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RDC-Rwanda : Kagame accuse Tshisekedi d’utiliser la crise du M23 pour retarder la présidentielle

décembre 1, 2022

Dans un discours d’État ce mercredi, le président rwandais s’est montré très virulent. Se défendant de tout rôle dans la crise qui secoue l’est du pays voisin, il a rejeté la responsabilité sur son homologue congolais.

Paul Kagame lors de son discours d’État, à Kigali, le 30 novembre 2022. © Facebook Paul Kagame

Le mercredi 30 novembre, lors d’une cérémonie de prestation de serment des nouveaux membres du cabinet, le président rwandais, Paul Kagame a accusé son homologue Félix Tshisekedi de tirer parti des violences du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo pour retarder les élections.

Dans un discours d’État, Paul Kagame a déclaré que « le monde entier » imputait au Rwanda la responsabilité de la crise, mais que c’était Félix Tshisekedi qui cherchait à tirer profit des violences avant la présidentielle, prévue le 20 décembre 2023.

« Ce problème peut être résolu si un pays qui se dirige vers des élections l’année prochaine n’essaie pas de créer les conditions d’une situation d’urgence pour que les élections n’aient pas lieu », a-t-il ainsi affirmé. « S’il essaie de trouver un autre moyen de faire reporter les prochaines élections, alors je préférerais qu’il utilise d’autres excuses, et pas nous », a-t-il ajouté.

Les combats dans l’est de la RDC entre les forces gouvernementales et le M23 ont exacerbé les tensions avec le Rwanda voisin, que la RDC accuse d’encourager les rebelles. Kigali nie toute implication. Les pourparlers entre les deux pays, en Angola la semaine dernière, ont abouti à un cessez-le-feu qui semble tenir depuis plusieurs jours.

L’insécurité, un défi pour un vote « libre »

La commission électorale a déclaré ce mois-ci que l’insécurité persistante dans certaines parties du pays constituerait un défi pour un vote « libre, démocratique et transparent ». En RDC, la présidentielle est une élection à un seul tour, couplée aux législatives ainsi qu’aux élections des députés provinciaux et des conseillers communaux. Dans le cadre du cessez-le-feu entré en vigueur le 25 novembre, les combattants du M23 doivent se retirer des « zones occupées », faute de quoi une force régionale est-africaine interviendrait.

Une série de pourparlers avec des groupes armés s’est tenue au Kenya mercredi 30 novembre, sans la présence du M23. Uhuru Kenyatta, l’ancien président kenyan qui supervise les pourparlers, a déclaré que les groupes rebelles étrangers opérant sur le sol congolais « devraient partir » ou affronter les troupes de la RDC et de l’Afrique de l’Est. « Ils ont déjà été prévenus : la RDC ne sera pas un centre de combat pour d’autres pays », a déclaré Uhuru Kenyatta.

Par Jeune Afrique (Avec AFP

Kris Wu, une vedette sino-canadienne, condamné à 13 ans de prison en Chine

novembre 25, 2022
Kris Wu, face à la caméra.

Kris Wu arrive au défilé Burberry, le 19 septembre 2016. Il a vécu plusieurs années durant son enfance à Vancouver. Photo: AP/ Joel Ryan Associated Press

Vendredi, un tribunal chinois a condamné la vedette pop sino-canadienne Kris Wu à 13 ans de prison pour des accusations de viol.

Le tribunal de district de Chaoyang, à Pékin, a déclaré que Kris Wu a été condamné à 11 ans et 6 mois de prison pour un viol qu’il aurait commis en 2020, et à 1 an et 10 mois, pour le crime d’avoir rassemblé une foule pour se livrer à la promiscuité sexuelle lors d’un événement de 2018 au cours duquel d’autres hommes et lui auraient agressé deux femmes qu’ils avaient enivrées.

Le tribunal a déclaré que les trois victimes de l’affaire de viol étaient également ivres et n’étaient pas en mesure de consentir.

Il a déclaré qu’une peine combinée de 13 ans avait été convenue et que Kris Wu serait immédiatement expulsé après avoir purgé sa peine.

Selon les faits, la nature, les circonstances et les conséquences néfastes du crime, le tribunal a rendu le jugement ci-dessus, a déclaré le tribunal dans un communiqué en ligne.

Un diplomate canadien était au tribunal pour entendre la condamnation, a-t-il ajouté.

Kris Wu a également été condamné à une amende de 600 millions de yuans (83,7 millions $ US) pour évasion fiscale parce qu’il n’aurait pas déclaré tous ses revenus provenant notamment de spectacles et de publicités.

Kris Wu est né à Guangzhou, en Chine, et a passé son adolescence à Vancouver, où il a effectué sa scolarité, notamment dans les écoles West Point Grey et Sir Winston Churchill. Il a commencé dans la chanson, mais il a joué dans plusieurs films, dont certains qui ont fait sensation en Chine et en Amérique du Nord, selon plusieurs biographies en ligne. Il est citoyen chinois et canadien.

Le procès de l’ancien membre du groupe sud-coréen EXO, âgé de 32 ans, qui a eu lieu en juin, a été interdit au public pour protéger la vie privée des victimes.

Kris Wu est en prison depuis août 2021. La police avait alors ouvert une enquête en réponse à des commentaires en ligne selon lesquels il aurait attiré à plusieurs reprises de jeunes femmes pour qu’elles aient des relations sexuelles, selon un communiqué de la police à l’époque.

Cette année-là, une adolescente l’avait accusé d’avoir eu des relations sexuelles avec elle alors qu’elle était ivre. Kris Wu, connu en chinois sous le nom de Wu Yifan, a nié l’accusation.

Canada: Accusé d’espionnage chez Hydro-Québec, Yuesheng Wang tente d’être libéré sous caution

novembre 24, 2022
L'avocat de la défense Gary Martin discute avec la partenaire de son client.

L’ancien employé d’Hydro-Québec accusé d’espionnage économique au profit de la Chine a assuré jeudi qu’il ne quitterait pas le pays pendant les procédures : il souhaite rester au Canada pour se défendre.

Au deuxième jour de son enquête sur cautionnement, au palais de justice de Longueuil, Yuesheng Wang a assuré le tribunal qu’il était très important pour lui de défendre sa réputation.

L’homme de 35 ans, un ressortissant chinois détenteur d’un visa de travail pour son emploi à Hydro-Québec, est détenu depuis son arrestation, le 14 novembre, par la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Les procureurs de la Couronne s’opposent à sa libération sous caution, parce qu’ils craignent que l’accusé ne quitte le pays.

M. Wang, qui habite Candiac, en Montérégie, est la première personne à être accusée d’espionnage économique en vertu de la Loi sur la protection de l’information du Canada.

Il fait également face à trois accusations en vertu du Code criminel : abus de confiance, utilisation frauduleuse et sans autorisation d’un ordinateur, et obtention d’un secret commercial par la tromperie, le mensonge ou d’autres moyens frauduleux.

La GRC allègue que l’ancien employé d’Hydro-Québec a fourni des informations sur la société d’État à une université chinoise et à des centres de recherche chinois, et qu’il a publié des articles scientifiques et déposé des brevets auprès de ces établissements plutôt qu’auprès d’Hydro.

La police allègue aussi que l’accusé a utilisé des informations sans le consentement de son employeur, portant ainsi atteinte à la propriété intellectuelle d’Hydro-Québec.

Jusqu’à ce qu’il soit licencié plus tôt ce mois-ci, M. Wang travaillait au Centre d’excellence en électrification des transports et stockage d’énergie d’Hydro-Québec, à Varennes. Il y menait des recherches sur les matériaux de batterie, un secteur crucial pour l’industrie des véhicules électriques.

Depuis mercredi, en Cour du Québec, le tribunal a entendu certains des éléments de preuve recueillis dans le cadre de l’enquête de la GRC. L’avocat de M. Wang, Gary Martin, n’a pas demandé d’ordonnance de non-publication sur ces preuves. À l’extérieur de la salle d’audience, l’avocat a indiqué que son client avait le sentiment d’avoir été injustement accusé.

En logiciel libre

M. Wang est accusé en fait d’avoir utilisé son compte de courriel d’entreprise chez Hydro-Québec pour transférer à son adresse personnelle de courriel des documents confidentiels et des photos non autorisées du centre de recherche de Varennes.

Il a déclaré au tribunal que les informations qu’il aurait envoyées n’étaient pas secrètes et qu’elles étaient en logiciel libre. Il a soutenu avoir pris des photos du laboratoire avec son téléphone portable, mais c’était pour montrer à ses collègues les failles de sécurité du laboratoire. Il a cependant admis avoir vu des affiches interdisant toute photographie dans le centre de recherche.

M. Wang a offert en caution sa maison de Candiac et une copropriété, pour assurer le tribunal qu’il resterait au pays pendant les procédures. Il n’a pas de famille au Canada et mène une vie sociale limitée, qui comprend le travail et un groupe de randonnées pédestres, a-t-il déclaré à la cour.

Sa petite amie depuis un peu moins de deux ans, Ayun Feng Zheng, a déclaré au tribunal qu’elle agirait en tant que caution pour s’assurer que M. Wang respecte les conditions du tribunal s’il était libéré. Mais elle a admis qu’elle n’avait pas d’argent à offrir en cautionnement.

Je crois vraiment qu’il restera pour prouver qu’il n’a pas fait ces choses, a-t-elle déclaré au tribunal. Sa réussite scolaire est quelque chose dont il est vraiment fier et qui lui tient beaucoup à cœur pour continuer son travail universitaire qu’il aime tant, alors je pense qu’il restera afin de blanchir son nom et d’obtenir un traitement équitable de la part d’Hydro-Québec et de ce pays.

Le juge Marco LaBrie entendra les plaidoiries plus tard jeudi.

Avec La Presse canadienne

Canada: Un médecin du CHU de Québec accusé d’agression sexuelle

novembre 21, 2022
Un médecin vêtu de son sarrau, avec un stétoscope lui tombant sur les épaules.

Le radio-oncologue à la retraite Luis-Victor Diaz de Bedoya aurait agressé un patient. Photo : Getty Images/Joe Raedle

Un médecin spécialisé dans les traitements du cancer qui travaillait pour le CHU de Québec doit comparaitre aujourd’hui pour faire face à une accusation d’agression sexuelle sur un patient.

Luis-Victor Diaz de Bedoya, 83 ans, a été arrêté la semaine dernière par la police de Québec qui lui a remis une citation à comparaître.

Le docteur aurait commis des gestes à caractère sexuel sur un homme atteint d’un cancer, entre mars 2001 et novembre 2007.

La présumée victime était âgée de la mi-trentaine lorsque le radio-oncologue aurait commencé à poser des gestes inadéquats à son endroit. Les agressions se seraient ainsi échelonnées, au gré des traitements, sur une période de six ans.

Le Dr Diaz de Bedoya a quitté son emploi à l’Hôtel-Dieu de Québec en 2016.

Un véritable pionnier

Dans le rapport annuel 2015-2016 du département de radio-oncologie du centre hospitalier, la docteure Isabelle Germain souligne son départ pour une retraite bien méritée.

La chef du département ajoute que Luis-Victor Diaz de Bedoya a été un véritable pionnier dans l’organisation de la radio-oncologie pulmonaire et cutanée, en collaboration avec les autres spécialités médicales de la grande région de Québec .

La Dre Germain indique aussi que son ancien collègue s’était joint au département de radio-oncologie en 1981, après une formation au Paraguay puis à Paris.

Dr Diaz, vous ferez toujours partie de notre équipe!, ajoute la chef du département pour saluer le travail du nouveau retraité.

Le Dr Diaz de Bedoya est toujours inscrit au tableau du Collège des médecins, avec le statut Inactif.

Avec Radio-Canada par Yannick Bergeron

Canada: Des accusations d’espionnage sont portées contre un employé d’Hydro-Québec

novembre 14, 2022
Façade du siège social d'Hydro-Québec, sur laquelle on retrouve le logo de la société d'État.

Le siège social d’Hydro-Québec, à Montréal Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Une enquête de la GRC a mené à l’arrestation et à l’accusation de Yueshang Wang, qui aurait obtenu des secrets industriels d’Hydro-Québec, indique un communiqué de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

L’homme de 35 ans comparaîtra plus tard lundi au palais de justice de Longueuil et devra répondre à des accusations d’obtention de secrets industriels, de fraude pour avoir obtenu des secrets industriels et d’abus de confiance par un fonctionnaire public.

Selon la GRC, l’Équipe intégrée sur la sécurité nationale (EISN) a entamé son enquête en août 2022 après avoir reçu une plainte de la Direction de la sécurité corporative d’Hydro-Québec. M. Wang aurait ainsi obtenu les informations auxquelles il avait accès dans le cadre de ses fonctions, soutient le communiqué de la GRC, qui donnera un point de presse à 13 h.

Les quatre chefs d’accusation auxquels fait face Yuesheng Wang ont été déposés en vertu de la Loi sur la protection de l’information et du Code criminel du Canada.

L’ingérence d’acteurs étrangers est une priorité pour de nombreuses agences d’application de la loi et de renseignement à travers le monde. Hydro-Québec fait partie des infrastructures essentielles et constitue un intérêt stratégique à protéger, précise le communiqué de la GRC.

Dans un communiqué rendu public en mi-journée, Hydro-Québec désigne M. Wang comme un ancien employé du Centre d’excellence en électrification des transports et en stockage d’énergie (CEETSE).

La société d’État ajoute que l’employé était chercheur au CEETSE et effectuait des travaux liés aux matériaux de batterie. Il n’avait pas accès à des renseignements relatifs à la mission de base d’Hydro-Québec. L’ensemble de ses accès lui ont été retirés dès les premiers soupçons. Il a finalement été congédié pour manquements graves au Code d’éthique de l’entreprise, peut-on lire dans le communiqué d’Hydro-Québec rendu public en mi-journée.

« Nos mécanismes de détection et d’intervention ont permis à nos enquêteurs de porter le dossier à l’attention de la GRC, avec qui nous avons collaboré de près. »— Une citation de  Dominic Roy, directeur principal responsable de la sécurité d’entreprise à Hydro-Québec

Aucune organisation n’est à l’abri d’une telle situation et nous devons donc constamment demeurer vigilants et transparents et ne tolérer aucun manquement au Code d’éthique, a ajouté Dominic Roy.

Sur le site chinois de l’Institut des matériaux pour l’énergie et l’environnement Yuesheng Wang, qui a obtenu son doctorat de l’Institut de physique CAS en 2016, est présenté comme un spécialiste, dont les recherches portent sur le développement et la conception de nouveaux matériaux d’électrode pour les batteries Na-ion à température ambiante.

Avec Radio-Canada

RDC-Kinshasa/Tragédie au concert de Fally Ipupa : à peine le deuil, les accusations

novembre 3, 2022

Cinq jours seulement après une dizaine de décès au stade des Martyrs de Kinshasa, la police et les organisateurs se rejettent la responsabilité.

© Damien Glez

Décontenancé face à n’importe quel décès inopiné, chacun est particulièrement désorienté lorsque les circonstances de la tragédie étaient censées être festives. Les réjouissances collectives offrent le charme de la communion, mais convoquent également le risque des bousculades mortelles, comme à la dernière Coupe d’Afrique des nations – 8 morts au stade d’Olembe à Yaoundé – ou à la dernière fête d’Halloween – plus de 150 morts à Séoul. Pas besoin de confrontation de supporters antagonistes ni de l’envie de se faire peur : les grand-messes musicales n’échappent pas toujours au pire…

Ce samedi 29 octobre, à l’occasion d’un concert de Fally Ipupa à Kinshasa, une bousculade provoquait directement la mort de neuf civils par étouffement, dans une enceinte a posteriori tristement bien nommée : le stade des Martyrs. À cette macabre statistique, les autorités ont ajouté le décès de deux policiers. Un agent était retrouvé dans l’enceinte du stade, suite à son suicide. Après un malaise, un commissaire supérieur adjoint trouvera la mort, à son domicile, le lendemain du concert dont on lui avait confié la sécurisation.

Plus de 10 000 faux billets

Après les « plus sincères condoléances » exprimées par Fally Ipupa et bien avant que le temps du deuil ne soit strictement expiré, les différents acteurs du drame « devancent l’iguane dans l’eau ». Avant que les enquêteurs ne rendent les conclusions de leurs premiers procès-verbaux, chacun semble déjà se dédouaner.

Trop de spectateurs ou pas assez de forces de l’ordre ? Le chef de la police de Kinshasa évoque plus de 120 000 mélomanes dans un stade d’une capacité de 80 000 places assises. Un trop-plein qui aurait été encore plus problématique si la police n’avait pas ordonné l’interdiction d’accès à ce « Joola » à sec, vers 18 heures, après constatation que l’enceinte était déjà saturée…

DES POLICIERS AURAIENT LAISSÉ ENTRER DES SPECTATEURS SANS BILLETS, MOYENNANT UNE RÉTRIBUTION SOUS LE TREILLIS

La justice a donc ouvert un dossier judiciaire contre les organisateurs. Mais ces derniers tentent de détourner le doigt accusateur, d’abord vers des contrefacteurs qui auraient disséminé plus de 10 000 faux billets, ensuite vers les policiers eux-mêmes. Les programmateurs du concert accusent non seulement les forces de l’ordre d’avoir mobilisé moins d’agents qu’initialement prévu, mais aussi certains policiers d’avoir contribué à la saturation en laissant entrer des spectateurs sans billets, moyennant une rétribution sous le treillis. Procédure judiciaire contre procédure judiciaire, les organisateurs ont porté plainte contre X.

Triste marche funèbre en conclusion d’un concert d’ « ambiance facile », dans une République démocratique du Congo déjà largement endeuillée dans l’Est de son territoire…

Avec Jeune Afrique

Damien Glez

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Afrique du Sud : Jacob Zuma accuse Cyril Ramaphosa de trahison et de corruption

octobre 23, 2022

«Trahison », «corrompu » : à l’approche d’un congrès de l’ANC crucial pour la présidentielle de 2024, l’ex-président Jacob Zuma a sévèrement attaqué son successeur Cyril Ramaphosa.

L’ancien président Jacob Zuma, le 4 juin 2021. © Shiraaz Mohamed/AP/SIPA

« Le président est corrompu », « il a commis une trahison », a accusé l’ancien chef de l’État Jacob Zuma samedi 22 octobre dans sa première réaction à des allégations selon lesquelles le président Cyril Ramaphosa serait impliqué dans une obscure affaire de cambriolage.

« Aucun président ne devrait gérer des affaires privées quand il est en fonctions », a poursuivi, lors d’une conférence de presse à Johannesburg, celui qui fut lui-même contraint à la démission en 2018 tant il était englué dans des scandales et accusations de corruption.

Une commission indépendante a été constituée en septembre par le Parlement sud-africain pour enquêter sur cette affaire de cambriolage qui gêne depuis plusieurs mois le président Ramaphosa, accusé de blanchiment et corruption. Les résultats de l’enquête pourraient conduire à un éventuel vote au Parlement pour sa destitution.

Quatre millions de dollars

Cyril Ramaphosa est accusé d’avoir dissimulé à la police et au fisc un cambriolage datant de 2020 dans une de ses propriétés, au cours duquel d’importantes sommes en espèces ont été trouvées, cachées dans du mobilier.

Une enquête a été ouverte après une plainte déposée en juin par l’ancien chef du renseignement sud-africain, Arthur Fraser. Selon ce dernier, des cambrioleurs se sont introduits dans une ferme appartenant au président à Phala Phala, dans le Nord-Est du pays, et y ont dérobé quatre millions de dollars (4,08 millions d’euros) en numéraire.

La plainte accuse Cyril Ramaphosa d’avoir dissimulé à la police le cambriolage et au fisc l’argent trouvé sur place, ainsi que d’avoir organisé l’enlèvement et l’interrogatoire des voleurs, puis de les avoir soudoyés pour qu’ils gardent le silence.

Pression à l’approche du congrès de l’ANC

Cyril Ramaphosa dénonce une manœuvre politique, nie les allégations d’enlèvement et de corruption, remet en cause le montant du vol évoqué et soutient que l’argent provenait de la vente de bétail.

Mais l’affaire met le président dans la tourmente, alors que l’ANC doit prochainement décider de le présenter ou non comme candidat pour un second mandat à la présidentielle de 2024.

Jacob Zuma a déclaré que la conférence de l’ANC en décembre « va devoir traiter de ce cas » et décider si le président peut rester ou pas. « Beaucoup disent que le président a échoué », a-t-il poursuivi.

Un autre ancien chef de l’État, Thabo Mbeki, a aussi déploré la situation de l’ANC avant le congrès de décembre. « Notre président est sous forte pression (…) à propos de l’affaire de la ferme de Phala Phala », a-t-il dit lors d’une réunion distincte à Johannesburg.

L’ancien président Zuma, condamné à quinze mois de prison ferme pour avoir obstinément refusé de répondre à une commission enquêtant sur la corruption, a quant à lui fini de purger sa peine au début du mois. Il a été libéré pour raisons de santé et placé sous contrôle judiciaire.

Samedi, il a qualifié son incarcération « d’illégale » et a fustigé les magistrats. « Le fait est que la plus haute juridiction de ce pays a violé la loi, a-t-il dit. Il faut nous assurer que les juges ne se transforment pas en politiciens. »

L’ancien président, qui doit encore répondre devant la justice d’une affaire de pots-de-vin datant de plus de vingt ans, avait annoncé fin septembre des velléités de retour en politique.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Gambie : après la mort de 69 enfants, Adama Barrow critiqué pour son manque d’empathie

octobre 13, 2022

Des sirops frelatés sont soupçonnés d’avoir provoqué la mort de 69 enfants. Face à l’émoi, l’administration gambienne est accusée d’avoir manqué à son devoir de contrôle. Le Sénégal, lui, appelle les professionnels de santé à la vigilance.

Wuri Bailo Keita tient un téléphone portable montrant une photo de lui et de sa défunte fille, Fatoumata, qui serait décédée d’une insuffisance rénale aiguë, à Banjul le 10 octobre 2022. © MILAN BERCKMANS/AFP

Lorsque les alertes ont afflué de toutes parts, fin juillet, les autorités gambiennes ont d’abord blâmé la bactérie E. coli après les fortes pluies. Le paludisme a également été soupçonné. Mais progressivement, ce sont les sirops contre la toux et le rhume qui se sont imposés comme les principaux suspects dans la mort des 69 enfants ayant succombé à une insuffisance rénale aiguë ces trois derniers mois.

Quatre sirops, fabriqués par le laboratoire indien Maiden Pharmaceuticals, dont l’usine a été mise à l’arrêt mercredi 12 octobre, sont mis en cause. Les enquêtes ouvertes par les autorités et par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) devront dire si ces jeunes enfants, pour la plupart âgés de moins de deux ans, ont prématurément perdu la vie après avoir reçu des doses de ces médicaments. L’OMS a d’ores et déjà affirmé qu’ils contenaient des quantités « inacceptables » de diéthylène glycol et d’éthylène glycol, communément employés comme antigel et dont l’ingestion peut s’avérer mortelle.

Vigilance au Sénégal

L’alerte de l’OMS demandant leur retrait de la circulation a permis d’établir qu’ils n’avaient jusqu’à présent été repérés qu’en Gambie. Mais l’organisation a fait part de son inquiétude : en raison des voies informelles fréquemment empruntées par les médicaments, il n’est pas impossible qu’ils aient été distribués ailleurs.

Pressé de réagir, le ministre indien de la Santé, Mansukh Mandaviya, a assuré que seule la Gambie en avait reçu. Mais au Sénégal, le ministère de la Santé et de l’Action sociale a « appelé les populations à redoubler de vigilance » et demandé aux professionnels de santé de « notifier tout cas de suspicion ou de découverte de ces produits sur le territoire sénégalais ».

Face à l’émotion et la colère, le scandale sanitaire a pris une tournure politique. Comment ces produits frelatés ont-ils pu échapper à toute supervision, et pourquoi la Gambie serait l’un des seuls pays à les avoir importés ? Les autorités, qui ont ordonné le rappel des sirops le 23 septembre, ont-elles tardé à réagir ?

Le président Adama Barrow, qui ne s’est exprimé que samedi, n’a semble-t-il pas réussi à apaiser la colère. Au contraire : son allocution a été  largement critiquée pour sa brièveté et son manque d’empathie. S’il a bien ordonné des mesures pour stopper l’importation de médicaments frelatés et demandé la création d’un laboratoire de contrôle, il aussi réaffirmé sa confiance en son ministre de la Santé et les services sanitaires de l’État.

Le ministre de la Santé exclut de démissionner

« Le président Barrow devrait renvoyer son ministre de la Santé. Au lieu de ça, il fait ses louanges. Nous voulons que Justice soit faite pour ces enfants », s’indigne le père de Fatoumata, l’une des jeunes victimes. Après avoir été diagnostiquée malade du paludisme, l’hôpital l’avait renvoyée chez elle en lui prescrivant un sirop au paracétamol. Fatoumata, deux an demi, s’était éteinte une semaine plus tard.

Le principal parti d’opposition, le Parti démocratique unifié (UDP), a renchéri, reprochant au chef de l’État sa froideur. « Un pays traumatisé [se retrouve à] se demander quels autres médicaments disponibles sur le marché sont contrefaits ou dangereux », a-t-il dénoncé dans un communiqué.

Comme l’UDP, d’autres formations et organisations ont exigé que les responsables de ces décès rendent des comptes. « Nous sommes consternés » par la réaction gouvernementale, a déploré Nancy Jallow, de l’ONG Global Bridges. « Nulle part ailleurs une telle affaire ne se produirait sans qu’un officiel ne perde sa place », a-t-elle poursuivi. Fort du soutien présidentiel, le ministre de la Santé, Ahmadou Lamin Samateh, excluait en début de semaine de démissionner.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Manifestations en Iran: le guide suprême accuse les Etats-Unis et Israël

octobre 3, 2022
Manifestations en Iran: le guide supreme accuse les Etats-Unis et Israel
Manifestations en Iran: le guide suprême accuse les Etats-Unis et Israël© KHAMENEI.IR/AFP/-

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a accusé lundi les ennemis jurés que sont les Etats-Unis et Israël d’avoir fomenté le mouvement de contestation déclenché par la mort le 16 septembre de Mahsa Amini à Téhéran.

« Je dis clairement que ces émeutes et l’insécurité sont l’œuvre des Etats-Unis, du régime sioniste (Israël, NDLR) usurpateur, leurs mercenaires et certains Iraniens traîtres qui les ont aidés à l’étranger », a déclaré l’ayatollah Khamenei, 83 ans, dans sa première réaction aux manifestations.

Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans, est décédée le 16 septembre, trois jours après son arrestation pour infraction au code vestimentaire strict de la République islamique qui oblige notamment les femmes à porter le voile.

Sa mort a déclenché une vague de manifestations en Iran et des rassemblements de solidarité avec les femmes iraniennes à travers le monde, notamment à Paris encore dimanche.

Ce mouvement de contestation, le plus important en Iran depuis celui de 2019 contre la hausse des prix de l’essence, est entré dans sa troisième semaine et la répression s’est accrue.

De violents incidents se sont produits dans la nuit de dimanche à lundi à l’Université de technologie Sharif à Téhéran, la plus prestigieuse d’Iran.

La police anti-émeute a tiré des billes d’acier et des gaz lacrymogènes contre des étudiants qui scandaient « Femme, vie, liberté », « les étudiants préfèrent la mort à l’humiliation », selon l’agence de presse iranienne Mehr.

Des incidents sont également survenus à l’université d’Ispahan (centre).

« N’ayez pas peur ! »

L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo, a publié deux vidéos, l’une montrant apparemment des policiers iraniens à motos poursuivant des étudiants qui courent dans un parking souterrain, et l’autre, des policiers à moto emmenant des personnes dont la tête est recouverte de sacs en tissu noir.

Sur d’autres images mises en ligne, que l’AFP n’a pu vérifier de manière indépendante, on peut entendre des tirs et des cris alors qu’un grand nombre de personnes courent dans une rue la nuit.

Dans une vidéo tournée, selon l’IHR, dans une station de métro de Téhéran, une foule scande: « N’ayez pas peur ! N’ayez pas peur ! Nous sommes tous ensemble ! ».

Mais aux yeux du guide suprême, « la police est obligée de tenir tête aux criminels et d’assurer la sécurité de la société ».

« La mort de la jeune fille nous a brisé le cœur, mais ce qui n’est pas normal, c’est que certaines personnes, sans preuve ni enquête, rendent les rues dangereuses, brûlent le Coran, retirent le foulard des femmes voilées, mettent le feu aux mosquées et aux voitures », a-t-il ajouté.

Selon l’ayatollah Khamenei, ces manifestations ne sont pas dirigées contre le port obligatoire du voile, mais contre « l’indépendance » de l’Iran.

« Beaucoup de femmes en Iran ne portent pas parfaitement le voile et sont de ferventes partisanes de la République islamique », a-t-il écrit sur Twitter. « Les Etats-Unis ne peuvent pas tolérer un Iran fort et indépendant. »

« Nous sommes alarmés et révoltés par les informations sur la manière dont les forces de l’ordre répondent par la violence et avec des arrestations massives à des manifestations pacifiques d’étudiants », a dit lundi la porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, aux journalistes voyageant avec le président Joe Biden vers Porto Rico.

« Courage incroyable »

Le ministère iranien du Renseignement avait indiqué vendredi que neuf ressortissants étrangers — notamment de France, d’Allemagne, d’Italie, des Pays-Bas et de Pologne — avaient été arrêtés en lien avec les manifestations.

Une globe-trotteuse italienne de 30 ans a affirmé être détenue en Iran: « Ils m’ont arrêtée, je suis dans une prison à Téhéran. Aidez-moi s’il vous plaît… », a déclaré Alessia Piperno lors d’une brève conversation téléphonique avec ses parents dimanche, selon le quotidien italien Il Messaggero.

Pour la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, il est « difficile de supporter ce qui se passe à l’université #Sharif en #Iran ». Le courage des Iraniens est incroyable », a-t-elle tweeté.

Au moins 92 personnes ont été tuées par la répression depuis le début des manifestations, selon l’ONG Iran Human Rights qui s’efforce d’évaluer le nombre de morts malgré les coupures d’Internet et les blocages d’applications comme WhatsApp ou Instagram et d’autres services en ligne en Iran.

Les autorités affirment quant à elles qu’environ 60 personnes parmi lesquelles douze membres des forces de sécurité ont été tuées depuis le 16 septembre.

Par Le Point avec AFP

Les Oblats cherchent à exclure le père Rivoire, accusé de crimes sexuels au Nunavut

septembre 14, 2022
Une image de l'oblat français Johannes Rivoire à Arviat, en 1979.

L’oblat français Johannes Rivoire est accusé d’avoir agressé sexuellement des enfants à Naujaat et à Rankin Inlet, au Nunavut. Cette image le montre à Arviat, en 1979. Photo: Bibliothèque et Archives Canada

La congrégation des Oblats de Marie-Immaculée (OMI) a annoncé mercredi à Lyon, dans le sud-est de la France, qu’elle entamait une procédure de « renvoi » d’un de ses membres, le père Joannes Rivoire, 92 ans, accusé d’agressions sexuelles sur de jeunes Inuits au Canada dans les années 1960.

Nous avons entamé une procédure de renvoi canonique, car le père Rivoire refuse obstinément d’obéir à notre ordre et de se présenter à la justice canadienne, a annoncé à la presse le père Gruber, provincial des Oblats de France, en marge de la visite d‘une délégation d’Inuits venus soutenir une demande d’extradition déposée par Ottawa contre le religieux franco-canadien.

Radio-Canada avec Agence France-Presse