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RDC: émotion à Bukavu après l’agression et le départ du Dr Mukwege

octobre 29, 2012
RDC: émotion à Bukavu après l'agression et le départ du Dr Mukwege RDC: émotion à Bukavu après l’agression et le départ du Dr Mukwege © AFP

Les patients et l’encadrement de l’hôpital Panzi à Bukavu (est de la RD Congo) expriment leur émotion devant la tentative d’assassinat et le départ du Dr Denis Mukwege, pionnier du traitement des femmes victimes de violences sexuelles, mais l’établissement affirme que le service gynécologique va pouvoir fonctionner.

Dans la soirée de jeudi, plusieurs hommes armés se sont introduits chez lui et ont tué un domestique avant de s’enfuir. Le Dr Mukwege, nominé plusieurs fois pour le Prix Nobel de la paix et qui a reçu notamment le prix de l’ONU pour les droits de l’homme, a quitté samedi la RDC pour le Burundi. Marqué par l’épreuve, il pourrait aller se reposer en Belgique, a indiqué dimanche l’agence Belga.

Selon Ephrem Bisimwa, chargé de communication de l’hôpital Panzi, situé à l’extérieur de la ville, « il n’y a pas de problème parce que l’administration est bonne » et « nous avons beaucoup des gynécologues ici qui assurent la continuité ». Mais, dit-il, « tout le personnel souhaite que la sécurité de sa famille soit garantie afin qu’il rentre à son lieu de travail ».

« Nous sommes très affectés par son départ brusque et nous avons espoir que les autorités vont s`impliquer pour son retour rapide en lui garantissant la sécurité, c’est ça notre prière », souligne une cadre de l’hôpital.

Dans la salle d’attente, une petite paillote, plusieurs femmes se pressent et parlent des violences dues notamment à une nouvelle rébellion dans les provinces du Nord et Sud-Kivu, frontalières du Rwanda.

Njabuka Mathy, une patiente, explique : « Mukwege était devenu plus qu’un parent, grâce à lui plusieurs vies humaines ont été sauvées (. . . ) il faut que le gouvernement sécurise la population ».

« C’est vraiment très regrettable », déclare une autre malade, Yvette Nsimire. « Mukwege vient de partir brusquement alors que l’insécurité règne de nouveau dans les territoires ». Chaque année, le service de lutte contre les violences sexuelles, le plus important de l’hôpital Panzi, reçoit 3. 000 femmes.

Denis Mukwege soignait Chouchou Namegabe, qui déplore « une grande perte, parce que là où il va, il ne va pas servir, c’est nous ici qui avons besoin de lui. Nous demandons au gouvernement de le sécuriser et de sécuriser sa famille pour qu’il rentre vite car c’est la communauté congolaise qu’il doit servir. Surtout, il y a des vulnérables qu’il soignait gratuitement et qui ont besoin de lui ».

Une autre de ses patientes, Ridelphine Katabesha, « regrette d’abord qu’il soit parti brusquement ». « Certes il y a d’autres gynécologue à Panzi mais je ne pense pas qu’ils seront aussi efficaces que Mukwege ».

La société civile du Sud-Kivu prépare une journée « ville morte », mercredi, pour protester contre cette agression et l’insécurité à Bukavu où au moins quatre assassinats se sont produits ces derniers jours. Aucun chiffre des viols commis ces dernier mois ou des patientes hospitalisées n’a pu être obtenu mais à Goma, la capitale du Nord Kivu, un autre gynécologue a estimé qu’environ 5. 000 femmes avaient été violées depuis le début de l’année 2012 avec la recrudescence de l’instabilité dans la région.

Le Dr Mukwege est membre fondateur de la « Campagne internationale pour mettre fin aux viols et à la violence fondée sur le genre en situation de conflit » qui, depuis son lancement en mai 2012, a réuni des centaines d’organisations à travers le monde.

Les membres de ce collectif ont, dans un communiqué, émis la crainte que cette « tentative d’assassinat puisse avoir un lien avec les activités du Dr Mukwege qui, en septembre, avait soutenu le plaidoyer pour la Campagne à l’ONU où il a mis en lumière la montée des viols et de la violence fondée sur le genre dans l’est » de la RDC.

Jeuneafrique.com avec AFP

Ferry naufragé à Zanzibar: 62 morts et plus d’espoir pour les 83 disparus

juillet 19, 2012

Au moins 62 corps ont été récupérés et il n’y avait plus d’espoir jeudi de retrouver de survivants parmi les 83 disparus au moins, après le naufrage mercredi d’un ferry au large de l’archipel tanzanien semi-autonome de Zanzibar, selon le porte-parole de la police locale.

Selon ce porte-parole, Mohamed Mhina, 145 rescapés ont pu être sauvés par les secouristes. Les autorités du très touristique archipel, se basant sur le manifeste, estiment que le ferry transportait 290 personnes, mais il n’est pas rare que ce type de bateaux soient surchargés et qu’une partie des passagers ne soient pas enregistrés.

« Les opérations se poursuivent » sur les lieux du naufrage, a déclaré à l’AFP Mohamed Mhina, excluant la possibilité de retrouver d’autres survivant plus de 30 heures après le naufrage.

Selon les autorités, 250 adultes, 31 enfants et neuf membres d’équipage avaient embarqué à Dar es-Salaam sur le MV Skagit, qui a chaviré mercredi à la mi-journée, à une demi-douzaine de km des côtes de l’île principale d’Unguja et à une vingtaine de km du port de Zanzibar city, sa destination.

Un nombre encore indéterminé de touristes avaient pris place à bord.

Au moins deux Belges et quatre Allemands figurent parmi les rescapés, ont indiqué leurs ministères des Affaires étrangères respectifs à Bruxelles et Berlin.

« Les informations que nous avons sont lacunaires mais, pour le moment, nous n’avons aucune indication du fait qu’il y aurait d’autres victimes belges », a indiqué un porte-parole du ministère belge, Joren Vandeweyer, cité par l’agence Belga.

L’ambassade de France à Dar es Salaam a fait savoir jeudi à l’AFP qu’il « n’y a pas de présence confirmée de Français » à bord du ferry lors de l’accident.

Omari Abdallah, administrateur de l’hôpital Mnazi Mmoja de Zanzibar city, a affirmé que l’établissement avait soigné deux Israéliens et deux Allemands qui ont depuis quitté l’archipel.

Il a ajouté que le corps d’un « mzungu » (« blanc » en swahili) non identifié se trouvait à la morgue de l’hôpital. Mercredi, le ministre des Transports de Zanzibar, Hamad Masoud Hamad, avait affirmé que « deux Européens » figuraient parmi les morts, sans préciser leur nationalité.

Les routes étaient presque désertes et les boutiques fermées pour la plupart, jeudi, au premier des trois jours de deuil décrétés par les autorités de l’archipel après ce deuxième accident maritime en moins d’un an.

Dans la nuit du 9 au 10 septembre 2011, le ferry Spicy Islander, surchargé, avait fait naufrage entre deux îles de Zanzibar, causant la mort de 203 des plus de 800 passagers, suscitant l’indignation de l’opposition et la colère des familles des victimes.

« Nous sommes morts »

Une enquête est ouverte pour déterminer les causes exactes du naufrage, a indiqué M. Mhina qui a participé mercredi aux opérations de secours. Selon lui, « le temps était très mauvais, il y avait de grosses vagues et un vent très fort qui soufflait à une allure de 120 km/h », au moment de l’accident.

« Il y avait d’énormes vagues mais le bateau était également surchargé de passagers et de marchandises », a affirmé à l’AFP un rescapé, Adbu Mwema, chauffeur de taxi.

Enos Masemba, 32 ans, a raconté sur son lit d’hôpital que « lorsque le bateau est arrivé en haute mer, il s’est mis à tanguer sans arrêt » avant de chavirer, « quelqu’un a réussi à briser une vitre et nous avons sauté à l’eau. J’ai pu m’en tirer car je sais nager mais je n’ai pas pu sauver ma femme ».

« Au milieu de l’océan, le bateau a commencé à chavirer. J’ai entendu des personnes crier +nous sommes morts+, puis j’ai vu le bateau s’enfoncer davantage dans les eaux », a décrit Fatu Kapama, une vendeuse d’épices de 40 ans qui a réussi à prendre place dans un canot de sauvetage.

Sur une place de Zanzibar bordant l’océan Indien, où les cadavres repêchés ont été alignés sous des tentes, après avoir été soigneusement lavés et recouverts d’un linceul, conformément au rite musulman, des familles tentaient de reconnaître les corps de proches disparus. Ceux qui ont été identifiés ont été rendus aux familles pour être rapidement inhumés.

Abdullay Yussuf, 72 ans, cherche ses deux épouses. « Bien sûr, je n’espère plus les retrouver en vie. Je demande seulement à Allah de me rendre leurs corps pour que je puisse les inhumer dignement », a-t-il expliqué à l’AFP.

AFP par Ephrem RUGIRIRIZA