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Mariah Carey accusée de violation des droits d’auteur

juin 4, 2022

Le plaignant, Andy Stone, affirme avoir co-écrit et enregistré une chanson du même nom en 1989, sans avoir jamais donné la permission de l’utiliser.

Maria Carey est dans la tourmente apres des accusations de plagiat sur un de ses titres phares.
Maria Carey est dans la tourmente après des accusations de plagiat sur un de ses titres phares. © ANGELA WEISS / AFP

C’est le tube incontournable des fêtes de fin d’année: la chanteuse américaine Mariah Carey est accusée de violation des droits d’auteur pour son entêtant « All I Want for Christmas Is You », par un artiste qui lui réclame 20 millions de dollars. Le plaignant, Andy Stone, affirme avoir co-écrit et enregistré une chanson du même nom en 1989, sans avoir jamais donné la permission de l’utiliser, selon le texte d’une plainte déposée vendredi en Louisiane. Il réclame 20 millions de dollars de dommages et intérêts à Mariah Carey, dont le titre est quant à lui sorti en 1994.

Andy Stone accuse la chanteuse et Walter Afanasieff, qui a co-écrit la ritournelle de Noël, d’avoir « engagé consciemment, volontairement et intentionnellement une démarche visant à violer » son droit d’auteur. « All I Want for Christmas Is You » est l’un des titres les plus diffusés de tous les temps: il a dominé les ventes dans plus d’une vingtaine de pays, et il est abondamment diffusé chaque fin d’année.

Le tube s’est vendu à 16 millions d’exemplaires et il aurait à lui seul rapporté quelque 60 millions de dollars à Mariah Carey en trois décennies. La chanson d’Andy Stone, enregistrée avec son groupe « Vince Vance and the Valiants », a elle connu un succès modéré auprès des amateurs de musique country. Si les deux chansons portent le même titre, les musiques et les paroles diffèrent.

Andy Stone n’en reproche pas moins à la chanteuse, une trentaine d’années après, d’avoir cherché à « exploiter la popularité et le style unique » de son titre, créant par là de la « confusion ». Le document déposé auprès de la justice de Louisiane indique que les avocats du plaignant ont contacté Mariah Carey et son co-auteur l’an dernier, mais n’ont « pas réussi à trouver un accord ». Les représentants de la chanteuse n’étaient pas immédiatement disponibles pour un commentaire. Au total, quelque 177 chansons portant le titre « All I Want for Christmas Is You » sont enregistrées sur le site internet du Bureau américain des droits d’auteur (United States Copyright Office).

Par Le Point avec AFP

RDC : Kinshasa accuse le Rwanda d’attaques sur son sol

mai 27, 2022

Alors que des affrontements entre l’armée et les combattants du M23 se déroulent désormais à une vingtaine de kilomètres de Goma, le chef de la diplomatie congolaise a clairement pointé du doigt la responsabilité de Kigali. Le Rwanda dément toute action militaire en RDC.

La rébellion du M23 menace toujours la ville de Goma, où l’armée congolaise est déployée. © Beatrice PETIT/REPORTERS-REA

L’inquiétude monte à Goma. « J’ai peur, je crains que le M23 arrive, il faut que l’armée repousse les rebelles », s’inquiète auprès de l’AFP Charlotte Kavira, vendeuse d’une trentaine d’années, à l’instar de nombreux habitants de la ville de l’Est de la RDC, où des renforts policiers sont visibles aux carrefours stratégiques. D’autres restent cependant confiants et poursuivent leurs activités, comme Muinguko Tulinabo, motard, qui considère que « la guerre est encore loin ».

« Des soupçons se cristallisent sur un soutien qu’aurait reçu le M23 de la part du Rwanda », déclarait mercredi soir le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, au sortir d’une réunion de crise autour du Premier ministre.

À cause de la situation sécuritaire, le président congolais Félix Tshisekedi a annulé sa venue au sommet de l’Union africaine à Malabo, qui s’ouvre ce vendredi 27 mai pour deux jours. Mais hier, depuis la Guinée équatoriale, son chef de la diplomatie, Christophe Lutundula, n’a pas mâché ses mots : « le Rwanda, je le dis sans hésitation, a attaqué le camp de Rumangabo », importante base des forces armées de RDC (FARDC) à une quarantaine de km au nord de Goma. Selon des sources locales, des combats se sont poursuivis jeudi 26 mai aux abords de ce camp, qui abrite le quartier général du parc national des Virunga, célèbre pour ses gorilles de montagne.

« Le M23 est soutenu par le Rwanda »

« Le M23 soutenu par le Rwanda a attaqué les troupes internationales » de l’ONU, a poursuivi le ministre, selon une vidéo mise en ligne par ses services. « C’est le summum de l’outrecuidance, nous ne pouvons pas rester indifférents, nous ne pouvons pas ne rien dire », a-t-il ajouté.

L’armée congolaise avait auparavant affirmé que « plus de 20 obus » venus de « l’Est » étaient tombés en territoire congolais, où des effets militaires dont les rebelles du M23 ne sont pas censés être équipés avaient par ailleurs été découverts. Elle ajoutait avoir demandé une enquête au Mécanisme de vérification conjoint élargi (MCVE), un organisme régional qui surveille et mène des enquêtes sur les incidents de sécurité dans la région des Grands Lacs.

Ancienne rébellion tutsi, le M23, pour « Mouvement du 23 mars », avait brièvement occupé Goma fin 2012 avant d’être vaincu l’année suivante par l’armée congolaise. Il est réapparu en fin d’année dernière, en reprochant aux autorités de Kinshasa de ne pas avoir respecté des engagements sur la démobilisation de ses combattants.

Lundi, c’était le Rwanda qui demandait une enquête au MCVE, affirmant que des roquettes venues de RDC avaient fait plusieurs blessés en territoire rwandais.

« Discours de haine »

Dans une déclaration de sa porte-parole Yolande Makolo, transmise à l’AFP, le gouvernement rwandais a réfuté les accusations congolaises. « Alors qu’il serait légitime que le Rwanda réponde aux attaques répétées des FARDC sur son territoire, il n’est pas impliqué dans les combats en cours », affirme Kigali, en qualifiant ces affrontements de « conflit intra-congolais ».

Les relations historiquement compliquées entre Kinshasa et Kigali s’étaient apaisées après l’arrivée au pouvoir, début 2019, de Félix Tshisekedi. Mais la résurgence du M23 a ravivé les tensions.

Depuis mardi, un nouveau front a été ouvert, lorsque des combats ont éclaté autour de Kibumba, à une vingtaine de km au nord de Goma, provoquant de nouveaux déplacements de populations et la coupure de la RN4, axe vital pour l’approvisionnement de la ville. La région de Kibumba était calme jeudi 26 mai, mais la route demeurait fermée.

Dans la ville, la tension était montée d’un cran la veille lorsqu’un haut responsable de la police, le général François-Xavier Aba van Ang, a encouragé les habitants à préparer leurs machettes pour se défendre. « La guerre contre l’ennemi doit devenir populaire », disait-il en lingala lors d’une parade de policiers.

Des organisations de défense des droits humains se sont émues de ces propos dans cette région ultrasensible. Sur Twitter, le porte-parole du gouvernement a lui aussi estimé que « le recours aux machettes, au discours de la haine, à la stigmatisation, est extrêmement dangereux et à bannir ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Canada: Des accusations de « fraudes » au cœur du recrutement massif d’étudiants étrangers

avril 11, 2022

« Faux reçus », « détournement de fonds », « abus de pouvoir » : des acteurs liés au recrutement d’étudiants indiens au Québec font désormais l’objet d’accusations criminelles. Un procès aura lieu l’an prochain.

Ancienne directrice du département international de la Commission scolaire Lester B. Pearson, Caroline Mastantuono fait l’objet de plusieurs accusations criminelles. Photo: Facebook/Rising Phoenix International

« Pandore ». C’est le nom de code donné par l’Unité permanente anticorruption (UPAC), qui a enquêté depuis 2016 sur des allégations de « fraudes », mais aussi de « fabrication et d’usage de documents falsifiés » au sein de la Commission scolaire Lester B. Pearson.

Jusqu’à ce jour, aucun détail n’avait filtré et une ordonnance de non-publication, aujourd’hui levée, avait été émise. Seuls des « infractions criminelles » et des « actes illégaux » avaient été brièvement mentionnés par le procureur, au cours d’une première audience.

CBC/Radio-Canada a obtenu un résumé déposé en cour par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), faisant état d’allégations de fraude, de fabrication et utilisation de faux documents et d’abus de pouvoir, qui seront présentées dans quelques mois à un juge, plus de six ans après l’évocation par le gouvernement du Québec(Nouvelle fenêtre) de pratiques irrégulières dans ce domaine.

Ces éléments n’ont pas encore été prouvés devant les tribunaux. Un procès de trois semaines est prévu dès janvier 2023 à cet effet et plus d’une cinquantaine de témoins devraient être appelés à la barre.

Les personnes visées par ces accusations(Nouvelle fenêtre)? Une femme d’affaires montréalaise, sa fille et un chef d’entreprise, qui se sont spécialisés durant une dizaine d’années dans le recrutement d’étudiants internationaux, d’abord dans le domaine de l’enseignement public, avant de lancer leurs propres collèges privés.

Ces personnes, par respect pour la Cour et le processus judiciaire, n’ont voulu émettre aucun commentaire. Elles ont cependant enregistré un plaidoyer de non-culpabilité, ont indiqué leurs avocats à Radio-Canada, tout en précisant que [leurs] clients n’ont pas eu l’occasion encore de répondre dans la procédure judiciaire.

Caroline Mastantuono et Naveen Kolan ont travaillé ensemble pour la Commission scolaire Lester B. Pearson. On les voit ensemble, en 2013, dans un événement. Photo : Facebook/Edu Edge

Accusations de fabrication de faux documents

Tout aurait commencé en 2012. Caroline Mastantuono dirigeait le département international de Lester B. Pearson, un établissement scolaire anglophone de Montréal. Un partenariat est signé avec la firme de recrutement Edu Edge, dirigée par l’homme d’affaires Naveen Kolan.

L’objectif? Augmenter le nombre d’étudiants internationaux, particulièrement indiens, dans l’établissement.

Deux stratagèmes destinés à commettre des fraudes sont alors mis en place, argue le Directeur des poursuites criminelles et pénalesDPCP dans un résumé des faits déposé en cour en février. Celui-ci se penche sur des actions qui auraient été commises entre 2014 et 2016.

D’après ce document, Caroline Mastantuono et Naveen Kolan auraient demandé à des membres de la Commission scolaire de créer de faux reçus de paiement des frais de scolarité pour des étudiants indiens, même si ces derniers n’avaient pas versé entièrement ces sommes ou n’étaient pas en mesure de prouver leur capacité financière. Ces reçus auraient ensuite permis à ces étudiants, recrutés par Edu Edge, d’obtenir leur permis d’études.

La fille de Caroline Mastantuono, Christina, aurait entre autres été responsable de produire ces faux reçus qui ont trompé le ministère de l’Immigration. À l’instar de sa mère et Naveen Kolan, elle fait l’objet de plusieurs accusations criminelles.

Cette façon de faire, écrit le Directeur des poursuites criminelles et pénalesDPCP, aurait permis à Edu Edge de facturer à la Commission scolaire des frais de commissions liées au recrutement.

Le risque global de préjudice financier, pour Lester B. Pearson, est estimé à près 1,5 million de dollars.

Caroline Mastantuono et sa fille Christina ont été employées par la Commission scolaire Lester B. Pearson, avant de faire l’objet d’accusations criminelles. Photo: Facebook/Rising Phoenix International

Détournement de fonds, selon le DPCP

Un détournement de fonds est également évoqué. Selon le Directeur des poursuites criminelles et pénalesDPCP, une entreprise liée à la femme de Naveen Kolan a reçu plusieurs chèques de la Commission scolaire pour des frais de recrutement de 25 étudiants.

Problème, ces étudiants se seraient inscrits directement auprès de la Commission scolaire et ne seraient passés par aucun intermédiaire. Près de 77 000 $ auraient malgré tout été versés à cette entreprise enregistrée en Colombie-Britannique.

Par ailleurs, selon le Directeur des poursuites criminelles et pénalesDPCP, aucun accord de recrutement n’existe entre cette firme et la Commission scolaire, qui n’a pas voulu émettre de commentaires en raison de la procédure en cours.

L’UPAC a entamé son enquête à la Commission scolaire Lester B. Pearson en 2016. Photo : Radio-Canada/ Charles Contant

Une procédure au civil

L’UPAC n’est pas la seule entité à avoir mené une enquête. Dès 2016, la Commission scolaire Lester B. Pearson a fait appel à Langlois, un cabinet d’avocats, pour vérifier les activités du département international de l’établissement public.

Ce rapport, que nous avons pu consulter, parle notamment d’un manque de transparence de la part de Caroline Mastantuono. Des employés sous sa supervision auraient également travaillé au profit des entreprises de Naveen Kolan, qui détenait, dans le même temps, un collège privé à Montréal.

Lester B. Pearson a décidé, en septembre 2016, de licencier Caroline Mastantuono, employée par la Commission scolaire depuis 1990.

À l’époque(Nouvelle fenêtre), la directrice du département international se disait victime d’une vengeance de l’ancienne présidente de l’établissement, Suanne Stein Day, qui aurait, selon elle, enfreint des règles éthiques.

Les éléments reprochés à Caroline Mastantuono sont pourtant bien différents, selon une lettre, signifiée par huissier, qui lui a été envoyée en juillet 2016 par le directeur général de la Commission scolaire, Michael Chechile. Celle-ci est intitulée Recommandation pour votre licenciement.

Nous avons obtenu ce document de trois pages, dévoilé récemment par CBC(Nouvelle fenêtre), ainsi que le compte rendu d’une rencontre, quelques semaines plus tard.

Naveen Kolan, à droite, avait signé une entente avec les représentants de Lester B. Pearson en 2012. Photo : Facebook/Edu Edge

Aux yeux de Michael Chechile, Caroline Mastantuono aurait fait preuve d’insubordination et aurait participé à plusieurs irrégularités dans le département qu’elle dirigeait. Des employés sous sa supervision auraient reçu l’ordre de faire de fausses déclarations aux autorités gouvernementales au sujet des frais de scolarité, souligne-t-il. Des courriels et des données d’un disque dur appartenant à l’établissement auraient aussi été effacés, poursuit Michael Chechile.

Par la suite, selon la retranscription d’une rencontre entre des représentants de Lester B. Pearson et Caroline Mastantuono, cette dernière a nié ces accusations. Je n’ai jamais donné l’ordre à mes employés de mentir aux autorités gouvernementales, a-t-elle clamé, tout en assurant avoir effacé des éléments bancaires personnels de son ordinateur.

Fin 2016, la Commission scolaire a lancé une procédure au civil contre Edu Edge, en réclamant une reddition de compte à la suite des sommes importantes collectées appartenant, selon ses dires, à l’institution publique.

Cette procédure est toujours en cours et, désormais, Edu Edge demande 5,5 millions de dollars à Lester B. Pearson pour des frais que la firme estime lui être dus. L’avocat de la Commission scolaire n’a voulu émettre aucun commentaire et celui d’Edu Edge n’a pas répondu à nos questions.

Le Collège M, situé dans l’arrondissement de LaSalle, à Montréal, a ouvert ses portes en janvier 2020. Photo: Radio-Canada/ Ivanoh Demers

Différents collèges privés lancés

Caroline et Christina Mastantuono ont été arrêtées par l’UPAC en novembre 2020. Naveen Kolan, à l’étranger à cette période, a quant à lui été arrêté en janvier 2021. Ils sont accusés de fraudes, d’abus de confiance, d’usage et de production de faux documents.

Entre 2016 et ces accusations, en 2020, les Mastantuono et Kolan ont fait partie des personnages centraux dans l’augmentation, massive, de collèges privés non subventionnés au Québec. En peu de temps, le nombre d’étudiants indiens inscrits dans ces établissements a explosé.

À la fin de l’année 2020, le gouvernement Legault a déclenché une enquête, à la suite de doutes concernant la qualité de l’enseignement et un éventuel détournement du processus d’immigration.

Le gouvernement de François Legault a lancé des enquêtes à la fin de l’année 2020. Selon la ministre Danielle McCann, des collèges ont exploité des « failles » des lois actuelles. Photo: La Presse Canadienne/Jacques Boissinot

Caroline Mastantuono a fondé, avec ses deux enfants, la firme de recrutement Rising Phoenix International. Elle a également créé le Collège M du Canada, à Montréal, qui a ouvert ses portes début 2020.

Dans le même temps, elle a fait l’acquisition du Collège de l’Estrie, à Sherbrooke, et du Collège de comptabilité et de secrétariat du Québec (CCSQ), à Longueuil. Impliquée dans plusieurs transactions immobilières, la famille Mastantuono a aussi tenté d’agrandir son empire à Gatineau, mais Québec a rejeté leur demande de permis.

Avec Rising Phoenix International, elle a également eu des ententes afin de recruter des étudiants indiens pour d’autres collèges privés, mais aussi des cégeps.

Naveen Kolan, quant à lui, était à la tête du Collège Matrix, à Montréal, et du groupe Hermès, qui réunit plusieurs établissements. Des partenariats avec des cégeps ont également été signés. Il a par ailleurs participé à la création du campus montréalais du Cégep de la Gaspésie et des Îles, qui compte dans ses rangs des centaines d’étudiants indiens.

Sans citer spécifiquement ces différents établissements, le gouvernement Legault a admis des « lacunes » dans ce réseau, après une enquête qui visait, notamment, les collèges dirigés par Caroline Mastantuono et Naveen Kolan ou en lien avec eux.

Les vérifications faites ont permis de constater des pratiques questionnables sur le plan du recrutement, des pratiques commerciales, de la gouvernance, des conditions d’enseignement, a détaillé un plan d’action dévoilé au printemps dernier, qui parle, d’une manière générale, de stratagèmes douteux et de pratiques commerciales douteuses.

Aucune accusation du Directeur des poursuites criminelles et pénalesDPCP ne vise cependant ces collèges privés non subventionnés.

Pour quelles raisons Québec a-t-il permis l’ouverture de ces établissements, malgré des rapports et des soupçons remontant à 2016?

À cette époque, nous a répondu un porte-parole, aucune accusation n’avait été déposée contre Caroline Mastantuono et Naveen Kolan. Rien ne les empêchait donc d’ouvrir et de diriger des établissements d’enseignement. La Loi sur l’enseignement privé sera cependant, à l’avenir, resserrée et revue, avait précisé le gouvernement.

Rising Phoenix International est la firme de recrutement qui a été fondée et dirigée par Caroline Mastantuono, avec ses enfants. Photo:  Facebook

Une vente en cours d’autorisation

En début d’année 2022, Rising Phoenix International et ses collèges privés ont décidé de se mettre à l’abri de leurs créanciers. Les cours ont alors été suspendus et des mises à pied ont été décrétées, principalement dans le corps enseignant.

Des centaines d’étudiants indiens, dont l’avenir semblait incertain, avaient réclamé des remboursements, et le montant s’élevait à près de 6,4 millions. Ils avaient payé jusqu’à 30 000 $ pour un programme éducatif de deux ans.

Dans cette procédure, Rising Phoenix International a notamment attribué ses problèmes financiers à la pandémie de COVID-19, à une expansion inopportune et à des problèmes liés au processus d’immigration pour les étudiants internationaux.

Le mois dernier, un repreneur – un homme d’affaires de Toronto qui dirige un collège en Ontario – a été désigné par le tribunal. Cette transaction, dont le montant n’a pas été communiqué, doit encore être approuvée par le gouvernement du Québec.

Aux yeux des avocats qui défendaient les étudiants indiens, cet accord est une bonne nouvelle. L’acquéreur est soucieux de l’avenir des étudiants, explique Alain Tardif, de la firme McCarthy Tétrault.

« Ces étudiants sont des victimes. Ils ont été pris dans une situation qu’ils n’ont pas vue venir et pour laquelle ils n’ont pu se protéger. »— Une citation de  Alain Tardif, avocat de McCarthy Tétrault

Ces derniers seront soit entièrement indemnisés ou pourront terminer leur formation, détaille-t-il, tout en évoquant l’extrême détresse de ces jeunes qui avaient réuni un montant phénoménal pour venir au Québec.

Radio-Canada par Romain Schué avec la collaboration de Daniel Boily, Leah Hendry et Benjamin Shingler

France/Accusations d’agressions sexuelles: l’ex-secrétaire d’Etat Jean-Vincent Placé présenté à un juge d’instruction

mars 29, 2022
Accusations d’agressions sexuelles: l’ex-secrétaire d’Etat Jean-Vincent Placé présenté à un juge d’instruction© AFP/Archives/JACQUES DEMARTHON

L’ex-secrétaire d’Etat écologiste Jean-Vincent Placé, en garde à vue depuis lundi après la plainte en novembre d’une ancienne collaboratrice qui l’accuse d’agressions sexuelles et de harcèlement sexuel, doit être présenté mardi en fin d’après-midi à un juge d’instruction, a-t-on appris de source judiciaire.

Le parquet de Paris a ouvert mardi une information judiciaire « des chefs d’agression sexuelle et harcèlement sexuel par personne abusant de l’autorité conférée par sa fonction » ainsi que pour « agression sexuelle », a précisé cette source.

L’ex-élu avait été placé en garde à vue lundi dans les locaux de Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), dans le cadre d’une enquête ouverte par le parquet, après la plainte d’Audrey*, ex-collaboratrice qui l’avait suivi du Sénat au secrétariat d’Etat à la Réforme et à la Simplification.

Il sera présenté en fin de journée à un juge d’instruction qui doit décider de son éventuelle mise en examen.

Audrey* avait déposé plainte en novembre 2021, accusant Jean-Vincent Placé, 54 ans, de faits de harcèlement sexuel entre 2012 et 2016.

Certains des faits qu’elle dénonçait s’apparentaient également à des agressions sexuelles: la collaboratrice l’accusait notamment de lui avoir « touché les fesses », en août 2015 à Lille, en marge du rassemblement estival d’Europe Ecologie les Verts (EELV).

La seconde agression se serait produite mi-mai 2016 à Séoul (Corée-du-Sud), lors d’un déplacement officiel de Jean-Vincent Placé: dans une voiture, l’ex-secrétaire d’Etat de François Hollande aurait « touché délibérément la poitrine d’Audrey ».

La plaignante, ainsi que d’anciens collaborateurs d’élus écologistes, ont depuis l’ouverture de l’enquête été entendus par les enquêteurs, selon des sources proches du dossier.

Contacté à l’époque de l’ouverture de l’enquête, Jean-Vincent Placé n’avait pas commenté. « Je répondrai, bien entendu, à toutes les questions qui viendraient à m’être posées par les enquêteurs », avait-il ajouté.

Son avocate, Me Lisa Janaszewicz, a indiqué mardi midi à l’AFP qu’elle n’avait « pas de déclaration à faire ».

En mars 2021, Jean-Vincent Placé a été condamné à une amende pour harcèlement sexuel sur une gendarme chargée de sa sécurité.

En septembre 2018, il avait été condamné à trois mois de prison avec sursis et 1.000 euros d’amende pour violences et outrages lors d’une soirée où il avait reconnu avoir été « extrêmement insistant » et « déplacé » avec une cliente.

Par Le Point avec AFP

France: Zemmour accusé d’avoir laissé scander « Macron assassin » condamne les propos de la foule

mars 27, 2022
Zemmour accusé d’avoir laissé scander « Macron assassin » condamne les propos de la foule© AFP/JULIEN DE ROSA

Eric Zemmour, accusé par une partie de la classe politique d’avoir laissé la foule scander « Macron assassin » pendant son meeting dimanche à Paris, a finalement « condamné » ces propos visant le chef de l’Etat, selon son entourage.

Le slogan a été scandé sur l’esplanade du Trocadéro une dizaine de fois après que le candidat de Reconquête ! a déclaré: « Certains s’indignent de ma fermeté. Ce qui m’indigne moi, ce ne sont pas les mots et les concepts, ce sont les drames quotidiens que vous subissez. Ce qui m’indigne moi, c’est qu’on ne rendra jamais la paix à Evelyne Reybert, maman de Julien, massacré » à Romans-sur-Isère. Ce qui m’indigne, moi, c’est qu’on ne consolera jamais les enfants de Sarah Halimi ou de Mireille Knoll. On ne rendra jamais justice à tous ceux que l’Etat n’a pas su protéger ».

Eric Zemmour a alors fait une pause dans son discours tandis que montaient les cris, sans toutefois intervenir.

« Il ne l’a pas entendu » et « il condamne ce qu’a dit la foule à ce moment-là ». « Il ne reprend pas l’expression à son compte. Il n’a jamais utilisé un tel terme et ne l’a jamais laissé entendre dans son discours », a affirmé son entourage, interrogé à plusieurs reprises sur cet épisode.

« E. Zemmour laisse une foule crier +Macron assassin+. Je combats avec force le président sortant mais laisser traiter un adversaire de meurtrier, c’est dangereux pour la République », avait auparavant déploré Valérie Pécresse dans un tweet.

« Ce n’est certainement pas ça la droite ! Ce n’est pas ça ma France ! », a ajouté la candidate LR, alors qu’Eric Zemmour s’est présenté pendant son meeting comme « seul candidat de droite ».

« C’est une honte pour la démocratie et la République d’entendre de tels propos », a abondé le président des députés LR Damien Abad à propos du slogan entendu.

« Quand on veut être président de la République, on doit d’abord la faire respecter par ses propres militants ! », a renchéri le président de la région Paca Renaud Muselier, qui a quitté LR.

De Guadeloupe où elle fait campagne, Marine Le Pen, a elle estimé qu’il y avait « une forme d’outrance qui répond à une forme d’outrance ».

« C’est un propos tout à fait outrancier. C’est regrettable. On a suffisamement de choses à reprocher à Emmanuel Macron pour ne pas tomber dans ce type d’outrance », a-t-elle dit. Elle a aussi jugé « pas raisonnable » de la part de son concurrent d’extrême droite « de continuer à diviser les patriotes », critiquant une « fuite en avant d’Eric Zemmour qui perd de vue l’intérêt général, l’intérêt supérieur du pays ».

Dans la majorité présidentielle, le président du groupe LREM à l’Assemblée nationale Christophe Castaner a qualifié d' »irresponsable » l’attitude du candidat, qui « a laissé faire ». L’ancien ministre a considéré qu’il avait même « fait la démonstration cet après-midi de son empêchement présidentiel ».

Ce n’est pas non plus « la droite républicaine; jamais la droite républicaine ne ferait cela. Par contre l’extrême droite, oui, depuis longtemps », a-t-il ajouté.

L’ancien Premier ministre socialiste Manuel Valls, qui a appelé à voter Emmanuel Macron, s’est inquiété du « niveau des intentions de vote de l’extrême droite », estimant qu' »au Trocadéro un nouveau degré a été franchi » dans « la violence des discours ».

Par Le Point avec AFP

États-Unis: Accusée d’être pro-Poutine, la soprano russe Anna Netrebko quitte le Met

mars 7, 2022
Une femme brune habillée façon 18e siècle dans une robe de couleur vaguement rosée

Âgée de 50 ans, Anna Netrebko est apparue dans les plus grands opéras des dernières années. Photo : Metropolitan Opera/Vincent Peters

La grande soprano russe Anna Netrebko, critiquée pour une complaisance supposée envers le président russe Vladimir Poutine qui mène la guerre en Ukraine, va se retirer de tous les concerts prévus au Metropolitan Opera de New York, a annoncé jeudi le producteur new-yorkais.

Ne s’étant pas conformée aux conditions du Met, qui voulait qu’elle répudie son soutien officiel à Vladimir Poutine qui fait la guerre en Ukraine, la soprano Anna Netrebko s’est retirée de ses concerts à venir au Met pour Turandot, de Puccini, en avril et en mai, ainsi que pour Don Carlos, de Verdi, à la prochaine saison, a indiqué l’Opéra dans un communiqué, ajoutant que la soprano ukrainienne Liudmyla Monastyrska la remplacerait pour Turandot.Une chanteuse d'opéra assise sur scène dans un décor composé de bois et de pierres factices.

Liudmyla Monastyrska lors d’une répétition pour l’opéra « Cavalleria rusticana », de Pietro Mascagni, à l’occasion du Festival de Pâques de Salzbourg, en mars 2015. Photo : Getty Images/Mandl

Un dilemme cornélien

Le directeur du Met Opera, Peter Gelb, a déploré une grande perte artistique pour le Met et pour l’opéra. Certes, Anna est l’une des plus grandes chanteuses dans l’histoire du Met, mais Poutine tuant des victimes innocentes, il n’y avait pas de solution, a regretté le dirigeant de la prestigieuse maison d’opéra de Manhattan.

Il a précisé qu’il lui semblait difficile d’imaginer un scénario qui verrait Anna revenir au Met.

La célébrissime soprano russe avait déjà annoncé mardi dans un communiqué transmis en Allemagne qu’elle se retirait de la scène jusqu’à nouvel ordre, mais sans plus de précisions.

Elle devait se produire mercredi à la Philharmonie de l’Elbe de Hambourg, mais son concert a été reporté à septembre 2022. La chanteuse devait se produire en mars à la Scala de Milan, puis à Zürich.

La plus grande vedette lyrique de notre époque

Âgée de 50 ans, la diva est apparue dans les plus grands opéras, dont Rigoletto et La traviata, de Verdi, Les Capulets et les Montaigus, de Bellini, et Guerre et paix, de Prokofiev.

En février 2014, elle a interprété l’hymne olympique lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Sotchi, en Russie.

Anna Netrebko est considérée comme la plus grande vedette de l’opéra des 10 dernières années. À New York, elle s’est produite plusieurs fois en solo au Met Opera, devant une salle comble.

Un chef d’orchestre russe écarté

La pression s’accentue sur les artistes russes, une semaine après le déclenchement de la guerre en Ukraine, pour qu’ils et elles prennent leur distance avec le président Vladimir Poutine, sous peine d’être persona non grata sur les scènes occidentales.

Le monde de la musique classique a ainsi été secoué, le 1er mars, par le limogeage du chef d’orchestre Valery Gergiev, un proche du Kremlin, de la direction de l’Orchestre philharmonique de Munich.Un chef d'orchestre tient sa baguette au-dessus de sa tête, avec du public en arrière-plan.

Valery Gergiev Photo : Getty Images/Photo by Stuart C. WilsonI

Le Met Opera a précisé qu’Anna Netrebko serait donc remplacée pour Turandot par la soprano ukrainienne Liudmyla Monastyrska en avril et en mai. Pour le rôle d’Elisabeth de Valois, dans le concert Don Carlo en 2022-2023, une remplaçante sera annoncée ultérieurement, selon le Met.

Liudmyla Monastyrska a déjà chanté Turandot à l’opéra national ukrainien et au Bolchoï russe. Elle a fait ses débuts au Met Opera de New York en 2012.

Avec Radio-Canada par Agence France-Presse

Chine-Afrique : les contrats léonins de Pékin sur le banc des accusés

mars 1, 2022
Li Qinpu (à g.), un manager de la China Communications Construction Company, et Ayub Sooma, directeur des aéroports et de la sûreté aérienne à l’Autorité ougandaise de l’aviation civile, à l’aéroport international d’Entebbe, le 6 octobre 2021. © Zhang Gaiping/Xinhua/ REA

Ouganda, Zambie, Kenya… Les prêts octroyés par des banques chinoises aux pays du continent sont de plus en plus critiqués. Dernier en date, celui qui porte sur l’agrandissement de l’aéroport d’Entebbe.

Premiers bailleurs de fonds des infrastructures en Afrique, les banques d’État chinoises sont régulièrement critiquées pour les clauses léonines de leurs contrats de prêts, qui alourdissent la dette publique et privée de pays aux économies déjà exsangues. Cette fois, c’est un prêt de 200 millions de dollars (178 millions d’euros), conclu en 2015 par la banque chinoise Exim Bank avec gouvernement ougandais, qui place à nouveau Pékin sous le feu des projecteurs.

Selon le centre de recherche américain AidData, l’Ouganda devra verser toutes les recettes de l’aéroport d’Entebbe sur un compte détenu conjointement avec son créancier. Et, avant de pouvoir envisager toute autre dépense, elle devra rembourser en priorité le prêt consenti par la Chine.

« Ce sont des conditions plus agressives que toutes celles que nous avons vues précédemment », juge Bradley Parks, directeur exécutif d’AidData, qui estime que ce contrat « limite l’autonomie fiscale du gouvernement ougandais ».

À titre de comparaison, les analystes soulignent qu’au Bénin, un prêt chinois destiné à mettre sur pied un réseau d’approvisionnement en eau s’est accompagné d’une clause exigeant qu’une partie des recettes du réseau – et non la totalité – soit versée sur un compte conjoint.

Zambie et Kenya, même combat

Les garanties extrêmement strictes qu’imposent les créanciers chinois sont de plus en plus souvent décriées. Dans un rapport publié en mars 2021 et intitulé « How China lends » (« Comment la Chine prête de l’argent »), l’AidData, le Peterson Institute for International Economics et le Kiel Institute estiment que 75% des prêts consentis par la China Development Bank comportent des clauses adossant le remboursement soit à des biens physiques, soit à un blocage de fonds sur des comptes spéciaux, comme c’est le cas avec l’Ouganda. Par ailleurs, 81% des prêts accordés par Exim Bank excluent toute possibilité de restructuration.

Ces clauses qualifiées, là encore, de léonines, commencent à provoquer des remous. En Zambie, la société civile s’est émue de ce type de contrats. Au Kenya, l’énorme dette contractée pour construire la voie ferrée reliant Nairobi à Mombasa a déclenché un débat musclé entre des militants locaux et le président Kenyatta, un temps soupçonné de vouloir céder le contrôle du port de Mombasa à ses créanciers chinois à titre de compensation.

Dans le cas de l’affaire ougandaise, les dispositions du contrat portant sur l’aéroport d’Entebbe vont particulièrement loin. Les clauses de remboursement portent en effet sur l’ensemble des revenus de l’aéroport, et pas uniquement sur les revenus procurés par les travaux d’agrandissement, objets du prêt.

Des failles dans le contrat

En novembre 2021, les révélations du média local Daily Monitor sur les modalités de ce prêt avaient déjà ému l’opinion ougandaise. Selon le journal, si le pays se trouvait dans l’incapacité de rembourser son emprunt, l’aéroport passerait sous le contrôle de Pékin. Une information démentie par le pouvoir ougandais et par l’ambassade de Chine à Kampala. Un mois plus tôt, devant le comité parlementaire, Matia Kasaija, le ministre des Finances, avait tout de même reconnu qu’il existait des « failles » dans le contrat et promis une intervention du gouvernement dans l’hypothèse où les revenus de l’aéroport ne suffiraient pas à rembourser l’emprunt.

Construit en 1951, l’aéroport d’Entebbe rapportait environ 68 millions de dollars de revenus annuels avant le projet d’expansion, et cet argent était utilisé pour financer les services publics. Lancés en 2016, les travaux de réparation de pistes et de construction de nouveaux hangars, dont se charge l’entreprise publique China Communications Construction Company, devraient être achevés cette année.

De leur côté, les autorités chinoises se disent conscients du problème que posent certains contrats de prêts. Elles ont d’ailleurs été apostrophées par plusieurs responsables du continent lors du Forum de coopération sino-africain (Focac) organisé à Dakar, à la fin de novembre 2021. Pékin a ainsi accepté de rejoindre le Club de Paris, dont la mission consiste à restructurer les dettes souveraines dans de bonnes conditions. Mais le pouvoir chinois souligne que sa marge de manœuvre n’est pas infinie : s’il peut, disent-il, influer sur les décisions de l’Exim Bank, qui est un établissement public, il ne peut décider à la place des dirigeants de la China Development Bank, officiellement privée.

Jeune Afrique par Maureen Songne et Olivier Marbot

Guinée-Bissau : Embaló accuse des barons de la drogue d’être derrière la tentative de coup d’État

février 11, 2022
Le président de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embaló, à Bissau, le 1er février 2022. © ALIU EMBALO/AFPTV/AFP

Le président bissau-guinéen a désigné José Americo Bubo Na Tchuto, Tchamy Yala et Papis Djemé, comme étant derrière le putsch raté du 1er février.

Le président de Guinée-Bissau a accusé, jeudi 10 février, un ex-chef de la Marine nationale et deux autres hommes – arrêtés dans le passé par l’agence américaine antidrogue – d’être derrière ce qu’il présente comme une tentative de coup d’État avortée. Devant la presse, Umaro Sissoco Embaló a cité les noms de l’ex-contre-amiral José Americo Bubo Na Tchuto, chef de la Marine pendant la première décennie des années 2000, de Tchamy Yala, également ancien officier, et de Papis Djemé. Tous ont été arrêtés après les évènements du 1er février, a précisé le chef de l’État.

Umaro Sissoco Embaló a présenté le coup de force du 1er février comme directement lié au trafic de stupéfiants, alors que la Guinée-Bissau est considérée comme une plaque tournante du trafic de cocaïne en provenance d’Amérique latine. Dans un pays où les positions rémunératrices sont rares et disputées, nombre de membres des forces armées, omniprésentes, passent pour tremper dans les trafics.

Condamnés aux États-Unis

Il y a dix jours, le palais du gouvernement, siège des ministères, a été attaqué par des hommes armés pendant que le président et les membres du gouvernement y tenaient un conseil des ministres. Le président était sorti indemne, après des heures d’échanges de tirs qui ont fait 11 morts, selon les autorités. « Je ne dis pas que ce sont les politiciens qui sont derrière ça, mais la main qui porte les armes, ce sont des gens liés aux grands cartels de la drogue », a dit le président Embaló, avant de citer les noms des trois hommes. Il a rappelé que tous trois avaient eu maille à partir avec la justice américaine.

“ATTENDEZ, ON VA L’APPELER POUR QU’IL NOUS ENVOIE DES RENFORTS”

Ils avaient été arrêtés en avril 2013 par des agents des services antidrogues américains, à bord d’un bateau qui naviguait dans les eaux internationales au large des côtes ouest-africaines. Selon la justice américaine, les mois précédents, ils avaient négocié, avec des enquêteurs américains se faisant passer pour des représentants de narcotrafiquants sud-américains, l’importation en Guinée-Bissau de cocaïne qui aurait ensuite été redistribuée en Amérique du Nord ou en Europe.

Bubo était déjà à l’état-major de la Marine

José Americo Bubo Na Tchuto avait été désigné comme un baron de la drogue par le Trésor américain. Il avait été condamné en 2016 à quatre ans de prison à New York. Tchamy Yala et Papis Djemé avaient été, eux, condamnés en 2014, à cinq et six ans et demi de prison, à New York également. Ils sont depuis rentrés en Guinée-Bissau.

Alors qu’il était coincé à l’intérieur du palais du gouvernement, et que les combats faisaient rage dehors, le président Embaló a rapporté : « Bubo était déjà à l’état-major de la Marine et en uniforme militaire. À un certain moment, j’ai entendu un des assaillants dire : “attendez, on va l’appeler pour qu’il nous envoie des renforts”. »

Par Jeune Afrique avec AFP

Israël-Palestine : apartheid ou pas ?

février 8, 2022
Manifestation dénonçant un raid israélien dans les territoires occupés, le 21 janvier 2022, à Londres, devant l’ambassade de l’État hébreu. © SOPA Images/SIPA

Dans un rapport publié le 1er février, l’ONG Amnesty International dénonce l’existence d’un système d’apartheid progressivement mis en place par Israël à l’encontre de ses citoyens arabes. Des accusations que rejette l’État hébreu, qui qualifie le rapport d’« antisémite ».

C’est une publication qui va certainement relancer les débats sur l’éternel conflit israélo-palestinien. Le 1er février, l’ONG des droits de l’Homme Amnesty International a rendu sa copie sur la situation humanitaire en Israël. Fruit d’une « analyse juridique et d’une enquête de terrain minutieuses » de quatre ans, le rapport de 280 pages fait état d’une situation de discrimination organisée et institutionnalisée à l’encontre des populations palestiniennes, et décrit un système d’apartheid.

Généralement utilisé pour qualifier le régime politique et institutionnel sud-africain de 1948 à 1991, « apartheid » est un terme afrikaans qui signifie « séparation ». Il est défini par le Larousse comme « un système d’oppression et de domination d’un groupe racial sur un autre, institutionnalisé à travers des lois, des politiques et des pratiques discriminatoires ».

Ce crime, reconnu par le droit international, se fonde sur des critères bien définis. Il existe d’ailleurs une Convention internationale sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 30 novembre 1973.

Face aux accusations formulées par l’ONG, le ministère israélien des Affaires étrangères s’est fendu d’un communiqué dénonçant le caractère « antisémite » du rapport. Le chef de la diplomatie israélienne, Yaïr Lapid, a également qualifié Amnesty International d’« organisation de propagande ».

Accusations récurrentes

Loin de se démonter, Amnesty International affirme que les critères justifiant l’utilisation du terme d’apartheid sont réunis. L’ONG cite, entre autres, une loi votée en 2018 par la Knesset – le Parlement israélien – définissant Israël comme l’« État-nation du peuple juif » et octroyant aux Israéliens de confession juive toute une série de privilèges dont ne bénéficient pas leurs concitoyens arabes. Adoptée à 62 voix contre 55, cette loi fait notamment de l’hébreu la seule langue officielle d’Israël, un statut partagé auparavant avec l’arabe.

Pour le journaliste et historien Dominique Vidal, connu pour ses prises de position en faveur de la cause palestinienne, cette loi tranche définitivement la question. « Il s’agit d’une loi d’apartheid gravée dans le marbre. Ce n’est pas un hasard si les ONG ont commencé à employer cette formule à partir de ce moment-là », explique-t-il, avant d’ajouter qu’il existe « toute une série de législations discriminatoires mises en œuvre légalement et votées par la Knesset ».

« Ce qu’il y a de douloureux dans l’affaire, c’est que la discrimination est définie comme étant raciale, relève Henry Laurens, professeur au Collège de France et auteur de La Question de Palestine (éditions Fayard). Pour les Israéliens et ceux qui s’identifient avec Israël, c’est inacceptable au vu de la Shoah et de toute l’histoire de l’antisémitisme. »

CE MOT PROVOQUE AUSSITÔT DES POLÉMIQUES QUI OCCULTENT UNE RÉALITÉ ÉVIDENTE FONDÉE SUR L’OPPRESSION

« On est par ailleurs dans l’impossibilité de définir ce qui est “racial” poursuit le professeur. Le terme peut renvoyer à deux caractérisations distinctes : soit un ensemble de traits communs, comme la couleur de peau, soit une communauté culturelle et historique. Or on ne peut pas définir les Arabes par des caractères somatiques, puisqu’ils ont pour la plupart des traits de Méditerranéens physiquement parlant. Il s’agit plutôt d’une catégorie ethno-culturelle. »

Le poids d’un mot

Le rapport établit par ailleurs une distinction entre les territoires palestiniens occupés (TPO) et le territoire israélien, pointant des violations plus importantes dans les TPO. Pour Dominique Vidal, cette distinction a bien lieu d’être : « Dans les territoires occupés, il existe deux législations, une pour les colons israéliens, une autre pour le reste des citoyens. En Israël, la situation est plus complexe. Les citoyens arabes ont le droit de vote, peuvent être élus, constituer des partis politiques, ou participer, comme c’est le cas actuellement, à des gouvernements. » Jusqu’ici, l’État hébreu a souvent justifié ces mesures par la volonté d’assurer sa propre sécurité, rappelle le rapport.

De son côté, Jean-Paul Chagnollaud, directeur de l’Institut de recherches et d’études Méditerranée Moyen-Orient (Iremmo) et spécialiste de la question palestinienne, parle d’une utilisation contre-productive du concept et évoque un « piège des mots », sans pour autant contester la réalité décrite par les différents rapports.

« Dans mes conférences ou dans mes interventions, je n’utilise jamais cette formule, car elle provoque aussitôt des polémiques qui viennent occulter une réalité pourtant évidente fondée sur l’oppression, la discrimination et la domination.

Ce qui compte, au-delà des symboles et des mots étendards, c’est la réalité qui, elle, est incontestable », analyse le chercheur, avant de prendre à son tour l’exemple de la loi de 2018 qui, selon lui, « soumet et assujettit légalement les 20 % d’Arabes présents sur le territoire à la souveraineté du peuple juif ».

AU DÉBUT DE 2022, LE MINISTRE ISRAÉLIEN DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DÉNONÇAIT DÉJÀ « D’INTENSES CAMPAGNES CONTRE ISRAËL »

Si le rapport d’Amnesty International a rencontré un écho médiatique certain, rien n’indique que l’emploi choc du terme d’« apartheid » ne fasse pour autant bouger les lignes. Plusieurs organisations internationales, à l’instar de Human Rights Watch, et parfois même israéliennes, telles que B’tselem, ont déjà dénoncé les exactions commises par l’État hébreu à l’encontre des populations palestiniennes et utilisé le mot de « apartheid ».

Au début de 2022, le ministre israélien des Affaires étrangères dénonçait déjà « d’intenses campagnes contre Israël » et avait même prédit l’utilisation du terme d’« apartheid » pour qualifier l’État d’Israël, au moment où, du Maroc à Abou Dhabi, Tel-Aviv tente de renforcer son influence dans le monde arabe, parallèlement à sa volonté d’obtenir le statut d’observateur au sein de l’Union africaine, qui ne fait pas l’unanimité.

Il en avait aussi profité pour dénoncer la création par le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies d’une commission d’enquête permanente visant à enquêter sur les violations des droits de l’Homme en Israël, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Nouveau gouvernement, peu de changement

L’arrivée d’un nouveau gouvernement en juin 2021, succédant à celui nationaliste et très conservateur de Benyamin Netanyahou, n’a pourtant suscité que peu d’espoirs de changement chez les défenseurs de la cause palestinienne. Interrogés sur le sujet, les trois spécialistes sont unanimes : il ne devrait pas y avoir d’inflexion dans la politique conduite par Israël depuis l’effondrement du processus de paix il y a une vingtaine d’années.

Jean-Paul Chagnollaud et Dominique Vidal pointent enfin une « radicalisation » de la classe politique israélienne à l’œuvre depuis le début des années 2000. Le gouvernement de Naftali Bennett s’inscrit selon eux dans la même dynamique.

« Naftali Bennett n’est arrivé que récemment à la tête du pays, mais il était déjà un acteur important des orientations prises avec d’autres personnalités comme Avigdor Lieberman [une des figures du nationalisme identitaire israélien]. Il n’y a donc aucune raison de penser qu’il y aura un quelconque revirement idéologique concernant la direction suivie par les autorités israéliennes », conclut Jean-Paul Chagnollaud.

Avec Jeune Afrique par Rym Bousmid et Soufiane Khabbachi

Royaume-Uni : pourquoi les jours de Boris Johnson au 10 Downing Street sont comptés

janvier 16, 2022

Confronté à de multiples accusations portant sur le non-respect des règles du confinement au 10 Downing Street en 2020, Boris Johnson vacille malgré des excuses présentées mercredi au Parlement. Le Premier ministre est contesté par l’opposition travailliste et par des députés de son propre camp, où des Tories veulent organiser un vote de défiance pour le faire démissionner.

Bientôt la sortie pour le principal artisan du Brexit ? Boris Johnson est dans la tourmente depuis plusieurs semaines, à la suite de multiples affaires révélées par la presse britannique concernant le non-respect des règles du confinement au 10 Downing Street au printemps et à l’hiver 2020.

Dernière en date : des pots ont été organisés chaque vendredi à Downing Street pendant le confinement, a affirmé samedi 15 janvier le journal The Mirror. Photos à l’appui, le tabloïd explique que « tout au long de la pandémie, le personnel de Downing Street a organisé des ‘vendredis du vin’, Boris Johnson assistant régulièrement à ces rencontres. (…) Le Premier ministre encourageait ses collaborateurs à ‘se défouler’ malgré l’interdiction de se réunir à l’intérieur, conformément aux règles de confinement. » Et d’ajouter que ces « apéros du vendredi » étaient « programmés dans les agendas électroniques d’une cinquantaine d’employés du N° 10, entre 16 h et 19 h chaque semaine ».

Cette affaire, qui finit de fragiliser Boris Johnson, vient ponctuer un mois de révélations ayant constamment mis le Premier ministre sur le devant de la scène : la presse britannique a d’abord révélé et s’est indignée de la tenue d’une fête clandestine au 10 Downing Street en décembre 2020, au moment où les Britanniques étaient soumis à des restrictions sanitaires. Boris Johnson, qui a alors affirmé ne pas avoir été présent à cette fête, a promis des sanctions.

Une semaine plus tard, The Guardian et The Independent ont révélé que « Boris Johnson s’est joint au personnel du N° 10 pour une fête à Downing Street » en mai 2020, lors du premier confinement au Royaume-Uni. « Il s’agissait de réunions de personnes au travail parlant du travail », a justifié le Premier ministre quelques jours plus tard. 

Mais c’est la chaîne ITV qui a mis le feu aux poudres en révélant, le 10 janvier, que l’invitation à cette fête – intitulée « Apportez votre alcool » – a été envoyée « par courriel à une centaine de personnes par le secrétaire personnel de Boris Johnson, Martin Reynolds, et la fête a rassemblé une quarantaine de convives, dont le chef du gouvernement ».

« Politiquement, le Premier ministre est un mort-vivant »

Le « Partygate » a valu à Boris Johnson de présenter « du fond du cœur » ses excuses, mercredi, à la Chambre des communes, affirmant au sujet de la garden party de mai 2020 : « Je croyais implicitement que c’était un événement professionnel. »

L’opposition travailliste lui a répondu qu’il fallait qu’il démissionne. « La fête est finie, Boris Johnson », a lancé le chef de file du Labour, Keir Starmer. « Après des mois de tromperie, (voici) le spectacle pathétique d’un homme qui est arrivé au bout du chemin. Sa défense – il ne s’est pas rendu compte qu’il était à une fête – est tellement ridicule qu’elle est insultante pour le peuple britannique. »

The party is over @BorisJohnson.

Resign.— Keir Starmer (@Keir_Starmer) January 12, 2022

Face aux appels à sa démission, Boris Johnson a expliqué qu’il n’était pas en mesure d’anticiper les résultats de l’enquête interne menée par Sue Gray, secrétaire permanente du Cabinet Office, sur plusieurs événements organisés au 10 Downing Street pendant les périodes de confinement.

Cette enquête va durer au moins plusieurs semaines. « Il ne s’agit pas d’une enquête parlementaire formelle, d’une enquête menée par un juge (…), donc ce (ne sera) pas le dernier mot », estime auprès de Sky News Catherine Haddon, chargée de mission à l’Institute for Government. « Toutefois, le rapport pourrait contenir des éléments si explosifs et si accablants qu’ils provoqueraient une crise politique pour le Premier ministre. Il devra alors (…) obtenir suffisamment de soutien pour rester à la tête du pays. »

Et les soutiens se font rares actuellement pour Boris Johnson. Sa fin pourrait être précipitée avant même les conclusions de l’enquête de Sue Gray, tant certains députés de son propre camp politique semblent souhaiter sa démission. « Il me semble, j’en ai peur, que politiquement, le Premier ministre soit un mort-vivant », a déclaré le député conservateur Sir Roger Gale.

D’autres, comme le député conservateur William Wragg, considèrent que la position de Boris Johnson est « intenable ». « Il revient au Parti conservateur, si ce n’est au Premier ministre lui-même, de prendre cette décision », a aussi déclaré sur la BBC celui qui est le vice-président du Comité 1922. 

C’est d’ailleurs ce puissant comité, en charge de l’organisation parlementaire du Parti conservateur, qui pourrait pousser le Premier ministre à la démission. Plusieurs députés Tories ont déjà envoyé une lettre de défiance au Comité 1922, et il en faut au total 54 – soit 15 % des membres du groupe conservateur au Parlement – pour déclencher un vote de défiance qui conduirait probablement Boris Johnson à la démission.

Rishi Sunak et Liz Truss évoqués pour succéder à Boris Johnson

Cette situation de plus en plus tendue au sein du camp conservateur indique au moins que le Premier ministre est tombé « en disgrâce » vis-à-vis de ses pairs, comme l’explique à RFI Sophie Loussouarn, docteure spécialiste de l’histoire politique du Royaume-Uni : « Boris Johnson connaît la disgrâce après avoir gagné une majorité de 80 sièges à la Chambre des communes lors des dernières élections législatives, c’est-à-dire la plus grande victoire pour les conservateurs depuis 1987. (…) Ce soulèvement est une humiliation pour (lui), qui a perdu la confiance d’une partie de ses députés ».

Dans sa situation actuelle, Boris Johnson est sur un siège éjectable et les conversations pour lui succéder à la tête des Tories ont démarré bien avant les accusations qu’il affronte depuis des semaines, comme l’indiquait en décembre dernier The Independent.

Deux noms reviennent avec insistance pour briguer le poste de Premier ministre : le chancelier de l’Échiquier – le ministre chargé des Finances et du Trésor – Rishi Sunak et la ministre des Affaires étrangères Liz Truss, « l’un des ministres les plus expérimentés (du gouvernement) Johnson » selon Politico.

I’ve been on a visit all day today continuing work on our #PlanForJobs as well as meeting MPs to discuss the energy situation.

The PM was right to apologise and I support his request for patience while Sue Gray carries out her enquiry.— Rishi Sunak (@RishiSunak) January 12, 2022

Absent à la Chambre des communes mercredi lorsque Boris Johnson a présenté ses excuses, Rishi Sunak est soupçonné par plusieurs médias britanniques de prendre ses distances avec le Premier ministre en lui ayant apporté un soutien timoré dans un tweet : « (Boris Johnson) a bien fait de présenter ses excuses et je soutiens sa demande de faire preuve de patience; »

Dans l’immédiat, Boris Johnson entend s’attaquer à la « culture sous-jacente » à Downing Street ayant permis des fêtes pendant des périodes de confinement. Selon le Sunday Times, le Premier ministre va bientôt annoncer des mesures « pour sauver son poste », parmi lesquelles l’interdiction de l’alcool dans les bureaux du 10 Downing Street. Dont il reste pour le moment le locataire, même dans la tourmente.

Avec France24 par Jean-Luc Mounier