Posts Tagged ‘agression sexuelle’

L’historien russe Dmitriev inculpé pour agression sexuelle

juillet 3, 2018

L’historien russe Iouri Dmitriev parle à la presse à la sortie du tribunal à Petrozavodsk, en Carélie, le 5 avril 2018 / © AFP/Archives / OLGA MALTSEVA

Un historien russe connu pour ses recherches sur la terreur stalinienne a été inculpé mardi pour agression sexuelle sur mineur, trois mois après avoir été acquitté dans une affaire similaire qu’il dénonce comme montée de toutes pièces.

Iouri Dmitriev est accusé d’avoir commis des « actes violents de nature sexuelle sur un mineur de moins de 14 ans » entre 2012 et 2016 sur sa fille adoptive, selon l’agence de presse russe Interfax, citant le parquet.

A la tête d’une branche régionale de Mémorial, la principale organisation russe de défense des droit de l’Homme, il encourt jusqu’à 20 ans de prison.

M. Dmitriev avait été acquitté début avril dans un premier procès pour pédopornographie. L’historien était accusé d’avoir réalisé des images « pornographiques » de sa fille adoptive, ce qu’il démentait.

L’historien de 62 ans, qui avait passé un an en détention provisoire, avait néanmoins été reconnu coupable de détention illégale d’armes et avait été libéré sous contrôle judiciaire.

Mi-juin, la Cour suprême de Carélie, la région où s’est tenu le procès, avait annulé ce jugement et renvoyé l’affaire auprès de la justice.

Une semaine après cette annulation, M. Dmitriev a été placé de nouveau en détention, suscitant l’inquiétude de la société civile, qui dénonce les poursuites le visant comme un moyen de l’intimider et de le faire taire.

Pendant près de 30 ans, Iouri Dmitriev a dressé la liste de 40.000 noms de personnes exécutées et déportées en Carélie pendant la terreur stalinienne. Il est également à l’origine de la découverte de l’un des plus grands charniers de la région, à Sandarmokh, où ont été fusillées environ 9.000 personnes.

Romandie.com avec(©AFP / 03 juillet 2018 14h13)

États-Unis: le producteur Benny Medina accusé d’agression sexuelle présumée

novembre 11, 2017

 

États-Unis : le producteur Benny Medina accusé d'agression sexuelle présumée

L’acteur Jason Dottley (à gauche) accuse le producteur Benny Medina de tentative de viol.@ VINCE BUCCI, DAVID LIVINGSTONE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
L’acteur Jason Dottley accuse le célèbre producteur Benny Medina d’avoir tenté de le violer à Los Angles en 2008, et d’avoir menacé son mari de l’époque.

Un acteur américain a accusé le producteur de musique et de télévision Benny Medina, connu pour être le manager de célébrités comme Jennifer Lopez, d’avoir tenté de le violer il y a neuf ans. Ces accusations, démenties par les avocats de Benny Medina, sont les dernières en date d’un tourbillon d’accusations d’abus sexuels présumés dans le monde du spectacle depuis les révélations début octobre sur le producteur de cinéma Harvey Weinstein.

Il l’a jeté sur un lit et « mis sa langue dans (sa) bouche ».

Jason Dottley, 36 ans, a affirmé que Benny Medina, 59 ans, avait tenté de le violer en décembre 2008 dans sa maison de Los Angeles où il avait été invité avec un ami. Dottley a raconté au magazine The Advocate que Medina l’avait jeté sur un lit et « a mis sa langue dans (sa) bouche », devenant agressif et appuyant fortement sur son cou avec son avant-bras, alors qu’il résistait et l’implorait de s’arrêter. Le retour de l’ami de Dottley, qui était parti nager, a mis fin à l’agression. « Benny Medina dément catégoriquement les allégations de tentative de viol », selon un communiqué au magazine People de ses avocats.

« Pas la première fois ».

Dottley a également assuré que le producteur lui avait envoyé un message après l’agression en le voyant dans la rue avec son mari de l’époque. « C’était quelque chose comme ‘est-ce que c’est lui le mari que je dois faire tuer si je veux t’avoir ?' », a dit l’acteur. Jason Dottley a déclaré à People s’être senti « impuissant » durant et après l’attaque présumée. « Vous n’essayez pas de violer quelqu’un et ensuite le menacer de tuer son mari par texto si vous n’avez absolument aucune crainte en agissant ainsi », a-t-il ajouté, « cela ne pouvait pas être la première fois ».

Benny Medina a notamment travaillé pour Warner Brothers avec Prince, Madonna et Chaka Khan. Sa vie a inspiré la série télévisée Le Prince de Bel-Air. Outre Jennifer Lopez, il a été le manager de Will Smith et Mariah Carey. Il a également travaillé comme producteur pour la télévision et le cinéma.

France: une écrivaine accuse d’agression sexuelle l’ancien ministre Joxe, qui dément

octobre 20, 2017

Paris – L’écrivaine française Ariane Fornia, fille de l’ex-ministre sarkozyste Eric Besson, accuse l’ancien ministre socialiste et ex-membre du Conseil constitutionnel Pierre Joxe de l’avoir agressée sexuellement au printemps 2010, ce que celui-ci dément.

Dans un post intitulé « #moiaussi: pour que la honte change de camp » publié sur son blog, Mme Fornia raconte plusieurs agressions sexuelles dont elle dit avoir été la victime.

Le mot-dièse « moi aussi » inscrit cette démarche dans le vaste mouvement de dénonciation d’agressions sexuelles qui a vu le jour après les accusations de viol et d’agressions contre l’ancien magnat d’Hollywood Harvey Weinstein.

Mme Fornia affirme avoir subi une agression à l’Opéra Bastille de Paris de la part de Pierre Joxe. Celui-ci dénonce de son côté un « battage invraisemblable » qui le « choque beaucoup », et rejette les « allégations » de son accusatrice.

« Un vieux monsieur (…) s’assoit donc à ma droite (…). La représentation commence. Et au bout de dix minutes, le vieux monsieur a sa main sur ma cuisse », affirme-t-elle, ajoutant avoir repoussé sa main plusieurs fois.

Ensuite, « il commence à remonter ma jupe. Il glisse sa main à l’intérieur de ma cuisse, remonte vers mon entrejambe. J’enlève sa main plus fermement et je pousse un cri d’indignation étouffé, bouche fermée. Tout le monde me regarde. Il arrête. Dix minutes plus tard, il recommence. Je lui plante mes ongles dans la main. C’est un combat silencieux, grotesque, en plein Opéra Bastille », affirme-t-elle.

Après avoir désigné dans un premier temps sur son blog « un ancien ministre de (François) Mitterrand », ex-président français, Mme Fornia a affirmé au magazine L’Express que son agresseur était Pierre Joxe.

Interrogé par l’hebdomaire, Eric Besson, ministre sous la présidence de Nicolas Sarkozy, a affirmé: « J’étais fou de rage, absolument fou de rage. J’ai envisagé d’aller attendre Joxe en bas de chez lui pour lui casser la gueule, et puis j’ai entendu les inquiétudes de ma fille, dans une situation qui était compliquée politiquement pour moi et dont elle souffrait. On s’est tu ».

Dans une déclaration à l’AFP, M. Joxe, 82 ans, a ajouté: « Je m’exprimerai plus longuement à ce sujet et par écrit la semaine prochaine après avoir pris le temps d’analyser les tenants et aboutissants de cette affaire ».

Un autre responsable politique, le député de La République en Marche (majorité présidentielle) Christophe Arend est mis en cause dans une affaire d’agression sexuelle.

Selon la chaîne publique franceinfo qui a recueilli le témoignage de son ex-assistante parlementaire, celle-ci a porté plainte contre lui pour harcèlement sexuel et agression sexuelle.

Elle l’accuse notamment de lui avoir « pincé les deux seins » et d’avoir « tout fait pour (la) faire craquer » en multipliant « les remarques sexistes » et les gestes déplacés.

M. Arend, député de Moselle (est de la France), « conteste les faits » et il a « pour sa part déposé plainte pour dénonciation calomnieuse », a indiqué son avocate dans un communiqué vendredi.

Romandie.com avec(©AFP / 20 octobre 2017 21h01)                                            

France: Le vice-président de l’Assemblée nationale démissionne

mai 9, 2016

Le député écologiste français Denis Baupin, accusé de « harcèlement » et « agression sexuelle » par des élues de son camp, « conteste » ces accusations. Il a démissionné de la vice-présidence de l’Assemblée nationale pour « pouvoir assurer sa défense », selon son avocat.

« Denis Baupin conteste fondamentalement l’idée de harcèlement sexuel et plus encore d’agression sexuelle, qui lui sont totalement étrangers », a assuré l’avocat selon lequel le député « envisage » de porter plainte pour diffamation. Quatre élues, dont la porte-parole du parti Europe Ecologie-Les Verts, ont affirmé à plusieurs médias avoir été victimes de comportements déplacés.

Les témoignages diffusés lundi par France Inter et le site d’informations Mediapart portent sur des faits remontant jusqu’à la fin des années 1990 même si, soulignent les deux médias, aucune plainte n’a été déposée à ce jour.

Romandie.com

Un accord financier confidentiel clôt l’affaire DSK à New York

décembre 10, 2012
 
  • Un accord financier au contenu confidentiel a été finalisé lundi à New York entre Dominique Strauss-Kahn et la femme de chambre guinéenne qui l'accusait d'agression sexuelle, marquant l'épilogue d'une saga judiciaire qui avait mis fin aux ambitions présidentielles de DSKMme Diallo, pantalon et veste noirs, foulard sur les cheveux, était présente au tribunal du Bronx, mais n'a rien dit pendant l'audience qui a duré moins de dix minutes
  • Les accusations de la femme de chambre, le 14 mai 2011, avaient lancé une extraordinaire saga judiciaireUn accord financier confidentiel a été annoncé lundi à New York entre Dominique Strauss-Kahn et la femme de chambre guinéenne qui l’accusait d’agression sexuelle à New York, épilogue d’une saga judiciaire qui avait mis fin aux ambitions présidentielles de l’ancien patron du FMI.

« Il y a environ dix minutes, nous sommes parvenus à un accord », a annoncé dès le début d’une très brève audience au tribunal du Bronx à New York, le juge Douglas McKeon, précisant que les termes en étaient « confidentiels ».

Il a précisé que les négociations avaient commencé « plus tôt dans l’année », mais s’étaient intensifiées depuis le 28 novembre dernier.

La femme de chambre de 33 ans, pantalon et veste noirs, foulard léopard gris sur les cheveux, n’a rien dit durant l’audience qui a duré moins de 10 minutes.

En sortant, elle a brièvement remercié « tous ceux qui (l’)ont soutenue à travers le monde. Je remercie Dieu et que Dieu vous bénisse tous », a-t-elle ajouté.

« Mme Diallo est une femme courageuse qui n’a jamais perdu confiance dans notre système judiciaire. Avec ce règlement elle peut maintenant continuer sa vie », a ensuite déclaré son avocat Kenneth Thompson.

Dans un communiqué, les avocats de DSK – muets au sortir de l’audience – se sont dits « satisfaits d’être parvenus à un règlement dans cette affaire ».

— accord aussi avec le New York Post —

Durant l’audience, le juge a ajouté que Mme Diallo était également parvenue à un accord financier avec le quotidien New York Post, qu’elle avait poursuivi l’an dernier au civil après qu’il l’eut traitée de prostituée.

Les accords financiers, qui mettent fin aux poursuites civiles, sont extrêmement fréquents aux Etats-Unis. Ils évitent aux deux parties un procès long et coûteux à l’issue incertaine. Ils ne sont pas un aveu de culpabilité, mais évitent à un accusé d’avoir à donner sa version des faits et lui permettent d’en finir avec un dossier.

Le magistrat n’avait pas requis lundi la présence de DSK.

Combien l’ancien patron du FMI a-t-il accepté de verser ?

La confidentialité de l’accord empêche de le savoir.

Son avocat William Taylor avait qualifié la semaine dernière de « complètement fausses » des informations selon lesquelles il aurait accepté de payer six millions de dollars.

Mais selon l’avocat et ancien procureur Matthew Galluzzo, ce montant serait plausible.

Avec cet accord, DSK est définitivement débarrassé de l’affaire Diallo, 19 mois après le scandale planétaire qui l’avait contraint à démissionner du FMI et mit fin à ses ambitions présidentielles en France. Il s’est aussi depuis séparé de son épouse, la journaliste Anne Sinclair.

Il n’aura jamais à expliquer ce qui s’était passé le 14 mai 2011 dans sa suite de l’hôtel Sofitel de New York. Selon Mme Diallo, une veuve élevant seule une adolescente, DSK, sorti nu de sa salle de bains, l’avait contrainte à une fellation, alors qu’elle venait faire le ménage.

Dominique Strauss-Kahn avait quelques heures plus tard été arrêté à l’aéroport JFK en partance pour la France, incarcéré plusieurs jours, inculpé et assigné à résidence à New York.

Mais trois mois plus tard, dans une étonnante volte-face, le procureur chargé de la procédure pénale en avait demandé le classement, effectif le 23 août.

Il avait expliqué que Nafissatou Diallo avait menti de manière répétée aux enquêteurs sur certains épisodes de son passé, et « sérieusement entamé sa crédibilité de témoin » en cas de procès au pénal.

Sans attendre, la jeune femme avait porté plainte au civil le 8 août, pour obtenir des dommages et intérêts. C’est cette plainte qui s’est terminée lundi par un accord financier.

Libre de rentrer en France, DSK avait ensuite reconnu dans une interview télévisée une relation sexuelle de quelques minutes avec la jeune femme qu’il ne connaissait pas, « une faute morale », mais « sans violence ni contrainte ».

DSK a depuis été mis en examen en France, pour proxénétisme aggravé en bande organisée dans l’affaire dite du Carlton, qui porte sur l’organisation de soirées libertines avec des prostituées.

Ses défenseurs ont demandé la nullité de la procédure et la justice doit se prononcer le 19 décembre.

Ces derniers mois, DSK a fait quelques réapparitions dans la vie publique. On l’a vu flâner au marché de Sarcelles, la ville dont il a été le maire, il a accordé une interview à un hebdomadaire et participé à plusieurs conférences à l’étranger. Il a aussi créé une société de conseil à Paris.

Mme Diallo n’a elle jamais repris le travail, toujours en congé maladie. Elle a déménagé nul ne sait où dans l’Etat de New York.

AFP par Brigitte DUSSEAU

«DSK n’a pas l’intention de donner de l’argent à Diallo»

août 24, 2011

Dans un entretien au Parisien, l’avocat de DSK assure que la procédure civile de Nafissatou Diallo contre son client n’aboutira pas. Il ne portera néanmoins pas plainte pour parjure contre la femme de chambre du Sofitel.

» Il n’y a «aucune raison que le peuple de New York rembourse DSK»

Au lendemain de l’abandon des charges contre Dominique Strauss-Kahn, son avocat Benjamin Brafman triomphe. «C’est la victoire de la vérité», assure-t-il dans un entretien accordé au Parisien. «Honnêtement, je pensais que nous irions jusqu’au procès», confie-t-il, même s’il a «toujours su que nous allions gagner, car Dominique Strauss-Kahn est innocent».

Le conseil de l’ancien patron du FMI semble vouloir clore pour de bon le chapitre Nafissatou Diallo. Non, il n’y aura pas de plainte pour parjure contre la femme de chambre du Sofitel. «Nous voulions l’arrêt de la procédure pénale, nous l’avons obtenu», explique Me Brafman. En théorie, DSK pourrait également attaquer la responsabilité professionnelle du procureur Cyrus Vance, qui avait engagé l’action judiciaire contre l’ancien patron du FMI au nom de l’État de New-York. Des actions pourraient également être engagées pour diffamation contre les tabloïds qui ont fait leur une sur «le pervers français», à l’image du New York Post.

Mais il est peu probable qu’il le fasse, selon Christopher Mesnooh, avocat aux barreaux de Paris et New York. «Cela ouvrirait un nouveau procès où la partie adverse pourrait se défendre et mettre sur la table des éléments du dossier restés jusque-là inconnus», explique-t-il au Post. «Humainement, on peut comprendre que DSK ait envie de contre-attaquer. Mais judiciairement, s’il arrive à s’en sortir sans procès pénal, on n’entendra jamais tous les détails croustillants de ce dossier». Comme un signal d’apaisement, DSK a salué mardi dans un communiqué «le professionnalisme» du procureur Cyrus Vance.

«Je ne lui conseille pas de raconter ce qu’il s’est passé dans la chambre»

Benjamin Brafman affirme au Parisien ne pas craindre la procédure civile engagée par les avocats de Nafissatou Diallo contre DSK. «Elle va s’effondrer comme la procédure pénale. Si la parole de cette femme n’a pas été jugée crédible une fois, elle ne le sera pas une seconde fois.» Avant d’ajouter : «Qu’une chose soit claire pour les Français : DSK n’a aucune intention, et n’a jamais eu l’intention, de lui donner de l’argent.»

Me Brafman ouvre néanmoins une porte vers une éventuelle suite de la «saga DSK». Les avocats du leader socialiste auraient «certains faits à éclaircir» quant à un éventuel complot contre leur client. «Nous nous posons des questions, notamment sur un plan international, et nous n’avons pas de réponse. Nous envisageons peut-être de continuer les investigations sur ces points qui nous semblent obscurs», confie-t-il.

Aura-t-on un jour la version des faits de Dominique Strauss-Kahn, qui s’est tu tout au long de la procédure américaine ? À en croire Benjamin Brafman, cela est hautement improbable. «Je ne conseillerais pas à DSK de raconter ce qu’il s’est passé dans la chambre. Ce n’était pas un crime, voilà tout.»
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«Aucune raison que le peuple de New York rembourse DSK»

Maintenant que les charges contre DSK ont été abandonnées, le leader socialiste peut-il obtenir un remboursement de ses frais de justice ? «Non, il n’y a aucune raison que le peuple de New York lui rembourse quoi que ce soit», explique au Figaro.fr Me Christopher Mesnooh. L’avocat rappelle que son arrestation s’est déroulée dans les règles, qu’il a pu sortir de prison au bout de cinq jours à sa demande, et que sa caution lui a été remboursée. «S’il n’a pas pu louer autre chose qu’une maison à 50.000$/mois, c’est son affaire, l’État n’a pas à le dédommager». Le droit américain ne prévoit pas non plus de remboursement des frais d’avocats.

Seule solution pour obtenir une réparation financière, intenter une action judiciaire contre le procureur Cyrus Vance pour faute professionnelle grave ou mauvaise foi. «Pour cela, il faudrait qu’il réussisse à prouver que le procureur n’aurait pas dû l’arrêter le 14 mai. Or n’oublions pas le contexte de l’époque. Procureur et police n’avaient aucun doute à ce moment-là sur le fait que Nafissatou Diallo disait la vérité», rappelle Christopher Mesnooh. «Une telle action n’aboutira jamais», pense l’avocat.

Lefigaro.fr

Guinée : Nafissatou Diallo, la belle ou la bête ?

août 5, 2011

Pour les uns, Nafissatou Diallo est l’innocente victime de Dominique Strauss-Kahn (DSK), considéré comme un prédateur sexuel pervers et influent… Mais pour d’autres, c’est au contraire une arnaqueuse résolue à faire cracher de l’argent à un homme riche et célèbre…

Conakry, 27 juillet. Des enfants nus jouent dans une cour inondée par les pluies. Nous sommes dans le quartier populaire de la Cimenterie, dans la « haute banlieue », à 40 km du centre-ville. Le maître des lieux se nomme Amadou Diane Diallo. C’est le fils aîné du défunt patriarche Thierno Ibrahima. Et le frère de Nafissatou Diallo. Pour l’instant, il travaille dans ses champs et, en son absence, personne n’ose ouvrir la bouche.

« Depuis qu’un journal local a donné la parole à l’un des demi-frères de Nafissatou à Tchakoulé, notre village natal dans le Fouta-Djalon, tout le monde ici se méfie de la presse comme de la peste, commente Moctar, un lointain cousin de la femme de chambre du Sofitel de Manhattan. Cet oncle n’a pas été très gentil, il a présenté Nafissatou comme une égoïste et une arrogante. » Le jeune homme (24 ans) est encore étudiant et milite à l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Bambeto, un quartier majoritairement peuplé de Peuls qui est l’un des plus chauds de la capitale – on le surnomme Bagdad, c’est dire… Moctar ne connaît pas Nafissatou : « La famille est très grande », explique-t-il. Mais il sait qu’elle est la plus jeune des six enfants de Néénan Aissatou, sa mère. Et que son père « a eu quatre autres enfants avec une autre femme ».

Faire du sou

Pour les habitants de Conakry, « l’affaire DSK » est avant tout l’affaire Nafissatou. « C’est une victime », enrage le Réseau des femmes ministres et parlementaires de Guinée, une association présidée par le Dr Makalé Traoré, ancienne ministre et Malinkée bon teint. Le Réseau regroupe des femmes de divers horizons. Certaines viennent de la Guinée forestière. D’autres sont malinkées, soussoues ou peules…

À Conakry, les préférences partisanes ont très souvent une base ethnique. « Nafissatou est une bonne Peule. Elle a utilisé des faux pour se rendre aux États-Unis. Alors, elle n’allait quand même pas rater l’occasion de se faire du sou en accusant DSK ! Cette histoire est un montage », vitupère Mamadou Touré, un enseignant soussou (l’ethnie majoritaire dans la capitale) supporteur du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) du président Alpha Condé. À Gbessia, dans la commune de Matoto, il passe ses vacances à deviser sous un arbre avec des camarades. Comme lui, de nombreux Guinéens, forestiers, malinkés ou soussous, ne doutent pas une seconde que Nafissatou accuse à tort Dominique Strauss-Kahn.

Stéréotypes

Mais d’autres s’indignent de ce raccourci politico-ethnique. Gestionnaire adjoint de la Maison de la presse de Guinée, Alpha Diallo est du nombre. Dans son bureau climatisé de Coléah (commune de Matam), il commente : « Je suis très déçu. La politique guinéenne est ainsi faite que, lorsqu’un acte est commis, on s’inquiète avant tout de l’ethnie de son auteur. Et aussitôt, on s’enferme dans des stéréotypes… » Il critique par exemple la position d’Alpha Condé, qui s’est déclaré à la fois « heureux » de la libération de DSK et « triste » pour sa compatriote. « Cette ambiguïté du président a profondément divisé les Guinéens, estime-t-il. Beaucoup sont convaincus qu’il aurait eu une autre réaction si la victime avait été malinkée, comme lui. »

En attendant le 23 août, date de la prochaine audience new-yorkaise, Adama Hawa Diallo, rédactrice en chef d’un site féministe, ne se montre pas franchement optimiste : « Politiquement, financièrement et socialement, la puissance de l’accusé est infiniment plus grande que celle de l’accusatrice. Je redoute donc que la raison du plus fort prédomine. » Dans un pays pauvre comme la Guinée, le sentiment dominant est que le riche finit toujours par avoir raison du pauvre. Enfin, presque toujours…

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Jeuneafrique.com par André Silver Konan, envoyé spécial à Conakry

FMI : trois candidats pour un fauteuil

juin 10, 2011

Les candidatures à la direction du FMI peuvent être déposées jusqu’à minuit ce vendredi. Christine Lagarde, le Mexicain Agustin Carstens et le Kazakh Grigory Marshenko sont en lice. Revue de leurs arguments de campagne.

Apprentis globe-trotters, les candidats à la succession de Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fonds monétaire international mènent campagne. Christine Lagarde, la ministre française de l’Économie, est partie favorite malgré sa possible mise en cause dans l’affaire Tapie. Le directeur de la Banque centrale mexicaine, Agustin Carstens, a endossé le rôle de challenger, tandis que le Kazakh Grigory Marshenko fait de la figuration. Les inscriptions clôturent vendredi. Des candidats de dernière minute ne sont pas à exclure.

Les trois candidats connus tentent de séduire les électeurs qui comptent: les grands pays comme la Chine, le Brésil ou encore l’Inde. Ces votants sont encore indécis, ou cachent habilement leur préférence. Passage en revue des arguments avancés par les candidats pour remporter leurs voix.

• Christine Lagarde: une politique prête à l’emploi

Même si elle part largement favorite, Christine Lagarde mène une campagne intense dans les pays émergents. Seul candidat dans ce cas, elle fait l’unanimité sur son continent d’origine, l’Europe. Du côté des États-Unis, Barack Obama n’a pas exprimé ses préférences, mais la secrétaire d’État Hillary Clinton soutient la Française. Le Japon devrait suivre. Europe, Amérique du Nord et Japon: cela devrait suffire à faire élire Christine Lagarde.

Reste à persuader les puissances émergentes. Aux Chinois, Christine Lagarde a laissé entendre la possibilité d’offrir un poste de directeur adjoint pour Zhu Min, conseiller économique au FMI et ancien directeur adjoint de la Banque centrale chinoise. «Elle peut aussi leur assurer une certaine communauté de vue sur la question de la réforme du système monétaire international», ajoute Christophe Destais, directeur adjoint du CEPII (Centre d’études prospectives et d’informations internationales).

À l’Inde et au Brésil, la Française peut rappeler que, comme DSK, elle n’est pas qu’une gestionnaire, mais aussi et surtout une politique. Elle peut ainsi s’engager à rééquilibrer le FMI en leur faveur, en leur proposant de leur donner le droit de verser une plus grosse cotisation -les quote-parts- à l’organisation. Surtout, Christine Lagarde apparaît comme la candidate la mieux préparée pour affronter la crise de la dette européenne aux commandes du FMI : elle a déjà les mains dans le moteur.

• Agustin Carstens: nouveau monde mais vieille école

«Carstens? C’est un «Chicago Boy», un économiste libéral formé à l’école de Chicago», souligne d’emblée Jérôme Sgard, économiste au CERI (Centre d’études et de recherches internationales). Qui plus est, un directeur de Banque centrale. «Il aurait été excellent dans les années 90, lorsque le Fonds pratiquait le consensus de Washington (une aide financière contre beaucoup de rigueur)», selon Sophie Matelly, de l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques). «Mais aujourd’hui que le FMI a commencé à changer de doctrine, sa seule force, c’est de provenir d’un pays émergent.»

Et encore. Outre le Mexique, seuls les petits États d’Amérique latine se sont empressés de le soutenir (Venezuela, Bolivie, Pérou, Panama, Uruguay, Mexique, Paraguay, Bélize, Honduras, Guatemala, République dominicaine, Nicaragua, Costa Rica). Chez les «grands» de la région, la Colombie est l’unique supporter du Mexicain. Le Brésil, qui ne se prononcera qu’après la clôture des inscriptions, le juge trop proche des États-Unis. L’Argentine et le Chili estiment qu’il est trop libéral. Un jugement auquel pourrait également se ranger l’Inde, traditionnellement tiers-mondiste.

• Grigory Marchenko: à peine lancé, déjà lâché

Le candidat du Kazakhstan est un ovni. On ne sait pas trop ce qu’il fait là. Les Russes l’ont poussé à se présenter pour ensuite le lâcher en rase campagne, lorsque le président Dimitri Medvedev a choisi de soutenir Christine Lagarde lors du G8 de Deauville. «Confier une responsabilité aussi importante à un pays aussi insignifiant politiquement et financièrement, c’est inimaginable!», tranche un observateur.

Comme Carstens, Marshenko présente un profil classique de directeur de Banque centrale. «Cela montre bien que les émergents n’arrivent pas à faire proposer un leader politique pour le poste à même de propulser les réformes, alors même que ce sont eux qui luttent contre ce qu’ils appellent la pensée unique du FMI», observe Sophie Matelly.

Lefigaro par Guillaume Guichard