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Les Etats-Unis menacent les talibans de poursuivre leurs frappes aériennes en Afghanistan

juillet 25, 2021
Les Etats-Unis menacent les talibans de poursuivre leurs frappes aeriennes en Afghanistan
Les Etats-Unis menacent les talibans de poursuivre leurs frappes aériennes en Afghanistan© AFP/SAJJAD HUSSAIN

Les Etats-Unis vont continuer leurs frappes aériennes contre les talibans, si ceux-ci poursuivent l’offensive qu’ils mènent depuis début mai en Afghanistan, a averti dimanche à Kaboul le chef des opérations militaires américaines dans ce pays.

« Les Etats-Unis ont intensifié leurs frappes aériennes en soutien aux forces afghanes ces derniers jours et nous sommes prêts à continuer ce haut niveau de soutien dans les jours à venir, si les talibans continuent leurs attaques », a déclaré le général Kenneth McKenzie, patron du Commandement central de l’armée américaine (Centcom).

Les talibans se sont emparés depuis presque trois mois de vastes portions rurales de l’Afghanistan, à la faveur d’une offensive tous azimuts contre les forces afghanes, coïncidant avec le début du retrait définitif des forces internationales du pays, désormais quasiment achevé.

Les forces afghanes n’ont offert jusqu’ici qu’une faible résistance et ne contrôlent plus pour l’essentiel que les capitales provinciales et les principaux grands axes.

« Le gouvernement d’Afghanistan sera soumis à rude épreuve dans les jours à venir, les talibans tentent de donner un caractère inéluctable à leur campagne. Ils se trompent (…) La victoire des talibans n’est pas inévitable », a affirmé le général McKenzie.

« Nous allons continuer à soutenir les forces afghanes, même après le 31 août », date-butoir annoncée de la fin du retrait des forces américaines, « cela se fera généralement depuis l’extérieur du pays. Et cela sera un changement significatif », a-t-il poursuivi.

Le général McKenzie a aussi annoncé qu’après cette date, les Etats-Unis « continueraient de fournir un important soutien logistique, en particulier à l’aviation afghane », en Afghanistan ou sur des bases du Centcom.

« solution politique »

En tant que chef du Centcom, qui supervise les activités militaires américaines dans 20 pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale et du Sud, le général McKenzie dirige les opérations militaires en Afghanistan depuis la fin des fonctions du commandant des forces américaines dans le pays, le général Austin Scott Miller, le 12 juillet.

La récente avancée éclair des talibans fait craindre qu’ils ne s’emparent à nouveau du pouvoir, quasiment 20 ans exactement après en avoir été chassés fin 2001 par une coalition internationale menée par les Etats-Unis, après leur refus de livrer le chef d’Al-Qaïda Oussama ben Laden dans la foulée des attentats du 11-Septembre.

Les Etats-Unis ont signé en février 2020 à Doha un accord historique avec les talibans prévoyant le retrait de tous les soldats étrangers d’Afghanistan en échange de la fin des attaques contre les troupes internationales et l’ouverture de négociations directes entre insurgés et autorités de Kaboul.

Un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid avait dénoncé vendredi des bombardements aériens « barbares » menés par les « forces d’occupation américaines ». Il avait qualifié ces frappes de « claire violation de l’accord signé (à Doha) qui aura des conséquences ».

Entamées en septembre dernier au Qatar, les pourparlers interafghans n’ont connu aucune avancée, les deux camps s’accusant mutuellement de ne pas vouloir la paix.

Le général McKenzie a toutefois estimé qu' »il y a une voie pouvant conduire à une solution politique à cette guerre ».

Couvre-feu

Ces dernières semaines, les talibans se sont approchés de Kandahar, la grande ville du Sud, berceau de leur mouvement, dont les faubourgs sont le théâtre de combats.

Forte de plus de 650.000 habitants, Kandahar est la deuxième ville du pays derrière Kaboul. Les talibans en avaient fait le centre de leur régime, basé sur une interprétation ultrarigoriste de l’islam, qui régna sur l’Afghanistan entre 1996 et 2001.

Quelque 22.000 familles ont, depuis un mois, « fui des districts instables des faubourgs » ouest, nord et sud de Kandahar, « vers des zones plus sûres » du centre-ville, a déclaré dimanche à l’AFP Dost Mohammad Daryab, directeur provincial du service des Réfugiés.

Ces 22.000 familles représentent environ 150.000 personnes, le Bureau national des statistiques estimant qu’en Afghanistan une famille est en moyenne composée de sept personnes.

« Quand les combats ont éclaté, mes cousins et moi avons fui avec nos femmes et nos enfants vers le centre-ville », a raconté à l’AFP un habitant, Hafiz Mohammad Akbar.

« Nous vivons désormais à 20 personnes de la même famille dans un endroit qui n’a même pas de toilettes. Je n’ai aucune idée de combien de temps nous allons rester là ».

Le vice-gouverneur de la province de Kandahar, Lalai Dastageeri, a indiqué dimanche à l’AFP que « les combats continuent dans les faubourgs sud, nord et ouest de Kandahar ».

Après une relative accalmie sur le terrain durant les trois jours de l’Aïd el Adha, la fête musulmane du Sacrifice, les autorités afghanes ont annoncé avoir lancé de multiples opérations militaires depuis vendredi dans une quinzaine de provinces, pour tenter de reprendre du terrain.

Elles ont décrété samedi un couvre-feu nocturne sur l’ensemble du territoire à l’exception de trois provinces, dont celle de Kaboul.

Par Le Point avec AFP

Afghanistan: des centaines de commandos dans une ville attaquée par les talibans

juillet 8, 2021
Afghanistan: des centaines de commandos dans une ville attaquee par les talibans
Afghanistan: des centaines de commandos dans une ville attaquée par les talibans© AFP/-

Des combats entre talibans et forces afghanes faisaient rage jeudi pour le deuxième jour consécutif à Qala-i-Naw et d’épais nuages de fumée noire s’élevaient au dessus de cette capitale provinciale dans le nord-ouest de l’Afghanistan.

Le gouvernement a envoyé par hélicoptère des centaines de commandos dans la province de Badghis pour contrer cette offensive talibane, la première contre une capitale provinciale depuis le début de la dernière phase du retrait des troupes américaines.

« Les talibans sont toujours dans la ville (…) On peut les voir passer et repasser sur leurs motos », a déclaré à l’AFP Aziz Tawakoli, un habitant de Qala-i-Naw, capitale de Badghis, précisant que presque la moitié des résidents ont fui.

Le pays traverse « l’une des étapes les plus compliquées de la transition » alors que le départ des troupes étrangères touche bientôt à sa fin et que les combats font rage, a affirmé jeudi le président afghan Ashraf Ghani.

« Les forces internationales repartent dans leurs pays respectifs après 20 ans ici, mais le pays peut être contrôlé », a-t-il assuré dans un discours, confiant dans la capacité de son gouvernement à gérer la crise.

A Londres, le Premier ministre Boris Johnson a annoncé que la plupart des soldats britanniques avaient désormais quitté l’Afghanistan dans le cadre du retrait des forces de l’OTAN qui s’effectue en parallèle à celui des Américains.

« Je ne révélerai pas le calendrier de notre retrait, mais je peux dire à la Chambre que la plupart de nos troupes sont déjà parties », a-t-il déclaré face à des députés jeudi.

Le président américain Joe Biden doit s’exprimer sur le retrait d’Afghanistan jeudi, après une réunion avec son équipe de sécurité nationale.

Selon Abdul Latif Rostaee, directeur de la santé de la province de Badghis, au moins dix civils blessés ont été amenés à l’hôpital de la ville depuis jeudi matin.

Mercredi, quelques heures seulement après que l’armée américaine a annoncé avoir achevé « à plus de 90 % » son retrait d’Afghanistan, les talibans, qui se sont emparés depuis mai de vastes portions rurales du territoire et rapprochés de plusieurs grandes villes, sont entrés dans Qala-i-Naw, une ville d’environ 75.000 habitants.

« Les talibans ont repris leurs attaques dans plusieurs parties de la ville », a indiqué à l’AFP Hessamuddin Shams, gouverneur de la province de Badghis, assurant cependant que « l’ennemi est en train d’être repoussé et s’enfuit. »

Les forces afghanes ont lancé une contre-offensive pour reprendre la ville.

« En tant que femmes, nous sommes très inquiètes (…) Si les talibans restent dans la ville, nous ne pourrons plus travailler et nous allons perdre tous les progrès en matière de droits des femmes », a raconté Parisila Herawai, une militante de Qala-i-Naw.

Zia Gul Habibi, un membre du conseil provincial de Badghis, a fait état de combats « sporadiques » dans la ville.

« Certains membres des forces de sécurité qui ont rejoint les talibans les aident et les guident », a-t-il déploré.

Mercredi, les insurgés ont libéré des centaines de détenus de la prison de la ville.

Sur Twitter, le porte-parole du ministère de la Défense Fawad Aman, a déclaré que « de nouveaux commandos sont arrivés à Badghis la nuit dernière et vont lancer une opération de grande envergure ».

Avancée inexorable

Selon un responsable sécuritaire, l’offensive a également « affecté les provinces voisines » dont celle d’Herat, frontalière de l’Iran, où un district frontalier de Badghis est tombé aux mains des insurgés dans la nuit.

« Cela a semé un petit peu la peur partout », a continué cette source sous couvert d’anonymat.

Selon des responsables locaux et les insurgés, deux districts de Herat en tout ont été pris dans la nuit.

Ross Wilson, le chargé d’affaires américain, a critiqué l’offensive de Badghis qui selon lui « viole les droits humains ».

Selon Human Rights Watch, les talibans ont expulsé des personnes de leur domicile et pillé ou incendié certaines habitations.

Pendant ce temps, le retrait des troupes de Washington continue tambour battant, malgré l’avancée inexorable des talibans face à des troupes afghanes désormais privées du crucial appui aérien américain.

Les forces étrangères ont été évacuées de nombreuses bases, y compris la semaine dernière, de la base aérienne de Bagram, au nord de Kaboul.

Il s’agissait de la plus importante installation militaire de la coalition en Afghanistan et du centre névralgique de ses opérations sur place depuis l’entrée des troupes américaines dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.

Le retrait définitif de l’armée américaine sera terminé d’ici la fin août, selon la Maison Blanche. Il mettra un point final à 20 ans d’intervention américaine dans le pays, la plus longue guerre menée par les Etats-Unis dans leur histoire.

Dans l’espoir de relancer des négociations entre les deux camps, une réunion entre des représentants talibans et une délégation du gouvernement afghan s’est terminée jeudi à Téhéran, selon l’agence de presse publique iranienne (IRNA).

Si les deux camps ont appelé à une fin des combats et plus de discussion, les pourparlers officiels entre Kaboul et les insurgés, débutés en septembre 2020 à Doha, sont quant à eux au point mort.

Par Le Point avec AFP

Afghanistan: au moins 13 morts dans des attentats contre des civils et des policiers

juin 6, 2021
Afghanistan: au moins 13 morts dans des attentats contre des civils et des policiers
Afghanistan: au moins 13 morts dans des attentats contre des civils et des policiers© AFP/Archives/Zakeria HASHIMI

Deux attentats à la bombe, contre un bus de passagers dans l’ouest et un poste de police dans le nord, ont fait au moins 13 morts en Afghanistan, où les insurgés accentuent leur pression sur les autorités.

Ces deux nouvelles attaques, dernières en date d’une série visant les bus civils et les forces gouvernementales, sont intervenues alors que l’émissaire américain pour l’Afghanistan se trouvait de passage dans le pays dimanche.

Au moins 11 civils sont morts samedi soir, dont quatre femmes et trois enfants, dans l’explosion de leur bus, a rapporté le gouverneur de la province de Baghdis (ouest), Hessamuddin Shams qui a accusé les talibans d’avoir dissimulé une bombe sur la route.

Confirmant ce bilan, un autre responsable provincial, Khodadad Tayeb, a précisé qu’après l’explosion le bus avait plongé dans un ravin de cette province montagneuse.

Cette attaque qui n’a pas été revendiquée survient après une série qui a visé cette semaine au moins quatre minibus de passagers dans les quartiers chiites de Kaboul, faisant une douzaine de morts.

Deux de ces attaques avaient été revendiquées par le groupe jihadiste Etat Islamique, dont les combattants – toujours présents selon l’ONU dans l’Est et le Nord du pays – visent spécifiquement la minorité chiite hazara.

Simultanément, les talibans multiplient les offensives contre les positions de l’armée afghane dans de nombreuses provinces, y compris autour de Kaboul.

Ils ont également revendiqué sur Twitter un attentat à la voiture piégée contre un poste de police de Balkh (nord), qui a tué dimanche deux policiers et blessé une quinzaine de personnes dont des civils.

Ils avaient aussi annoncé samedi avoir « conquis le district de Deh Yak » dans la province de Ghazni, à environ 150 km au sud de la capitale. Mais les autorités assurent avoir simplement « réinstallé » leurs forces dans une autre zone.

Ghazni est un verrou important sur l’axe majeur qui relie Kaboul à Kandahar, la grande province et capitale du Sud, bastion des talibans.

Les insurgés avait brièvement pris le contrôle la ville de Ghazni en 2018 avant d’en être chassés.

Ces attaques permanentes se produisent malgré la signature d’un accord de retrait « inconditionnel » des Etats-Unis signé en février 2020 avec les talibans.

Dimanche, l’émissaire américain et principal négociateur de cet accord, Zalmay Khalilzad, a fait brièvement escale à Kaboul pour rencontrer les autorités. Il devait se rendre ensuite à Doha où les pourparlers inter-afghans – talibans et gouvernement – sont bloqués depuis des mois.

Malgré leur retrait militaire du pays, confirmé par le président Joe Biden avant la date symbolique du 11 septembre, Washington a promis de maintenir son aide à l’Afghanistan.

Khalilzad a ainsi réitiré dimanche l’annonce d’un versement annuel de 3,3 milliards de dollars en faveuir des forces de sécurité.

Le Pentagone a fait savoir cette semaine que les opérations étaient déjà complétées pour près de moitié. Elles pourraient être achevées d’ici début juillet.

Avec Le Point avec AFP

Le commandant Massoud aura bientôt une plaque commémorative à Paris

février 3, 2021

Vingt ans après son assassinat, le commandant Massoud aura bientôt droit à une plaque commémorative à Paris, une décision saluée par le fils du chef de guerre afghan anti-soviétique et anti-taliban qui avait tissé des liens étroits avec la France.

 Ahmad Shah Massoud, le 28 juin 2001 lors d'un entretien avec l'AFP à sa base à Khwaja Bahauddin (Afghanistan)

© JOEL ROBINE Ahmad Shah Massoud, le 28 juin 2001 lors d’un entretien avec l’AFP à sa base à Khwaja Bahauddin (Afghanistan)

Réuni depuis mardi, « le Conseil de Paris a voté à l’unanimité la pose d’une plaque » en hommage au commandant Massoud, s’est réjoui le maire adjoint chargé des relations internationales Arnaud Ngatcha, à l’origine de l’initiative. Elle sera installée « en mars » dans le cossu 8e arrondissement.

« Paris est la première ville au monde à honorer ce combattant pour la paix qui lutta pour la liberté de l’Afghanistan et contre l’obscurantisme », a-t-il ajouté sur Twitter.

Dans un message publié dans la nuit de mardi à mercredi sur Twitter, le fils de l’icône afghane Ahmad Massoud a exprimé sa « gratitude » et « l’honneur pour le peuple afghan et en particulier pour (sa) famille de voir notre héros national » ainsi célébré « vingt ans après son martyr ».

« Mon père luttait pour toute l’humanité et il voulait la justice et la liberté pour tous, quelles que soient leur race et leur religion », a-t-il souligné, ajoutant qu’il n’oublierait « jamais les contributions et l’assistance » de la France. 

Selon Arnaud Ngatcha, Ahmad Massoud a fait savoir qu’il serait présent à Paris lors de l’inauguration en mars. 

Massoud, un commandant charismatique d’ethnie tadjike, a mené la résistance contre l’occupant soviétique dans les années 1980, puis contre les talibans à l’époque où ceux-ci dirigeaient l’Afghanistan, de 1996 à 2001.

Il a été tué deux jours avant les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, revendiquées par Al-Qaïda, qui ont amené Washington à lancer une vaste opération militaire en Afghanistan, chassant les talibans du pouvoir.

La France avait tissé des liens étroits avec Ahmad Shah Massoud, surnommé « le lion du Panchir », qui incarnait aux yeux de l’Occident un islam modéré. Il avait été notamment reçu en avril 2001 à Paris puis au Parlement européen de Strasbourg. 

Avec AFP par mep/cg/vk

Afghanistan: Au moins 14 morts et 145 blessés dans un attentat des talibans à Kaboul

août 7, 2019

A man carries an injured woman to a hospital after a blast in Kabul, Afghanistan

Un homme transporte une femme blessée, après l’explosion qui s’est produite ce mercredi matin à Kaboul (Afghanistan). REUTERS/Mohammad Ismail

Cet attentat intervient alors que les talibans mènent depuis un an des pourparlers avec les Etats-Unis.

Un attentat à la voiture piégée revendiqué par les talibans a fait au moins 14 morts et 145 blessés, dont une majorité de civils, mercredi matin dans l’ouest de Kaboul, ont indiqué les autorités.

«Un véhicule rempli d’explosifs a explosé à l’entrée du commissariat de police dans l’ouest de Kaboul à 9h (6h30 en France)», a déclaré le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Nasrat Rahimi. Dix des quatorze morts sont des civils, tout comme 92 des blessés, a-t-il précisé.

Le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a revendiqué l’attentat sur les réseaux sociaux, ajoutant qu’il avait été commis par un kamikaze. L’attaque «a été lancée contre un centre de recrutement ennemi. Des dizaines de soldats et de policiers ont été tués et blessés», a-t-il indiqué. Les civils continuent de payer un lourd tribut au conflit. L’ONU a révélé que le mois de juillet avait été le plus sanglant depuis mai 2017, avec plus de 1.500 civils tués ou blessés à travers le pays. En 2018, 3.804 civils ont été tués, dont 900 enfants.

Pourparlers

Cet attentat intervient alors que les talibans mènent depuis un an des pourparlers avec les Etats-Unis. Un huitième round de négociations est en cours à Doha, au Qatar. Les deux parties se sont félicitées des « excellents progrès » réalisés et ont espéré être en mesure de signer un accord de paix bilatéral. Si un tel accord venait à se conclure, il ouvrirait la voie à des discussions directes à Oslo entre talibans et une équipe de négociation formée par le gouvernement afghan.

« Les talibans sont un obstacle à la paix, a commenté le porte-parole de la présidence, Sediq Sediqqi. Ils doivent cesser les combats et utiliser l’opportunité de paix fournie par les Etats-Unis sinon, rien d’autre ne les attend que leur extinction. »

Men carry an injured man to a hospital after a blast in Kabul

L’explosion a fait de nombreux blessés ce mercredi matin à Kaboul (Afghanistan). REUTERS/Mohammad Ismail

Un «gros boum»

Le poste de police visé est situé dans la partie chiite de la ville où vit la communauté Hazara (la troisième communauté d’Afghanistan après les Pachtounes et les Tadjkiks qui sont sunnites), alors que les préparatifs battent leur plein à l’approche de l’Aïd el-Kébir, la plus grande fête musulmane. Bravant la peur des attaques, la population de Kaboul se rendait en masse mercredi sur les étals des marchés remplis de victuailles. « J’ai entendu un gros boum et toutes les fenêtres de mon magasin ont volé en éclats », a raconté à l’AFP un commerçant, Ahmad Saleh.

Les images des télévisions afghanes sur place témoignaient de l’étendue des dégâts. Plusieurs bâtiments sont totalement détruits, leurs façades s’étant affaissées. Des murs anti-explosion en ciment ont été réduits en poussières. Des explosions avaient déjà retenti dans la nuit à Kaboul. Les forces spéciales afghanes ont pris d’assaut plusieurs repaires de membres de la branche afghane du groupe Etat islamique, où « étaient fabriqués des vestes explosives et des voitures piégées ». Selon leur communiqué, l’EI prévoyait de « mener des attentats-suicides à Kaboul ».

Par ailleurs, dans la province de Baghlan, dans le nord de l’Afghanistan, les autorités ont affirmé avoir déjoué une attaque mercredi contre un convoi des forces de sécurité vers lequel se dirigeait un véhicule blindé chargé d’explosifs qui a été détruit au lance-roquette avant d’atteindre sa cible.

Par Le Figaro.fr avec AFP et Reuters

Afghanistan: attentat-suicide contre un candidat aux législatives, au moins huit morts

octobre 9, 2018

Kandahar (Afghanistan) – Un attentat-suicide mardi dans les bureaux d’un candidat aux élections législatives du 20 octobre en Afghanistan a fait au moins huit morts dont le candidat et onze blessés, ont indiqué des responsables.

« Une explosion qui est l’œuvreMORT d’un kamikaze est survenue dans les bureaux du candidat Saleh Mohammad Asikzai », dans la ville de Lashkar Gah, capitale de la province du Helmand dans le sud de l’Afghanistan, a indiqué à l’AFP le porte-parole du gouverneur de la province, Omar Zhwak.

« Le bilan est pour l’instant de huit morts et onze blessés », a-t-il dit, précisant que le candidat Saleh Mohammad Asikzai avait été tué dans l’explosion.

Le porte-parole de la police dans la province, Salam Afghan, a confirmé l’attaque. « Nous enquêtons », a-t-il dit à l’AFP.

Il n’était clair dans l’immédiat si les personnes présentes dans les bureaux étaient des soutiens du candidat ou s’ils assistaient à une réunion électorale.

M. Asikzai se présentait pour la première fois à une élection sous sa propre bannière « changement positif ». Blessé, il a succombé à ses blessures à l’hôpital, a indiqué Omar Zhwak.

L’attentat n’a pas été revendiqué. Il survient au lendemain d’un communiqué des talibans appelant à « faire échouer » le processus électoral.

« Les Afghans croient fermement à la démocratie et à un meilleur avenir. Ils ne laisseront pas les terroristes et leurs soutiens entraver le processus démocratique en cours », a déclaré le président afghan Ashraf Ghani, qui a condamné l’attentat dans un communiqué.

C’est la seconde attaque suicide visant un candidat aux législatives depuis l’ouverture officielle de la campagne le 28 septembre.

Le 2 octobre, un kamikaze avait tué 13 personnes et fait plus de 40 blessés dans la province de Nangarhar, dans l’est du pays. L’attentat avait été revendiqué par le groupe Etat islamique (EI).

Plus de 2.500 candidats se disputent les 249 sièges en jeu au Parlement. Le décès de M. Asikzai porte à au moins six le nombre de candidats tués à ce stade, selon la Commission électorale indépendante.

La sécurité et la crédibilité du vote seront les enjeux majeurs de ce scrutin, qui est vu comme une répétition générale de l’élection présidentielle prévue en avril prochain.

Quelque 54.000 membres des forces de sécurité afghanes seront chargés de la protection des 5.000 bureaux de vote. Pour des raisons de sécurité, 2.000 autres bureaux n’ouvriront pas.

Par ailleurs, une centaine de talibans ont attaqué lundi soir le district de Qush Typa, dans la province de Jowzjan, au nord-ouest de l’Afghanistan.

« Ils se sont emparés brièvement d’un poste armé puis ont été repoussés », a indiqué mardi à l’AFP le responsable provincial de la police, Faqir Mohammad Jawzjani.

« Malheureusement 12 de nos soldats ont été tués mais également 30 talibans », a-t-il dit.

Romandie.com avec(©AFP / 09 octobre 2018 13h36)                                                        

Attaques dans l’est de l’Afghanistan: au moins 33 morts

septembre 11, 2018

Un homme blessé le 11 septembre 2018 dans un attentat, dans l’est de l’Afghanistan, et soigné à l’hôpital local / © AFP / NOORULLAH SHIRZADA

Une série d’attentats a frappé mardi l’est de l’Afghanistan, faisant au moins 33 morts parmi des participants à une manifestation près de la frontière pakistanaise et devant une école pour filles.

L’attentat le plus meurtrier s’est produit à 13H00 locale (08H30 GMT), près de la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan lorsqu’un kamikaze a fait exploser sa charge au milieu d’une foule de manifestants, à environ 70 km de la ville de Jalalabad.

Les manifestants bloquaient l’autoroute assurant le passage entre les deux pays pour protester contre la nomination d’un nouveau chef de la police.

« 32 corps et 128 personnes blessées ont été transportées dans nos hôpitaux », a indiqué à l’AFP le directeur des services de Santé de la province de Nangarhar, Najibullah Kamawal.

Le porte-parole du gouverneur de la province, Ataullah Khogyani, a confirmé ce dernier bilan.

Un homme tient la tête d’un autre homme tué dans un attentat dans l’est de l’Afghanistan, le 11 septembre 2018 / © AFP / NOORULLAH SHIRZADA

Les hôpitaux Rodat et Ghani Khel, dans le district de Jalalabad, étaient saturés de personnes qui y ont accouru couvertes de sang, a constaté un correspondant de l’AFP. Des blessés étaient soignés dans les couloirs. Les plus gravement atteints étaient transportés à l’hôpital central de Jalalabad.

« Nous étions une centaine lorsque j’ai entendu une forte explosion. Puis j’ai vu de la chair et du sang, des personnes blessées tout autour de moi. Je suis à la recherche de mes amis mais je ne sais pas s’ils sont vivants ou morts », a déclaré à l’AFP Gul Majid, interrogé devant l’hôpital.

Quelques heures plus tôt, une double attaque avait visé une école de filles dans la capitale provinciale Jalalabad, faisant un mort et quatre blessés.

Une première bombe a explosé devant l’école de filles Malika Omaira vers 08H30 locale (4H00 GMT). La seconde explosion s’est produite ensuite alors que des élèves d’une école de garçons voisine se précipitaient sur les lieux.

Un enfant afghan à l’hôpital de Jalalabad après une série d’explosions dans la ville afghane, le 11 septembre 2018 / © AFP / NOORULLAH SHIRZADA

Aucun groupe insurgé n’a pour l’instant revendiqué ces attaques, alors que le groupe Etat islamique (EI) et les talibans sont actifs dans cette région de l’Afghanistan.

Ces deux groupes s’opposent de longue date à l’éducation des femmes. Ils ont imposé la fermeture de nombreuses écoles de filles en Afghanistan.

Le reste du pays n’a pas été épargné par la violence au cours de la semaine écoulée: les talibans ont mené de nombreuses attaques avec des troupes au sol. Le groupe Etat islamique a de son côté revendiqué deux attentats meurtriers dans la capitale.

Dans la nuit de dimanche à lundi, d’intenses combats ont eu lieu dans le nord de l’Afghanistan, les talibans ont tué près de 60 policiers et soldats. Trente-neuf talibans ont été tués et 14 blessés lors de frappes aériennes de soutien, selon le gouverneur de Sar-e-Pul, Zahir Wahdat.

Des Afghans inspectent les lieux d’un attentat à Kaboul, le 6 septembre 2018 / © AFP / WAKIL KOHSAR

Selon des sources locales, les forces de sécurité afghanes seraient parvenues à contenir l’avancée de talibans. Les combats n’auraient pas repris mardi matin.

Dimanche à Kaboul, un kamikaze à moto avait tué sept partisans du commandant Massoud qui célébraient le 17e anniversaire de la mort du célèbre moudjahidine ayant résisté à l’occupant soviétique, puis aux talibans.

Et mercredi dernier, au moins 20 personnes, dont deux journalistes accourus sur les lieux, ont été tuées et 70 autres blessées dans un double attentat revendiqué par l’EI visant la communauté chiite de Kaboul.

– Pourparlers en attente –

Des forces de sécurité afghanes inspectent le lieu d’un attentat à Kaboul, le 9 septembre 2018 / © AFP / –

Ces violences aux quatre coins du pays interviennent alors que le gouvernement afghan et les Etats-Unis cherchent à pousser les talibans à s’asseoir à la table des négociations pour mettre fin à plus de 38 années de guerre ininterrompue depuis l’invasion soviétique de l’Afghanistan fin 1979.

Mais les insurgés tardent à se laisser convaincre.

L’EI, dont les troupes sont bien plus réduites mais qui multiplie les attentats sanglants, est laissé à l’écart des discussions.

Un premier cessez-le-feu de trois jours s’était tenu en Afghanistan mi-juin pour la fin du ramadan, suscitant d’inédites scènes de fraternisation entre soldats et talibans.

Afghanistan / © AFP /

Ce bref arrêt des combats, une première, avait suscité des espoirs de possibles pourparlers de paix. Mais de nouvelles attaques s’étaient produites les semaines suivantes.

Présents depuis 2001 en Afghanistan, les Etats-Unis, qui disposent de 14.000 soldats sur place et avaient jusqu’ici toujours refusé tout dialogue bilatéral avec les talibans, ont changé de stratégie et prônent « une résolution pacifique » du conflit, selon leur secrétaire d’Etat Mike Pompeo.

Des représentants américains ont rencontré en juillet des talibans au Qatar. Des rumeurs font état d’un nouveau dialogue entre les deux parties ce mois-ci.

Mais mardi, une source internationale s’exprimant sous couvert d’anonymat a indiqué à l’AFP que le haut diplomate américain tout juste nommé à la tête des efforts de paix en Afghanistan, Zalmay Khalilzad, aurait décidé d’annuler tous les pourparlers, préférant dans un premier temps passer en revue la stratégie américaine en Afghanistan.

L’information n’a pu être vérifiée dans l’immédiat auprès de sources officielles américaines.

Un cadre taliban basé au Pakistan voisin a indiqué à l’AFP qu’il espérait de nouvelles discussions « bientôt ».

Romandie.com avec(©AFP / (11 septembre 2018 15h55)

Afghanistan: 12 morts dans un accident d’hélicoptère de transport militaire

septembre 2, 2018

Mazar-i-Sharif (Afghanistan) – Au moins douze personnes, deux membres d’équipage ukrainiens et dix soldats afghans, ont été tuées dimanche en Afghanistan dans l’accident d’un hélicoptère de transport militaire appartenant à une entreprise moldave, ont annoncé les autorités aériennes de Moldavie.

Un précédent bilan donné à l’AFP par un responsable afghan faisait état de trois morts et de sept blessés dans cet accident, qui s’est produit dans le nord de l’Afghanistan.

« Les autorités aéronautiques civiles de Moldavie ont été prévenues que le 2 septembre vers 03H00 GMT, un hélicoptère MI-8 MTV appartenant à la compagnie Valan ICC s’est écrasé peu après le décollage de la base de Mazar-i-Sharif », a annoncé l’autorité aérienne moldave dans un communiqué.

Selon la même source, l’appareil transportait trois membres d’équipage ukrainiens et onze soldats afghans. « Selon des informations préliminaires, deux membres d’équipage et dix passagers sont décédés des suites de l’accident », précise le communiqué.

D’après le commandant adjoint des forces afghanes dans le nord de l’Afghanistan, Nazer Khuda Pamiri, l’hélicoptère s’est écrasé en raison de « problèmes techniques » peu après son décollage.

L’appareil s’est embrasé après s’être écrasé. Il appartenait à une société privée et avait été affrété par le ministère de la Défense, a également déclaré le porte-parole adjoint du ministère, Mohammad Radmanish.

Romandie.com avec(©AFP / 02 septembre 2018 16h07)                                                        

Autriche: il n’agit « pas comme un gay », l’asile refusé à un Afghan

août 15, 2018

Vienne – Les autorités autrichiennes ont rejeté la demande d’asile d’un Afghan se disant homosexuel, car il n' »agissait » ou ne « s’habillait » pas comme une personne gay, selon l’hebdomadaire Falter.

Un fonctionnaire de Basse-Autriche (Etat du nord) a estimé que cet Afghan de 18 ans n’encourait pas de représailles dans son pays en raison de son orientation sexuelle, détaille le média autrichien.

« Ni la façon dont vous marchez, ni la manière dont vous agissez ou vous êtes habillé ne révèlent que vous pouvez être homosexuel », a écrit le responsable dans son rapport justifiant le rejet de la demande d’asile.

Le responsable a également souligné un « potentiel d’agression » chez l’homme auquel on « ne s’attendrait pas de la part d’un homosexuel », car l’adolescent s’était battu avec d’autres personnes du centre d’hébergement où il logeait.

Le jeune Afghan avait apparemment peu d’amis et aimait passer du temps seul ou accompagné de petits groupes, ce qui a amené, selon l’hebdomadaire, le fonctionnaire à s’interroger : « les homosexuels ne sont-ils pas plus sociables ? « .

L’Afghan a raconté avoir pris conscience de sa sexualité à l’âge de 12 ans, mais le responsable a trouvé que cela était « plutôt précoce », et donc peu probable, particulièrement dans une société comme l’Afghanistan où « il n’existe pas de stimulation sexuelle publique à travers la mode et la publicité ».

L’homme, arrivé seul en Autriche lorsqu’il était mineur, a fait appel de cette décision, d’après Falter.

Le ministère de l’Intérieur a expliqué mercredi qu’il ne pouvait pas commenter ce cas spécifique, mais qu’il ne reflétait pas la (plus large) réalité ». Quelque 120.000 demandes d’asile ont été traitées en Autriche ces deux dernières années.

« Les demandeurs d’asile doivent justifier les raisons de leur fuite. Il n’y a pas de règles concernant les preuves mais les autorités doivent montrer si et pourquoi une demande d’asile est infondée », ajoute le ministère dans un communiqué.

« Il est très important de prendre des mesures pour sensibiliser (les responsables)… Ce cas se distingue par son intensité, mais il y a régulièrement des déclarations, questions, idées et hypothèses (émises) sur la manière dont la personne devrait se comporter », a pour sa part déclaré à l’AFP Marty Huber, du groupe Queer Base qui soutient quelque 400 demandeurs d’asile LGBT.

En Afghanistan, l’homosexualité est considérée comme un comportement sexuel déviant, interdit par l’islam.

Romandie.com avec(©AFP / 15 août 2018 13h24)                                                        

Afghanistan: 100 morts parmi les défenseurs de Ghazni, la population souffre

août 13, 2018

Des cercueils posés dans une mosquée à l’intérieur d’un hôpital, photographiés le 12 août 2018 dans la province de Ghazni, où des combats ont eu lieu avec les talibans / © AFP / Mohammad Anwar Danishyar

Les combats pour le contrôle de la ville de Ghazni (est) ont fait en quatre jours au moins 100 morts au sein des forces de sécurité, près du double chez les talibans, et l’ONU s’inquiète de risques humanitaires pour la population.

Dans le principal hôpital de la ville, les médicaments se raréfient à mesure que les blessés arrivent. Les cadavres s’amoncellent dans cet établissement « débordé », selon la Croix-Rouge.

« Environ 100 membres des forces de sécurité ont perdu la vie, ainsi que de 20 à 30 civils », a déclaré lundi le ministre de la Défense Tariq Shah Bahrami au cours d’un point de presse. Quelque 194 talibans ont été tués et 147 blessés, a-t-il ajouté.

Le gouvernement afghan affirme garder le contrôle des principaux bâtiments publics de Ghazni, située à environ deux heures de route de Kaboul. Mais des habitants décrivent des talibans déambulant dans les rues.

Neuf raids aériens ont été effectués au cours de la seule journée de lundi, coûtant la vie à environ 95 talibans, a affirmé le ministre Bahrami.

« L’opération de nettoyage de la ville a commencé dans quatre directions », a-t-il poursuivi, promettant « des changements considérables dans les prochaines 24 heures ».

La présidence avait auparavant annoncé l’envoi de renforts « aussi vite que possible » à Ghazni, prise d’assaut jeudi soir.

Les réseaux téléphoniques sont pour la plupart coupés, rendant les informations difficiles à vérifier.

Des habitants de la province de Ghazni à la recherche de proches dans un hôpital après les combats avec les talibans dans l’est de l’Afghanistan, le 12 août 2018 / © AFP / Mohammad Anwar Danishyar

Dimanche soir, les talibans faisaient du porte-à-porte, exigeant de l’eau, du thé ou encore des brouettes pour transporter leurs blessés, a constaté un correspondant de l’AFP dans la ville.

Leur porte-parole Zabiullah Mudjahid a qualifié de « sans fondement » les annonces des autorités afghanes. « Des discussions sont en cours pour la reddition » des forces afghanes, a-t-il affirmé sur Twitter.

D’autres habitants ont raconté à l’AFP dimanche soir que l’électricité restait coupée et la nourriture rare. Des cadavres de rebelles et de soldats étaient visibles dans les rues, tandis que les bâtiment publics étaient incendiés par les talibans.

– « Fuir » –

« Tout le monde cherchait un moyen de fuir la ville. La plupart des gens se cachent encore dans leurs caves, les combats se poursuivant d’une rue à l’autre », a déclaré une journaliste de Ghazni, Fayeza Fayez, arrivée dimanche soir à Kaboul.

Les Nations unies ont exprimé leur inquiétude quant à la détérioration des conditions de vie, appelant les deux parties à respecter les droits des civils pris dans les combats.

« Les médicaments dans le principal hôpital se raréfient et les gens ne peuvent y amener en sécurité des victimes pour qu’elles s’y fassent soigner », a fait savoir l’Ocha, le bureau de l’ONU chargé de la coordination des actions humanitaires.

Des membres des forces de sécurité afghanes et des miliciens sur une route de la province de Ghazni, où des combats se sont déroulés avec les talibans, le 12 août 2018. / © AFP / Mohammad Anwar Danishyar

« Nous avons un manque de personnel soignant », a déploré Mohammad Arif Omari, un médecin de cet hôpital, ajoutant que 166 blessés, dont des femmes et des enfants, avaient été soignés depuis le début des combats dans son établissement, « presque tous blessés par des balles ou par des éclats ».

De nombreux corps gisaient, parfois dans des cercueils en bois, parfois à même le sol.

La Croix-Rouge a fait parvenir près de 200 litres d’essence pour le générateur de l’hôpital ainsi que des médicaments pour 100 personnes, selon sa porte-parole Andrea Catta Preta.

Les talibans ont lancé l’assaut sur Ghazni à un moment où la pression s’accentue pour qu’ils négocient avec le gouvernement afghan afin de trouver une issue à une guerre vieille de près de 17 ans.

Ghazni se trouve sur l’axe majeur Kaboul-Kandahar, qui relie la capitale aux provinces du Sud, en grande partie sous le contrôle des talibans. Lundi, des rumeurs faisait état d’un blocage de cette route par les talibans, ce que l’AFP n’a pu vérifier.

Un des porte-parole du contingent américain en Afghanistan a de son côté apporté un démenti, affirmant que les forces afghanes « occupent les points de contrôle clés pour maintenir la sécurité ».

« La ville de Ghazni reste sous le contrôle du gouvernement afghan et les forces talibanes disparates qui demeurent dans la ville ne créent pas une menace d’effondrement », a-t-il ajouté.

Des médias locaux faisaient par ailleurs état de la disparition d’une centaine de membres des forces spéciales afghanes qui se rendaient à Ghazni. Un cadre du ministère de la Défense, sous le couvert de l’anonymat, a infirmé ces informations.

Romandie.com avec(©AFP / (13 août 2018 17h06)