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France: Nicolas Hulot, accusé d’agressions sexuelles, « quitte définitivement » la vie publique

novembre 24, 2021

L’annonce de l’ancien ministre de l’écologie a lieu la veille de la diffusion d’une enquête d’« Envoyé spécial » le mettant en cause. Il affirme que ces accusations sont « purement mensongères » et qu’il a « la conscience tranquille ».

Nicolas Hulot

Nicolas Hulot, visé par des accusations d’agressions sexuelles, a annoncé mercredi 24 novembre qu’il quittait « définitivement la vie publique ». La décision de l’ancien ministre de l’écologie survient à la veille de la diffusion d’une enquête de l’émission « Envoyé spécial » donnant la parole à des femmes l’accusant d’« agression sexuelle et de viol » remontant jusqu’à 1989.

« Ni de près ni de loin je n’ai commis ces actes, ces affirmations sont mensongères », a affirmé M. Hulot sur BFM-TV, devançant la diffusion du documentaire télévisé. « Je n’ai jamais contraint qui que ce soit », a-t-il insisté, dénonçant un « système qui est en train de perdre la raison », avec « la justice qui se déplace sur les plateaux de télévision ».

« Dans la foulée, pas plus parce que ma conscience ne serait pas tranquille, je quitte définitivement la vie publique tout simplement parce que je suis écœuré, a ajouté l’ancien animateur télé. Je quitte mon engagement et je ne m’exprimerai plus. C’est trop lourd payé »« Je vais quitter la présidence d’honneur de ma fondation, qui est l’œuvre de ma vie », pour « les protéger des salissures que je vais me prendre dans les jours qui viennent », a-t-il également précisé. « Certains esprits malins vont prendre ça comme un indice de culpabilité. Non, c’est l’expression de mon écœurement », a ajouté M. Hulot, affirmant avoir « la conscience tranquille ».

D’après les questions mercredi du journaliste Bruce Toussaint et Franceinfo, le reportage en question doit être diffusé sur France 2 jeudi. Selon Nicolas Hulot, quatre ou cinq femmes porteraient des accusations contre lui, en plus de la petite-fille de François Mitterrand, dont la plainte pour viol avait déjà émergé il y a quatre ans. Il a affirmé ne pas connaître les noms des nouvelles accusatrices. « Je sais que j’ai un physique très ingrat et que donc seule la contrainte me permet de vivre des histoires d’amour… Mais plus sérieusement, je n’ai jamais séduit par contrainte », a-t-il encore dit. « Ironiser sur un tel sujet ? Sérieusement ?a réagi sur Twitter la ministre déléguée chargée de l’égalité femmes-hommes, Elisabeth Moreno. Ses propos sont intolérables. »

Accusations de quatre ou cinq femmes

Comme il l’avait fait en 2018 lors de la publication d’une enquête controversée du magazine Ebdo, qui a depuis cessé de paraître, relatant une plainte pour viol classée sans suite car prescrite, Nicolas Hulot se défend avant même la révélation des accusations émanant de quatre ou cinq femmes selon ses propos. Juste avant la parution, celui qui était alors ministre de la transition écologique et solidaire avait « pris les devants » en allant démentir, déjà sur BFMTV, tout comportement inapproprié et des rumeurs « ignominieuses ».

Une méthode de défense dénoncée par la Fondation des femmes qui réclame « un peu de décence »« C’est à nouveau une campagne de gestion de crise qui consiste à vouloir parler avant qu’on ait pu entendre ces femmes. Laissons-les parler, qu’il se taise pour qu’on puisse les écouter, a déclaré à l’AFP sa présidente Anne-Cécile Mailfert. Il parle de cauchemar, mais c’est après avoir été violé qu’on fait des cauchemars, pas avant de voir un documentaire. »Lire le décryptage : Article réservé à nos abonnésViolences sexuelles : « Ne pas forcer les témoignages », respecter la parole des victimes, et leur silence

Le parquet de Saint-Malo, tout comme Nicolas Hulot, avait confirmé la plainte pour viol déposée en 2008, mais classée sans suite, les actes dénoncés qui remonteraient à 1997 étant « prescrits ». Pascale Mitterrand, qui n’était pas nommée dans Ebdo, avait alors dit, par l’intermédiaire de ses avocats, n’avoir jamais souhaité médiatiser l’affaire.

« C’est le #metoo politique qui commence »

« C’est le #metoo politique qui commence. Ça bouge. Enfin. Enfin un homme politique est déstabilisé dans sa fonction et ça ne fait que commencer, a réagi auprès du Monde l’ancienne candidate à la primaire écologiste Sandrine Rousseau. La chape de plomb était lourde sur le monde politique. Nicolas Hulot en est un des exemples. » Selon elle, « la parole des femmes va se libérer et (…) ça peut être violent ». Le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts, Julien Bayou, a également réagi à ce départ dans plusieurs tweets mercredi« Demain, dans “Envoyé spécial”, nous entendrons le témoignage de cinq femmes affirmant avoir été victimes de Nicolas Hulot. Je les crois, a-t-il écrit. Je mesure le courage qu’il a fallu à ces personnes pour briser la loi du silence. »

« Il faut aussi briser la complicité des personnes qui savaient et n’ont rien dit ou n’ont pas permis que les victimes soient entendues. J’invite donc les hommes et femmes politiques qui savent et se taisent à prendre enfin la parole », a-t-il poursuivi, rappelant que, « au vu des mises en cause, nous avions décidé il y a déjà plusieurs années qu’EELV ne pouvait pas inviter Nicolas Hulot — qui n’a jamais été membre de notre mouvement — à nos différents événements ». En déplacement à Saint-Etienne, la candidate du Parti socialiste, Anne Hidalgo, s’est dite « du côté de l’Etat de droit »« J’ai beaucoup d’amitié pour Nicolas Hulot et je comprends sa décision. Je ne me prononcerai pas sur une affaire sur laquelle je n’ai aucun élément, a-t-elle poursuivi. S’il y a des victimes et que leurs droits sont reconnus, ce sera salutaire pour la justice de notre pays. »

Interrogé à l’issue du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal n’a pas souhaité « faire de commentaire », étant donné que l’ancien ministre « n’est plus membre du gouvernement ». De son côté, la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme s’est refusée à commenter une affaire qui touche à la « question fondamentale » de la libération de la parole des femmes et s’est dite « résolue à poursuivre son action pour l’écologie et la justice sociale ».

Avec Le Monde

Après la disparition de Peng Shuai, la France se dit « préoccupée » et l’ONU exige des preuves de vie

novembre 19, 2021

Le patron de la WTA, qui gère le circuit professionnel féminin de tennis, a menacé de retirer de Chine les compétitions de tennis féminin, si Pékin ne tire pas l’affaire au clair.

Peng Shuai, le 4 octobre 2017, à l’Open de Chine, à Pékin.
Peng Shuai, le 4 octobre 2017, à l’Open de Chine, à Pékin. GREG BAKER / AFP

L’affaire Peng Shuai prend de l’ampleur. Le monde du tennis est sans nouvelles de la joueuse depuis qu’elle a accusé, au début de novembre, un ancien haut responsable du régime communiste de l’avoir contrainte à un rapport sexuel. Face à ce silence persistant, l’Organisation des Nations unies (ONU) a demandé, vendredi 19 novembre, des preuves que la championne de tennis chinoise se portait bien.

Liz Throssell, une porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, a déclaré lors d’un point de presse à Genève :

« Il serait important d’avoir des preuves sur le lieu où elle se trouve et de savoir si elle va bien. Et nous demandons instamment qu’une enquête soit menée en toute transparence sur ces allégations d’agression sexuelle. »

Vendredi, la diplomatie française s’est dite préoccupée par le sort réservé à la joueuse. « Nous sommes préoccupés par l’absence d’informations sur la situation de la joueuse de tennis Peng Shuai, qui inquiète la communauté internationale et les milieux sportifs », a rapporté le ministère des affaires étrangères dans un communiqué.

« Nous appelons les autorités chinoises à mettre en œuvre leurs engagements en matière de lutte contre les violences faites aux femmes, notamment au titre de la loi nationale contre les violences domestiques entrée en vigueur en 2016. »

Le patron de la WTA menace de retirer la Chine du circuit

Steve Simon, le patron de la WTA, qui gère le circuit professionnel féminin de tennis, a de son côté menacé de retirer de Chine les compétitions de tennis féminin, si Pékin ne tire pas l’affaire au clair.

« Nous sommes tout à fait prêts à retirer [de Chine] nos activités et à faire face à toutes les complications qui en découlent », a-t-il affirmé, jeudi, dans un entretien à la chaîne américaine CNN. « Parce que ce sont [des accusations de viol et que c’est] plus important que les affaires », a ajouté M. Simon.

Avant l’épidémie de Covid-19, la WTA organisait dix tournois chaque année en Chine (sur plus de soixante), notamment son Masters de fin de saison, le plus lucratif, à Shenzhen (sud du pays). Ces tournois étaient dotés au total de 30 millions de dollars (26,4 millions d’euros). Selon la revue américaine Sports Illustrated, la Chine représentait avant la pandémie un tiers des revenus de la WTA. Ce chiffre est cependant contesté par Steve Simon.

Aujourd’hui, la WTA vit d’ores et déjà sans présence en Chine. Par la force des choses : aucun tournoi de tennis n’y a eu lieu depuis deux ans pour cause de Covid-19 et les compétitions ne semblent pas près de revenir compte tenu des règles sanitaires strictes observées dans le pays.

Des doutes sur l’authenticité d’un courriel

Peng Shuai, âgée de 35 ans, a accusé sur les réseaux sociaux l’ancien vice-premier ministre chinois Zhang Gaoli – qui a été, de 2013 à 2018, l’un des sept hommes politiques les plus puissants de Chine – de l’avoir contrainte à une relation sexuelle il y a trois ans, avant d’en faire sa maîtresse.

Cette accusation avait été brièvement postée le 2 novembre sur le compte officiel Weibo, équivalent chinois de Twitter, de la joueuse. La Chine avait très vite bloqué toute référence à ce message.

Depuis, Zhang Gaoli n’a jamais réagi publiquement à ces accusations, et la chaîne d’Etat chinoise CGTN a dévoilé, mercredi, sur Twitter, la capture d’écran d’un courriel attribué à Peng Shuai, que la joueuse aurait envoyé à la direction de la WTA, et qui dément les accusations d’agression sexuelle.

Le contenu de ce message a soulevé des doutes quant à son authenticité : des utilisateurs de Twitter ont relevé qu’un curseur était visible sur le message diffusé par CGTN, un phénomène inexplicable pour une capture d’écran.

Un hashtag #WhereIsPengShuai

« Je ne crois pas du tout que ce soit la vérité », a commenté M. Simon sur CNN, qualifiant de « mise en scène » le courriel en question. « Si elle a été contrainte de l’écrire, si quelqu’un l’a écrit pour elle, nous ne le savons pas (…) mais tant que nous ne lui aurons pas parlé en personne nous ne serons pas rassurés », a dit le responsable de la WTA.

Interrogés à plusieurs reprises, les porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères ont dit tout ignorer de cette affaire qu’ils ont refusé de commenter, arguant qu’il ne s’agissait pas d’un dossier diplomatique.about:blankhttps://acdn.adnxs.com/dmp/async_usersync.html

Le mystère qui entoure le sort de la joueuse chinoise suscite de nombreuses réactions. Le hashtag #WhereIsPengShuai (« où est Peng Shua ») fleurit sur les réseaux sociaux et a été repris par de nombreuses personnalités dont la joueuse japonaise Naomi Osaka. L’Américaine Serena Williams a joint sa voix à cette mobilisation. « Ça doit faire l’objet d’une enquête et nous ne devons pas rester silencieux », a écrit la star du tennis mondial sur Twitter.

Les précédents du basket américain et du football anglais

Les déclarations de la WTA pourraient lui valoir des « représailles » de la part des autorités chinoises. C’est ce qu’il s’est produit par exemple au niveau de la diffusion télévisuelle pour la NBA, la ligue nord-américaine de basket, ou pour la Premier League, le championnat de football anglais.

La NBA avait perdu 200 millions de dollars (170,25 millions d’euros), lorsque Daryl Morey, alors manageur général des Houston Rockets, avait tweeté en 2019 son soutien aux manifestants à Hongkong.

La plate-forme sport de Tencent, groupe technologique chinois, ne diffuse plus les matchs de NBA des Boston Celtics, depuis qu’un de ses basketteurs, Enes Kanter, a qualifié le président Xi Jinping de « dictateur brutal » et condamné la politique chinoise au Tibet.

La Premier League a aussi été touchée lorsque l’ancien milieu d’Arsenal, Mesut Ozil, a condamné le traitement réservé aux Ouïgours, une ethnie musulmane du nord-ouest de la Chine.

Par Le Monde avec AFP

France: Bernard Preynat, ex-prêtre condamné pour agressions sexuelles, arrêté

novembre 17, 2021

Condamné à cinq ans de prison en 2020, l’ancien prêtre, qui avait jusqu’à présent échappé à la prison pour des raisons médicales, a été arrêté ce matin.

Condamne a cinq ans de prison en 2020, l'ancien pretre, qui avait jusqu'a present echappe a la prison pour des raisons medicales, a ete arrete ce matin.
Condamné à cinq ans de prison en 2020, l’ancien prêtre, qui avait jusqu’à présent échappé à la prison pour des raisons médicales, a été arrêté ce matin.© Maxime JEGAT / MAXPPP / PHOTOPQR/LE PROGRES/MAXPPP

Bernard Preynat, ancien prêtre condamné à cinq ans de prison ferme en mars 2020 pour des agressions sexuelles sur mineurs, a été interpellé dans la Loire, mercredi 17 novembre au matin. L’homme, réduit à l’état laïc par l’Église à cause de ses crimes en juillet 2019, s’était rendu coupable de plusieurs agressions sexuelles entre 1971 et 1991. Âgé de 76 ans, il avait jusque-là échappé à la prison pour raisons médicales. Selon une source policière, il devrait bientôt être présenté à un juge en application de sa peine, puis incarcéré.

« C’est une peine qui est amenée à exécution », a déclaré à l’AFP Me Frédéric Doyez, l’avocat de M. Preynat, se refusant à « plus de commentaire » sur ce point. « L’état de santé de M. Preynat est très préoccupant et il faut qu’un avis médical ait lieu, ce qui sera fait, car il va voir un médecin en arrivant en prison. Soit son état de santé est compatible avec une incarcération, soit il ne l’est pas et ce sera une autre étape », a ajouté l’avocat.

En automne 2020, M. Preynat, qui avait initialement fait appel juste après sa condamnation, s’était désisté de cet appel, ouvrant la voie à son incarcération. Six ans après les premières plaintes déposées en 2015 par d’anciens scouts abusés à l’époque par l’aumônier de Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône), cette annonce avait clos un long combat judiciaire qui a mis sur la sellette l’Église de France et son plus haut dignitaire, le cardinal Philippe Barbarin, pointés du doigt pour leur silence.

À son procès en mars 2020, la procureure avait accusé l’ancien aumônier d’avoir « brisé » les vies des jeunes scouts et de s’être « servi du silence des parents et du silence de l’Église » pour multiplier ses abus. Un des avocats des parties civiles avait estimé le nombre d’agressions entre 3 000 et 4 000. Maintenu en fonction par le diocèse de Lyon jusqu’à l’automne 2015 alors que ses agissements étaient connus depuis longtemps, Bernard Preynat avait demandé pardon aux neuf victimes venues témoigner de leurs souffrances. Beaucoup d’autres n’ont pu porter plainte du fait de la prescription.

Condamné en première instance en 2019 pour ses silences sur l’affaire, Mgr Barbarin a ensuite été relaxé en appel mais a démissionné de ses fonctions d’archevêque de Lyon.

Par Le Point avec AFP

France: Huit ans de prison requis contre Koffi Olomidé pour agressions sexuelles

octobre 26, 2021

Huit ans de prison ferme ont été requis lundi 25 octobre au soir contre la star de la rumba congolaise Koffi Olomidé, jugé en appel à Versailles pour agressions sexuelles et séquestration sur quatre de ses ex-danseuses.

Face au chanteur franco-congolais, présent à l’audience, le parquet a demandé de revenir sur le «naufrage» du premier jugement et de reconnaître coupable cet «homme puissant», star internationale qui vit désormais en France. En première instance, le tribunal de Nanterre l’avait condamné en mars 2019 à deux ans de prison avec sursis pour «atteinte sexuelle» sur l’une de ces jeunes femmes, déclarée mineure au moment des faits. Le ministère public, qui avait requis sept ans d’emprisonnement ferme, avait fait appel de cette condamnation. Le chanteur star de la République démocratique du Congo (RDC) avait été relaxé des poursuites concernant trois des danseuses.

Le jugement sera mis en délibéré à une date ultérieure.

Quatre femmes congolaises, qui ont déposé plainte entre 2007 et 2013 et sont parties civiles au procès, accusent Koffi Olomidé de les avoir enfermées dans un pavillon gardé près de Paris, lors de ses tournées françaises, et de les avoir forcées à avoir des relations sexuelles avec lui, de façon régulière pour certaines. Depuis, aucune n’est retournée au Congo par «peur» des conséquences face à une star internationale qu’elles surnommaient avant l’affaire le «président». L’une a déclaré avoir fait au moins une tentative de suicide.

De son vrai nom Antoine Agbepa Mumba, Koffi Olomidé, pull clair sous une grande veste marron, s’est pour la première fois exprimé publiquement sur l’affaire, dénonçant les «mensonges» des parties civiles de sa voix grave. «Ce sont des récits concertés», un «complot» pour «casser ma carrière», a-t-il dit. La séquestration ? Elles «allaient sur les Champs-Élysées» librement, assure-t-il. Elles ne pouvaient sortir qu’escortées? «Elles demandaient qu’on les accompagne», poursuit le chanteur. Koffi Olomidé a cependant reconnu qu’il avait un «droit de regard» sur leurs sorties car «au Congo, ils ont tous le rêve français». Il a plaidé qu’il devait vérifier qu’elles ne cherchaient pas à rester illégalement en France à l’issue de la tournée parisienne.

Deux autres hommes, proches du chanteur qui vit désormais en France, sont également rejugés, accusés de complicités. L’un d’eux – qui évoque aussi des «mensonges» des parties civiles afin de rester en France – a reconnu qu’il était «obligé» de les suivre lorsqu’elles sortaient du pavillon, car «elles ne connaissaient pas la route», pour faire les courses par exemple, a-t-il dit.

C’est dans ce contexte que, selon les plaignantes, le chanteur les aurait agressées sexuellement. «Ça s’est passé dans des hôtels, parfois dans la voiture (…) dans des studios d’enregistrement…», a raconté l’une d’elles, en larmes à la barre. «C’est faux, c’est tout faux», s’est auparavant écrié Koffi Olomidé, «à aucun moment je n’étais seul avec ces filles», s’est-il évertué à répéter. Lors de l’enquête, il avait initialement été mis en examen pour viol, avant une requalification. «Comment vous pouvez faire l’amour dans un studio ? J’hallucine! Il y a des ingénieurs du son, il y a des assistants… Ça n’existe pas!», a-t-il lancé avant le témoignage des parties civiles.

Celles-ci ont déclaré avoir été forcées à subir des relations sexuelles «plusieurs fois» puis «trois fois par semaine» pour l’une ou «trois ou quatre fois dans le mois» pour une autre. «Je me suis laissée faire, mais je n’avais pas envie», a expliqué l’une d’elles à la barre, son avocat Me David Desgranges parlant d’«emprise» du chanteur sur ses troupes. Koffi Olomidé a déjà été condamné, en RDC en 2012, pour violence, et avait été expulsé du Kenya en 2016 pour avoir donné un coup de pied à l’une de ses danseuses.

Avec Sacer-infos par Stany Frank

Un institut du Vatican sur les agressions d’enfants étend son mandat aux adultes

octobre 13, 2021

ROME — Le principal institut de recherche de l’Église catholique qui étudie les agressions sexuelles sur mineurs étend son mandat pour inclure également les agressions sexuelles et spirituelles sur les adultes.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le Vatican semble ainsi prendre conscience que les enfants ne sont pas les seules victimes de membres du clergé qui abusent de leur pouvoir et de leur autorité.

Le révérend Hans Zollner, l’un des principaux conseillers du pape François dans le dossier des agressions sexuelles, a déclaré que la portée plus large de l’institut académique reflète les leçons du mouvement #MoiAussi, la propre reconnaissance du pape que les religieuses et les séminaristes adultes peuvent aussi être maltraités par leurs supérieurs, et la preuve que des problèmes systémiques et structurels au sein de l’Église ont permis une multiplication des agressions.

«Nous ne pouvons plus nous limiter aux problèmes individuels: nous devons également examiner les conditions institutionnelles qui favorisent (les agressions) ou empêchent un environnement sécuritaire», a déclaré M. Zollner à l’Associated Press mercredi.

Il a accordé cette entrevue à la veille du lancement officiel du nouvel institut à l’Université pontificale grégorienne, à Rome. L’Institut d’anthropologie et d’études interdisciplinaires sur la dignité humaine et le soin intègre le Centre pour la protection de l’enfance, fondé il y a dix ans. En tant que département d’anthropologie sanctionné par le Vatican, l’institut académique peut désormais décerner des diplômes universitaires, former son propre corps professoral et s’associer sur un pied d’égalité avec d’autres universités.

Étendre l’objectif de l’institut au-delà de la protection de l’enfance est important, étant donné que le Vatican a tendance à développer des politiques en s’appuyant sur la recherche universitaire et les conférences internationales de ses universités pontificales pour jeter les bases des décisions prises plus haut dans la hiérarchie de l’Église. 

Pour le père Zollner, la croissance d’un institut de sauvegarde à part entière couve depuis plus d’une décennie, et pourtant, elle se heurte toujours à des résistances. «Je me débats depuis longtemps avec cette question: pourquoi, dans l’Église, luttons-nous pour accepter l’existence parmi nous d’abus commis par des membres du clergé? Pourquoi est-ce si difficile d’accepter cela, de voir cette réalité? Parce qu’il y a encore des gens qui nient cette réalité et disent: ‘Nous n’avons pas de cas’», a-t-il déclaré.

M. Zollner a déclaré que l’idée d’élargir le champ de l’étude est venue après qu’un rapport du grand jury de Pennsylvanie en 2018 a révélé comment plusieurs évêques de l’État avaient systématiquement couvert les prêtres agresseurs. Des rapports d’enquête ultérieurs sur les abus du clergé, y compris en Allemagne, pays natal de M. Zollner, et plus récemment en France, ont identifié les mêmes problèmes systémiques et structurels.

Toujours en 2018, le Vatican a commencé son enquête sur l’ex-cardinal Theodore McCarrick, un archevêque américain qui a finalement été défroqué par François après que le Vatican a déterminé qu’il avait agressé sexuellement des mineurs ainsi que des séminaristes adultes sous son autorité.

M. Zollner a souligné que le nouvel institut ne mettait en aucun cas de côté son objectif principal sur la protection de l’enfance, qualifiant l’agression sexuelle d’enfants de «la chose la plus horrible à laquelle vous puissiez penser».

Mais le mandat élargi permettra l’étude de problèmes qui étaient auparavant en dehors de la portée d’origine du centre, a-t-il déclaré, tels que les abus spirituels d’adultes par les dirigeants de nouveaux mouvements religieux, ou les facteurs institutionnels et structurels au sein de l’Église qui ont facilité les abus.

Avec Nicole Winfield, The Associated Press

Canada-Québec: Le fugitif pasteur Paul Mukendi refait surface sur les réseaux sociaux

septembre 16, 2021

Le pasteur Paul Mukendi, recherché par la police depuis le 20 août après avoir fui la justice, a publié un message jeudi matin sur sa page Facebook. Le fugitif promet d’expliquer samedi prochain pourquoi il ne s’est pas constitué prisonnier.

Paul Mukendi à sa sortie du palais de justice de Québec le 27 février 2020

© /Radio-Canada Paul Mukendi à sa sortie du palais de justice de Québec le 27 février 2020

Dans son message publié jeudi, Paul Mukendi affirme «je parlerai… pourquoi je me suis soustrait à la justice québécoise et quelle sera la suite.» Il précise qu’il donnera ces explications samedi, à 13 h, heure du Québec.

Le pasteur Paul Mukendi a fui les autorités, le 20 août dernier, à quelques heures du moment où il devait se présenter au centre de détention. Des fidèles disaient alors craindre qu’il ait été kidnappé. La police de Québec avait reçu un signalement de sa disparition.

Toutefois, Paul Mukendi avait par la suite dissipé les doutes, en publiant lui-même un message sur les réseaux sociaux, confirmant qu’il avait choisi de fuir la justice. Un mandat d’arrestation a été lancé contre lui.

Informée de la publication du message, la police de Québec assure qu’elle sera attentive, samedi.

«Depuis l’émission du mandat d’arrestation, nous déployons des efforts considérables pour localiser M. Mukendi. Nous avons aussi la capacité, avec de nombreux partenaires, d’agir à l’international, affirme le porte-parole de la police de Québec, David Poitras.

Condamné pour agressions sexuelles

L’appel de Paul Mukendi, condamné à 8 ans d’emprisonnement pour agressions sexuelles et physiques sur une adolescente, a été rejeté le 16 août. Paul Mukendi devait donc se livrer aux autorités carcérales afin de purger sa peine.

Le 29 juin 2019, le révérend de l’église Parole de vie, dans l’arrondissement de Vanier, à Québec, a été déclaré coupable de neuf chefs d’accusation d’agressions sexuelles, de voies de fait et de menaces de mort.

La plaignante avait 14 ans au moment des faits.

Mukendi avait porté le verdict en appel, estimant que le juge avait commis des erreurs de droit.

La Cour d’appel a rejeté ses arguments. L’homme de 44 ans souhaitait que ses avocats s’adressent à la Cour suprême.

Avec Radio-Canada

Canada/Le policier du SPVM accusé d’agression sexuelle insiste: il «voulait juste aider»

juillet 16, 2021

MONTRÉAL — Le policier de Montréal accusé d’avoir agressé sexuellement une femme dans un hôtel après l’avoir rencontrée en détention a été interrogé par le procureur jeudi sur les décisions qu’il a prises cette nuit-là.

© Fournis par La Presse Canadienne

Roger Fréchette, âgé de 56 ans, fait face à un chef d’accusation d’agression sexuelle contre une femme de l’Ontario en visite à Montréal en février 2019. Il a été le premier policier à être accusé à la suite d’une enquête indépendante menée par le Bureau des enquêtes indépendantes.

La victime présumée est une femme dans la quarantaine dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication.

Elle a témoigné cette semaine que l’agent Fréchette a fait des commentaires sur ses parties intimes alors qu’elle était partiellement nue dans sa cellule et l’a ensuite emmenée dans sa chambre d’hôtel, où il l’aurait pelotée, aurait léché son cou, aurait touché à ses parties génitales et aurait pris la main de la femme pour la mettre sur son entrejambe.

La procureure Andrée-Anne Tremblay a interrogé Roger Fréchette sur ses gestes aux petites heures le 18 février après l’arrestation de la femme pour une présumée intoxication publique.

Interrogé par Me Tremblay sur la raison pour laquelle il a passé autant de temps avec la femme et s’est attardé à l’extérieur de sa cellule alors qu’elle était partiellement nue, l’agent Fréchette a déclaré au tribunal que la femme était agitée, criait et semblait se calmer lorsqu’il était présent. Il a déclaré au tribunal qu’elle ne semblait pas mal à l’aise de sa présence et qu’il n’y avait aucune policière au travail cette nuit-là.

Roger Fréchette a nié avoir fait des commentaires de nature sexuelle ou l’avoir agressée, affirmant au tribunal qu’il essayait seulement d’aider la femme, qui n’avait ni argent ni amis à Montréal, à retourner à son hôtel. Il a dit qu’il n’était pas attiré sexuellement par elle.

Il a soutenu qu’il avait décidé de la conduire dans son véhicule personnel après son quart de travail parce qu’il faisait froid dehors. «J’avais beaucoup de temps libre, je n’étais pas occupé, a déclaré Fréchette au tribunal. Je voulais m’assurer qu’elle allait bien.»

Il l’a suivie dans l’hôtel et a décidé de s’assurer qu’elle rentre dans sa chambre. Alors qu’il était sur le point de partir, Roger Fréchette a affirmé qu’elle l’avait invité dans la pièce pour discuter.

Il a déclaré qu’il a passé au total une quarantaine de minutes dans l’hôtel et que la femme avait essayé de le convaincre de la ramener chez elle ou de payer un billet de train. Lorsqu’il a refusé, Roger Fréchette a témoigné qu’elle l’a léché et lui a attrapé le pénis à travers son pantalon. Il a dit avoir quitté après avoir nettoyé la salive de son visage.

Me Tremblay a demandé à Roger Fréchette pourquoi il n’avait pas adopté une approche différente, comme demander qu’une voiture de patrouille la ramène à l’hôtel ou simplement lui donner des directions.

«Avec le recul, il y avait d’autres solutions. J’aurais pu lui acheter un billet d’autobus ou payer un taxi», a déclaré Roger Fréchette. Mais il a dit qu’il savait qu’elle avait besoin d’aide et qu’il cherchait à passer le temps avant un rendez-vous à l’hôpital ce matin-là.

Un extrait vidéo de six minutes a également été présenté à Roger Fréchette dans lequel on le voit parler à la victime présumée avant qu’elle ne soit relâchée, ce qui coïncidait avec la fin de son quart de travail. Il a dit qu’il vérifiait si elle était suffisamment sobre pour être libérée, mais qu’il ne se souvenait pas des détails de la discussion.

Le policier ayant 34 années de service, qui avait passé une décennie à superviser les cellules d’un centre de détention du centre-ville de Montréal, a déclaré que c’était la première fois qu’il escortait un détenu après son quart de travail. Il est désormais suspendu avec solde.

Le procès reprendra le 18 octobre.

Avec Sidhartha Banerjee, La Presse Canadienne

L’Église catholique reconnaît avoir récemment abusé de 368 enfants en Pologne

juin 28, 2021

VARSOVIE, Pologne — Dans son plus récent rapport sur les agressions sexuelles commises sur des enfants, l’Église catholique de Pologne reconnaît que 292 membres du clergé auraient abusé de 368 garçons et filles entre 2018 et 2020.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le document dévoilé lundi tombe au moment où le Vatican enquête sur des allégations d’agressions et d’inaction des dirigeants de l’Église en Pologne, un État à prédominance catholique où le clergé jouit d’un statut spécial.

Le Vatican a récemment puni certains évêques et archevêques polonais pour leur négligence. Ils ont été bannis des églises et leur ont interdit de présider des cérémonies.

Le Saint-Siège enquête également sur des allégations de négligence par l’archevêque de Cracovie aujourd’hui à la retraite, le cardinal Stanislaw Dziwisz, qui a notamment servi à titre de secrétaire personnel du défunt pape Jean-Paul II.

Dans une conférence virtuelle, le chef de l’Église catholique de Pologne, l’archevêque Wojciech Polak, a réitéré ses excuses offertes aux victimes et leur a demandé pardon.

Monseigneur Adam Zak, chargé d’enquêter sur les abus du clergé contre des enfants et de prévenir ces agressions, a insisté sur le besoin d’agir pour plus de sensibilisation et de prévention en raison du nombre élevé de cas rapportés.

Le précédent rapport de l’Église, portant sur les années 1990 à 2018, avait identifié 382 agresseurs soupçonnés d’avoir abusé de 625 victimes mineures. Les noms de 42 agresseurs sont apparus à nouveau dans le plus récent rapport.

Par Monika Scislowska, The Associated Press

RDC : Koffi Olomidé abonné aux procès reportés

avril 14, 2021
Glez

Condamné en France en première instance pour agressions sexuelles et séquestration, le roi de la rumba congolaise attend un procès en appel dont la date vient encore d’être décalée de six mois.

Le rythme de la justice française est inversement proportionnel à la cadence de la production musicale congolaise. Alors que Koffi Olomidé a mis en ligne, mi-mars, le clip « Excellence » en hommage à feu Hamed Bakayoko, l’ancien Premier ministre ivoirien, et qu’il annonce, d’ici le week-end prochain, une chanson en featuring avec Charlotte Dipanda, c’est une information judiciaire qui semble le rattraper. À moins de considérer celle-ci comme une non-information…

Le procès en appel du roi de la rumba a de nouveau été reporté en France. Condamné en première instance à deux ans de prison avec sursis, il y a deux ans, l’artiste aux multiples surnoms – Grand Mopao, Mokonzi, Quadra Kora Man, Patraõ, Le Rambo, Nkolo Lupemba ou encore Mokolo Bilanga – doit être rejugé. Le rendez-vous avait déjà été décalé de six mois, en octobre dernier. Ce lundi 12 mars, le procès a de nouveau été reporté d’un semestre supplémentaire. L’audience est renvoyée au 25 octobre prochain, avec un déménagement du tribunal de Nanterre à la cour d’appel de Versailles.

Agressions sexuelles et séquestration

Les chefs d’accusation, eux, ne changent pas : agressions sexuelles contre quatre anciennes danseuses, y compris une mineure de 15 ans, et séquestration, pour des faits qui se seraient produits entre 2002 et 2006 dans la villa du chanteur,  à Asnières, commune de la région parisienne.

Les motifs des différents reports sont variés : en octobre, son avocat était mobilisé par une autre affaire aux assises. Cette fois, les parties civiles invoquent des problèmes de garde d’enfant et l’absence d’avocat pour la plaignante mineure au moment des faits. La crise sanitaire ne serait pas non plus étrangère aux turbulences de calendrier : les parties civiles déplorent l’absence de réponse de Grand Mopao à l’ensemble des convocations de la justice. Les restrictions liées à la pandémie de Covid-19 pourraient lui fournir un nouveau prétexte…

Les calendriers artistique et judiciaire pourraient se télescoper, Antoine Christophe Agbepa Mumba – le vrai nom de Koffi Olomidé – annonçant son retour sur une scène parisienne en novembre…

Nombreuses procédures

Le pedigree judiciaire du fondateur du groupe « Quartier latin international » ne se limite pas à cette procédure française débutée par la mise en examen de février 2012. En 2012 également, à Kinshasa, il était condamné à trois mois de prison avec sursis pour coups et blessures sur son ancien producteur Diego Music.

Plus tôt, en 2006, c’est pour fraude fiscale qu’une sentence d’un an de prison avec sursis avait été prononcée à son encontre en France. En 2016, c’est à nouveau aux autorités congolaises que l’auteur compositeur eut affaire, après avoir asséné un violent coup de pied à l’une de ses danseuses, lors d’un séjour à Nairobi.

En 2018, la justice zambienne ordonnait l’émission d’un mandat d’arrêt contre le chanteur, pour l’agression d’un photographe à Lusaka. Peut-être les titres des chansons de Koffi Olomidé permettent-ils de cerner sa personnalité, comme « La chicotte à papa 

Par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

France: Yohann Malory, parolier de Johnny Hallyday, en garde à vue pour agressions sexuelles

mars 10, 2021

Yohann Malory, parolier de Johnny Hallyday, Matt Pokora et Moissec notamment, a été placé en garde à vue mercredi à Paris, dans le cadre d’une enquête le visant pour agressions sexuelles, a-t-on appris de source proche du dossier. L’auteur, compositeur, parolier, âgé de 36 ans, a été placé en garde à vue à la 1ère DPJ (police judiciaire), a-t-on ajouté de même source, confirmant une information du Point.

Le parquet de Paris a ouvert le 19 octobre dernier une enquête à la suite du dépôt de plusieurs plaintes mettant en cause Yohann Malory pour des infractions de nature sexuelles. Selon le Point et le Parisien, c’est une artiste de 24 ans, Lola Le Lann, qui a fait éclater l’affaire en annonçant le 6 octobre qu’elle avait décidé d’annuler la sortie de son premier album. Elle avait expliqué alors avoir reçu plusieurs témoignages accusant Yohann Malory, un des auteurs des chansons de son album, d’agressions.

L’avocat du parolier, Me Antoine Vey, avait alors fait valoir que son client était « victime de publications calomnieuses et très évolutives sur les réseaux sociaux ». Le 8 janvier dernier, Yohann Malory a adressé au parquet de Paris une plainte pour dénonciation calomnieuse.

Par Le Figaro avec AFP