Posts Tagged ‘Afghanistan’

Une explosion aurait fait au moins 100 victimes en Afghanistan

octobre 8, 2021

KABOUL — Une centaine de personnes auraient été tuées ou blessées vendredi par une explosion dans une mosquée chiite du nord de l’Afghanistan, a indiqué un dirigeant taliban.

© Fournis par La Presse Canadienne

L’attentat n’a pas été immédiatement revendiqué. L’explosion est survenue à Kunduz, la capitale de la province du même nom, mais les militants de Daech (le groupe armé État islamique) s’en prennent de longue date à la minorité chiite en Afghanistan.

Le chef adjoint de la police de la province de Kunduz, Dost Mohammad Obaida, a dit que la majorité des victimes ont été tuées. L’attentat pourrait avoir été perpétré par un kamikaze qui s’était mêlé aux fidèles.

Il pourrait s’agir de l’attentat le plus meurtrier depuis que les forces de l’OTAN et des États-Unis sont parties d’Afghanistan à la fin du mois d’août et que les talibans ont pris le contrôle du pays. Daech a lancé plusieurs attaques meurtrières contre les talibans.

L’explosion s’est produite pendant les prières du vendredi à la mosquée Gozar-e-Sayed Abad. La prière du vendredi midi est le fait saillant de la semaine religieuse musulmane, et les mosquées sont typiquement bondées.

Des photos et des vidéos de l’attentat montrent des secouristes transportant un corps enveloppé dans une couverture de la mosquée vers une ambulance. L’escalier devant la mosquée était couvert de sang.

Avec Samya Kullab et Tameem Akhgar, The Associated Press

Afghanistan-Kaboul : Le ministère des affaires féminines, supprimé

septembre 17, 2021

Les Afghanes ne pourront plus compter sur un ministère qui avait, depuis 2001, grandement libéralisé leurs conditions de vie.

(C)Adrien Vautier / Le Pictorium/MAXPPP - Adrien Vautier / Le Pictorium - 05/09/2021  -  Afghanistan / Mazar-e Charif  -  Des jeunes talibans armes patrouillent dans la ville de Mazar-e Charif le 5 septembre. / 05/09/2021  -  Afghanistan / Mazar-e Charif  -  Armed Taliban youths patrol the city of Mazar-e Sharif on September 5. (MaxPPP TagID: maxnewsworldfive540461.jpg) [Photo via MaxPPP], (C)Adrien Vautier / Le Pictorium/MAXPPP - Adrien Vautier / Le Pictorium - 05/09/2021 - Afghanistan / Mazar-e Charif - Des jeunes talibans armes patrouillent dans la ville de Mazar-e Charif le 5 septembre. / 05/09/2021 - Afghanistan / Mazar-e Charif - Armed Taliban youths patrol the city of Mazar-e Sharif on September 5. (MaxPPP TagID: maxnewsworldfive540461.jpg) [Photo via MaxPPP]
©Adrien Vautier / Le Pictorium/MAXPPP – Adrien Vautier / Le Pictorium – 05/09/2021 – Afghanistan / Mazar-e Charif – Des jeunes talibans armes patrouillent dans la ville de Mazar-e Charif le 5 septembre. / 05/09/2021 – Afghanistan / Mazar-e Charif – Armed Taliban youths patrol the city of Mazar-e Sharif on September 5. (MaxPPP TagID: maxnewsworldfive540461.jpg) [Photo via MaxPPP], ©Adrien Vautier / Le Pictorium/MAXPPP – Adrien Vautier / Le Pictorium – 05/09/2021 – Afghanistan / Mazar-e Charif – Des jeunes talibans armes patrouillent dans la ville de Mazar-e Charif le 5 septembre. / 05/09/2021 – Afghanistan / Mazar-e Charif – Armed Taliban youths patrol the city of Mazar-e Sharif on September 5. (MaxPPP TagID: maxnewsworldfive540461.jpg) [Photo via MaxPPP]© Adrien Vautier / Le Pictorium / MAXPPP / Le Pictorium/Maxppp

Clap de fin. Après vingt ans d’existence, le ministère afghan des Affaires féminines vient d’être fermé par les talibans. Ce dernier avait vu le jour en 2001, après que les talibans ont été une première fois chassés du pouvoir. Selon plusieurs témoignages locaux, les locaux désormais désaffectés accueillent à présent le ministère de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice. Vendredi 17 septembre, des ouvriers ont même été vus en train d’installer une plaque faisant état de ce changement d’affectation.

La veille déjà, jeudi 16 septembre, plusieurs manifestations d’anciennes salariées du ministère des Affaires étrangères avaient été signalées devant leurs anciens bureaux. Désormais sans emploi, ces femmes ont tout à redouter du nouveau ministère taliban. « Personne n’entend nos femmes », s’est insurgée une internaute sur Twitter, tandis qu’un autre s’interrogeait : « Que pouvons-nous attendre d’autre de ces animaux ? »

Vingt ans après

Aucun responsable taliban n’a répondu vendredi aux demandes de commentaires de l’AFP sur cette affaire. Bien qu’ils aient insisté sur le fait qu’ils gouverneraient de manière plus modérée qu’en 1996-2001, les talibans n’ont pas autorisé la plupart des femmes à reprendre le travail. Ils ont introduit des règles concernant ce qu’elles peuvent porter à l’université. Aucune femme ne faisait partie des ministres du nouveau gouvernement taliban annoncé il y a deux semaines.

Bien que toujours marginalisées, les femmes afghanes ont acquis des droits fondamentaux ces vingt dernières années, notamment dans les villes, devenant parlementaires, juges, pilotes ou encore policières. Des centaines de milliers d’entre elles ont intégré le marché du travail – souvent par nécessité, car nombreuses sont devenues veuves ou soutiennent des maris désormais invalides après deux décennies de conflit.

Mais depuis leur retour au pouvoir le 15 août, les talibans n’ont montré aucune volonté de garantir leurs droits. Les islamistes affirment que les femmes ont reçu l’ordre de rester à la maison pour leur propre sécurité, mais qu’elles seront autorisées à travailler une fois qu’une ségrégation adéquate aura été mise en place. Pendant le premier règne des talibans, les femmes étaient largement exclues de la vie publique. Elles ne pouvaient quitter leur domicile que si elles étaient accompagnées d’un chaperon.

Les agents du ministère de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice étaient connus pour avoir fouetté des femmes qui marchaient seules. Ils étaient également chargés d’appliquer strictement d’autres interprétations strictes de l’islam, telles que l’obligation d’assister aux prières et l’interdiction pour les hommes de se raser.

Par Le Point avec AFP

Afghanistan: 12 millions de dollars découverts, en pleine pénurie de liquidités

septembre 15, 2021
Afghanistan: 12 millions de dollars decouverts, en pleine penurie de liquidites
Afghanistan: 12 millions de dollars découverts, en pleine pénurie de liquidités© AFP/Hoshang Hashimi

La Banque centrale afghane a annoncé mercredi avoir retrouvé 12,3 millions de dollars chez d’anciens membres du gouvernement à l’heure où le pays, contrôlé depuis un mois par les talibans, fait face à une pénurie de liquidités.

« L’argent retrouvé venait de hauts dirigeants du précédent gouvernement, tel Amrullah Saleh (l’ex-vice-président, NDLR), et de certaines agences sécuritaires qui gardaient du liquide et de l’or dans leurs bureaux », d’après le communiqué de la Banque centrale.

« L’Emirat islamique », le nom donné à l’Afghanistan par les talibans, a selon ce texte transféré le tout « dans les caisses nationales » au nom de la « transparence » dont se targuent les islamistes, par opposition à l’ancien régime dont ils dénoncent la corruption.

Un mois après la chute de Kaboul, la population afghane reste rongée par l’inquiétude économique et la crainte qu’une nouvelle chape de plomb ne s’abatte sur elle, venant rogner les droits acquis ces vingt dernières années.

La plupart des fonctionnaires n’ont pas encore repris le travail et une grande partie d’entre eux peine à joindre les deux bouts faute d’avoir pu toucher un salaire. Pour ceux qui ont de l’argent en banque, les retraits ont été limités à environ 200 dollars par semaine et par personne pour éviter un effondrement du système bancaire.

Privé des aides de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, et des réserves de la Banque centrale gelées par Washington, le pays est en effet confronté à une pénurie de liquidités.

‘Pas de quoi manger’

Les spécialistes de transfert de fonds, comme Western Union et Moneygram, ont certes annoncé la reprise de leurs opérations, suspendues le 18 août. Mais sur le terrain, de nombreux Afghans indiquent sur leurs succursales sont à court d’argent.

Abdul Rahim, un ancien militaire, a parcouru près de 1.000 kilomètres de Faryab, dans le nord de l’Afghanistan, à Kaboul pour récupérer son salaire.

« Les succursales des banques sont fermées en province », explique-t-il à l’AFP. Mais dans la capitale, « je viens depuis trois jours à la banque, en vain, raconte-t-il. Aujourd’hui, je suis arrivé vers 10 heures du matin et il y avait déjà environ 2.000 personnes qui attendaient. »

Face au risque d’une catastrophe humanitaire, la communauté internationale s’est engagée, selon l’ONU, à verser 1,2 milliard de dollars (environ un milliard d’euros) d’aide pour les organisations humanitaires dans le pays.

Mercredi, l’Union européenne a annoncé qu’elle allait verser 100 millions d’euros supplémentaires à l’Afghanistan.

L’inquiétude reste toujours vive dans la population, avec notamment une question : les femmes seront-elles autorisées à travailler ?

« Les talibans nous ont dit de rester à la maison », souligne une employée du ministère des Télécommunications. « Il y a la sécurité certes, mais si on n’a pas de quoi manger », la situation risque de changer, prévient-elle.

L’inquiétude est grande dans le pays de revivre le scénario des années 1996-2001, lorsque les talibans gouvernaient selon une application stricte de la charia, la loi islamique.

Fuite de l’équipe de foot féminin

Les femmes n’étaient alors pas autorisées à étudier ou à travailler, il leur était également interdit de pratiquer du sport ou d’assister à un match.

Depuis leur prise de Kaboul, les islamistes ont assuré avoir changé en l’espace de vingt ans et promis que les droits des femmes seraient respectés, tout en maintenant le flou.

Face à cette incertitude, l’équipe féminine junior de football s’est réfugiée mardi au Pakistan voisin.

Seul point positif de ce tableau toujours sombre, la sécurité se serait améliorée selon plusieurs habitants après des années d’attentats et d’assassinats ciblés. « Actuellement, la situation du pays est bonne, il n’y a pas de guerre », estime l’un d’entre eux, Mohammad Ashraf.

A l’aéroport de Kaboul, théâtre de scènes de chaos fin août en marge de l’évacuation de plus de 123.000 personnes lors d’un pont aérien des Etats-Unis et leurs partenaires, l’activité reprend doucement.

Après un premier vol commercial entre Kaboul et Islamabad lundi, l’Iran a annoncé à son tour mercredi la reprise de ses vols commerciaux avec l’Afghanistan.

Sur le plan politique, la cérémonie officielle de présentation du nouveau gouvernement se fait toujours attendre.

Dévoilée début septembre, sa composition – exclusivement des caciques du premier gouvernement taliban et aucune femme – avait été accueillie fraîchement par les Etats-Unis et l’Union européenne.

Par Le Point avec AFP

Afghanistan: un vol commercial a atterri à Kaboul, premier signe de normalisation

septembre 13, 2021

Afghanistan: un vol commercial a atterri a Kaboul, premier signe de normalisation
Afghanistan: un vol commercial a atterri à Kaboul, premier signe de normalisation© AFP/Karim SAHIB

Un premier vol commercial en provenance du Pakistan s’est posé lundi à Kaboul, l’un des premiers signes de normalisation du pays près d’un mois après le retour des talibans au pouvoir, et alors que l’ONU s’alarme de la pauvreté galopante qui s’étend dans le pays.

L’appareil de la compagnie aérienne publique pakistanaise PIA en provenance d’Islamabad a atterri dans la matinée à l’aéroport de la capitale afghane, contrôlé depuis deux semaines par les talibans et remis progressivement en état, avec l’aide du Qatar notamment, après le départ précipité et sous haute tension des forces américaines le 30 août.

La capacité des islamistes à relancer le trafic international à Kaboul va être un test pour leur régime, qui après avoir annoncé son gouvernement, consolide son emprise sur le pays sans résistance notable à ce stade, sauf dans la petite province enclavée du Panchir (Nord-Est).

Les Américains et leurs alliés occidentaux avaient quitté l’Afghanistan au terme de 20 ans de guerre infructueuse contre les talibans, organisant dans les ultimes semaines un gigantesque pont aérien qui a permis d’évacuer 123.000 personnes, des étrangers et des Afghans craignant les représailles des talibans ou en quête d’une vie meilleure à l’étranger.

L’appareil de PIA qui a atterri lundi ne transportait que de très rares passagers, moins nombreux que les membres d’équipage, ont constaté des journalistes de l’AFP à bord.

« C’est un moment important, un jour d’espoir », a déclaré à l’AFP un employé de l’aéroport de Kaboul, vêtu d’une longue chemise traditionnelle bleue, en espérant que d’autres compagnies allaient suivre rapidement l’exemple de PIA, qui n’a toutefois pas encore établi un programme de vols réguliers.

« L’heure la plus grave »

L’avion devait repartir plus chargé vers Islamabad avec près de 70 passagers, dont des Afghans ayant travaillé avec des organisations internationales et leurs proches.

« Je suis évacuée, je vais au Tadjikistan » après Islamabad, a déclaré à l’AFP dans la file d’attente à Kaboul une femme de 35 ans employée par la Banque Mondiale. Elle compte revenir en Afghanistan, mais « une fois que les hommes et les femmes pourront de nouveau travailler et se déplacer librement ».

Au niveau économique, la situation devient critique pour des millions d’Afghans, déjà affectés par une sécheresse aigüe et les conséquences de la pandémie du Covid.

Depuis le soudain retour au pouvoir des talibans à la mi-août, l’Afghanistan est en partie à l’arrêt, notamment en raison de l’interruption des flux financiers avec l’étranger qui perfusaient une économie sinistrée par 40 ans de guerres. Les Afghans ne peuvent retirer plus de l’équivalent de 200 dollars par semaine, et à Kaboul, de plus en plus d’habitants sont obligés de vendre leurs biens sur les marchés aux puces pour avoir de quoi survivre.

Le chef de l’ONU Antonio Guterres a tiré la sonnette d’alarme. « Les Afghans ont besoin d’une bouée de sauvetage » pour faire face à ce qui est peut-être leur « heure la plus grave », a-t-il lancé, au début d’une réunion ministérielle à Genève qui doit permettre de lever plus de 600 millions de dollars d’aide pour 11 millions d’Afghans (sur une trentaine de millions au total) particulièrement vulnérables.

« Fausse propagande »

Selon l’ONU, en l’absence de soutien, la quasi-totalité de la population afghane (97 %) risque de basculer sous le seuil de pauvreté l’an prochain, contre 72 % aujourd’hui.

Les talibans ont annoncé la semaine dernière leur gouvernement, marqué par la présence de nombreux caciques de leur régime fondamentaliste des années 90.

Ils se sont engagés à gouverner de façon moins brutale et rigoriste que lors de leur premier règne entre 1996 et 2001, lorsque les femmes ne pouvaient pas travailler ou étudier. L’une de leurs premières mesures a été la semaine dernière d’autoriser les étudiantes à retourner à l’université sous certaines conditions, la non mixité des cours notamment.

Mais ils ont également violemment réprimé, puis interdit, des manifestations organisées dans plusieurs grandes villes du pays, auxquelles participaient de nombreuses femmes réclamant notamment de pouvoir continuer à travailler pour nourrir leurs familles.

A Genève, la Haute-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU Michelle Bachelet s’est dite « déçue » du manque de diversité du gouvernement des talibans, et s’est inquiétée du traitement des femmes et de la répression de plus en plus violente des voix dissidentes.

Côté taliban, le vice-Premier ministre et cofondateur du mouvement, Abdul Ghani Baradar, a publié dans la journée un message audio pour démentir des rumeurs qui le disaient mort, tué lors d’une fusillade entre clans talibans rivaux au palais présidentiel de Kaboul. Il a dénoncé de la « fausse propagande » et des « mensonges » destinés à nuire au nouveau régime.

Afghanistan: Les femmes pourront étudier à l’université, mais pas avec les hommes

septembre 12, 2021

AFGHANISTAN: LES FEMMES POURRONT ÉTUDIER À L'UNIVERSITÉ, MAIS PAS AVEC LES HOMMES

© Reuters/Mohammad Ismail 

(Reuters) – Les femmes afghanes qui le souhaitent seront autorisées à étudier à l’université, mais il sera mis fin à la mixité des cours, a annoncé dimanche le ministre de l’Education supérieure du gouvernement taliban, Abdul Baqi Haqqani.

En accord avec la Charia, a-t-il précisé lors d’une conférence de presse à Kaboul, les classes seront séparées entre hommes et femmes, les cours dispensés aux étudiantes le seront dans la mesure du possible par des enseignantes, et les jeunes femmes devront porter le voile intégral.

Abdul Baqi Haqqani a précisé que la non-mixité serait désormais de rigueur en Afghanistan et que les programmes d’enseignement seraient revus dans les mois qui viennent.

Avec Reuters par (Bureau d’Islamabad, version française Sophie Louet)

Afghanistan : les ministres talibans nommés et sourds aux manifestations

septembre 7, 2021

Les principaux ministres talibans – tous des hommes – ont été nommés et annoncés mardi. Leur chef suprême leur a demandé de respecter la charia.

Les visages des nouveaux leaders talibans, dont Mullah Abdul Ghani Baradar et Amir Khan Muttaqi, ont ete affiches dans les rues de Kaboul.
Les visages des nouveaux leaders talibans, dont Mullah Abdul Ghani Baradar et Amir Khan Muttaqi, ont été affichés dans les rues de Kaboul. © AAMIR QURESHI / AFP

Ils avaient promis un gouvernement « inclusif ». Les talibans ont annoncé mardi 7 septembre les premiers ministres qui font désormais partie leur gouvernement, dirigé par Mohammad Hassan Akhund. Un gouvernement exclusivement composé… d’hommes. Les islamistes ont nommé Abdul Ghani Baradar, le cofondateur de leur mouvement, en tant que numéro 2 de leur régime. Le mollah Yaqoub, fils du mollah Omar, sera ministre de la Défense. Sirajuddin Haqqani, le leader du réseau qui porte son nom et numéro deux des talibans, obtient le portefeuille de l’intérieur. « Le cabinet n’est pas complet », a précisé leur principal porte-parole, Zabihullah Mujahid lors d’une conférence de presse. « Nous essayerons de prendre des gens venant d’autres régions du pays », a-t-il ajouté.

Le chef suprême des talibans Hibatullah Akhundzada, dont les interventions publiques sont très rares, a aussi demandé au nouveau gouvernement afghan de faire respecter la charia, dans son premier message depuis la prise de pouvoir des islamistes il y a plus de trois semaines. « J’assure tous nos concitoyens que les gouvernants travailleront durement à faire respecter les règles islamiques et la charia dans le pays », a affirmé Hibatullah Akhundzada dans un communiqué en anglais.

Deux morts et huit blessés dans une manifestation antitalibans

Ces nominations sont intervenues après que des coups de feu en l’air ont été tirés mardi à Kaboul pour disperser une manifestation dénonçant notamment la violente répression des talibans dans le Panjshir, où un mouvement de résistance s’est dressé contre les nouveaux maîtres du pays. « Ces manifestations sont illégales tant que les bureaux du gouvernement n’ont pas ouvert et les lois pas proclamées », a commenté Zabihullah Mujahid, qui a « demandé aux médias de ne pas couvrir » ces protestations. Deux personnes ont été tuées et huit blessées par balles mardi lors d’une manifestation contre le régime taliban à Hérat, la grande ville de l’Ouest afghan.

Des centaines d’Afghans ont défilé dans la matinée dans au moins deux quartiers de Kaboul, dénonçant, outre la situation dans le Panjshir, l’ingérence du Pakistan, accusé de vouloir contrôler le pays à travers les talibans dont il est très proche. Près d’une centaine de manifestants, en majorité des femmes, se sont rassemblés devant l’ambassade du Pakistan, chantant : « Nous ne voulons pas d’un gouvernement soutenu par le Pakistan » et « Pakistan, dégage d’Afghanistan ».

Zabihullah Mudjahid a nié tout lien de son gouvernement avec le Pakistan, pourtant dénoncé de longue date par la communauté internationale et l’ancien gouvernement afghan. « Dire que le Pakistan aide les talibans, c’est de la propagande », a-t-il affirmé. « Nous ne permettons à aucun pays d’interférer » dans les affaires afghanes, a-t-il poursuivi.

Les journalistes couvrant les manifestations violentés

Le chef des puissants services de renseignements militaires pakistanais, Faiz Hameed, était ce week-end à Kaboul, où il s’est très probablement entretenu avec des responsables talibans. Plusieurs journalistes qui couvraient les manifestations ont indiqué avoir été arrêtés, molestés ou avoir eu leur matériel confisqué par ces combattants. L’Association afghane des journalistes indépendants (AIJA) a indiqué dans un communiqué que 14 journalistes, afghans et étrangers, avaient brièvement été détenus par les talibans avant d’être relâchés, ce qu’elle a « dénoncé ». Parmi les manifestants figuraient nombre de femmes, qui craignent de voir les talibans les exclure de la vie publique comme lors de leur précédent régime, entre 1996 et 2001.

« Les femmes afghanes veulent que leur pays soit libre, qu’il soit reconstruit. Nous (les Afghans) sommes fatigués », a déclaré à l’Agence France-Presse une manifestante, Sarah Fahim, originaire de Kapisa, une province du nord-est de Kaboul anciennement sous contrôle de l’armée française et voisine de celle du Panjshir. « Combien de temps cela va-t-il durer, quand nos voix seront-elles entendues ? Pourquoi la communauté internationale reste-t-elle silencieuse en voyant tant de gens se faire tuer ? » a-t-elle interrogé.

La rébellion dans le Panjshir, bastion antitalibans de longue date, est menée par le Front national de résistance (FNR) et son chef Ahmad Massoud, fils du célèbre commandant Ahmed Shah Massoud, assassiné par Al-Qaïda en 2001. Après la proclamation de la victoire dans le Panjshir, Zabihullah Mujahid, avait lancé lundi un ferme avertissement : « Quiconque tentera de créer une rébellion sera durement réprimé. Nous ne le permettrons pas. » Le FNR a toutefois affirmé tenir des « positions stratégiques » dans la vallée et « continuer » la lutte, et Ahmad Massoud, dont on ne sait s’il s’y trouve encore, a appelé chaque Afghan à « se soulever pour la dignité, la liberté et la prospérité » du pays.

Revenus au pouvoir 20 ans après en avoir été chassés par une coalition menée par les États-Unis, les islamistes sont attendus au tournant par la communauté internationale. Ils se sont aussi engagés à respecter les droits des femmes, bafoués lors de leur premier passage au pouvoir. Mais ces promesses peinent à convaincre.

Au cours d’une visite officielle au Qatar, le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a indiqué mardi que les talibans s’étaient à nouveau engagés à laisser les Afghans « avec des documents de voyage partir librement » vers l’étranger. « Nous les attendrons sur cette question », a-t-il ajouté. « La communauté internationale tout entière attend que les talibans respectent cet engagement ». L’administration du président Joe Biden est sous pression face à des informations évoquant plusieurs centaines de personnes, dont des Américains, bloquées à l’aéroport de Mazar-i-Sharif, dans le nord de l’Afghanistan.

Avec Le Point avec AFP

Afghanistan: combats dans le Panchir, l’annonce du gouvernement taliban encore différée

septembre 4, 2021
Afghanistan: combats dans le Panchir, l'annonce du gouvernement taliban encore differee
Afghanistan: combats dans le Panchir, l’annonce du gouvernement taliban encore différée© AFP/WAKIL KOHSA

Les talibans ont à nouveau différé samedi l’annonce de leur gouvernement dont la composition pourrait donner le ton des années à venir en Afghanistan, où le nouveau régime reste confronté à une poche de résistance armée dans la vallée du Panchir.

Près de trois semaines après le retour au pouvoir du mouvement islamiste, la fumée blanche se fait toujours attendre à Kaboul, où la population reste dans l’expectative, tout comme la communauté internationale.

Deux sources talibanes ont prévenu l’AFP qu’il n’y aurait aucune annonce faite samedi sur le futur gouvernement.

La situation dans le Panchir, l’un des derniers foyers d’opposition armée au nouveau régime, pourrait expliquer le retard pris pour présenter le nouvel exécutif, initialement pressenti pour être dévoilé vendredi.

Bastion antitaliban de longue date, cette vallée, enclavée et difficile d’accès, située à environ 80 kilomètres au nord de la capitale, est le théâtre depuis lundi et le départ des dernières troupes américaines du pays de combats entre les forces talibanes et le Front national de résistance (FNR).

A Kaboul vendredi soir, des rafales ont été tirées pour célébrer une victoire talibane dans le Panchir que des rumeurs, notamment sur les réseaux sociaux, disaient acquise. Mais les talibans n’ont fait aucune annonce officielle et un habitant du Panchir a affirmé à l’AFP par téléphone que ces annonces étaient fausses.

« La résistance continue »

Selon les services d’urgence de la capitale, deux personnes ont été tuées et 20 autres blessées dans ces tirs de joie.

Réfugié dans la vallée du Panchir, l’ancien vice-président Amrullah Saleh a évoqué une « situation très difficile » dans un message vidéo diffusé vendredi soir, tout en assurant que la « résistance continu(ait) et continue(rait) ».

Selon Ahmad Massoud, qui mène la résistance dans la vallée, les talibans ont « choisi le chemin de la guerre ».

Depuis leur retour au pouvoir, les talibans se sont efforcés de montrer un visage modéré et ont multiplié les gestes d’ouverture.

Ils ont notamment promis un gouvernement « inclusif » et noué des contacts ces dernières semaines avec des personnalités afghanes qui leur sont opposées.

Mais rien n’a filtré à ce stade sur leurs véritables intentions, ni sur la place qu’ils entendent accorder à des représentants de l’opposition ou des minorités. La composition de leur exécutif fera donc figure de test sur leur réelle volonté de changement.

Plusieurs pays ont répété vendredi que le nouveau régime serait jugé sur ses actes.

« Réellement inclusif »

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, qui sera de lundi à mercredi au Qatar, a espéré que le gouvernement mis en place par les talibans serait « réellement inclusif », avec « des non-talibans qui seraient « représentatifs des différentes communautés et des différents intérêts en Afghanistan ».

Le chef du renseignement militaire pakistanais, Faiz Hameed, a été vu samedi à Kaboul, où il devrait probablement rencontrer des hauts responsables talibans, avec qui Islamabad entretient des liens étroits.

Très attendus sur la question du droit des femmes – la communauté internationale gardant en mémoire la brutalité à leur égard lors du premier régime taliban (1996-2001)-, les nouveaux maîtres du pays ont assuré que ces droits seraient respectés.

Mais ils ont dans le même temps laissé entendre qu’il pourrait n’y avoir aucune femme ministre, leur présence relevant plutôt des échelons inférieurs. Après une première manifestation de militantes jeudi à Hérat (ouest), des dizaines d’autres ont battu le pavé samedi à Kaboul.

Présents sur place, des combattants talibans ont tenté de disperser le rassemblement et d’empêcher les personnes sur les lieux de filmer la scène avec leur téléphone portable, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux.

Au-delà des questions sécuritaires, qu’elles soient liées à la vallée du Panchir ou à la menace de la branche locale du groupe jihadiste Etat islamique, l’urgence pour le nouveau régime sera avant tout économique.

Ravagée par quatre décennies de conflit, l’économie afghane est en lambeaux, privée d’une aide internationale dont elle dépend et qui a été largement gelée.

« L’Afghanistan fait face à une catastrophe humanitaire imminente », a prévenu vendredi l’ONU, qui tiendra le 13 septembre à Genève (Suisse) une réunion entre Etats membres afin d’accroître l’aide humanitaire au pays.

Le Qatar a annoncé de son côté avoir acheminé samedi en Afghanistan 15 tonnes d’aide humanitaire en provenance du monde entier et indiqué que les vols allaient se poursuivre « dans les jours qui viennent ».

Des « vols internationaux » seront « bientôt opérés », a assuré à la chaîne d’informations Al-Jazeera l’ambassadeur du Qatar en Afghanistan, Saeed bin Mubarak Al-Khayarin. Le radar, la tour de contrôle et le tarmac ont été réparés et la sécurité est assurée dans et autour de l’aéroport de Kaboul, a-t-il ajouté.

Par Le Point avec AFP

« Nous n’avons pas peur : à Hérat, des Afghanes manifestent pour leurs droits

septembre 2, 2021

Une cinquantaine de femmes ont bravé la peur ce jeudi pour faire valoir auprès des talibans leur droit à travailler, à étudier et à être protégées.

« Nous sommes ici pour réclamer nos droits et nous n’avons pas peur. » Une cinquantaine de femmes ont manifesté jeudi 2 septembre 2021 à Hérat, en Afghanistan, maintenant la pression sur le nouveau régime taliban avant la présentation très attendue du gouvernement. « C’est notre droit d’avoir une éducation, du travail et la sécurité », ont chanté à l’unisson ces manifestantes, dont certaines brandissaient des pancartes appelant au respect des droits des femmes. « Nous n’avons pas peur, nous sommes unies », ont-elles également crié, sans que les islamistes, qui s’efforcent de montrer un autre visage depuis leur reconquête du pouvoir, ne les rudoient. Durant leurs cinq premières années de règne (1996-2001), toute contestation de leur régime était sévèrement punie.

« Nous sommes ici pour réclamer nos droits », a expliqué Fareshta Taheri, l’une des protestataires, jointe par l’Agence France-Presse. La manifestation se tenait à Hérat, capitale de l’Ouest afghan proche de la frontière iranienne, une ville connue pour être plutôt libérale selon les critères afghans. Au moins une manifestante avait revêtu une burqa, quand les autres arboraient un simple voile masquant leurs cheveux, leurs oreilles et leur cou.

« Peur et incertitude »

« Nous sommes même prêtes à porter des burqas s’ils nous disent de le faire, mais nous voulons que les femmes puissent aller à l’école et travailler », explique Fareshta Taheri, une artiste et photographe. « Pour l’instant, la plupart des femmes qui travaillent à Hérat sont à la maison, dans la peur et l’incertitude. » Durant le premier gouvernement taliban en Afghanistan, la très grande majorité des femmes et des jeunes filles avaient été privées d’accès à l’éducation et à l’emploi. Les burqas étaient devenues obligatoires dans la rue et les femmes ne pouvaient pas se déplacer sans un chaperon, généralement un homme de leur famille.

Depuis leur reconquête du pouvoir et la prise de Kaboul le 15 août dernier, les talibans affirment avoir changé. Ils ont assuré à maintes reprises vouloir mettre en place un gouvernement « inclusif ». Mais leurs promesses ont été contredites mercredi par les déclarations, sur la BBC, du chef adjoint du bureau politique des talibans au Qatar. Interrogé sur le gouvernement à venir, qui pourrait être dévoilé vendredi, Sher Mohammad Abbas Stanekzai a notamment laissé entendre qu’il « pourrait ne pas y avoir » de femmes nommées ministres ou à des postes à responsabilité, mais uniquement à des échelons inférieurs. Une perspective inacceptable aux yeux des manifestantes à Hérat. « Nous regardons les informations, on ne voit aucune femme dans les réunions et les rencontres organisées par les talibans », pointe Mariam Ebram, une des manifestantes.

Moqueries talibanes

« Des pourparlers sont en cours pour former un gouvernement, mais ils ne parlent pas de la participation des femmes », renchérit Basira Taheri, une des organisatrices de la marche. « Nous voulons que les talibans tiennent des consultations avec nous. » Si les filles sont retournées à l’école à Hérat fin août, quelques jours seulement après l’effondrement des forces gouvernementales et des milices locales, la situation s’est dégradée avec la prise de Kaboul. De nombreuses femmes restent cloîtrées chez elles et n’osent plus s’aventurer dans la rue. « Même dans la ville, on ne voit pas beaucoup de femmes », rapporte Mariam Ebram. « Des médecins ou des infirmières qui ont osé retourner au travail se plaignent que les talibans se moquent d’elles. »

Pour l’ancienne ministre Nehan Nargis, réfugiée en Norvège, l’Afghanistan de 2021 n’a plus rien à voir avec l’Afghanistan de 2001, lorsque les talibans ont quitté le pouvoir, chassés par une coalition menée par les États-Unis. « Les gens sont beaucoup plus conscients, ils ont maintenant des aspirations différentes pour l’Afghanistan, et ils ont des attentes vis-à-vis du gouvernement », a-t-elle déclaré sur la BBC mercredi soir, pointant l’importance des réseaux sociaux, un « outil très puissant » de mobilisation. À Hérat, les manifestantes promettent de continuer à battre le pavé jusqu’à ce que leurs revendications soient entendues. « Nous continuerons nos manifestations, assure Basira Taheri. Elles ont commencé à Hérat, elles s’étendront bientôt à d’autres provinces. »

Par Le Point avec AFP

Afghanistan : Poutine et la « tragédie » de la présence américaine

septembre 1, 2021

Le président russe a jugé « impossible d’imposer quoi que ce soit depuis l’étranger » pour l’avenir politique de l’Afghanistan, dirigé par les talibans.

Vladimir Poutine a violemment critiqué la présence américaine en Afghanistan, qui a pris officiellement fin cette semaine. Pour lui, ces vingt années de guerre ont constitué une « tragédie » pour ce pays. « Durant vingt ans, les soldats américains étaient présents sur ce territoire, vingt ans à tenter de […] civiliser les gens qui y vivent, d’y implanter leurs normes et standards de vie », a commenté Vladimir Poutine lors d’une rencontre avec des jeunes retransmise à la télévision. « Le résultat est une tragédie, des pertes pour ceux qui ont fait ça, les États-Unis, et plus encore pour les gens vivant sur le territoire de l’Afghanistan », a-t-il ajouté, lors d’un déplacement dans l’Extrême-Orient russe.

Quant à l’avenir du pays après le retrait des Américains et de leurs alliés, Vladimir Poutine a jugé « impossible d’imposer quoi que ce soit depuis l’étranger ». « La situation doit mûrir, et si l’on veut qu’elle mûrisse plus vite et mieux il faudra aider les gens », a dit le président russe. Les autorités russes ont adopté une attitude assez conciliante à l’égard des talibans, reconnaissant leur victoire tout en les appelant à un « dialogue national » pour former un gouvernement représentatif.

Moscou considère cependant toujours les talibans comme un groupe « terroriste », même si la Russie dialogue depuis des années avec eux, et n’a l’intention de reconnaître son autorité en Afghanistan que s’ils donnent des gages suffisants. La Russie s’inquiète en particulier pour la sécurité des ex-Républiques soviétiques d’Asie centrale, limitrophes de l’Afghanistan, et d’y voir émerger de nouveau des groupes djihadistes inspirés des talibans ou soutenus par eux. Moscou veut également éviter un afflux régional de réfugiés ainsi qu’un nouvel essor du trafic d’opium et d’héroïne.

Par Le Point avec AFP

Afghanistan: Dans le Panchir, les talibans appellent à baisser les armes après de premiers combats

septembre 1, 2021

Deux jours après le retrait américain d’Afghanistan, les talibans ont appelé mercredi les combattants de la vallée du Panchir, l’une des dernières poches de résistance au nouveau régime, à baisser les armes pour éviter une guerre sanglante, après de premiers combats.

Des combattants anti-talibans s'entraînent dans la province du Panchir, le 30 août 2021

© Ahmad SAHEL ARMAN Des combattants anti-talibans s’entraînent dans la province du Panchir, le 30 août 2021

Des combattants anti-talibans montent la garde sur une route à Rah-e Tang, dans la vallée du Panchir, le 29 août 2021

© Ahmad SAHEL ARMAN Des combattants anti-talibans montent la garde sur une route à Rah-e Tang, dans la vallée du Panchir, le 29 août 2021

« Mes frères, nous avons fait de notre mieux pour résoudre le problème du Panchir via des pourparlers et des négociations, en vain malheureusement », a déclaré un haut responsable taliban, Amir Khan Muttaqi, dans un message audio adressé aux habitants de la vallée et publié sur Twitter.

Des combattants anti-talibans rassemblés dans le district de Khenj, dans la vallée du Panchir, le 31 août 2021

© AHMAD SAHEL ARMAN Des combattants anti-talibans rassemblés dans le district de Khenj, dans la vallée du Panchir, le 31 août 2021

« Maintenant que les pourparlers ont échoué et que les moudjahidines (talibans) ont encerclé le Panchir, il reste des gens à l’intérieur (de la vallée) qui ne veulent pas que les problèmes soient résolus de manière pacifique », a-t-il ajouté. « C’est à vous qu’il revient de leur parler. A ceux qui veulent se battre, dites-leur que cela suffit ».

Bastion anti-taliban de longue date, le Panchir est une vallée enclavée et difficile d’accès, située au cœur des montagnes de l’Hindou Kouch, dont l’extrémité Sud se trouve à environ 80 kilomètres au nord de la capitale Kaboul. 

La résistance sur place y est organisée autour du Front national de résistance (FNR), emmené par Ahmad Massoud, fils du commandant Ahmed Shah Massoud assassiné en 2001 par Al-Qaïda. Amrullah Saleh, vice-président du gouvernement déchu, s’y est également réfugié.

Composée de combattants de milices antitalibans et d’anciens membres des forces de sécurité afghanes, elle a juré de résister à toute offensive des nouveaux maîtres du pays tout en laissant dans le même temps ouverte la porte à des négociations si le mouvement islamiste mettait un terme à ses offensives.

 Les forces du mouvement de résistance afghan et du soulèvement anti-taliban s'entraînent dans la vallée du Panchir, dernier bastion des combattants anti-talibans depuis que le groupe a pris le contrôle de l'Afghanistan.

© Fournis par AFP Les forces du mouvement de résistance afghan et du soulèvement anti-taliban s’entraînent dans la vallée du Panchir, dernier bastion des combattants anti-talibans depuis que le groupe a pris le contrôle de l’Afghanistan.

– Plusieurs fronts –

Mais la quête d’un accord semble avoir fait long feu. Lundi soir, au moment où le dernier avion militaire américain s’apprêtait à décoller de Kaboul, une nouvelle offensive talibane a été menée contre la vallée du Panchir, selon des membres de la résistance et des habitants de la région. 

« Peut-être voulaient-ils tenter leur chance en attaquant le Panchir. Par la grâce de Dieu, la chance n’était pas de leur côté (…). Nos compatriotes n’ont pas à s’inquiéter », a déclaré Fahim Dashti, un membre du FNR, dans une vidéo diffusée mardi par le service en langue dari de Voice of America.Carte du relief de l'Afghanistan, localisant la vallée du Panchir

© David LORY Carte du relief de l’Afghanistan, localisant la vallée du Panchir

Selon lui, sept ou huit talibans ont été tués dans les combats, ainsi qu’un ou deux combattants dans les rangs du FNR.

Les talibans n’ont fait aucun commentaire sur cette attaque, qui selon des habitants, a été menée sur plusieurs fronts, notamment depuis le col de Khawak à l’ouest et depuis le sud.

« Nous sommes prêts à nous défendre jusqu’à la dernière goutte de sang », a déclaré à l’AFP un habitant, qui a requis l’anonymat. « Tout le monde a une arme sur l’épaule, prête à tirer », affirme un autre. « Du plus jeune au plus âgé, ils parlent tous de résistance. »

Une autre offensive aurait également été menée mardi soir, selon Bismillah Mohammadi, ex-ministre de la Défense. Au total, 34 talibans ont été tués et 65 autres blessés, a-t-il affirmé mercredi sur Twitter.

– « Nous voulons la paix » –

Ces dernières semaines, les talibans avaient envoyé des centaines d’hommes dans les zones entourant le Panchir tout en faisant savoir qu’ils préféraient négocier plutôt que de combattre.

Le FNR avait, lui, indiqué qu’il était prêt à résister à toute agression des talibans, mais aussi à négocier avec ces derniers sur la formation d’un gouvernement inclusif. 

« Notre message aux talibans c’est que nous voulons la paix », a réaffirmé mercredi un combattant de la résistance. Mais « s’ils n’acceptent pas la paix et entrent par la force, alors le champ de bataille sera là pour les accueillir. »

Lundi, les combattants du Panchir avaient participé à un exercice militaire grandeur nature, une démonstration de force photographiée par l’AFP. On pouvait notamment les voir porter sur leurs épaules de larges bûches dans des rivières glacées. 

Au-dessus de leurs véhicules blindés et de leurs bases flottait le drapeau national de l’Afghanistan. Comme un geste de défi au drapeau des talibans maintenant hissé partout dans le reste du pays. 

Avec AFP par burs-pjm/mep/jf/lch