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Gambie : Adama Barrow en route vers un second mandat

février 2, 2021
Adama Barrow lors du forum économique Russie-Afrique, à Sotchi, en octobre 2019

Alors qu’il vient de lancer officiellement son Parti national du peuple (NPP), le président semble avoir oublié sa promesse de n’effectuer qu’un mandat de transition et se diriger vers une candidature à la présidentielle du 4 décembre.

Le Parti national du peuple (NPP) existe depuis plus d’un an déjà, mais c’est dans la soirée du 30 janvier dernier que la formation du président gambien a été officiellement lancée. Et si Adama Barrow n’a pas formellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle du 4 décembre prochain, nul doute que le chef de l’État sortant a l’intention de briguer un second mandat et de porter les couleurs de ce parti.

La présentation du NPP au stade de l’Indépendance de Bakau, à une dizaine de kilomètres de Banjul, en présence de ses délégués et sympathisants, est ce jour-là assortie d’un discours qui ressemble fort à celui d’un début de campagne. « Le NPP représente le présent et le futur, et c’est le parti de toutes les catégories sociales, fondé sur la notion de véritable citoyenneté démocratique et patriotique », déclare le président.

« Je suis convaincu qu’en me pressant à former un parti politique pour participer à l’élection présidentielle de 2021, le peuple gambien a fait le bilan de ma performance et m’a appelé pour conduire ce voyage historique, affirme-t-il. C’est ce qui a conduit à la naissance du NPP, que nous sommes ici pour lancer officiellement aujourd’hui. »

Promesse oubliée

Adama Barrow paraît désormais déterminé à devenir plus qu’un président de transition. Il semble avoir totalement oublié sa promesse de quitter le pouvoir au bout de trois ans, le temps d’organiser une élection à laquelle il ne se serait pas présenté. C’est pourtant cet engagement qui convainc les Gambiens de l’élire en 2016, afin de tourner la page des décennies de dictature brutale de son prédécesseur, Yayah Jammeh. Porté par le soutien d’une coalition de l’opposition, il promet de ne pas aller au bout des cinq ans prévus par la Constitution.

C’est ce qui permet alors à ce quasi-inconnu de déjouer tous les pronostics et de l’emporter, le 2 décembre 2016, face à Jammeh, avec 43,29 % des voix contre 39,64 % pour son adversaire. Le 19 janvier 2017, il prête serment depuis l’ambassade de Gambie à Dakar, tandis que Yahya Jammeh, poussé hors du pays par une intervention politico-militaire régionale, s’apprête à partir en exil.

« Three years, Jotna » (« Trois ans, ça suffit ») scandent déjà les Gambiens dans les rues de Banjul, en décembre 2019, lui rappelant – en vain – sa promesse. Mais les manifestations sont sévèrement réprimées, le gouvernement qualifie de « subversif, violent et illégal » le collectif qui les a organisées et prend la décision de fermer deux radios nationales.

« Aucun accomplissement »

« C’est très décevant de voir une telle équipe aux manettes du pays », déplore aujourd’hui Almamy Fanding Taal, le porte-parole du Parti démocratique unifié (UDP), l’ancienne formation d’Adama Barrow. Le président a acté la rupture avec son ancien parti quelques mois seulement après son élection, en remerciant le vice-président Ousseinou Darboe, opposant historique à Yahya Jammeh et secrétaire général de la formation. Ce dernier sera, sauf grande surprise, le candidat de l’UDP au scrutin de décembre.

« La coalition de 2016 n’était pas partie pour durer, d’abord parce que l’opposition ne croyait pas en sa victoire. Adama Barrow a été choisi comme candidat parce que tous les cadres du parti [dont Ousseinou Darboe] étaient en prison au moment du scrutin », rappelle Almamy Fanding Taal. Aujourd’hui, l’UDP affirme que le chef de l’État n’a « rien accompli pour la Gambie » et se dit destiné à l’emporter lors du scrutin de décembre. Cette fois, le parti présentera son propre candidat, sans coalition.

Avec Jeune Afrique par Marième Soumaré

Gambie: le président nomme deux ministres de l’ère Yahya Jammeh

juin 30, 2018

 

Adama Barrow à Dakar le 21 janvier 2017. © AP/SIPA

 

Deux ministres qui avaient exercé sous le régime de l’ancien homme fort de Gambie Yahya Jammeh ont été nommés dans le cadre d’un remaniement ministériel par le président gambien Adama Barrow, a annoncé samedi la présidence.

Deux anciens ministres des Finances et des Affaires étrangères sous Jammeh, Mam Bury Njie et Momodou Tangara ont été respectivement nommés aux mêmes fonctions.

La présidence n’a fourni aucune explication, se contentant de préciser uniquement dans un tweet que celles-ci entraient « immédiatement en vigueur ».

En outre, la vice-présidente de la Gambie, petit pays d’Afrique de l’ouest, Fatoumata Jallow Tambajang, a été remplacée par l’ancien chef de la diplomatie, Ousainou Darboe, qui est également le dirigeant du Parti démocratique uni (UDP), la plus grande formation politique du pays.

Peu après son arrivée au pouvoir, le président Barrow avait essuyé des critiques après avoir nommé Mme Tambajang, 68 ans, au poste de vice-présidente.

La Constitution prévoit une limite d’âge fixée à 65 ans pour tout candidat à l’élection présidentielle et au poste de vice-président.

Huit ministres ont été remplacés dans ce premier remaniement ministériel d’importance depuis que le président Adama Barrow a pris ses fonctions en janvier 2017.

Ancien militaire, Yahya Jammeh est parvenu au pouvoir par un putsch sans effusion de sang en 1994 dans cette ex-colonie britannique enclavée dans le Sénégal, à l’exception d’une étroite façade côtière.

Il s’était ensuite fait largement élire et réélire sans interruption jusqu’à sa défaite en décembre 2016 face à Adama Barrow, candidat de l’opposition.

Après six semaines d’une crise à rebondissements provoquée par son refus de céder le pouvoir, il a finalement quitté le pays le 21 janvier 2017 à la suite d’une intervention militaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et d’une ultime médiation guinéo-mauritanienne.

Jeuneafrique.com avec AFP

La Gambie rejoint le Commonwealth après quatre ans d’absence

février 8, 2018

 

Le président gambian Adama Barrow après son arrivée à l’aéroport de Banjul en Gambie, jeudi 26 janvier 2017. © Jerome Delay/AP/SIPA

Après un peu plus de quatre ans d’absence, la Gambie se tourne de nouveau vers le Commonwealth. Une décision prise par le nouveau président Adama Barrow, qui marque une rupture avec la politique de son prédécesseur Yahya Jammeh.

Après avoir quitté le Commonwealth en 2013, la Gambie est de retour dans l’organisation internationale. La secrétaire générale Patricia Scotland accueillera le 53e membre de l’organisation ce jeudi 8 février à Londres, lors d’une cérémonie de levée de drapeaux aux côtés de l’ambassadeur gambien au Royaume-Uni, Francis Blain.

L’ancien dictateur gambien, Yahya Jammeh, avait annoncé en 2013 le départ immédiat du pays de l’association d’États, dont la plupart sont des anciennes colonies britanniques. « La Gambie ne fera jamais partie d’une institution néo-coloniale », avait-il alors expliqué dans un communiqué.

Le gouvernement gambien est ravi d’être de retour parmi cette famille qu’est le Commonwealth

Le nouveau gouvernement d’Adama Barrow, arrivé au pouvoir après les élections de décembre 2016, avait assuré sa détermination à sortir le pays de l’isolation sur le plan international, qui avait tâché le règne de son prédécesseur.

« Le gouvernement gambien est ravi d’être de retour parmi cette famille qu’est le Commonwealth et tient à remercier les 52 chefs d’État qui ont accepté notre adhésion », a expliqué à Jeune Afrique le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

« Nous étions impatients du retour de la Gambie »

La Gambie avait rejoint le Commonwealth en 1965 après avoir obtenu son indépendance du Royaume-Uni. Peu après son investiture début 2017, le président Barrow avait annoncé son intention de rejoindre le Commonwealth. Une décision confirmée quelques mois plus tard par un vote unanime à l’Assemblée.

« Nous étions impatients du retour de la Gambie et étions ravis quand, après sa victoire aux urnes l’année dernière, le président Barrow a annoncé son retour », a précisé Patricia Scotland, la secrétaire générale du Commonwealth, dans un communiqué.

Depuis, le président gambien avait enchaîné les rencontres avec ses homologues : d’abord au Sénégal, puis en France et en Chine. En décembre, c’est le président Allemand, Frank-Walter Steinmeier, qui se rendait à Banjul.

Avantages économiques et politiques

Les membres du Commonwealth ont accès à des avantages économiques et politiques : l’organisation fournit, par exemple, un soutien pour améliorer la compétitivité en matière de commerce, ou encore des règles d’immigration assouplies à destination du Royaume-Uni.

Un soutien économique non négligeable pour le petit pays, qui a hérité d’une dette d’un milliard de dollars de son prédécesseur, d’après le gouvernement. Une commission d’enquête a d’ailleurs été créée, dans le but de recouvrer une partie des millions de dollars qui manquaient dans les caisses de l’État après le départ de Yahya Jammeh.

Jammeh avait aussi annoncé son intention de sortir de la Cour pénale internationale (CPI), qui traduit en justice les personnes accusées de crimes contre l’humanité, mais le nouveau président Barrow avait annulé la sortie.

Accusé d’une multitude d’abus contre les droits humains, le régime de l’ancien président avait vu l’aide financière accordée par l’Union européenne (UE) au pays gelée. Un symbole de confiance en la « Gambie nouvelle », à peine le dictateur s’envolait vers Malabo que l’UE accordait 225 millions d’euros d’aide au pays.

À la suite du retour de la Gambie dans le Commonwealth, les représentants du pays sont invités au sommet des chefs d’État du Commonwealth en avril prochain à Londres.

Jeuneafrique.com par

Législatives en Gambie : majorité absolue pour l’ancien parti d’Adama Barrow

avril 7, 2017

Des Gambiens faisant la queue devant un bureau de vote à Banjul, le 6 avril 2017, pour élire leurs députés. © AP/SIPA

Le principal parti de la coalition de l’ex-opposition qui a soutenu la candidature d’Adama Barrow contre Yahya Jammeh à l’élection présidentielle a remporté la majorité absolue aux élections législatives, a indiqué vendredi la Commission électorale (IEC).

Le Parti démocratique unifié (UDP), auquel appartenait Adama Barrow avant d’en démissionner une fois investi à la tête de la coalition d’opposition en novembre 2016, a obtenu 31 des 53 sièges à pourvoir, a déclaré le président de l’IEC Alieu Momar Njie, ce vendredi 7 avril, au lendemain des élections législatives organisées en Gambie.

Marge de manœuvre pour le nouveau gouvernement

Le parti de Yahya Jammeh, l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC), qui détenait une majorité écrasante dans l’Assemblée sortante, avait présenté des candidats dans 29 circonscriptions. Mais celui-ci ne conserve aujourd’hui que cinq sièges.

Le chef de l’État Adama Barrow, candidat victorieux à l’élection présidentielle du 1er décembre face à Yahya Jammeh, doit encore désigner cinq des 58 députés. Mais cette nette victoire aux élections législatives devrait déjà lui permettre de bénéficier d’une important marge de manœuvre pour appliquer son programme de réformes.

Record de candidatures et faible participation

Au total, près de 886 000 électeurs, sur les deux millions d’habitants, étaient appelés à choisir leurs parlementaires parmi 238 candidats issus de neuf partis politiques ou de listes indépendantes.

Un record de candidatures selon la commission électorale, même si son président Alieu Momar Njie a déploré la faible participation : 42% de votants.

La première alternance depuis 22 ans

Le chef de l’État sortant Yahya Jammeh s’est exilé en Guinée équatoriale en janvier, à la suite d’une intervention militaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et d’une ultime médiation guinéo-mauritanienne pour le forcer à céder le pouvoir.

Déclaré battu de peu par Adama Barrow, après plus de 22 ans de pouvoir sans partage sur cette ex-colonie britannique, il avait d’abord contesté, pendant six semaines, sa défaite.

Jeuneafrique.com avec AFP

France/Adama Barrow à Sciences-Po : le discours d’un débutant

mars 16, 2017

Invité par François Hollande en janvier, le nouveau président gambien effectue, depuis la mi-mars, son premier voyage officiel en dehors du continent africain.

Le président de la Gambie, Adama Barrow, lors de son passage à Sciences-Po Paris, le 15 mars 2017. Crédits : Marie Lechapelays
« S’il vous plaît, levez-vous pour accueillir le président de la Gambie, Adama Barrow ! » C’est la tête basse qu’un monsieur rond vêtu d’un grand boubou blanc se fraie lentement un chemin parmi les hommes de la sécurité. En guise de salut, l’homme lève la main gauche vers l’assemblée comble de l’amphithéâtre Boutmy de l’université de Sciences-Po Paris, sourit timidement et cherche où s’installer.

Sous les yeux de sa délégation, dont six de ses ministres, et du directeur de la prestigieuse institution, Frédéric Mion, le nouveau président gambien prend la parole. La voix est grave. Les mots sont hésitants. Les phrases hachées. Celui qui symbolise désormais l’avènement de la démocratie en Gambie n’a rien d’un tribun populiste. Il lit consciencieusement son discours, page après page, et ne lève les yeux que pour chercher du regard le soutien de son voisin, Julien Vandriessche, responsable des conférences de l’association des Etudiants de Sciences-Po pour l’Afrique (ASPA), qui organise l’événement.

Un pays en quête de démocratie

Le but de sa visite ? Partager des « leçons apprises de la transition politique » chèrement acquise en Gambie, précisent les affiches de communication qui annoncent sa venue. Cette conférence dans une université française, c’est lui qui l’a sollicitée. Pour témoigner de l’aventure d’un pays en quête de démocratie. « C’est encourageant qu’en venant en France il veuille rencontrer des jeunes », estime Noé Michalon, un membre de l’ASPA.

Lire aussi :   Grotesque, terrifiant, imprévisible : tel a été Yahya Jammeh, président déchu de la Gambie

Alors l’ancien homme d’affaires raconte, « un peu platement », ose une étudiante de cinquième année présente ce soir-là : la situation dictatoriale en Gambie pendant les vingt-deux ans du règne de Yahya Jammeh ; son élection en décembre 2016 et les premiers mois de sa présidence en exil au Sénégal, à cause du refus de son prédécesseur de céder le fauteuil présidentiel ; son serment à l’ambassade de la Gambie au Sénégal, le 19 janvier. Et finalement ses espoirs démocratiques. « Je veux vous dire que la Gambie est de retour », conclut-il avec une voix égale au reste de son discours.

A peine a-t-il lâché la parole qu’au fond de l’amphithéâtre, on entonne l’hymne national gambien. Enthousiastes, les membres de la diaspora gambienne installée en France qui se sont déplacés pour l’occasion se sont levés pour faire résonner son chant, repris en chœur par le président et sa délégation. Très vite, c’est l’assemblée tout entière qui se lève. L’atmosphère est donc chaleureuse lorsque débute l’échange avec l’assemblée.

« Un président de transition »

Mais les réponses aux quelques interrogations des étudiants sont lapidaires, plus courtes même que les questions. Quelques mots reviennent dans chacune de ces phrases qui sonnent un peu comme des répliques : « paix », « démocratie », « bonne gouvernance », « réformes », « espoir ». Vainqueur contre toute attente de la dernière présidentielle, grâce à une coalition de sept partis prêts à tout pour évincer Yahya Jammeh du pouvoir, l’ancien chef d’entreprise est visiblement peu à l’aise dans cet exercice. « C’est un président de transition, tout le monde le sait, lui-même le sait, justifie Omar Jabang, le seul étudiant gambien à Sciences-Po. Mais les Gambiens s’en foutent, du moment que le dictateur est parti », assure le jeune homme de 27 ans.

Heureusement pour Adama Barrow, l’assistance n’a pas été très mordante : à trois semaines des élections législatives, prévues le 6 avril, aucune question ne lui a été posée sur l’implosion de la coalition qui l’a conduit au pouvoir et qui pourrait permettre au parti de l’ancien dictateur de maintenir son influence sur la scène politique gambienne. Rien non plus sur une éventuelle soumission à Macky Sall, le président sénégalais, à qui il doit en partie son accession au pouvoir.

Alors qu’environ 500 soldats sénégalais, mandatés par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), devraient quitter la Gambie d’ici deux mois, Adama Barrow a demandé sur Radio France Internationale, jeudi matin, « au Sénégal de nous envoyer plus de soldats pour assurer notre sécurité. Cela aussi longtemps que nécessaire ».

En somme, sa venue à Sciences-Po Paris aura eu pour principale vertu d’incarner devant les jeunes la transition gambienne. « L’idée devait être de marquer le coup, car tout ce qu’il a dit, j’aurais pu le trouver sur Internet », conclut une étudiante en sécurité internationale.

Lemonde.fr par Marie Lechapelays

Gambie : Adama Barrow autorise la réintégration de militaires putschistes anti-Jammeh

mars 4, 2017

Un soldat gambien dans les rues de Serrekunda, en janvier 2017 © Jerome Delay/AP/SIPA

Le président gambien Adama Barrow a autorisé la réintégration au sein de l’armée de six militaires condamnés pour préparation de coup d’État contre son prédécesseur Yahya Jammeh, a-t-on appris samedi de source militaire.

« Le haut commandement militaire a, en consultation avec le président Adama Barrow, réintégré le lieutenant Buba Sanneh, le soldat Modou Njie, le lieutenant Sarjo Jarju, le capitaine Abdoulie Jobe, le lieutenant Amadou Sowe et Buba Bojang au sein de l’armée », a précisé cette source à l’AFP.

L’ex-président Jammeh avait surmonté plusieurs tentatives de coup d’État durant ses 22 ans de règne, la plus grave étant celle de 2014 : des soldats avaient tenté de prendre le contrôle du palais présidentiel pendant qu’il était à l’étranger.

Trois condamnés à la peine de mort

Les six hommes avaient été condamnés par un tribunal militaire en avril 2015, dont trois à des peines de mort, qui auraient dû être examinées en appel par la Cour suprême, mais les condamnés avaient bénéficié de l’amnistie promulguée par Barrow le mois dernier. Les six militaires ont déjà repris leurs activités au sein de l’armée.

Le 30 décembre 2014, un groupe d’hommes lourdement armés avait attaqué le palais présidentiel de Banjul mais avait été repoussé par des forces loyalistes.

Une semaine après avoir reconnu les résultats de la présidentielle de décembre dernier, Yahya Jammeh avait refusé de céder le pouvoir à Adama Barrow. Il avait quitté la Gambie le 21 janvier pour un exil en Guinée équatoriale après d’intenses pressions diplomatiques et militaires.

Jeuneafrique.com AFP

Gambie: le chef de l’armée Ousman Badjie limogé (source militaire à l’AFP)

février 27, 2017

Banjul (Gambie) – Le chef d’état-major des armées de Gambie, le général Ousman Badjie, considéré comme un pilier du régime de Yahya Jammeh, a été limogé par le nouveau président Adama Barrow, a annoncé lundi une source militaire à l’AFP à Banjul.

« Le général Massaneh Kinteh est maintenant le nouveau chef des armées de Gambie. Il a remplacé le général Ousman Badjie » qui occupait ce poste depuis 2012, a ajouté cette source militaire sous couvert de l’anonymat.

Le général Badjie sera muté dans une des représentations gambiennes à l’étranger, l’officier supérieur « attend encore de savoir où il sera affecté », selon la même source.

Aucun commentaire n’a pu être obtenu de source officielle sur cette mesure.

Avant sa nomination, le général Kinteh était un conseiller militaire spécial du président Barrow, fonction qui lui avait été confiée en janvier.

Le nouveau chef des armées de Gambie retrouve un poste qu’il a déjà occupé de 2009 à 2012. Il avait été remplacé à la tête de l’armée par le général Ousman Badjie, puis nommé ambassadeur à Cuba.

Le 20 janvier, le général Badjie avait prêté allégeance au président Adama Barrow, après avoir réitéré publiquement plus d’une fois sa loyauté à Yahya Jammeh, qui a dirigé pendant 22 ans la Gambie d’une main de fer.

Ousman Badjie était considéré comme un pilier de son régime, qui a régulièrement été accusé par des ONG et diplomates de violations systématiques des droits de l’Homme, accusations que M. Jammeh a toujours rejetées.

Reconnaissable notamment par ses talismans au cou et aux poignets, cet officier supérieur avait été vu à Banjul dansant en public, au milieu d’une foule de supporters de M. Barrow célébrant leur victoire à la présidentielle du 1er décembre 2016 perdue par Yahya Jammeh.

Romandie.com avec(©AFP / 27 février 2017 17h54)             

En Gambie, le changement de cap se confirme

février 22, 2017

Arrestation de cadres de l’ancien régime, libération de prisonniers, réforme de la Constitution, enquêtes sur les disparitions forcées : les marqueurs du retour à démocratie se multiplient.

A Banjul, le nouveau président gambien Adama Barrow, élu le 1er décembre 2016, après sa prestation de serment le 18 février 2017,  jour de la fête de l’indépendance de la Gambie. Crédits : SEYLLOU/AFP
Un vent nouveau souffle bel et bien sur la Gambie. Les portes des prisons s’ouvrent pour les détenus de l’ancien régime et se referment sur ceux qui incarnaient la répression sous Yahya Jammeh.

Yankuba Badjie, celui qui dirigeait la National Intelligence Agency (NIA), les services de renseignement intérieurs, dont le nom il y a encore quelques semaines faisait frémir nombre de Gambiens, a été arrêté dans la soirée du lundi 20 février et placé en détention provisoire par la police gambienne. Cheikh Omar Jeng, l’ancien chargé des opérations de la police politique de Yahya Jammeh, depuis rebaptisée Service de renseignement d’Etat, a également été arrêté. Les charges qui pèsent sur ces deux figures de la répression du régime déchu ne sont pas encore connues, mais de très lourds soupçons pèsent sur elles. Tortures et exécutions d’opposants, de journalistes ou de toute personne jugée « suspecte » par un pouvoir paranoïaque étaient la règle avant que Yahya Jammeh soit contraint à quitter le pouvoir et s’exile en Guinée équatoriale le 21 janvier. Parmi les crimes qui pourraient leur être reprochés figure notamment la disparition, en avril 2016, de l’opposant Solo Sandeng.

Comme un symbole du retournement de l’Histoire, les anciens patrons de la NIA se retrouvent derrière les barreaux au moment même où de nombreux détenus retrouvent la liberté. Le nouveau président gambien Adama Barrow a accordé une grâce à 174 détenus de droit commun. « Toutes les personnes graciées ont été libérées et ont rejoint leurs familles », a indiqué une source pénitentiaire à l’AFP.

Retour dans le concert des nations

Le vainqueur surprise de la présidentielle du 1er décembre 2016, revenu d’exil le 26 janvier, avait annoncé, samedi, lors d’une cérémonie censée marquer solennellement son investiture, que « des instructions ont déjà été données pour que tous ceux qui sont détenus sans jugement soient libérés ». Le nouvel élu avait également promis lors de cette célébration, organisée le jour de la fête de l’indépendance le 18 février, la création prochaine d’une « commission d’enquête sur la disparition de tous ceux qui ont été arrêtés sans laisser de traces » pendant les vingt-deux ans du pouvoir de Yahya Jammeh.

Quelques jours plus tôt, le 7 février, Aboubacar Tambadou, le ministre de la justice fraîchement nommé, ancien procureur adjoint au Tribunal pénal international pour le Rwanda, avait annoncé, lors de sa prestation de serment, « un processus d’examen de la Constitution ». Celui-ci devrait notamment aboutir à des réformes, « particulièrement dans le secteur de la justice criminelle et des lois sur les médias », jusque-là particulièrement restrictives.

Soucieux de ramener son pays dans le concert des nations après deux décennies d’un régime despotique et ubuesque, Adama Barrow, dont le pouvoir est encore fragile et qui hérite d’une économie sinistrée, avait annoncé la semaine suivante l’annulation de la décision de son prédécesseur de retirer la Gambie de la Cour pénale internationale ainsi que son intention de réintégrer le Commonwealth.

Gambie: le président Barrow libère tous les détenus sans jugement

février 18, 2017

Bakau (Gambie) – Le nouveau président gambien Adama Barrow a annoncé samedi la libération de tous les détenus sans jugement dans le pays et une commission d’enquête sur les disparitions sous le régime de l’ex-président Yahya Jammeh, lors de la fête de son investiture.

« Des instructions ont déjà été données pour que tous ceux qui sont détenus sans jugement soient libérés », a déclaré M. Barrow, 51 ans, au cours de cette cérémonie lors de l’anniversaire de l’indépendance de la Gambie, au stade de l’Indépendance à Bakau, près de Banjul.

Il a également annoncé la mise sur pied d’une « commission d’enquête sur les disparitions » sous le régime de M. Jammeh qui a dirigé pendant 22 ans la Gambie sans partage et est accusé de nombreuses violations de droits de l’Homme.

« Le ministre de la Justice va recevoir des informations au sujet de tous ceux qui ont disparu sans laisser de trace. Une commission chargée des droits de l’homme sera installée sans délai pour compléter les initiatives du ministre de la Justice », a dit M. Barrow, en présence de milliers de personnes

La cérémonie s’est tenue un mois après sa prestation de serment le 19 janvier à l’ambassade de Gambie au Sénégal voisin, où il était accueilli à la demande de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) par crainte pour sa sécurité.

Yahya Jammeh, qui contestait la victoire d’Adama Barrow à l’élection du 1er décembre, a finalement cédé le pouvoir et quitté la Gambie le 21 janvier pour la Guinée équatoriale à la suite d’une intervention militaire de la Cédéao et d’une ultime médiation des présidents guinéen Alpha Condé et mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz.

M. Barrow, rentré en Gambie le 26 janvier, a de nouveau prêté serment, cette fois devant le président de la Cour suprême, le juge Hassan Bubacar Jallow.

Les festivités avaient commencé vers 09H00 (GMT et locales) au stade de Bakao, d’une capacité de 20.000 places, aux gradins remplis de monde.

Des centaines de personnes ont convergé vers le lieu de la cérémonie dès les premières heures de la matinée de samedi. « J’ai passé la nuit dans le stade pour m’assurer que j’aurai une place confortable. Je ne le regrette pas parce que j’ai pu le faire sans bousculade », a dit à l’AFP Isatou Dibba.

Des diplomates étrangers se sont difficilement frayés un passage pour accéder au stade. Des milliers de personnes n’ayant pu entrer sont restés dehors, sous la surveillance de forces de l’ordre.

Les festivités se sont tenues en présence des chefs d’Etat du Sénégal Macky Sall, invité d’honneur, du Liberia Ellen Johnson Sirleaf, également présidente en exercice de la Cédéao, de Mauritanie, de Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et du Ghana.

Le Nigeria, engagé à la fois dans la médiation auprès de Yahya Jammeh et dans l’opération militaire, et la Sierra Leone, étaient représentés par leur vice-président, la Guinée-Bissau par son Premier ministre, la Guinée par sa ministre des Affaires étrangères, Makalé Kamara.

Parmi les invités de marque figuraient notamment Dawda Jawara, premier président de la Gambie indépendante, de 1965 jusqu’au coup d’Etat de 1994 qui a porté Yahya Jammeh au pouvoir. L’ex-président du Ghana John Dramani Mahama a également assisté à la cérémonie.

La Gambie est une ex-colonie britannique totalement enclavée dans le Sénégal francophone à l’exception de son étroite façade côtière.

Romandie.com avec(©AFP / 18 février 2017 19h13)             

Gambie: célébration d’investiture et d’indépendance

février 18, 2017

Bakau (Gambie) – La Gambie a célébré samedi en présence de milliers de personnes l’anniversaire de son indépendance et l’investiture de son président Adama Barrow qui met fin à 22 ans de pouvoir sans partage de son prédécesseur Yahya Jammeh.

La cérémonie, qui a accueilli plusieurs dirigeants africains au stade de l’Indépendance à Bakau, près de Banjul, s’est tenue un mois après sa prestation de serment le 19 janvier à l’ambassade de Gambie au Sénégal voisin, où il était accueilli à la demande de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) par crainte pour sa sécurité.

Yahya Jammeh, qui contestait la victoire d’Adama Barrow à l’élection du 1er décembre, a finalement cédé le pouvoir et quitté la Gambie le 21 janvier pour la Guinée équatoriale à la suite d’une intervention militaire de la Cédéao et d’une ultime médiation des présidents guinéen Alpha Condé et mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz.

Les festivités ont commencé vers 09H00 (GMT et locale) au stade de Bakao, d’une capacité de 20.000 places, aux gradins remplis de monde, a constaté un journaliste de l’AFP.

Des centaines de personnes ont convergé vers le lieu de la cérémonie dès les premières heures de la matinée de samedi. « J’ai passé la nuit dans le stade pour m’assurer que j’aurai une place confortable. Je ne le regrette pas parce que j’ai pu le faire sans bousculade », a affirmé à l’AFP Isatou Dibba, une supportrice du président Barrow.

Des diplomates étrangers se sont difficilement frayés un passage pour accéder dans le stade. Des milliers de personnes n’ayant pu entrer dans l’enceinte bondée étaient dehors, sous la surveillance de forces de l’ordre, selon un journaliste de l’AFP.

Les festivités se tenaient en présence des chefs d’Etat du Sénégal Macky Sall, invité d’honneur, du Liberia Ellen Johnson Sirleaf, également présidente en exercice de la Cédéao, et de Mauritanie.

Le Nigeria, engagé à la fois dans la médiation auprès de Yahya Jammeh et dans l’opération militaire, était représenté par son vice-président Yemi Osinbajo, et la Guinée par sa ministre des Affaires étrangères Makalé Kamara.

Parmi les invités de marque figurait notamment Dawda Jawara, premier président de la Gambie indépendante, de 1965 jusqu’au coup d’Etat de 1994 qui a porté Yahya Jammeh au pouvoir.

M. Barrow, rentré en Gambie le 26 janvier, devait prêter de nouveau serment, cette fois devant le président de la Cour suprême, le juge Hassan Bubacar Jallow désigné cette semaine, et prononcer un discours.

Lors de cette cérémonie, 52 pigeons devaient être relâchés, un par année d’indépendance de cette ex-colonie britannique totalement enclavée dans le Sénégal francophone à l’exception de son étroite façade côtière.

Romandie.com avec(©AFP / 18 février 2017 12h43)