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Canada: L’actrice Monique Mercure s’est éteinte

mai 17, 2020
La comédienne Monique Mercure a remporté le prix Gémeaux de la meilleure interprète féminine dans un téléroman pour son rôle dans l'émission Providence en 2007.
© PHOTO: LA PRESSE CANADIENNE / DAVID BOILY La comédienne Monique Mercure a remporté le prix Gémeaux de la meilleure interprète féminine dans un téléroman pour son rôle dans l’émission Providence en 2007.
Monique Mercure, l’une des grandes actrices québécoises, est décédée à l’âge de 89 ans.

La comédienne s’est éteinte cette nuit des suites d’un cancer. Sa fille Michèle était à son chevet. Elle a par la suite publié un dessin qu’elle a fait de sa mère avec la mention : « Monique Mercure 1930-2020 ».

Le directeur du Conseil des arts du Canada Simon Brault a écrit ce matin sur Twitter : Monique Mercure est décédée paisiblement cette nuit. Une très grande artiste est disparue. Nous étions des amis fidèles et inséparables depuis 30 ans.

Monique Miller et Monique Mercure étaient de grandes amies. Elles se parlaient toutes les semaines et blaguaient sur le fait que d’aucuns les confondaient, deux actrices prénommées Monique aux initiales M.M.

«Je suis très troublée, surtout cette semaine. Cela a été une très dure semaine. On perd Renée [Claude] et on perd Monique [Mercure]. C’est beaucoup. C’est beaucoup pour nos petits coeurs,» a-t-elle confié en entrevue à RDI.

«Malheureusement, cela fait un moment qu’elle souffrait. Quand j’ai eu le téléphone ce matin, je n’étais pas surprise. On ne pouvait pas la voir à cause de cette pandémie.» – Monique Miller

Mais Monique Miller se console en ayant au moins eu la chance de lui parler ces derniers mois. On s’est tellement parlé au téléphone depuis à peu près trois ou quatre mois. Mon Dieu qu’on s’est parlé au téléphone! […] Dans son petit appartement, c’était ce qu’elle avait, le téléphone, relate-t-elle.

Les deux actrices ont joué ensemble à plusieurs occasions, comme dans le film Saints-Martyrs-des-Damnés de Robin Aubert, où elles interprétaient des sœurs jumelles, et dans la pièce de théâtre Les manuscrits du déluge de Michel-Marc Bouchard.

Quel souvenir garderez-vous de votre grande amie? Sa beauté, sa gentillesse, sa spontanéité, parce qu’au moment où on s’y attendait le moins, on savait à quoi s’attendre après avec Monique, a-t-elle répondu.

L'actrice québécoise Monique Mercure a interprété des rôles dans des pièces autant classiques que contemporaines.

© Archives /Radio-Canada L’actrice québécoise Monique Mercure a interprété des rôles dans des pièces autant classiques que contemporaines.
La comédienne Marie-Thérèse Fortin parle de Monique Mercure comme d’une source d’inspiration

«Monique c’était quelqu’un qui inspirait beaucoup d’admiration. On avait beaucoup de reconnaissance pour tout ce qu’elle avait fait, parce que je pense qu’elle a ouvert beaucoup de portes aux femmes au Québec et particulièrement pour les comédiennes», estime-t-elle.

Marie-Thérèse Fortin a eu le plaisir de jouer avec elle dans le téléroman Mémoires vives dans lequel Monique Mercure incarnait sa mère. Impressionnée par l’actrice, Mme Fortin se rappelle que sur le plateau Mme Mercure imposait « une certaine force de caractère ». Elle dit que la femme était dotée d’un « rire absolument irrésistible » et d’un « regard aiguisé et pénétrant ».

«Monique, elle était d’un tempérament qui n’attendait pas qu’on lui accorde la permission de quoi que ce soit pour être qui elle était et faire ce qu’elle voulait faire. On sentait ça chez elle. Je pense que c’est ce qui a frappé dans les interprétations de tous les rôles qu’elle a abordés. Il y a avait cette force de caractère, cette espèce d’énergie très terrienne, qui faisait qu’elle prenait sa place. Il y avait quelque chose là-dedans de très séduisant, de très moderne, qui nous donnait envie d’en faire autant. Et elle avait un sex-appeal absolument renversant», affirme-t-elle.

«Quand je pense à Monique Mercure, je pense à un sentiment de liberté, de force. C’est ce souvenir que je vais garder d’elle.» – Marie-Thérèse Fortin, comédienne

Monique Mercure et Louise Turcot dans le film Deux femmes en or du cinéaste québécois Claude Fournier.

© France Film/Les films Claude Fournier Monique Mercure et Louise Turcot dans le film Deux femmes en or du cinéaste québécois Claude Fournier.
«Ça m’attriste d’autant que, dans un sens, c’est Deux femmes en or qui a lancé Monique Mercure pour de bon. Elle ne jouait pas beaucoup à l’époque et m’avait dit que si je faisais un film, elle voulait jouer dedans. Avec Marie-Josée Raymond, on a un peu écrit le film pour elle», raconte Claude Fournier, réalisateur de cette comédie culte produite en 1970.

Le cinéaste de 88 ans se rappelle de leur rencontre : J’ai connu Monique quand j’avais 21 ou 22 ans. C’était quelqu’un de clair-obscur, ce n’était pas juste une femme lumineuse, elle était aussi angoissée, comme beaucoup de gens de talent. Ce n’était pas une femme comme les autres.

«Ce qui était le plus remarquable chez Monique, c’est qu’elle donnait toujours son 110 %, comme on dirait au hockey. Je vais me rappeler de sa fougue, de son ardeur, de sa passion. Ce n’était pas une femme à moitié», témoigne-t-il.

Sur Twitter, la comédienne Salomé Corbo a rendu hommage à l’artiste avec qui elle a eu la chance de travailler : « J’ai eu l’immense honneur de jouer avec la magnifique Monique Mercure, dans un scénario que j’avais écrit pour elle et moi, dans la série États-Humains. L’épisode avait pour titre Tendresse. Alors c’est avec tendresse et admiration que je vous dit merci pour tout Mme Mercure. »

La comédienne Monique Mercure en 1963

© Henri Paul/Radio-Canada La comédienne Monique Mercure en 1963
La classe politique a également salué la contribution de l’artiste à la société québécoise.

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau a déclaré sur Twitter : «Une grande actrice canadienne s’est éteinte. Monique Mercure a marqué plus d’une génération de Canadiens. Elle a contribué à faire rayonner le cinéma québécois au-delà de nos frontières, et son héritage se perpétuera à travers son œuvre. Mes pensées accompagnent ses proches».

Pour sa part, le premier ministre du Québec a dit sur Twitter : «Mes pensées vont à la famille et aux proches de l’actrice et grande officière de l’Ordre national du Québec, Monique Mercure, disparue à l’âge de 89 ans. Je vous offre mes plus sincères condoléances».

La ministre québécoise de la Culture Nathalie Roy a quant à elle affirmé : Monique Mercure nous laisse avec d’inoubliables rôles au théâtre, au petit, et au grand écran, et autant de preuves de son immense talent et de son vaste registre. Mes condoléances à sa famille et à ses proches.

Une longue carrière

Monique Émond, alias Monique Mercure, est née à Montréal en 1930. Jeune, elle se destinait à une carrière de musicienne. Violoncelliste, elle est diplômée de l’école de musique Vincent d’Indy en 1949.

Elle s’intéresse par la suite à la danse et au théâtre. Elle s’envole pour Paris afin de parfaire sa formation théâtrale.

Elle épouse le compositeur Pierre Mercure en 1949. Avec lui, elle aura trois enfants : Michèle et les jumeaux Christian et Daniel. Le couple se divorce en 1958.

La comédienne Monique Mercure en 1975 dans la série télévisée « Le Gutenberg »

© André Le Coz/Radio-Canada La comédienne Monique Mercure en 1975 dans la série télévisée « Le Gutenberg »
Au fil des décennies, Monique Mercure est devenue une personnalité incontournable du cinéma, de la télévision et du théâtre au Québec. Son curriculum vitae est impressionnant : elle a notamment joué dans plus de 65 films plus de 100 pièces de théâtre.

En 1960, Monique Mercure, jouait son premier rôle dans la pièce L’Opéra de quat’sous, présentée au Théâtre du Nouveau Monde.

En 1977, elle devient la première Québécoise à obtenir le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes pour le film J.A. Martin, photographe, de Jean Beaudin.

Au cinéma, l’actrice a collaboré à des films marquants comme Mon Oncle Antoine de Claude Jutra, Le Violon rouge de François Girard, Emporte-moi de Léa Pool, Dans le ventre du dragon d’Yves Simoneau et bien sûr Deux femmes en or du cinéaste Claude Fournier.

Monique Mercure a aussi joué à l’extérieur du Québec avec de grands acteurs et d’éminents réalisateurs de cinéma comme Paul Newman, Robert Altman, Claude Chabrol et David Cronenberg.

La comédienne Monique Mercure

© Édouard Plante La comédienne Monique Mercure
Au théâtre, elle a collaboré à des pièces d’envergure comme Albertine en cinq temps du dramaturge Michel Tremblay, La Mouette d’Anton Tchekhov, L’hiver de force de Réjean Ducharme, Le Tartuffe de Molière ou encore Les Troyennes d’Euripide.

À la télévision, la comédienne a participé à de nombreuses productions comme Sous le signe du lion, Le retour, Innocence, Miséricorde, Monsieur le ministre, L’Héritage et Tout sur moi.

Ces dernières années, on a pu la voir dans des séries de Radio-Canada comme Providence et Mémoires vives.

Monique Mercure s’est également donnée à l’enseignement en 1990 à l’École nationale de théâtre du Canada. De 1991 à 1997, elle en deviendra la directrice générale.

En même temps, elle siège au Conseil des arts du Québec, de 1993 à 1996.

Au cours de sa carrière, elle a remporté plusieurs prix et distinctions.

Elle décroche le prix Gémeaux de la meilleure interprétation pour un premier rôle féminin dans un téléroman en 2007, et en 2009 pour son travail dans Providence.

Elle obtient le prix du Gouverneur général pour les arts de la scène en 1993. La même année, on lui remet l’insigne de Compagnon de l’Ordre du Canada.

L’artiste a reçu la médaille de grande officière de l’Ordre national du Québec en 2010.

Avec radio-Canada par Yannick Donahue

L’actrice Anna Karina est morte à 79 ans

décembre 16, 2019
Anna Karina, le 2 mars 2018 à Paris

Anna Karina, le 2 mars 2018 à Paris afp.com/THOMAS SAMSON

L’actrice, égérie de la Nouvelle Vague, a joué dans de nombreux films du réalisateur Jean-Claude Godard.

Elle était une figure du cinéma Français, et de la Nouvelle Vague. L’actrice et chanteuse Anna Karina, est morte à l’âge de 79 ans, des suites d’un cancer a annoncé ce dimanche 15 décembre son agent. Hanne Karin Bayer, de son vrai nom, était née le 22 septembre 1940 à Solbjerg, au Danemark.

Égérie de nombreux film de Jean-Luc Godard, elle avait notamment commencé sa carrière dans Le Petit Soldat, en 1960, puis dans Une femme est une femme, au côté de Jean-Paul Belmondo et de Jean-Claude Brialy. Muse de Godard, avec qui elle a été mariée, icône des sixties, Anna Karina avait également chanté avec Serge Gainsbourg, qui lui a notamment écrit la chanson Sous le soleil exactement en 1967, ainsi que Roller Girl la même année.

On pouvait la voir sur l’affiche aux tons bleu et jaune du festival de Cannes 2018, sur laquelle Jean-Paul Belmondo et Anna Karina, chacun au volant d’une voiture, se penchent pour s’embrasser. Cette image est tirée d’une scène de Pierrot le fou, film culte de la Nouvelle vague réalisé en 1965. Godard a été récompensé en 2014 à Cannes avec un Prix du Jury partagé avec Xavier Dolan.Par LEXPRESS.fr

Une actrice syrienne anti-Assad inhumée en France

août 3, 2018

May Skaf, ici à Paris le 19 août 2017, avait été l’une des premières artistes syriennes à avoir pris position contre le régime de Bachar al-Assad / © AFP / Zakaria ABDELKAFI

L’actrice May Skaf, l’une des premières artistes syriennes à avoir pris position contre le régime de Bachar al-Assad, décédée à 49 ans le week-end dernier en banlieue parisienne, a été enterrée vendredi au sud-ouest de Paris.

Cinq à six cents personnes, dont des personnalités syriennes du monde du cinéma et de la culture, ont assisté aux obsèques vendredi après-midi au cimetière de la commune de Dourdan, où flottaient de nombreux drapeaux de l’opposition syrienne.

Le cercueil de cette artiste réputée, qui avait quitté son pays après une brève détention en 2013, gagnant la Jordanie, puis la France où elle vivait avec son fils Jude al-Zoabi, était recouvert du drapeau vert-blanc-noir à étoiles rouges, a constaté un correspondant de l’AFP.

« Ce sera un lieu de repos temporaire (…) jusqu’à ce que l’on rentre tous dans notre Syrie, démocratique, juste et libre », avait indiqué Jude al-Zoabi il y a quelques jours sur Facebook.

« Je suis sûr que May n’a jamais imaginé où son chemin la mènerait. Elle croyait en ses idées et a emprunté le chemin qui respecte ses principes. Je ne sais pas si elle savait qu’elle allait devoir renoncer à sa carrière artistique et à ses intérêts en Jordanie », a-t-il dit vendredi dans son éloge funèbre.

« May est devenue une star car elle a refusé la gloire. Elle a refusé de gagner de l’argent et de travailler avec des gens qui l’exploitent », a-t-il aussi affirmé.

L’actrice a été retrouvée morte dans la nuit de dimanche à lundi chez elle à Dourdan. Son domicile avait aussitôt été mis sous scellés et une enquête ouverte, mais l’autopsie a conclu à une mort naturelle, due à un anévrisme, a-t-on appris auprès de ses proches.

May Skaf vivait à Dourdan depuis 2015, hébergée dans la ville avec son fils, comme plusieurs autres réfugiés syriens, selon la maire de la ville Maryvonne Boquet.

La Syrienne May Skaf, ici à Paris en décembre 2016, avait quitté son pays après une brève détention en 2013, gagnant la Jordanie, puis la France où elle vivait avec son fils / © AFP / Zakaria ABDELKAFI

A l’été 2012, elle avait passé trois jours en détention en Syrie après avoir participé à une manifestation d’intellectuels anti-Assad à Damas. Puis elle avait de nouveau été brièvement interpellée par les forces du régime en 2013.

Elle avait ensuite trouvé refuge en Jordanie, avant de s’envoler pour Paris.

Sur sa page Facebook, le dernier commentaire publié par May Skaf avant sa mort évoquait la Syrie : « je ne perdrai pas espoir … je ne perdrai pas espoir. C’est la Syrie majestueuse, pas la Syrie d’Assad ».

« Ce qui est triste, c’est que Bachar al-Assad a réussi à tuer environ des centaines de milliers de Syriens à l’intérieur de la Syrie. Et il réussit malheureusement à les tuer à l’étranger. Bachar al-Assad est le seul responsable des malheurs des Syriens. La mort de May fait partie de cet accablant malheur syrien », a lancé à Dourdan l’auteure syrienne Dima Wannous, une proche de May Skaf.

« May était militante et pas seulement une artiste. Elle a réussi à gagner une voix influente auprès des Syriens, vu sa sincérité et son dévouement à sa cause et aux valeurs nobles », a souligné l’acteur syrien Fares Helou, également proche de la défunte, connue principalement pour son rôle dans Khan al-Harir, une série télévisée dans laquelle elle incarnait une femme organisant des manifestations.

La Syrie est ravagée par la guerre depuis 2011. Plus de 350.000 personnes ont été tuées depuis 2011 dans ce conflit, qui est devenu plus complexe avec l’implication de pays étrangers et de groupes jihadistes sur un territoire morcelé.

Romandie.com vec(©AFP / 03 août 2018 18h26)

Décès de la Française Stéphane Audran, actrice fétiche de Claude Chabrol

mars 27, 2018

Paris – La Française Stéphane Audran, actrice fétiche de Claude Chabrol et protagoniste du « Festin de Babette » (Oscar du meilleur film étranger en 1988), est décédée mardi à 85 ans des suites d’une maladie.

« Ma mère était souffrante depuis quelques temps. Elle a été hospitalisée une dizaine de jours et était revenue chez elle. Elle est partie paisiblement cette nuit vers 2h du matin », a annoncé à l’AFP son fils Thomas Chabrol.

Révélée en 1968 dans « Les Biches » de Claude Chabrol, avec un Ours d’argent à la clé à Berlin, Stéphane Audran devient rapidement une figure emblématique du cinéma français des années 1970.

Durant cette décennie, celle qui se distingue par une voix traînante joue des premiers rôles marquants dans « Le Boucher » et « Les Noces rouges » de Claude Chabrol, pour qui elle tournera au total une vingtaine de films.

Son rôle dans « Violette Nozière », également de Claude Chabrol, lui permet de remporter le prix français César de la meilleure actrice en 1979.

Elle participe à un des plus grands longs métrages de Luis Buñuel, « Le Charme discret de la bourgeoisie », qui lui vaut de décrocher un prix britannique BAFTA de la meilleure actrice en 1973. Elle joue également dans « Vincent, François, Paul et les autres » de Claude Sautet.

Dans les années 1980, elle tourne dans « Coup de torchon » de Bertrand Tavernier et dans quelques films étrangers comme « Au-delà de la gloire » de Samuel Fuller. « Le Festin de Babette » du Danois Gabriel Axel, lauréat de l’Oscar du meilleur film en langue étrangère aux Oscars en 1988, lui offre un retour éphémère au premier plan.

« Stéphane était épatante pour jouer les femmes libres et indépendantes comme elle l’était dans la vie. Je l’ai dirigée dans +Les Saisons du plaisir+ avec Sylvie Joly. Beaucoup de metteurs en scène étaient amoureux d’elle et d’ailleurs Claude Chabrol l’a épousée. Il en a fait son actrice fétiche. Elle était très aimée », a déclaré à l’AFP le réalisateur Jean-Pierre Mocky.

Romandie.com avec(©AFP / 27 mars 2018 11h11)                                            

Abus sexuels: Gina Lollobrigida, elle aussi victime, dénonce le déballage

novembre 9, 2017

 

Abus sexuels : Gina Lollobrigida, elle aussi victime, dénonce le déballage

Gina Lollobrigida a raconté avoir été victime d’agressions sexuelles mais estimé qu’il fallait « avoir le courage » de les dénoncer sur le moment.@ ANDREAS SOLARO / AFP
« Il me semble qu’en parler maintenant est un peu une manière de chercher la publicité », a déclaré l’ancienne sex-symbole, âgée aujourd’hui de 90 ans.

L’actrice italienne Gina Lollobrigida a raconté avoir été victime d’agressions sexuelles mais estimé qu’il fallait « avoir le courage » de les dénoncer sur le moment, et non des années plus tard. « Il me semble qu’en parler maintenant est un peu une manière de chercher la publicité », a déclaré l’ancienne sex-symbole, âgée aujourd’hui de 90 ans, interrogée sur les scandales sexuels qui secouent l’industrie du cinéma, lors d’une émission de télévision diffusée mercredi soir.

« Même moi je n’ai pas eu ce courage. Je me suis tue. »

« Il fallait avoir le courage » de dénoncer les faits sur le moment, « mais même moi je n’ai pas eu ce courage. Je me suis tue, je n’ai rien dit », a-t-elle ajouté. S’exprimant avec peu de mots et une grande dignité, elle a expliqué avoir subi à deux reprises dans sa vie des agressions sexuelles « assez graves », de la part d’un étranger et d’un Italien.

« La première fois, j’étais innocente, je ne connaissais pas l’amour, je ne connaissais rien. Donc, c’était grave. Et la personne était très connue. J’avais 19 ans, j’allais encore au lycée », a déclaré l’actrice née en 1927. « La seconde fois, il vaut mieux ne pas en parler », a-t-elle ajouté, révélant juste que c’était après son mariage en 1949 avec le médecin Milko Skofic, dont elle a eu un fils avant de divorcer 20 ans plus tard. « Les agressions sexuelles, quand il s’agit de plus, cela reste en toi et cela marque ton caractère. C’est quelque chose que tu ne peux pas retirer de toi. Cela reste en toi. Tes actions sont toujours soumises à ce souvenir terrible », a-t-elle confié.

Les langues se délient.

Un mois après les révélations du New York Times et du New Yorker sur le producteur déchu Harvey Weinstein, accusé depuis par une centaine d’actrices ou ex-collaboratrices de harcèlement, agression sexuelle ou viol, les langues se sont déliées et d’autres idoles sont tombées. En Italie, plusieurs actrices ont pris la défense du réalisateur Giuseppe Tornatore, auteur de Cinema Paradiso en 1988, Oscar du meilleur film étranger en 1990, accusé d’avoir importuné une actrice il y a 20 ans, ce qu’il a démenti.

Europe1.fr

Une actrice canadienne accuse Weinstein d’agressions sexuelles

novembre 1, 2017

Une actrice canadienne accuse Weinstein d'agressions sexuelles

Harvey Weinstein lui aurait notamment imposé une fellation en la tenant par les poignets.@ Yann COATSALIOU / AFP
Une nouvelle actrice, identifiée sous le pseudonyme « Jane Doe », accuse à son tour le producteur hollywoodien de plusieurs agressions sexuelles dans les années 2000.

Les jours se suivent et se ressemblent à Hollywood. Alors que depuis un mois, plus de 80 femmes ont publiquement accusé Harvey Weinstein de harcèlement sexuel ou viol, une actrice canadienne poursuit en justice le producteur déchu en l’accusant de l’avoir sexuellement agressée à deux reprises à Toronto dans les années 2000, a indiqué mercredi son avocate.

Miramax, Walt Disney et l’ex-assistante de Weinstein visés.

L’actrice, identifiée sous le pseudonyme « Jane Doe » dans l’acte d’accusation cité par le quotidien Toronto Star, porte également plainte contre les studios Miramax et Walt Disney. La plainte vise aussi Barbara Schneeweiss, assistante à l’époque de Harvey Weinstein, considérée comme une « facilitatrice » des agressions, selon le document déposé à la cour supérieure de l’Ontario. La plaignante réclame 14 millions de dollars canadiens (9,3 millions d’euros) en dommages et intérêts.

L’acte d’accusation indique que la victime présumée, âgée d’une vingtaine d’années au moment des faits reprochés, travaillait sur un premier film à Toronto quand le producteur l’a approchée sur le plateau en lui disant qu’elle ressemblait à une célèbre star de cinéma. L’assistante du producteur l’a ensuite appelée pour lui dire qu’il l’invitait à son hôtel « pour discuter de sa carrière ». Une fois seule avec « Jane Doe », Harvey Weinstein lui aurait demandé si elle aimait les massages, ce à quoi elle aurait répondu par l’affirmative tout en précisant que le sujet « n’était pas approprié pour une réunion d’affaires ».

Il lui aurait imposé une fellation.

Après un moment de « silence inconfortable » pendant lequel fixait ses yeux sur elle, il l’aurait couchée de force sur un lit en exhibant son sexe et en lui disant « qu’il avait rendu célèbres plusieurs actrices et pouvait en faire de même avec elle », selon l’acte. Il lui aurait notamment imposé une fellation en la tenant par les poignets. Elle a fini par se libérer de son emprise et s’est sauvée. Dans les heures suivantes, le producteur lui aurait laissé plusieurs messages la priant de revenir à son hôtel pour qu’il lui présente des excuses. Elle dit y être retournée pour ne pas compromettre sa carrière. Aussitôt dans la chambre, Weinstein se serait jeté sur elle et aurait tenté de lui lécher la gorge avant qu’elle le repousse et quitte la pièce.
Harvey Weinstein, visé par des enquêtes des polices de New York, Los Angeles et Scotland Yard au Royaume-Uni, nie toute relation sexuelle non consentie.

Europe1.fr

Une actrice norvégienne accuse à son tour Weinstein de viol

octobre 25, 2017

New York – Une actrice norvégienne a affirmé mercredi avoir été violée par Harvey Weinstein, en 2008 à Londres, mais n’a pas encore décidé si elle allait porter plainte contre le producteur américain.

L’actrice Natassia Malthe, aujourd’hui âgée de 43 ans, a raconté lors d’une conférence de presse à New York avoir rencontré le magnat hollywoodien à la soirée de clôture des Bafta, les récompenses britanniques du cinéma.

Quelques heures plus tard, Harvey Weinstein se serait présenté à la porte de sa chambre d’hôtel. Alors qu’il tambourinait en criant, elle lui aurait ouvert, par peur du scandale.

Après qu’elle a refusé ses avances, le producteur se serait couché sur elle et l’aurait violée, a-t-elle expliqué.

Pour son avocate Gloria Allred, les faits, s’ils étaient avérés, relèveraient juridiquement d’un viol.

La loi britannique ne prévoit pas de prescription en matière de crimes sexuels.

L’avocate a indiqué que l’actrice « étudiait ses options » quant au dépôt éventuel d’une plainte et qu' »aucune décision » n’était prise à ce stade.

Une cinquantaine de femmes ont déjà fait état de faits de harcèlement, d’agression sexuelle ou de viol de la part du créateur du studio Miramax, mais aucun de leurs témoignages n’a donné lieu à des poursuites à ce stade.

Pour nombre d’entre elles, les faits sont prescrits au pénal comme au civil.

Natassia Malthe, qui a tourné dans une cinquantaine de films depuis le milieu des années 90, est à ce jour la septième femme à accuser publiquement Harvey Weinstein de viol. Avant elle, les actrices Rose McGowan et Asia Argento ont notamment rapporté des faits similaires.

L’actrice norvégienne a raconté mercredi que le co-fondateur de la Weinstein Company, débarqué mi-octobre après l’éclatement du scandale, l’avait de nouveau contactée après son retour à Los Angeles.

Il a organisé un rendez-vous sous le prétexte de parler d’un rôle qu’il entendait lui obtenir dans le film « Nine » (qu’elle n’a finalement jamais eu).

Conduite par une assistante du producteur dans une suite de l’hôtel Peninsula à Los Angeles, elle se serait alors retrouvée face à Harvey Weinstein en robe de chambre, accompagné d’une femme.

Le magnat aurait alors demandé à Natassia Malthe de se joindre à eux pour une relation à trois, qu’elle dit avoir refusée.

L’avocate Gloria Allred, dont quatre clientes ont déjà témoigné à visage découvert contre le producteur américain, a indiqué que d’autres victimes présumées d’Harvey Weinstein l’avaient engagée et pourraient se dévoiler prochainement.

Elle a expliqué qu’une rencontre était prévue mercredi avec les administrateurs de la Weinstein Company, mais que ceux-ci l’avaient annulé en dernière minute.

Ils lui ont proposé de rencontrer les avocats de la société, ce qu’elle a refusé.

L’avocate a redit mercredi qu’elle souhaitait que la Weinstein Company se dote d’un fonds d’indemnisation des victimes d’Harvey Weinstein.

Interrogée sur la possibilité pour les victimes présumées d’intenter une action de groupe (class action) contre la société de production, elle a estimé que les conditions n’étaient pas réunies.

Romandie.com avec(©AFP / 26 octobre 2017 00h54)                                            

États-Unis: George Bush père, accusé d’attouchement sexuel, s’excuse

octobre 25, 2017

George Bush père : l'ancien président accusé d'attouchements sexuels par une actrice © LM Otero/AP/SIPA & Vito Amati/NEWSCOM/SIPA
George Bush père : l’ancien président accusé d’attouchements sexuels par une actrice © LM Otero/AP/SIPA & Vito Amati/NEWSCOM/SIPA

 

Washington – L’ancien président américain George Bush père a présenté mercredi des excuses après qu’une actrice l’a accusé de l’avoir « agressée sexuellement » en la « touchant par derrière » lors d’une projection il y a quatre ans.

L’incident s’est produit pendant la promotion de la série télévisée « Turn: Washington’s Spies », selon l’actrice Heather Lind, qui a raconté sa version dans un message publié sur Instagram, puis supprimé depuis. Mais plusieurs médias en avaient fait une capture d’écran.

L’actrice de 34 ans y expliquait avoir décidé de sortir du silence en voyant l’ancien président, âgé de 93 ans et en fauteuil roulant depuis des années, apparaître sur scène samedi lors d’un concert caritatif en faveur des victimes des ouragans ayant ravagé le sud des Etats-Unis et les Caraïbes.

« Quand j’ai eu la chance de rencontrer le président George H.W. Bush il y a quatre ans pour la promotion d’une série télévisée, il m’a agressée sexuellement alors que je posais pour une photo », a-t-elle écrit.

« Il ne m’a pas serré la main. Il m’a touchée par derrière depuis sa chaise roulante alors que sa femme Barbara Bush se trouvait à ses côtés. Il m’a raconté une blague obscène », a-t-elle poursuivi, précisant que lors d’une autre séance de photos, le 41e président des Etats-Unis avait refait le même geste.

L’ancien président « est confiné dans sa chaise roulante depuis près de cinq ans, donc son bras arrive en bas de la taille des personnes avec qui il prend des photos », a justifié son porte-parole dans un communiqué. « Pour mettre les gens à l’aise, le président raconte systématiquement la même blague, et à l’occasion, il a tapoté les derrières de femmes d’une façon qu’il voulait aimable », ajoute le communiqué.

« Certains ont vu (ce geste) comme innocent ; d’autres l’ont clairement considéré comme inapproprié. Le président Bush s’excuse très sincèrement auprès de quiconque ayant été offensé ».

Quelques heures plus tôt, dans un communiqué envoyé au Daily Mail et au New York Daily News, le porte-parole de George H.W. Bush s’était adressé directement à l’actrice qui l’avait incriminé, assurant que l’ancien président s’excusait « très sincèrement si sa tentative d’humour (avait) blessé Mme Lind ».

Ces accusations interviennent dans le sillage de l’affaire Harvey Weinstein, qui pousse de nombreuses femmes d’horizons divers à dénoncer ouvertement des agressions sexuelles commises par des hommes de pouvoir et jusqu’ici passées sous silence. Le producteur hollywoodien est accusé par une cinquantaine de femmes de harcèlement sexuel, d’agressions sexuelles voire de viols.

Romandie.com avec(©AFP / 26 octobre 2017 03h52)                                            

France: mort de l’actrice Mireille Darc

août 28, 2017

Paris – L’actrice française Mireille Darc est décédée à l’âge de 79 ans dans la nuit de dimanche à lundi, à son domicile parisien, avec Alain Delon à son chevet, a-t-on appris auprès de l’agent de la comédienne.

« Mireille Darc est partie cette nuit, chez elle à Paris. Elle a été très entourée jusqu’au bout par ses proches dont son époux et aussi Alain Delon, présent jusqu’à la fin », a dit lundi à l’AFP Annabel Karouby, son agent.

L’actrice emblématique des années 1960 et 1970 avait tourné dans une cinquantaine de longs métrages pour le cinéma, dont treize avec le réalisateur Georges Lautner.

Celle qui fut la compagne d’Alain Delon pendant quinze ans avait connu une traversée du désert dans les années 1980, après de graves ennuis de santé.

Atteinte depuis l’enfance d’un souffle au coeur, elle avait subi en 1980 une opération à coeur ouvert, avant d’être de nouveau opérée en 2013.

Elle avait été hospitalisée fin 2016 après deux hémorragies cérébrales.

Délaissée par le cinéma, Mireille Darc était revenue dans les années 1990 sur le devant de la scène par la télévision, renouant avec la popularité dans des rôles de femme décidée et indépendante dans plusieurs séries.

Elle avait aussi réalisé plusieurs documentaires sociétaux.

Elle était mariée depuis 2002 à l’architecte Pascal Desprez.

Son décès suscitait lundi de nombreuses réactions.

« Une grande figure du cinéma français nous quitte. Mireille Darc était une actrice de talent, une femme de courage et d’engagement », a tweeté la ministre de la Culture Françoise Nyssen.

L’ancien président du Festival de Cannes Gilles Jacob a lui aussi réagi sur Twitter: « Longue/mince/belle/frangée de blond/l’oeil rieur elle a incarné la liberté de la femme dans toute sa splendeur. Le chic français. Chère Mireille! »

Romandie.com avec(©AFP / 28 août 2017 10h58)                                            

Jeanne Moreau est morte à l’âge de 89 ans

juillet 31, 2017

 

L’actrice, à la beauté sensuelle et à l’inimitable voix grave, qui a fasciné les plus grands réalisateurs, a été retrouvée morte à son domicile parisien.

La comédienne, chanteuse, actrice et réalisatrice Jeanne Moreau est morte lundi 31 juillet à l’âge de 89 ans, a annoncé son agent à l’Agence France-Presse lundi. L’actrice à la beauté sensuelle et à l’inimitable voix grave, qui a fasciné les plus grands réalisateurs au cours d’une carrière de soixante-cinq ans, a été retrouvée morte à son domicile parisien, a précisé Jeanne d’Hauteserre, maire du 8e arrondissement. Elle a été retrouvée par sa femme de ménage tôt lundi matin, selon plusieurs sources.

Née le 23 janvier 1928 à Paris d’un père restaurateur et d’une mère danseuse anglaise, l’inoubliable interprète de la chanson Tourbillon dans Jules et Jim, de François Truffaut, a tourné dans plus de 130 films. Le président Emmanuel Macron a rendu hommage à « une artiste qui incarnait le cinéma dans sa complexité, sa mémoire, son exigence ».

« Il est des personnalités qui à elles seules semblent résumer leur art. Jeanne Moreau fut de celles-ci. (…) Sa force fut de n’être jamais où on l’attendait, sachant s’échapper des catégories où trop vite on aurait voulu la ranger. Telle était sa liberté, constamment revendiquée, mise au service de causes auxquelles elle croyait, en femme de gauche ardente, toujours rebelle à l’ordre établi comme à la routine. »

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« Dans une société corsetée, elle aura montré à toute une génération de femmes le chemin de l’émancipation et de l’affranchissement, a rappelé l’ancien ministre de la culture Jack Lang. Envoûtante et inoubliable, Jeanne Moreau nous entraînera toujours dans le tourbillon de la vie pour nous émouvoir et nous émerveiller inlassablement. »

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a rendu hommage à une actrice dont le talent « a marqué la culture européenne » et dont le travail a « toujours reflété les valeurs de l’Union ». « Jeanne Moreau a marqué avec son talent la culture européenne et son art continuera à charmer et à enchanter tous les publics bien après sa disparition », a-t-il affirmé dans un communiqué.

Le monde de la culture lui a également rendu hommage. Brigitte Bardot a salué la « personnalité hors du commun » de l’actrice, avec qui elle avait partagé l’affiche dans Viva Maria en 1965. « J’ai beaucoup de chagrin. Jeanne était avant tout une femme belle, intelligente, séduisante, avec une voix et une personnalité hors du commun, qui ont fait d’elle une actrice aux multiples facettes », a-t-elle souligné dans un communiqué.

« Jeanne Moreau a eu une vie extraordinaire. Je crois que tout le monde l’aimait. Je garde le souvenir d’une femme libre, d’une femme très libre (…) », a pour sa part dit l’acteur et réalisateur Jean-Pierre Mocky sur RTL.

Panthéon filmique

Jeanne Moreau passe une partie de son enfance à Vichy, avant de revenir s’établir avec sa famille à Paris, où elle achève ses études secondaires. A l’adolescence, elle se prend de passion pour le théâtre. A 19 ans, après le Conservatoire, elle fait ses débuts à la Comédie-Française, qui représente pour elle « la discipline, l’exactitude ». Un choix que désapprouve son père, qui la jette dehors.

Un antagonisme profond la sépare de son père, « un homme élevé par des parents du XIXe siècle » qui supportait également mal que sa femme lui échappe. « Ça m’a rendue enragée de voir comment une femme pouvait se laisser malmener », confiait-elle. Son goût pour la lecture lui vient de son oncle, « un homme extraverti » qui lui donnait des livres« ce qui était interdit, j’ai toujours lu en cachette » –, et lui payait des cours de danse. « J’ai découvert la sexualité sur le tard, à travers les livres et parce qu’on a vécu dans un hôtel de passe à Montmartre » à Paris, s’amusait cette grande séductrice.

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C’est sur les planches qu’elle fait ses premiers pas – elle jouera dans une soixantaine de pièces tout au long de sa carrière. En 1946, elle rentre comme auditrice au Français. Elle se fait remarquer quelques années plus tard alors qu’elle joue le rôle d’une prostituée dans la pièce d’André Gide Les Caves du Vatican, mise en scène par Jean Meyer en 1950.

Un an plus tôt, elle entame une carrière au cinéma, avec Dernier amour, de Jean Stelli, sorti en 1949. La même année, Jeanne Moreau se marie avec l’acteur et réalisateur Jean-Louis Richard et donne naissance à leur fils, Jérôme, avant de divorcer en 1951. Plus tard, son ex-époux devient le coscénariste attitré de François Truffaut, sous la direction duquel Jeanne Moreau tournera, en 1962, Jules et Jim, l’histoire d’un triangle amoureux tragique. Elle y chante Le Tourbillon de la vie et incarne une amoureuse affranchie, emblématique des héroïnes modernes qu’elle va régulièrement camper pour le cinéma.

Mais c’est avant sa rencontre avec le réalisateur des Quatre cents coups qu’elle joue un rôle décisif pour sa carrière, celui d’une amante complice du meurtre de son mari, dans Ascenseur pour l’échafaud, de Louis Malle, sorti en 1957.

Les années 1960 sont fastes et assoient son statut de star internationale. Elle tourne Le Procès (1962), sous la direction d’Orson Welles, avec qui elle tournera de nombreux films, dont Une histoire immortelle. Fidèle à ses metteurs en scène, à qui elle a apporté sa confiance avant qu’ils n’entrent au panthéon des cinéastes, elle retrouve Louis Malle pour Les Amants (1958), Le Feu follet (1963) et Viva Maria ! (1965). Arborant une chevelure blond platine, elle se transforme pour les besoins du film de Jacques Demy La Baie des Anges (1963), où elle incarne une flambeuse doublée d’une femme fatale.

Tout au long de sa carrière, elle s’entoure des plus grands réalisateurs, comme Buñuel, dans Journal d’une femme de chambre, Antonioni dans La Notte, Losey dans Eva ou, plus tard, Wenders dans Jusqu’au bout du monde. En 1974, elle donne la réplique à Gérard Depardieu et Patrick Dewaere, dans Les Valseuses, de Bertrand Blier. Le film fait scandale.

Multiples récompenses

Deux ans plus tard, elle passe à la réalisation, avec Lumière, un film sur l’amitié féminine dans lequel elle se met en scène au côté, notamment, de Lucia Bosé, sa partenaire dans Nathalie Granger. Dans ses autres films et documentaires, elle rend hommage aux actrices de son époque.

En 1992, elle reçoit le César de la meilleure actrice pour La vieille qui marchait dans la mer, un film réalisé par Laurent Heynemann. Lauréate du prix d’interprétation féminine 1960 à Cannes pour Moderato cantabile de Peter Brook, elle fut la seule comédienne à avoir présidé deux fois le jury de ce festival, en 1975 et 1995. Elle y a aussi été plusieurs fois maîtresse de cérémonie. En 1998, elle obtient un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, ainsi qu’un César d’honneur en 1995. Plus de dix ans plus tard, elle reçoit un « Super César d’honneur » lors des César 2008.

A la veille de ses 80 ans, elle reconnaissait avoir vécu dans son métier des moments de passion qu’elle n’avait pas vécus dans sa vie. « On dit toujours qu’en vieillissant les gens deviennent plus renfermés sur eux-mêmes, plus durs. Moi, plus le temps passe, plus ma peau devient fine, fine… Je ressens tout, je vois tout », notait-elle avec son phrasé inimitable.

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