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Tunisie: une ONG veut une base ADN pour identifier les migrants morts en mer

décembre 15, 2017

Un ancien pêcheur dans un cimetière pour migrants à Zarzis en Tunisie le 12 juillet 2017 / © AFP/Archives / FATHI NASRI

Une ONG a appelé vendredi les autorités tunisiennes à effectuer des prélèvements ADN sur les migrants retrouvés morts en mer et à créer une base de données afin qu’ils puissent un jour être identifiés et que les familles puissent faire leur deuil.

« On accuse souvent les Italiens de ne pas nous donner l’identité des cadavres » de migrants tunisiens repêchés dans leurs eaux, a souligné Romdhane Ben Amor, du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES).

Le gouvernement tunisien doit lui aussi « répondre aux attentes des familles des personnes disparues dans le cadre de la migration non réglementaire, qui ont le droit de connaître le sort de leurs enfants », a poursuivi l’ONG en évoquant une « tragédie humaine ».

A l’approche de la journée internationale des migrants, l’ONG a ainsi demandé la création d’une base de données recueillant les caractéristiques y compris ADN des migrants morts en mer, afin d’aider leurs familles de par le monde à les retrouver.

Rien qu’en Tunisie, des centaines de familles « sont dans la peine » car elles n’ont aucune certitude sur le sort de leurs proches portés disparus en mer, a relevé M. Ben Amor.

En raison des courants, nombre de corps échouent à proximité de Zarzis, dans le sud de la Tunisie, où un ancien pêcheur, Chamseddine Marzoug, enterre bénévolement les migrants sur un terrain vague.

Plusieurs centaines de dépouilles sont ainsi inhumées avec comme seule identité un numéro, qui permet de retrouver un sommaire compte-rendu du médecin légiste local.

« Nous demandons un cimetière respectueux et des tests ADN » a indiqué M. Marzoug à l’AFP, « parce que peut-être un jour des gens viendront chercher leurs familles ».

D’autres corps ont été enterrés dans plusieurs lieux de Tunisie, mais à défaut de prélèvements ADN, eux non plus ne pourront jamais être localisés par leurs proches.

Les tests ADN sont le moyen le plus fiable d’identifier les personnes disparues. Ils ont été utilisées notamment dans des pays comme la Bosnie-Herzégovine où de nombreuses personnes portées disparues après la guerre ont été retrouvées dans des charniers où elles avaient été enterrées sans être identifiées.

La Tunisie a connu cet automne un pic d’émigration clandestine, qui s’explique selon le FTDES par plusieurs facteurs économiques, sociaux et sécuritaires, dont un mal-être persistant chez les jeunes Tunisiens, désabusés sept ans après la révolution qui a abouti à la chute de la dictature.

En octobre, une cinquantaine de personnes, en majorité des Tunisiens, étaient mortes dans la collision entre un bateau de migrants et un navire militaire, provoquant l’émoi dans le pays, et plusieurs candidats à l’exil sont toujours portés disparus.

(©AFP / 15 décembre 2017 14h45)                

Le Nobel de chimie à un Suédois, un Américain et un Turco-Américain pour des travaux sur l’ADN

octobre 7, 2015

Stockholm – Le prix Nobel de chimie a été décerné mercredi au Suédois Tomas Lindahl, à l’Américain Paul Modrich et au Turco-américain Aziz Sancar, dont les travaux sur la réparation d’un ADN dégradé a contribué à des traitements contre le cancer.

Ces trois chercheurs qui ont étudié la boîte à outils des cellules sont récompensés pour leur étude de la réparation de l’ADN endommagé par exemple par les rayonnements ultra-violets, a motivé le jury suédois.

Ils ont établi au niveau moléculaire, la façon dont les cellules réparent l’ADN endommagé et sauvegardent les informations génétiques. Leur travail a fourni une connaissance fondamentale de la manière dont une cellule vivante fonctionne et est, par exemple, utilisée pour le développement de nouveaux traitements du cancer.

La moitié du prix va à M. Sancar, 69 ans, né à Savur, petite ville du sud-est de la Turquie, au sein d’une famille modeste de huit enfants.

Il aurait pu devenir footballeur professionnel, puisque l’équipe nationale juniors l’envisageait comme gardien de but, mais il avait décidé de se concentrer sur ses études. Il avait rejoint l’université du Texas à Dallas et enseigne aujourd’hui à celle de Chapel Hill (Caroline du Nord).

L’autre moitié du prix est partagée entre MM. Lindahl et Modrich.

Le Suédois, 77 ans, a fait ses études dans son pays mais travaille aujourd’hui en Grande-Bretagne, au Francis Crick Institute de Londres et dans son laboratoire Clare Hall dans le Hertfordshire (sud-est).

C’était une surprise. Je sais qu’au fil des ans j’ai été envisagé pour le prix comme des centaines d’autres, a-t-il déclaré, interrogé au téléphone par le jury.

Paul Modrich, né en 1946, qui a obtenu son doctorat à Stanford (Californie), travaille comme chercheur au Howard Hughes Medical Institute en banlieue de Washington, et est professeur de biochimie à l’université de Dunke (Caroline du Nord).

Romandie.com avec(©AFP / 07 octobre 2015 12h20)

Deux Noirs américains innocentés après 30 ans de prison

septembre 2, 2014

Deux demi-frères handicapés mentaux ont été innocentés mardi du viol et du meurtre d’une petite fille grâce à des tests ADN. Ils ont passé 30 ans en prison en Caroline du Nord. Et l’un d’eux avait même été incarcéré dans le couloir de la mort, le régime de haute sécurité.

Henry Lee McCollum, 50 ans, et son demi-frère Leon Brown, 46 ans, ont été innocentés par un juge du comté de Robeson. Les deux hommes, deux Noirs, étaient accusés du viol et du meurtre d’une fillette de onze ans, dans la petite ville de Red Springs. Les faits se sont déroulés en 1983.

Les deux prévenus « souffrent de graves handicaps mentaux ». Ils étaient des adolescents de 19 et 15 ans à l’époque de leur arrestation en 1983.

La seule preuve présentée contre eux avait été « de faux aveux obtenus par la police », indiquent les avocats. Le jeune McCollum avait d’abord affirmé ne rien savoir du crime puis avait signé un aveu après « cinq heures d’interrogatoires intenses ».

Les deux jeunes hommes avaient été condamnés à mort en 1984, peine commuée plus tard pour M. Brown à la perpétuité. Les deux hommes avaient ensuite constamment clamé leur innocence.

Une autre piste
La fillette avait été retrouvé dans un champ au milieu de cannettes de bière et de mégots de cigarettes. Des expertises ADN ont conduit à une nouvelle piste conduisant à un homme qui vivait à 100 mètres du champ où a été retrouvé le corps.

Cet homme, Roscoe Artis, aujourd’hui âgé de 74 ans, avait violé et tué dans la même ville une jeune fille de 18 ans dont le corps avait aussi été retrouvé nu dans un champ, moins d’un mois après la mort de la fillette. L’homme, qui purge une peine de détention à perpétuité, n’avait néanmoins jamais été interrogé sur la mort de la fillette, selon les avocats.

D’autres innocentés
« C’est terrifiant de voir que notre système judicaire a laissé deux enfants handicapés mentaux aller en prison pour un crime qu’ils n’ont pas commis et y souffrir pendant trente ans », a indiqué Ken Rose, avocat du Centrer for Death Penalty Litigation à Durham, en Caroline du Nord. Elle a représenté M. McCollum pendant vingt ans.

L’organisation Innocence Project a estimé à 317 le nombre de condamnés innocentés par des expertises ADN aux Etats-Unis, dont 18 dans le couloir de la mort. Quelque 70% d’entre eux étaient des gens de couleur.

Romandie.com

Le médecin qui a aidé à débusquer Ben Laden sera rejugé

août 29, 2013

La justice pakistanaise a ordonné jeudi un nouveau procès pour un médecin condamné l’an dernier à 33 ans de prison après avoir aidé la CIA à localiser Oussama ben Laden. Ce verdict avait suscité une vive réaction des Etats-Unis.

Les autorités judiciaires de Peshawar (nord-ouest) ont estimé que le magistrat qui avait condamné Shakil Afridi en 2012 avait outrepassé sa compétence en rendant son jugement. La libération de M. Afridi n’a en revanche pas été ordonnée pour l’heure.

Le directeur de l’administration de Peshawar a annulé le jugement de première instance et a décidé de le rejuger. Selon lui, Shakil Afridi n’a pas pu se défendre convenablement lors du premier procès, a précisé un responsable gouvernemental présent à l’audience de jeudi à Peshawar.

Le chirurgien Shakeel Afridi avait été condamné en mai 2012 à 33 ans de prison par un tribunal tribal du district semi-autonome de Khyber. Il était accusé de « trahison » après avoir mené une fausse campagne de vaccination à Abbottabad, la ville où se terrait le chef d’Al-Qaïda avec ses femmes et ses enfants, afin de prélever leur ADN.

Or, selon l’avocat de M. Afridi, ce tribunal n’avait pas les prérogatives pour condamner son client à une si longue peine d’emprisonnement.

Lié à un groupe islamiste armé?

Officiellement, il n’avait pas été condamné pour cette fausse campagne organisée par la CIA, mais pour ses liens présumés avec le Lashkar-e-Islam, un groupe islamiste armé. Ce dernier avait perpétré de nombreux enlèvements dans le district de Khyber, où vivait le chirurgien qui a d’ailleurs toujours nié ces accusations.

C’est cette fausse campagne qui aurait convaincu le renseignement américain de la présence d’Oussama Ben Laden à Abbottabad, une ville située à une centaine de kilomètres seulement de la capitale Islamabad.

Shakeel Afridi avait été arrêté par les services de renseignement pakistanais peu après le raid fatal à Oussama ben Laden, mené le 2 mai 2011 par un commando de Navy SEALs, des soldats d’élites américains, à Abbottabad.

Romandie.com

Un loup tue huit moutons dans la Vallée de Conches (VS)

juin 9, 2013

Le loup a encore frappé dans la Vallée de Conches (VS). Il a tué huit moutons dans la nuit de jeudi à vendredi dans la commune d’Obergoms, portant à 28 le bilan des ovins dévorés en l’espace d’un mois.

Les moutons se trouvaient dans un pâturage à Obergesteln, où ils étaient surveillés par un chien de troupeaux, a indiqué dimanche à l’ats le garde-chasse Hubert Blatter, confirmant une information de la télévision publique alémanique SRF. « Nous pensons qu’il s’agit du loup M35 », déjà présent dans la vallée haut-valaisanne en décembre 2012. Des analyses ADN sont toutefois nécessaires pour en être sûr.

S’il s’agit bien du même loup, l’animal pourrait être tué. Selon le « plan loup » de la Confédération, le canidé peut être abattu s’il a dévoré au moins 35 animaux de rente pendant quatre mois consécutifs ou au moins 25 animaux de rente en un mois.

Romandie.com

Espagne: un couple tué, probablement les deux Néerlandais disparus

mai 27, 2013

MADRID – Un homme et une femme retrouvés morts près de Murcie, dans le sud-est de l’Espagne, ont été tués et sont très probablement les deux Néerlandais disparus, l’ex-championne de volley-ball Ingrid Visser et son compagnon, a annoncé lundi la police.

Tous les signes extérieurs permettent de penser qu’il s’agit du couple disparu depuis le 13 mai mais la police, qui a interpellé trois personnes, attend encore les résultats d’analyses ADN pour le confirmer, a déclaré le chef de la police de Murcie, Cirilo Duran, lors d’une conférence de presse.

Ce qui est clair, c’est qu’il s’agit d’une mort violente, a ajouté le responsable policier, précisant que des analyses d’ADN destinées à confirmer l’identité des victimes étaient en cours à la demande d’un juge néerlandais.

Ingrid Visser, 35 ans, et son compagnon Lodewijk Severein, 57 ans, étaient portés disparus en Espagne depuis le 13 mai.

Leur voiture de location a été retrouvée le 22 mai.

Les corps ont été découverts dimanche soir, enterrés au milieu d’un verger.

Trois personnes, un Espagnol et deux Roumains, ont été arrêtées à Valence, dans l’est de l’Espagne, a indiqué le préfet de la région de Murcie, Joaquin Bascuñana.

Ingrid Visser a fait partie de la sélection néerlandaise de volley-ball, remportant avec elle les championnats d’Europe en 1995, et a également joué dans l’équipe de Murcie entre 2009 et 2011.

Romandie.com avec (©AFP / 27 mai 2013 19h17)

Un mouton phosphorescent au service de la médecine

avril 26, 2013
HANDOUT/REUTERS

Les animaux brillent lorsqu’ils sont exposés à une lumière ultraviolette.

Des chercheurs en Uruguay ont donné naissance à des moutons transgéniques phosphorescents. Des travaux visant à mettre au point de nouveaux médicaments.

Placés sous une lumière ultraviolette, des moutons génétiquement modifiés élevés en Uruguay deviennent phosphorescents. Les chercheurs de l’Institut de reproduction animale d’Uruguay (IRAUy) et leurs collègues de l’Institut Pasteur de Montevideo ne cherchent pas spécifiquement à produire des animaux qui brillent dans l’obscurité, mais cette caractéristique provenant d’un gène de méduse est l’un des moyens les plus simples pour vérifier que les complexes opérations de transgénèse ont bien réussi sur l’animal après sa naissance.

L’équipe uruguayenne est fière de ce succès puisque c’est la première fois que des moutons transgéniques naissent en Amérique du Sud. Seuls le Brésil et l’Argentine avaient déjà réussi à donner naissance à des chèvres et des vaches génétiquement modifiées.

Des chèvres produisant un anticoagulant

Dans tous les cas, ces expériences ne visent aucunement à produire du bétail destiné à l’alimentation. La manipulation vise à introduire des gènes «humains» dans l’ADN de l’animal, pour qu’il puisse produire des protéines humaines dans son lait. En Uruguay, les scientifiques cherchent par exemple à incorporer dans le génome d’une brebis un gène responsable de la production d’une protéine manquante dans certaines pathologies humaines, comme l’insuline pour les diabétiques. L’animal produirait ensuite la protéine recherchée dans son lait, dans des quantités facilement exploitables pour produire des médicaments.

En 2009, l’Agence américaine du médicament (FDA) a ainsi autorisé la production de l’anticoagulant ATryn à partir de lait de chèvres transgéniques, une première dans le monde. Cet anticoagulant traite des patients souffrant d’une maladie rare, le déficit en antithrombine héréditaire.

Lefigaro.fr par Cyrille Vanlerberghe

Mali: Déby affirme que le jihadiste Belmokhtar « s’est fait exploser »

avril 14, 2013
Mali: Déby affirme que le jihadiste Belmokhtar 's'est fait exploser' Mali: Déby affirme que le jihadiste Belmokhtar « s’est fait exploser » © AFP

Le président tchadien Idriss Déby a affirmé que le chef de guerre jihadiste au Mali Mokhtar Belmokhtar était mort en se faisant « exploser », dans un entretien TV5 Monde/RFI/Le Monde diffusé dimanche, où il évoque aussi le retrait des troupes tchadiennes du Mali.

« Nous avons les preuves de sa mort. On n’a pas pu filmer parce qu’il s’est fait exploser, après la mort d’Abou Zeïd. Il n’a pas été le seul. Trois ou quatre jihadistes en désespoir de cause se sont fait exploser », a déclaré Idris Deby lors de cette émission Internationales enregistrée samedi à N’Djamena.

A la question +êtes-vous certain qu’il est mort+, le président tchadien a répondu: « Nous (le) savons parfaitement (. . . ), nous l’avons identifié¨.

Le Tchad avait annoncé début mars que ses militaires engagés au Mali avaient tué les jihadistes Abou Zeid, haut responsable d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et Mokhtar Belmokhtar, chef d’une branche dissidente d’Aqmi.

La France avait confirmé le 23 mars la mort d’Abou Zeid, 46 ans, mais non celle de Mokhtar Belmokhtar dit le « Borgne » à l’origine de l’attaque du site gazier d’In Amenas en Algérie fin janvier.

Paris avait annoncé que des tests ADN seraient pratiqués sur le corps des djihadistes tués au Mali.

« La guerre face à face avec les jihadistes est terminée. L’armée tchadienne n’a pas de compétence réelle pour faire face à une nébuleuse. Les soldats tchadiens vont retourner au Tchad. Ils ont accompli leur mission », a par ailleurs déclaré le président tchadien qui a envoyé un contingent de 2. 000 hommes au Mali au côté de la France.

« Nous avons déjà procédé au retrait du bataillon d’appui lourd qui a déjà quitté hier (samedi) Kidal pour rentrer au pays. Le reste des éléments, progressivement, vont rentrer au pays », a ajouté le président, sans donner de date précise.

« Si l’ONU en fait la demande, le Tchad mettra à disposition de l’ONU des soldats tchadiens » au Mali, a-t-il assuré.

Jeuneafrique.com avec AFP

Les bénéfices inattendus des pères âgés

juin 16, 2012
Les pères qui sont âgés au moment où ils conçoivent leur enfant transmettent à leur descendance des caractères qui ont probablement des effets bénéfiques sur leur longévité.

 Des chercheurs américains de l’Illinois ont fait une découverte qui va faire plaisir à tous les hommes ayant des enfants à un âge déjà avancé. Leur étude montre que leur grand âge pourrait avoir un impact positif sur la longévité de leurs enfants, et même de leurs petits-enfants.

La raison de ce bénéfice inattendu est liée à la longueur des télomères, des fragments d’ADN qui protègent les extrémités des chromosomes et ont un rôle crucial pour protéger l’organisme contre les effets de certaines maladies liées au vieillissement. Avec l’âge, la longueur de ces télomères se réduit, jusqu’à un point où ils ne peuvent plus jouer leur rôle, empêchant les cellules de se diviser et entraînant leur mort.

Un bénéfice transmis aux petits-enfants

En revanche, des études ont montré que plus un père était âgé au moment de la procréation de ses enfants, plus ces derniers avaient de longs télomères. Car contrairement aux autres cellules, les télomères que l’on trouve dans les spermatozoïdes s’allongent avec l’âge. Dans leur étude publiée en ligne dans les comptes rendus de l’Académie des sciences américaines (PNAS), les chercheurs américains viennent de prouver que ce bénéfice de l’âge se transmet jusqu’aux petits-enfants, quel que soit l’âge de leur propre père.

L’étude a été réalisée à partir d’échantillons sanguins prélevés sur trois générations aux Philippines, avec des pères qui avaient entre 15 et 43 ans au moment de la naissance de leurs filles et de leurs fils. L’analyse n’a porté que sur la mesure de la longueur des télomères, et n’est donc pas en mesure de statuer sur les bénéfices possibles sur la santé des enfants et des petits-enfants.

La biologiste Carol Greider de la Johns Hopkins University, qui a reçu un prix Nobel en 2009 pour ses travaux sur les télomères, accepte les conclusions de l’étude, mais met en garde sur le fait qu’il n’est «pas évident du tout» qu’un père âgé soit bénéfique pour la santé de l’enfant. L’âge augmente en effet les risques de transmettre à ses enfants des mutations potentiellement dangereuses.

Un avantage lié à l’évolution

Pour les scientifiques, cette découverte est probablement liée à un effet de l’évolution. «Si votre père et votre grand-père ont pu vivre et se reproduire à un âge plus avancé, cela peut annoncer que vous vivez vous aussi dans un environnement assez similaire, avec moins de morts accidentelles ou dans lequel les hommes ne peuvent trouver de partenaires qu’à un âge plus tardif, explique Dan Eisenberg, chercheur en anthropologie à la Northwestern University dans l’Illinois (États-Unis) et principal auteur de l’étude. Dans un tel environnement, avoir un organisme capable d’atteindre ces âges avancés est peut-être une bonne stratégie d’adaptation du point de vue de l’évolution.»

Lefigaro.fr par Cyrille Vanlerberghe

La morgue secrète de Mouammar Kadhafi

février 11, 2012

http://platform.twitter.com/widgets/hub.1326407570.htmlSeize corps étaient dissimulés dans une salle secrète de l’hôpital de Tripoli depuis une tentative de coup d’État contre le Guide libyen, en 1984.

La porte en fer marron est toujours fermée à clé mais les trois policiers en civil qui la gardaient 24 heures sur 24 ont disparu. Pendant vingt-sept ans, ils se sont relayés pour interdire l’accès de cette chambre froide située au bout d’un couloir de la morgue de Tripoli. Seules les femmes de ménage et les autorités y avaient accès. «Entre nous, on l’appelait “le frigo de la Sécurité intérieure”, dit Salah el-Toummi, qui tient le registre des entrées. Personne ne savait ce qu’il y avait dans les tiroirs où on met les corps. Personne ne demandait. Sous Kadhafi,on ne posait pas de question.»Le 30 août, la chute de Tripoli a mis fin à ce très long secret. «Le colonel responsable de la sécurité de l’hôpital a dit aux révolutionnaires que c’étaient les gens de 1984 qui étaient là», raconte l’employé. Le 5 mai 1984 eut lieu la plus audacieuse et la plus désespérée des nombreuses tentatives d’assassinat du maître de la Libye. Des combattants du Front de salut national libyen, une organisation d’exilés à tendance islamiste, avaient réussi à pénétrer dans la caserne de Bab al-Aziziya. Les assaillants, qualifiés de «chiens sauvages» par Kadhafi, avaient tous été tués dans l’action ou pendus.

À leur arrivée sur place, les libérateurs de Tripoli ont ouvert les grands tiroirs de la chambre froide. Seize d’entre eux étaient occupés par des corps, toujours gardés au froid mais méconnaissables, noircis et desséchés par le temps. Victimes, par-delà la mort, d’une bizarre vengeance de Kadhafi. Le Guide libyen voulait conserver pour l’éternité ceux qui avaient voulu le tuer. Ils sont encore là aujourd’hui, en attente d’être formellement identifiés grâce à des tests ADN. Abderrahmane Gilali est accouru dès qu’il a lu l’avis publié dans les journaux. Son frère Salem faisait partie des conjurés. «Toute la famille est allée à la morgue. J’avais une photo de Salem. Nous sommes sûrs à 80 % de l’avoir reconnu. L’un des cadavres avait le visage rond et un début de calvitie comme lui. Mais on attend le résultat des tests ADN.»

Abderrahmane Gilali, sexagénaire au sourire mélancolique, avait vu son frère pour la dernière fois à la télévision d’État, le 17 mai 1984. Salem était allongé sur un trottoir, criblé de balles. «On n’a pas réclamé son corps. Faire cela, c’était signer notre arrêt de mort», dit Abderrahmane dans sa petite pizzeria du centre de Tripoli, où il a collé un portrait du roi Idriss Ier, renversé par Kadhafi en 1969.

Pour la première fois, Abderrahmane peut aujourd’hui raconter les détails du complot qui a failli tuer Kadhafi. Il les tient de ceux qui ont hébergé son frère pendant sa cavale. «Salem, employé par la compagnie aérienne nationale, s’était exilé aux États-Unis parce qu’il n’était pas d’accord avec le régime. Là-bas, il a adhéré au Front national du salut. J’ai su après qu’il était allé s’entraîner au Soudan.»

«Trahi par ses hôtes»

L’opération devait être réalisée par une équipe de 18 hommes en tout. Les exécutants se sont infiltrés en Libye par petits groupes en passant par la Tunisie. Un autre témoin, Farid Gablawi, ami d’enfance de Salem Gilali, se souvient: «Un jour, Salem a frappé à ma porte. Je ne l’avais pas vu depuis son exil. Il avait besoin de mon appartement pour entreposer des armes. Je lui ai laissé clés.» Le logement est situé près du centre international d’exposition de Tripoli, que Kadhafi doit visiter en mai. «C’est là que l’assassinat était prévu», dit Abderrahmane.

Mais le chef de l’équipe, Ahmed Howass, qui devait arriver le dernier, a été tué peu de temps après son passage de la frontière tunisienne. Les conjurés ont alors décidé d’improviser. «Ils savaient qu’ils avaient peu de chances de s’en sortir, dit Abderrahmane. Ils ont détourné une benne à ordures. Six ou sept d’entre eux se son cachés dedans et sont entrés à Bab al-Aziziya. À l’époque, il n’y avait qu’une enceinte. Ils sont parvenus jusqu’au bureau de Kadhafi, mais il s’est enfui, sans doute par un tunnel.» Le commando a fait demi-tour sous une fusillade nourrie. Quelques-uns ont réussi à quitter le camion en route, dont Salem. Quatre autres se sont réfugiés dans un appartement de Tripoli loué auparavant. Ils ont résisté quatre heures à l’assaut de l’armée avant d’être tués.

Salem s’est caché douze jours, changeant plusieurs fois d’appartement jusqu’à ce que la police le trouve le 17 mai. «Je pense qu’il a été trahi par son hôte», dit son frère. Au moment de son arrestation, Salem s’est dégagé mais n’a pu faire que quelques mètres. Ceux qui n’avaient pas été tués ont été pendus. Leurs familles ont vécu dans la gêne, leurs maisons détruites, leurs enfants chassés des écoles. Aujourd’hui, ils peuvent enfin afficher leur fierté. Mais une question les préoccupe: pourquoi Kadhafi a-t-il ainsi maintenu leurs parents entre la terre et le ciel? «Il avait beaucoup d’imagination, dit Abderrahmane. Peut-être lui faisaient-ils encore peur et qu’il ne voulait pas les perdre de vue.» À Tripoli, une rumeur parle de magie noire. On dit que Kadhafi, lui-même, venait de temps en temps inspecter la chambre froide derrière la porte marron.

Lefigaro.fr par Pierre Prier