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Ces Africains qui resteront dans l’histoire des Jeux olympiques

septembre 3, 2021
L’athlète éthiopien Abebe Bikila dépasse le Marocain Abdeslam Radi aux JO de Rome en 1960

Des plus beaux exploits aux chutes mémorables en passant par un 100 m interminable, Jeune Afrique revient sur les grands moments de l’histoire africaine des JO.

Dans Les histoires insolites des Jeux olympiques de l’Antiquité aux Jeux de Rio 2016, paru en 2020 aux Éditions Amphora, Luciano Wernicke raconte plus de 400 histoires olympiques. On se souvient notamment de celle de l’athlète noir américain Cornelius Johnson, champion du saut en hauteur (2,03m), qu’Hitler refusa de saluer aux Jeux de Berlin en 1936 et à celle du boxeur Mohammed Ali, victime de racisme même après avoir gagné une médaille d’or lors des Jeux de Rome en 1960. Mais nombre d’athlètes africains ont aussi été les héros de grands moments des Olympiades. Histoires marquantes, tragiques, hilarantes ou ridicules, bruit de couloirs ou indiscrétions jamais révélées… En voici une sélectio

Guinée équatoriale : Eric Moussambani, un nageur hors du temps

Surnommé ironiquement « l’anguille » par ses collègues, le nageur équato-guinéen Eric Moussambani est devenu célèbre en réalisant le 100m nage libre le plus lent de l’histoire olympique (une minute et 52 secondes), finissant bon dernier, aux JO de Sidney, en 2000. D’autres nageurs ont même hésité à plonger pour le secourir. Le sportif n’a pas eu l’occasion de retenter sa chance quatre ans plus tard, puisqu’il a commis une erreur d’accréditation. « Je ne sais pas quoi faire. Je suis très déçu et j’envisage de prendre ma retraite » avait-il alors déclaré.

Éthiopie : la revanche de Miruts Yifter

Toujours à Munich, en 1972, les JO de Miruts Yifter commence de manière malheureuse… dans les toilettes. Quatre jours après avoir obtenu le bronze au 10 000m, l’Éthiopien est frappé d’une diarrhée carabinée lors des éliminatoires du 5 000m. « Le sportif de 28 ans passa la moitié de la journée dans ses WC, et l’autre dans son lit, épuisé », confie Luciano Wernicke.

Il ne put pas prendre sa revanche lors de l’édition suivante, à Montréal, puisque nombre de pays africains, dont l’Éthiopie, avaient refusé de participer aux Jeux pour lutter contre l’apartheid en Afrique du Sud. Mais aux Jeux de Moscou, en 1980, il décrochera deux fois l’or, au 5 000m et au 10 000m.À LIRE Cameroun, RDC, Congo, Érythrée : ces réfugiés qui ont participé aux JO de Tokyo

Abebe Bikila, champion aux pieds nus

Aux Jeux olympiques (JO) de Rome en 1960, le marathonien éthiopien Abebe Bikila qui remplace un coureur blessé, ne trouve pas chaussure à son pied, littéralement. La marque Adidas, qui fournit des baskets aux athlètes n’ayant pas l’équipement nécessaire, lui a procuré une paire qui lui cause des ampoules. Lui dont les « voutes plantaires étaient habituées à sillonner les routes africaines rugueuses et arides » prend donc la décision de courir les 42 195 m sans chaussures. Non seulement il remporte l’épreuve, devant le Marocain Abdeslam Radi, mais il établit également un nouveau record.

Alors que l’Éthiopie avait gagné son indépendance face à l’occupant italien à la fin de la Seconde Guerre mondiale, « les maîtres des lieux eurent leur “revanche”, raconte Luciano Wernicke. Pendant la remise des prix, les musiciens de l’orchestre officiel, qui ne connaissaient pas l’hymne éthiopien, jouèrent celui de l’Italie ». Mais en 1964, lorsque Abebe Bikila inscrit un nouveau record – cette fois-ci avec des chaussures – aux Jeux de Tokyo, c’est bien l’hymne de son pays qui retentit.

LE MÉDECIN LE PRÉVIENT QU’IL RISQUE LA MORT. MAIS L’ATHLÈTE RETOURNE SUR LA PISTE

Etenesh Dirola, jusqu’au bout

Si nombre d’athlètes ont couru pieds nus aux Jeux olympiques, cela n’a pas toujours été volontaire. Lors de l’édition de 2016 à Rio, Etenesh Dirola est en tête de sa série du 3 000m steeple quand une altercation éclate entre les coureuses. L’Éthopienne perd une chaussure dans la cohue, ce qui la pénalise pour le reste de la course. Elle franchira ainsi la ligne d’arrivée bien après la Bahreïnienne, la Kenyane et l’Américaine… mais recevra quand même l’ovation du public.

« Les histoires insolites des Jeux Olympiques d’été – De l’Antiquité aux Jeux de Rio » de Luciano Wernicke (éditions Amphora)

Mali : le combat manqué de Moussa Sangare

À Moscou, le boxeur malien Moussa Sangare, seul représentant de son pays dans cette discipline, est victime de deux coups du sort. Arrivé en retard à la pesée, il est d’abord disqualifié. Mais son pays fait appel de cette décision, et il est finalement acté que ce contretemps n’était pas de son fait. Mais sur le ring, Sangare s’effondre face au Zambien Lucky Mutale. « S’il avait su qu’il subirait une défaite aussi cuisante, il se serait abstenu de faire appel de sa disqualification et ne serait même pas monté dans l’avion pour Moscou ! », commente Luciano Wernicke.

Kenya : l’increvable Kipchoge Kieno

Aux Jeux de Mexico, en 1968, le Kenyan Kipchoge Kieno dit « Kip », dut abandonner le 10 000m à cause d’une « infection inattendue de la vésicule biliaire qui, moins d’un kilomètre avant l’arrivée, commença à lui provoquer une douleur aiguë insupportable à l’estomac ». Le médecin lui conseille alors vivement d’abandonner et de se retirer, le prévenant qu’il risque la mort s’il retourne sur la piste. Mais l’athlète se présente tout de même au 5000 m et remporte la médaille d’argent, malgré la douleur.À LIRE Jeux olympiques : Clarisse Agbegnenou, descendante de roi togolais et « bulldozer des tapis »

Et ses malheurs ne s’arrêtent pas là : alors qu’il se rend à la finale du 1 500m, il se retrouve bloqué dans les bouchons sur le trajet et décide de courir les 3km qui le séparent du stade. Il arrive à destination à quelques secondes du top départ et son acharnement est récompensé par la médaille d’or et un nouveau record. Quatre ans plus tard, à Munich, il devra se contenter de l’argent au 1 500m, mais décrochera une nouvelle fois l’or au 3 000m steeple.

L’ÉQUIPE FÉMININE N’A ENCORE JAMAIS JOUÉ HORS DE SES FRONTIÈRES. MAIS ELLE REMPORTE LE TOURNOI

Zimbabwe : l’exploit des hockeyeuses

En plein boycott occidental des JO de Moscou, les Russes sont contraints, pour éviter l’annulation du tournoi de hockey sur gazon, d’inviter l’Autriche, la Pologne, la Tchécoslovaquie et le Zimbabwe à participer. À la surprise générale, l’équipe féminine zimbabwéenne, qui n’a alors jamais joué hors de ses frontières et n’est pas encore membre de la fédération, remporte le tournoi. Les joueuses offrent ainsi une première médaille à leur pays, qui avait été exclu des Jeux de Munich et de Montréal en raison du soutien de son gouvernement à la politique de l’apartheid. En revanche, les hommes finiront bons derniers du tournoi.

Afrique du Sud : Zola Budd-Pieterse, tombeuse de Nike

Lors des Jeux de Los Angeles, en 1984, la coureuse de fond américaine Mary Decker, favorite de la discipline et égérie de la marque Nike, s’élance sur la piste pour la finale du 3 000m. À mi-parcours, alors qu’elle est en tête, sa rivale sud-africaine Zola Budd-Pieterse, qui représente la Grande Bretagne – son pays étant exclu de la compétition – prend l’avantage. Decker tente de la doubler par le couloir intérieur mais trébuche sur les pieds – nus – de Budd, se foulant la cheville. Alors que l’Américaine pleure à chaudes larmes sur la piste, la Sud-Africaine finit sa course sous les huées du public et arrive septième. « Budd n’a commis aucune action antiréglementaire, Decker est victime d’elle-même », tranchera néanmoins John Holt, le secrétaire de la fédération sportive internationale.

Après l’incident, la cote de popularité de Nike n’est plus au beau fixe. « Ce fut un véritable paradoxe que la plus grande star de la marque de chaussures échoue en se tordant la cheville suite à un accrochage avec une Africaine qui, comme Abebe Bikila à Rome, courait pieds nus », souligne Luciano Wernicke.

Josia Thugwane, de rescapé à médaillé

« Ce pygmée de presque 1,58m dut franchir de gigantesques obstacles pour assouvir sa passion de la course », souligne Luciano Wernicke, narrant l’incroyable trajectoire du fondeur sud-africain Josia Thugwane. Originaire d’une région rurale marquée par la misère et les inégalités, celui-ci a tout de même réussi à monter les échelons du marathon, jusqu’à être sélectionné pour les JO d’Atlanta, en 1996. Cinq mois avant la compétition, il est victime d’une tentative de vol de voiture et de kidnapping alors qu’il est sur l’autoroute. Il résiste et saute de la voiture en marche, ce qui lui vaut une balle dans le menton et une chute brutale sur le béton.

Après une hospitalisation de plusieurs semaines, Thugwane se présente au départ du marathon olympique, qu’il remporte avec trois secondes d’avance sur le deuxième. « Trois secondes pendant lesquelles il mesura sa force de caractère et son courage », commente Wernicke.

Avec Jeune Afrique par Hanna Pasquier

France-Paris: Un cortège présidentiel bloqué par les manifestants africains à L’Arc de Triomphe

mai 18, 2021

Avec La Radio de la Communauté Africaine LLC

L’Afrique réagit aux événements en cours entre Israël et le Hamas

mai 14, 2021

RÉACTIONS. Capitales et institutions africaines se sont émues de la situation qui prévaut actuellement entre l’État hébreu et le Hamas, ainsi que son cortège de morts.

Avec l'Afrique du Sud en tete, de nombreux pays africains ont reagi aux evenements actuellement en cours en Israel et a Gaza.
Avec l’Afrique du Sud en tête, de nombreux pays africains ont réagi aux événements actuellement en cours en Israël et à Gaza. © RODGER BOSCH / AFP

Les nouveaux affrontements entre Israël et les Palestiniens ont suscité indignation et protestations aux quatre coins du monde. En Afrique : l’Union africaine s’est empressée de réagir en demandant dans un communiqué une désescalade. En Afrique du Sud, la solidarité avec la Palestine s’est exprimée avec une vigueur particulière. En effet, aux yeux de nombreux Sud-Africains, la similitude est vivace entre la situation vécue par les Palestiniens et le régime de l’apartheid : une comparaison loin d’être anodine. Certains critiques, notamment l’ONG Human Rights Watch, ont accusé la politique israélienne à l’égard des Palestiniens d’être une forme d’apartheid, en référence à l’ancien système de gouvernement de la minorité blanche en Afrique du Sud. Une comparaison qu’Israël rejette.

En Afrique du Sud, des manifestants consternés

Mardi, le Cap, deuxième ville du pays, a accueilli une manifestation spontanée de plusieurs centaines de personnes, au lendemain de nouveaux affrontements sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem. Ils ont comparé l’occupation israélienne au régime honni qu’ils ont connu. Les manifestants ont aussi réclamé la « fin de l’occupation illégale de la Palestine ». Muni de drapeaux palestiniens, le cortège, emmené par une fanfare d’écoliers en uniforme bleu, a scandé « Libérez, libérez la Palestine », « À bas, à bas Israël », rapporte l’AFP.

Dans la foule, plusieurs figures politiques. Ainsi du député de l’ANC, par ailleurs petit-fils de l’ancien président Nelson Mandela, Mandla Mandela. Il a appelé à « la fermeture de l’ambassade d’Afrique du Sud à Tel-Aviv ». « Il a été choquant, mes frères et sœurs, d’être témoin de ce qui se passe à Sheikh Jarrah ainsi qu’à Al-Aqsa. Nous ne pouvons plus nous taire », a-t-il dit dans des propos rapportés par la presse nationale.

Si les Sud-Africains se mobilisent, c’est parce que « ça nous rappelle la brutalité de la police, ça nous rappelle le régime de l’apartheid », explique à l’AFP Kashiefa Achmat, 56 ans, militante associative. Quant à Kauthar Adams, étudiante de 21 ans, elle regarde le conflit israélo-palestinien « à la télé depuis toujours ». Les affrontements sur l’esplanade des Mosquées l’ont choquée : « Je me sens personnellement liée à tout ça. » « Des gens meurent, des gens sont déplacés, des gens sont blessés et sont traités injustement. Nous avons subi la même chose ici », a confié Tasneem Saunders, une prof de 31 ans. « Comment ne pas soutenir, comment ne pas avoir de sympathie pour ces gens ? » souffle Magamat Zain, musulman de 44 ans qui porte le drapeau palestinien autour du cou, précisant que les manifestants viennent d’horizons divers.

D’autres rassemblements, organisés par le mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS), ont eu lieu le même jour, notamment à Sandton, banlieue aisée de Johannesburg. Mercredi, même effervescence dans les rues du Cap. Cette fois, les partis politiques étaient largement représentés : ANC, le Good Party mais aussi le parti des Combattants pour la liberté économique (EFF), ainsi que des organisations dont la fédération syndicale Cosatu, a constaté le journal Daily Maverick. « Nous sommes solidaires du peuple palestinien. Quand on se tait, on est complice. Quand nous sommes absents, nous sommes complices. Nous ne sommes pas prêts à être complices », a déclaré le député du Cap-Occidental et secrétaire général du Good Party, Brett Herron. « Nous appelons à des sanctions sévères et significatives contre le gouvernement israélien », a-t-il insisté. Quelques heures avant, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a condamné, au nom du Congrès national africain (ANC) au pouvoir, « les expulsions illégales de Palestiniens de leurs maisons » ainsi que « les attaques brutales contre les manifestants palestiniens » sur le dôme du Rocher.

Malgré des trajectoires opposées en apparence, l’Afrique du Sud et Israël ont à certains moments de l’histoire tissé des liens étroits malgré la présence dans le régime raciste du Parti national sud-africain d’antisémites notoires. À ces nombreuses voix s’est aussi ajoutée celle de la Fondation Desmond Tutu. Dans un communiqué, celle-ci a appelé à mettre fin à des décennies de soutien au régime israélien de l’apartheid. « Le gouvernement israélien doit être obligé de respecter le droit international et de cesser immédiatement les expulsions illégales, l’annexion et l’oppression contre le peuple palestinien », peut-on lire dans le texte.

L’Union africaine « condamne fermement »

La réaction est aussi ferme au sein de l’Union africaine, dont le président de la commission, Moussa Faki Mahamat, a « condamné fermement » dès mardi soir les « bombardements » dans la bande de Gaza. « Le président de la Commission réaffirme que les actions de l’armée israélienne, y compris les évictions illégales, continues et par la force de Palestiniens de leurs foyers à Jérusalem-Est sont en flagrante violation du droit international », indique le communiqué. Le chef de l’exécutif de l’organisation continentale « réaffirme le fort soutien de l’UA au peuple palestinien dans sa quête légitime d’un État indépendant et souverain avec Jérusalem-Est comme capitale ». Le diplomate tchadien a également appelé « à des efforts internationaux renouvelés et sincères pour trouver une solution juste et durable au conflit, une solution fondée sur l’existence de deux États, Israël et la Palestine ».

Par Le Point

Rama Yade : « Joe Biden est entouré d’Africains ! »

mai 2, 2021
Rama Yade est directrice de l’Africa Center Atlantic Council.

Le mort de George Floyd, les réunions non mixtes, la politique africaine des États-Unis… Entretien avec l’ancienne secrétaire d’État devenue la directrice Afrique de l’Atlantic Council.

Jeune Afrique : Aux États-Unis, le policier américain Derek Chauvin a été reconnu coupable du meurtre de George Floyd. Y aura-t-il un avant et un après ?

Rama Yade : Ce procès a fait la une de tous les médias. La NAACP [Association nationale pour la promotion des gens de couleur] s’est mobilisée, le Black Caucus aussi. Dans les rues de Washington où je vis, les maisons continuent d’arborer des affiches « Black Lives Matter ». La mort de Georges Floyd a touché le nerf de l’identité américaine. Plus rien ne sera comme avant.

En France en revanche, un tel procès n’aurait pas été envisageable. On croit encore à cette fiction d’une société color-blind, alors que les discriminations au logement et à l’emploi sont nombreuses et que peu de choses ont changé depuis que j’ai démarré en politique, il y a quatorze ans.

Comprenez-vous qu’en France, certains veuillent organiser des réunions non mixtes pour discuter de ces sujets ?

Je comprends ce besoin, je connais le confort chaleureux de la communauté. Être entre soi, partager les mêmes expériences, ne plus être une minorité pour une fois, ne pas prendre le risque de subir le regard d’autrui qui n’est pas toujours bienveillant, qui est même parfois raciste, cela fait un bien fou !

Pour autant, j’aime trop l’humanité pour m’enfermer dans une case. Il faut encourager l’échange et la découverte de l’autre. Toutefois, plutôt que de vilipender ceux qui sont tentés par ces réunions non mixtes, essayons de comprendre et de mener enfin une action efficace contre les discriminations et le racisme. Ces réunions disparaîtront alors comme elles sont arrivées !

SOUVENEZ-VOUS DE L’ÉPOQUE OÙ L’ÉCRIVAIN JAMES BALDWIN VENAIT SE RÉFUGIER À PARIS

Certains problèmes ne découlent-ils pas de la cancel culture, cette culture de la dénonciation très en vogue aux États-Unis ?

La France n’a pas attendu l’Amérique pour avoir des problèmes avec une partie de ses enfants. C’est l’affaiblissement de l’idéal républicain qui est à l’origine de cette décomposition. Mais ce n’est pas une fatalité. Souvenez-vous de l’époque où l’écrivain James Baldwin et d’autres Africains-Américains venaient se réfugier à Paris pour fuir les discriminations dans leur pays !

L’AFRIQUE, C’EST LA CHINE DE DEMAIN

Que pensez-vous de la manière dont le président Emmanuel Macron conçoit la relation Afrique-France ?

On verra bien. Certes, toute l’Afrique n’est pas sortie du « pré carré », mais il y a un mouvement de fond, une dynamique qui entraîne le continent vers son singulier destin d’autonomie. Il sort des marges où certains ont voulu le confiner pour regagner sa place, au centre de tout. Dans vingt ans, un terrien sur quatre sera africain. L’Afrique, c’est la Chine de demain. Elle construit la plus grande zone de libre-échange au monde. On lui parle de l’eco, mais elle veut sauter cette étape des monnaies physiques pour passer directement à la crypto-monnaie grâce à l’incroyable essor de son économie digitale.

Et quid de la politique africaine des États-Unis?

Il y a un changement de ton très appréciable, comme on a pu le noter dans le message que le président Biden a adressé aux chefs d’État qui participaient au dernier sommet de l’Union africaine. Je suis par ailleurs frappée par le nombre d’Africains dans son cabinet : pas seulement des Africains-Américains comme Linda Thomas-Greenfield [ambassadrice à l’ONU] ou Lloyd Austin [secrétaire à la Défense]. Je parle de ces fils et filles de Nigérians qui ont été nommés, comme Wally Adeyemo au Trésor. Biden avait même un programme à destination des Africains d’Amérique. Cette Amérique-là est incroyable !

Maintenant, il va falloir passer de l’America First de Trump, pour lequel 75 millions d’Américains ont voté, à l’America is Back – sous-entendu « dans le monde ». Cela ne sera pas facile et l’Afrique elle-même ne se laissera pas aisément approcher. Les Africains ont changé, les économies du continent se sont révélées plus résilientes que les autres… C’est intéressant. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut associer le quart de l’humanité à la recherche des solutions face aux défis globaux. Et que si l’Afrique va mieux, le monde ira mieux.

Avec Jeuen Afrique par Clarisse Juompan-Yakam

Afrique : 15 000 de dollars de caution pour voyager vers les USA

novembre 27, 2020

Se rendre aux USA sera désormais conditionné au paiement d’une caution allant de 5000 à 15 000 de dollars. Il est imposé par le gouvernement Trump aux ressortissants de 15 pays africains, dont le taux de violation des délais de visa dépasse les 10%.

L’administration américaine, toujours dirigée par Donald Trump jusqu’au 20 janvier 2021, vient de prendre une décision qui rendra difficiles les voyages vers les Etats-Unis pour les ressortissants de 15 pays africains. Ceux-ci seront désormais contraints de déposer une caution qui peut aller de 5000 à 15 000 de dollars en plus des frais de visa.

Cette décision est déjà critiquée par plusieurs observateurs qui dénoncent une violation des règles de l’immigration. Mais le département d’Etat américain qui est compétent en matière de services des visas explique que cette décision s’impose à des pays, dont le taux de dépassement des délais de visa sur le sol américain dépasse les 10% des voyageurs.

Rappelons que l’administration américaine a, au cours des quatre dernières années, pris de nombreuses décisions limitant l’immigration de nombreux Africains. En septembre dernier, le département de la Sécurité intérieure a fait une proposition visant à limiter à deux ans la possibilité de séjour pour certains étudiants de 59 pays dans le monde, dont 36 en Afrique.

Au tout début de son mandat, Donald Trump avait décidé de limiter les voyages pour les ressortissants de certains pays africains ; décision qui avait été étendue plus tard aux ressortissants du Nigeria, la première économie du continent en termes de PIB.

Les pays africains concernés par la présente mesure sont : l’Angola, la République démocratique du Congo, le Liberia, le Burkina Faso, Djibouti, la Libye, le Burundi, l’Erythrée, la Mauritanie, le Cap-Vert, la Gambie, Sao Tomé-et-Principe, le Tchad, la Guinée-Bissau et le Soudan.

Compte tenu du motif invoqué, il n’est pas certain que le président élu, Joe Biden, va révoquer cette décision, une fois qu’il aura effectivement pris ses fonctions. Notons qu’elle fait figure de test de six mois éventuellement renouvelable.

Avec Adiac-Congo par Josiane Mambou Loukoula

Canada: La Communauté des Africains francophones de la Saskatchewan présente son nouveau CA

juin 28, 2020
Céline Moukoumi est la présidente sortante de la Communauté des Africains francophones de la Saskatchewan.
© Gabrielle Proulx/Radio-Canada Céline Moukoumi est la présidente sortante de la Communauté des Africains francophones de la Saskatchewan.
La Communauté des Africains francophones de la Saskatchewan (CAFS) a un nouveau conseil d’administration. Les membres ont été présentés samedi lors de l’assemblée générale annuelle tenue sur la plateforme ZOOM en raison de la pandémie de COVID-19.

Sylvie Niyongere succède à Céline Moukoumi à la présidence de la Communauté des Africains francophones de la Saskatchewan.

Le conseil d’administration de la CAFS est maintenant composé de Anne Yvette Sibomana, Sylvie Niyongere, Oumar Sylla, Yvonne Muhabwampundu, Marie Rose Kidudi, Amba Jeganaden Thungavelu et Melchior Niyonkuru.

«Un siège vacant pour la localité de Prince Albert-Humboldt sera comblé par le conseil d’administration», souligne la CAFS dans un communiqué qui date du 6 juin.

La CAFS a aussi profité de son assemblée générale annuelle pour présenter son budget pour l’année 2020-2021.

La programmation et les prévisions budgétaires de la prochaine année ont été acceptées par tous les membres présents à l’assemblée générale annuelle de samedi.

La CAFS a également annoncé qu’en date du 22 juin, elle n’a plus de dette.

Du côté de ses activités, la CAFS a annoncé que le Gala culturel africain se tiendra en décembre. La directrice générale Rosalie Umuhoza espère que les mesures mises en place par la province pour freiner la progression de la COVID-19 permettront la tenue de l’événement.

Par CBC/Radio-Canada avec les informations d’Emmanuelle Poisson

Coronavirus : l’Union africaine dénonce les discriminations dont sont victimes les Africains en Chine

avril 11, 2020

Moussa Faki Mahamat (Tchad), ancien Premier Ministre de 2003 à 2005, il est président de la Commission de l'Union africaine depuis 2017.

Moussa Faki Mahamat (Tchad), ancien Premier Ministre de 2003 à 2005, il est président de la Commission de l’Union africaine depuis 2017. © Vincent Fournier/JA

 

Les Africains vivant dans la grande métropole chinoise de Canton, dans le sud de la Chine, dénoncent de nombreuses discriminations après plusieurs cas positifs au Covid-19 parmi la communauté nigériane. L’Union africaine a fait part de sa préoccupation et convoqué l’ambassadeur chinois à l’UA.

Expulsions, suspicion, interdictions d’entrée dans les commerces : les discriminations relayées par des Africains établis à Canton (Guangzhou), dans le sud de la Chine, ont conduit Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine, à convoquer l’ambassadeur chinois à l’UA.

« Mon bureau a invité l’ambassadeur de Chine auprès de l’UA, M. Liu Yuxi, pour exprimer notre extrême préoccupation face aux allégations de mauvais traitements infligés aux Africains à Guangzhou et a appelé à des mesures correctives immédiates », a indiqué Moussa Faki Mahamat sur son compte Twitter.

Des discriminations également dénoncées par les ambassadeurs africains en Chine, qui ont fait part part de leur inquiétude au ministère chinois des Affaires étrangères dans une lettre ouverte adressée le 10 avril. « Le Groupe des ambassadeurs africains à Pékin exige immédiatement la cessation des tests de force, de la quarantaine et des autres traitements inhumains infligés aux Africains de la province du Guangdong en particulier et de l’ensemble de la Chine, et exige également que les Africains soient traités de la même manière que les Chinois et les autres ressortissants », dénoncent-ils.

Racisme et suspicion

La tension est ainsi montée à Canton (15 millions d’habitants) après la découverte par les autorités locales d’au moins huit personnes contaminées qui ont fréquenté l’arrondissement de Yuexiu, où vit une importante communauté africaine. Parmi eux figuraient cinq Nigérians. Ils ont déclenché un tollé en Chine après s’être échappés de leur quarantaine pour se rendre dans plusieurs restaurants et lieux publics.

Conséquence, les autorités ont testé ou placé en quarantaine quelque 2 000 personnes avec lesquelles ils avaient été en contact, a rapporté un média d’État. Canton a, jusqu’au dernier bilan établi jeudi, fait état de 114 cas « importés ». Parmi eux figurent 16 Africains, le reste étant des ressortissants chinois.

Cette statistique n’a toutefois pas freiné la suspicion à l’égard de la communauté africaine de la ville. Plusieurs Africains ont indiqué à l’AFP avoir été chassés de leur logement, puis refusés dans des hôtels.

 « On est dans la rue comme des mendiants »

« J’ai dû dormir sous un pont pendant quatre jours sans rien à manger. Je ne peux même pas acheter de nourriture, car aucun magasin ou restaurant ne m’accepte », affirme Tony Mathias, un étudiant ougandais. « On est dans la rue comme des mendiants », peste le jeune homme de 24 ans, qui dit avoir été forcé lundi de quitter l’appartement où il vivait.

Selon Tony Mathias, les policiers n’ont exigé ni dépistage ni quarantaine, mais lui ont tout simplement dit d’aller dans une autre ville. Contactée, la police de Canton a refusé de répondre à ces accusations.

Autre victime : un homme d’affaires nigérian dit avoir été chassé de son appartement cette semaine. « Quand la police nous voit, elle nous interpelle et nous demande de rentrer. Mais où est-ce qu’on peut bien aller? », soupire-t-il.

Quand tu es noir, tu ne peux pas sortir

D’autres assurent avoir été soumis à des dépistages massifs et placés en quarantaine. La Chine, qui a désormais endigué l’épidémie, interdit l’entrée des étrangers sur son territoire, notamment pour prévenir une seconde vague de contamination. La plupart des personnes qui se déplacent dans le pays doivent subir une quarantaine de 14 jours dans leur lieu de destination.

Thiam, un étudiant guinéen, affirme avoir été testé négatif. Selon lui, la police a exigé qu’il soit placé place en quarantaine, même s’il n’a pas quitté Canton depuis le début de l’épidémie en janvier. « Toutes les personnes que j’ai vu être testées sont des Africains. Les Chinois peuvent se déplacer librement. Mais quand tu es noir, tu ne peux pas sortir », dit-il.

« Malentendus »

Denny, un marchand nigérian expulsé de son appartement, dit avoir passé plusieurs jours dehors avant que des policiers ne le conduisent finalement en quarantaine dans un hôtel. « Même si on est testé négatif, la police ne nous autorise pas à rester dans notre appartement. Aucune raison n’est donnée », assure-t-il.

 

L’affaire des cinq Nigérians a entraîné un torrent de commentaires haineux sur les réseaux sociaux. Certains ont même appelé à expulser de Chine tous les Africains.

Interrogé jeudi, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a reconnu des « malentendus » dans les mesures de prévention à Canton.

« Le gouvernement chinois traite tous les étrangers en Chine de la même manière (…) et a une tolérance zéro vis-à-vis des paroles et actes discriminatoires », a-t-il assuré lors d’un point presse régulier. Il a appelé les autorités locales à « améliorer leurs mécanismes et méthodes de travail ».

Par Jeune Afrique avec AFP

 

Le Rwanda va accueillir des Africains retenus dans des camps libyens

septembre 10, 2019

 

Le Rwanda a signé ce mardi un accord avec l’Union africaine (UA) et le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) en vue d’accueillir temporairement des réfugiés et demandeurs d’asile africains bloqués en Libye, un accord que l’UA espère répliquer avec d’autres nations du continent.

«Nous recevrons un nombre initial de 500 (personnes) dans quelques semaines», a déclaré Hope Tumukunde Gasatura, représentante permanente du Rwanda à l’UA, lors d’une conférence de presse à Addis Abeba, aux côtés de représentants de l’organisation panafricaine et du HCR. Ce premier groupe est «composé principalement de personnes originaires de la Corne de l’Afrique», ont précisé l’UA et l’ONU dans un communiqué. Elles seront accueillies dans un centre de transit au Rwanda avant d’être relocalisées dans d’autres pays ou, si elles le veulent, retourner dans leur propre pays.

Germaine Kamayirese, la ministre rwandaise chargée des mesures d’Urgence, a déclaré à la presse à Kigali que certains réfugiés «pourraient recevoir l’autorisation de rester au Rwanda». En raison du chaos qui a suivi la chute de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est devenue un point de passage important pour les migrants originaires d’Afrique subsaharienne cherchant à rejoindre l’Europe.

L’ONU estime que 42.000 réfugiés africains se trouvent actuellement en Libye, a affirmé Cosmas Chanda, représentant du HCR auprès de l’UA. «Nous avons désespérément cherché des solutions pour ces gens (…), de moins en moins de pays à travers le monde sont prêts à accueillir des réfugiés», a-t-il dit.

Le président rwandais, Paul Kagame, avait proposé dès novembre 2017 d’accueillir des Africains bloqués en Libye, dans la foulée d’un reportage de CNN montrant ce qui ressemblait à un marché d’esclaves. La question a une nouvelle fois pris de l’importance dernièrement après la mort en juillet de 40 personnes, tuées par une frappe aérienne sur un centre de détention de migrants à Tajoura, dans la banlieue-est de Tripoli.

Le gouvernement rwandais se dit prêt à accueillir dans son centre de transit jusqu’à 30.000 Africains bloqués en Libye, mais uniquement par groupes de 500, afin d’éviter que le pays ne soit débordé. «C’est un moment historique, parce que des Africains tendent la main à d’autres Africains», s’est réjouie Amira Elfadil, commissaire de l’UA aux Affaires sociales. «Je suis convaincue que cela fait partie des solutions durables». L’UA espère que d’autres pays africains accepteront de fournir une aide similaire.

Depuis 2017, le HCR a «évacué» plus de 4400 réfugiés et demandeurs d’asile depuis la Libye, dont 2900 via un centre de transit au Niger et 425 via un centre de transit en Roumanie. Mais l’agence onusienne a été critiquée pour sa gestion des mécanismes de transit. Le centre de transit au Niger a rapidement été surpeuplé, tandis que les demandes d’asile ont été traitées avec lenteur.

Le Rwanda et le HCR ont «appris de l’expérience au Niger, et nous avons amélioré la procédure», a soutenu Cosmas Chanda, reconnaissant toutefois que «le processus sera très long». Selon Hope Tumukunde Gasatura, les réfugiés et demandeurs d’asile seront accueillis dans des installations qui ont déjà été utilisées par des réfugiés burundais fuyant la crise dont leur pays est le théâtre depuis 2015.

Par Le Figaro.fr avec Reuters

Sommet du G7 à Biarritz : le point sur le programme des présidents africains invités

août 23, 2019

Le G7 se déroulera du 24 au 26 août 2019 en France, à Biarritz. © Markus Schreiber/AP/SIPA 

Cinq pays africains participeront, au titre d’invités, au sommet du G7 qui s’ouvre samedi à Biarritz. Un tête à tête entre Emmanuel Macron et Paul Kagame y est notamment prévu, alors que le rapprochement entre les deux pays se poursuit.

Pour ce sommet du G7 au format remanié, Emmanuel Macron a choisi de convier huit pays non-membres dont cinq africains. L’Afrique du Sud a, selon le site de l’Élysée, été conviée au côté de l’Inde, de l’Australie et du Chili en tant que « grands partenaires engagés dans la protection et la promotion des libertés démocratiques ».

Le Burkina Faso et son président Roch Marc Christian Kaboré, en sa qualité de président du G5 Sahel, Abdel Fattah al-Sissi, actuellement président de l’Union africaine, Macky Sall, en tant que président du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) et Paul Kagame, qui a exercé en 2018 la présidence de l’Union africaine (UA) seront également présents. Moussa Faki, président de la commission de l’Union africaine est également présent.

À Biarritz, les chefs d’État seront pour la plupart logés à l’hôtel du Palais.

Bilatérales avec Kagame et Ramaphosa

Au programme des bilatérales, le président Emmanuel Macron doit s’entretenir avec son homologue rwandais Paul Kagame avec qui le rapprochement se poursuit. Un nouvel ambassadeur rwandais, François-Xavier Ngarambe doit arriver prochainement pour prendre le relais de Jacques Kabale, en poste depuis dix ans. Le dossier d’un ambassadeur au Rwanda, où la France n’est plus représentée depuis 2015, est toujours en attente. Côté rwandais on se veut optimiste à ce sujet. « Après l’agrément de notre Ambassadeur, la France ne restera pas longtemps sans en nommer un », glissait une source diplomatique rwandaise après la nomination du nouveau représentant de Kigali à Paris.

Le président français doit aussi échanger en tête à tête avec le président sud-africain Cyril Ramaphosa. Après une visite de Jean-Yves Le Drian en Afrique du Sud début mars, le président français prépare lui-même une visite officielle en Afrique du Sud au début de l’année 2020. La date précise n’a pas encore été fixée.
Situation au Sahel
Un point presse sur la situation au Sahel est notamment prévu. Les participants doivent aussi échanger sur le soutien financier à plusieurs initiatives (entrepreneuriat féminin avec la Banque africaine de développement, Fondation Denis Mukwege, etc). Les sherpas, qui ont participé aux réunions de préparation au niveau ministériel, sont arrivés à Biarritz jeudi pour négocier les derniers textes. À l’ordre du jour, transformation numérique, transparence dans les marchés publics et lutte contre la corruption.

Israël: l’Ouganda « envisage » d’accueillir des migrants africains

avril 13, 2018

Kampala – L’Ouganda « envisage » d’accueillir sur son sol quelque 500 migrants érythréens et soudanais en situation irrégulière en Israël, et que l’Etat hébreu entend expulser, a assuré vendredi le secrétaire d’Etat ougandais en charge des Réfugiés.

« Le gouvernement (…) envisage positivement la requête » israélienne d’accueillir ces migrants, a déclaré le secrétaire d’Etat Musa Ecweru, après plusieurs mois durant lesquels son pays a démenti tout accord sur la question.

M. Ecweru a assuré qu’Israël ne payera pas l’Ouganda pour accueillir ces migrants, assurant que les motivations ougandaises sont « purement humanitaires », et que les migrants ne seraient pas déportés de force.

Le gouvernement de Benjamin Netanyahu, le plus à droite de l’histoire d’Israël, veut expulser des milliers d’Erythréens et de Soudanais entrés illégalement dans le pays et qui n’ont pas de demande d’asile en cours d’instruction. Le gouvernement leur propose de partir « volontairement » avec une somme de 3.500 dollars (2.800 euros), sous peine d’être arrêtés et détenus jusqu’à ce qu’ils acceptent de quitter le pays.

Les autorités n’ont toutefois pas indiqué vers quels pays les migrants pourraient être expulsés, sachant qu’Israël reconnaît tacitement qu’ils ne peuvent être renvoyés au Soudan ou en Erythrée sans mettre leur vie en danger.

Des ONG israéliennes assurent depuis plusieurs mois que des accords ont été passés avec l’Ouganda et le Rwanda, ce que les intéressés ont démenti à plusieurs reprises.

Le plan d’expulsion du gouvernement israélien a suscité de nombreuses critiques, notamment du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU, mais aussi en Israël de certains survivants de la Shoah et d’une partie de la société civile.

Début avril, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait accepté d’annuler ce programme d’expulsions, assurant qu’un accord avec l’ONU allait permettre de transférer les migrants concernés vers « des pays développés comme le Canada, l’Allemagne ou l’Italie ». Mais M. Netanyahu avait fait volte-face quelques heures plus tard, et annulé l’accord avec l’ONU.

Selon les autorités israéliennes, 42.000 migrants africains vivent actuellement en Israël. Les femmes et les enfants n’étaient pas menacés par le plan initial d’expulsions.

Ces migrants sont arrivés majoritairement après 2007, à partir du Sinaï. La frontière à l’époque poreuse avec l’Egypte a depuis été rendue quasiment hermétique. Ils se sont installés en nombre dans des quartiers pauvres de Tel-Aviv, la grande ville côtière.

Selon M. Netanyahu, ces migrants ne sont pas des réfugiés, mais des « infiltrés illégaux ».

Romandie.com avec(©AFP / 13 avril 2018 13h56)