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Christian Yoka : « L’Afrique doit se prémunir de futurs chocs exogènes » 

juillet 16, 2022

ANALYSE. Pour le directeur du département Afrique de l’Agence française de développement, il convient de tirer les leçons du Covid-19 et de la guerre en Ukraine. 

Pour tenter d'eviter le defaut de paiement comme le Sri Lanka, et acceder a de l'argent frais plusieurs pays africains comme le Ghana ont fait appel au FMI, rompant avec la promesse du president faite en 2016 de se passer de l'aide internationale, au grand dam des populations.
Pour tenter d’éviter le défaut de paiement comme le Sri Lanka, et accéder à de l’argent frais plusieurs pays africains comme le Ghana ont fait appel au FMI, rompant avec la promesse du président faite en 2016 de se passer de l’aide internationale, au grand dam des populations.© NIPAH DENNIS / AFP

La crise que vit le Sri Lanka va-t-elle gagner d’autres pays émergents ou en développement ? La question mérite vraiment d’être posée alors que le président Gotabaya Rajapaksa a démissionné depuis Singapour d’où il s’est réfugié, sur fond de grave crise économique et sociale. Les experts et les analystes regardent désormais d’un œil très inquiet l’évolution dans le reste du monde, notamment en Afrique, continent où la pandémie de Covid-19 est apparue aussi limitée sur le plan sanitaire qu’elle a été dévastatrice sur le plan économique avec la première récession depuis vingt-cinq ans. Géographiquement éloignée, la guerre russo-ukrainienne est venue alourdir le tribut de l’Afrique à la nouvelle donne géopolitique et géoéconomique du monde.

L’inflation qui enfle au fil des mois, les difficultés d’approvisionnement et la crise alimentaire qui frappent ici et là pourraient sérieusement mettre à mal des années de croissance. Le tableau est d’autant plus saisissant que plusieurs pays qui paraissaient relativement robustes montrent d’inquiétants signes de faiblesse voire de détresse. Au Ghana, par exemple, c’est un président contrit, Nana Akufo-Addo, qui doit désormais défendre sa décision, annoncée début juillet, de solliciter de nouveau le concours du Fonds monétaire international (FMI). « C’est nécessaire pour redresser les finances publiques », affirme-t-il. 

Pourquoi le Ghana se retrouve-t-il dans cette situation, alors que le pays faisait la fierté de tout un continent il y a à peine deux ans, en annonçant l’émergence économique : Ghana Beyond Aid, le Ghana au-delà de l’aide. Plus qu’une promesse, un changement de paradigme pour le pays de Kwame Nkrumah, le père du panafricanisme. Mais force est de constater que ce pays d’Afrique de l’Ouest a fonctionné avec de vieilles recettes, notamment un recours systématique et massif à la dette et la mise en œuvre de projets pharaoniques jugés déconnectés des besoins réels des Ghanéens.

Parallèlement, comme dans d’autres États, l’informel continue de dominer le monde du travail. Résultat, deux ans après cette décision, à l’aune de la pandémie et de la guerre en Ukraine, tous les indicateurs sont au rouge : la croissance est en berne, le pays a enregistré en mai une inflation de 27 %, son niveau le plus haut depuis deux décennies. Le gouvernement est en train de tout tenter pour renflouer les caisses de l’État comme la création d’une taxe très contestée (de 1,5 %) sur les transactions électroniques. Le président et ses ministres ont également réduit leurs propres salaires de 30 % et mis en place d’autres mesures qui, espèrent-ils, permettront de dégager environ 400 millions d’euros d’économies pour les caisses de l’État.

Autre exemple, le Mozambique, où l’envolée des prix fait craindre une contestation majeure dans le pays, à tel point que les écoles, les services et les bureaux sont restés fermés ce jeudi 14 juillet sur ordre des autorités.

L’agence d’information économique Bloomberg a donné une liste de 19 pays qui sont aujourd’hui au bord de l’effondrement, comme le Sri Lanka, dont l’Égypte, le Zimbabwe ou la Tunisie sont sur le continent.

Comment faut-il analyser ces risques de défauts de paiement ? L’inflation et la crise alimentaire peuvent-elles s’expliquer uniquement par la guerre en Ukraine ?

Christian Yoka, directeur du département Afrique de l’Agence française de développement (AFD) depuis août 2021, a accepté pour Le Point Afrique de dresser l’état des économies africaines à l’aune de ces récentes crises internationales et en plusieurs temps. D’abord en tout début d’année, à l’occasion de la sortie de l’ouvrage L’Économie africaine en 2022, aux éditions La découverte. À ce moment-là, les perspectives économiques pour l’Afrique étaient plutôt optimistes. Ensuite, quelque quatre mois après le début de la guerre en Ukraine alors que la situation est en pleine mutation. Entretien. 

Le Point Afrique : Que se passe-t-il pour l’Afrique sur le plan économique depuis la pandémie de Covid-19, et surtout la guerre en Ukraine. Les risques d’une explosion sociale sont-ils réels ? Quand cela peut-il se produire ? Tous les pays sont-ils égaux devant cette situation ?

Christian Yoka : La pandémie de Covid-19 a eu de forts impacts sur les économies africaines. Nous avons noté un fort ralentissement, à relativiser tout de même par rapport à d’autres continents, et avec des variations d’une région de l’Afrique à une autre.

Et il est vrai qu’à l’entame de l’année 2022, nous étions plutôt optimistes sur la reprise, même si elle s’annonçait inégale, voire moins forte qu’ailleurs dans le monde, et toujours avec des nuances, il y avait quand même la perspective d’un rebond.

La guerre en Ukraine a contrarié ces perspectives de reprise et de rebond. Aujourd’hui, il faut avoir les yeux sur plusieurs indicateurs pour comprendre ce qu’il se passe, qu’il s’agisse de l’incidence sur les marchés financiers, la reprise de l’inflation, les taux d’intérêt qui remontent et donc un durcissement des conditions de financement sur les marchés internationaux.

Pour certains pays, la guerre vient vraiment contrecarrer leur stratégie, parce que se financer à l’international devient quasiment impossible pour eux. Je pense à des pays comme le Ghana où c’est extrêmement compliqué, mais aussi au Kenya ou à l’Égypte qui sont également durement touchés. Donc, actuellement, les capacités budgétaires des États sont extrêmement affectées. Sur un autre plan, la reprise de secteurs clés comme celui du tourisme qui avait été durement affecté déjà pendant la pandémie Covid se trouve aussi contrariée.

Mais là où l’Afrique paye le plus lourd tribut, c’est évidemment sur à la fois les prix des matières agricoles qui se sont envolés avec l’impact que ça peut avoir sur les enjeux de sécurité alimentaire, et les prix des produits énergétiques avec les conséquences que ça peut engendrer en termes de pouvoir d’achat pour les populations. Tout cela vient contrarier assez fortement ces perspectives de reprise que nous entrevoyions pour 2022.

Concernant l’inflation, c’est un peu différent. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi plusieurs pays d’Afrique sont touchés par ce phénomène depuis la fin de l’année dernière et donc bien avant le déclenchement de la guerre en Ukraine ?

Effectivement, je pense que c’est un point important à souligner. Nous avions déjà observé cette tendance à la hausse avant le conflit, notamment sur les prix des denrées alimentaires. Dans certains pays, les prix alimentaires ont connu dès 2021 une inflation à deux chiffres : + de 60 % sur les huiles, parfois + 30 % sur les céréales, + 31 % sur le maïs, + 54 % sur le blé. C’était déjà un sujet de préoccupation. Avec la guerre, l’inflation s’est non seulement généralisée, mais elle est plus forte, puisque nous sommes face à une vraie explosion de ce point de vue là.

Maintenant, les situations sont quand même assez différentes d’un pays à un autre, parce qu’ils ne sont pas tous exposés de la même manière dans leur dépendance au reste du monde. Nous avons des pays qui sont très à risques, très exposés aux importations en provenance de Russie et d’Ukraine, et des pays qui en dépendent un peu moins évidemment. Puis, il faut faire aussi une différence entre les pays producteurs de pétrole, ceux qui sont plutôt importateurs nets et qui ne sont pas frappés de la même façon. Les pays comme l’Égypte, le Burkina Faso, le Cameroun, l’Algérie, le Kenya, la Libye, le Nigeria, le Rwanda ou encore le Sénégal, le Bénin sont les pays qui sont très fortement impactés car très dépendants aux importations de blé.

Après, vous avez des pays qui sont un peu moins exposés parce qu’ils ont soit une base économique un peu plus diversifiée, soit une dépendance moindre au blé. Je pense notamment à des pays comme l’Éthiopie, l’Afrique du Sud, la RDC ou l’Ouganda. Les impacts ne sont pas tout à fait les mêmes pour ces États. Il y a de vrais challenges. D’autant plus que, si on peut se féliciter de la résilience de nombreux États durant la pandémie, tout ça reste relativement fragile, surtout si vous tenez compte du facteur démographique pour plusieurs d’entre eux.

Il faut relativiser les chiffres compte tenu des besoins qui demeurent importants. Une attention particulière doit être portée aux pays dépendants des matières premières. Plusieurs de ces pays font le pari de la diversification. L’agriculture est toujours une priorité du gouvernement congolais, par exemple, qui tente d’investir massivement. Le pari de la diversification n’est pas aisé, cela demande des efforts dans un contexte où, en effet, les capacités des États aux commandes sont extrêmement obérées entre la nécessité de mobiliser des ressources pour soutenir la relance et l’obligation à faire face au service de la dette, même si la communauté internationale a pris sa part. Mais ces pays n’ont pas le choix, et même si l’embellie des cours de matières premières va les aider, il n’empêche que le modèle de développement doit être repensé. Encore une fois, l’Afrique doit se prémunir de futurs chocs exogènes, alimentaires, énergétiques et financiers comme ceux provoqués par la pandémie et la guerre en Ukraine.

La conséquence majeure de la guerre en Ukraine pour l’Afrique, c’est la crise alimentaire qui se profile pour de nombreux pays et de possibles émeutes de la faim. Comment voyez-vous l’Afrique se positionner pour trouver des solutions locales notamment en ce qui concerne l’accès aux engrais, d’une part, et d’autre part, est-ce que toutes ces réflexions, ces projets autour des céréales locales comme alternatives au blé russe et ukrainien peuvent mener à des stratégies concrètes pour les économies nationales ?

Il y a plusieurs sujets dans votre question. Il y a ce que j’appellerai le sujet de l’urgence, donc du court terme. Il faut pouvoir trouver des solutions face aux difficultés d’approvisionnement qui s’observent depuis la pandémie, et je laisse de côté les sujets « sécheresse » qui se posent dans un certain nombre de pays, la question de la fertilité des sols et donc des productions à venir.

Je pense que ce qui est important à souligner quand même sur ce point-là, c’est que le sujet de l’insécurité alimentaire se pose avec acuité depuis plusieurs années, et donc bien avant la guerre en Ukraine. La guerre est venue accélérer la dégradation de la situation.

Pour mieux comprendre, il faut se référer à quelques repères : entre 2000 et 2013, l’insécurité alimentaire avait constamment reculé, mais la tendance s’est inversée à partir de 2019-2020. En 2020, il y avait à peu près 280 à 300 millions de personnes en Afrique qui étaient considérées en sous-alimentation, ce qui représentait une augmentation de quasiment 90 millions d’habitants par rapport à 2014. C’est assez préoccupant.

Comment l’expliquez-vous ?

Cette situation s’explique principalement par un manque d’investissements, en particulier dans des zones rurales et dans le secteur de l’agriculture. Mais pas seulement. Ce manque d’investissements, conjugué aux conflits qui ont explosé dans différentes régions du continent, sans oublier les changements climatiques, a conduit l’Afrique à se retrouver aujourd’hui dans une spirale de difficultés. Encore une fois, la guerre en Ukraine est venue amplifier ce phénomène de crise alimentaire.

Ce que l’on peut apprécier aujourd’hui, c’est que la prise de conscience qui avait commencé déjà à se faire jour va être encore plus forte. L’heure de la mobilisation a sonné sur ces enjeux de sécurité alimentaire avec pour mot d’ordre d’apporter des réponses qui soient plus structurelles au secteur agricole. Vous avez sans doute suivi l’initiative FARM, en réalité une mission de résilience alimentaire et agricole lancée par le président Macron, en mars 2022. L’AFD est partie prenante notamment sur le pilier 3 de cette initiative qui est celui de la production, les deux autres étant « commerce » et « solidarité ». Sur le pilier « production », nous nous sommes très fortement positionnés afin de pouvoir répondre très vite à côté de nos autres partenaires. Normalement, dès 2022, nous devrions pouvoir engager 200 millions d’euros, voire un peu plus que 200 millions d’euros, au titre de cette initiative pour pouvoir accompagner la reprise et accélérer sur le sujet de l’insécurité alimentaire.

L’initiative FARM ne fait pourtant pas l’unanimité. La crise ne risque-t-elle pas de renforcer la dépendance agricole du continent ?

Il faut augmenter la production en Afrique. Nous n’avons aucune raison d’augmenter la production en Europe. L’idée, c’est bien de faire en sorte que la production locale puisse continuer à être active partout où elle l’est. L’idée, c’est d’apporter des semences, des engrais aux producteurs locaux. Mais je dirais que cette démarche s’inscrit en cohérence avec les initiatives qui ont déjà été prises par exemple pour le Sahel. Ce qui est important pour l’Afrique, c’est d’être en capacité de produire et donc de transformer sur place. L’agro-industrie nous paraît essentielle parce que cela permet de créer des chaînes de valeur, de créer les marchés qu’il faut pour la production locale. Les tensions qui peuvent exister, si c’est bien le débat auquel vous faites référence, ce sont les tensions entre des investissements en faveur des filières destinées à l’exportation et puis une production destinée au marché local. Quand vous êtes sur à la fois du vivrier et même au-delà, vous pouvez. C’est un modèle que nous soutenons évidemment pour produire pour la consommation locale. L’objectif de l’initiative FARM n’est pas de produire pour exporter.

Encore une fois, il ne s’agit pas de jouer seulement le modèle de l’un contre l’autre : on veut à la fois augmenter la production locale, mais s’il y a certaines productions qui peuvent faire l’objet d’exportation, car c’est un moyen pour les pays d’avoir des revenus, etc., il faut l’encourager également. Mais en aucun cas nous ne pouvons imaginer soutenir des filières exclusivement destinées à l’exportation et faire fi des enjeux de sécurité alimentaire locale. Ce n’est pas du tout le modèle dans lequel nous nous inscrivons.

D’après vous, est-ce un abus de langage de dire qu’il y a des pays africains qui peuvent, dans ce contexte, être gagnants car producteurs de pétrole, de gaz et d’autres matières premières ?

C’est une bonne question. Je pense que, d’une certaine manière, compte tenu de la nature de la crise, il vaut mieux éviter d’utiliser des termes comme gagnants et perdants.

De manière très simpliste, nous pouvons penser que les pays producteurs de pétrole sont plutôt dans une situation favorable. C’est vrai que pour des pays comme l’Angola, le Nigeria ou le Congo, effectivement, la reprise des cours du pétrole à des niveaux aussi importants peut être perçue comme une bonne nouvelle. Mais cela étant, il faut mettre en face de cette réalité le fait que, de toutes façons, le coût de la vie augmente, avec justement une envolée des prix de l’énergie qui se traduit par l’augmentation des coûts de transport. Et cela vaut pour tout le monde.

Ces pays qui peuvent sembler être les gagnants de ce conflit vont peut-être voir leurs positions externes s’améliorer, ou augmenter leur niveau de réserves. Mais il n’empêche qu’ils vont rester vulnérables. Il y a plusieurs autres indicateurs qui ne trompent pas sur la situation que traverse vraiment le continent africain, c’est le prix des intrants, des engrais ou de certains métaux comme le fer ou l’acier.

De la République démocratique du Congo, où il fut directeur de l’Agence AFD en 2009, à la Somalie en passant par l’Ethiopie, le Soudan, le Soudan du Sud, ou encore l’Erythrée, Christian Yoka, juriste de formation, a gravi tous les échelons au sein de l’Agence française de développement avant de devenir le directeur régional pour le Cameroun, la République centrafricaine et la Guinée équatoriale en 2016, puis pour l’Afrique de l’Est jusqu’en août 2021.© DR

Depuis la décision de l’Union européenne de se passer des deux tiers de ses importations de gaz russe d’ici à la fin de l’année, et de les cesser d’ici à 2027, les pays les plus dépendants de Moscou se sont ostensiblement tournés vers les exportateurs africains, effectifs ou à venir, comme le Sénégal, dont les champs partagés avec la Mauritanie devraient produire 2,5 millions de tonnes de GNL par an à partir du dernier trimestre 2023, puis 10 millions à partir de 2030…

De prime abord, on peut se dire : le malheur des uns fait le bonheur des autres. L’embargo sur le gaz russe ou la décision russe de ne plus exporter son gaz vers l’Europe fait que cette Europe doit s’approvisionner ailleurs. Les États-Unis sont assez bien placés. Et donc nous pourrions imaginer que pour tout un tas de pays, il existe là une opportunité ou un marché nouveau pour pallier le déficit de gaz en provenance de Russie. Cela étant, tout ça ne se fait pas du jour au lendemain. Un pays comme l’Algérie peut paraître extrêmement bien placé, mais parce que, pour le coup, il s’agit bien d’un pays producteur de gaz. Il existe même un pipeline qui approvisionne déjà l’Europe. Sauf que ce pipeline qui passait par le Maroc est fermé pour des raisons géopolitiques. La solution est plus simple et pragmatique, à un moment donné si les acteurs le décident, ils peuvent mettre fin à ces tensions diplomatiques. Mais ils peuvent aussi décider de trouver un autre acheminement.

Pour les autres pays comme le Sénégal ou le Mozambique, qui ont de gros potentiels en la matière, il faut du temps pour pouvoir investir dans des installations. Ces projets nécessitent d’importants capitaux, un oléoduc, ça prend du temps. Donc oui, incontestablement, nous pouvons dire qu’il y a pour ces pays une opportunité de diversification mais cela ne se fera pas de manière aussi immédiate. Dans ce groupe de pays, il faut également compter la Tanzanie, qui possède des réserves assez importantes.

En ces temps troublés, comme l’AFD fait-elle pour choisir ses priorités ?

Il faut commencer par rappeler, justement, sur ce sujet du choix des priorités, que l’AFD est financeur, l’AFD accompagne des politiques et des priorités, et donc c’est important de souligner que ce ne sont pas les priorités de l’AFD, mais bien les priorités des pays dans lesquels nous travaillons. Nous venons pour accompagner les choix qui sont faits, mais encore une fois, ça n’empêche pas la France de prendre certaines initiatives. FARM, par exemple, rentre vraiment dans cette approche.

Pour le reste, on doit être, comme vous l’avez dit, « sur plusieurs fronts », donc permettre de limiter les impacts du conflit en travaillant sur ces sujets d’insécurité alimentaire ; travailler également à la stabilisation macroéconomique des pays ; partout où c’est possible, apporter des financements sous forme d’aide budgétaire, là, l’AFD est dans son rôle contracyclique, puis continuer à travailler sur les enjeux de long terme que sont les enjeux énergétiques. De ce point de vue là, je veux juste souligner qu’on a eu quand même un certain nombre d’enseignements de la pandémie Covid, qui s’est quand même traduite aussi par des conséquences sociales assez fortes dans un certain nombre de pays où on a vu des gouvernements mettre en place des programmes de filets sociaux ou de subventions sur des produits de base. Dans les réponses que nous formulons, nous sommes attentifs aussi à cet aspect-là et partout où des gouvernements pourront instaurer des programmes de filets sociaux en place aux côtés des autres actions qui visent directement la sécurité alimentaire, nous souhaitons pouvoir appuyer ces enjeux-là d’assistance, d’appui aux populations les plus vulnérables. Donc, nous sommes très présents. L’an dernier, nous avons mobilisé près de 4 milliards d’euros. La tendance devrait se confirmer cette année encore. Le niveau d’engagement ne faiblit pas.

Proparco a lancé en plein contexte de crise l’Alliance pour l’entrepreneuriat en Afrique, une initiative ayant pour objectif de soutenir le secteur privé, l’entrepreneuriat et le développement des petites et moyennes entreprises (PME) à travers le continent. Nous sommes allés un peu plus loin avec le programme Choose Africa Résilience, destiné à permettre aux PME et au secteur privé de répondre à la crise. Ce programme est en cours de déploiement et nous envisageons de continuer à rester très présent sur cet axe parce que le secteur privé local doit être accompagné et soutenu.

Ces deux crises successives ont soulevé de nombreux débats sur le développement de l’Afrique, quelle est votre réflexion à ce propos ?

Lorsqu’on se positionne sur ces débats, je pense qu’il faut d’abord être clair, parce que le terme de développement pose lui-même question. S’il s’agit des choix et des politiques, notre approche veut que ce soit d’abord et avant tout les pays que nous voulons accompagner qui fixent les termes. Donc ça, c’est un point important. Après, il y a un certain nombre de réformes structurelles qui restent fondamentales à conduire, notamment celles qui concernent l’accès aux services de base pour tous, le financement des infrastructures, etc.

Je prends l’exemple du Burkina Faso qui est riche d’enseignements sur la question des femmes. Là-bas, les femmes sont des actrices économiques très importantes, mais nous ne pouvons pas nous arrêter à ce constat. Il faut maintenant aller en profondeur sur des points comme les inégalités de genre dans l’accès au foncier, l’accès au crédit, aux financements, etc. Cela permet de libérer des énergies, d’avoir encore plus d’impacts. Donc, il y a un ensemble d’éléments sur lesquels il faut travailler. Ces sujets ne sont pas nouveaux mais les crises mondiales comme la pandémie permettent de souligner une fois de plus l’urgence d’apporter une attention particulière aux solutions que nous pouvons trouver. C’est dans ces moments de tensions que l’on peut juger si un pays est plus résilient, pourquoi, comment, est-ce que ce pays est vraiment diversifié, etc. Cela ne veut pas dire que les autres problèmes structurels ont disparu ou qu’ils ne doivent pas être traités.

Comment se positionne l’AFD sur un sujet comme les DTS, l’Afrique est toujours dans l’attente…

Ce sont des montants assez significatifs pour l’Afrique subsaharienne. Et au-delà, un certain nombre de pays avancés ont décidé de réallouer une partie de leurs DTS. La France a été à l’avant-garde pour mobiliser jusqu’à 100 milliards, le G7 et le G20 se sont par la suite mobilisés, c’est une bonne nouvelle. Maintenant, ces marges de manœuvre devraient permettre aux États de relancer l’investissement public, c’est indispensable et la priorité doit être donnée aux projets de qualité pour éviter les erreurs du passé.

Avec Le Point propos recueillis par Viviane Forson

Agence française de développement : Christian Yoka à la direction du département Afrique

décembre 4, 2021

Passée sous silence, la nomination du Congolais Christian Yoka au poste de directeur du département Afrique de l’Agence française de développement ( AFD) a été annoncée le 6 juillet dernier par Rémy Rioux, directeur général du groupe AFD.

Christian Yoka

Christian Yoka / AFD

En remplacement de Rima Le Coguic, nommée directrice exécutive adjointe d’Expertise France chargé des opérations de la future filière d’expertise technique du groupe AFD, Christian Yoka, vingt ans après avoir intégré cette agence et ancien directeur régional pour l’Afrique de l’est depuis août 2018, dispose d’une longue expérience de terrain sur le continent africain.

Avant d’être à la tête de cette direction régionale comptant une dizaine de pays, il fut directeur régional pour le Cameroun, la République centrafricaine et la Guinée équatoriale entre 2016 et 2018 et auparavant directeur régional pour l’Éthiopie, le Soudan, le Sud-Soudan, l’Érythrée et la Somalie, de 2013 à 2016. Il fut également directeur de l’AFD en République démocratique du Congo, de 2009 à 2013.

Il a pris les rênes du département Afrique, qui représente à lui seul plus de 40 % des engagements de l’Agence. C’est le premier dirigeant d’origine subsaharienne nommé à ce poste désormais à la tête d’un pôle composé de cinq cents personnes.

À propos du cursus du Congolais, notons qu’il est juriste de formation, diplômé d’un DESS en droit et fiscalité de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne et d’un master en droit bancaire et financier de l’Université de Boston. 

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma

Congo-Port de Pointe-Noire : l’UE soutient la construction d’un site des pêcheurs artisanaux

août 18, 2021

L’ambassadeur sortant de l’Union européenne (UE) au Congo, Raul Matheus Paula, a réitéré, le 16 août, la volonté de l’institution de financer la réalisation du projet de port de pêche artisanal moderne dans la deuxième ville du Congo. Approuvée depuis 2019, l’initiative bénéficie aussi d’un appui de l’Agence française de développement (AFD).

Des pêcheurs artisanaux/DR

Ces dernières années, la porte maritime congolaise connaît une forte expansion de la pêche industrielle au détriment des activités de la pêche artisanale dont dépend la majorité de la population riveraine. Malgré les alertes données par les experts, le risque lié à la surpêche et à la destruction de l’environnement ne faiblit pas. En décembre 2017, par exemple, plus de 110 navires opérant sur une zone de pêche relativement limitée étaient recensés, contre 60 en 2015.

L’aide des partenaires européens vise à contenir l’expansion de la pêche industrielle au niveau de la côte de Pointe-Noire, à travers une gestion plus durable des ressources halieutiques. Il s’agit de renforcer la filière halieutique locale, afin qu’elle joue son rôle dans l’approvisionnement alimentaire du pays. L’essentiel des captures est souvent vendu sur le marché national, principalement dans les villes de Pointe-Noire et de Brazzaville.

L’UE devrait débloquer, pour cela, un montant total de 29,3 millions d’euros, soit près de 20 milliards FCFA, dont la gestion est déléguée à l’AFD. Cette enveloppe est destinée exactement à la construction d’un ouvrage de protection de la zone de débarquement de la pêche artisanale. Les travaux devraient normalement débuter dès le deuxième semestre 2020. Une partie de la subvention de l’UE est censée revenir au ministère en charge de la Pêche pour la mise en place d’un système de suivi-contrôle-surveillance de l’activité de pêche maritime.

« C’est d’abord à la pêche artisanale et à la population locale que devrait bénéficier ce programme. À terme, la maîtrise de l’effort de pêche et un bon dispositif de suivi-contrôle-surveillance garantissent le non-épuisement des ressources, la préservation de tout un pan de l’économie locale et de la sécurité alimentaire des habitants du Congo », a expliqué Hélène Gobert de l’AFD.

Les dirigeants du Port autonome de Pointe-Noire(PAPN) sont directement concernés par le projet, car la subvention devrait également permettre une mise en conformité du port aux standards internationaux, principalement en matière de gestion des déchets, des matières dangereuses et des pollutions aux hydrocarbures. « C’est une subvention qui s’est arrimée à un prêt que nous a octroyé l’AFD. Elle va permettre non seulement de réaliser un port de pêche moderne, d’accompagner, d’assister également le volet pêche artisanale », a précisé le directeur général du PAPN, Séraphin Bhalat.

L’annonce de l’ambassadeur sortant de l’UE, lors d’une rencontre d’adieux avec le chef de l’État congolais, constitue une lueur d’espoir pour les bénéficiaires du projet de port des pêcheurs artisanaux.

Avec Adiac-Congo par Fiacre Kombo

Allemagne: le leader de l’extrême droite compare Hitler à une « fiente d’oiseau »

juin 2, 2018

Le co-dirigeant du parti allemand d’extrême droite AfD, Alexander Gauland, a estimé samedi qu’Adolf Hitler et les nazis n’avaient été qu’une « fiente d’oiseau » dans un millénaire allemand glorieux, selon des propos rapportés par la Deutsche Welle.

« Hitler et les nationaux-socialistes (le parti NSDAP du Führer, ndlr) ne sont qu’une fiente d’oiseau en 1.000 ans d’histoire allemande à succès », a affirmé le responsable politique qui est aussi le co-président du groupe parlementaire Alternative pour l’Allemagne (AfD).

« Oui nous reconnaissons notre responsabilité pour les 12 années » de la dictature nazie, a-t-il ajouté, également cité par l’agence dpa. « Nous avons une histoire glorieuse et celle-ci, chers amis, a duré plus longtemps que ces 12 fichues années », a-t-il jugé lors d’une réunion à Seebach, en Thuringe (est), de l’organisation des jeunes de l’AfD.

La secrétaire générale du parti conservateur CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, proche d’Angela Merkel, a promptement réagi sur Twitter: « 50 millions de victimes de guerre, l’Holocauste et la guerre totale ne sont qu’une ‘fiente d’oiseau’ pour l’AfD et Gauland. Voilà ce qu’est ce parti derrière le masque civil ».

Alexander Gauland, 77 ans et ancien membre de la CDU, n’en est ni à sa première provocation, ni à son premier dérapage verbal.

Durant la campagne électorale pour les élections législatives de septembre dernier, il avait vanté les mérites des soldats de la Wehrmacht.

L’un de ses fidèles au sein du parti, Björn Höcke, a également comparé le vaste monument au cœur de Berlin aux victimes de l’Holocauste de « mémorial de la honte ».

Première force d’opposition à la chambre des députés, l’AfD a fait une entrée fracassante au Bundestag, avec plus de 90 députés, et remis en cause le consensus mémoriel des Allemands sur leur passé nazi.

Née en 2013 d’une opposition à l’euro, le parti est devenu, à la faveur de la « crise » des réfugiés en 2015, un parti anti-migrants, anti-islam et anti-Merkel.

Il a notablement durci son discours, notamment contre les musulmans.

La co-dirigeante du groupe parlementaire, Alice Weidel, s’en est pris récemment aux femmes en « burqa, filles voilées, hommes armés de couteaux et autres bons à rien » qui menacent, selon elle, la prospérité allemande.

Romandie.com avec (©AFP / 02 juin 2018 16h08)                                                        

Allemagne/fils de Boris Becker: l’AFD sanctionne un de ses députés pour un tweet raciste

janvier 8, 2018

Noah Becker, le 6 juillet 2011 à Berlin / © AFP/Archives / CARSTEN KOALL

Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) a adressé lundi un avertissement à un de ses députés pour un tweet à caractère raciste contre le fils de l’ancienne star du tennis Boris Becker.

Les instances dirigeantes du mouvement ont pris à l’unanimité cette décision mais ont en revanche écarté une exclusion de l’intéressé, qui nie avoir lui-même écrit le message.

Jens Maier, un ancien magistrat député de l’AfD depuis les législatives du 24 septembre, avait qualifié la semaine dernière dans un tweet Noah Becker, dont le grand-père maternel est noir américain, de « petit demi-nègre » en mal « d’attention ».

Le message posté sur son compte officiel a suscité l’indignation en Allemagne et de vives critiques au sein même de l’AfD, dont les responsables sont pourtant des habitués des tweets polémiques. Il a été effacé par Twitter.

Dans une « déclaration personnelle » rendue publique lundi par l’AfD, l’élu a affirmé ne pas être l’auteur de ce tweet, posté selon lui par un collaborateur, limogé depuis.

« Je regrette beaucoup ce dérapage verbal dans le tweet et m’excuse en bonne et due forme auprès de Noah Becker » et de l’AfD, écrit-il. « Ce tweet ne correspond pas à mon style ».

Les explications de l’élu d’extrême n’ont toutefois pas convaincu Boris Becker. « C’est ce qu’ils font en règle générale à l’AfD, toujours la même combine. Ils lancent quelque chose et ensuite prennent leurs distances avec », a jugé l’ex-star du tennis dimanche dans le quotidien Die Welt.

Le message de l’élu se voulait un commentaire d’une interview du fils de Boris Becker, âgé de 23 ans, dans laquelle ce dernier avait qualifié Berlin de « ville blanche », comparée à Londres ou Paris. Il avait aussi affirmé avoir déjà été attaqué dans la capitale allemande en raison de sa couleur de peau.

Noah Becker, fils de l’ex-champion resté très célèbre en Allemagne, et de Barbara Becker, a depuis porté plainte contre M. Maier.

Dans le passé, l’ancien juge avait fait scandale pour avoir exprimé de la sympathie envers le néo-nazi Anders Behring Breivik, qui a tué 77 personnes en 2011 en Norvège, estimant qu’il avait agi « par désespoir » face au multiculturalisme. Il s’était aussi inquiété de « la création de peuples de sangs-mêlés ».

Le tweet incriminé avait été posté peu après celui de la députée et figure de premier plan du parti d’extrême droite Beatrix von Storch, qui avait évoqué lors du Réveillon de la Saint-Sylvestre les « hordes d’hommes barbares, musulmans et violeurs », dans une référence explicite aux agressions racistes commises dans la nuit du Nouvel An il y a deux ans à Cologne et attribuées à des migrants.

A l’issue des législatives de septembre, plus de 90 députés de l’AfD sont entrés à la chambre basse du Parlement, provoquant un choc considérable dans une Allemagne où l’extrême droite a longtemps été taboue en raison du passé nazi.

L’AfD joue sur une certaine défiance envers les responsables politiques des partis traditionnels et sur les inquiétudes, voire le rejet d’une partie de la population face au million de migrants arrivés depuis 2015 en Allemagne.

Romandie.com avec(©AFP / 08 janvier 2018 13h49)                

Le CDU de Merkel remporte les législatives en Allemagne

septembre 24, 2017

Angela Merkel vote à Berlin, le 24 septembre 2017 / © AFP / Odd ANDERSEN

Les conservateurs allemands d’Angela Merkel ont remporté les élections législatives de dimanche avec 32,5 à 33,5% des voix, selon les estimations des chaînes publiques, un scrutin marqué aussi par une percée historique de la droite nationaliste et populiste.

Les sociaux-démocrates sont deuxièmes avec 20 à 21 %, devant la droite dure AfD (13-13,5%) et la gauche radicale Die Linke (9%). Les autres formations à entrer au Bundestag sont les Libéraux du FDP et les Verts, selon les estimations basées sur des sondages réalisées à la sortie des bureaux de vote par ARD et ZDF.

Romandie.com avec(©AFP / 24 septembre 2017 18h08)

Allemagne: le congrès des populistes sous haute tension

avril 22, 2017

Des policiers contiennent des manifestants près de l’hôtel où se tient le congrès de l’AfD à Cologne le 22 avril 2017 / © AFP / Odd ANDERSEN

Les populistes allemands de l’Afd ont entamé samedi un congrès de deux jours marqué par d’intenses luttes internes à cinq mois des élections législatives et perturbé par des contre-manifestations émaillées d’incidents avec les forces de l’ordre.

Deux policiers ont été légèrement blessés dans des échauffourées avec des manifestants qui ont tenté d’empêcher les quelque 600 délégués de l’Alternative pour l’Allemagne de rejoindre un hôtel du centre de Cologne (ouest), où leur congrès se tient jusqu’à dimanche.

Jusqu’à 50.000 manifestants, encadrés par 4.000 officiers de police, sont attendus ce week-end. L’an passé à Stuttgart, des heurts attribués à l’extrême gauche avaient éclaté.

La réunion de l’AfD est censée résorber la fracture entre les « réalistes » du parti, qui veulent rompre avec les discours réputés d’extrême droite, et les tenants d’une ligne plus dure, habitués aux dérapages verbaux, notamment racistes.

Mais une réconciliation paraît peu probable après l’échec, en tout début de congrès, de la co-dirigeante du parti Frauke Petry à rallier les membres du parti autour d’un programme modéré, basé sur sa stratégie de « realpolitik ».

Frauke Petry, codirigeante du parti anti-immigration Alternative für Deutschland (AfD), pendant le congrès du parti à Cologne le 22 avril 2017 / © AFP / Ina Fassbender

Les délégués ont en effet refusé de mettre au vote sa motion, infligeant selon le Bild Zeitung, journal le plus lu d’Allemagne, un cuisant « revers » à la télégénique Mme Petry, enceinte de son cinquième enfant.

Dans un plaidoyer fervent, elle a réaffirmé sa conviction que le parti pourrait prendre le pouvoir dès 2021 s’il adoptait une stratégie plus modérée.

Les membres du parti doivent décider « si l’Afd peut devenir, aux yeux des électeurs, une option réaliste pour une prise de pouvoir en 2021 » et « comment » il peut atteindre cet objectif, a-t-elle lancé samedi.

-Répondre à l’érosion-

Des manifestants anti-AfD près de l’hôtel où se tient le congrès du parti anti-immigration à Cologne le 22 avril 2017 / © AFP / Odd ANDERSEN

La recherche d’une ligne commune est d’autant plus importante pour le parti que les hostilités entre factions nourrissent sa baisse de popularité.

Il avait pourtant connu un essor fulgurant lors de la crise migratoire de 2015-2016, lorsque la chancelière conservatrice Angela Merkel avait ouvert son pays à plus d’un million de demandeurs d’asile.

Frauke Petry avait surpris son monde en annonçant mercredi ne pas vouloir être tête de liste aux élections, plongeant le parti dans l’embarras faute d’autre candidat.

La formation, qui se revendique anti-islam, eurosceptique et porteuse des valeurs familiales traditionnelles, pourrait en conséquence décider de partir en campagne sans réelle figure de proue.

Frauke Petry, enceinte de son cinquième enfant, pendant le congrès de l’AfD qu’elle dirige à Cologne le 22 avril 2017 / © AFP / Ina Fassbender

La jeune femme de 41 ans n’a de cesse de souligner que « les tensions internes » et les propos polémiques ont conduit « à une érosion drastique du potentiel électoral » de la formation.

Inspirée par la Française Marine Le Pen, elle veut élargir son électorat dans un pays encore marqué par son passé nazi. Mais les tenants d’une ligne plus dure sont majoritaires parmi les militants de l’AfD, notamment dans les bastions de l’Est.

-Guerre de chefs-

Son principal adversaire en interne, Alexander Gauland, 76 ans, avait ainsi vivement critiqué Mme Petry, lui intimant de retirer sa motion au congrès.

Allemagne : attaques et attentats depuis 2016 / © AFP / Thomas SAINT-CRICQ, Jean Michel CORNU

M. Gauland a fait aussi jusqu’ici échouer les efforts de Frauke Petry pour exclure les cadres du parti ayant tenu des propos controversés sur le nazisme.

Il y a peu encore, le parti volait de succès en succès, parvenant à entrer dans 11 des 16 assemblées régionales allemandes. Des sondages lui donnaient alors jusqu’à 15% des voix.

Mais, entre crise interne et baisse du flux migratoire, la formation a enregistré un repli conséquent depuis janvier (7 à 11% selon les études).

Ce niveau reste historique pour un parti de ce type dans l’Allemagne d’après-guerre, mais l’objectif d’obtenir un résultat à deux chiffres en septembre et de devenir le troisième parti du pays est loin d’être acquis.

Autre mauvaise nouvelle pour l’AfD: l’urgence migratoire est passée, et après l’adoption d’une série de mesures pour accélérer les expulsions, Mme Merkel, qui vise un quatrième mandat, a vu sa popularité remonter.

Les sociaux-démocrates, conduits par l’ex-président du Parlement européen Martin Schulz, connaissent aussi une embellie.

Romandie.com avec(©AFP / 22 avril 2017 14h49)

Allemagne: Le gouvernement condamne une charge raciste contre un joueur de foot

mai 30, 2016

Berlin – Le gouvernement allemand a condamné lundi les propos à caractère raciste proférés par un responsable de la droite populiste à l’encontre du défenseur de l’équipe d’Allemagne de football, Jérôme Boateng, qui ont suscité la réprobation générale dans le pays.

Cette phrase qui a été lancée est une phrase abjecte et triste, a jugé le porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert, qui s’est en revanche félicité de la réaction de soutien de nombreux supporteurs de football.

Le vice-président de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), Alexander Gauland, avait déclenché une tempête durant le week-end en estimant à propos de ce sportif noir et ghanéen par son père: Les gens l’apprécient en tant que footballeur. Mais ils ne veulent pas avoir Boateng comme voisin.

Honnêtement c’est triste qu’on dise encore ce genre de choses aujourd’hui, a de son côté jugé le joueur, qui évolue en club au Bayern Munich, après un match amical de l’équipe nationale face à la Slovaquie dimanche soir.

Je suis heureux d’être Allemand, j’en suis fier sinon je ne serais pas là dans cette équipe, a ajouté le footballeur de 27 ans. Je suis bien intégré et je n’ai rien à dire de plus, a-t-il encore dit.

Dans le stade dimanche soir, de nombreux spectateurs lui ont manifesté leur soutien, arborant notamment des pancartes indiquant Jérôme, emménage à côté de nous!.

D’innombrables supporteurs hier (dimanche) dans le stade à Augsbourg et ailleurs ont merveilleusement réagi en donnant la réponse appropriée à cette phrase, a déclaré Steffen Seibert.

Le ministre de la Justice, Heiko Maas, a jugé inacceptables les propos de M. Gauland tandis que le Bayern Munich lui a décerné un carton rouge.

Alexander Gauland, 75 ans, est un habitué des saillies anti-immigrés ou contre les réfugiés et fait partie des durs de l’AfD, une jeune formation politique qui connaît une popularité grandissante sur fond d’inquiétudes des Allemands face à l’arrivée d’un million de migrants l’an dernier.

Jérôme Boateng, né dans un quartier populaire de Berlin, est considéré comme un exemple sportif pour de nombreux jeunes des quartiers dits difficiles. Il a récemment souligné qu’il serait très fier s’il était un jour nommé capitaine de la Mannschaft, ce qui ferait de lui le premier capitaine noir de l’équipe allemande.

L’un de ses deux frères, Kevin-Prince Boateng, également footballeur professionnel, évolue avec l’équipe nationale du Ghana.

Même s’il est né en Allemagne d’une mère allemande, Jérôme Boateng est considéré comme un exemple d’intégration au même titre que Mesut Özil, né lui aussi en Allemagne mais de parents turcs et figure centrale de l’équipe nationale d’Allemagne championne du monde en titre.

Mesut Özil, de confession musulmane, a récemment diffusé une photo le montrant en pèlerinage à La Mecque.

La presse a estimé que le fait qu’il puisse publier ce cliché illustrait l’intégration dans un pays où un habitant sur cinq est étranger ou d’origine étrangère.

Mais une responsable local du parti AfD en Saxe (est), Andrea Kersten, a saisi cette occasion pour susciter la controverse lundi en accusant sur le site internet du quotidien Die Welt le meneur de jeu du club anglais d’Arsenal d’envoyer par ce biais un signal anti-patriotique.

En posant à la Mecque, Mesut Özil fait la promotion d’une idéologie où il n’y a pas d’égalité entre hommes et femmes (…) où les Chrétiens et Juifs sont des citoyens de deuxième classe et où la Charia est supérieure à la démocratie.

Ces polémiques interviennent alors que l’équipe d’Allemagne se prépare à l’Euro qui se dispute en France.

Romandie.com avec(©AFP / 30 mai 2016 22h23)

La France veut « participer » au développement économique du Ghana

juillet 16, 2011

La France veut « participer au développement » économique du Ghana, un modèle démocratique en Afrique qui bénéficie d’une forte croissance, a déclaré samedi le Premier ministre français François Fillon à Accra.

François Fillon, qui effectue jusqu’à dimanche une mini-tournée en Afrique de l’Ouest placée sous le signe des échanges économiques, a fait une courte étape samedi au Ghana, dont la croissance économique en 2010 (12%) a été la plus forte du continent.

Cette visite dans cette ex-colonie britannique, la première d’un haut-dirigeant français, marque la « volonté de la France de participer au développement économique du Ghana », a déclaré François Fillon lors d’une rencontre au palais présidentiel avec le chef de l’Etat John Atta Mills.

Elu démocratiquement en 2008 et candidat à sa réélection en 2012, John Atta Mills a de son côté déclaré que son pays avait « choisi la démocratie qui est le seul moyen d’atteindre la paix et le développement économique ».

Jeuneafrique.com avec AFP