Posts Tagged ‘Afrique du sud’

L’Afrique face au Covid-19 : la troisième vague accélère

juin 19, 2021

FLAMBÉE. L’OMS a confirmé le 17 juin qu’une troisième vague de Covid-19 était en train de frapper le continent.

L'Ouganda avait impose l'annee derniere des mesures drastiques alors qu'il n'avait enregistre qu'une poignee de cas.
L’Ouganda avait imposé l’année dernière des mesures drastiques alors qu’il n’avait enregistré qu’une poignée de cas. © BADRU KATUMBA / AFP

Àcontre-courant d’une tendance mondiale à la baisse depuis début mai, la pandémie de Covid-19 a accéléré en Afrique pour la cinquième semaine d’affilée. La trajectoire des cas de Covid en Afrique est « très, très inquiétante », a estimé vendredi le responsable des situations d’urgence à l’OMS, le docteur Michael Ryan, avec la diffusion de variants plus contagieux et un taux de vaccination dangereusement bas. Selon les données collectées par l’OMS, il y a eu en Afrique 116 500 nouvelles infections la semaine dernière, soit 25 500 de plus que la semaine précédente.

Le docteur Ryan a souligné que, vu dans son ensemble, le continent ne semblait pas si mal loti, ne comptant que pour un peu plus de 5 % des nouveaux cas enregistrés dans le monde la semaine dernière et pour 2,2 % des décès. Mais dans certains pays les infections ont doublé et elles s’affichent en hausse de plus de 50 % dans d’autres, s’approchant du pic atteint pendant la première vague à l’été 2020. La troisième vague des cas de Covid-19 « s’amplifie et s’accélère » en Afrique avec les variants, avait déjà alerté jeudi le bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le continent, en réclamant une augmentation de l’approvisionnement en vaccins.

Des variants plus contagieux

Comme la Dre Matshidiso Moeti, directrice de l’OMS pour l’Afrique, le docteur Ryan a souligné que le continent est beaucoup plus vulnérable parce qu’il a reçu si peu de vaccins anti-Covid, quand l’Europe ou les États-Unis ont des taux de vaccination qui leur permettent de revenir à une vie plus normale avec une baisse spectaculaire des infections et des décès. « La réalité crue c’est que, dans une zone avec de multiples variants plus contagieux et qui ont potentiellement un impact plus fort, nous avons laissé de larges parts de la population et les populations vulnérables en Afrique privées de la protection des vaccins, alors que les systèmes de santé sont déjà fragiles », s’est indigné le docteur Ryan.

La République démocratique du Congo (RDC), la Namibie et l’Ouganda ont enregistré leur plus haut nombre de cas hebdomadaires depuis le début de la pandémie, souligne l’OMS. Selon l’OMS, cette hausse s’explique en grande partie par une météorologie saisonnière plus froide en Afrique australe et la propagation de variants plus contagieux. Le variant Delta, détecté en Inde, a été signalé dans 14 pays africains et les variants Beta et Alpha – identifiés au Royaume-Uni et en Afrique du Sud – ont été trouvés dans plus de 25 pays africains.

L’Ouganda et l’Afrique du Sud prennent des mesures

Le président ougandais Yoweri Museveni a annoncé vendredi de nouvelles mesures de restriction contre l’épidémie de Covid-19, dont la suspension des déplacements à l’intérieur du pays pendant au moins six semaines, alors que le taux de contamination a atteint un niveau record dans ce pays d’Afrique de l’Est. Les pénuries d’oxygène et de médicaments affectaient les hôpitaux alors que les cas quotidiens ont augmenté au cours des trois dernières semaines, passant de 100 à plus de 1 700. « Les hôpitaux sont pleins », a martelé le chef de l’État.

Officiellement pays du continent le plus touché par le virus, l’Afrique du Sud, durement frappée par une deuxième vague fin 2020, redoute depuis plusieurs semaines cette annonce. Quatre des neuf provinces du pays, dont celle du Gauteng, qui englobe Johannesburg ainsi que la capitale Pretoria, étaient déjà considérées fin mai comme touchées par la troisième vague. Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a annoncé fin mai un retour à des mesures plus strictes alors que les admissions à l’hôpital ont augmenté de près de 60 % au cours des deux dernières semaines. L’armée a été envoyée en renfort dans la province de Gauteng, province la plus peuplée – qui abrite la capitale administrative Pretoria et le centre financier de Johannesburg — et actuel l’épicentre de l’épidémie, représentant environ 60 % de la dernière augmentation quotidienne des cas.

La seule solution : vacciner

« C’est le résultat d’une distribution inique des vaccins », a-t-il martelé. C’est particulièrement vrai pour l’Afrique où seulement 1 % de la population est pleinement vaccinée.

L’Afrique avait jusque-là été frappée moins durement par la pandémie que d’autres régions, mais cela ne veut pas dire que cela restera le cas. « Il est totalement prématuré de penser que la prochaine vague en Afrique sera juste une courte pluie et pas une tempête », a dit le médecin. Et d’ajouter : « Je pense qu’il nous faut prendre ce qui se passe en Afrique très, très au sérieux. »

En retard par rapport au reste du monde, l’Afrique du Sud n’a vacciné qu’un peu plus de 1 % de sa population, alors que l’objectif fixé par l’OMS est de vacciner 10 % de la population de chaque pays d’ici à septembre. Largement critiqué pour avoir tardé à se lancer dans la course mondiale à l’acquisition des précieux vaccins, le gouvernement affirme avoir acheté assez de doses pour au moins 45 des quelque 59 millions de Sud-Africains. Cyril Ramaphosa a plusieurs fois dénoncé un « apartheid vaccinal » favorisant les pays riches pour l’accès aux vaccins. L’Afrique du Sud et l’Inde mènent une campagne pour une renonciation aux droits de propriété intellectuelle sur les vaccins contre le coronavirus, afin que chaque pays puisse produire des doses.

Signe que l’heure est grave, la Tanzanie s’est finalement résolue à rejoindre l’initiative Covax. Depuis le début de la pandémie en effet, le président John Magufuli, décédé le 17 mars dernier, avait adopté une position de défiance face à la pandémie et aux institutions comme l’OMS. Le chef d’État tanzanien minimisait l’impact du Covid-19, affirmant que son pays s’était « libéré du Covid » par la prière, il avait rejeté tout confinement ou mesure, comme le port du masque. Cette situation a entraîné l’augmentation du nombre de cas de contamination. Avec l’arrivée au pouvoir de Samia Suluhu Hassan, le pays a changé de stratégie et veut réagir.

Par Le Point Afrique

Au Parlement panafricain, francophones et anglophones en viennent aux mains

juin 3, 2021
Lundi 31 mai, à Midrand en Afrique du Sud, l’élection des dirigeants du Parlement panafricain a tourné à la bagarre générale.

Les députés de cet organe consultatif de l’Union africaine, réunis à Midrand en Afrique du Sud, se déchirent à propos du mode de scrutin pour élire leur nouveau président.

Et l’hémicycle se transforma en arène. Un coup de pied s’élève au niveau du visage d’une parlementaire qui tentait de séparer deux députés. Une élue zimbabwéenne jette une bouteille d’eau sur un confrère. « Nous sommes agressés par l’Afrique du Sud ! » hurle une femme dans son micro. Le chaos. Par chance, le high-kick envoyé par le Sénégalais Djibril War au nez de sa consoeur sud-africaine Pemmy Majodina a manqué sa cible, et le coup de poing vengeur que celle-ci lui a adressé en retour ne l’a pas blessé. Une seule victime est à déplorer : la réputation du Parlement panafricain.

Fronde de l’Afrique australe

Cet organe de l’Union africaine, inconnu du grand public et sans pouvoir, doit renouveler son bureau composé d’un président et de quatre vice-présidents. Chacun de ces cinq élus sont issus d’une région différente (Afrique du Nord, de l’Ouest, de l’Est, centrale et australe) pour assurer une représentation équitable du continent. Cependant, le mode de scrutin (un parlementaire, un bulletin) ne garantit pas la présidence aux différents caucus. Depuis la création du Parlement en 2004, aucune élection n’a été remportée par l’Afrique australe. D’où la fronde des députés de cette région.

JE VAIS TE TUER QUAND ON SERA DEHORS, MENACE JULIUS MALEMA À L’ATTENTION D’UN HOMOLOGUE MALIEN

« C’est vrai que l’Afrique de l’Ouest est puissante », admet Haidara Aissata Cissé, candidate malienne à la présidence. Sans la suspension du Mali par l’Union africaine synonyme de disqualification, la députée se voyait déjà élue : « avec l’Afrique centrale et quelques pays d’Afrique du Nord, on gagne, c’est clair, affirme-t-elle. C’est la règle du jeu et c’est ça la démocratie. » Mais ce processus électoral déplaît aux députés d’Afrique australe, qui font de l’obstruction pour exiger une réforme du scrutin. Ils réclament une présidence tournante, comme cela se fait à l’Union africaine. « No rotation, no election », scandent-ils.

Premier blocage jeudi 27 mai, après l’annonce d’une contamination au Covid-19 d’un membre du personnel de l’Assemblée. Une fausse excuse pour repousser le vote, s’insurgent plusieurs députés francophones. « Les élections auront lieu, on ne va pas accepter ce report ! » défie l’un d’eux sous les applaudissements. Le Zimbabwéen Chief Fortune Charumbira, président par intérim et candidat à sa succession, appelle au respect des protocoles sanitaires et à la suspension de la séance. Les francophones lui reprochent une solidarité régionale avec les pays qui bloquent le processus électoral. « J’ai l’impression que tout est fait pour empêcher la tenue des élections », déplore un francophone.

La tension monte. Quelques rangs derrière, deux députés ont quitté leur siège et se pointent du doigt comme des escrimeurs. « Je vais te tuer quand on sera dehors », menace Julius Malema, leader du parti sud-africain des Combattants pour la liberté économique (EFF) à l’attention d’un homologue malien. Prêt à bondir, ce dernier finira par descendre quelques rangs plus bas pour se soustraire aux provocations de Malema. Un avant-goût des altercations à venir. La séance est levée, jusqu’à la semaine suivante.

Deux blocs linguistiques et culturels

Inlassablement, le lundi 31 mai et le mardi 1er juin, le sujet de la présidence tournante revient sur la table et envenime les débats. « On nous avait promis de mettre en place le principe de la rotation en 2015, puis en 2018 », s’agace un représentant de l’Afrique australe qui qualifie la situation de « crise ». « Les ennuis ont commencé quand Roger [le Camerounais Roger Nkodo Dang] a été réélu pour un deuxième mandat, souligne par téléphone Chief Fortune Charumbira. Ils nous promettent toujours que la prochaine fois sera celle de la rotation, mais c’est sans fin ! »

NOUS, LES AFRICAINS DE L’OUEST, ON VA VOUS MONTRER, NOUS AVONS UNE TRADITION DE BATAILLE

À mesure que la tension monte, le débat prend la forme d’une confrontation entre deux blocs linguistiques et culturels. « On ne va pas toujours avoir des élections francophones ici ! Ce n’est pas un Parlement francophone, c’est un Parlement africain », s’insurge un député dans l’angle mort d’une caméra. Interrogé par une télévision locale, Julius Malema allume une nouvelle mèche : « Les francophones admirent toujours leurs colonisateurs, ils continuent de vénérer les symboles de la France. D’ailleurs ils se perçoivent comme français. Ils nous voient comme leurs ennemis, mais nous on ne les voit pas comme ça. »

Retourné à son hôtel, le député sénégalais Djibril War se dit victime d’insultes. « Ils nous prennent pour des petits sauvageons, mais nous on a notre dignité. Ils nous traitent de tous les noms avec leurs vassaux. » Auteur du coup de pied (il s’est excusé auprès de la députée sud-africaine et a affirmé qu’il ne voulait pas la viser), War ne verse pas dans la repentance : « Nous, les Africains de l’Ouest, on va vous montrer, nous avons une tradition de bataille. »

« Appelez la police, c’est urgent ! »

Symbole de cette confrontation, la bagarre générale du 1er juin pour arracher l’urne en plastique censée recueillir les bulletins de vote. Effrayé par la tournure des événements, un député lusophone s’en remet aux forces de l’ordre : « Appelez la police s’il vous plaît, c’est urgent ! On n’est pas venu ici pour assister à une bagarre. » La police n’interviendra pas. Son mandat est de protéger le Parlement des agressions venues… de l’extérieur. Sur Twitter, le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, dénonce « des scènes de violence choquantes ». Dans une lettre envoyée aux parlementaires, il suggère de suspendre toute activité pendant un mois.

« Aucun député n’est prêt à revenir en Afrique du Sud », prévient le Camerounais Roger Nkodo Dang, qui dénonce un climat d’insécurité. « On peut faire la session dans n’importe quel autre pays », ajoute la Malienne Haidara Aissata Cissé. De son côté, Julius Malema demande l’intervention de l’UA et requiert une suspension de séance jusqu’en octobre prochain.

Déjà fortement ralentie par la pandémie, l’activité du Parlement risque de s’enliser. « Notre mandat, ce n’est pas la rotation, ce n’est pas la présidence, c’est s’attaquer aux problèmes des peuples africains », martèle Roger Nkodo Dang. À la radio sud-africaine, les auditeurs se passionnent pour ce Parlement dont ils ignoraient pourtant tout la veille. Étonné par cette soudaine popularité, le présentateur interroge : « On sait ce qu’a déjà réalisé ce Parlement ? Va falloir creuser ce sujet ! »

Avec Jeune Afrique par Romain Chanson

En Afrique du Sud, Emmanuel Macron défend l’accès aux vaccins

mai 30, 2021
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa et son homologue français Emmanuel Macron, à Pretoria en Afrique du Sud, le 28 mai 2021.

Le président français a passé 24 heures à Pretoria pour une visite dominée par la question de l’inégalité vaccinale sur le continent.

Dans la soute à bagages de l’avion présidentiel, un symbole : 2 200 vaccins Johnson & Johnson venus de Paris. La France livre directement ses ressortissants de plus de 55 ans, inquiets de ne pas pouvoir être vaccinés dans les mois prochains. Ce colis destiné aux expatriés rappelle qu’en Afrique du Sud, la campagne de vaccination connaît un dangereux retard avec seulement 900 000 personnes vaccinées pour 58 millions d’habitants.

Attention au risque « d’apartheid vaccinal », ne cesse de dénoncer Cyril Ramaphosa, l’une des voix les plus critiques du continent sur la gestion de la pandémie. Les deux chefs d’État ont échangé publiquement leurs idées sur la crise actuelle dans l’amphithéâtre du campus Future Africa de Pretoria. Les plus éminents scientifiques et industriels sud-africains engagés dans la lutte contre le Covid-19 étaient réunis pour écouter et dialoguer avec les deux présidents pendant plusieurs heures.

Investissement

Devant Emmanuel Macron, le président sud-africain n’a pas mâché ses mots pour railler la boulimie des pays du Nord. « Alors que les vaccins inondent les pays riches, ils ne font que ruisseler en Afrique », a déploré le président sud-africain. Un constat partagé par son homologue français. Face au risque d’accumulation dans les pays riches, Emmanuel Macron a insisté pour que le don de doses pré-payées soit une priorité. La France s’engage à offrir 30 millions de doses d’ici la fin de l’année, 100 millions à l’échelle européenne. Autre urgence identifiée par Emmanuel Macron : le renforcement des capacités de production sur le continent. Comme l’a rappelé le chef de l’État français, « l’Afrique, c’est 20% des besoins et seulement 1% de la production vaccinale ».

Afin de combler ce déficit, la France a annoncé un investissement massif – mais non rendu public – dans la multinationale sud-africaine Aspen. Cette entreprise, dont le siège social est à Port-Elizabeth, produit les vaccins de la firme américaine Johnson & Johnson. Un transfert de technologie lui permet d’assembler, d’emballer et de distribuer le vaccin à dose unique Janssen destiné au marché local et à l’export. En revanche, la préparation des matières premières n’a pas encore été déléguée à Aspen.

Pour une levée des brevets

Investir dans la production locale est un effort bienvenu mais limité si les pays n’ont pas la capacité de fabriquer intégralement les vaccins, estime Cyril Ramaphosa. Le président sud-africain plaide sans relâche pour une levée temporaire des brevets sur la propriété intellectuelle, condition sine qua non pour répondre aux besoins selon le chef de l’État. Une demande en ce sens a été déposée en octobre 2020 devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), par l’Afrique du Sud et l’Inde. Plus d’une centaine de pays soutiendraient cette requête selon Cyril Ramaphosa.

Dernier soutien en date, bien qu’en demi-teinte, celui d’Emmanuel Macron. Longtemps considéré comme opposé à la levée des brevets pour ne pas nuire à l’innovation, le président français a profité de son voyage à Pretoria pour affiner sa position. « Je veux ici être très clair, sur le principe de lever les contraintes de la propriété intellectuelle pour permettre la production en Afrique et partout dans le monde, nous sommes pour » a déclaré Emmanuel Macron à l’issue d’un entretien en tête à tête avec Cyril Ramaphosa.

Si Emmanuel Macron accepte d’envisager une levée temporaire des brevets, il n’y voit cependant qu’une solution secondaire, inadaptée à l’urgence de la pandémie. La levée des brevets sur la propriété intellectuelle ne résout pas immédiatement la question des capacités de production. Pour autant, les deux chefs d’État ont prévu de travailler ensemble sur cette question. Ils présenteront une initiative commune à leurs homologues du G7 qui se réuniront au Royaume-Uni du 11 au 13 juin. « Nous allons essayer de les convaincre que nous sommes en guerre », a prévenu Cyril Ramaphosa.

Lutte contre les jihadistes au Mozambique

Avant d’évoquer la guerre contre la pandémie, c’est la lutte contre les jihadistes du nord du Mozambique qui a été discutée entre les deux chefs d’État. « La France est disponible pour prendre part à des opérations sur la partie maritime », a dévoilé Emmanuel Macron. La veille, le président Cyril Ramaphosa était à Maputo pour un sommet de la SADC qui n’a débouché sur aucune annonce concrète. « Nous sommes à disposition pour aider mais dans le cadre d’une solution politique qui sera d’abord demandée par le Mozambique et ensuite structurée par la SADC », a précisé Emmanuel Macron.

En lutte contre le terrorisme ou contre une pandémie, Emmanuel Macron a défendu l’idée d’un monde interdépendant où la solidarité doit prévaloir. « Je crois, aujourd’hui plus qu’hier, que nous avons compris à quel point nous avons tous un destin lié, cette crise l’a rendu transparent à nos concitoyens », déclarait le président Macron avant de quitter Pretoria ce samedi midi. « Le président était porteur d’un message de volontarisme et de solidarité », analyse Achille Mbembé.

SA VOIX N’EST PAS DU TOUT LA VOIX DE LA FRANCE-AFRIQUE »

L’historien camerounais, qui vit à Johannesburg, s’est entretenu plus de deux heures avec Emmanuel Macron durant cette visite éclair. « Sa voix n’est pas du tout la voix de la France-Afrique, c’est quelque chose de nouveau, qui n’a peut-être pas encore de nom, il y a une brèche qui est ouverte, et il y a une chance à saisir », entrevoit Achille Mbembé. L’intellectuel camerounais a été chargé par le président Macron d’organiser le colossal sommet Afrique-France (12 pays, 1 000 invités, une soixantaine de débats) reporté au mois d’octobre à Montpellier. L’occasion « de refonder la relation entre l’Afrique et la France », prévient Achille Mbembé et de faire le bilan de la politique africaine d’Emmanuel Macron à l’approche de la fin de son premier mandat.

Avec Jeune Afrique par Romain Chanson

Afrique du Sud : entre Zuma et Ramaphosa, le duel qui fragilise l’ANC

mai 6, 2021
L’ancien président sud-africain Jacob Zuma, le 15 octobre 2019.

Chargée d’enquêter sur les soupçons de corruption qui visent l’ancien président, la commission Zondo cristallise les divisions au sein de l’ANC. Car si le principal mis en cause refuse de témoigner, l’actuel chef de l’État, Cyril Ramaphosa, a lui été entendu, défendant l’idée d’un parti tournant la page des années Zuma.

L’image est rare : un président en exercice, non contraint, interrogé par une commission anti-corruption. « C’est ainsi que notre démocratie fonctionne », déclare Cyril Ramaphosa à ceux qui s’en étonnent. Ce mercredi 28 avril, le chef de l’État sud-africain témoigne devant la commission Zondo, qui enquête sur des soupçons de « capture d’État », autrement dit d’accaparement du pouvoir et des richesses par une minorité corrompue. Au cœur de ce faisceau d’accusations, l’ancien président, Jacob Zuma, au pouvoir de 2009 à 2018 et soupçonné d’avoir permis à la famille Gupta d’infiltrer tous les étages de l’appareil d’État. Cyril Ramaphosa sourit aux juges, plaisante et répond aimablement à des questions inoffensives. Il reconnaît l’existence d’une « ère de la capture d’État ».

Cinq mois plus tôt, même bâtiment, même fauteuil. Nous sommes le 19 novembre 2020 et c’est Jacob Zuma, chef d’État de 2009 à 2018, qui témoigne. Une courte apparition avant un coup d’éclat. Au moment de la pause café, il quitte la commission sans prévenir. Une gifle au visage de cette institution, un aller sans retour. « Je ne vais pas me soumettre à un système judiciaire injuste et oppressif », réagira Jacob Zuma via un communiqué.

Suivront toutes sortes de médiations, de mains tendues et même une menace – en cours d’examen – de condamnation à deux ans de prison pour outrage. Les efforts de Cyril Ramaphosa et des leaders du Congrès national africain (ANC) pour ramener Jacob Zuma à la raison n’ont pas eu plus d’effets. « Vous n’avez aucune sympathie pour moi […] Ces dernières années l’ANC ne m’a jamais protégé », rétorque l’intéressé lors d’une réunion de la dernière chance. Sa démission forcée, survenue le 14 février 2018 alors qu’il était cerné par les affaires de corruption, lui est restée en travers de la gorge.

Ramaphosa joue la carte anti-Zuma

Si on ne lui connaît plus d’ambitions personnelles, Jacob Zuma reste un animal politique. Avec des crocs, des griffes et des pics sur le dos. « Il a réussi à se vendre comme le politicien contre lequel vous risquez une guerre perpétuelle si vous osez le défier », résume Ongama Mtimka, politologue à l’université Nelson Mandela de Port Elizabeth. Ses attaques contre la commission Zondo sont accueillies avec bienveillance par une frange du parti. « Les débats de cette nature sont toujours bons pour la démocratie », salue Ayanda Dlodlo, actuelle ministre de la Sécurité d’État. Celle qui a servi sous les deux présidents partage les réticences de Zuma vis-à-vis de la commission Zondo : « Je ne suis pas ceux qui la voient comme sacro-sainte », dit-elle avec diplomatie.

« LA COMMISSION ZONDO EST UTILISÉE À DES FINS POLITIQUES ET LE PRÉSIDENT EN PROFITE POUR PRENDRE SA REVANCHE SUR SES OPPOSANTS

Cette imbrication du judiciaire et du politique dérange une partie de l’ANC. « De manière très simplifiée, vous avez une aile qui pense que le pouvoir politique ne doit pas être entravé. C’est le camp du secrétaire général du parti, Ace Magashule, et de l’ancien président, Jacob Zuma. Et vous avez l’autre camp, qui n’est pas sans reproches, mais qui au moins continue à croire que l’état de droit et la Constitution sont importants et que le pouvoir doit avoir des garde-fous », schématise Ongama Mtimka.

Ces divisions ne sont pas seulement exposées par la commission Zondo, elle sont aussi exploitées par Cyril Ramaphosa. Devant le juge Zondo, il joue la carte anti-Zuma. « Nous sommes fiers d’avoir une justice solide et indépendante », insiste-t-il. Protégé par son statut de président en exercice, il n’a pas été mis sous pression lors de son témoignage, en dépit du fait qu’il a été le vice-président de Zuma (de 2014 à 2018). « Ils l’ont laissé livrer sa version des faits et il est resté très vague sur de nombreux sujets », observe André Duvenhage, politologue à la North West University. La commission l’a traité « avec déférence » et « elle a pris des gants », raille Carl Niehaus, membre de l’ANC et proche de Zuma.

Redonner confiance aux militants

Reconnaissant les errements de son parti sans en endosser la responsabilité, Cyril Ramaphosa promet de faire « en sorte que les excès du passé ne se reproduisent pas dans notre pays ». « [La commission Zondo] est utilisée à des fins politiques et Ramaphosa en profite pour prendre sa revanche sur ses opposants », analyse André Duvenhage. Sur Twitter, l’ancien leader démocrate Simon Grindrod exprime un sentiment largement partagé : « La commission n’est rien de moins qu’un exercice de communication pour dépeindre les anciens cadres comme corrompus et l’actuelle direction comme angélique. »

LES MILITANTS ONT PERDU CONFIANCE DANS LEUR PARTI À CAUSE DES SOUPÇONS DE CORRUPTION »

L’opération mains propres vise à redonner confiance aux militants. La base électorale de l’ANC s’érode doucement mais sûrement. Lors des élections locales de 2016, le parti a enregistré ses pires résultats électoraux depuis sa prise de pouvoir en 1994. Pretoria et Johannesburg sont tombées aux mains de l’opposition. « Leurs propres militants sont restés éloignés des bureaux de vote », rappelle Ebrahim Fakir, politologue au Auwal Socio-Economic Research Institute (ASRI) à Johannesburg. Certes, l’ANC reste le parti majoritaire, mais « les militants ont perdu confiance dans leur parti à cause des soupçons de corruption« , ajoute le politologue.

Pour regagner en crédibilité, le Comité national exécutif du parti a activé une « résolution de mise à l’écart ». Tout membre de l’ANC inculpé dans une affaire grave doit se mettre en retrait. Les personnes visées bénéficient d’un délai de 30 jours pour plaider leur cause. Passé cet ultimatum, ils seront exclus. Premier concerné, le secrétaire général de l’ANC. En poste depuis 2017, Ace Magashule est inculpé pour fraude et détournement dans une affaire de contrat public de désamiantage et il s’est bien gardé de démissionner avant l’expiration de l’ultimatum.

Les instances de l’ANC auront mis plusieurs jours avant de décider d’une sanction à l’encontre de l’un de ses membres les plus puissants (il a finalement été suspendu le 5 mai). Auparavant, Jacob Zuma, son mentor, l’avait d’ailleurs récemment reçu dans sa résidence, tout comme l’ancien président Thabo Mbeki. « Le fait que sa mise à l’écart ait été retardée montre qu’il y a des gens qui sont prêts à l’écouter malgré le risque de chaos au sein du parti. La réalité, c’est qu’il a des soutiens », relève le politologue Ebrahim Fakir.

Menaces de scissions et coups bas

« Aujourd’hui, la plus forte opposition au président Ramaphosa vient du clan Magashule », poursuit André Duvenhage. Même suspendu, le secrétaire général représente une faction officieuse qui a pris le nom de RET pour « Réforme radicale de l’économie » (un engagement politique inscrit dans le programme de l’ANC) et qui accuse le chef de l’État d’être trop modéré face aux grands patrons du capitalisme blanc.

« C’est normal d’avoir différents camps au sein d’un parti. Mais le problème de l’ANC, c’est que ces dissensions ont pris tellement d’ampleur que les agendas politiques de chacun prennent le pas sur l’unité du parti », diagnostique Ongama Mtimka.

Cyril Ramaphosa conserve une majorité de soutiens au sein de l’ANC. « Suffisamment en tout cas pour que lui et ses alliés puissent faire évoluer positivement le parti », veut croire Ongama Mtimka. Le chef de l’État reste néanmoins exposé aux coups bas et aux conspirations. Mal élu, avec seulement 51,8% des voix lors du scrutin pour la présidence de l’ANC en 2017, il demeure vulnérable. Sa stratégie de normalisation sera évaluée dès le 27 octobre prochain lors des élections municipales.

Avec Romain Chanson

Covid-19 : selon l’Afrique du Sud, sa variante n’est pas plus dangereuse que la britannique

décembre 25, 2020

Rien ne prouve que la nouvelle souche du coronavirus identifiée en Afrique du Sud soit plus dangereuse ou contagieuse que sa cousine britannique, a défendu le ministre sud-africain de la Santé Zwelini Mkhize, répondant à son homologue britannique. «Aujourd’hui, rien ne montre que le 501.V2 soit plus transmissible que la variante britannique, comme cela a été suggéré par le ministre britannique de la Santé», a déclaré Zwelini Mkhize dans un communiqué diffusé jeudi 24 décembre tard dans la soirée. Et d’ajouter : «Il n’y a pas non plus d’éléments prouvant qu’il provoque une forme plus grave de la maladie ou une mortalité accrue que la variante britannique ou n’importe laquelle des mutations identifiées dans le monde».

Mercredi, Matt Hancock avait affirmé que la nouvelle forme de virus en provenance d’Afrique du Sud était «hautement préoccupante, parce qu’il est plus contagieux et semble avoir muté davantage que celui identifié au Royaume-Uni», annonçant dans la foulée des restrictions de voyage entre les deux pays.

Ces déclarations «ont pu créer la perception selon laquelle la variante sud-africaine a été un facteur majeur dans la deuxième vague au Royaume-Uni, ce qui n’est pas le cas», affirme Zwelini Mkhize dans son communiqué de Noël. Les éléments de recherche montrent que la mutation britannique s’est développée avant la sud-africaine, argumente le ministre.

Lorsque les Britanniques ont signalé l’existence de leur nouvelle variante à l’OMS mi-décembre, ils ont tracé son apparition dans le Kent au 20 septembre, «c’est-à-dire un mois avant que la variante sud-africaine semble s’être développée», fait-il valoir.

Le ministre sud-africain regrette la décision d’interdire les voyages entre le Royaume-Uni et son pays. «Il n’a pas d’éléments montrant que la souche sud-africaine est plus pathogène que la souche britannique», or c’est ce qui a suscité cette mesure, insiste-t-il.

L’Afrique du Sud, pays le plus touché du continent, a recensé plus de 14.000 cas positifs ces deux derniers jours, contre une moyenne entre 8000 et 10.000 en début de semaine. Zwelini Mkhize avait laissé entendre mercredi déjà que de nouvelles restrictions pourraient être nécessaires «pour ralentir ce taux alarmant» de propagation. Près de 970.000 Sud-Africains ont contracté la maladie depuis le début de la pandémie. Près de 26.000 en sont morts.

Par Le Figaro avec AFP

Jerusalema, tube mondial devenu l’hymne du confinement

novembre 12, 2020

Sorti en décembre, le morceau inspiré du gospel et aux paroles en zoulou, a incité des centaines de personnes à poster des vidéos dans lesquelles elles dansent. Dimanche, le titre a raflé le prix du meilleur morceau africain aux prix MTV Europe.

Quand le coronavirus a forcé des milliards de personnes à se confiner, un morceau dansant inspiré du gospel et aux paroles en zoulou a rapproché les gens via les réseaux sociaux, remontant un moral en berne à travers la planète. À ce jour, Jerusalema a été vu plus de 230 millions de fois sur Youtube en moins d’un an.

Son rythme entraînant a incité des centaines de personnes à poster des vidéos dans lesquelles elles dansent, tout sourire, sur son énergie positive, inspirée de la prière disent ses créateurs.

Comme ce gamin sud-africain qui saute du canapé dès les premières notes pour se déhancher frénétiquement, suscitant l’hilarité de sa mère qui le filme. Ou cette chorégraphie soigneusement exécutée par un groupe de gardes forestiers, blancs et noirs, tous en uniforme beige chemisette et bermuda, dans une réserve animalière du pays.

Partout dans le monde, soignants devant leur hôpital, mineurs autour de leur camion, religieux un poil raides ou convives au restaurant se sont pris au jeu. Jusqu’au président sud-africain, Cyril Ramaphosa, qui avait invité ses compatriotes à participer à ce «défi Jerusalema» à l’occasion d’un jour férié en septembre.

«Les retours ont été impressionnants», reconnaît le DJ sud-africain de 24 ans Master KG, qui a coécrit et enregistré le morceau avec la chanteuse Nomcebo Zikode.

Arme antidéprime

Pour Lucius Banda, organisateur du festival Sand Music organisé sur les rives du Lac Malawi au début du mois, Jerusalema est devenu «l’hymne du Covid», comme une épidémie de bonne humeur dans une période sombre.

Dimanche, il a raflé le prix du meilleur morceau africain aux prix MTV Europe, face à des poids lourds du continent, le jeune rappeur nigérian Rema, son compatriote star d’afropop Burna Boy ou encore le Congolais Gaz Mawete. «Nous sommes si fiers de nos ambassadeurs, qui représentent la patrie de manière si rassembleuse et sans précédent», a twitté le ministre sud-africain de la Culture, Nathi Mthethwa.

Le morceau est sorti fin 2019 mais les défis de danse, sur Tik Tok pour les ados, Twitter pour les adultes, et le remix en juin de Burna Boy qui cartonne aussi, lui ont valu un succès au long cours.

Master KG, dont le vrai nom est Kgaogelo Moagi, s’efforce pourtant de mener une «vie normale». «Je ne me prends pas pour Superman», confie-t-il à l’AFP, bandeau sur le front, en marge du festival au Malawi. «Je sais que j’ai en ce moment l’un des plus gros tubes dans le monde», dit-il, «mais ça ne change pas qui je suis, comment je regarde le monde, les gens. C’est de la musique».

Raphael Loopro, un musicien allemand en concert au Malawi pendant le même festival, souligne que si la pandémie n’avait pas fermé tant de frontières, Master KG serait actuellement en tournée mondiale, plutôt que quelques concerts ici et là.

Mais le DJ, star modeste, «n’avait même pas l’air de savoir que son tube était numéro un en Allemagne», sourit-il, soulignant qu’aucun morceau africain n’a atteint une telle popularité dans son pays depuis trente ans.

Par Le Figaro avec AFP

Afrique du Sud: le ministre de la Santé positif au Covid

octobre 19, 2020

Le ministre sud-africain de la Santé Zweli Mkhize a annoncé dimanche soir avoir été testé positif au Covid, deux jours après que le pays ait franchi le cap des 700.000 cas recensés. Il est le cinquième membre du gouvernement à avoir contracté le nouveau coronavirus, après ses collègues du Commerce, du Travail, des Ressources minières et de la Défense.

«Je tiens à informer le public que cet après-midi mon épouse et moi-même avons reçu un résultat positif au Covid-19», a écrit le ministre, affirmant avoir été testé la veille après une fatigue inhabituelle et une perte d’appétit. Le ministre, qui s’est placé en quarantaine chez lui, précise avoir été en contact cette dernière semaine «avec quelques membres de notre famille et de mon équipe du ministère de la Santé», qui ont été informés de la nouvelle. «On leur a conseillé de s’isoler immédiatement chez eux et de se faire tester», a précisé le ministre, qui a été en première ligne pendant l’épidémie de coronavirus qui a connu son pic en juillet-août dans le pays.

L’Afrique du Sud compte 43% des cas de Covid-19 sur le continent africain. Toutefois la progression de 2% des cas en Afrique du Sud reste plus faible que celle 7% de l’ensemble du continent au cours du mois passé, selon le Centre de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). Le pays a comptabilisé 18.370 décès liés à la maladie. Les strictes mesures de confinement et les restrictions de voyage mises en place ont été assouplies, mais Zweli Mkhize a redemandé une nouvelle fois dimanche aux Sud-Africains de rester vigilants car le «risque existe» de voir apparaître «une deuxième vague».

Par Le Figaro avec AFP

Afrique du Sud: hospitalisation de deux ministres ayant contracté le Covid-19

juillet 21, 2020

Deux ministres sud-africains qui ont contracté le Covid-19 ont été hospitalisés, a annoncé mardi le gouvernement alors que l’Afrique du Sud est le cinquième pays au monde le plus touché par la pandémie en terme de cas confirmés.

«Le ministre de l’Emploi et du Travail, M. Thembelani Thulas Nxesi, a été admis à l’hôpital la nuit dernière (lundi) à cause du Covid-19. Le ministre avait été testé positif il y a environ une semaine et était jusqu’à hier soir (lundi) en quarantaine à domicile», selon un communiqué du gouvernement publié mardi. «Il a été admis à l’hôpital sur les conseils de ses médecins afin d’avoir accès à (…) un suivi approprié», a ajouté le gouvernement, précisant que le ministre, âgé de 61 ans, «est le second membre du gouvernement à être admis à l’hôpital».

Le ministre de l’Energie, Gwede Mantashe, âgé de 65 ans, a également été hospitalisé lundi «sur les conseils de (son) médecin de famille pour être mieux suivi», selon un autre communiqué du gouvernement. Lui et son épouse avaient été «testés positifs au Covid-19 il y a environ une semaine». Cette dernière continuera sa quarantaine à domicile, a précisé le gouvernement qui a souhaité aux deux ministres «un prompt rétablissement».

373.000 cas confirmés

L’Afrique du Sud compte à ce jour plus de 373.000 cas confirmés de Covid-19, dont 5173 décès, selon le ministre de la Santé. Elle est le cinquième pays au monde le plus touché en terme de cas confirmés de Covid-19, après les Etats-Unis, le Brésil, l’Inde et la Russie, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le pic de la pandémie y est attendu dans les semaines qui viennent. Les autorités avaient imposé fin mars un confinement très strict, qui a depuis été assoupli pour éviter un effondrement de l’économie de la première puissance industrielle du continent.

Par Le Figaro avec AFP

Afrique du Sud: Décès de la plus jeune fille de Nelson Mandela, militante anti-apartheid

juillet 13, 2020

 

Le président sud-africain a rendu hommage à «une courageuse militante politique», qui a notamment participé à la branche armée du Congrès national africain

Zindzi Mandela, la plus jeune fille du premier président noir sud-africain Nelson Mandela, engagée dans la lutte contre l’apartheid, est décédée ce lundi 13 juillet, à l’âge de 59 ans, dans un hôpital de Johannesburg, a-t-on appris de sources officielles. Les causes de son décès n’ont pas été précisées.

Dans un communiqué, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a présenté ses «condoléances les plus sincères à la famille Mandela», se disant «profondément attristé par la mort de (…) Zindziswa « Zindzi » Nobutho Mandela». Le chef de l’État a rendu hommage à «une courageuse militante politique», qui a notamment participé à la branche armée du Congrès national africain (ANC), fer de lance de la lutte contre le régime de l’apartheid, officiellement tombé en 1994.

«Zindzi Mandela était très connue dans le pays et dans le monde. Pendant nos années de combat, elle a fait prendre conscience de l’inhumanité du système de l’apartheid et de la détermination inébranlable de notre combat pour la liberté», a expliqué Cyril Ramaphosa, membre de l’ANC, le parti au pouvoir depuis 1994.

En 1985, devant des dizaines de milliers de personnes réunies dans un stade du township de Soweto, haut lieu de la résistance au régime raciste, la jeune Zindzi avait lu un discours de son père, alors en prison, dans lequel il rejetait la proposition du président de l’époque PW Botha de le libérer sous condition.

«L’humanité et la ténacité de la bataille contre l’apartheid»

Zindzi Mandela était la plus jeune fille de Nelson Mandela, prix Nobel de la paix et premier président sud-africain noir (1994-1999), et de Winnie Madikizela-Mandela, égérie populaire mais controversée de la lutte contre l’apartheid. Avec la mort de Zindzi Mandela, l’Afrique du Sud perd «ceux que beaucoup considèrent comme une enfant de la nation», a estimé l’ancien archevêque Desmond Tutu, prix Nobel de la paix et ami proche de Nelson Mandela.

«Pendant les 27 ans que Nelson Mandela a passés en prison (1963-1990), sa famille – son épouse Winnie Mandela et leurs filles Zindzi et Zenani – ont joué un rôle essentiel pour incarner l’humanité et la ténacité de la bataille contre l’apartheid», a ajouté Desmond Tutu dans un communiqué publié par sa fondation.

Zindzi Mandela avait été nommée en 2015 ambassadrice de l’Afrique du Sud au Danemark et devait prochainement prendre ses fonctions d’ambassadrice au Liberia. Nelson Mandela, qui a été marié à trois reprises, a eu six enfants, dont quatre sont aujourd’hui décédés, notamment Thembekile, tué dans un accident de la circulation en 1969, cinquante et un ans jour pour jour après Zindzi.

Par Le Figaro avec AFP

Décès de l’ambassadeur du Congo en Afrique du Sud

juillet 4, 2020

NÉCROLOGIE: Décès de l’ambassadeur du Congo en Afrique du Sud monsieur Jean Marie Adoua dans sa résidence à Pretoria.

 

Photo de BrazzaNews.
Avec Brazzanews