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Prosper Nkonta Mokono à côté de l’Etat-Major

octobre 31, 2012

Il suffit de dresser une typologie des personnalités qui ont été cooptées dans certains cabinets ministériels à l’instar de celui de la défense, de l’Economie et des Finances, de l’Intérieur ou qui ont été chargées de diriger l’Etat-major général des forces armées congolaises (FAC) pour comprendre que l’adage fonctionne : « Dis-moi ton patronyme et je te dirai si tu peux être nommé chef d’Etat-major général  » ou « Dis-moi comment tu t’appelles je te dirai qui tu « hais »  » A ce jour personne ne peut plus douter que Sassou hait les noms à consonnes (entendez Kongo/lari).

Nkonta ne compte pas

Comme les vaches, impavides, regardent passer les trains, les officiers non originaires de la partie septentrionale constatent avec impuissance le poste de chef d’Etat-major leur filer entre les doigts. Le dernier à être victime de l’ostracisme éthno-tribalo-régionaliste de Sassou est le général Prosper Nkonta Mokono. Il n’est pas à sa première brimade en dépit de sa triste illustration lors des évènements d’Ikonongo où il fit le sale boulot. Ce général est passé maitre dans l’art d’avaler les couleuvres.

Le 4 mars

Chef d’Etat-major adjoint(poste taillé sur mesure et naguère occupé par Tsika Kabala), Prosper Nkonta Mokono a été nommé inspecteur général des FAC en lieu et place de Norbert Dabira redoutable affairiste appelé à d’autres fonctions. Juste le temps pour Prosper Nkonta de visiter quelques casernes insalubres avant de faire valoir ses droits à la retraite. L’ennui et l’oisiveté sont garantis. Norbert Dabira en a bien profité pour fructifier ses affaires. Les causes du drame du 4 Mars 2012 sont peut-être à rechercher de ce côté-là aussi.

L’axe Oyo-Olombo-Boundji

Le poste de CEMG, laissé vacant par Richard Mondjo rentré au gouvernement occupé le portefeuille de ministre délégué à la défense, reviendrait de droit à son adjoint. Logiquement, Sassou Ngguesso aurait dû nommer Prosper Nkonta Mokono pour succéder à Richard Mondjo. C’est mal connaître Sassou Nguesso guidé par des instincts grégaires ethniques. C’est évidemment dans l’axe « Oyo-Olombo-Boundji  », le vivier naturel de la Cuvette, que le CEMG a été puisé. Le général Blanchard Guy OkoÏ a donc ainsi coupé des croupières à Prosper Nkonta Mokono. Pour mieux damer le pion à Prosper Nkonta, Blanchard Guy Okoï a été élevé exceptionnellement au grade de général de division avant d’être promu chef d’Etat majour général. Elle est révolue cette époque où Massamba-Débat nommait un ressortissant de Ouesso, Ebadepe, au titre de Chef d’Etat-major, en remplacement d’un ressortissant du sud, Mounsaka !

Etre né quelque part

Le tort de Prosper Nkonta Mokono est d’être natif de Mbanza Mpoudi dans la région du Pool dont le premier et dernier chef d’Etat-major issu de ce coin de la République fut David Mounsaka.

La chanson « Etre né quelque part » de Maxime Leforestier devrait tourner en boucle au Congo-Brazzaville de Sassou Nguesso et faire œuvre d’instruction politique. Car être né quelque part c’est être privé de part de gâteau lorsqu’on n’est pas bien né.

Congopage.com parBenjamin Bilombo Bitadys

Mali : Bamako entre stupeur et tremblements

avril 2, 2012

La junte au pouvoir à Bamako est totalement désemparée face à  l’avancée de la rébellion touarègue dans le Nord-Mali. Littéralement assommée,  la population semble quant à elle ne pas comprendre ce qui arrive au pays,  considéré il y a peu comme un exemple de stabilité en Afrique de l’Ouest.

Incrédulité, stupeur, consternation. À Bamako, la capitale malienne, le moral  est en berne. « Je ne dors plus, je ne mange plus, se lamente Hawa, assistante  de direction. Ma famille vit à Gao et j’ai très peur ».

Comme la majorité des Bamakois, Hawa vit désormais le téléphone vissé à  l’oreille, à l’affût de la moindre information sur l’avancée des combattants du  Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, la rébellion touarègue) et  de leurs alliés du groupe islamiste Ansar dine, mené par Iyad Ag Ghali, ancien  de la rébellion des années 1990.

Le 30 mars, c’est la ville de Kidal qui est tombée. Le lendemain, Gao et ses  deux garnisons, dont le camp Firhoun Ag Alinsar, le plus important de la région  et base arrière des soldats. Puis le 1er avril, la rébellion est entrée dans Tombouctou, ville historique, sans  rencontrer de résistance. Dans ces deux dernières villes, nombre de  militaires ont abandonné armes et treillis avant de quitter leur base.

Ralliement d’Elhadj Gamou au MNLA

Enfin, sans doute la nouvelle la plus démoralisante a été le ralliement à la  rébellion d’Elhadji Gamou. Le colonel-major, chef d’état-major adjoint du  président Amadou Toumani Touré (ATT) a annoncé, le 31 mars, son ralliement au  mouvement rebelle. De quoi renforcer la méfiance de Bamako à l’égard de tous les  militaires touaregs.

« Ce qu’on attend maintenant, c’est qu’il trouve une solution à ce qui se  passe au nord, commente un journaliste. Rien ne dit que les rebelles ne  descendront pas à Bamako. L’appétit vient en mangeant… ». Et dans la capitale,  l’inquiétude est vive. Le rétablissement des institutions annoncé par le chef de  la junte, le capitaine Amadou Haya Sanogo, et la suspension probable des  sanctions de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao)  ont à peine retenu l’attention.

La Cedeao à la rescousse ?

« La route est longue jusqu’à Bamako et nous veillons au grain », tente-t-on  de rassurer du côté de la junte, sans toutefois proposer de solutions concrètes  pour freiner l’avancée des rebelles. Du côté de la Cedeao, les 2 000 hommes en  alerte ne seront pas là avant longtemps. « Au mieux, dans un mois », selon une  source diplomatique, en tenant compte des délais de préparation nécessaires à la  mobilisation d’un tel effectif.

Par sûr cependant que le Mali ait le temps d’attendre, cette fois. « Quelle ironie !  peste un membre du Front de refus du coup d’État. Dire que c’est son incapacité  à gérer la crise du nord qui a fait tomber ATT. À ce train-là, la junte aussi  devrait faire attention ».

Jeuneafrique.com