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Afghanistan: Dans le Panchir, les talibans appellent à baisser les armes après de premiers combats

septembre 1, 2021

Deux jours après le retrait américain d’Afghanistan, les talibans ont appelé mercredi les combattants de la vallée du Panchir, l’une des dernières poches de résistance au nouveau régime, à baisser les armes pour éviter une guerre sanglante, après de premiers combats.

Des combattants anti-talibans s'entraînent dans la province du Panchir, le 30 août 2021

© Ahmad SAHEL ARMAN Des combattants anti-talibans s’entraînent dans la province du Panchir, le 30 août 2021

Des combattants anti-talibans montent la garde sur une route à Rah-e Tang, dans la vallée du Panchir, le 29 août 2021

© Ahmad SAHEL ARMAN Des combattants anti-talibans montent la garde sur une route à Rah-e Tang, dans la vallée du Panchir, le 29 août 2021

« Mes frères, nous avons fait de notre mieux pour résoudre le problème du Panchir via des pourparlers et des négociations, en vain malheureusement », a déclaré un haut responsable taliban, Amir Khan Muttaqi, dans un message audio adressé aux habitants de la vallée et publié sur Twitter.

Des combattants anti-talibans rassemblés dans le district de Khenj, dans la vallée du Panchir, le 31 août 2021

© AHMAD SAHEL ARMAN Des combattants anti-talibans rassemblés dans le district de Khenj, dans la vallée du Panchir, le 31 août 2021

« Maintenant que les pourparlers ont échoué et que les moudjahidines (talibans) ont encerclé le Panchir, il reste des gens à l’intérieur (de la vallée) qui ne veulent pas que les problèmes soient résolus de manière pacifique », a-t-il ajouté. « C’est à vous qu’il revient de leur parler. A ceux qui veulent se battre, dites-leur que cela suffit ».

Bastion anti-taliban de longue date, le Panchir est une vallée enclavée et difficile d’accès, située au cœur des montagnes de l’Hindou Kouch, dont l’extrémité Sud se trouve à environ 80 kilomètres au nord de la capitale Kaboul. 

La résistance sur place y est organisée autour du Front national de résistance (FNR), emmené par Ahmad Massoud, fils du commandant Ahmed Shah Massoud assassiné en 2001 par Al-Qaïda. Amrullah Saleh, vice-président du gouvernement déchu, s’y est également réfugié.

Composée de combattants de milices antitalibans et d’anciens membres des forces de sécurité afghanes, elle a juré de résister à toute offensive des nouveaux maîtres du pays tout en laissant dans le même temps ouverte la porte à des négociations si le mouvement islamiste mettait un terme à ses offensives.

 Les forces du mouvement de résistance afghan et du soulèvement anti-taliban s'entraînent dans la vallée du Panchir, dernier bastion des combattants anti-talibans depuis que le groupe a pris le contrôle de l'Afghanistan.

© Fournis par AFP Les forces du mouvement de résistance afghan et du soulèvement anti-taliban s’entraînent dans la vallée du Panchir, dernier bastion des combattants anti-talibans depuis que le groupe a pris le contrôle de l’Afghanistan.

– Plusieurs fronts –

Mais la quête d’un accord semble avoir fait long feu. Lundi soir, au moment où le dernier avion militaire américain s’apprêtait à décoller de Kaboul, une nouvelle offensive talibane a été menée contre la vallée du Panchir, selon des membres de la résistance et des habitants de la région. 

« Peut-être voulaient-ils tenter leur chance en attaquant le Panchir. Par la grâce de Dieu, la chance n’était pas de leur côté (…). Nos compatriotes n’ont pas à s’inquiéter », a déclaré Fahim Dashti, un membre du FNR, dans une vidéo diffusée mardi par le service en langue dari de Voice of America.Carte du relief de l'Afghanistan, localisant la vallée du Panchir

© David LORY Carte du relief de l’Afghanistan, localisant la vallée du Panchir

Selon lui, sept ou huit talibans ont été tués dans les combats, ainsi qu’un ou deux combattants dans les rangs du FNR.

Les talibans n’ont fait aucun commentaire sur cette attaque, qui selon des habitants, a été menée sur plusieurs fronts, notamment depuis le col de Khawak à l’ouest et depuis le sud.

« Nous sommes prêts à nous défendre jusqu’à la dernière goutte de sang », a déclaré à l’AFP un habitant, qui a requis l’anonymat. « Tout le monde a une arme sur l’épaule, prête à tirer », affirme un autre. « Du plus jeune au plus âgé, ils parlent tous de résistance. »

Une autre offensive aurait également été menée mardi soir, selon Bismillah Mohammadi, ex-ministre de la Défense. Au total, 34 talibans ont été tués et 65 autres blessés, a-t-il affirmé mercredi sur Twitter.

– « Nous voulons la paix » –

Ces dernières semaines, les talibans avaient envoyé des centaines d’hommes dans les zones entourant le Panchir tout en faisant savoir qu’ils préféraient négocier plutôt que de combattre.

Le FNR avait, lui, indiqué qu’il était prêt à résister à toute agression des talibans, mais aussi à négocier avec ces derniers sur la formation d’un gouvernement inclusif. 

« Notre message aux talibans c’est que nous voulons la paix », a réaffirmé mercredi un combattant de la résistance. Mais « s’ils n’acceptent pas la paix et entrent par la force, alors le champ de bataille sera là pour les accueillir. »

Lundi, les combattants du Panchir avaient participé à un exercice militaire grandeur nature, une démonstration de force photographiée par l’AFP. On pouvait notamment les voir porter sur leurs épaules de larges bûches dans des rivières glacées. 

Au-dessus de leurs véhicules blindés et de leurs bases flottait le drapeau national de l’Afghanistan. Comme un geste de défi au drapeau des talibans maintenant hissé partout dans le reste du pays. 

Avec AFP par burs-pjm/mep/jf/lch

Afghanistan : l’armée américaine annonce avoir quitté le pays

août 30, 2021

Après vingt ans de présence en Afghanistan, les derniers soldats américains ont quitté le territoire ce mardi, laissant le pays aux mains des talibans.

L'armee americaine a quitte le sol afghan.
L’armée américaine a quitté le sol afghan.© EyePress News / EyePress via AFP

Les derniers soldats américains ont quitté l’Afghanistan, a annoncé le Pentagone ce lundi 30 août, laissant le pays aux mains des talibans, leurs ennemis de 20 ans, au terme de la plus longue guerre de l’histoire des États-Unis. Le dernier avion C-17 a décollé de l’aéroport de Kaboul le 30 août, à 19h29 GMT. Si les évacuations militaires sont terminées, la mission diplomatique continue pour s’assurer que davantage de citoyens américains et d’Afghans éligibles voulant partir le puissent, a fait savoir le général McKenzie lors d’une conférence de presse.

Depuis le 14 août, sur une période de 18 jours, les avions des États-Unis et leurs alliés ont évacué plus de 123 000 civils de l’aéroport international Hami Karzai. Le président Joe Biden s’adressera ce mardi aux Américains pour expliquer sa décision de « ne pas prolonger (la) présence américaine au-delà du 31 août » en Afghanistan.

Les dernières évacuations 12 heures avant le retrait final

L’ambassadeur américain à Kaboul et un général sont les derniers Américains à avoir quitté l’Afghanistan. « À bord du dernier avion, il y avait le général Chris Donahue », a fait savoir le général Kenneth McKenzie qui dirige le commandement central dont dépend l’Afghanistan. Il était accompagné de l’ambassadeur Ross Wilson. Les deux hommes sont les derniers à être montés à bord de l’avion. 

L’armée américaine a reconnu n’avoir pas pu évacuer autant de personnes d’Afghanistan qu’elle l’aurait voulu, avant le départ de ses derniers soldats de l’aéroport de Kaboul. Les évacuations se sont terminées environ 12 heures avant le retrait final mais les forces américaines sur place sont restées prêtes à évacuer quiconque aurait pu atteindre l’aéroport jusqu’à la dernière minute.

« Nous avons à nouveau fait l’histoire », se réjouissent les talibans

Des coups de feu ont retenti dans Kaboul, tôt ce mardi, après que les militaires américains ont confirmé leur départ d’Afghanistan. Des journalistes de l’Agence France-Presse dans la ville ont entendu des tirs depuis différents postes de contrôle des talibans, ainsi que les congratulations de combattants aux postes de sécurité de la zone verte. « Nous avons fait l’histoire », s’est réjoui lundi un responsable taliban.

« Les vingt années d’occupation de l’Afghanistan par les États-Unis et l’Otan se sont achevées ce soir », a déclaré Anas Haqqani, un responsable du mouvement islamiste, sur Twitter. « Je suis très heureux après vingt ans de jihad, de sacrifices et de difficultés, d’avoir la satisfaction de voir ces moments historiques », a-t-il ajouté.

Par Le Point avec AFP

Rama Yade : « L’échec américain en Afghanistan, un avertissement sérieux pour le Sahel »

août 30, 2021
Un Marines américain, dans la province afghane d’Helmand, en juin 2009 (archives).

Si la France a retiré ses troupes d’Afghanistan dès 2014, elle est toujours présente militairement au Sahel, malgré un retrait annoncé. Les désastreux événements de Kaboul doivent inciter Paris à réfléchir aux conditions de l’évacuation de ses soldats.

En septembre 2008, alors Secrétaire d’État aux Affaires étrangères et aux Droits de l’Homme, c’était déjà la deuxième fois que je me rendais à Kaboul pour rendre visite à nos soldats français. Cette fois, sur le camp de Warehouse, je me suis recueillie devant le monument aux Morts érigé en mémoire de ceux d’entre eux tombés sur le sol afghan et il y en avait eu 10 au mois d’août précédent tombés dans une embuscade.

Malgré cette présence militaire assumée, la France que je représentais s’enorgueillissait néanmoins de sa singularité, par contraste avec l’approche américaine purement militaire. Voilà ce que je déclarais alors : « Les Afghans ont encore en mémoire l’ancienneté de notre coopération. Nous avons là-bas deux lycées français, créés dans les années 1920, qui ont une excellente réputation. L’hôpital français de Kaboul est une référence. Notre coopération archéologique pour la connaissance du patrimoine afghan, que les talibans avaient saccagé, comme avec la destruction des Buddah de Bamyian, est exemplaire. Et notre armée a noué des relations de proximité avec la population ».

Avertissement

À travers cette déclaration, c’est toute la spécificité de la diplomatie française que je m’efforçais de mettre en lumière. À l’inverse des Américains, nous savions, nous Français, aller plus loin en étant au plus près des populations et penser le développement à long terme. Quelle fierté lorsqu’entourée de petites filles Afghanes scolarisées au lycée français Malalai, je voyais dans leur regard l’avenir d’un Afghanistan libre et souverain, et d’abord pour les femmes !

À cet égard, au vu des conséquences désastreuses du retrait précipité des troupes américaines d’Afghanistan, on aurait pu penser que les Européens, en particulier les Français instruits de leur singulière approche en Afghanistan, auraient appliqué une stratégie différente sur les terrains de combat où ils sont impliqués, comme le Sahel. Or, tel n’est pas le moindre des paradoxes que de constater la concomitance du retrait américain d’Afghanistan et la fin de l’opération Barkhane au Sahel.

Ce retrait français, avec la fermeture de bases militaires de Kidal, Tessalit et Tombouctou dans le Nord du Mali en 2022, s’organise alors que les critiques des populations civiles à l’endroit de la France n’ont jamais été aussi fortes. Et voilà que la France subit les mêmes reproches au Sahel que les Etats-Unis en Afghanistan. Comment en est-on arrivé à cela alors que, nous Français, savions mieux que n’importe qui l’importance d’accompagner l’intervention militaire de préoccupations plus sociales en direction des populations civiles (emploi des jeunes, inclusion des femmes, gouvernance, lutte contre la corruption etc) ?

La tragédie afghane doit agir comme un avertissement sérieux pour la gestion de la situation sahélienne. Elle résonne d’un écho singulier en Afrique où certains craignent qu’un retrait précipité de la France n’entraine le même scenario catastrophe, quand d’autres, au contraire, la pressent de partir pour éviter l’enlisement.

Certes, les situations dans deux territoires que 8 000 km séparent, ne sont pas totalement comparables. La France ne se retire pas tout à fait : elle prépare une « transformation profonde » de la présence française et entre 2 500 et 3000 militaires devraient prendre en charge la lutte antiterroriste internationalisée. Elle a sans doute une connaissance plus approfondie d’une région sur laquelle elle avait exercé une longue tutelle coloniale. Quant aux jihadistes sahéliens, répartis sur cinq pays au moins, ils n’ont aucune expérience gouvernementale contrairement aux talibans qui ont dirigé l’État afghan entre 1996 et 2001.

Néanmoins, les deux zones sont confrontées à des défis similaires : il s’agit de territoires soumis à un interventionnisme militaire occidental et sous pression insurrectionnelle islamiste (Al-Qaida est un acteur clé dans les deux régions). En 2012, occupé par les jihadistes, le Mali avait failli basculer avec la chute promise de Bamako.

Un soldat français en patrouille à Gao, dans le nord du Mali, en août 2018.

LES PRÉSENCES ÉTRANGÈRES NE PEUVENT ÉTERNELLEMENT DURER

D’ailleurs, les jihadistes du Sahel n’ont pas tardé à réagir, galvanisés par la victoire éclair des talibans. Le chef de la branche sahélienne d’Al-Qaida, le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), qui avait prêté allégeance aux talibans au moment de sa création en 2017, a ainsi rendu hommage à l’« émirat islamique d’Afghanistan, à l’occasion du retrait des forces américaines d’invasion et de leurs alliés », après « deux décennies de patience ».

Tirer les leçons

Tout ceci montre que les présences étrangères ne peuvent éternellement durer : si avec les États-Unis, la durée de 20 ans avait semblé anormalement longue, la présence française depuis 2013 avec les opérations Serval puis Barkhane peut susciter des interrogations sur sa longueur.

Selon les données de the Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED), l’année 2020 a été la plus meurtrière depuis le déclenchement de la guerre au Sahel. Les États qui consacrent 30 % de leur budget à la sécurité sont incapables de s’attaquer aux racines de la contagion terroriste, ni de remédier au chômage des jeunes, à la pauvreté, à l’absence de services publics dans de vastes territoires désertiques et à la mal gouvernance.

Ni les 15 000 soldats de la Minusma ni les programmes européens de formation à la sécurité (EUTM and EUCAP) n’ont pu changer la donne. La communauté internationale elle-même n’a jamais tenu ses engagements financiers en matière de développement économique et social. Résultat : selon une déclaration faite en janvier 2020, l’envoyé spécial des Nations unies, avec « plus de 4000 décès », « le nombre de victimes d’attaques terroristes a été multiplié par cinq en trois ans au Burkina Faso, au Mali et au Niger », entre 2016 et 2019.

De l’échec afghan, il est encore temps de tirer les leçons pour le Sahel. Clairement, il est un appel aux Etats africains à ne plus compter uniquement sur les troupes étrangères mais à construire des armées nationales fortes, à mieux s’occuper des populations (pour éviter que le dénuement ne les entraine dans les rangs des combattants jihadistes) et à lutter contre la corruption qui a porté un coup fatal au gouvernement afghan décrédibilisé aux yeux des populations. Le fuite lâche et éperdue du président Ghani au moment de l’entrée des troupes talibanes dans Kaboul en a été l’illustration la plus éclatante.

Quant à la France, qui avait pressenti l’impasse américaine en Afghanistan au point de retirer ses troupes fin 2012 après avoir perdu 89 des siens et dépensé près de 500 millions d’euros cette année-là, elle doit maintenant appliquer ses propres principes au Sahel, ceux-là mêmes, qu’en son nom, j’avais défendus à Kaboul, si elle ne veut pas connaître le même sort que les États-Unis en Afghanistan.

Avec Jeune Jeune Afrique par  Rama Yade

Directrice de l’Africa Center Atlantic Council.

Afghanistan : quelle nationalité pour les bébés nés en vol ?

août 29, 2021

Plusieurs Afghanes enceintes, tentant de fuir leur pays, ont donné naissance à leur bébé dans un avion les transportant en Europe ou aux États-Unis.

Le point aerien entre Kaboul et Paris a permis d'evacuer pres de 3 000 personnes entre l'Afghanistan et la France.
Le point aérien entre Kaboul et Paris a permis d’évacuer près de 3 000 personnes entre l’Afghanistan et la France.© HANDOUT / Etat Major des Armées / AFP

Depuis la prise de pouvoir des talibans à Kaboul, de nombreux Afghans tentent à tout prix de fuir leur pays. L’armée française a mis en place un pont aérien, suspendu ce dimanche 29 août, pour exfiltrer les ressortissants depuis l’aéroport de la capitale. En tout, près de 3 000 personnes ont été évacuées par l’armée française. Durant ces opérations d’évacuation, menées par une cinquantaine de pays en tout, des Afghanes ont mis au monde des bébés, au sein même de l’avion. La question se pose de la nationalité de ces enfants nés dans des circonstances extraordinaires.

Les naissances dans les avions restent un événement très rare. En effet, prendre l’avion au-delà d’un certain stade de grossesse n’est pas conseillé, voire interdit par certaines compagnies aériennes. Cela dit, en cas d’accouchement en vol, la loi de l’État en question prévaut. En France, la nationalité du nouveau-né dépendra de celle de ses parents. Il ne suffit pas d’être né dans un avion français pour obtenir la nationalité française, un des deux parents doit également être Français. Aux États-Unis, le droit du sol prévaut mais la législation prévoit que le bébé ne devient Américain que si l’appareil volait au-dessus du territoire national. Si l’accouchement a eu lieu au-dessus de l’océan, le bébé aura donc la nationalité de ses parents.

La légende des billets gratuits

D’après l’article 3 de la Convention sur la réduction des cas d’apatridie, la nationalité de l’enfant dépend du pays dans lequel l’avion (ou du navire le cas échéant) est enregistré. Comme le rappelle Slate, la France a signé ce texte sans le ratifier. Ces dernières semaines, plusieurs histoires d’accouchement dans les airs ont été rapportés dans la presse. Une petite fille Afghane, née dans un avion en direction de l’Allemagne, a d’ailleurs reçu un prénom bien particulier. Ses parents l’ont prénommée « Reach », du nom de l’avion de l’armée américaine qui les a transportés depuis Kaboul.

Une légende urbaine prétend que les bébés nés dans un avion auront droit à des billets gratuits. En réalité, les compagnies aériennes fonctionnent au cas par cas. Il reste très rare d’obtenir un tel cadeau de naissance ! En 2015, Air France a offert à un bébé né entre Dakar et Paris… une peluche. Deux ans plus tard, un bébé né entre l’Arabie Saoudite et l’Inde a eu plus de chance : Jet Airways lui a offert des voyages illimités et infinis. Malheureusement, la compagnie aérienne a fermé deux ans plus tard. Autre légende urbaine : les commandants de bord ne deviennent pas automatiquement parent d’un bébé né dans leur appareil.

Par Le Point avec AFP

Afghanistan : au moins deux explosions aux abords de l’aéroport de Kaboul

août 26, 2021

Au moins cinq morts et une dizaine de blessés ont été conduits à l’hôpital. Macron a annoncé que l’ambassadeur de France « opérera depuis Paris ».

La menace aux abords de l’aéroport de Kaboul se confirme. Un attentat « complexe » a fait plusieurs victimes, certaines américaines, ce jeudi 26 août 2021, près d’une des portes d’accès de l’aéroport de Kaboul, où se pressent depuis 12 jours des milliers d’Afghans soucieux de quitter le pays aux mains des talibans. « Je confirme que l’explosion à Abbey Gate est due à un attentat complexe qui a fait un certain de nombre de victimes américaines et civiles », a tweeté le porte-parole du Pentagone, John Kirby, sans confirmer de morts pour le moment. « Nous pouvons aussi confirmer qu’au moins une autre explosion s’est produite à ou près de l’hôtel Baron, qui se trouve à proximité d’Abbey Gate », l’un des trois points d’accès à l’aéroport, a-t-il ajouté.

Au moins cinq morts et une dizaine de blessés ont été emmenés dans un hôpital de Kaboul, la capitale du pays, où ont lieu les opérations d’évacuation, a constaté un photographe de l’Agence France-Presse. Selon une source militaire, une explosion s’est produite à proximité d’Abbey Gate, l’un des trois points d’accès à l’aéroport où se pressent depuis 12 jours des milliers d’Afghans soucieux de quitter le pays désormais aux mains des talibans. « À tous nos amis afghans : si vous êtes près des portes de l’aéroport, éloignez-vous de toute urgence et mettez-vous à l’abri. Une deuxième explosion est possible », a également tweeté l’ambassadeur français en AfghanistanDavid Martinon.

L’ambassadeur de France « opérera depuis Paris »

L’ambassadeur de France en Afghanistan, David Martinon, « opérera depuis Paris » d’ici quelques jours pour des questions de sécurité, a indiqué, mercredi, le président français Emmanuel Macron. « Compte tenu des conditions de sécurité, l’ambassadeur français ne restera pas pour le moment en Afghanistan », a-t-il indiqué à Dublin, où il se trouvait pour une visite de travail. « Il restera ambassadeur. […] Par contre, pour des raisons sécuritaires, il opérera depuis Paris. » 

La France essaie encore d’évacuer « plusieurs centaines » de personnes d’Afghanistan, a déclaré jeudi le président Emmanuel Macron, ajoutant que Paris faisait « le maximum » pour y arriver mais sans garantie en raison de la situation sécuritaire « extrêmement tendue » à l’aéroport de Kaboul. « Au moment où nous nous parlons, nous avons 20 bus avec des ressortissants binationaux et (des) Afghans que nous souhaitons pouvoir rapatrier […]. Cela représente plusieurs centaines de personnes en danger encore », a-t-il dit lors d’un déplacement à Dublin.

Biden dans la salle de crise de la Maison-Blanche

Le président américain, Joe Biden, est tenu informé des développements après les explosions ayant eu lieu jeudi près de l’aéroport de Kaboul, a annoncé la Maison-Blanche. Le président « se trouve dans la Situation Room », la salle de crise de la Maison-Blanche, a déclaré un responsable sous le couvert de l’anonymat. Les personnes « se trouvant actuellement aux entrées Abbey, Est et Nord devraient partir immédiatement », avait indiqué Washington en invoquant des « menaces sécuritaires », après que le président Joe Biden eut déjà évoqué mardi la possibilité d’un attentat du groupe djihadiste État islamique (EI), rival des talibans en Afghanistan ces dernières années.

Boris Johnson convoque une réunion de crise

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a convoqué jeudi après-midi une réunion interministérielle de crise, a indiqué Downing Street. « Le Premier ministre a été informé de la situation à l’aéroport de Kaboul et va présider une réunion COBR [de crise, NDLR] plus tard dans l’après-midi », a indiqué son porte-parole.

Plus de 95 000 personnes ont été évacuées

La priorité « reste d’évacuer autant de gens que possible » après l’« attentat terroriste » commis jeudi à l’aéroport de Kaboul, a déclaré le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg. « Je condamne fermement cet attentat terroriste horrible […]. Notre priorité reste d’évacuer autant de gens que possible vers un environnement sûr, le plus rapidement possible », a réagi sur Twitter le chef de l’Alliance atlantique, alors que les Occidentaux mènent leurs ultimes opérations d’évacuation avant la date-butoir du 31 août.

Malgré une situation chaotique, plus de 95 000 personnes ont été évacuées depuis la mise en place du pont aérien le 14 août, à la veille de l’entrée des talibans dans Kaboul et de leur prise du pouvoir, selon Washington. Quelque 13 400 l’ont été entre mercredi et jeudi, un chiffre en baisse par rapport aux derniers jours. Plusieurs pays ont plaidé en vain pour une extension du délai au-delà du 31 août, estimant qu’il ne serait pas possible d’évacuer tout le monde d’ici là. Jeudi, le ministère américain de la Défense a confirmé que les évacuations allaient continuer « jusqu’à la fin de la mission » américaine le 31 août.

Par Le Point avec AFP

Afghanistan : Biden pose une condition à la fin des évacuations

août 24, 2021

Malgré les pressions de ses alliés occidentaux, Joe Biden a confirmé, mardi 24 août, sa volonté de mettre fin auxévacuations en Afghanistan au 31 août.

De nombreux ressortissants americains et Afghans a risque n'auront peut-etre pas ete evacues avant le 31 aout.
De nombreux ressortissants américains et Afghans à risque n’auront peut-être pas été évacués avant le 31 août.© WAKIL KOHSAR / AFP

C’était le souhait des talibans tandis que certains alliés des États-Unis s’y opposaient. Le président américain Joe Biden a décidé de maintenir au 31 août la date butoir du retrait total des forces américaines d’Afghanistan, ont rapporté mardi 24 août les chaînes américaines CNN et Fox, citant des responsables américains. Joe Biden a pris cette décision après des discussions avec ses homologues du G7, ont précisé ces responsables non identifiés. Les talibans ont confirmé qu’ils ne permettraient pas aux évacuations de se prolonger au-delà du 31 août, malgré les demandes occidentales, en soulignant que les Afghans les plus qualifiés devaient rester dans le pays.

Joe Biden a confirmé sa décision mardi après-midi, assurant que la « mission » de l’armée américaine en Afghanistan était « en voie d’être terminée » au 31 août. Le retrait total des troupes devrait donc se faire alors que de nombreux ressortissants américains et Afghans en danger n’auront peut-être pas été évacués à temps. Mais le président américain a posé une condition devant les dirigeants des pays du G7 : que les talibans continuent de coopérer pour l’accès des évacués à l’aéroport de Kaboul. Et si jamais ça n’était pas le cas, il a également demandé au Pentagone d’avoir à disposition des plans de secours pour repousser le retrait « si nécessaire », a ajouté sa porte-parole Jen Psaki dans un communiqué.

Les autres dirigeants des grandes puissances voulaient plus. Ils avaient à l’origine posé comme « première condition » aux talibans, après leur arrivée au pouvoir, de « garantir un passage sûr » pour ceux qui voulaient quitter l’Afghanistan « jusqu’au 31 août et au-delà », avait déclaré le Premier ministre britannique Boris Johnson après un sommet virtuel des dirigeants des pays du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Contre l’avis de l’UE

De son côté, l’Union européenne (UE) avait pressé Joe Biden de repousser la date limite qu’il a lui-même fixée. Les dirigeants de l’UE ont enjoint à leurs « amis américains » de « sécuriser l’aéroport aussi longtemps que nécessaire », mais Washington entend toujours retirer ses troupes d’Afghanistan au 31 août. L’UE avait aussi pressé les États-Unis de « garantir un accès juste et équitable à l’aéroport » pour tous les Afghans qualifiés pour être évacués, avait déclaré à la presse Charles Michel, président du Conseil européen, l’instance représentant les 27 pays membres.

Avec Le Point

Afghanistan : la première navette canadienne évacue 188 passagers

août 20, 2021

Il y avait 188 passagers à bord du premier vol militaire canadien au départ de Kaboul depuis la victoire des talibans cette semaine. Les ministères de l’Immigration et de la Défense promettent toutefois d’accélérer le processus au moment où la situation se corse à l’aéroport de la capitale afghane.

Des militaires américains se préparaient à aller secourir des Afghans à l'aéroport de Kaboul, le 13 août 2021. Le Canada a aussi envoyé des renforts.

© via Associated Press/Département de la Défense des États-Unis Des militaires américains se préparaient à aller secourir des Afghans à l’aéroport de Kaboul, le 13 août 2021. Le Canada a aussi envoyé des renforts.

Ce premier vol a décollé tard [jeudi] soir», avec à son bord 175 Afghans vulnérables et 13 ressortissants étrangers», a déclaré le ministère de la Défense nationale par voie de communiqué vendredi.

Le ministère de la Défense précise que toutes les personnes à bord ont été acceptées dans le cadre des programmes d’immigration d’autres nations» et que celles-ci seront bientôt confiées à nos alliés».

En échange, les autres nations participantes transportent à leur tour, sur leurs vols, des citoyens canadiens et des ressortissants afghans à destination du Canada».

Selon une source proche du gouvernement qui s’est confiée à CBC, le réseau anglais de Radio-Canada, les scènes de chaos à l’aéroport de Kaboul ont incité le Canada et ses alliés à charger les vols avec n’importe quel réfugié admissible, sans égard pour sa destination.

L’anonymat de cette source a été accordé puisqu’elle n’était pas autorisée à discuter ouvertement des détails de la mission.

Le gouvernement du Canada a confirmé jeudi que les militaires étaient arrivés à Kaboul pour participer à la mission de sauvetage, devenue de plus en plus urgente depuis que les talibans ont pris le contrôle de l’entièreté de l’Afghanistan, sauf pour l’aéroport de Kaboul.

Le plus grand obstacle pour mener à bien cette mission demeure les points de contrôle des talibans que les Afghans doivent traverser pour atteindre l’aéroport de Kaboul.

Bien que l’aéroport lui-même demeure sûr, la situation plus générale relative à la sécurité qui l’entoure s’est avérée précaire et volatile», a indiqué le ministère de la Défense.

Les vols militaires canadiens devraient se poursuivre régulièrement tant que la situation entourant la sécurité le permettra.»

Le Canada devrait en faire plus»

D’anciens combattants et des militants dénoncent depuis plusieurs semaines la gestion de la crise par le gouvernement canadien, montrant du doigt des dédales administratifs irréalistes.

Le général à la retraite Rick Hillier croit pour sa part que les Forces armées canadiennes devraient en faire plus pour secourir les Afghans avant que la mission ne s’effondre. Selon lui, les soldats devraient s’aventurer à l’extérieur de l’aéroport de Kaboul pour récupérer les personnes admissibles qui ont besoin d’aide.

S’ils ne font pas ça, et bien nous devrions avoir honte en tant que nation», a fustigé Rick Hillier. Ce sera impossible pour la vaste majorité des Afghans de se rendre à l’aéroport pour pouvoir prendre l’avion.»

Les Forces armées canadiennes n’ont pas confirmé si elles prévoyaient ou non envoyer des troupes en territoire hostile. Le communiqué de presse envoyé vendredi précisait simplement que le personnel militaire s’affairait à faciliter l’entrée des citoyens canadiens et des ressortissants afghans admissibles dans le périmètre de l’aéroport».

Rick Hillier a également attribué une partie du blâme pour la situation actuelle à ce qu’il appelle la maladresse bureaucratique».

Nous n’avons pas brillé durant cette mission», a-t-il dit.

Le ministre de l’Immigration, Marc Mendicino, a soutenu vendredi en entrevue avec La Presse canadienne que son ministère allait alléger le processus d’accueil des réfugiés afghans au Canada; ni passeport ni résultat de test de dépistage à la COVID-19 ne seront requis, a-t-il expliqué.

De plus, les évaluations biométriques seront réalisées par un pays tiers sécuritaire».

Nous nous attendons à ce que tous les Afghans qui sont admissibles à notre programme puissent accéder de façon sécuritaire à l’aéroport», a indiqué le ministre vendredi.

Avec CBC/Radio-Canada

États-Unis: Joe Biden juge que l’opération d’évacuation en Afghanistan est l’une des « plus difficiles de l’histoire »

août 20, 2021

Tout en promettant aux Américains retenus dans le pays de les « ramener à la maison », le président des Etats-Unis dit ne pas pouvoir garantir « l’issue finale » de l’opération.

Le président des Etats-Unis, Joe Biden, s’est exprimé le 20 août au sujet de l’opération d’évacuation toujours en cours à Kaboul.
Le président des Etats-Unis, Joe Biden, s’est exprimé le 20 août au sujet de l’opération d’évacuation toujours en cours à Kaboul. MANUEL BALCE CENETA / AP

Sous le feu des critiques, le président américain, Joe Biden, s’est adressé à la nation américaine, vendredi 20 août, pour la seconde fois en quelques jours, à propos des opérations d’évacuation chaotiques à Kaboul, où des milliers de civils tentent de fuir l’Afghanistan après le retour au pouvoir des talibans.

M. Biden a affirmé qu’il ne pouvait pas garantir « l’issue finale » de l’opération à Kaboul, l’une des « plus difficiles de l’histoire », au terme d’une guerre longue de vingt ans. « Cette mission d’évacuation est dangereuse. Elle implique des risques pour nos forces armées et est menée dans des conditions difficiles », a déclaré le président américain lors d’un discours à la Maison Blanche.

« Je ne peux pas promettre ce qu’en sera l’issue finale », a-t-il reconnu, entouré de la vice-présidente, Kamala Harris, du chef de la diplomatie, Antony Blinken, du secrétaire à la défense, Lloyd Austin, et de son haut conseiller à la sécurité, Jake Sullivan. « Mais en tant que commandant en chef, je peux vous assurer que je mobiliserai tous les moyens possibles », a-t-il promis.

Dix-huit mille Afghans évacués depuis juillet

Seuls les Etats-Unis sont « capables » de mener une telle opération, « à l’autre bout du monde avec une telle précision », a estimé le président américain.about:blankclose

Il a rapporté que les Etats-Unis avaient évacué 13 000 personnes d’Afghanistan depuis le 14 août, et 18 000 depuis juillet. Le président a assuré que son pays s’engageait à évacuer tous les Afghans ayant aidé les Etats-Unis dans leurs opérations en Afghanistan pendant la guerre.

Nous « sommes en contact permanent avec les talibans et nous œuvrons pour nous assurer que les civils aient un accès sûr à l’aéroport », a-t-il déclaré.

La crédibilité des Etats-Unis n’est « pas remise en question »

M. Biden a fait savoir que les conditions difficiles de l’évacuation de milliers de civils à Kaboul et les scènes de chaos à l’aéroport n’affectaient pas la crédibilité des Etats-Unis sur la scène internationale.

Nos alliés dans le monde « ne remettent pas en question notre crédibilité », a affirmé le président des Etats-Unis au cours d’une conférence de presse. « J’ai parlé à nos alliés de l’OTAN, a-t-il ajouté. En fait c’est le contraire. »

Lundi, M. Biden avait fait une première courte intervention télévisée, défendant « fermement » sa décision de retirer d’ici au 31 août les troupes américaines d’Afghanistan, où elles combattent depuis vingt ans.

« Je suis le président des Etats-Unis et, à la fin, c’est moi qui assume », avait-il alors assuré. Deux jours plus tard, dans un entretien à la chaîne ABC, M. Biden a expliqué que le retrait américain aurait invariablement provoqué une forme de « chaos » dans le pays.

Par Le Monde avec AFP

Terrorisme : les Américains aideront-ils plus la RDC que l’Afghanistan ?

août 17, 2021
Damien Glez

Après leur retrait d’Afghanistan, les États-Unis vont appuyer l’armée congolaise dans sa traque d’un groupe affilié à l’État islamique. Nouvelle intervention militaire périlleuse…

D’un pays à l’autre, les militaires américains savent bloquer les vilains suspectés de connivences avec les tenants du terrorisme international. Depuis le 7 octobre 2001, leurs troupes – 98 000 soldats au plus fort de leur présence – barraient la route du trône afghan aux talibans catalogués dans « l’axe du mal » responsable des attentats du 11 septembre.

Tenus à distance pendant deux décennies, les fondamentalistes islamistes n’en ont pas moins repris, à Kaboul, le contrôle du pouvoir central, à peine les Américains retirés d’Afghanistan… Il y a loin de la coupe du « blocage » aux lèvres de l’ »interception », y compris en Afrique. En avril 2017, après six ans d’intervention dans l’est de la Centrafrique, les forces spéciales américaines abandonnaient la traque de l’Ougandais Joseph Kony, leader macabre de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA).

Branche de Daesh

C’est désormais en RDC que des experts anti-terroristes venus des États-Unis vont aider à mettre hors d’état de nuire les Allied Democratic Forces (ADF ou ADF-Nalu), rébellion musulmane – elle aussi d’origine ougandaise­ – considérée par l’État islamique comme sa branche en Afrique centrale. En mars, Washington les a placés sur la liste des « organisations terroristes » affiliées à Daesh. Les massacres dont ils seraient responsables auraient tué, en RDC, plus de 6 000 civils depuis 2013.

TSHISEKEDI A AUTORISÉ LE DÉPLOIEMENT DES FORCES SPÉCIALES AMÉRICAINES DANS L’EST

Trois mois après sa décision de placer les provinces congolaises du Nord-Kivu et de l’Ituri en état de siège, le président congolais Félix Tshisekedi a donc autorisé le déploiement de ces forces spéciales américaines dans l’Est. Leur mission officielle est l’appui aux Forces armées de la RDC (FARDC) et aux gardiens des parcs nationaux des Virunga et de la Garamba, dans lesquels les terroristes se replient. Le cadre affiché est celui de la coalition mondiale contre Daech, via le partenariat privilégié pour la paix signé par la RDC et les États-Unis en 2019. La durée prévue de l’intervention, elle, se compterait en semaines.

Sanctuaires africains

Les « gros bras » américains seront-ils plus efficaces en RDC qu’en Centrafrique ou en Afghanistan ? Il y aura toujours les discours diplomatiques idoines pour enrober les résultats obtenus. Échec en RCA ? Le Commandement américain pour l’Afrique (Africom) soutenait, en 2017, que même si « le Messie sanglant » Joseph Kony restait dans la nature, son organisation était « vraiment en train de se battre pour sa survie ».

Échec en Afghanistan ? Jo Biden s’est justifié en affirmant que les États-Unis n’avaient pas vocation à imposer la démocratie à Kaboul, mais plutôt à traquer les sanctuaires terroristes aujourd’hui disséminés en Afrique ou dans la péninsule arabique. Rendez-vous dans quelques mois pour écouter quelque discours américain sur la RDC…

Avec Jeune Afrique par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Arrivée imminente à Paris des premiers exfiltrés de Kaboul par la France

août 17, 2021
Arrivee imminente a Paris des premiers exfiltres de Kaboul par la France
Arrivée imminente à Paris des premiers exfiltrés de Kaboul par la France© AFP/STR

Les 45 premiers exfiltrés de Kaboul par la France devaient arriver mardi après-midi à l’aéroport parisien de Roissy Charles-de-Gaulle, première rotation complète du pont aérien mis en place par la France après la chute de la capitale afghane aux mains des talibans.

« L’avion a décollé, il est attendu dans l’après-midi », a indiqué à l’AFP le ministère des Armées. L’heure d’arrivée est prévue à 17H20 (15H20 GMT).

D’autres rotations sont prévues dans les heures et jours à venir, pour évacuer tous les ressortissants français, ainsi notamment que des Afghans ayant travaillé pour des organisations françaises et qui quittent le pays, en proie à la panique.

Aucun détail n’a été communiqué sur les mesures sanitaires prises à l’arrivée pour détecter d’éventuelles contaminations au Covid-19. D’après le ministère, ces premiers exfiltrés sont Français et issus de « pays partenaires ». L’évacuation des Afghans qui seront pris en charge par la France n’a en revanche pas encore commencé.

Plus tôt dans la matinée, la ministre des Armées Florence Parly avait annoncé l’arrivée aux Emirats des premiers exfiltrés. « Après une situation très chaotique en fin de journée hier » à l’aéroport de Kaboul, un premier avion a pu atterrir puis repartir et est « arrivé en fin de nuit » sur une base française émiratie, a-t-elle déclaré à la radio RTL.

Lundi, la situation à l’aéroport de Kaboul, dont les pistes ont été envahies, avait empiré au point que tous les vols, civils et militaires, avaient dû être suspendus pendant plusieurs heures. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montraient des scènes de totale anarchie, comme ces centaines de personnes courant près d’un avion de transport militaire américain qui roule pour aller se mettre en position de décollage, pendant que certaines tentent follement de s’accrocher à ses flancs ou à ses roues.

Le fulgurant triomphe des insurgés a déclenché des scènes de panique monstre. Une marée humaine s’est précipitée vers ce qui est la seule porte de sortie de l’Afghanistan, pour tenter d’échapper au nouveau régime que le mouvement islamiste, de retour au pouvoir après 20 ans de guerre, promet de mettre en place.

Les forces spéciales à Kaboul

Avec ce premier vol, « nous avons posé les bases d’un pont aérien entre Kaboul et les Émirats arabes unis », où la France dispose d’une base militaire, la Base aérienne 104 d’Al Dhafra, a précisé mardi Mme Parly.

Un premier appareil, un A400 M de transport militaire, parti de France lundi pour les Émirats, a amené des forces spéciales à Kaboul pour participer aux opérations d’évacuation de plusieurs dizaines de Français ainsi que de certains Afghans.

« Nous voyons arriver dès maintenant un détachement des forces spéciales françaises, qui vont contribuer à la sécurisation de l’aéroport (…) et permettre les embarquements et les évacuations des ressortissants français, des ressortissants communautaires et des personnalités afghanes que nous projetons de mettre en sécurité dans les jours qui viennent », a déclaré à Kaboul à l’AFP David Martinon, ambassadeur de France, avant le départ de l’appareil.

Ce premier vol embarquait aussi « les Gurkhas de l’ambassade de France, qui sont ces soldats d’élite indiens et népalais, qui rentrent chez eux leur mission achevée », a-t-il précisé.

Les autorités refusent d’indiquer à ce stade combien de personnes au total la France va exfiltrer dans le cadre de cette opération baptisée Apagan. Elle mobilise deux avions de l’Armée de l’air sur le tronçon Émirats-Kaboul et deux autres pour les vols entre les Émirats et la France.

« L’urgence absolue est de mettre en sécurité nos compatriotes, qui doivent tous quitter le pays, ainsi que les Afghans qui ont travaillé pour la France », a déclaré lundi soir le président Emmanuel Macron.

Mme Parly a aussi évoqué les difficultés que rencontrent certains Afghans voulant être évacués par la France pour se rendre à l’aéroport en raison des barrages installés par les talibans.

Par Le Point avec AFP