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Covid-19 : selon l’Afrique du Sud, sa variante n’est pas plus dangereuse que la britannique

décembre 25, 2020

Rien ne prouve que la nouvelle souche du coronavirus identifiée en Afrique du Sud soit plus dangereuse ou contagieuse que sa cousine britannique, a défendu le ministre sud-africain de la Santé Zwelini Mkhize, répondant à son homologue britannique. «Aujourd’hui, rien ne montre que le 501.V2 soit plus transmissible que la variante britannique, comme cela a été suggéré par le ministre britannique de la Santé», a déclaré Zwelini Mkhize dans un communiqué diffusé jeudi 24 décembre tard dans la soirée. Et d’ajouter : «Il n’y a pas non plus d’éléments prouvant qu’il provoque une forme plus grave de la maladie ou une mortalité accrue que la variante britannique ou n’importe laquelle des mutations identifiées dans le monde».

Mercredi, Matt Hancock avait affirmé que la nouvelle forme de virus en provenance d’Afrique du Sud était «hautement préoccupante, parce qu’il est plus contagieux et semble avoir muté davantage que celui identifié au Royaume-Uni», annonçant dans la foulée des restrictions de voyage entre les deux pays.

Ces déclarations «ont pu créer la perception selon laquelle la variante sud-africaine a été un facteur majeur dans la deuxième vague au Royaume-Uni, ce qui n’est pas le cas», affirme Zwelini Mkhize dans son communiqué de Noël. Les éléments de recherche montrent que la mutation britannique s’est développée avant la sud-africaine, argumente le ministre.

Lorsque les Britanniques ont signalé l’existence de leur nouvelle variante à l’OMS mi-décembre, ils ont tracé son apparition dans le Kent au 20 septembre, «c’est-à-dire un mois avant que la variante sud-africaine semble s’être développée», fait-il valoir.

Le ministre sud-africain regrette la décision d’interdire les voyages entre le Royaume-Uni et son pays. «Il n’a pas d’éléments montrant que la souche sud-africaine est plus pathogène que la souche britannique», or c’est ce qui a suscité cette mesure, insiste-t-il.

L’Afrique du Sud, pays le plus touché du continent, a recensé plus de 14.000 cas positifs ces deux derniers jours, contre une moyenne entre 8000 et 10.000 en début de semaine. Zwelini Mkhize avait laissé entendre mercredi déjà que de nouvelles restrictions pourraient être nécessaires «pour ralentir ce taux alarmant» de propagation. Près de 970.000 Sud-Africains ont contracté la maladie depuis le début de la pandémie. Près de 26.000 en sont morts.

Par Le Figaro avec AFP

Jerusalema, tube mondial devenu l’hymne du confinement

novembre 12, 2020

Sorti en décembre, le morceau inspiré du gospel et aux paroles en zoulou, a incité des centaines de personnes à poster des vidéos dans lesquelles elles dansent. Dimanche, le titre a raflé le prix du meilleur morceau africain aux prix MTV Europe.

Quand le coronavirus a forcé des milliards de personnes à se confiner, un morceau dansant inspiré du gospel et aux paroles en zoulou a rapproché les gens via les réseaux sociaux, remontant un moral en berne à travers la planète. À ce jour, Jerusalema a été vu plus de 230 millions de fois sur Youtube en moins d’un an.

Son rythme entraînant a incité des centaines de personnes à poster des vidéos dans lesquelles elles dansent, tout sourire, sur son énergie positive, inspirée de la prière disent ses créateurs.

Comme ce gamin sud-africain qui saute du canapé dès les premières notes pour se déhancher frénétiquement, suscitant l’hilarité de sa mère qui le filme. Ou cette chorégraphie soigneusement exécutée par un groupe de gardes forestiers, blancs et noirs, tous en uniforme beige chemisette et bermuda, dans une réserve animalière du pays.

Partout dans le monde, soignants devant leur hôpital, mineurs autour de leur camion, religieux un poil raides ou convives au restaurant se sont pris au jeu. Jusqu’au président sud-africain, Cyril Ramaphosa, qui avait invité ses compatriotes à participer à ce «défi Jerusalema» à l’occasion d’un jour férié en septembre.

«Les retours ont été impressionnants», reconnaît le DJ sud-africain de 24 ans Master KG, qui a coécrit et enregistré le morceau avec la chanteuse Nomcebo Zikode.

Arme antidéprime

Pour Lucius Banda, organisateur du festival Sand Music organisé sur les rives du Lac Malawi au début du mois, Jerusalema est devenu «l’hymne du Covid», comme une épidémie de bonne humeur dans une période sombre.

Dimanche, il a raflé le prix du meilleur morceau africain aux prix MTV Europe, face à des poids lourds du continent, le jeune rappeur nigérian Rema, son compatriote star d’afropop Burna Boy ou encore le Congolais Gaz Mawete. «Nous sommes si fiers de nos ambassadeurs, qui représentent la patrie de manière si rassembleuse et sans précédent», a twitté le ministre sud-africain de la Culture, Nathi Mthethwa.

Le morceau est sorti fin 2019 mais les défis de danse, sur Tik Tok pour les ados, Twitter pour les adultes, et le remix en juin de Burna Boy qui cartonne aussi, lui ont valu un succès au long cours.

Master KG, dont le vrai nom est Kgaogelo Moagi, s’efforce pourtant de mener une «vie normale». «Je ne me prends pas pour Superman», confie-t-il à l’AFP, bandeau sur le front, en marge du festival au Malawi. «Je sais que j’ai en ce moment l’un des plus gros tubes dans le monde», dit-il, «mais ça ne change pas qui je suis, comment je regarde le monde, les gens. C’est de la musique».

Raphael Loopro, un musicien allemand en concert au Malawi pendant le même festival, souligne que si la pandémie n’avait pas fermé tant de frontières, Master KG serait actuellement en tournée mondiale, plutôt que quelques concerts ici et là.

Mais le DJ, star modeste, «n’avait même pas l’air de savoir que son tube était numéro un en Allemagne», sourit-il, soulignant qu’aucun morceau africain n’a atteint une telle popularité dans son pays depuis trente ans.

Par Le Figaro avec AFP

Afrique du Sud: le ministre de la Santé positif au Covid

octobre 19, 2020

Le ministre sud-africain de la Santé Zweli Mkhize a annoncé dimanche soir avoir été testé positif au Covid, deux jours après que le pays ait franchi le cap des 700.000 cas recensés. Il est le cinquième membre du gouvernement à avoir contracté le nouveau coronavirus, après ses collègues du Commerce, du Travail, des Ressources minières et de la Défense.

«Je tiens à informer le public que cet après-midi mon épouse et moi-même avons reçu un résultat positif au Covid-19», a écrit le ministre, affirmant avoir été testé la veille après une fatigue inhabituelle et une perte d’appétit. Le ministre, qui s’est placé en quarantaine chez lui, précise avoir été en contact cette dernière semaine «avec quelques membres de notre famille et de mon équipe du ministère de la Santé», qui ont été informés de la nouvelle. «On leur a conseillé de s’isoler immédiatement chez eux et de se faire tester», a précisé le ministre, qui a été en première ligne pendant l’épidémie de coronavirus qui a connu son pic en juillet-août dans le pays.

L’Afrique du Sud compte 43% des cas de Covid-19 sur le continent africain. Toutefois la progression de 2% des cas en Afrique du Sud reste plus faible que celle 7% de l’ensemble du continent au cours du mois passé, selon le Centre de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). Le pays a comptabilisé 18.370 décès liés à la maladie. Les strictes mesures de confinement et les restrictions de voyage mises en place ont été assouplies, mais Zweli Mkhize a redemandé une nouvelle fois dimanche aux Sud-Africains de rester vigilants car le «risque existe» de voir apparaître «une deuxième vague».

Par Le Figaro avec AFP

Afrique du Sud: hospitalisation de deux ministres ayant contracté le Covid-19

juillet 21, 2020

Deux ministres sud-africains qui ont contracté le Covid-19 ont été hospitalisés, a annoncé mardi le gouvernement alors que l’Afrique du Sud est le cinquième pays au monde le plus touché par la pandémie en terme de cas confirmés.

«Le ministre de l’Emploi et du Travail, M. Thembelani Thulas Nxesi, a été admis à l’hôpital la nuit dernière (lundi) à cause du Covid-19. Le ministre avait été testé positif il y a environ une semaine et était jusqu’à hier soir (lundi) en quarantaine à domicile», selon un communiqué du gouvernement publié mardi. «Il a été admis à l’hôpital sur les conseils de ses médecins afin d’avoir accès à (…) un suivi approprié», a ajouté le gouvernement, précisant que le ministre, âgé de 61 ans, «est le second membre du gouvernement à être admis à l’hôpital».

Le ministre de l’Energie, Gwede Mantashe, âgé de 65 ans, a également été hospitalisé lundi «sur les conseils de (son) médecin de famille pour être mieux suivi», selon un autre communiqué du gouvernement. Lui et son épouse avaient été «testés positifs au Covid-19 il y a environ une semaine». Cette dernière continuera sa quarantaine à domicile, a précisé le gouvernement qui a souhaité aux deux ministres «un prompt rétablissement».

373.000 cas confirmés

L’Afrique du Sud compte à ce jour plus de 373.000 cas confirmés de Covid-19, dont 5173 décès, selon le ministre de la Santé. Elle est le cinquième pays au monde le plus touché en terme de cas confirmés de Covid-19, après les Etats-Unis, le Brésil, l’Inde et la Russie, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le pic de la pandémie y est attendu dans les semaines qui viennent. Les autorités avaient imposé fin mars un confinement très strict, qui a depuis été assoupli pour éviter un effondrement de l’économie de la première puissance industrielle du continent.

Par Le Figaro avec AFP

Afrique du Sud: Décès de la plus jeune fille de Nelson Mandela, militante anti-apartheid

juillet 13, 2020

 

Le président sud-africain a rendu hommage à «une courageuse militante politique», qui a notamment participé à la branche armée du Congrès national africain

Zindzi Mandela, la plus jeune fille du premier président noir sud-africain Nelson Mandela, engagée dans la lutte contre l’apartheid, est décédée ce lundi 13 juillet, à l’âge de 59 ans, dans un hôpital de Johannesburg, a-t-on appris de sources officielles. Les causes de son décès n’ont pas été précisées.

Dans un communiqué, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a présenté ses «condoléances les plus sincères à la famille Mandela», se disant «profondément attristé par la mort de (…) Zindziswa « Zindzi » Nobutho Mandela». Le chef de l’État a rendu hommage à «une courageuse militante politique», qui a notamment participé à la branche armée du Congrès national africain (ANC), fer de lance de la lutte contre le régime de l’apartheid, officiellement tombé en 1994.

«Zindzi Mandela était très connue dans le pays et dans le monde. Pendant nos années de combat, elle a fait prendre conscience de l’inhumanité du système de l’apartheid et de la détermination inébranlable de notre combat pour la liberté», a expliqué Cyril Ramaphosa, membre de l’ANC, le parti au pouvoir depuis 1994.

En 1985, devant des dizaines de milliers de personnes réunies dans un stade du township de Soweto, haut lieu de la résistance au régime raciste, la jeune Zindzi avait lu un discours de son père, alors en prison, dans lequel il rejetait la proposition du président de l’époque PW Botha de le libérer sous condition.

«L’humanité et la ténacité de la bataille contre l’apartheid»

Zindzi Mandela était la plus jeune fille de Nelson Mandela, prix Nobel de la paix et premier président sud-africain noir (1994-1999), et de Winnie Madikizela-Mandela, égérie populaire mais controversée de la lutte contre l’apartheid. Avec la mort de Zindzi Mandela, l’Afrique du Sud perd «ceux que beaucoup considèrent comme une enfant de la nation», a estimé l’ancien archevêque Desmond Tutu, prix Nobel de la paix et ami proche de Nelson Mandela.

«Pendant les 27 ans que Nelson Mandela a passés en prison (1963-1990), sa famille – son épouse Winnie Mandela et leurs filles Zindzi et Zenani – ont joué un rôle essentiel pour incarner l’humanité et la ténacité de la bataille contre l’apartheid», a ajouté Desmond Tutu dans un communiqué publié par sa fondation.

Zindzi Mandela avait été nommée en 2015 ambassadrice de l’Afrique du Sud au Danemark et devait prochainement prendre ses fonctions d’ambassadrice au Liberia. Nelson Mandela, qui a été marié à trois reprises, a eu six enfants, dont quatre sont aujourd’hui décédés, notamment Thembekile, tué dans un accident de la circulation en 1969, cinquante et un ans jour pour jour après Zindzi.

Par Le Figaro avec AFP

Décès de l’ambassadeur du Congo en Afrique du Sud

juillet 4, 2020

NÉCROLOGIE: Décès de l’ambassadeur du Congo en Afrique du Sud monsieur Jean Marie Adoua dans sa résidence à Pretoria.

 

Photo de BrazzaNews.
Avec Brazzanews

Afrique du Sud: la gauche radicale manifeste contre le racisme

juin 8, 2020

 

Plus d’une centaine de partisans de la gauche radicale sud-africaine se sont rassemblés lundi matin devant l’ambassade des Etats-Unis à Pretoria pour protester contre le racisme, les violences policières et le président Donald Trump.

«À bas le racisme», «à bas l’impérialisme», «à bas Donald Trump», ont crié devant l’ambassade les manifestants, emmenés par le «commandant en chef» des Combattants pour la liberté économique (EFF), Julius Malema. Ce rassemblement était le plus important organisé en Afrique du Sud en miroir du mouvement planétaire de protestation né après la mort de George Floyd, ce Noir américain mort étouffé sous le genou d’un policier blanc lors d’une interpellation. Les partisans des EFF ont rendu hommage à la victime en observant, un genou à terre, 8 minutes et 46 secondes de silence, le temps de l’immobilisation qui a abouti à sa mort.

«Il y en a assez de la brutalité policière sur nos corps noirs», a lancé M. Malema à la foule, flanqué de l’épouse d’un homme récemment tué par l’armée sud-africaine chargée de faire respecter le confinement contre le Covid-19. Le dirigeant politique a également étrillé Donald Trump, qualifié de «suprémaciste blanc», et le président sud-africain Cyril Ramaphosa, accusé d’avoir allégé le confinement contre le coronavirus pour satisfaire «l’économie blanche» du pays. «Il ne faut plus écouter le président», a-t-il lancé.

Les EFF, à la rhétorique anticapitaliste et volontiers anti-Blancs, ont rassemblé 11% des voix lors des élections générales de 2019, en nette hausse par rapport au scrutin précédent. Un quart de siècle après la chute de l’apartheid, l’Afrique du Sud reste déchirée par de vives inégalités raciales.

Par Le Figaro avec AFP

Afrique du Sud: l’ex-président Zuma affirme qu’un de ses fils a été empoisonné

mai 6, 2020

L’ancien président sud-africain Jacob Zuma a affirmé que son fils décédé en 2018 avait été empoisonné par des individus qui s’en sont pris au jeune homme à défaut de pouvoir le tuer lui. En juillet 2019, devant une commission chargée d’enquêter sur la corruption pendant son règne (2009-2018), Jacob Zuma avait assuré avoir «survécu à plusieurs tentatives» d’assassinat qu’il avait attribuées, sans les nommer, à trois «organisations de renseignement».

Dans un entretien posté mardi sur YouTube, où il s’entretient avec son fils Duduzane, l’ex-président, âgé aujourd’hui de 78 ans, revient sur ces affirmations. Selon lui, l’un de ses enfants, Nhlakanipho Vusi Zuma, décédé en juillet 2018 à l’âge de 25 ans, a été victime des individus qui voulaient le tuer. Nhlakanipho Vusi Zuma «souffrait d’une maladie qu’on peut contrôler jusqu’à ce qu’on devienne très vieux, mais il est mort très subitement», explique Jacob Zuma dans cette vidéo de 45 minutes.

«Maintenant que je sais comment il est mort, cela me peine encore davantage. Je sais que ce sont les gens qui essayaient de me tuer ou de m’atteindre (…) qui ont pris la décision de faire quelque chose qui me ferait mal», ajoute-t-il. À défaut «de prendre ma vie, ils s’en sont pris au jeune homme d’une manière très cruelle, parce qu’ils ont interféré dans son traitement pour l’empoisonner», dit-il encore sans apporter de preuves de ces affirmations.

Jacob Zuma a dirigé l’Afrique du Sud de 2009 à février 2018, quand il a été poussé à la démission par son propre parti, le Congrès national africain (ANC), en raison des nombreux scandales de corruption dans lesquels le président était embourbé.

Il est soupçonné d’avoir généralisé le pillage des ressources de l’Etat, notamment en favorisant illégalement les affaires d’une sulfureuse famille d’hommes d’affaires dont il est proche, les Gupta. Il est poursuivi pour corruption dans une vieille affaire de contrat d’armement, antérieure à son arrivée à la tête de l’Etat.

Par Le Figaro avec FAP

Coronavirus : Égypte, Algérie et Afrique du Sud, pays africains les plus exposés

février 10, 2020

Une modélisation détaille l’état de préparation et la vulnérabilité des États du continent face à l’importation du 2019-nCoV par des voyageurs aériens

Un expatrié chinois dans la China Town de Johannesburg, en Afrique du Sud, le 7 février 2020. LUCA SOLA/AFP

Quel sera le premier pays africain touché par le coronavirus ? A la date du dimanche 9 février, 24 pays ont notifié à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) des cas d’infection par le 2019-nCoV importés de Chine mais aucun cas n’a encore été confirmé sur le continent africain. Néanmoins, la Chine étant le premier partenaire commercial de l’Afrique et du fait des nombreuses liaisons aériennes existant entre Pékin et le continent, la préoccupation est grande vis-à-vis d’une possible introduction de ce nouveau coronavirus aisément transmissible.

Il apparaît que le risque d’importation du 2019-nCoV est très hétérogène selon les pays et que les plus susceptibles de découvrir sur leur territoire un cas importé ne disposent pas tous de la même capacité à y répondre. Le spectre d’une épidémie dans un pays au système sanitaire en pleine construction est en effet source d’inquiétude forte.

Or, selon une modélisation, un groupe de trois États se situe dans le trio de tête des pays les plus menacés par une arrivée du virus : l’Égypte, l’Algérie et l’Afrique du Sud. Ils sont suivis d’un second groupe constitué, lui, du Nigeria et de l’Éthiopie.

Trafic aérien Chine-Afrique

C’est une équipe internationale, dirigée par Vittoria Colizza (Institut Pierre-Louis, Inserm – Sorbonne Université) qui a publié ce travail vendredi sur le site medrxiv.org une modélisation du risque pour les pays africains. Pour cela, les auteurs – y compris le chercheur ivoirien Serge Paul Eholié – ont croisé plusieurs paramètres. D’une part, le risque lié à l’ampleur des flux de voyageurs vers l’Afrique au départ des différentes provinces de Chine, à l’exception de celle du Hubei, épicentre de l’épidémie, en raison de l’interdiction des vols aériens que les autorités chinoises lui ont imposée à partir du 23 janvier. D’autre part, la vulnérabilité de chaque État africain face à une urgence épidémique et ses capacités à parer à l’éventualité d’une importation de cas.

Les chercheurs ont estimé ce risque en s’appuyant sur les données du trafic aérien Chine-Afrique au cours de l’année écoulée, sur le nombre de cas confirmés et la taille de la population dans chacune des provinces chinoises. Les auteurs ont pris en compte ces données d’incidence et les trois aéroports ayant le plus gros trafic aérien dans chaque province. Puis ils ont calculé la probabilité pour une ville chinoise d’être le point de départ d’une personne infectée pour chacun des pays africains sachant qu’il existe des relations privilégiées entre certaines provinces chinoises et différents pays d’Afrique. Ce qui a montré que l’Égypte, l’Algérie et l’Afrique du Sud sont les trois pays sont les plus exposés à l’importation du 2019-nCoV par le biais aérien.

Les deux index de capacité et de vulnérabilité sont exprimés sur une échelle allant de 0 à 100. Plus le chiffre est élevé, plus le niveau de capacité est important et moins la vulnérabilité est grande. Chaque pays se voit donc attribuer une probabilité plus ou moins forte pour le risque d’introduction d’un cas importé de Chine, ainsi qu’un score de capacité et une note de vulnérabilité. Bien entendu, une même valeur d’indice peut recouvrir des points forts et des faiblesses différents selon les pays.

Égypte, Algérie et Afrique du Sud présentent des aptitudes de réponse allant de « modéré » à « élevé ». L’Égypte a ainsi un index de capacité à 87 sur 100 et un index de vulnérabilité à 53 ; l’Algérie obtient 76 en capacité et 49 en vulnérabilité et l’Afrique du Sud, elle, possède un index de capacité de 62 et un indice de vulnérabilité de 69.

Pour évaluer les capacités des pays africains, Marius Gilbert (Université libre de Bruxelles), Moritz Kraemer (Harvard University et Boston Children Hospital) et leurs collègues se sont servis de l’outil de l’OMS pour l’autoévaluation des Etats membres à mettre en œuvre les dispositions du règlement sanitaire international (RSI) permettant de gérer les questions de sécurité sanitaire. L’autre dimension, la vulnérabilité, a été évaluée au moyen d’un index rassemblant des données sanitaires, économiques, démographiques, ainsi que des données sur la dynamique de la maladie et le contexte politique national et international.

Dans le classement selon le risque décroissant d’introduction du nouveau coronavirus, deux pays fortement peuplés : le Nigeria et l’Éthiopie, avec des capacités modérées (respectivement 51 et 67) couplées à une vulnérabilité élevée (respectivement 27 et 38). Ce qui les place juste après le trio de tête.

Un troisième groupe comprenant le Maroc, le Soudan, l’Angola, la Tanzanie, le Ghana et le Kenya, ont des populations relativement similaires en nombre et un risque d’importation modéré. Cependant, l’index de capacité varie entre eux de 34 (Kenya) à 75 (Maroc) et ces pays possèdent un indice de vulnérabilité globalement bas (inférieur à 46), reflétant une faiblesse importante, à l’exception du Maroc (vulnérabilité évaluée à 56).

Expatriés africains

Le reste des 54 pays africains présentent un risque d’introduction du virus ainsi qu’une vulnérabilité allant de « bas » à « modéré » et, pour la majorité d’entre eux, un score de capacité relativement bas, à l’exception de la Tunisie et du Rwanda.

Bien sûr, comme dans toute modélisation, des facteurs peuvent modifier les prévisions. C’est le cas de la dynamique de l’épidémie en Chine même. Les auteurs citent par exemple les conséquences d’une éventuelle élévation significative du nombre de nouveaux cas dans la province du Guandong, qui augmenterait plus particulièrement le risque d’introduction du virus dans un groupe de pays composé du Cameroun, de la République démocratique du Congo (RDC), de Madagascar, du Mozambique, du Rwanda, du Sénégal et de la Tunisie. De même des restrictions sur les vols aériens entre la Chine et l’Afrique – le plus gros opérateur aérien africain Ethiopian Airlines représentant à lui seul la moitié de ce trafic – modifieraient ce risque.

« Avec notre travail de modélisation, nous voulons attirer l’attention des pays riches sur le danger que représente cette épidémie pour la santé mondiale. Nous pouvons le faire, car beaucoup de données sont disponibles et cela peut aider à mieux cadrer ce qui se passe », plaide Vittoria Colizza.

D’ores et déjà beaucoup de pays africains ont renforcé leur surveillance dans les aéroports avec des contrôles de température et des entretiens avec les passagers arrivant de Chine, ainsi que leurs campagnes de communication, comme les y encourage l’OMS. Personne n’a oublié que, lors de l’épidémie de Sras en 2002-2003, partie elle aussi de Chine, l’Afrique du Sud avait déclaré des cas d’infection. Il y a beaucoup d’expatriés africains travaillant ou étudiant en Chine et leur pays d’origine n’est souvent pas en capacité de les rapatrier faute de pouvoir les prendre en charge en les isolant à leur retour.

Le Monde.fr par Paul Benkimoun

Le célèbre mercenaire Mike Hoare meurt en Afrique du Sud à l’âge de 100 ans

février 5, 2020

Mike Hoare

Mike Hoare © Eric Bridge / CC

 

Il était l’un des plus célèbres « chiens de guerre », ces mercenaires européens impliqués dans de nombreux conflits en Afrique dans les années 1960 et 1970 : le Britannique Mike Hoare est mort dans son sommeil à l’âge de 100 ans, a annoncé lundi sa famille.

Surnommé « Mad Mike », il est décédé dimanche, en Afrique du Sud, où il s’était retiré. Né en 1919 en Inde de parents irlandais, il a fait ses études de comptabilité en Grande-Bretagne.

Engagé dans l’armée britannique au début de la Seconde guerre mondiale, il combat comme officier en Birmanie et en Inde. Anticommuniste fervent, il émigre en 1948 en Afrique du Sud. « Le célèbre aventurier et soldat de fortune, le lieutenant-colonel ‘Mad Mike’ Hoare est mort dans son sommeil et dans la dignité à l’âge de 100 ans, dans un établissement de soins à Durban, le 2 février 2020 », a annoncé sa famille dans un communiqué.

« Il a vécu selon les préceptes de sa propre philosophie, qui voulait qu’on retire davantage de la vie en s’exposant au danger et c’est donc d’autant plus remarquable qu’il ait vécu plus de 100 ans », a souligné son fils, Chris.

L’un des derniers « Affreux »

Mike Hoare était devenu célèbre dans les années 1960, lorsqu’il avait dirigé au Congo belge devenu indépendant (aujourd’hui la République démocratique du Congo) une unité combattant pour l’indépendance du Katanga, puis lorsqu’il avait pris la tête d’un commando baptisé « les oies sauvages » (du nom des mercenaires irlandais du XVIIIe siècle), chargé d’écraser une rébellion pro-communiste. Son histoire avait inspiré le film du même nom, sorti en 1978, avec notamment Richard Burton, Roger Moore et Richard Harris.

En 1981, Mike Hoare avait commandé un groupe de mercenaires qui projetait un coup d’État aux Seychelles. La tentative avait échoué et les mercenaires avaient détourné un avion de la compagnie Air India, à bord duquel ils avaient regagné l’Afrique du Sud. Là, il avait été jugé et condamné à dix ans de prison pour piraterie aérienne. Il avait été libéré en 1985.

Après avoir vécu près de vingt ans en France, il était retourné vivre en Afrique du Sud. Il était père de cinq enfants. Mike Hoare était le dernier représentant du mercenariat à l’ancienne, bien différent des puissantes multinationales de sécurité actuelles.

Une figure qui, comme le Français Bob Denard ou le Belge Jean Schramme, était souvent liée aux services de renseignements des pays dont ces « Affreux », comme ils étaient surnommés, étaient originaires.

 Par Jeune Afrique avec AFP