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Côte d’Ivoire : les excuses des forces spéciales après la mutinerie d’Adiaké

février 10, 2017

Des soldats ivoiriens à Abidjan le 23 octobre 2015 (photo d’illustration). © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

À la suite de pourparlers entre la hiérarchie militaire et les mutins, le mouvement d’humeur des forces spéciales ivoiriennes s’est achevé jeudi sans que ces dernières n’obtiennent de concessions de la part du gouvernement, a indiqué un haut gradé de l’armée ayant requis l’anonymat. Selon lui, les militaires ont fait acte de contrition vis-à-vis de la population et des autorités.

« Nous nous sommes parlé entre soldats. Ils ont compris et regrettent de s’être laissé emporter. Ils ont présenté leurs excuses aux autorités (…) d’Adiaké et aux populations pour tous les désagréments causés », a affirmé cet officier supérieur. Depuis mardi, les soldats des Forces spéciales sortaient dans les rues en tirant en l’air pour « réclamer des primes« .

Interrogé sur les informations faisant état de la satisfaction des revendications des mutins, l’officier a répondu : « c’est faux ! ». « Il n’y a pas eu besoin d’accord, encore moins secret. Il n’y a eu aucune négociation avec le gouvernement », a poursuivi ce gradé ayant pris part aux discussions entamées mercredi entre la hiérarchie militaire et les mutins.

« On respire ce matin »

De son côté, une source au ministère ivoirien de la Défense a affirmé que « tout a été géré entre les mutins et leurs premiers responsables, le colonel Lassina Doumbia (commandant des forces spéciales), ainsi que le chef d’état-major de l’armée, le général Sékou Touré ».

Le calme était revenu jeudi matin dans la ville d’Adiaké, où commerces et écoles ont rouvert. « On respire ce matin. Depuis hier 15 heures, les tirs ont cessé (…) Les élèves ont repris le chemin de l’école. Je crois que les activités vont reprendre. Nous sommes très contents. J’ai même fait un tour en ville, les gens commencent à vaquer à leurs occupations », a raconté un habitant.

Les forces spéciales sont une unité d’élite de l’armée directement impliquée dans la sécurité proche du président ivoirien Alassane Ouattara. Elles bénéficient d’un statut spécial, chaque élément étant régi par un arrêté personnalisé qui lui accorde des prérogatives et des primes payées directement par la présidence de la République ou par l’Intendance.

Jeuneafrique.com avec AFP

Côte d’Ivoire: tirs en l’air de soldats à Adiaké, près d’Abidjan

février 7, 2017

Abidjan – Des militaires ivoiriens des forces spéciales ont tiré mardi de nombreux coups de feu en l’air à Adiaké, à 90 km à l’est d’Abidjan, où se trouve une base militaire, a-t-on appris auprès d’habitants.

« Ça tire en l’air un peu partout. J’ai dû fermer mon commerce », a témoigné Mariame Coulibaly, une habitante jointe au téléphone depuis Abidjan. Une source au ministère ivoirien de la Défense a fait état de « l’arrivée urgente » sur place du chef des Forces spéciales.

« La ville est paralysée, les écoles ont fermé renvoyant les élèves à la maison », a affirmé un autre habitant, faisant état de « soldats dans les rues de la ville ».

La ville d’Adiaké abrite une base maritime qui forme des « commandos marins » et assure en même temps la surveillance côtière dans cette région qui partage une frontière maritime avec le Ghana.

Les Forces spéciales ivoiriennes, unité d’élite de l’armée qui est intervenue en première ligne lors de l’attaque jihadiste de Grand Bassam du 13 mars 2016, y disposent également d’une base.

« Le commandant des Forces spéciales (le général Lassina Doumbia, ndlr) se rend actuellement sur place. Nous en saurons plus dans les heures qui viennent », a annoncé à l’AFP une source proche du ministère ivoirien de la Défense.

Début janvier, la Côte d’Ivoire a été secouée par une mutinerie d’anciens rebelles intégrés dans l’armée, qui avaient paralysé plusieurs villes pour réclamer le paiement de primes.

En satisfaisant à leurs revendications, via le paiement de primes à 8.500 de ces membres de l’ex-rébellion ivoirienne ayant contrôlé le nord du pays entre 2002 et 2011, les autorités avaient provoqué la colère de militaires et gendarmes, en colère non concernés par cet accord financier qui s’étaient à leur tour mutiné. Des affrontements avaient fait quatre morts à Yamoussoukro (centre).

Les autorités avaient appelé au calme, promettant « d’améliorer les conditions de vie » de toutes les forces de l’ordre.

La Côte d’Ivoire a lancé en 2016 une ambitieuse loi de programmation militaire jusqu’en 2020, qui prévoit la modernisation et des achats d’équipements pour 1,2 milliard d’euros et une refonte des effectifs.

Romandie.com avec(©AFP / 07 février 2017 15h37)