déroulera dans le hall et non dans sa chambre. Proposition que l’on déclinera. L’échange aura lieu sur place, dans le bâtiment du label, en présence de son staff, manager et producteur compris.

IL OFFRE DE QUOI ALIMENTER LE DÉBAT SUR LA SÉPARATION ENTRE L’HOMME ET L’ARTISTE, QUASI INEXISTANT EN AFRIQUE DE L’OUEST

Montre XXL en or au poignet droit, bomber rouge constellé de strass et pantalon assorti, le grand manitou maîtrise l’art de la sape à la congolaise et conforte les rumeurs selon lesquelles il serait millionnaire. Une fortune qu’il doit à l’invention du tcha-tcho, genre qu’il s’enorgueillit d’avoir créé –refusant catégoriquement d’être assimilé à la rumba congolaise.

En 2000, il est le premier ressortissant d’Afrique subsaharienne à jouer à guichets fermés à Bercy devant 18 000 personnes. Vingt-et-un ans plus tard, Koffi Olomidé espère remplir l’imposant complexe de Paris La Défense Arena (40 000 places), et présenter son projet de 36 titres. « Nous jouerons aussi début septembre à Kinshasa, nous confiait l’été dernier le fondateur du mythique Quartier Latin – orchestre qui a vu passer des stars de la musique congolaise comme Fally Ipupa. C’est un plaisir de pouvoir se produire à nouveau devant les Congolais alors que les concerts redémarrent à peine. Cette date sera une répétition pour le concert de ma vie à La Défense Arena. »

Agressions sexuelles et séquestration

À quelques semaines seulement de l’événement parisien, on sent la pression monter, au regard du contexte sanitaire. « J’invite tous les Africains à se faire vacciner », serine-t-il. Passeport sanitaire oblige, le défi sera de taille. Mais l’événement est in fine annulé mi-octobre. Parmi les raisons invoquées sur le compte officiel de la salle de spectacle, la pandémie donc, qui aurait des conséquences « sur les voyages internationaux ». Et nombre de « koffiphiles » et de « koffinettes », comme le grand « mopao » (patron) aime appeler ses groupies, pointent la menace des Combattants, opposants congolais radicaux de la diaspora, et le risque de violences qu’aurait engendré un tel rassemblement.

Mais d’autres motifs, concernant directement Koffi Olomidé, ont pu motiver cette annulation… Adoubé par les uns, jugé pornographe par les autres en raison de ses paroles et de ses clips de plus en plus vulgaires, la star de la rumba offre de quoi alimenter le débat sur la séparation entre l’homme et l’artiste, pour l’heure quasi inexistant en Afrique de l’Ouest. Son passé judiciaire est lourd et inclut une condamnation en 2019, en France, pour viol sur mineure de moins de 15 ans et séquestration sur quatre de ses danseuses (des faits qui ont eu lieu entre 2002 et 2006 dans un pavillon qu’il louait à Asnières). Jugé en première instance par le tribunal de Nanterre, il a écopé d’une peine de deux ans avec sursis au lieu des sept ans d’enfermement ferme requis par le ministère public.

LE 25 OCTOBRE, LE PARQUET GÉNÉRAL A REQUIS HUIT ANS DE PRISON FERME À SON ENCONTRE

Lorsque l’on évoque ce passé, le visage de Koffi se ferme et le ton de sa voix devient grave. « J’ai été dans l’impossibilité de venir en France pendant onze ans, rappelle-t-il, remonté. Aujourd’hui, je passe les frontières normalement, cela ne peut pas ne rien signifier. La justice a répondu à la question. C’est tout », tranche-t-il. Mais la justice n’avait pas dit son dernier mot. L’intéressé a de nouveau été jugé en appel à Versailles pour agressions sexuelles et séquestration sur quatre ex-danseuses le 25 octobre dernier. Le parquet général a requis huit ans de prison ferme à son encontre.

Et quid aujourd’hui des conditions de travail de ces danseuses qui officiaient sans contrat pour un salaire de misère (100 euros pour un concert de minuit à six heures de matin selon un témoignage rapporté dans le dossier judiciaire) ? Le protégé de feu Papa Wemba, auteur d’une agression filmée sur l’une d’elles en 2016. avoue avoir du mal à les payer, mais affirme s’y tenir. Il s’emporte et précise que s’il était une personne peu fréquentable, les artistes ne travailleraient pas pour lui. « Dans tous les groupes congolais, même en Côte d’Ivoire et au Cameroun, il y a une quarantaine de danseuses… Pourquoi elles intégreraient ces groupes si les conditions n’étaient pas bonnes ? » s’agace-t-il.

Peur de représailles

Pendant quelques minutes pesantes, Koffi Olomidé semble pour la première fois désarçonné et regrette d’en avoir trop dit. Rapidement, il change de sujet et évoque son arrestation de 2006, alors qu’il voyageait en train vers Lyon avec son groupe Quartier Latin, muni de billets achetés frauduleusement avec des chèques en bois. L’occasion pour la star, qui a été condamnée pour fraude fiscale, d’incriminer son ancien producteur, responsable de l’achat desdits billets. Et de rappeler que l’ensemble de l’équipe a été soumis à un interrogatoire. Selon lui, les danseuses – interrogées séparément – auraient alors eu tout le loisir de témoigner contre lui.

L’UNE DES DANSEUSES QUI A TÉMOIGNÉ CONTRE LUI A DÉCLARÉ AVOIR FAIT UNE TENTATIVE DE SUICIDE

Il affirme que le rêve des jeunes femmes qui l’accusent était de vivre en France et d’obtenir des papiers auprès d’associations. « Mais à l’ambassade de France, je m’étais engagé à ce que l’ensemble du groupe revienne au Congo. Si quelqu’un était resté sur le sol français, je n’aurais pas pu obtenir de visas pour le groupe dans le futur », se défend-il sans jamais revenir sur les accusations d’agressions. Selon lui, depuis cette affaire, aucune des danseuses d’alors n’a pu poursuivre sa carrière. Et pour cause, les quatre danseuses congolaises qui ont porté plainte, et qui ont été partie civile au procès, n’ont jamais remis les pieds en RDC par « peur » de représailles du chanteur. L’une d’entre elle a déclaré avoir fait une tentative de suicide.

« Les femmes sont très bien protégées, il faut aussi écouter notre point de vue », lâche ce père de famille, qui cite sans relâche sa fille Didi-Stone, promise à une belle carrière de mannequin, comme étant sa digne héritière. « Je suis un homme honnête, qui prend les jeunes par la main, j’ai fait des featuring avec des artistes à peine connus », tient à préciser celui qui a fondé le label Koffi Central pour soutenir la jeune garde de la musique congolaise.

Koffi Olomidé ne veut pas être un homme du passé, encore moins du passif. Et de toute évidence, les institutions culturelles et politiques africaines ne font pas grand cas de ces affaires. L’artiste s’est même vu remettre la médaille du Mérite des arts, des sciences et des lettres par le président de l’Assemblée nationale congolaise, Aubin Minaku, en 2015. L’avenir du chanteur dépend pourtant désormais en grande partie d’un jugement mis en délibéré à une date encore inconnue…

Avec Jeune Afrique par Eva Sauphie

Côte d’Ivoire : ce que l’on sait de la plainte pour viol contre le ministre KKB

septembre 29, 2021
Kouadio Konan Bertin, en novembre 2019 à Paris. © Vincent Fournier/JA

Une enquête a été ouverte après des accusations de viol émanant d’une chanteuse ivoiro-camerounaise contre Kouadio Konan Bertin, dit « KKB », le ministre de la Réconciliation nationale.

L’enquête ouverte à Abidjan contre le ministre ivoirien de la Réconciliation nationale, Kouadio Konan Bertin, dit « KKB », fait suite à une plainte pour viol déposée en début de semaine à la gendarmerie par S.D., une artiste ivoiro-camerounaise. Cette dernière, ainsi que son conjoint, ont été entendus mardi 28 septembre par les enquêteurs. Elle accuse l’ancien candidat à la présidentielle de l’avoir agressée lors d’un déplacement en province en avril dernier.

Invité par la télévision nationale, la RTI, à une l’émission politique « RTI1 reçoit », KKB dit n’avoir « rien à (se) reprocher » : « Je vais rassurer les Ivoiriens, pour leur dire que je n’ai rien à me reprocher, sauf que c’est un dossier pénal qui est aujourd’hui entre les mains de la justice. Il appartient à mes avocats de l’évoquer. Dans les prochains jours, [ils] donneront des éléments pour rassurer ».

Son entourage affirme qu’il a lui-même déposé une plainte au Parquet contre son accusatrice pour « escroquerie » et « diffamation ».  Le ministère de la Justice a confirmé mercredi 29 septembre le dépôt de ces deux plaintes, sans fournir plus de détails, précisant que « les faits seront qualifiés au terme des enquêtes ».

Candidat à la présidentielle

Dans un communiqué, l’association « La Ligue ivoirienne des droits des femmes » précise avoir été saisie ce mercredi, dans la matinée, par « Madame S.D, relativement à une accusation de viol contre le ministre KKB ». L’association « demande aux autorités judiciaires d’enquêter sur cette affaire afin que la lumière soit faite » et assure qu’elle accompagnera la victime présumée dans sa procédure.

Enfin, « la Ligue rappelle qu’elle se tient aux côtés de toutes les victimes de violences afin qu’elles ne soient plus jamais seules ».

Seul candidat à avoir affronté Alassane Ouattara dans les urnes lors de la présidentielle de 2020, Kouadio Konan Bertin, 53 ans, ancien cadre du PDCI et ancien député de Port-Bouët (de 2011 à 2016) a été nommé ministre de la Réconciliation nationale le 15 décembre.

Il avait refusé de rallier le reste de l’opposition qui avait appelé au « boycott actif » du scrutin. Sa décision d’aller à l’élection avait alors charrié son lot de suspicions, l’opposition l’accusant de faire le jeu du pouvoir. Il avait récolté 1,99% des suffrages exprimés.

Avec Jeune Afrique par Florence Richard

Madagascar-Le ministre Brice en accusation : Toujours suspendu de ses fonctions

août 20, 2021

Au nom de la raison d’Etat et pour des tas de raisons, les rumeurs sur son passé  ont provoqué des tourbillons de commentaires sur les réseaux sociaux. Dans un premier temps, Brice Randrianasolo, ce membre du gouvernement nommé officiellement le dimanche 15 août 2021, avait tenté de se défendre sans succès apparemment pour se blanchir de toutes les accusations vraies ou fausses portées sur ses activités passées. La situation aurait pu évoluer jusqu’à la publication des décisions officielles émanant du Conseil des ministres d’hier. Silence total sur son cas… Certaines rédactions prétendent avoir reçu des indiscrétions de sources non officielles faisant état d’abord d’une «démission» du nouveau responsable du département des Mines et des Ressources Stratégiques.

Brice Randrianasolo

La série de passations de fonction entre les ministres a continué toute la journée d’hier. Jusque très tard dans la nuit, une confirmation ou un démenti sur le largage de l’intéressé occupait les conversations des salons et même des trottoirs… Tout le monde attendait une décision du Président de la République en personne pour statuer sur le sort de celui qui a été «suspendu» par le Premier ministre Christian Ntsay. Selon Actu de Tana, «Brice Randrianasolo est attendu de pied ferme par la Justice française » à propos de quatre accusations. Si à Madagascar, la poursuite judiciaire le concernant fait l’objet d’une «relaxe», la menace de ces procédures qui l’attendent à l’étranger aurait-elle suffi pour l’obliger à démissionner ?

Déjà, lors de son discours de présentation de cette nouvelle équipe gouvernementale, le Président a eu des mots très durs allant jusqu’à confirmer que «chaque personne peut être remplacée à son poste» sera désormais la règle. Et ce n’est pas pour tel ou tel prétexte qu’il va faire du sentiment. Peut-être bien que pour servir d’exemple aux candidats à des déviations et autres dérives qui risqueraient de porter atteinte à l’image du pouvoir, pour le dossier Brice Randrianasolo, Andry Rajoelina ne fera pas preuve de faiblesse. Pour tous, le message est lancé : nul ne pourra tenir le Président de la République «en laisse»… encore moins sous pression.

Par La Gazette de La Grande Ile avec Noël Razafilahy

Agé de 100 ans, un ancien gardien de camp nazi bientôt jugé en Allemagne, selon Welt am Sonntag

août 1, 2021

AGÉ DE 100 ANS, UN ANCIEN GARDIEN DE CAMP NAZI BIENTÔT JUGÉ EN ALLEMAGNE, SELON WELT AM SONNTAG

© Reuters/HANNIBAL HANSCHKE

FRANCFORT (Reuters) – Un ancien gardien du camp de concentration nazi de Sachsenhausen, près de Berlin, sera jugé à l’automne en Allemagne quelque 76 ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, rapporte dimanche Welt am Sonntag.

Selon le journal dominical allemand, le tribunal de district de Neuruppin a retenu contre lui les accusations de complicité de meurtre sur 3.500 personnes, et le procès doit commencer en octobre.

L’accusé, aujourd’hui âgé de 100 ans, devrait être en mesure de supporter deux heures à deux heures et demie d’audience par jour, a précisé au journal un porte-parole du tribunal.

Ce dernier n’était pas disponible dans l’immédiat pour faire un commentaire.

L’accusé, dont le nom n’a pas été rendu public conformément aux règles en vigueur dans les médias allemands sur l’identité des suspects, aurait travaillé entre 1942 et 1945 dans le camp où 200.000 personnes ont été emprisonnées, et 20.000 assassinées.

Bien que le nombre de responsables des crimes nazis ne cesse de diminuer avec le temps, les magistrats tentent toujours de traduire en justice tout individu soupçonné d’avoir participé aux horreurs de la seconde guerre mondiale.

La première condamnation en 2011 d’une personne ayant travaillé dans un camp de concentration a fait jurisprudence, ouvrant la voie à d’autres procédures puisqu’une telle fonction est désormais passible de poursuites, sans que la preuve d’un crime spécifique soit apportée.

Par Reuters avec (Reportage Arno Schuetze, Gilles Guillaume pour la version française)

Canada/Le policier du SPVM accusé d’agression sexuelle insiste: il «voulait juste aider»

juillet 16, 2021

MONTRÉAL — Le policier de Montréal accusé d’avoir agressé sexuellement une femme dans un hôtel après l’avoir rencontrée en détention a été interrogé par le procureur jeudi sur les décisions qu’il a prises cette nuit-là.

© Fournis par La Presse Canadienne

Roger Fréchette, âgé de 56 ans, fait face à un chef d’accusation d’agression sexuelle contre une femme de l’Ontario en visite à Montréal en février 2019. Il a été le premier policier à être accusé à la suite d’une enquête indépendante menée par le Bureau des enquêtes indépendantes.

La victime présumée est une femme dans la quarantaine dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication.

Elle a témoigné cette semaine que l’agent Fréchette a fait des commentaires sur ses parties intimes alors qu’elle était partiellement nue dans sa cellule et l’a ensuite emmenée dans sa chambre d’hôtel, où il l’aurait pelotée, aurait léché son cou, aurait touché à ses parties génitales et aurait pris la main de la femme pour la mettre sur son entrejambe.

La procureure Andrée-Anne Tremblay a interrogé Roger Fréchette sur ses gestes aux petites heures le 18 février après l’arrestation de la femme pour une présumée intoxication publique.

Interrogé par Me Tremblay sur la raison pour laquelle il a passé autant de temps avec la femme et s’est attardé à l’extérieur de sa cellule alors qu’elle était partiellement nue, l’agent Fréchette a déclaré au tribunal que la femme était agitée, criait et semblait se calmer lorsqu’il était présent. Il a déclaré au tribunal qu’elle ne semblait pas mal à l’aise de sa présence et qu’il n’y avait aucune policière au travail cette nuit-là.

Roger Fréchette a nié avoir fait des commentaires de nature sexuelle ou l’avoir agressée, affirmant au tribunal qu’il essayait seulement d’aider la femme, qui n’avait ni argent ni amis à Montréal, à retourner à son hôtel. Il a dit qu’il n’était pas attiré sexuellement par elle.

Il a soutenu qu’il avait décidé de la conduire dans son véhicule personnel après son quart de travail parce qu’il faisait froid dehors. «J’avais beaucoup de temps libre, je n’étais pas occupé, a déclaré Fréchette au tribunal. Je voulais m’assurer qu’elle allait bien.»

Il l’a suivie dans l’hôtel et a décidé de s’assurer qu’elle rentre dans sa chambre. Alors qu’il était sur le point de partir, Roger Fréchette a affirmé qu’elle l’avait invité dans la pièce pour discuter.

Il a déclaré qu’il a passé au total une quarantaine de minutes dans l’hôtel et que la femme avait essayé de le convaincre de la ramener chez elle ou de payer un billet de train. Lorsqu’il a refusé, Roger Fréchette a témoigné qu’elle l’a léché et lui a attrapé le pénis à travers son pantalon. Il a dit avoir quitté après avoir nettoyé la salive de son visage.

Me Tremblay a demandé à Roger Fréchette pourquoi il n’avait pas adopté une approche différente, comme demander qu’une voiture de patrouille la ramène à l’hôtel ou simplement lui donner des directions.

«Avec le recul, il y avait d’autres solutions. J’aurais pu lui acheter un billet d’autobus ou payer un taxi», a déclaré Roger Fréchette. Mais il a dit qu’il savait qu’elle avait besoin d’aide et qu’il cherchait à passer le temps avant un rendez-vous à l’hôpital ce matin-là.

Un extrait vidéo de six minutes a également été présenté à Roger Fréchette dans lequel on le voit parler à la victime présumée avant qu’elle ne soit relâchée, ce qui coïncidait avec la fin de son quart de travail. Il a dit qu’il vérifiait si elle était suffisamment sobre pour être libérée, mais qu’il ne se souvenait pas des détails de la discussion.

Le policier ayant 34 années de service, qui avait passé une décennie à superviser les cellules d’un centre de détention du centre-ville de Montréal, a déclaré que c’était la première fois qu’il escortait un détenu après son quart de travail. Il est désormais suspendu avec solde.

Le procès reprendra le 18 octobre.

Avec Sidhartha Banerjee, La Presse Canadienne