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Covid : Nu, nouveau variant d’Afrique australe au cœur de toutes les inquiétudes

novembre 26, 2021
Laboratoire de traitement des tests PCR, en Afrique du Sud. © A technician uses a single channel pipette dropper at an on-site laboratory processing PCR tests in the hospital at Anglo American Platinum Ltd.’s Tumela mine in Amandelbult, South Africa, on Thursday, Aug. 12, 2021. Its at sites such as these, a three-hour drive northwest of Johannesburg, where South African companies are playing a crucial role in helping the government counter the ravages of the pandemic among remote communities. © Waldo Swiegers/Bloomberg via Getty Images

Alors que l’OMS se réunit en urgence ce vendredi pour évaluer la dangerosité du variant, plusieurs pays, inquiets des mutations inédites de celui-ci, ont déjà fermé leurs frontières aux voyageurs arrivant du sud du continent.

Jeudi 25 novembre en milieu de journée, l’OMS ne cachait déjà plus son inquiétude. Lors de son briefing hebdomadaire, Matshidiso Moeti, la directrice régionale de l’OMS, expliquait qu’après « presque quatre mois d’une baisse soutenue, le nombre de cas de Covid-19 se stabilisait en Afrique. » En particulier dans la partie australe du continent où, « pour la première fois depuis le pic de la troisième vague en août, le nombre de cas avait augmenté, bondissant de 48 % au cours de la semaine qui s’est achevée le 21 novembre. »

Quelques heures à peine après cette première mise en garde, une équipe de scientifiques sud-africains, emmenée par le virologue Tulio de Oliveira, directeur du Center for Epidemic Response and Innovation, rattaché à l’université du Kwazulu-Natal, enfonçait le clou. L’emballement actuel du nombre de cas en Afrique du Sud, et dans les pays voisins, était sans doute lié à l’identification d’un tout nouveau variant du Covid, nom de code Nu, identifié pour la toute première fois au Botswana le 11 novembre. Jeudi 25 novembre, les chercheurs recensaient 22 cas confirmés en Afrique du Sud, un au Botswana (le premier patient testé) et un à Hong Kong, ce dernier cas étant un voyageur en provenance d’Afrique du Sud.

Caractéristiques surprenantes

Ce vendredi 26 au matin, le bilan était passé à 77 cas dans la province sud-africaine de Gauteng (la plus peuplée du pays, où se trouvent les villes de Pretoria et de Johannesburg), 4 au Botswana, toujours un seul à Hong Kong et un en Israël, arrivé par avion du Malawi. Les chiffres restent donc très modestes, même s’ils progressent vite. Pourtant, le variant Nu fait peur. Prenant la parole aux côtés du virologue Julio de Oliveira, le ministre de la Santé sud-africain Joe Phaahla (nommé à ce poste en remplacement de Zweli Mkhize au début du mois d’août) parlait déjà d’une « menace majeure ».

LES ÉVOLUTIONS DE CETTE VERSION DU VIRUS TOUCHENT LA FAMEUSE PROTÉINE SPIKE

La nature du nouveau variant inquiète en effet les chercheurs. Il serait « très différent » de toutes les formes de coronavirus observées ces derniers mois, variant Delta inclus, et présenterait des caractéristiques « surprenantes ». Le principal sujet d’inquiétude concerne les mutations qu’il a subies. Certes, les virus mutent en permanence, mais le nombre d’évolutions observées sur celui-ci est sans précédent, et beaucoup touchent la fameuse protéine Spike, l’élément extérieur de la cellule qui lui permet de se fixer dans l’organisme du patient. Or la plupart des vaccins développés à ce jour ciblent précisément cette protéine, et les mutations font craindre une baisse de leur niveau d’efficacité. Selon le professeur Richard Lessells, qui travaille également sur le sujet, le variant Nu présenterait aussi « un potentiel de propagation très rapide ».

La menace est jugée suffisamment sérieuse pour que l’OMS ait décidé de se réunir ce vendredi pour discuter de la dangerosité du variant et échanger sur les mesures à prendre afin de freiner sa dissémination. Dans les prochains jours, selon la procédure habituelle de l’agence onusienne, elle décidera de le classer soit parmi les « variants préoccupants » (VOC) soit parmi les « variants d’intérêt » (VOI), ce qui conditionnera le niveau d’alerte et l’ampleur des moyens déployés.

Les scientifiques très partagés

Sans attendre, de nombreux pays ont déjà adopté des mesures de précaution, parfois drastiques. Moins de 24 heures après l’annonce des scientifiques sud-africains, le Royaume-Uni, la France (où les autorités prédisent l’arrivée imminente d’une cinquième vague), l’Italie, l’Allemagne et Singapour ont refermé leurs frontières aux voyageurs arrivant d’Afrique australe. Et ce vendredi matin, les bourses asiatiques plongeaient toutes de 2 à 3 %, bientôt imitées par les places européennes à mesure qu’elles ouvraient leurs cotations. La crainte des financiers : que le variant mutant provoque de nouveaux confinements, synonymes de ralentissement de l’activité économique.

LES MUTATIONS DU VARIANT NU SONT PEUT-ÊTRE LIÉES À LA SANTÉ DÉGRADÉE DU PATIENT DÉCOUVERT AU BOTSWANA

À cette heure pourtant, la communauté scientifique reste très partagée sur la dangerosité réelle du variant. Si certains postent déjà sur Twitter des messages parlant d’un virus « horrible » ou du « pire variant jamais observé », d’autres rappellent que certaines mutations observées depuis le début de la pandémie, en particulier le variant Beta, n’ont finalement pas eu l’impact dévastateur annoncé, et que rien ne permet encore de préjuger du potentiel de propagation du nouveau virus, si ce n’est des extrapolations. Certains estiment même que le nombre exceptionnel de mutations constatées est peut-être lié à l’état de santé très dégradé du patient découvert au Botswana.

La principale inquiétude tient, à vrai dire, à une possible diminution de l’efficacité des vaccins face à cette nouvelle forme du coronavirus. Le 24 novembre, Tedros Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS, déclarait déjà qu’avec l’émergence du variant Delta, l’efficacité moyenne des vaccins était tombée à 40 % (sans doute beaucoup plus pour les sérums à ARN-messager mais probablement encore moins pour quelques autres…), et qu’il était plus crucial que jamais de continuer à porter le masque et à respecter l’ensemble des mesures barrières instituées depuis le début de la pandémie. L’organisation a aussi précisé le 26 novembre qu’à ce stade, les restrictions de voyages ne se justifiaient pas encore, visiblement sans être entendue.

Mais pour les responsables Afrique de l’OMS, la cause semble entendue : ils estiment déjà qu’une quatrième vague de contaminations, aggravée par les nombreux déplacements qui auront lieu à l’occasion des fêtes de fin d’année, va déferler sur le continent au début de 2022.

Avec Jeune Afrique par Olivier Marbot

Les observateurs locaux estiment « sérieusement compromise » la crédibilité du scrutin zimbabwéen

août 1, 2013

Le réseau zimbabwéen de soutien aux élections (ZESN) a remis en cause jeudi la crédibilité du scrutin de mercredi en dénonçant un plan bien orchestré par le parti au pouvoir pour empêcher les électeurs urbains, considérés comme acquis à l’opposition, d’exercer leur devoir de citoyen.

Le ZESN a, dans une déclaration, fait observer que bien que l’atmosphère électorale était généralement calme, il n’en demeure pas moins que la crédibilité du scrutin pourrait faire l’objet de questionnements dans la mesure où plus d’un million de Zimbabwéens dûment inscrits sur les listes n’ont pu exercer leur droit de vote.

« A l’examen des rapports qui nous sont parvenus des différents observateurs que nous avons déployés à travers le pays, nous sommes en mesure de dire que la crédibilité des élections couplées de 2013 est sérieusement comprise par des efforts systématiques ayant pour objectif d’empêcher un certain nombre d’électeurs estimés à plus d’un million de choisir leur prochain président », a déploré l’organe d’observation qui regroupe plus de 30 organisations de la société civile.

Ce constat fait suite aux accusations récentes de l’opposition selon lesquelles, l’organe chargée de l’inscription des électeurs sur les listes avait sciemment omis plus d’un millions d’électeurs potentiels classés comme « étrangers » quand ils sont allés s’inscrire sur les listes.

La nouvelle Constitution en vigueur au Zimbabwe permet aux enfants des émigrés établis dans les pays voisins de l’Afrique australe de voter.

Les soi-disant « étrangers » font référence aux personnes nées au Zimbabwe mais dont les deux parents ne sont pas originaires du pays.

Selon le ZESN les inscriptions sur les listes électorales se sont faites de manière partiale au détriment des électeurs urbains qui sont pour la plupart favorable au candidat du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de Morgan Tsvangirai.

APA-Harare (Zimbabwe)

Sommet de Maputo : la SADC au chevet du Zimbabwe

juin 15, 2013

Plusieurs chefs d’État d’Afrique australe tiennent ce samedi 15 juin à Maputo un sommet test pour la crédibilité de l’organisation régionale qui doit examiner la situation au Zimbabwe, alors que le pays n’est pas prêt pour tenir des élections libres, selon des analystes.

Robert Mugabe, 89 ans, au pouvoir au Zimbabwe depuis 33 ans et candidat à sa propre succession, a décidé d’organiser les élections législatives et présidentielle le 31 juillet. Une décision qui rouvre la crise avec son Premier ministre et principal opposant Morgan Tsvangirai, qui exige le vote préalable de réformes pour limiter la mainmise présidentielle sur les médias et faire un grand ménage dans les forces de l’ordre, largement inféodées.

« Nous prévoyons que la SADC va endosser notre position qui est d’aller aux urnes d’ici au 31 juillet et que la fixation du calendrier est bien une prérogative présidentielle », a déclaré, sûr de son fait avant le sommet, un porte-parole du parti présidentiel, Rugare Gumbo. « Le Zimbabwe est un État souverain et nous appliquons la décision de la plus haute cour de justice. Nous espérons que la SADC nous soutiendra sur ce point », a-t-il ajouté.

« La proclamation de la date des élections par le président est conforme aux lois nationales », a également commenté Blessing Vava, un membre de l’assemblée constituante zimbabwéenne. Selon lui, « la SADC va probablement se contenter de demander des réformes avant les élections ».

SADC, l’arbitre

Si la SADC elle-même ne peut pas trancher, elle a cependant un rôle clé à jouer. C’est elle qui a empêché le pays de sombrer dans la guerre civile en 2008 et parraine depuis les efforts en faveur de la démocratie au Zimbabwe. Elle a contribué à un semblant d’armistice entre Mugabe et Tsvangirai, les obligeant à cohabiter depuis quatre ans dans un gouvernement d’union nationale qui a permis un début de redressement économique.

Cette trêve n’empêche pas que les opposants au camp présidentiel soient régulièrement en butte à la répression, mais elle a permis l’adoption en mars d’une nouvelle Constitution, validées par tous les partis et nettement plus démocratique, au moins sur le papier.

C’est aussi la SADC, et notamment l’Afrique du Sud représentée samedi par le président Jacob Zuma, qui devra passer à la caisse pour trouver les 132 millions de dollars nécessaires à l’organisation du scrutin que les caisses publiques zimbabwéennes exsangues ne peuvent pas financer.

« C’est un test pour la SADC. L’organisation régionale a demandé qu’il y ait des réformes avant la tenue du scrutin », observe le politologue Ernest Mudzengi. « C’est vraiment un cas d’école pour voir si la SADC prouve qu’elle est un bloc régional fort capable de faire appliquer les principes démocratiques, ajoute-t-il. C’est vraiment difficile pour la SADC et on ne peut pas prédire ce qui va se passer ».

« Le Zimbabwe n’est pas prêt pour de vraies élections »

Plusieurs observateurs, de l’ONG Human Rights Watch à l’institut de recherche sud-africain Institut for Securities Studies (ISS), jugent que les conditions d’une élection vraiment libre au Zimbabwe ne sont pas réunies. « Le pays n’est clairement pas prêt pour de vraies élections », a estimé cette semaine une note d’analyse d’ISS à Pretoria, recommandant que la SADC pousse pour un report du scrutin et menace le Zimbabwe d’une suspension, voire menace Robert Mugabe lui-même de sanctions sur son patrimoine et ses déplacements.

« Les services de sécurité qui ont joué un rôle décisif lors des précédentes élections sont loin d’être impartiaux : la télévision d’État, la radio et les journaux dominants continuent de suivre une ligne outrageusement pro-ZANU-PF », le parti de Mugabe, souligne cette note. Et d’ajouter : « Il est temps que les leaders de la SADC abandonnent l’illusion que la ZANU-PF est capable de faire les réformes nécessaires toute seule ».

Depuis 2000, toutes les élections au Zimbabwe ont donné lieu à de graves violences politiques, notamment en 2008 quand Tsvangirai avait devancé Mugabe au premier tour. Des policiers ont alors participé aux violences contre les supporters de l’opposant qui firent plus de 200 morts.

Jeuneafrique.com avec AFP

Présidentielle à Madagascar : « profonde inquiétude » de la Francophonie

mai 18, 2013
La candidate Lalao Ravalomanana (g) et le président de transition Andry Rajoelina. La candidate Lalao Ravalomanana (g) et le président de transition Andry Rajoelina. © Montage AFP

Le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf, a fait part samedi de sa « profonde inquiétude », après la validation des candidatures d’Andry Rajoelina, Didier Ratsiraka et Mme Lalao Ravalomanana pour la présidentielle à Madagascar.

Le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf, a fait part samedi de sa « profonde inquiétude », après la validation des candidatures d’Andry Rajoelina, Didier Ratsiraka et Mme Lalao Ravalomanana pour la présidentielle à Madagascar.

Abdou Diouf « regrette que cette décision remette en cause l’ensemble du processus de sortie de crise » et « appelle tous les acteurs de la crise malgache à revenir à l’application de la Feuille de route. Il leur demande de respecter la lettre et l’esprit de leurs engagements », dans un communiqué.

Le secrétaire général de la Francophonie appuie la demande de la troïka de l’Organe de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), exprimée le 10 mai, pour un retrait des candidatures de Andry Rajoelina, de l’ancien Président Didier Ratsiraka, et de Mme Lalao Ravalomanana.

La Cour électorale spéciale de Madagascar a validé le 3 mai les candidatures du président de la transition Andry Rajoelina, de l’ancien chef d’Etat Didier Ratsiraka (1975-1993 et 1997-2002) et Lalao Ravalomanana, épouse de l’ancien président Marc Ravalomanana (2002-2009).

La candidature de M. Rajoelina a été déposée hors-délai et ni Mme Ravalomanana ni M. Ratsiraka n’ont résidé à Madagascar au cours des six derniers mois comme l’exige la loi électorale.

Le 10 mai, la « Troïka » (organe chargé de la sécurité) de la SADC avait demandé à ces trois principaux candidats (sur 49) de retirer leur candidature à la prochaine présidentielle dont le 1er tour est prévu le 24 juillet.

Andry Rajoelina s’était à l’origine engagé à ne pas se présenter à cette élection, dans le cadre d’un accord de sortie de crise. M. Rajoelina, 38 ans, a justifié son revirement par les candidatures de Mme Ravalomanana – rentrée en mars dans son pays – et de M. Ratsiraka, qui avait quitté le pouvoir en 2002 et s’était exilé en France, à l’issue d’une grave crise politique née des résultats de la présidentielle l’ayant opposé à M. Ravalomanana.

M. Ratsiraka n’est rentré définitivement à Madagascar qu’en avril dernier.

Jeuneafrique.com avec AFP

Madagascar : la SADC demande aux trois principaux candidats à la présidentielle de se retirer

mai 11, 2013
Andry Rajoelina, en marge du sommet de la SADC à Maputo, le 18 oût 2012. Andry Rajoelina, en marge du sommet de la SADC à Maputo, le 18 oût 2012. © AFP

La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a demandé vendredi aux trois principaux candidats à l’élection présidentielle malgache, dont l’actuel homme fort de Madagascar Andry Rajoelina, de se retirer afin d’éviter des troubles sur la Grande Ile.

Parmi les 41 candidats autorisés par la Cour électorale spéciale (CES) malgache à se présenter à la présidentielle du 24 juillet figurent l’épouse de l’ancien président Marc Ravalomanana déposé en 2009, Lalao, l’ancien président Didier Ratsiraka et Andry Rajoelina.

Or, les deux premiers – qui viennent de rentrer d’exil – n’auront pas résidé pendant six mois dans le pays le jour du scrutin comme l’exige la loi électorale, et la candidature du troisième a été déposée hors délai.

« Le sommet a exprimé sa vive préoccupation quant à la décision de la Cour électorale spéciale d’approuver des candidatures illégitimes pour l’élection présidentielle en violation de la Constitution malgache et de la loi électorale », a fait savoir le secrétariat de la SADC à l’issue d’une réunion de la troïka, l’organe de sécurité de l’organisation régionale, au Cap.

Candidature surprise de Rajoelina

La SADC, qui joue les médiateurs dans la crise malgache depuis le renversement de M. Ravalomanana par M. Rajoelina en 2009, a également exprimé « son mécontentement sur la décision de S.E. Rajoelina de revenir sur son engagement préalable de ne pas se présenter à l’élection présidentielle », selon le communiqué. Elle a également exprimé sa déception face à la décision imprudente de la Mouvance Ravalomanana de présenter Mme Lalao Ravalomanana, ancienne première dame de la République de Madagascar, en tant que candidate à la présidentielle.

MM. Ravalomanana et Rajoelina s’étaient engagés à ne pas se présenter, mais l’actuel homme fort de la Grande Ile a fait une candidature surprise pour répondre à celle de l’épouse de son prédécesseur et toujours grand rival.

« Le sommet a exhorté S.E. Andry Rajoelina, l’ancien président Didier Ratsiraka et Madame Lalao Ravalomanana à réfléchir au retrait de leurs candidatures au nom de la paix et de la stabilité à Madagascar », a conclu la SADC. L’organisation régionale appelle néanmoins tous les partis malgaches à respecter le calendrier électoral – un premier tour de la présidentielle le 24 juillet avant un éventuel second tour couplé avec des législatives le 25 septembre -, et invite l’ONU et l’Union africaine à venir superviser l’organisation du scrutin.

Vives réactions

A Madagascar, les réactions ont été très vives dès vendredi soir. « Suivant les lois en vigueur, les trois candidats ne peuvent plus retirer leur candidature », a observé Nirhy Lanto Andriamahazo, coordonnateur à la présidence de la Transition malgache, un proche d’Andry Rajoelina. »Et je me demande si ce n’est pas l’inverse (le maintien des candidatures) qui peut apporter l’apaisement. En effet, dans l’état actuel des choses, nous avons des représentants des quatre mouvances (les quatre principaux partis malgaches, ndlr) dans cette élections à travers Andry Rajoelina, Didier Ratsiraka, Lalao Ravalomanana et Tabera Randriamanantso pour la mouvance de l’ancien président Albert Zafy », a-t-il ajouté.

Le dirigeant de la Mouvance Ravalomanana, Mamy Rakotoarivelo, a fait remarquer que Mme Ravalomanana était la seule candidate de son camp, alors qu’Edgar Razafindravahy, le candidat avancé par M. Rajoelina avant qu’il ne présente sa propre candidature, ne s’était pas encore retiré. « Si Andry Rajoelina se retire, il a encore Edgar Razafindravahy comme candidat à la présidentielle. Pour nous, si Lalao Ravalomanana se retire, nous n’avons plus personne pour cette élection présidentielle », a-t-il déclaré à l’AFP. « En plus, les décisions de la Cour électorale spéciale ne sont susceptibles d’aucun recours. Alors pourquoi la SADC fait-elle encore une telle demande ? », s’est-il interrogé.

Quant à Ange Andrianarisoa, chef de la délégation de la Mouvance Didier Ratsiraka, il s’est carrément emporté : « Pourquoi la SADC nous donne-t-elle des ordres ? La Cour électorale spéciale est souveraine sur ses décisions. La CES a déjà trouvé que ça vaut mieux que les dossiers des trois candidats soient validés. La SADC s’immisce trop dans les affaires malgaches ! »

 Jeuneafrique.com avec AFP

Tanzanie: plus de 200 morceaux de défenses d’éléphants saisis

octobre 31, 2012
Tanzanie: plus de 200 morceaux de défenses d'éléphants saisis Tanzanie: plus de 200 morceaux de défenses d’éléphants saisis © AFP

La police tanzanienne a saisi 214 morceaux de défenses d’éléphants, d’une valeur estimée à près d’un million d’euros, dans la capitale économique du pays, Dar es-Salaam, a-t-on appris mercredi de sources policières.

Les défenses ont été saisies lundi au domicile d’un ressortissant kényan vivant avec une Tanzanienne, a indiqué la police dans un communiqué. Les forces de l’ordre précisent avoir arrêté le couple et deux autres suspects.

Selon le communiqué, les morceaux de défenses, qui venaient potentiellement de plus de 90 éléphants différents, étaient entreposés dans douze sacs recouverts du drapeau tanzanien.

La police pense que les suspects voulaient faire passer la marchandise au Kenya voisin, par la route. Selon le chef de la police de Dar es-Salaam, Suleiman Kova, l’ivoire provenait de Tanzanie, pays qui abrite l’une des plus importantes populations d’éléphants au monde.

« Nous poursuivons les enquêtes pour démanteler ce réseau », a affirmé le responsable à l’AFP, sans pouvoir préciser le poids de l’ivoire saisie.

La Conférence des pays signataires de la Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées d’extinction (CITES) a prohibé le commerce international de l’ivoire en 1989, mais autorise toutefois les pays d’Afrique australe à des ventes ponctuelles.

La contrebande de défenses d’éléphants est alimentée par une forte demande, en Asie notamment où l’ivoire est utilisée comme décoration ou pour des remèdes médicinaux traditionnels.

Jeuneafrique.com avec AFP

Conflit en RDC: la SADC met en cause le Rwanda, la piste d’une force neutre pas évoquée

août 18, 2012
 

Conflit en RDC: la SADC met en cause le Rwanda, la piste d'une force neutre pas évoquée Conflit en RDC: la SADC met en cause le Rwanda, la piste d’une force neutre pas évoquée © AFP

Les dirigeants de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) ont directement mis en cause samedi la participation du Rwanda dans le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), lui enjoignant de cesser son assistance au groupe rebelle M23.

S’inquiétant de la situation dans la région, ils ont « noté que cela est causé par des groupes rebelles bénéficiant de l’assistance du Rwanda, et ont exhorté le Rwanda à cesser immédiatement ses interférences, qui constituent une menace pour la paix et la stabilité », selon leur communiqué final.

A l’occasion de leur sommet annuel, à Maputo, ils ont mandaté le chef de l’organisation régionale, le président mozambicain Armando Guebuza, « pour entreprendre une mission au Rwanda afin qu’il s’entretienne avec le gouvernement rwandais pour exhorter le Rwanda à mettre fin à son appui militaire aux rebelles armés en RDC, le soi-disant M23 ».

L’armée congolaise combat depuis mai des mutins se réclamant du Mouvement du 23 mars (M23), qui sont issus de l’ex-rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), officiellement intégrée dans l’armée en 2009.

Le Rwanda a été nommément accusé par des ONG puis par l’ONU d’appuyer en hommes, en armes et en munitions les rebelles, ce que Kigali a toujours nié.

Le communiqué final du sommet de la SADC –à laquelle appartient la RDC– ne fait en revanche pas la moindre référence à l’éventuel envoi d’une « force neutre » dans la région, tel qu’envisagé jeudi par la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL).

Angola, RDC, Tanzanie et Zambie sont pourtant à la fois membre de la CIRGL et de la SADC.

Jeuneafrique.com avec AFP

SADC: RDC, Madagascar, Zimbabwe, lac Malawi au menu du sommet de Maputo

août 17, 2012
 
SADC: RDC, Madagascar, Zimbabwe, lac Malawi au menu du sommet de Maputo SADC: RDC, Madagascar, Zimbabwe, lac Malawi au menu du sommet de Maputo © AFP

Le président mozambicain Armando Guebuza a plaidé vendredi pour le développement d’infrastructures en ouvrant le sommet annuel de la SADC, l’organisation de l’Afrique australe, s’inquiétant pour les crises qui pourraient mettre en péril l’intégration régionale.

Les quatre principaux points sur lesquels la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) devrait se pencher pendant deux jours sont Madagascar, la RD Congo (RDC), le Zimbabwe, et le conflit frontalier entre le Malawi et la Tanzanie.

« Nous sommes très préoccupés par la situation dans l’est de la République démocratique du Congo et nous apportons notre soutien au rétablissement de la paix dans ce pays qui fait partie de la SADC », a relevé M. Guebuza, dont le pays a pris vendredi la présidence tournante de l’organisation à l’Angola.

Une récente réunion à Kampala a évoqué l’envoi d’une « force neutre » dans l’est de la RDC où le mouvement rebelle M23 a pris les armes contre les autorités en avril, obligeant quelque 250. 000 personnes à fuir les combats.

« Nous recherchons une solution pour le différend opposant la Tanzanie au Malawi » qui se disputent les eaux du lac Malawi où Lilongwe veut chercher du pétrole et du gaz, a ajouté le président mozambicain pendant la cérémonie d’ouverture.

« S’ils commencent à se battre, nous accueillerons les réfugiés », a plaisanté son homologue zambien Michael Sata, rappelant la tradition d’hospitalité de son pays qui avait accueilli les divers mouvements de libération de la région.

« Mais ils cessent visiblement le feu avant d’avoir même tiré le premier coup! », a-t-il ajouté.

« Ce qui se passe, c’est que nous devons discuter d’abord », lui a indirectement répondu la présidente malawite Joyce Banda.

« Des discussions ont lieu, des responsables de Tanzanie et des responsables du Malawi se rencontrent, ils se rencontreront à nouveau lundi, et je ne peux pas préjuger de leurs discussions », a-t-elle ajouté à l’AFP.

Concernant Madagascar, « continuons à promouvoir un dialogue amélioré pour faire avancer ce processus (. . . ) afin qu’il y ait une confiance mutuelle entre les deux parties », a noté Armando Guebuza. « Que pouvons-nous faire pour les faire parvenir à un consensus? »

L’ancien président malgache Marc Ravalomanana et l’actuel homme fort de la Grande Ile, Andry Rajoelina, ont été convoqués jeudi soir pour plaider leur cause devant la « troïka », l’organe de sécurité et défense de l’organisation. Ils devaient faire une apparition au sommet vendredi, a-t-on appris de sources diplomatiques.

La SADC, qui joue les médiateurs depuis le renversement du premier par le second lors d’une révolution en mars 2009, leur avait donné jusqu’à jeudi pour aplanir leurs différends, menaçant d’exclure le responsable d’un éventuel blocage du processus de réconciliation.

La situation n’a guère évolué, M. Rajoelina s’opposant au retour de son rival, qui a été condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité pour son rôle dans la mort de 36 manifestants abattus par sa garde lors des émeutes qui l’ont emporté.

M. Guebuza n’a pas évoqué la situation au Zimbabwe, où le processus patine pourtant, que le sommet devait également aborder.

Alors que les partis se sont mis d’accord en juillet sur un projet de Constitution –préalable à l’organisation d’élections–, le texte est désormais remis en cause par la Zanu-PF, le parti du président Robert Mugabe.

Mais l’homme fort de la SADC qui est aussi son médiateur dans la crise zimbabwéenne, le président sud-africain Jacob Zuma, a annoncé son départ de Maputo pour se rendre à la mine de Marikana, dans le nord-ouest de son pays, où des policiers ont tiré sur des mineurs grévistes jeudi faisant, selon un premier bilan officiel de 34 tués et 78 blessés.

Les infrastructures seront également à l’ordre du jour du sommet, avec sur la table un schéma régional de développement des équipements prévoyant 500 milliards de dollars d’investissements en quinze ans, dont 64,15 milliards d’ici 2017.

Jeuneafrique.com avec AFP

Madagascar: l’ex-président Ravalomanana condamne l’expulsion de sa femme

juillet 28, 2012
Madagascar: l'ex-président Ravalomanana condamne l'expulsion de sa femme Madagascar: l’ex-président Ravalomanana condamne l’expulsion de sa femme © AFP

L’ex-président malgache Marc Ravalomanana a condamné samedi l’expulsion de sa femme Lalao, placée dans un avion vers Bangkok la veille alors qu’elle tentait un retour à Madagascar, mais le chef de la Transition Andry Rajoelina a dénoncé une « provocation » menaçant les pourparlers en cours entre les deux rivaux.

« Une fois de plus, le régime en place à Madagascar a montré qu’on ne peut pas lui faire confiance », a-t-il déclaré dans un communiqué.

M. Ravalomanana a ajouté qu’il allait porter plainte auprès de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), l’organisation régionale qui tente une médiation pour sortir le pays de la crise où il est plongé depuis qu’il a été chassé du pouvoir par Andry Rajoelina en 2009.

Ce dernier a pour sa part dénoncé vendredi soir dans une déclaration de son bureau un retour non autorisé qui est, selon lui, « une provocation ».

Pour le président de la Transition, « Marc Ravalomanana a encore torpillé le processus de sortie de crise en se servant, cette fois-ci, de sa propre épouse elle-même, Mme Lalao Ravalomanana », affirmant « qu’un tel retour n’a même pas été évoqué (. . . ) aux Seychelles ».

Sommés de s’entendre avant le 31 juillet par la SADC, MM. Rajoelina et Ravalomanana se sont rencontrés mardi et mercredi aux Seychelles. Ils doivent à nouveau se voir dans les prochains jours, l’ultimatum ayant été repoussé au 16 août.

Marc Ravalomanana, qui vit en exil en Afrique du Sud, indique dans son communiqué que son rival lui a donné lors de cette réunion l’assurance que sa famille serait protégée à Madagascar.

Il ajoute les voyages familiaux devaient rester discrets, si bien que leur fils Tojo –présent à Madagascar depuis plusieurs mois– devait seul rencontrer Lalao Ravalomanana à l’aéroport. Ce qui n’a pas empêché les principales personnalités de son camp de s’y rendre pour accueillir l’ancienne première dame.

 Jeuneafrique.com avec AFP

Retour à Madagascar de l’épouse du président malgache destitué

juillet 27, 2012
Retour à Madagascar de l'épouse du président malgache destitué Retour à Madagascar de l’épouse du président malgache destitué © AFP

L’épouse du président malgache destitué Marc Ravalomanana est revenue vendredi à Madagascar, après avoir été refoulée à deux reprises de même que son mari, a indiqué à l’AFP le dirigeant de son mouvement.

« Mme Lalao Ravalomanana est bien arrivée sur le sol de Madagascar », a declaré Mamy Rakotoarivelo, président du Congrès de la Transition et chef de la mouvance Ravalomanana.

« Elle a pu embarquer sans problèmes, mais elle a été retenue à son arrivée à l’aéroport d’Ivato par la police de l’air », a ajouté M. Rakotoarivelo.

L’aéroport d’Ivato, principal aéroport de Madagascar, dessert la capitale Antananarivo.

« La police de l’air a appellé le Premier Ministre, Omer Beriziky, qui a donné son accord à l’entrée de Mme Ravalomanana sur le territoire malgache ».

« Le président Marc Ravalomanana a pris la décision de faire rentrer sa femme Lalao à son retour des Seychelles. Je ne peux pas vous dire si il en a parlé avec Andry Rajoelina », le président de la Transition lors de leurs discussions mercredi aux Seychelles.

« Nous n’avons pas encore de date concernant la prochaine rencontre de MM. Ravalomanana et Rajoelina, mais elle se tiendra obligatoirement avant le 16 août, en accord avec la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC).

La date du 16 août remplace en effet la date limite imposée par la SADC pour que les deux parties trouvent un accord, elle était précédemment fixée au 31 juillet.

Il n’y avait aucun dispositif particulier à l’aéroport une heure avant l’arrivée du vol Air Link, a pu constater un journaliste l’AFP sur place.

Lalao Ravalomanana avait tenté à plusieurs reprises de revenir sur le sol malgache, dont la dernière debut mars 2012.

Le fils de Marc Ravalomanana, Tojo, est déjà présent à Madagascar depuis plusieurs mois.

La présence de la famille de l’ancien président en exil pourrait laisser penser à une issue favorable quant à son retour, elle vise aussi à remettre de l’ordre dans l’ex-empire agro-alimentaire de l’ancien président.

La plupart des infrastructures du groupe « Tiko » ont été détruites lors de la prise de pouvoir d’Andry Rajoelina en 2009

Jeuneafrique.com avec AFP