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Canada-Québec: Le Port de Trois-Rivières se porte acquéreur de la collection de peintures Hommage au Saint-Laurent

novembre 20, 2020

Trois-Rivières – Le grand projet pictural Hommage au Saint-Laurent a connu une nouvelle étape dans son long développement cette semaine quand on a annoncé que le Port de Trois-Rivières avait fait l’acquisition de la collection.

On a officialisé cette semaine l’acquisition par le Port de Trois-Rivières de la collection d’œuvres d’art Hommage au Saint-Laurent. La photo réunit, assis, et de gauche à droite, Raymond Quenneville, peintre de même que le pdg du Port de Trois-Rivières Gaétan Boivin. Derrière, les peintres Gérard Boulanger, Yvon Saint-Aubin, Robert Roy et Yvon Lemieux.© undefined On a officialisé cette semaine l’acquisition par le Port de Trois-Rivières de la collection d’œuvres d’art Hommage au Saint-Laurent. La photo réunit, assis, et de gauche à droite, Raymond Quenneville, peintre de même que le pdg du Port de Trois-Rivières Gaétan Boivin. Derrière, les peintres Gérard Boulanger, Yvon Saint-Aubin, Robert Roy et Yvon Lemieux.

Le projet, entrepris il y a cinq ans, a réuni cinq peintres québécois bien connus dont deux de la région : Raymond Quenneville, de Champlain, et Robert Roy, de Sainte-Perpétue qui sont associés à Yvon Lemieux, Yvon Saint-Aubin et Gérard Boulanger. Les cinq artistes ont effectué autant de voyages ensemble au cours des cinq dernières années pour découvrir différentes portions du fleuve et s’en servir comme inspiration pour témoigner de sa constante beauté depuis le lac Ontario jusqu’au golfe.

De cette exploration sont nées 100 toiles à l’huile et à l’acrylique de même que des croquis et pochades réalisés sur le terrain et réunis dans la collection que vient d’acquérir l’entreprise trifluvienne. Un livre, reproduisant non seulement les œuvres mais qui est enrichi des récits des voyages et rencontres qui ont inspiré les peintres, a également été réalisé et est présentement en vente auprès des artistes participants. On peut d’ailleurs en connaître davantage autant sur cet ouvrage que sur le projet et les artistes qui y ont participé en visitant la page Facebook du projet sur laquelle on peut notamment voir des reproductions de certaines œuvres.

Pour le Port de Trois-Rivières, cette acquisition s’inscrit dans une volonté continue de soutenir le développement et la diffusion de la richesse artistique régionale, une volonté qui s’est manifestée dans plusieurs investissements communautaires au centre desquels la culture trouve une place prépondérante. «La collection Hommage au Saint-Laurent est un projet de grande envergure qui vise à mettre en valeur notre précieux fleuve, celui-là même grâce auquel le Port de Trois-Rivières existe. Ces œuvres de grande qualité s’inscrivent dans notre patrimoine maritime et témoignent de la richesse de ce majestueux cours d’eau», a indiqué Gaétan Boivin, président-directeur général du Port trifluvien par voie de communiqué.

On travaille présentement à planifier une exposition de l’ensemble des œuvres acquises pour favoriser l’accès du public à cette collection, un projet dont les paramètres ne pourront se préciser que quand les restrictions sanitaires auxquelles nous sommes présentement soumis auront été levées sinon, assouplies.

Avec François Houde – Le Nouvelliste

Airbus: l’Iran commande 118 avions, montant estimé de 25 mrd USD

janvier 28, 2016

Paris (awp/afp) – L’Iran s’est engagé sur l’acquisition de 118 avions dont 12 A380 auprès du constructeur aéronautique européen Airbus, à l’occasion de la visite du président iranien Hassan Rohani à Paris, pour un montant évalué à plus de 25 milliards de dollars, selon un protocole signé jeudi à l’Elysée.

Le total se répartit en « 73 gros-porteurs et 45 monocouloirs » (long et moyen-courrier, ndlr): 21 appareils de la famille A320ceo, 24 de la famille A320neo, 27 de la famille A330ceo, 18 A330neo (-900), 16 A350-1000 et 12 A380, a indiqué Airbus dans un communiqué.

Le montant astronomique du contrat sera toutefois à répartir entre les actionnaires du consortium, parmi lesquels figurent les Etats français, allemand et espagnol.

« L’annonce faite aujourd’hui est une première étape en vue de rétablir le prestige du secteur de l’aviation civile dans la région et, aux côtés de partenaires tels qu’Airbus, nous assurerons des niveaux de services inégalés », a déclaré Farhad Parvaresh, PDG d’Iran Air.

« Le ciel s’est éclairci pour les passagers iraniens, et Airbus se réjouit d’accueillir le retour de l’aviation civile iranienne au sein de la communauté de l’aviation civile internationale », a de son côté commenté Fabrice Brégier, le patron d’Airbus.

L’annonce a été faite lors d’une cérémonie à l’Élysée en présence du président français François Hollande. Il s’agit d’accords et non de contrats définitifs en raison de la levée encore partielle des sanctions contre l’Iran.

« Ces deux accords s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre du JCPOA (Joint Comprehensive Plan Of Action) du 16 janvier 2016, et des règles et recommandations associées », a précise l’avionneur européen.

« Les représentants iraniens ont signé avec Airbus deux accords portant sur des commandes d’avions neufs et sur un package complet de coopération dans le secteur de l’aviation civile », a précisé le constructeur aéronautique européen.

Les accords portent sur « l’acquisition de 118 nouveaux appareils, la formation des pilotes, les opérations aéroportuaires et le support ATM » (Air Trafic Management, navigation aérienne, ndlr).

L’industrie du transport aérien en Iran était soumise à un embargo américain datant de 1995 empêchant les constructeurs occidentaux de vendre des appareils et des pièces détachées aux compagnies iraniennes, clouant au sol une partie de leur flotte.

Le chef de l’aviation civile iranienne avait indiqué à la mi-avril que l’Iran aurait besoin de 400 à 500 avions de ligne dans la prochaine décennie.

La flotte iranienne comprend actuellement 140 avions en activité, dont la moyenne d’âge est d’environ 20 ans.

Romandie.com avec(AWP / 28.01.2016 18h25)

Cameroun : Les raisons de la démission de l’archevêque de Yaoundé

juillet 29, 2013

Après Benoît XVI, le pape François remet de l’ordre dans l’Eglise. Il a accepté lundi 29 juillet, la démission au Cameroun de l’archevêque de Yaoundé, Mgr Simon-Victor Tonyé Bakot. Il a nommé pour cet archidiocèse un Administrateur Apostolique sede vacante et ad nutum Sanctae Sedis. Il s’agit de Mgr Jean Mbarga.

Le journal Jeune Afrique rapporte dans son édition du 29 juillet que « Monseigneur Tonye Bakot était contesté par une partie du clergé et, partant, des fidèles qui lui reprochaient sa gestion du patrimoine foncier de la province épiscopale. L’archevêché est riche d’un patrimoine immobilier – le plus important après l’État -, d’un réseau d’écoles, de collèges et lycées, d’imprimeries, de librairies, d’une trentaine de dispensaires… Il est en revanche malade de ses investissements, dont le plus onéreux – la basilique de Mvolyé -, a occasionné une demi-dizaine de milliards de FCFA de dettes.

Accusations et rumeurs sur des questions foncières

Mgr Tonyé a été par ailleurs accusé par les populations autochtones d’activités affairistes incompatibles avec la foi, et plus précisément d’avoir bradé le patrimoine foncier légué par leurs ancêtres. « Il n’y a pas très longtemps, rapporte Africapresse.com, ce sont les autochtones Emveng de Mvolyé qui l’accusaient, à tort ou à raison, de brader le patrimoine foncier légué par leurs ancêtres, au point même de leur faire payer les frais pour enterrer leurs morts dans le cimetière de Mvolyé ».

Le journal poursuivait sur une autre affaire foncière « qui a fait la Une de certains médias » et dans laquelle le prélat aurait eu un rôle. « L’Archevêque métropolitain de Yaoundé aurait spolié un Député de la nation dans l’acquisition d’une parcelle de terrain à proximité du collège de la Retraite, une affaire qui aurait permis au prélat d’engranger la bagatelle de 400 millions de FCFA».

Statistiques ethniques

Enfin, ces derniers temps, l’ancien archevêque n’a cessé de défrayer la chronique. Selon plusieurs articles de presse, il aurait entre autres fait main basse sur une Société immobilière.

Outre les questions foncières, l’ancien archevêque avait également soulevé « un scandale » rapporte Jeune Afrique « après la révélation d’une lettre adressée, en juin 2012, au Père Martin Brida, doyen de la faculté des sciences sociales et de gestion de l’Université catholique d’Afrique centrale dans laquelle il se livrait à des statistiques ethniques ».

Radio.vatican.ca avec Jeuneafrique.com

Congo/Université Marien Ngouabi : Bibliothèque moderne et nouveaux amphithéâtres opérationnels en 2014

février 7, 2013

D’après le constat fait, le 6 février à Brazzaville, par le ministre à la Présidence de la République, chargé de l’aménagement du territoire et de la délégation générale aux grands travaux, Jean Jacques Bouya, et le ministre de l’enseignement supérieur, Georges Moyen, lors de la visite des deux nouveaux amphithéâtres et de la grande bibliothèque de l’université Marien Ngouabi, ces trois infrastructures seront opérationnelles à la rentrée académique 2013-2014.


Université Marien Ngouabi : Bibliothèque moderne et nouveaux amphithéâtres opérationnels en 2014
Jean-Jacques Bouya et Georges Moyen sont allés précisément se rendre compte de l’état d’avancement des travaux de construction des deux amphithéâtres et de l’état d’avancement des installations de la grande bibliothèque universitaire.Au cours de leur visite, les deux ministres ont été édifiés sur les travaux déjà réalisés. En ce qui concerne la construction des deux amphithéâtres, de 1.600 places chacun, les travaux avancent normalement. Ces travaux sont réalisés par la société ’’China urban construction design and research institution’’. Le ministre Jean-Jacques Bouya a insisté sur des mesures d’accompagnement, souhaitant que tout soit fin prêt avant septembre prochain.

En ce qui concerne la grande bibliothèque universitaire, les installations sont beaucoup avancées. Le personnel a été formé et est déjà en place. Les différentes salles sont équipées. Selon le recteur de l’université Marien Ngouabi, Armand Moyikoua, il reste quelques petits travaux de réhabilitation, mais aussi l’acquisition de quatre serveurs pour la connexion Internet ; l’acquisition de tout le volume d’ouvrages. A ce jour, quelque 3 tonnes de livres ont été obtenues, sur les 15 tonnes prévues. D’une superficie de 6.000 mètres carrés, cette bibliothèque de quatre niveaux est un autre fruit de la coopération sino-congolaise.

Le ministre Jean-Jacques Bouya a salué «la montée en puissance» de la grande bibliothèque universitaire. Il a dit que la construction de cette bibliothèque et des deux amphithéâtres était une réponse au problème de manque de places à l’université Marien Ngouabi. «Je pense que la construction de ces infrastructures est une réponse au problème des étudiants qui viennent très tôt le matin pour occuper des places. Selon le calendrier qui nous a été montré, avant la fin de l’année 2013, ces deux premiers amphithéâtres seront opérationnels. Je suis sûr que les étudiants ne partiront plus de chez eux à 3 heures du matin pour venir occuper les places dans les amphithéâtres», a-t-il dit.

Jean Jacques Bouya s’est dit satisfait de l’avancement des travaux d’installation des différents équipements de la grande bibliothèque universitaire, notamment la banque de la bibliothèque, le centre de transposition et de dépôt des livres. Il a réaffirmé la volonté du gouvernement de faire que cette bibliothèque soit le centre de savoir de l’université Marien Ngouabi.

Le ministre Bouya a indiqué que les orientations du Président Denis Sassou N’Guesso exigeaient la réhabilitation de l’université Marien Ngouabi, au même moment où se construit une autre à Kintélé qui sera dotées de toutes les disciplines requises liées aux opportunités de développement du pays. La nouvelle carte universitaire obéit donc au nouveau schéma de l’aménagement du territoire.

 
Congosite.com par Gaspard Lenckonov

Angola: Kilamba, une ville nouvelle en quête d’habitants

janvier 2, 2013

Kilamba, nouvelle ville construite en Angola avec le pétrole fait la fierté de cette manne, don gratuit et précieux. Une réalisation, sans précédent, en Afrique, qui doit faire réfléchir tous les pays prducteurs de l’or noir.

Avec ses 700 logements, chacun de huit étages, les Angolais peuvent fournir des efforts, malgré leur maigres salaires – dans un pays où la population vit avec moins d’un dollar par jour -, s’offrir le luxe d’acquisition d’un logement de type moderne afin de vivre dans des conditions décentes, grâce à cette richesse du sous-sol même si la gestion n’est pas souvent transparente.

Mais ce troc angolo-chinois: « contruis-moi des logements et je te donnerais en retour du pétrole, vaut la peine et sans peson d’or ». Il faut seulement dans ce genre de contrat veiller à l’équivalent de la quantité qui doit revenir pour compenser le nombre de logements. Au demeurant si vous n’avez pas la capacité technique requise et un contrôle efficace des barils, le contrat sera toujours léonin. Au moins, dans le cas d’espèce, des réalisations ont été livrées, clés à la main, et vues par tout le monde.

A chaque Angolais et pays producteurs de pétrole, en Afrique, d’apprécier cet acte que vient de poser les autorités angolais avec l’or noir.

Bernard NKOUNKOU

Mauritanie: un chef d’Aqmi dit avoir acquis des armes libyennes

novembre 9, 2011

Un chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Mokhtar Belmokhtar, affirme que son organisation a acquis des armes libyennes durant le conflit ayant abouti à la chute de Mouammar Kadhafi, dans un entretien avec une agence mauritanienne privée d’information en ligne.

Il a par ailleurs indiqué qu’Aqmi réclamait toujours le retrait des troupes françaises d’Afghanistan en contrepartie des otages français que détient au Sahel cette organisation ayant fait allégeance à Al-Qaïda et à son chef Oussama ben Laden, tué au Pakistan le 2 mai 2011.

« Les combattants d’Aqmi ont été les plus grands bénéficiaires des révolutions dans le monde arabe (. . . ) et pour ce qui est de l’acquisition, par nous, de l’armement en Libye, c’est une chose tout à fait normale », a déclaré Mokhtar Belmokhtar à l’Agence Nouakchott Informations (ANI).

Cette agence de presse a régulièrement publié par le passé des communiqués ou des déclarations de membres d’Aqmi sans jamais avoir été démentie.

M. Belmokhtar, qui est d’origine algérienne, n’a pas donné de détails sur les armes reçues par son organisation alors que de nombreux spécialistes se sont déjà inquiétés de la dissémination d’armes libyennes au Sahel à la faveur du conflit en Libye.

Il a par ailleurs déconseillé aux ex-rebelles libyens de déposer les armes après la mort de Kadhafi, tué le 20 octobre.

Il a estimé que les « armes aux mains des combattants (ex-rebelles libyens) constituent le gage de leur gloire et de la réalisation des objectifs de la révolution qui restent la mise en place d’un régime islamiste » en Libye.

Le dirigeant d’Aqmi a reconnu l’existence de « relations idéologiques » entre son organisation et les « jeunes combattants islamistes » libyens, affirmant toutefois: « Nous n’avons pas combattu avec eux, sur le terrain, contre les forces de Kadhafi ».

Selon lui, de « jeunes islamistes, des jihadistes (. . . ), ont constitué le fer de lance de la révolution en Libye ».

S’agissant des quatre otages français toujours détenus, il a indiqué qu’Aqmi réclamait toujours le retrait des troupes françaises d’Afghanistan en contrepartie de leur libération.

« Notre direction avait exigé pour leur libération la sortie des forces françaises d’Afghanistan, ceci reste entièrement valable. Nous n’avons pas changé d’objectifs », a-t-il affirmé.

Quatre Français enlevés par Aqmi le 16 septembre 2010 à Arlit (nord du Niger), site d’extraction d’uranium, sont toujours retenus en otages.

En octobre, le ministre français de la Défense Gérard Longuet avait indiqué qu’ils étaient vivants. « Il y a des négociations, rien ne peut être dit, le fil n’est pas rompu », avait-il assuré.

M. Belmokhtar a également accusé le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz de mener une guerre par procuration contre Aqmi au profit de la France. Mais « le principe de la mise à l’écart de la Mauritanie (dans) cette confrontation peut faire l’objet de discussion », a-t-il indiqué.

« Le régime (mauritanien) avait suggéré à nos frères (des jihadistes) libérés (après une amnistie du président mauritanien) de nous envoyer une mission de religieux pour discuter avec nous des principes et objectifs de notre combat. Nous l’avons accepté et nous continuons toujours de l’accepter et de l’attendre », a-t-il dit.

Aqmi opère dans une vaste zone englobant plusieurs pays du Sahel, dont le Niger, l’Algérie, la Mauritanie et le Mali, où cette organisation se livre à des attentats, des enlèvements – notamment d’Occidentaux – et divers trafics.

Jeuneafrique.com avec AFP

La Dernière Étape Avant la Disparition du Noir d’Afrique 3

juillet 14, 2011

Les Universités Américaines s’offrent des Terres

Après les États et les entreprises étrangères, les grandes facultés d’outre-Atlantique investissent massivement sur le continent noir. Et les paysans locaux n’en bénéficient guère.

De grandes universités américaines comme Harvard (Boston, Massachusetts) et Vanderbilt (Nashville, Tennessee) font l’acquisition de vastes superficies de terres agricoles en Afrique. C’est ce qui ressort d’une nouvelle enquête réalisée par l’Oakland Institute, un institut de recherche militant situé en Californie.

Selon ses auteurs, ces contrats d’achat ou baux de location, négociés par l’intermédiaire de fonds spéculatifs britanniques ou européens, risquent de chasser de leurs terres des milliers de personnes. Les investisseurs étrangers profitent d’accaparements de terres qui souvent n’apportent pas les bénéfices promis en matière d’emplois et de développement économique, et en plus portent en germe des problèmes sociaux et environnementaux dans ces pays les plus pauvres de la planète.

D’après ce rapport qui couvre sept pays africains, Harvard, Vanderbilt et de nombreuses autres universités américaines ont beaucoup investi dans les terres du continent ces dernières années. L’essentiel des capitaux transite par Emergent, une société de gestion d’actifs londonienne qui gère l’un des principaux fonds d’acquisition de terres africaines. Elle est dirigée par d’anciens cambistes des banques américaines JP Morgan et Goldman Sachs.

Les clients d’Emergent aux Etats-Unis auraient investi jusqu’à 500 millions de dollars (350 millions d’euros) dans les terres les plus fertiles du continent noir, dans l’espoir d’obtenir un rendement de 25 %. Emergent assure avoir traité les contrats de manière responsable.

« Les fonds de dotation universitaires et les fonds de pension sont évidemment des investisseurs privilégiant le long terme, affirme un porte-parole de la firme. Nous investissons dans l’agriculture en Afrique, nous y créons des entreprises et des emplois. Nous le faisons avec un grand sens des responsabilités… Les sommes engagées sont élevées, pouvant atteindre des centaines de millions de dollars. Il n’y a aucune spoliation. Nous voulons augmenter la valeur des terres. La taille est un facteur important, car les économies d’échelle permettent d’accroître la productivité ».

Superficies Énormes

Des entreprises chinoises et moyen-orientales ont déjà été pointées du doigt pour avoir accaparé de vastes terrains dans des pays en développement en vue d’y effectuer à bon compte des cultures alimentaires destinées aux populations de leurs pays d’origine.

Pourtant, les fonds occidentaux sont les instigateurs de nombreux gros contrats, souligne l’Oakland Institute. La firme qui gère le fonds d’investissement de Harvard a décliné tout commentaire. « La société de gestion de Harvard a pour politique de ne pas discuter des investissements ou de la stratégie d’investissement, et je ne peux donc ni confirmer ni infirmer les allégations contenues dans le rapport », répond un porte-parole. Vanderbilt préfère également garder le silence.

A en croire l’Oakland Institute, les investisseurs ont vanté exagérément aux communautés intéressées les avantages des accords. « Les entreprises ont été en mesure de créer des niveaux complexes de sociétés et de filiales afin d’éviter d’attirer l’attention des autorités de tutelle, par ailleurs mal armées. A bien analyser les contrats, on s’aperçoit que nombre d’entre eux créeront peu d’emplois et évinceront des milliers et des milliers d’occupants de ces terres », dénonce Anuradha MITTAL, directrice de l’Oakland Institute.

En Tanzanie, aux termes du protocole d’accord signé entre le gouvernement local et Agrisol Energy, le groupe d’exploitation agricole américain représentant l’université de l’Iowa, les deux principaux emplacements retenus pour le projet sont Katumba et Mishamo.

Or c’est précisément là que sont installés des camps abritant jusqu’à 162 000 personnes déplacées. Leur fermeture est prévue avant le démarrage du projet de 700 millions de dollars. Les réfugiés travaillent cette terre depuis quarante ans.

Paysans Délaissés

En Ethiopie, la politique dite de « villagisation » menée par le gouvernement pour fixer les populations et éviter une urbanisation incontrôlée a entraîné l’expulsion de dizaines de milliers de personnes de leurs terres ancestrales et leur relogement dans de nouveaux centres.

Parallèlement, d’énormes contrats sont conclus avec des sociétés étrangères. Le plus important est celui signé au Sud-Soudan, où jusqu’à 9 % des terres auraient été cédées ces dernières années. C’est une société texane, Nile Trading and Development, qui a négocié la transaction avec une coopérative locale. Le bail de quarante-neuf ans, portant sur la location de 400 000 hectares dans l’Equatoria-Central pour environ 25 000 dollars, autorise l’entreprise à exploiter toutes les ressources naturelles, y compris le pétrole et le bois.

La société, avec à sa tête l’ancien ambassadeur des Etats-Unis Howard Eugene DOUGLAS, entend demander à bénéficier des crédits carbone soutenus par les Nations unies, qui lui rapporteraient des millions de livres de revenus par an.

Au Mozambique, où les investisseurs pourraient mettre la main sur 7 millions d’hectares, des fonds spéculatifs occidentaux travailleraient avec des entreprises sud-africaines pour acheter de grandes superficies de forêts et de terres agricoles pour le compte d’investisseurs en Europe et aux États-Unis.

Les contrats stipulent que l’État mozambicain acceptera jusqu’à vingt-cinq années d’exonération d’impôts, sans qu’il y ait beaucoup d’emplois créés en contrepartie. « Personne ne peut croire que ces investisseurs soient motivés par le désir de nourrir les Africains, de créer des emplois ou d’améliorer la sécurité alimentaire », martèle OBANG METHO, du Mouvement de solidarité pour une nouvelle Ethiopie.

« Ces accords, qui pour beaucoup resteront en vigueur pendant quatre-vingt-dix-neuf ans, n’apporteront pas le progrès aux populations locales et ne leur donneront pas de quoi manger. Ils permettent seulement aux dirigeants corrompus et aux investisseurs étrangers de s’en mettre plein les poches ».

Opacité

« Ce sont des contrats énormes, ce qui les rend d’autant plus scandaleux. Le sacrifice de petites fermes et de forêts africaines sur l’autel d’une stratégie d’investissement hautement rentable, fondée sur des ressources naturelles, risque de pousser les prix alimentaires à la hausse et d’aggraver les changements climatiques », s’insurge ANURADHA MITTAL.

« D’après des études effectuées par la Banque mondiale et d’autres institutions, les entreprises étrangères ont acheté ou loué ces trois dernières années près de 60 millions d’hectares de terres africaines, soit la superficie d’un pays grand comme la France », soulignent quant à eux les auteurs du rapport.

« La plupart de ces accords se caractérisent par leur opacité, et ce en dépit des profondes répercussions du renforcement du contrôle sur les marchés alimentaires mondiaux et les ressources agricoles par les sociétés financières », poursuivent-ils.

« Nous avons relevé des cas de spéculateurs s’emparant de terres agricoles alors que de petits paysans, considérés comme les occupants illégitimes, sont expropriés par la force, sans aucune indemnisation », s’indigne Frédéric MOUSSEAU, directeur politique de l’Oakland Institute.

« Cela déstabilise la filière alimentaire dans le monde et cette instabilité représente une menace bien plus grande que le terrorisme pour la sécurité du monde. Plus d’un milliard d’habitants de la planète ont faim. La majorité des pauvres dépendent toujours des petites exploitations agricoles pour leur survie, et les spéculateurs les dépouillent de leur moyen d’existence en leur faisant miroiter des progrès qui ne se réaliseront jamais ».

Quand les Fonds d’Investissements se Partagent l’Afrique

Les investissements étrangers se multiplient en Afrique où les spéculateurs tentent de s’accaparer de plus en plus de terres agricoles. L’équivalent de la superficie de la France a d’ores et déjà été vendu en 2009.

Kofi ANNAN s’inquiète pour le développement du continent, d’autant que ces acquisitions auraient déjà poussé des milliers d’Africains à quitter leurs fermes.

Le rapport de l’Oakland Institue souligne que toutes ces entreprises étrangères souhaitent, à travers ces investissements massifs, assurer leur main-mise sur le marché mondial de l’agriculture, et se placer sur le secteur des productions liées aux énergies renouvelables.

Les entreprises chinoises et moyen-orientales ne sont pas en reste. Ces dernières se sont aussi empressées de s’accaparer de terrains agricoles gigantesques en vue d’y développer des produits alimentaires à destination de leur pays d’origine. Les biocarburants et les fleurs coupées sont également très prisés

« Cela crée une insécurité très importante qui pourrait être plus dangereuse que le terrorisme », alerte le rapport. « Pour ces investisseurs, il est très facile de conclure à une vente. Très souvent, ils proposent au chef tribal en échange de ses terres une bouteille de whisky Johnny Walker », assure la directrice de l’Institut, Anuradha Mittal.

Elle ajoute : « Les même entreprises financières qui nous ont conduit à la récession mondiale en gonflant la bulle immobilière par des manœuvres financières risquées font maintenant exactement la même chose avec l’offre alimentaire mondiale ».

Madame MITTAL précise : « En Afrique, cela se traduit par le déplacement de petits agriculteurs, des dégâts environnementaux, des pénuries d’eau et davantage d’instabilité politique comme les émeutes de la faim qui ont précédé les révolutions tunisienne et égyptienne ».

L’enquête de l’Oakland Institue, menée en Ethiopie, Tanzanie, Sud-Soudan, Sierra Leone, Mali et Mozambique, se termine par un chiffre édifiant. Les fonds de pension internationaux et autres spéculateurs auraient déjà acheté, en 2009, l’équivalent d’une superficie égale à celle de la France. L’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi ANNAN se dit « troublé », nous indique Business Insider : « Il n’est ni juste, ni soutenable que des terres agricoles soient ainsi mises à l’écart des communautés locales, et que des denrées alimentaires soit exportées quand la famine guette à chaque pas de porte. Les populations ne supporteront pas ces abus, et nous ne le devrions pas non plus ».

Par John VIDAL, Claire PROVOST (Courrier international)

Source: Érice Mampouya