Posts Tagged ‘Agressions sexuelles’

Un institut du Vatican sur les agressions d’enfants étend son mandat aux adultes

octobre 13, 2021

ROME — Le principal institut de recherche de l’Église catholique qui étudie les agressions sexuelles sur mineurs étend son mandat pour inclure également les agressions sexuelles et spirituelles sur les adultes.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le Vatican semble ainsi prendre conscience que les enfants ne sont pas les seules victimes de membres du clergé qui abusent de leur pouvoir et de leur autorité.

Le révérend Hans Zollner, l’un des principaux conseillers du pape François dans le dossier des agressions sexuelles, a déclaré que la portée plus large de l’institut académique reflète les leçons du mouvement #MoiAussi, la propre reconnaissance du pape que les religieuses et les séminaristes adultes peuvent aussi être maltraités par leurs supérieurs, et la preuve que des problèmes systémiques et structurels au sein de l’Église ont permis une multiplication des agressions.

«Nous ne pouvons plus nous limiter aux problèmes individuels: nous devons également examiner les conditions institutionnelles qui favorisent (les agressions) ou empêchent un environnement sécuritaire», a déclaré M. Zollner à l’Associated Press mercredi.

Il a accordé cette entrevue à la veille du lancement officiel du nouvel institut à l’Université pontificale grégorienne, à Rome. L’Institut d’anthropologie et d’études interdisciplinaires sur la dignité humaine et le soin intègre le Centre pour la protection de l’enfance, fondé il y a dix ans. En tant que département d’anthropologie sanctionné par le Vatican, l’institut académique peut désormais décerner des diplômes universitaires, former son propre corps professoral et s’associer sur un pied d’égalité avec d’autres universités.

Étendre l’objectif de l’institut au-delà de la protection de l’enfance est important, étant donné que le Vatican a tendance à développer des politiques en s’appuyant sur la recherche universitaire et les conférences internationales de ses universités pontificales pour jeter les bases des décisions prises plus haut dans la hiérarchie de l’Église. 

Pour le père Zollner, la croissance d’un institut de sauvegarde à part entière couve depuis plus d’une décennie, et pourtant, elle se heurte toujours à des résistances. «Je me débats depuis longtemps avec cette question: pourquoi, dans l’Église, luttons-nous pour accepter l’existence parmi nous d’abus commis par des membres du clergé? Pourquoi est-ce si difficile d’accepter cela, de voir cette réalité? Parce qu’il y a encore des gens qui nient cette réalité et disent: ‘Nous n’avons pas de cas’», a-t-il déclaré.

M. Zollner a déclaré que l’idée d’élargir le champ de l’étude est venue après qu’un rapport du grand jury de Pennsylvanie en 2018 a révélé comment plusieurs évêques de l’État avaient systématiquement couvert les prêtres agresseurs. Des rapports d’enquête ultérieurs sur les abus du clergé, y compris en Allemagne, pays natal de M. Zollner, et plus récemment en France, ont identifié les mêmes problèmes systémiques et structurels.

Toujours en 2018, le Vatican a commencé son enquête sur l’ex-cardinal Theodore McCarrick, un archevêque américain qui a finalement été défroqué par François après que le Vatican a déterminé qu’il avait agressé sexuellement des mineurs ainsi que des séminaristes adultes sous son autorité.

M. Zollner a souligné que le nouvel institut ne mettait en aucun cas de côté son objectif principal sur la protection de l’enfance, qualifiant l’agression sexuelle d’enfants de «la chose la plus horrible à laquelle vous puissiez penser».

Mais le mandat élargi permettra l’étude de problèmes qui étaient auparavant en dehors de la portée d’origine du centre, a-t-il déclaré, tels que les abus spirituels d’adultes par les dirigeants de nouveaux mouvements religieux, ou les facteurs institutionnels et structurels au sein de l’Église qui ont facilité les abus.

Avec Nicole Winfield, The Associated Press

Canada-Québec: Le fugitif pasteur Paul Mukendi refait surface sur les réseaux sociaux

septembre 16, 2021

Le pasteur Paul Mukendi, recherché par la police depuis le 20 août après avoir fui la justice, a publié un message jeudi matin sur sa page Facebook. Le fugitif promet d’expliquer samedi prochain pourquoi il ne s’est pas constitué prisonnier.

Paul Mukendi à sa sortie du palais de justice de Québec le 27 février 2020

© /Radio-Canada Paul Mukendi à sa sortie du palais de justice de Québec le 27 février 2020

Dans son message publié jeudi, Paul Mukendi affirme «je parlerai… pourquoi je me suis soustrait à la justice québécoise et quelle sera la suite.» Il précise qu’il donnera ces explications samedi, à 13 h, heure du Québec.

Le pasteur Paul Mukendi a fui les autorités, le 20 août dernier, à quelques heures du moment où il devait se présenter au centre de détention. Des fidèles disaient alors craindre qu’il ait été kidnappé. La police de Québec avait reçu un signalement de sa disparition.

Toutefois, Paul Mukendi avait par la suite dissipé les doutes, en publiant lui-même un message sur les réseaux sociaux, confirmant qu’il avait choisi de fuir la justice. Un mandat d’arrestation a été lancé contre lui.

Informée de la publication du message, la police de Québec assure qu’elle sera attentive, samedi.

«Depuis l’émission du mandat d’arrestation, nous déployons des efforts considérables pour localiser M. Mukendi. Nous avons aussi la capacité, avec de nombreux partenaires, d’agir à l’international, affirme le porte-parole de la police de Québec, David Poitras.

Condamné pour agressions sexuelles

L’appel de Paul Mukendi, condamné à 8 ans d’emprisonnement pour agressions sexuelles et physiques sur une adolescente, a été rejeté le 16 août. Paul Mukendi devait donc se livrer aux autorités carcérales afin de purger sa peine.

Le 29 juin 2019, le révérend de l’église Parole de vie, dans l’arrondissement de Vanier, à Québec, a été déclaré coupable de neuf chefs d’accusation d’agressions sexuelles, de voies de fait et de menaces de mort.

La plaignante avait 14 ans au moment des faits.

Mukendi avait porté le verdict en appel, estimant que le juge avait commis des erreurs de droit.

La Cour d’appel a rejeté ses arguments. L’homme de 44 ans souhaitait que ses avocats s’adressent à la Cour suprême.

Avec Radio-Canada

Canada/Le policier du SPVM accusé d’agression sexuelle insiste: il «voulait juste aider»

juillet 16, 2021

MONTRÉAL — Le policier de Montréal accusé d’avoir agressé sexuellement une femme dans un hôtel après l’avoir rencontrée en détention a été interrogé par le procureur jeudi sur les décisions qu’il a prises cette nuit-là.

© Fournis par La Presse Canadienne

Roger Fréchette, âgé de 56 ans, fait face à un chef d’accusation d’agression sexuelle contre une femme de l’Ontario en visite à Montréal en février 2019. Il a été le premier policier à être accusé à la suite d’une enquête indépendante menée par le Bureau des enquêtes indépendantes.

La victime présumée est une femme dans la quarantaine dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication.

Elle a témoigné cette semaine que l’agent Fréchette a fait des commentaires sur ses parties intimes alors qu’elle était partiellement nue dans sa cellule et l’a ensuite emmenée dans sa chambre d’hôtel, où il l’aurait pelotée, aurait léché son cou, aurait touché à ses parties génitales et aurait pris la main de la femme pour la mettre sur son entrejambe.

La procureure Andrée-Anne Tremblay a interrogé Roger Fréchette sur ses gestes aux petites heures le 18 février après l’arrestation de la femme pour une présumée intoxication publique.

Interrogé par Me Tremblay sur la raison pour laquelle il a passé autant de temps avec la femme et s’est attardé à l’extérieur de sa cellule alors qu’elle était partiellement nue, l’agent Fréchette a déclaré au tribunal que la femme était agitée, criait et semblait se calmer lorsqu’il était présent. Il a déclaré au tribunal qu’elle ne semblait pas mal à l’aise de sa présence et qu’il n’y avait aucune policière au travail cette nuit-là.

Roger Fréchette a nié avoir fait des commentaires de nature sexuelle ou l’avoir agressée, affirmant au tribunal qu’il essayait seulement d’aider la femme, qui n’avait ni argent ni amis à Montréal, à retourner à son hôtel. Il a dit qu’il n’était pas attiré sexuellement par elle.

Il a soutenu qu’il avait décidé de la conduire dans son véhicule personnel après son quart de travail parce qu’il faisait froid dehors. «J’avais beaucoup de temps libre, je n’étais pas occupé, a déclaré Fréchette au tribunal. Je voulais m’assurer qu’elle allait bien.»

Il l’a suivie dans l’hôtel et a décidé de s’assurer qu’elle rentre dans sa chambre. Alors qu’il était sur le point de partir, Roger Fréchette a affirmé qu’elle l’avait invité dans la pièce pour discuter.

Il a déclaré qu’il a passé au total une quarantaine de minutes dans l’hôtel et que la femme avait essayé de le convaincre de la ramener chez elle ou de payer un billet de train. Lorsqu’il a refusé, Roger Fréchette a témoigné qu’elle l’a léché et lui a attrapé le pénis à travers son pantalon. Il a dit avoir quitté après avoir nettoyé la salive de son visage.

Me Tremblay a demandé à Roger Fréchette pourquoi il n’avait pas adopté une approche différente, comme demander qu’une voiture de patrouille la ramène à l’hôtel ou simplement lui donner des directions.

«Avec le recul, il y avait d’autres solutions. J’aurais pu lui acheter un billet d’autobus ou payer un taxi», a déclaré Roger Fréchette. Mais il a dit qu’il savait qu’elle avait besoin d’aide et qu’il cherchait à passer le temps avant un rendez-vous à l’hôpital ce matin-là.

Un extrait vidéo de six minutes a également été présenté à Roger Fréchette dans lequel on le voit parler à la victime présumée avant qu’elle ne soit relâchée, ce qui coïncidait avec la fin de son quart de travail. Il a dit qu’il vérifiait si elle était suffisamment sobre pour être libérée, mais qu’il ne se souvenait pas des détails de la discussion.

Le policier ayant 34 années de service, qui avait passé une décennie à superviser les cellules d’un centre de détention du centre-ville de Montréal, a déclaré que c’était la première fois qu’il escortait un détenu après son quart de travail. Il est désormais suspendu avec solde.

Le procès reprendra le 18 octobre.

Avec Sidhartha Banerjee, La Presse Canadienne

L’Église catholique reconnaît avoir récemment abusé de 368 enfants en Pologne

juin 28, 2021

VARSOVIE, Pologne — Dans son plus récent rapport sur les agressions sexuelles commises sur des enfants, l’Église catholique de Pologne reconnaît que 292 membres du clergé auraient abusé de 368 garçons et filles entre 2018 et 2020.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le document dévoilé lundi tombe au moment où le Vatican enquête sur des allégations d’agressions et d’inaction des dirigeants de l’Église en Pologne, un État à prédominance catholique où le clergé jouit d’un statut spécial.

Le Vatican a récemment puni certains évêques et archevêques polonais pour leur négligence. Ils ont été bannis des églises et leur ont interdit de présider des cérémonies.

Le Saint-Siège enquête également sur des allégations de négligence par l’archevêque de Cracovie aujourd’hui à la retraite, le cardinal Stanislaw Dziwisz, qui a notamment servi à titre de secrétaire personnel du défunt pape Jean-Paul II.

Dans une conférence virtuelle, le chef de l’Église catholique de Pologne, l’archevêque Wojciech Polak, a réitéré ses excuses offertes aux victimes et leur a demandé pardon.

Monseigneur Adam Zak, chargé d’enquêter sur les abus du clergé contre des enfants et de prévenir ces agressions, a insisté sur le besoin d’agir pour plus de sensibilisation et de prévention en raison du nombre élevé de cas rapportés.

Le précédent rapport de l’Église, portant sur les années 1990 à 2018, avait identifié 382 agresseurs soupçonnés d’avoir abusé de 625 victimes mineures. Les noms de 42 agresseurs sont apparus à nouveau dans le plus récent rapport.

Par Monika Scislowska, The Associated Press

RDC : Koffi Olomidé abonné aux procès reportés

avril 14, 2021
Glez

Condamné en France en première instance pour agressions sexuelles et séquestration, le roi de la rumba congolaise attend un procès en appel dont la date vient encore d’être décalée de six mois.

Le rythme de la justice française est inversement proportionnel à la cadence de la production musicale congolaise. Alors que Koffi Olomidé a mis en ligne, mi-mars, le clip « Excellence » en hommage à feu Hamed Bakayoko, l’ancien Premier ministre ivoirien, et qu’il annonce, d’ici le week-end prochain, une chanson en featuring avec Charlotte Dipanda, c’est une information judiciaire qui semble le rattraper. À moins de considérer celle-ci comme une non-information…

Le procès en appel du roi de la rumba a de nouveau été reporté en France. Condamné en première instance à deux ans de prison avec sursis, il y a deux ans, l’artiste aux multiples surnoms – Grand Mopao, Mokonzi, Quadra Kora Man, Patraõ, Le Rambo, Nkolo Lupemba ou encore Mokolo Bilanga – doit être rejugé. Le rendez-vous avait déjà été décalé de six mois, en octobre dernier. Ce lundi 12 mars, le procès a de nouveau été reporté d’un semestre supplémentaire. L’audience est renvoyée au 25 octobre prochain, avec un déménagement du tribunal de Nanterre à la cour d’appel de Versailles.

Agressions sexuelles et séquestration

Les chefs d’accusation, eux, ne changent pas : agressions sexuelles contre quatre anciennes danseuses, y compris une mineure de 15 ans, et séquestration, pour des faits qui se seraient produits entre 2002 et 2006 dans la villa du chanteur,  à Asnières, commune de la région parisienne.

Les motifs des différents reports sont variés : en octobre, son avocat était mobilisé par une autre affaire aux assises. Cette fois, les parties civiles invoquent des problèmes de garde d’enfant et l’absence d’avocat pour la plaignante mineure au moment des faits. La crise sanitaire ne serait pas non plus étrangère aux turbulences de calendrier : les parties civiles déplorent l’absence de réponse de Grand Mopao à l’ensemble des convocations de la justice. Les restrictions liées à la pandémie de Covid-19 pourraient lui fournir un nouveau prétexte…

Les calendriers artistique et judiciaire pourraient se télescoper, Antoine Christophe Agbepa Mumba – le vrai nom de Koffi Olomidé – annonçant son retour sur une scène parisienne en novembre…

Nombreuses procédures

Le pedigree judiciaire du fondateur du groupe « Quartier latin international » ne se limite pas à cette procédure française débutée par la mise en examen de février 2012. En 2012 également, à Kinshasa, il était condamné à trois mois de prison avec sursis pour coups et blessures sur son ancien producteur Diego Music.

Plus tôt, en 2006, c’est pour fraude fiscale qu’une sentence d’un an de prison avec sursis avait été prononcée à son encontre en France. En 2016, c’est à nouveau aux autorités congolaises que l’auteur compositeur eut affaire, après avoir asséné un violent coup de pied à l’une de ses danseuses, lors d’un séjour à Nairobi.

En 2018, la justice zambienne ordonnait l’émission d’un mandat d’arrêt contre le chanteur, pour l’agression d’un photographe à Lusaka. Peut-être les titres des chansons de Koffi Olomidé permettent-ils de cerner sa personnalité, comme « La chicotte à papa 

Par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

France: Yohann Malory, parolier de Johnny Hallyday, en garde à vue pour agressions sexuelles

mars 10, 2021

Yohann Malory, parolier de Johnny Hallyday, Matt Pokora et Moissec notamment, a été placé en garde à vue mercredi à Paris, dans le cadre d’une enquête le visant pour agressions sexuelles, a-t-on appris de source proche du dossier. L’auteur, compositeur, parolier, âgé de 36 ans, a été placé en garde à vue à la 1ère DPJ (police judiciaire), a-t-on ajouté de même source, confirmant une information du Point.

Le parquet de Paris a ouvert le 19 octobre dernier une enquête à la suite du dépôt de plusieurs plaintes mettant en cause Yohann Malory pour des infractions de nature sexuelles. Selon le Point et le Parisien, c’est une artiste de 24 ans, Lola Le Lann, qui a fait éclater l’affaire en annonçant le 6 octobre qu’elle avait décidé d’annuler la sortie de son premier album. Elle avait expliqué alors avoir reçu plusieurs témoignages accusant Yohann Malory, un des auteurs des chansons de son album, d’agressions.

L’avocat du parolier, Me Antoine Vey, avait alors fait valoir que son client était « victime de publications calomnieuses et très évolutives sur les réseaux sociaux ». Le 8 janvier dernier, Yohann Malory a adressé au parquet de Paris une plainte pour dénonciation calomnieuse.

Par Le Figaro avec AFP

Canada-Québec: Le professeur Thierry Karsenti arrêté pour agression sexuelle d’un enfant

mars 5, 2021

BROSSARD, Qc — Le professeur Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l’information et de la communication en éducation, a été arrêté et devra faire face à des accusations de contacts sexuels sur une victime âgée de moins de 16 ans.

© Fournis par La Presse Canadienne

D’après les informations obtenues auprès du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL), Thierry Karsenti, 52 ans, résidant de Brossard, a été arrêté le 23 février dernier. Un mandat d’arrêt visé avait été lancé contre lui. 

M. Karsenti a été libéré sous conditions en attendant sa comparution. Il lui est notamment interdit de communiquer avec la victime ou sa famille ou de se présenter à sa résidence. Il doit également informer les autorités de tout changement d’adresse. Sa comparution est prévue vendredi au palais de justice de Longueuil.

Dans un message publié mercredi sur son fil Twitter, le SPAL demande l’aide de la population, car on soupçonne que le prévenu aurait pu faire d’autres victimes.

«On demande aux gens qui auraient pu être victimes de Thierry Karsenti, 52 ans, résidant de Brossard, de nous appeler. Sinon, on invite aussi les gens à nous fournir des informations, s’ils en ont», a indiqué la porte-parole du SPAL Mélanie Mercille.

La victime aurait porté plainte en octobre 2019. Les circonstances entourant les gestes reprochés n’auraient aucun lien avec les activités professionnelles du prévenu. Cependant, l’Université de Montréal a «suspendu pour une période indéterminée» le professeur de sa faculté d’éducation.

L’université aurait appris l’arrestation de M. Karsenti, mercredi, au moment de la sortie publique du SPAL.

Toute personne ayant des informations à transmettre aux enquêteurs concernant cette affaire peut communiquer avec le 911 ou le 450-463-7211.

Avec Ugo Giguère, Initiative de journalisme local, La Presse Canadienne

Sur Twitter, Booba accusé d’agression sexuelle sur mineure au Sénégal

février 9, 2021
Booba en concert à Nanterre, en octobre 2018.

Dans un contexte de dénonciations des violences sexuelles dans le milieu de la musique, le rappeur est accusé d’agression sur une jeune fille de 14 ans en marge d’un concert à Dakar.

L’affaire pourrait passer pour une embrouille de plus. Le rappeur Booba a habitué ses fans, ceux qu’il surnomme ses « pirates », à des clashs à répétition. À l’instar de 50 Cent aux États-Unis, il moque régulièrement ses adversaires en portant volontiers les coups sous la ceinture : il a récemment ironisé sur le physique du rappeur albinos Kalash Criminel, sur les cheveux de Dadju et s’est fait bannir d’Instagram l’année dernière pour avoir diffusé une vidéo pornographique mettant en scène Fianso. Mais le dernier clash en date, mettant Booba en tête des tendances sur Twitter, fait remonter des accusations beaucoup plus sérieuses.

Tout part d’une critique mal digérée par « le Duc de Boulogne », qui supporte difficilement les coups de pattes journalistiques : il a notamment suspendu tout entretien avec le média Booska-P depuis qu’un des chroniqueurs, Fif, avait avoué ne pas aimer son album… en 2008. Cette fois, ce sont les piques du journaliste Yérim Sar, sur la radio Mouv‘, concernant la version revisitée du hit « Barbie girl », qu’il n’a pas digérées. Un échange venimeux a suivi sur Twitter… jusqu’à ce que le journaliste, qui y écrit sous le pseudo de « spleenter », porte des accusations graves contre le rappeur. Parmi les « dossiers » exhumés, certains avérés, notamment la fermeture de OKLM, le média créé par Booba en 2014, dont l’activité est suspendue depuis mars 2020. Une autre accusation, beaucoup plus lourde de conséquences, reste à établir : une tentative de viol sur une jeune fille de 14 ans, en marge du premier concert de Booba à Dakar, en 2016.

Plusieurs éléments interpellent dans l’affaire. D’abord Yérim Sar est un journaliste respecté, à la fois pour son mordant et sa connaissance du milieu du rap (il a été chroniqueur pour de nombreux médias spécialisés comme l’Abcdr du Son et rédacteur en chef de Paris Hip-Hop). Booba, d’origine sénégalaise par son père qui vient de la ville de Yaféra (département de Bakel), n’a pas démenti les allégations, retirant même les tweets en réponse au journaliste. Enfin, il y a deux mois, la candidate de télé-réalité Inès Sberro reconnaissait une relation avec la star, commencée lorsqu’elle avait 16 ans, en 2014. Si un rapport sexuel avec un mineur consentant de plus de 15 ans est autorisée dans certains cas en France, ce flirt apporte un nouvel éclairage.

#BalanceTonRappeur

Cette affaire intervient dans un contexte très particulier où les témoignages d’agressions sur des femmes, parfois mineures, se multiplient. Sur les réseaux sociaux français, il y a quelques mois, le hashtag #BalanceTonRappeur est devenu viral, entraînant la chute du rappeur parisien Moha la Squale, visé par une enquête pour « violences », « agression sexuelle » et « séquestrations », après un dépôt de plaintes de trois ex-compagnes âgées de 23 à 28 ans. Aux États-Unis, R. Kelly, derrière les barreaux depuis 2019, attend la tenue de quatre procès liés à des abus sexuels sur mineurs. S’il est reconnu coupable, il risque jusqu’à 20 ans de prison.

L’Afrique connaît aussi son lot d’affaires. Lil Frosh, au Nigeria, a été arrêté en fin d’année dernière par la police après avoir agressé sa petite amie. Sidiki Diabaté a été placé en détention en septembre 2020, après des violences sur son ex-compagne, l’influenceuse Mariam Sow. Il est sorti de prison au bout de trois mois, actuellement en liberté provisoire après avoir payé une caution de 15 millions de francs CFA (23 000 euros) : il s’est d’ailleurs expliqué auprès de son public dans son dernier titre clipé, Renaissance, où il promet sur fond d’images de prières, de devenir exemplaire. Le chanteur marocain Saad Lamjarred a fait l’objet de plusieurs plaintes pour agressions sexuelles, aux États-Unis, en France et au Maroc. Il reste malgré tout très populaire dans le royaume, Mohammed VI ayant même longtemps chargé son avocat d’alors, Éric Dupond-Moretti, d’assurer sa défense.

L’affaire impliquant Booba n’a pas (encore) pris de tournant judiciaire. Hier, la twittosphère semblait suspendue à de nouvelles révélations de Yérim Sar. Si Booba n’a pas nié les faits, il semble avoir trouvé une nouvelle cible, le confrère de Yérim, Mehdi Maïzi, qu’il avait embauché à OKLM, et à qui il promet le pire : « Sache que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que tu perdes la face et que tu perdes ta place. Ça prendra le temps que ça prendra… je te souillerai et je te détruirai ! » Des menaces qui tombent à pic pour détourner l’attention.

Avec Jeune Afrique par Léo Pajon

Canada-Québec: Une soirée jeunesse pour le pasteur Mukendi

juillet 27, 2020

 

Le pasteur Paul Mukendi, en appel de sa condamnation pour des agressions sexuelles sur une ex-fidèle alors mineure, a participé à une «soirée jeunesse» virtuelle samedi à son église Parole de Vie dans Vanier.
© Collaboration spéciale, Steve Jolicoeur Le pasteur Paul Mukendi, en appel de sa condamnation pour des agressions sexuelles sur une ex-fidèle alors mineure, a participé à une «soirée jeunesse» virtuelle samedi à son église Parole de Vie dans Vanier.
Le pasteur Paul Mukendi, en appel de sa condamnation pour des agressions sexuelles sur une ex-fidèle alors mineure, a participé à une «soirée jeunesse» virtuelle samedi à son église Parole de Vie dans Vanier. La police de Québec a ouvert une enquête sur un possible bris de condition de remise en liberté.

Le pasteur de 42 ans s’est présenté à son église samedi soir tout de blanc vêtu.

La soirée jeunesse de l’église évangélique Parole de vie avait été publicisée à l’avance via les réseaux sociaux.

«Le témoignage de la jeunesse du Révérend Paul Mukendi! Les jeunes et leurs parents sont aussi les bienvenus sur place au 240 boulevard Pierre-Bertrand. Un moment à ne pas manquer surtout que vous pourrez poser vos questions à l’homme que Dieu a élevé très jeune!»

Quelques enfants et adolescents ont été vus entrer à l’église avec leurs parents.

Quelques enfants et adolescents ont été vus entrer dans l'église Parole de Vie dans Vanier avec leurs parents.

Quelques enfants et adolescents ont été vus entrer dans l’église Parole de Vie dans Vanier avec leurs parents.
Le pasteur Mukendi s’est installé dans son bureau au deuxième étage pour prêcher et livrer ses conseils aux jeunes, qui lui faisaient parvenir des questions par courriel ou par téléphone.

«La jeunesse de Parole de Vie a passé un super moment, hier soir, avec son invité spécial, le Révérend Paul Mukendi qui a généreusement partagé sur sa vie, son parcours, son appel, ses réussites, ses erreurs de jeunesse et sur son amour indéfectible pour Dieu et Son œuvre, pouvait-on lire sur la page Facebook Jeunesse Parole de vie. Il a aussi répondu aux nombreuses questions des jeunes d’ici et d’ailleurs qui suivaient en direct sur Facebook. Ce fut vraiment un moment mémorable et édifiant pour les jeunes de tout âge!»

Selon l’avocate de Paul Mukendi, Me Dominique Bertrand, le pasteur n’a jamais été en contact avec des jeunes présents dans le bâtiment.

«Il fait très attention à ses conditions de remise en liberté, assure Me Bertrand. Par exemple, il ne s’occupe plus du tout des activités de l’église qui s’adressent aux enfants, comme les dimanches après-midi.»

Plusieurs agents de renseignements de la police de Québec étaient sur place pour documenter l’événement. Les enquêteurs feront parvenir leur dossier d’ici quelques jours au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui devra l’analyser et décider si des accusations de bris de condition doivent être autorisées.

Le pasteur doit en effet respecter plusieurs conditions de remises en liberté durant les procédures d’appel, dont «ne pas chercher, accepter ou garder un emploi, rémunéré ou non, ou un travail bénévole qui le placerait en relation de confiance ou d’autorité vis-à-vis de personnes âgées de moins de 16 ans, à moins de le faire sous la supervision d’une personne que la Cour estime convenir en l’occurrence».

Quelques enfants et adolescents ont été vus entrer dans l'église Parole de Vie dans Vanier avec leurs parents.

© Collaboration spéciale, Steve Jolicoeur Quelques enfants et adolescents ont été vus entrer dans l’église Parole de Vie dans Vanier avec leurs parents.
Condamné à 8 ans de prison

Après un procès devant jury, Paul Mukendi a été déclaré coupable de plusieurs chefs de nature sexuelle, de menaces de mort et de voies de fait.

Sa victime était âgée de 14 ans au début de la période des infractions, qui ont duré une douzaine d’années.

Le juge Jean-François Émond de la Cour supérieure a condamné Paul Mukendi à une peine de huit ans de détention. «Vous avez utilisé votre statut d’homme de Dieu et d’homme d’église comme outil de manipulation, affirmait le juge Émond. Vous avez emprisonné la jeune victime dans une cellule virtuelle.»

Paul Mukendi a interjeté appel de la condamnation et de la peine. Il a pu reprendre sa liberté en attente des procédures d’appel.

Le pasteur a tenté en vain d’obtenir l’accord de la Cour d’appel pour exercer son travail de pasteur, avec les adultes comme avec les enfants, sous la supervision de l’attachée de presse de l’église et d’un assistant pasteur.

Les juges de la Cour d’appel ont rejeté sa requête en juin, disant douter que les deux personnes aient « l’indépendance et l’objectivité nécessaires pour s’acquitter efficacement de la responsabilité de superviser l’appelant ».

La Cour d’appel souligne qu’à ce stade des procédures, Mukendi ne bénéficie plus de la présomption d’innocence. «Les faits révélés en première instance laissent entrevoir une fâcheuse connexité entre les infractions dont il a été trouvé coupable et certaines des croyances religieuses véhiculées au sein de son église, notamment par la mère de la plaignante», écrivent les juges de la Cour d’appel.

Avec  Le Soleil par Isabelle Mathieu

Le Vatican publie un manuel d’enquête sur les agressions sexuelles au sein de l’Église

juillet 16, 2020

 

À l’initiative du pape François, le Vatican a diffusé, ce jeudi 16 juillet, des directives à destination des ecclésiastiques sur la procédure à suivre pour enquêter sur des soupçons d’agressions sexuelles sur des mineurs au sein de l’Église. Le pape argentin, qui a fait de la lutte contre ce fléau dans l’Église catholique une des priorités de son pontificat, avait convoqué en février 2019 un sommet inédit regroupant notamment 114 présidents de conférences épiscopales.

À cette occasion il s’était engagé à «donner des directives uniformes pour l’Église», évoquant avant tout des références légales déjà en vigueur au plan civil et canonique. De fait les documents publiés jeudi ne proposent pas de nouvelles normes, ni n’ont vocation à substituer la justice de l’Église catholique à la procédure judiciaire, souligne le Vatican. Réunis en «vade-mecum», ces documents constituent un «instrument» destiné à aider les autorités locales de l’Église «dans la tâche délicate de mener correctement les affaires» impliquant des religieux «lorsqu’ils sont accusés» de sévices sur des mineurs, a expliqué le cardinal espagnol Luis Ladaria Ferrer, le préfet de la Congrégation de la Foi, dans un communiqué.

Le Vatican a notamment rédigé un formulaire de signalement de délit. Le responsable alerté doit renseigner l’identité du prêtre soupçonné, ses différents ministères, la date des faits et le nom de la ou des victimes présumées, les mesures prises par l’autorité ecclésiastique ainsi que, en cas de procédure pénale, le nom du procureur et des avocats saisis. L’Église est depuis plusieurs années en pleine tourmente avec les révélations successives sur des scandales massifs d’agressions à caractère pédophile commises pendant des décennies par des prêtres ou des religieux et souvent couverts par leur hiérarchie dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis, au Chili ou en Allemagne.

En France, le cardinal Philippe Barbarin a été condamné en 2019 pour ses silences sur les agissements d’un ancien prêtre de son diocèse lyonnais, Bernard Preynat, lui-même condamné pour agressions sexuelles sur mineurs. Mais Mgr Barbarin a ensuite été relaxé en appel en janvier dernier avant de démissionner de ses fonctions d’archevêque en mars.

Secret absolu de la confession

Le pape François, selon qui ces dérives font du clergé «un instrument de Satan», avait fait un pas de plus en décembre dernier en levant le secret pontifical, tout en maintenant un minimum de confidentialité. Le secret pontifical, également appelé parfois secret du pape, est une règle de confidentialité protégeant les informations sensibles relatives à la gouvernance de l’Église universelle, selon la définition du site Le forum catholique.

Ce secret levé, les plaintes, les témoignages, les dénonciations doivent désormais être transmis à la justice. Le souverain pontife a néanmoins affirmé à maintes reprises qu’il existait une limite impossible à dépasser: le secret de la confession demeure absolu, ce qui exclut donc une dénonciation de faits rapportés par un fidèle dans le confessionnal.

Les directives publiées jeudi le confirment. «Une information de delictum gravius [délit grave] apprise en confession est placée sous le lien le plus strict du sceau sacramentel». Le confesseur est simplement encouragé à «tenter de convaincre le pénitent» d’alerter des personnes en mesure, elles, de saisir la justice.

Par Le Figaro avec AFP