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La colonisation racontée par ceux qui l’ont combattue

novembre 28, 2020
« Décolonisations », de Pierre Singaravélou, Karim Miské et Marc Ball, Seuil – Arte Editions, 232 p., 29,90 euros

Après la diffusion d’un documentaire sur Arte, l’historien Pierre Singaravélou et les réalisateurs Karim Miské et Marc Ball racontent dans un ouvrage la colonisation du point de vue des leaders et des peuples qui l’ont combattue.

« Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, l’histoire de la chasse glorifiera toujours le chasseur. » Ce fameux proverbe de l’écrivain nigérian Chinua Achebe, les trois auteurs de l’ouvrage qui vient de sortir sous le titre Décolonisations, version écrite de leur série documentaire en trois épisodes, diffusée il y a quelques mois par la chaîne Arte, l’ont pris au pied de la lettre.

Ce que l’historien Pierre Singaravélou et les réalisateurs Karim Miské et Marc Ball racontent, en effet, c’est une histoire de la colonisation dont les principaux personnages ne sont pas ceux qui l’ont entreprise ou y ont participé, les Christophe Colomb, Pierre Savorgnan de Brazza, Cecil Rhodes, Léopold II, ou ceux qui semblent y avoir mis fin comme Clément Attlee ou Charles de Gaulle. Non, les héros de cette histoire, ce sont les colonisés qui ont résisté à la domination occidentale sur leurs territoires au XIXe et au XXe siècles. Des peuples insoumis, qui ont payé le prix du sang, dont émergèrent des leaders restés célèbres : Lalla Fatma N’Soumer et Abdelkrim au Maghreb, Jomo Kenyatta au Kenya, Ghandi et Sarojini Naidu en Inde, Ho Chi Minh en Indochine.

Résistance permanente

Un changement de perspective qui permet de documenter les tragédies qu’ont vécues les populations dominées mais surtout de comprendre que l’histoire « officielle » de la colonisation, si longtemps imposée par les colonisateurs, était non seulement incomplète, car vue d’un seul côté, mais aussi mensongère.

Certes, cela fait quelques temps que plus grand monde n’ose soutenir où que ce soit que l’objectif principal de la conquête de territoires en Afrique, en Asie et en Amérique latine par les pays occidentaux consistait à apporter « la civilisation » à des populations « en retard » qui auraient subi passivement cette domination.

LES PEUPLES COLONISÉS, DANS LEUR GRANDE MAJORITÉ, N’ONT PAS ACCEPTÉ LEUR SORT

Mais ce n’est pas pour autant qu’on a mis au premier plan ce qui est tout simplement incontestable pour les historiens contemporains qui abandonnent toute vision néocolonialiste ou pour n’importe quel individu qui veut bien s’informer : les peuples colonisés, dans leur grande majorité, n’ont pas accepté leur sort et, malgré la difficulté de l’entreprise pour combattre un occupant disposant et abusant de la supériorité militaire, la révolte et même la résistance déterminée n’ont jamais cessé face à l’envahisseur. Cela commence dès l’enfance (dans le cas par exemple de Kateb Yacine ou Frantz Fanon), cela ne s’arrête jamais. On a beau n’avoir guère d’espoir de l’emporter à court terme, on agit quand même.

L'écrivain algerien Kateb Yacine, vers 1965

La maharani de Jhansi et le roi des Batéké

Prenons l’exemple de l’Inde, où la colonisation est réputée avoir été sinon moins violente du moins généralisée qu’ailleurs. Manikarnika Tambe, née en 1828 dans un territoire dominé par la Compagnie britannique des Indes orientales, épouse à 14 ans le maharajah de Jhansi, dont elle prend la succession à sa mort, 11 ans plus tard. La jeune reine est déchue de son titre au bout de quatre mois et son royaume annexé immédiatement et sans autre forme de procès par la Compagnie qui ne cesse d’étendre son emprise un peu partout à travers le sous-continent.

Mais quand, en 1857, les soldats indiens au service de cette Compagnie, les cipayes, se révoltent régiment après régiment contre leur maître, elle remonte sur son trône et organise la résistance en créant notamment un bataillon de femmes. Ce n’est qu’après dix jours de bombardements, un assaut mené par 5000 combattants britanniques bien armés et le massacre de 3000 hommes, femmes et enfants que le général envoyé pour « rétablir l’ordre » réussira à s’emparer du palais-forteresse de la souveraine. Laquelle peut s’enfuir et rejoindre à une centaine de kilomètres des princes indiens qui n’ont pas encore capitulé avant de mourir les armes à la main. Et de devenir plus tard une grande héroïne de l’Inde indépendante.

Un cas qui n’est pas isolé, en Asie comme en Afrique et tout au long de la période de colonisation. Et qui prend des allures différentes selon les circonstances. Pour résister à l’avancée des colonisateurs portugais, le roi des Batéké au Congo s’allie à un explorateur français, Brazza, qui lui offre sa protection… avant de trahir sa confiance en livrant à son pays la maîtrise du terrain.

« De l’égalité des races »

Malgré ces tentatives d’échapper à la sujétion, la plupart des terres africaines tombent sous le joug des pays européens qui exercent leur pouvoir sur 100 millions de personnes sur le continent autour de 1880. Et qui se partagent même, lors de la Conférence de Berlin, en 1885, les territoires que les puissances occidentales peuvent administrer sans se concurrencer. En justifiant un tel impérialisme sans limites par des discours « scientifiques » établissant une hiérarchie entre les races « supérieures » et les races « inférieures ».

Mais là encore, non sans que ce discours autojustificateur – dont l’un des principaux auteurs n’est autre que le célèbre fondateur de la Société anthropologique de Paris, Paul Broca, acharné à mesurer des volumes crâniens soi-disant plus importants chez les Blancs –, ne soit réfuté peu après qu’il a été émis. Par un Noir. Le Haïtien Anténor Firmin démontre en effet que les chiffres de Broca ont été truqués pour avaliser son postulat préalable d’une hiérarchie raciale. Il publie même les résultats de son travail dans un livre, De l’égalité des races humaines, qui infirme sans appel les pures croyances qui, à cette époque, légitimaient, si l’on peut employer ce terme, l’esclavage et la colonisation.

Résistants inconnus

Manikarnika Tambe, Anténor Firmin… ou encore ces Kikuyus octogénaires qui participèrent à la révolte des Mau Mau au Kenya et obtinrent sur le tard et après d’innombrables recours en justice des excuses de la couronne britannique. L’ouvrage fort bien illustré de Pierre Singaravélou, Karim Miské et Marc Ball, comme le film truffé d’images rares qu’il accompagne, évoquent des dizaines et des dizaines d’exemples de ces résistants complètement inconnus du commun des mortels qui ont combattu à leur manière la colonisation.

Prisonniers Mau Mau, détenus par les colons britanniques

Des hommes et très souvent des femmes – le « sexe fort » dit-on dans un chapitre éclairant contenant un portrait magistral de Sarojini Naidu – qui ont consacré leur vie à cette cause, parfois les armes à la main, parfois en prônant la désobéissance civile, parfois en écrivant des livres, parfois même… en gagnant pieds nus un match de football contre une équipe de Blancs parfaitement équipés comme le fit l’équipe des Bengalis du Mohun Bagan à Calcutta en 1911. À la plus grande satisfaction d’un public réunissant – une fois n’était pas coutume – les supporters hindous comme les musulmans alliés dans le soutien à la lutte nationaliste.

CE TRAVAIL NE CACHE RIEN DES CÔTÉS SOMBRES DE L’HISTOIRE DE LA COLONISATION ET DE LA DÉCOLONISATION

On aimerait que Décolonisations puisse devenir un support d’enseignement aussi bien dans les pays occidentaux que dans les pays autrefois colonisés. D’autant que le récit proposé, s’il glorifie à juste titre les héros du combat émancipateur, ne verse pas dans l’hagiographie ou la légende. Il ne cache rien des côtés sombres de l’histoire de la colonisation et de la décolonisation : les collaborateurs qui se mirent par pur intérêt au service des oppresseurs, les profiteurs de la décolonisation, les dictateurs perpétuant le néocolonialisme… Ce qui ne fait que mettre mieux en valeur par contraste l’importance de la lutte pour la liberté qui fut toujours populaire et ne connut aucune trêve. Et ne peut qu’aider à développer l’esprit critique, base de tout enseignement de l’histoire digne de ce nom.

« Décolonisations », de Pierre Singaravélou, Karim Miské et Marc Ball, Seuil – Arte Editions, 232 p., 29,90 euros

Avec Jeune Afrique par Renaud de Rochebrune

France/Coronavirus: 90 acteurs du monde du sport, dont Zidane, réclament la réouverture des salles de sport

octobre 10, 2020

Sans nier la gravité de la pandémie, le texte «dénonce des décisions infondées, sur le plan sanitaire, social et économique» et un «message erroné, anxiogène et aux conséquences désastreuses».

Zinedine Zidane et 90 acteurs du monde du sport réclament aux pouvoirs publics la réouverture des salles de sport, dénonçant «des décisions infondées» et une «stigmatisation» injuste, dans une tribune mise en ligne samedi sur le site du Journal du dimanche.

Depuis une quinzaine de jours, en raison de la reprise de l’épidémie de Covid, de nouvelles restrictions sanitaires ont conduit à la fermeture des salles de sport, des gymnases et des piscines, excepté pour les moins de 18 ans, dans plusieurs grandes villes de France.

«Nous, professionnels de l’encadrement de l’activité physique et sportive, sportifs de haut niveau et professionnels de la santé, déplorons la stigmatisation des lieux de pratique d’activité physique et sportive comme vecteurs de propagation de la pandémie actuelle», écrivent les signataires de la tribune.

Outre Zidane, plusieurs sportifs de haut niveau, dont notamment Stéphane Diagana, champion du monde d’athlétisme, Marie-Amélie Le Fur, athlète paralympique et présidente du comité paralympique français, Alizé Cornet, joueuse de tennis, Stéphane Traineau, champion du monde de judo, figurent parmi les signataires de cette tribune, aux côtés de plusieurs médecins du sport et dirigeants de salles sportives.

Sans nier la gravité de la pandémie, le texte «dénonce des décisions infondées, sur le plan sanitaire, social et économique» et un «message erroné, anxiogène et aux conséquences désastreuses». «Dans le respect des protocoles actuels en vigueur, le risque de pratiquer une activité physique et sportive dans un établissement dédié, salle ou gymnase, n’est pas démontré scientifiquement. Aucun cluster issu de ces structures n’a d’ailleurs été signalé à date par les Agences Régionales de Santé (ARS)», est-il souligné. Mieux, «il est formellement démontré que dans d’autres épisodes épidémiques d’infection, les personnes pratiquant régulièrement une activité physique ou sportive (…), étaient moins gravement atteintes».

Rappelant que les salles de sport ont depuis la fin du confinement mis en place «les meilleures conditions sanitaires possibles», les signataires alertent par ailleurs sur les conséquences sociales de telles fermetures qui pourraient entraîner «une crise lourde de conséquences» pour le secteur sportif, demandant la mise en place d’«un soutien économique ciblé».

En France, les salles de sport représentent un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros annuel et emploient environ 35.000 salariés. Plusieurs recours en justice ont été déposés dans différentes villes de France pour s’opposer à ces fermetures. Mercredi, le syndicat FNEAPL FranceActive, qui représente quelque 1500 salles, a notamment annoncé avoir saisi le Conseil d’Etat.

Par Le Figaro avec AFP

Le Venezuela s’en prend aux acteurs des matières premières suisses

mars 13, 2018

Genève (awp/ats) – Plusieurs acteurs suisses du négoce de matières premières font l’objet d’une plainte de la compagnie pétrolière vénézuélienne d’Etat PDVSA au travers d’un trust aux Etats-Unis. Deux personnes auraient été arrêtées à Genève.

La plainte déposée le 6 mars, que l’ats a pu consulter, vise plusieurs dizaines d’entreprises dans le monde. Elle cible en particulier le cabinet panaméen Helsinge, qui dispose d’une succursale à Genève depuis récemment, pour pillage des ressources de la compagnie publique vénézuélienne et corruption d’employés vénézuéliens. Des données auraient été obtenues et revendues.

Sont notamment considérés comme co-conspirateurs le géant du négoce de matières premières genevois Vitol, Trafigura, établi à Singapour et Genève, et le zougois Glencore. PDVSA affirme que ces sociétés ont contribué à fixer les prix et éliminer la concurrence dans l’achat et la vente de ses produits. La société estime le préjudice à 5,2 milliards de dollars (environ 4,9 milliards de francs).

Cité mardi par Le Temps, le Ministère public genevois affirme « avoir ouvert une procédure pénale contre certains des animateurs d’une société de trading basée à Genève et soupçonnés de corruption d’agents publics étrangers et blanchiment d’argent ». Selon des sources concordantes, deux cadres vénézuéliens d’Helsinge ont été arrêtés à Genève.

Le Temps ajoute que l’un d’entre eux a été relâché. Le quotidien genevois précise aussi que les sociétés visées n’ont pas souhaité s’exprimer sur cette affaire. L’avocat d’Helsinge, Jean-Marc Carnicé, a dit à l’ats que le cabinet « conteste avoir commis une quelconque infraction ». Dans Le Temps, il s’étonne de la rapidité de la procédure du Ministère public à Genève. « Les investigations n’en sont qu’à leurs débuts », affirme-t-il également à l’ats.

Romandie.com avec (AWP / 13.03.2018 16h55)                                            

Congo: Les acteurs vivants et morts de la vie politique

février 23, 2017

Au cours d’un pan de notre histoire récente, la parole était donnée aux différents acteurs de la vie politique congolaise et de la société civile, pour donner leurs opinions sur les crimes commis et sur l’avenir du pays, au Forum de Brazzaville. Ceux de l’étranger avaient aussi émis leurs idées, dans la méfiance sans la confiance du vivre ensemble qui continue d’inquiéter. Des propos qui restent actuels à un moment capitale de notre histoire.

Piratage informatique : la Côte d’Ivoire encore parmi les mauvais élèves.

mars 7, 2013

 

Microsoft
© Autre presse par DR
Microsoft organise la journée Play it Safe Campaign.
Un panel a été organisé le mercredi 6 Mars 2013 par Microsoft sur le piratage et la contrefaçon. C’était à l’occasion de la journée dénommée Play it Safe Campaign.

Le taux de piratage informatique de la Côte d’Ivoire est désormais de 82%. L’annonce a été faite lors d’un panel organisé le mercredi 6 Mars 2013 par Microsoft sur le piratage et la contrefaçon. C’était à l’occasion de la journée dénommée Play it Safe Campaign.

Le Play it Safe Campaign est l’initiative mondiale de Microsoft pour mettre l’accent sur l’importance d’utiliser des logiciels légaux et vise à démontrer leurs bienfaits pour les utilisateurs, aussi bien pour les entreprises que pour les consommateurs. « Play it Safe Campaign », est aussi l’occasion pour Microsoft de publier les résultats d’une étude d’IDC sur les risques et les pertes financières que les consommateurs et les entreprises encourent lorsqu’ils acquièrent et installent des logiciels contrefaits.

Pour cette année 2013, Microsoft a invité, autour de la même table, plusieurs acteurs venus du gouvernement ivoirien (ministères de l’éducation, de l’enseignement supérieur, des PTIC), des institutions de lutte contre la fraude (Burida, OAPI, etc.), du patronat, des médias et du monde des NTIC (le Groupement des Opérateurs du Secteur des Technologies de l’Information et de la Communication de Côte d’Ivoire, etc.). Tous les participants sont unanimes sur les effets néfastes du piratage ou de la contrefaçon qui fait tant de mal à l’économie ivoirienne en termes de pertes de recettes fiscales, de création d’emplois, de développement technologique ou social et en termes de respect de la propriété intellectuelle tout court.

Lors de ce panel, les débats ont porté sur 3 axes principaux. Les causes et manifestations du piratage, la réaction du monde professionnel, et le cadre juridique, et la contribution du consommateur dans la lutte contre le piratage.

Sur le point des causes et manifestations du piratage, les contributions ont permis de mettre en lumière plusieurs et divers motifs du piratage. Mais, ce que coûte réellement le piratage aux utilisateurs, ce sont les ressources qu’ils mettent dans la réparation des dommages causés. En effet, la nouvelle étude commandée par Microsoft Corporation et menée par l’International Data Corporation (IDC) a démontré que le piratage de logiciels coûte des milliards en temps et en argent aux entreprises et aux consommateurs. Certains utilisateurs en effet cherchent délibérément à se procurer des logiciels piratés afin de réaliser des économies, ignorant que le risque d’infection de leurs ordinateurs par des logiciels malveillants est élevé : 1 logiciel sur 3 en ce qui concerne les consommateurs et 3 logiciels sur 10 pour ce qui est des entreprises sont impactés selon l’étude. Du fait de ces infections, les consommateurs perdent 1,5 milliards d’heures et 22 milliards de dollars à identifier et à réparer les dommages causés, tandis que les entreprises dépensent globalement 114 milliards de dollars pour combattre les cyber-attaques.

Dans le cadre de cette étude, IDC a analysé quelques 270 sites internet et réseaux « Peer-to-Peer », 108 téléchargements de logiciels et 155 CD/DVD à travers le monde, a interrogé 2077 consommateurs et 258 directeurs informatiques et chefs des services informatiques au Brésil, en Chine, en Allemagne, en Inde, au Mexique, en Pologne, en Russie, en Thaïlande, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. IDC a ainsi constaté que, parmi les logiciels contrefaits n’étant pas installés à l’origine sur l’ordinateur, 45% proviennent d’internet (sites internet, réseaux “Peer-to-Peer”), 80% ont des logiciels espion et 36% contiennent des Chevaux de Troie (virus) et des logiciels publicitaires.
En ce qui concerne les réactions du monde professionnel et le cadre juridique, les discussions ont mis en avant le fait qu’en raison du manque de dispositifs pour freiner le piratage, le dommage est estimé en Afrique de l’Ouest et du Centre à près de 14 milliards de FCFA. Malheureusement, la Côte d’Ivoire figure sur cette liste de mauvais élèves avec « un taux record de 82% évalué à environ 8 milliards de francs CFA. Un manque à gagner énorme qui aurait pu renflouer les caisses de nos jeunes Etats », a déploré, M. Simon Ouattara Directeur Général de Microsoft Afrique de l’Ouest et du Centre.

Réagissant sur cet aspect, M. Serge Akpatou, Juriste d’affaires, Spécialiste du droit de la Propriété Intellectuelle et du droit des TIC et Conseil en Propriété Industrielle agréé par l’OAPI, a précisé qu’en effet «les textes en la matière sont limités. Et même s’ils existent, ils ne couvrent pas toutes les formes de piraterie qui existent. C’est ce vide juridique qui est exploité par les cybers-délinquants sans qu’ils ne soient inquiétés par aucune menace.»
Quant au Dr Assoko Héracles, directeur juridique au ministère de la Poste et des Technologies de l’Information et la Communication, «il y a certes des lois, mais il faut aussi une volonté politique dans leur application. C’est à ce niveau que les choses devraient bouger (…)»

Les contributions sur le troisième axe ont évoqués la nécessité d’informer et de former le consommateur d’abord sur l’importance du respect de la propriété intellectuelle pour changer la mentalité et la culture. Tous les panélistes étaient unanimes sur le fait que les enjeux financier, économique et social du piratage sont suffisamment importants pour que tous les acteurs engagés dans la chaîne soient mobilisés. C’est dans cette optique que les participants ont fait quelques recommandations, entres autres :

•L’amélioration et la diversification des canaux et des moyens de communication de Microsoft en direction des utilisateurs.
•Renforcement du cadre juridique pour réprimer les contrevenants.
•Elaboration des stratégies inclusives en tenant compte de la culture de l’environnement dans lequel évoluent les consommateurs.
•Rapprochement des produits légaux par des points de ventes agrées et proches de la population.

Pour Gertrude Kouassi, secrétaire exécutif du GOTIC, le rôle des parents dans l’éducation des jeunes qui sont les consommateurs de demain est capital. «Nous les parents, » dit-elle, « attendons que Microsoft s’ouvre à nous, afin que nous puissions en faire l’écho auprès de nos enfants. Combien de parents d’élèves connaissent le coût d’un logiciel Office Etudiant ? Ce genre de rencontre doit être faite régulièrement avec les parents que nous sommes afin de ne plus nous faire arnaquer par les revendeurs douteux qui d’ailleurs nous font en réalité dépenser plus qu’il ne faut.»

En conclusion, le débat a été enrichissant. Microsoft a, quant à lui affirmé, qu’il dispose techniquement de solutions anti-piratage, mais elles ne peuvent être efficaces qu’avec la collaboration du consommateur. Ils ont d’ailleurs annoncé la mise en ligne d’un site ou les utilisateurs peuvent trouver les informations pour reconnaitre un logiciel original :
http://www.microsoft.com/fr-fr/howtotell/default.aspx
Il y a d’autres résultats marquants révélés par l’étude commandée et menée par l’International Data Corporation (IDC), entre autres :
•64% des interrogés ayant utilisé des logiciels contrefaits ont déjà fait face à des problèmes de sécurité ;
•Dans 45% des cas, les logiciels contrefaits ont ralenti les PCs et ont dû être désinstallés
•48% des interrogés ont indiqué que leur plus grande préoccupation liée à l’utilisation de faux logiciels était la perte de données ;
•29% d’entre eux étaient principalement préoccupés par le vol d’identité.

Attacher des logiciels malveillants à des logiciels contrefaits est la nouvelle méthode des cyber-délinquants pour s’attaquer aux consommateurs et entreprises ignorant les dangers potentiels.

Le livre blanc d’IDC a également étudié le niveau surprenant d’installations de logiciels personnels au sein des entreprises, mettant en lumière une autre voie d’introduction de logiciels non sécurisés dans l’environnement du travail. Alors que 38% des directeurs informatiques reconnaissent que ces pratiques existent, 57% des employés admettent qu’ils installent des logiciels personnels sur les ordinateurs appartenant à leurs employeurs. Les personnes interrogées ont indiqué à IDC que seuls 30% des logiciels installés sur leurs ordinateurs de travail ne causaient aucun problème. 65% des directeurs informatiques ont admis que les logiciels personnels installés en entreprise augmentent les risques d’insécurité. Pour beaucoup, dans l’entreprise, les logiciels personnels installés par les employés peuvent constituer une menace cachée pour la sécurité des réseaux et systèmes informatiques.

En tout état de cause, les consommateurs sont invités à consulter le site http://www.microsoft.com/security afin de vérifier que leurs logiciels sont bien authentiques et que leur ordinateur n’est pas infecté ; si l’ordinateur contient un logiciel malveillant, des outils existent pour éliminer l’infection. Les consommateurs qui achètent un ordinateur neuf sont invités à procéder à ces vérifications auprès d’une source fiable, afin de s’assurer qu’ils acquièrent des logiciels Microsoft authentiques.
Plus d’informations sur l’étude IDC disponibles sur le site dédié au « Play It Safe » de Microsoft, http://www.play-it-safe.net , et sur le centre de presse, http://www.microsoft.com/news/ipcrimes

Source: Microsoft