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Jacob Hoggard est coupable d’agression sexuelle ayant causé des blessures

juin 5, 2022

L’artiste est coupable du viol d’une femme adulte mais a été acquitté du viol d’une adolescente.

Un portrait de Jacob Hoggard.

Jacob Hoggard à l’entrée du palais de justice de Toronto le 9 mai 2022 Photo: Radio-Canada/Evan Mitsui/CBC

Un jury a reconnu le chanteur de Hedley, Jacob Hoggard, coupable de viol après six jours de délibérations, dimanche soir, mais l’a acquitté des deux autres accusations qui pesaient contre lui depuis 2018.

Une adolescente et une femme accusaient Hoggard d’agression sexuelle ayant causé des blessures après avoir rencontré le chanteur de 37 ans dans un hôtel de la région torontoise en septembre et en novembre 2016.

Il faisait aussi face à une accusation de contacts sexuels inappropriés à l’endroit de la même adolescente pour des faits reprochés en avril de la même année.

Hoggard n’est donc pas coupable d’avoir violé l’adolescente ni d’avoir eu des contacts sexuels inappropriés avec elle. Il est en revanche coupable d’avoir violé la femme adulte qu’il avait rencontrée sur Tinder en novembre 2016.

C’est une demi-victoire pour Jacob Hoggard, qui avait l’air perplexe dans le prétoire, assis derrière ses avocates. Présente parmi le public, son épouse semblait confondue elle aussi.

Jacob Hoggard risque maintenant une peine maximale de 14 ans de prison. Son audience sur la détermination de la peine aura lieu à une date ultérieure.Jacob Hoggard, sa femme et son avocate.

Jacob Hoggard à sa sortie du palais de justice, dimanche. Il est accompagné de sa femme et de son avocate, Megan Savard. Photo : Radio-Canada

Le jury n’a pas tout à fait cru au-delà de tout doute raisonnable les allégations de la Couronne, qui accusait le chanteur d’avoir attiré les deux plaignantes sous de faux prétextes dans sa chambre d’hôtel avec l’intention de les violer.

Les questions qu’il a posées à la cour durant ses délibérations laissaient déjà entendre qu’il avait des doutes au sujet du témoignage des deux femmes à la barre des témoins durant les audiences, le mois dernier.

Il a donc conclu que seule la seconde plaignante avait bel et bien été violée.

La Couronne a tenté en vain de faire révoquer la caution du chanteur pour l’emprisonner avant son audience sur la détermination de la peine, en août.

La juge a toutefois convié les deux parties à une audience lundi matin pour resserrer les conditions de remise en liberté de l’accusé.

Position de la défense

Le consentement était au centre des plaidoiries.

Dans ce procès, la défense a toujours soutenu que les relations de son client avec les deux plaignantes avaient bien été consensuelles, qu’il ne les avait pas violées et qu’il n’avait pas touché de façon inappropriée l’adolescente après le concert d’avril 2016 à Toronto.

Elle affirmait que les deux femmes n’étaient pas crédibles et que leurs témoignages à la barre des témoins étaient insidieux, incohérents, illogiques et truffés d’erreurs factuelles.Dessin de cour représentant Jacob Hoggard.

Jacob Hoggard a témoigné durant deux jours à la barre de son propre procès le mois dernier. Photo : La Presse Canadienne/Alexandra Newbould

La défense avait laissé entendre qu’elles avaient inventé ou exagéré leurs blessures et fabriqué de toutes pièces leur histoire dans le but de se venger parce que le chanteur ne s’intéressait pas à elles alors qu’elles étaient amoureuses de lui.

Elle disait qu’elles s’étaient senties humiliées et rejetées parce que son client ne voulait rien savoir d’elles après avoir eu des relations sexuelles.

La défense avait précisé que le fait d’avoir des relations sexuelles inusitées ne faisait pas de son client un homme sadique ou un violeur et qu’on ne peut pas condamner, au Canada, un homme pour son comportement cavalier avec les femmes ou pour sa promiscuité sexuelle.

Position de la Couronne

Dans leurs arguments finaux, les procureures avaient insisté sur le fait que l’accusé avait utilisé le même mode opératoire contre les deux plaignantes, qu’elle avait décrites comme étant jeunes et naïves.

Selon la Couronne, il n’y avait eu aucun hasard dans la façon dont les plaignantes avaient été sélectionnées, manipulées, humiliées et violées.

Elle avait néanmoins rappelé qu’elles n’avaient aucune idée de ce qui les attendait lorsqu’elles avaient volontiers accepté de le rencontrer à son hôtel.Une illustration judiciaire du procès.

Le chanteur Jacob Hoggard a plaidé non coupable de trois accusations de nature sexuelle à l’ouverture de son procès. Photo : La Presse Canadienne/Alexandra Newbould

Les deux femmes avaient donc de bonnes raisons, selon la Couronne, d’être vexées après avoir été utilisées, d’être en colère pour les blessures que le chanteur leur a fait subir et d’avoir attendu 18 mois avant de porter plainte à la police.

La Couronne avait dépeint Jacob Hoggard comme un opportuniste sexuel possessif, violent et sans empathie.

Toutefois, elle avait assuré que les deux plaignantes n’avaient jamais voulu relancer le mouvement #MoiAussi pour lui faire payer son comportement, contrairement à ce qu’avançait la défense du chanteur

Avec Radio-Canada par Jean-Philippe Nadeau

Canada-Viol collectif par des hockeyeurs juniors : la ministre St-Onge « dégoûtée »

juin 2, 2022
Une jeune femme donne une entrevue dans le parlement.

Pascale St-Onge, ministre fédérale des Sports Photo : Radio-Canada/Daniel Coulombe

La ministre fédérale des Sports, Pascale St-Onge, a réagi sans filtre, mercredi soir, au règlement à l’amiable par Hockey Canada d’une affaire d’agression sexuelle qui aurait été commise contre une jeune femme par un groupe de huit joueurs de catégorie junior, dont plusieurs membres de l’édition 2018 d’Équipe Canada junior. Cette histoire a été rapportée par le journaliste Rick Westhead, de TSN.

Je suis dégoûtée et découragée d’entendre qu’une fois de plus, une histoire d’agression sexuelle surgit dans le milieu sportif, a indiqué par courriel la ministre St-Onge.

Je suis profondément troublée par cette histoire. Il est important de rappeler qu’il n’y a pas de place pour une culture de silence dans notre société.

C’est un dossier complexe et préoccupant. Nous allons prendre le temps d’analyser les faits et le rôle joué par la fédération, a-t-elle ajouté.

La jeune femme, identifiée par les initiales E.M., aurait été agressée à répétition dans une chambre d’hôtel de London, en Ontario, en juin 2018, après la tenue d’un gala de la Fondation de Hockey Canada et la présentation d’un tournoi de golf.

L’avocat de la jeune femme, Robert Talach, a confirmé que sa cliente avait conclu une entente à l’amiable dans le cadre d’une poursuite au civil qui la satisfait. La victime demandait 3,5 millions de dollars. Le montant reçu n’est pas connu.

Hockey Canada confirme aussi avoir scellé l’affaire de façon privée.

D’où vient l’argent du règlement?

Il faut rendre imputables les organisations, a dit Pascale St-Onge en entrevue à Tout un matin jeudi.

La ministre des Sports veut savoir d’où vient le montant que la victime a reçu de Hockey Canada.

Je veux m’assurer qu’il n’y a pas eu de fonds publics utilisés pour camoufler une histoire pareille. Mon lien avec les organisations sportives est d’abord financier par des fonds publics qu’on donne pour permettre aux athlètes de s’entraîner.

Il y a des conditions quand ces organisations reçoivent ces fonds publics là, a précisé la ministre. Et clairement, les fonds publics ne peuvent pas être utilisés dans ce genre de situation, pour camoufler des événements pareils.

Pascale St-Onge s’appuiera sur les mécanismes de vérification pour obtenir des réponses.

Toutes les organisations sportives canadiennes subissent des audits de façon régulière, a rappelé la ministre. On peut devancer ces audits, et chaque sou, chaque dollar doit être justifié. Donc, il ne pourra pas y avoir d’argent qui est utilisé pour cacher une histoire comme celle-ci.

NDLR : Un audit est une analyse indépendante qui certifie les comptes d’une entreprise ou d’une organisation.

La ministre St-Onge a révélé qu’elle a appris l’existence de cette entente à l’amiable la veille de la sortie du reportage de TSN. C’est le président de Hockey Canada qui l’a appelée pour la prévenir.

Ni Sport Canada, à ma connaissance, ni moi, assurément pas, ne savions qu’un tel dossier était en cours chez Hockey Canada, a affirmé Mme St-Onge. Personne n’avait été avisé qu’un cas comme ça était devant les tribunaux.

Cette histoire-là témoigne encore qu’il y a une culture du silence qui règne, et il faut mettre fin à cette culture-là. L’entourage des athlètes et l’organisation ont des responsabilités.

La ministre fédérale des Sports dit que les athlètes doivent être mieux encadrés.

Les athlètes doivent être formés sur les questions de consentement. Il faut qu’on parle d’éducation sexuelle pour comprendre ce qui est approprié et ce qui ne l’est pas.

Depuis que je suis arrivée en poste, c’est là-dessus que je travaille, changer la culture du sport, a conclu Pascale St-Onge.

Radio-Canada Sports a tenté de joindre Hockey Canada pour obtenir une réaction aux propos de la ministre St-Onge. Une responsable des communications de la fédération nous a alors renvoyés au communiqué publié au moment où cette histoire a été révélée par TSN. On y lit qu’Hockey Canada se dit profondément troublée par ces sérieuses allégations d’agression sexuelleDès qu’elle a été informée de cette histoire en 2018, elle a contacté les autorités policières concernées, peut-on aussi lire.

Avec Radio-Canada

France: Un dirigeant de Havas mis à pied après une accusation d’« agression sexuelle »

mai 17, 2022

Christophe Coffre était visé depuis plusieurs semaines par une série de témoignages anonymes publiés sur le compte Instagram « Balance ton Agency ».

Havas est une filiale du groupe Vivendi.
Havas est une filiale du groupe Vivendi.© PATRICK HERTZOG, PATRICK HERTZOG / AFP

Selon un e-mail interne consulté par l’Agence France-Presse, le directeur de la création de l’agence de communication Havas Paris, a été mis à pied mardi après la publication d’une accusation évoquant une agression sexuelle. Christophe Coffre était visé depuis plusieurs semaines par une série de témoignages anonymes publiés sur le compte Instagram « Balance ton Agency » (BTA) qui dénoncent des faits de harcèlement. Il s’était mis début mai « en retrait », ainsi que le PDG de l’agence Julien Carette, le temps d’un audit par un cabinet extérieur.

Dans ce message adressé mardi après-midi aux collaborateurs de l’agence, la direction du groupe Havas indique avoir « décidé sa mise à pied conservatoire, avec effet immédiat », après avoir pris connaissance « d’une allégation d’agression sexuelle » le concernant. « Le groupe précise n’avoir jamais eu connaissance, à quelque moment que ce soit, de faits d’une telle nature » auparavant, et les avoir « immédiatement signalés au cabinet ASW mandaté le 4 mai dernier », selon ce document.

Selon ce nouveau témoignage publié lundi, une ancienne « créative » raconte « avoir repoussé pendant plusieurs années le harcèlement sexuel, moral et les assauts violents » du dirigeant, « au point que nous nous sommes battus physiquement » dans son bureau. « Il m’a menacé de détruire ma carrière naissante et que je ne pourrais jamais plus travailler dans ce milieu si je ne cédais pas », poursuit-elle.

Vague MeToo

Rattrapée par la vague MeToo, la célèbre agence Havas Paris avait confirmé début mai la mise « en retrait » de leurs fonctions de ses deux coprésidents, qui continuaient toutefois de travailler pour leurs clients. La mise à pied de Christophe Coffre signifie cette fois la suspension du contrat de travail et de la rémunération. Contactés, l’agence Havas Paris et le groupe Havas n’ont fait aucun commentaire.

Par Le Point avec AFP

France/Accusations d’agressions sexuelles: l’ex-secrétaire d’Etat Jean-Vincent Placé présenté à un juge d’instruction

mars 29, 2022
Accusations d’agressions sexuelles: l’ex-secrétaire d’Etat Jean-Vincent Placé présenté à un juge d’instruction© AFP/Archives/JACQUES DEMARTHON

L’ex-secrétaire d’Etat écologiste Jean-Vincent Placé, en garde à vue depuis lundi après la plainte en novembre d’une ancienne collaboratrice qui l’accuse d’agressions sexuelles et de harcèlement sexuel, doit être présenté mardi en fin d’après-midi à un juge d’instruction, a-t-on appris de source judiciaire.

Le parquet de Paris a ouvert mardi une information judiciaire « des chefs d’agression sexuelle et harcèlement sexuel par personne abusant de l’autorité conférée par sa fonction » ainsi que pour « agression sexuelle », a précisé cette source.

L’ex-élu avait été placé en garde à vue lundi dans les locaux de Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), dans le cadre d’une enquête ouverte par le parquet, après la plainte d’Audrey*, ex-collaboratrice qui l’avait suivi du Sénat au secrétariat d’Etat à la Réforme et à la Simplification.

Il sera présenté en fin de journée à un juge d’instruction qui doit décider de son éventuelle mise en examen.

Audrey* avait déposé plainte en novembre 2021, accusant Jean-Vincent Placé, 54 ans, de faits de harcèlement sexuel entre 2012 et 2016.

Certains des faits qu’elle dénonçait s’apparentaient également à des agressions sexuelles: la collaboratrice l’accusait notamment de lui avoir « touché les fesses », en août 2015 à Lille, en marge du rassemblement estival d’Europe Ecologie les Verts (EELV).

La seconde agression se serait produite mi-mai 2016 à Séoul (Corée-du-Sud), lors d’un déplacement officiel de Jean-Vincent Placé: dans une voiture, l’ex-secrétaire d’Etat de François Hollande aurait « touché délibérément la poitrine d’Audrey ».

La plaignante, ainsi que d’anciens collaborateurs d’élus écologistes, ont depuis l’ouverture de l’enquête été entendus par les enquêteurs, selon des sources proches du dossier.

Contacté à l’époque de l’ouverture de l’enquête, Jean-Vincent Placé n’avait pas commenté. « Je répondrai, bien entendu, à toutes les questions qui viendraient à m’être posées par les enquêteurs », avait-il ajouté.

Son avocate, Me Lisa Janaszewicz, a indiqué mardi midi à l’AFP qu’elle n’avait « pas de déclaration à faire ».

En mars 2021, Jean-Vincent Placé a été condamné à une amende pour harcèlement sexuel sur une gendarme chargée de sa sécurité.

En septembre 2018, il avait été condamné à trois mois de prison avec sursis et 1.000 euros d’amende pour violences et outrages lors d’une soirée où il avait reconnu avoir été « extrêmement insistant » et « déplacé » avec une cliente.

Par Le Point avec AFP

France: Nicolas Hulot, accusé d’agressions sexuelles, « quitte définitivement » la vie publique

novembre 24, 2021

L’annonce de l’ancien ministre de l’écologie a lieu la veille de la diffusion d’une enquête d’« Envoyé spécial » le mettant en cause. Il affirme que ces accusations sont « purement mensongères » et qu’il a « la conscience tranquille ».

Nicolas Hulot

Nicolas Hulot, visé par des accusations d’agressions sexuelles, a annoncé mercredi 24 novembre qu’il quittait « définitivement la vie publique ». La décision de l’ancien ministre de l’écologie survient à la veille de la diffusion d’une enquête de l’émission « Envoyé spécial » donnant la parole à des femmes l’accusant d’« agression sexuelle et de viol » remontant jusqu’à 1989.

« Ni de près ni de loin je n’ai commis ces actes, ces affirmations sont mensongères », a affirmé M. Hulot sur BFM-TV, devançant la diffusion du documentaire télévisé. « Je n’ai jamais contraint qui que ce soit », a-t-il insisté, dénonçant un « système qui est en train de perdre la raison », avec « la justice qui se déplace sur les plateaux de télévision ».

« Dans la foulée, pas plus parce que ma conscience ne serait pas tranquille, je quitte définitivement la vie publique tout simplement parce que je suis écœuré, a ajouté l’ancien animateur télé. Je quitte mon engagement et je ne m’exprimerai plus. C’est trop lourd payé »« Je vais quitter la présidence d’honneur de ma fondation, qui est l’œuvre de ma vie », pour « les protéger des salissures que je vais me prendre dans les jours qui viennent », a-t-il également précisé. « Certains esprits malins vont prendre ça comme un indice de culpabilité. Non, c’est l’expression de mon écœurement », a ajouté M. Hulot, affirmant avoir « la conscience tranquille ».

D’après les questions mercredi du journaliste Bruce Toussaint et Franceinfo, le reportage en question doit être diffusé sur France 2 jeudi. Selon Nicolas Hulot, quatre ou cinq femmes porteraient des accusations contre lui, en plus de la petite-fille de François Mitterrand, dont la plainte pour viol avait déjà émergé il y a quatre ans. Il a affirmé ne pas connaître les noms des nouvelles accusatrices. « Je sais que j’ai un physique très ingrat et que donc seule la contrainte me permet de vivre des histoires d’amour… Mais plus sérieusement, je n’ai jamais séduit par contrainte », a-t-il encore dit. « Ironiser sur un tel sujet ? Sérieusement ?a réagi sur Twitter la ministre déléguée chargée de l’égalité femmes-hommes, Elisabeth Moreno. Ses propos sont intolérables. »

Accusations de quatre ou cinq femmes

Comme il l’avait fait en 2018 lors de la publication d’une enquête controversée du magazine Ebdo, qui a depuis cessé de paraître, relatant une plainte pour viol classée sans suite car prescrite, Nicolas Hulot se défend avant même la révélation des accusations émanant de quatre ou cinq femmes selon ses propos. Juste avant la parution, celui qui était alors ministre de la transition écologique et solidaire avait « pris les devants » en allant démentir, déjà sur BFMTV, tout comportement inapproprié et des rumeurs « ignominieuses ».

Une méthode de défense dénoncée par la Fondation des femmes qui réclame « un peu de décence »« C’est à nouveau une campagne de gestion de crise qui consiste à vouloir parler avant qu’on ait pu entendre ces femmes. Laissons-les parler, qu’il se taise pour qu’on puisse les écouter, a déclaré à l’AFP sa présidente Anne-Cécile Mailfert. Il parle de cauchemar, mais c’est après avoir été violé qu’on fait des cauchemars, pas avant de voir un documentaire. »Lire le décryptage : Article réservé à nos abonnésViolences sexuelles : « Ne pas forcer les témoignages », respecter la parole des victimes, et leur silence

Le parquet de Saint-Malo, tout comme Nicolas Hulot, avait confirmé la plainte pour viol déposée en 2008, mais classée sans suite, les actes dénoncés qui remonteraient à 1997 étant « prescrits ». Pascale Mitterrand, qui n’était pas nommée dans Ebdo, avait alors dit, par l’intermédiaire de ses avocats, n’avoir jamais souhaité médiatiser l’affaire.

« C’est le #metoo politique qui commence »

« C’est le #metoo politique qui commence. Ça bouge. Enfin. Enfin un homme politique est déstabilisé dans sa fonction et ça ne fait que commencer, a réagi auprès du Monde l’ancienne candidate à la primaire écologiste Sandrine Rousseau. La chape de plomb était lourde sur le monde politique. Nicolas Hulot en est un des exemples. » Selon elle, « la parole des femmes va se libérer et (…) ça peut être violent ». Le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts, Julien Bayou, a également réagi à ce départ dans plusieurs tweets mercredi« Demain, dans “Envoyé spécial”, nous entendrons le témoignage de cinq femmes affirmant avoir été victimes de Nicolas Hulot. Je les crois, a-t-il écrit. Je mesure le courage qu’il a fallu à ces personnes pour briser la loi du silence. »

« Il faut aussi briser la complicité des personnes qui savaient et n’ont rien dit ou n’ont pas permis que les victimes soient entendues. J’invite donc les hommes et femmes politiques qui savent et se taisent à prendre enfin la parole », a-t-il poursuivi, rappelant que, « au vu des mises en cause, nous avions décidé il y a déjà plusieurs années qu’EELV ne pouvait pas inviter Nicolas Hulot — qui n’a jamais été membre de notre mouvement — à nos différents événements ». En déplacement à Saint-Etienne, la candidate du Parti socialiste, Anne Hidalgo, s’est dite « du côté de l’Etat de droit »« J’ai beaucoup d’amitié pour Nicolas Hulot et je comprends sa décision. Je ne me prononcerai pas sur une affaire sur laquelle je n’ai aucun élément, a-t-elle poursuivi. S’il y a des victimes et que leurs droits sont reconnus, ce sera salutaire pour la justice de notre pays. »

Interrogé à l’issue du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal n’a pas souhaité « faire de commentaire », étant donné que l’ancien ministre « n’est plus membre du gouvernement ». De son côté, la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme s’est refusée à commenter une affaire qui touche à la « question fondamentale » de la libération de la parole des femmes et s’est dite « résolue à poursuivre son action pour l’écologie et la justice sociale ».

Avec Le Monde

Après la disparition de Peng Shuai, la France se dit « préoccupée » et l’ONU exige des preuves de vie

novembre 19, 2021

Le patron de la WTA, qui gère le circuit professionnel féminin de tennis, a menacé de retirer de Chine les compétitions de tennis féminin, si Pékin ne tire pas l’affaire au clair.

Peng Shuai, le 4 octobre 2017, à l’Open de Chine, à Pékin.
Peng Shuai, le 4 octobre 2017, à l’Open de Chine, à Pékin. GREG BAKER / AFP

L’affaire Peng Shuai prend de l’ampleur. Le monde du tennis est sans nouvelles de la joueuse depuis qu’elle a accusé, au début de novembre, un ancien haut responsable du régime communiste de l’avoir contrainte à un rapport sexuel. Face à ce silence persistant, l’Organisation des Nations unies (ONU) a demandé, vendredi 19 novembre, des preuves que la championne de tennis chinoise se portait bien.

Liz Throssell, une porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, a déclaré lors d’un point de presse à Genève :

« Il serait important d’avoir des preuves sur le lieu où elle se trouve et de savoir si elle va bien. Et nous demandons instamment qu’une enquête soit menée en toute transparence sur ces allégations d’agression sexuelle. »

Vendredi, la diplomatie française s’est dite préoccupée par le sort réservé à la joueuse. « Nous sommes préoccupés par l’absence d’informations sur la situation de la joueuse de tennis Peng Shuai, qui inquiète la communauté internationale et les milieux sportifs », a rapporté le ministère des affaires étrangères dans un communiqué.

« Nous appelons les autorités chinoises à mettre en œuvre leurs engagements en matière de lutte contre les violences faites aux femmes, notamment au titre de la loi nationale contre les violences domestiques entrée en vigueur en 2016. »

Le patron de la WTA menace de retirer la Chine du circuit

Steve Simon, le patron de la WTA, qui gère le circuit professionnel féminin de tennis, a de son côté menacé de retirer de Chine les compétitions de tennis féminin, si Pékin ne tire pas l’affaire au clair.

« Nous sommes tout à fait prêts à retirer [de Chine] nos activités et à faire face à toutes les complications qui en découlent », a-t-il affirmé, jeudi, dans un entretien à la chaîne américaine CNN. « Parce que ce sont [des accusations de viol et que c’est] plus important que les affaires », a ajouté M. Simon.

Avant l’épidémie de Covid-19, la WTA organisait dix tournois chaque année en Chine (sur plus de soixante), notamment son Masters de fin de saison, le plus lucratif, à Shenzhen (sud du pays). Ces tournois étaient dotés au total de 30 millions de dollars (26,4 millions d’euros). Selon la revue américaine Sports Illustrated, la Chine représentait avant la pandémie un tiers des revenus de la WTA. Ce chiffre est cependant contesté par Steve Simon.

Aujourd’hui, la WTA vit d’ores et déjà sans présence en Chine. Par la force des choses : aucun tournoi de tennis n’y a eu lieu depuis deux ans pour cause de Covid-19 et les compétitions ne semblent pas près de revenir compte tenu des règles sanitaires strictes observées dans le pays.

Des doutes sur l’authenticité d’un courriel

Peng Shuai, âgée de 35 ans, a accusé sur les réseaux sociaux l’ancien vice-premier ministre chinois Zhang Gaoli – qui a été, de 2013 à 2018, l’un des sept hommes politiques les plus puissants de Chine – de l’avoir contrainte à une relation sexuelle il y a trois ans, avant d’en faire sa maîtresse.

Cette accusation avait été brièvement postée le 2 novembre sur le compte officiel Weibo, équivalent chinois de Twitter, de la joueuse. La Chine avait très vite bloqué toute référence à ce message.

Depuis, Zhang Gaoli n’a jamais réagi publiquement à ces accusations, et la chaîne d’Etat chinoise CGTN a dévoilé, mercredi, sur Twitter, la capture d’écran d’un courriel attribué à Peng Shuai, que la joueuse aurait envoyé à la direction de la WTA, et qui dément les accusations d’agression sexuelle.

Le contenu de ce message a soulevé des doutes quant à son authenticité : des utilisateurs de Twitter ont relevé qu’un curseur était visible sur le message diffusé par CGTN, un phénomène inexplicable pour une capture d’écran.

Un hashtag #WhereIsPengShuai

« Je ne crois pas du tout que ce soit la vérité », a commenté M. Simon sur CNN, qualifiant de « mise en scène » le courriel en question. « Si elle a été contrainte de l’écrire, si quelqu’un l’a écrit pour elle, nous ne le savons pas (…) mais tant que nous ne lui aurons pas parlé en personne nous ne serons pas rassurés », a dit le responsable de la WTA.

Interrogés à plusieurs reprises, les porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères ont dit tout ignorer de cette affaire qu’ils ont refusé de commenter, arguant qu’il ne s’agissait pas d’un dossier diplomatique.about:blankhttps://acdn.adnxs.com/dmp/async_usersync.html

Le mystère qui entoure le sort de la joueuse chinoise suscite de nombreuses réactions. Le hashtag #WhereIsPengShuai (« où est Peng Shua ») fleurit sur les réseaux sociaux et a été repris par de nombreuses personnalités dont la joueuse japonaise Naomi Osaka. L’Américaine Serena Williams a joint sa voix à cette mobilisation. « Ça doit faire l’objet d’une enquête et nous ne devons pas rester silencieux », a écrit la star du tennis mondial sur Twitter.

Les précédents du basket américain et du football anglais

Les déclarations de la WTA pourraient lui valoir des « représailles » de la part des autorités chinoises. C’est ce qu’il s’est produit par exemple au niveau de la diffusion télévisuelle pour la NBA, la ligue nord-américaine de basket, ou pour la Premier League, le championnat de football anglais.

La NBA avait perdu 200 millions de dollars (170,25 millions d’euros), lorsque Daryl Morey, alors manageur général des Houston Rockets, avait tweeté en 2019 son soutien aux manifestants à Hongkong.

La plate-forme sport de Tencent, groupe technologique chinois, ne diffuse plus les matchs de NBA des Boston Celtics, depuis qu’un de ses basketteurs, Enes Kanter, a qualifié le président Xi Jinping de « dictateur brutal » et condamné la politique chinoise au Tibet.

La Premier League a aussi été touchée lorsque l’ancien milieu d’Arsenal, Mesut Ozil, a condamné le traitement réservé aux Ouïgours, une ethnie musulmane du nord-ouest de la Chine.

Par Le Monde avec AFP

France: Bernard Preynat, ex-prêtre condamné pour agressions sexuelles, arrêté

novembre 17, 2021

Condamné à cinq ans de prison en 2020, l’ancien prêtre, qui avait jusqu’à présent échappé à la prison pour des raisons médicales, a été arrêté ce matin.

Condamne a cinq ans de prison en 2020, l'ancien pretre, qui avait jusqu'a present echappe a la prison pour des raisons medicales, a ete arrete ce matin.
Condamné à cinq ans de prison en 2020, l’ancien prêtre, qui avait jusqu’à présent échappé à la prison pour des raisons médicales, a été arrêté ce matin.© Maxime JEGAT / MAXPPP / PHOTOPQR/LE PROGRES/MAXPPP

Bernard Preynat, ancien prêtre condamné à cinq ans de prison ferme en mars 2020 pour des agressions sexuelles sur mineurs, a été interpellé dans la Loire, mercredi 17 novembre au matin. L’homme, réduit à l’état laïc par l’Église à cause de ses crimes en juillet 2019, s’était rendu coupable de plusieurs agressions sexuelles entre 1971 et 1991. Âgé de 76 ans, il avait jusque-là échappé à la prison pour raisons médicales. Selon une source policière, il devrait bientôt être présenté à un juge en application de sa peine, puis incarcéré.

« C’est une peine qui est amenée à exécution », a déclaré à l’AFP Me Frédéric Doyez, l’avocat de M. Preynat, se refusant à « plus de commentaire » sur ce point. « L’état de santé de M. Preynat est très préoccupant et il faut qu’un avis médical ait lieu, ce qui sera fait, car il va voir un médecin en arrivant en prison. Soit son état de santé est compatible avec une incarcération, soit il ne l’est pas et ce sera une autre étape », a ajouté l’avocat.

En automne 2020, M. Preynat, qui avait initialement fait appel juste après sa condamnation, s’était désisté de cet appel, ouvrant la voie à son incarcération. Six ans après les premières plaintes déposées en 2015 par d’anciens scouts abusés à l’époque par l’aumônier de Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône), cette annonce avait clos un long combat judiciaire qui a mis sur la sellette l’Église de France et son plus haut dignitaire, le cardinal Philippe Barbarin, pointés du doigt pour leur silence.

À son procès en mars 2020, la procureure avait accusé l’ancien aumônier d’avoir « brisé » les vies des jeunes scouts et de s’être « servi du silence des parents et du silence de l’Église » pour multiplier ses abus. Un des avocats des parties civiles avait estimé le nombre d’agressions entre 3 000 et 4 000. Maintenu en fonction par le diocèse de Lyon jusqu’à l’automne 2015 alors que ses agissements étaient connus depuis longtemps, Bernard Preynat avait demandé pardon aux neuf victimes venues témoigner de leurs souffrances. Beaucoup d’autres n’ont pu porter plainte du fait de la prescription.

Condamné en première instance en 2019 pour ses silences sur l’affaire, Mgr Barbarin a ensuite été relaxé en appel mais a démissionné de ses fonctions d’archevêque de Lyon.

Par Le Point avec AFP

France: Huit ans de prison requis contre Koffi Olomidé pour agressions sexuelles

octobre 26, 2021

Huit ans de prison ferme ont été requis lundi 25 octobre au soir contre la star de la rumba congolaise Koffi Olomidé, jugé en appel à Versailles pour agressions sexuelles et séquestration sur quatre de ses ex-danseuses.

Face au chanteur franco-congolais, présent à l’audience, le parquet a demandé de revenir sur le «naufrage» du premier jugement et de reconnaître coupable cet «homme puissant», star internationale qui vit désormais en France. En première instance, le tribunal de Nanterre l’avait condamné en mars 2019 à deux ans de prison avec sursis pour «atteinte sexuelle» sur l’une de ces jeunes femmes, déclarée mineure au moment des faits. Le ministère public, qui avait requis sept ans d’emprisonnement ferme, avait fait appel de cette condamnation. Le chanteur star de la République démocratique du Congo (RDC) avait été relaxé des poursuites concernant trois des danseuses.

Le jugement sera mis en délibéré à une date ultérieure.

Quatre femmes congolaises, qui ont déposé plainte entre 2007 et 2013 et sont parties civiles au procès, accusent Koffi Olomidé de les avoir enfermées dans un pavillon gardé près de Paris, lors de ses tournées françaises, et de les avoir forcées à avoir des relations sexuelles avec lui, de façon régulière pour certaines. Depuis, aucune n’est retournée au Congo par «peur» des conséquences face à une star internationale qu’elles surnommaient avant l’affaire le «président». L’une a déclaré avoir fait au moins une tentative de suicide.

De son vrai nom Antoine Agbepa Mumba, Koffi Olomidé, pull clair sous une grande veste marron, s’est pour la première fois exprimé publiquement sur l’affaire, dénonçant les «mensonges» des parties civiles de sa voix grave. «Ce sont des récits concertés», un «complot» pour «casser ma carrière», a-t-il dit. La séquestration ? Elles «allaient sur les Champs-Élysées» librement, assure-t-il. Elles ne pouvaient sortir qu’escortées? «Elles demandaient qu’on les accompagne», poursuit le chanteur. Koffi Olomidé a cependant reconnu qu’il avait un «droit de regard» sur leurs sorties car «au Congo, ils ont tous le rêve français». Il a plaidé qu’il devait vérifier qu’elles ne cherchaient pas à rester illégalement en France à l’issue de la tournée parisienne.

Deux autres hommes, proches du chanteur qui vit désormais en France, sont également rejugés, accusés de complicités. L’un d’eux – qui évoque aussi des «mensonges» des parties civiles afin de rester en France – a reconnu qu’il était «obligé» de les suivre lorsqu’elles sortaient du pavillon, car «elles ne connaissaient pas la route», pour faire les courses par exemple, a-t-il dit.

C’est dans ce contexte que, selon les plaignantes, le chanteur les aurait agressées sexuellement. «Ça s’est passé dans des hôtels, parfois dans la voiture (…) dans des studios d’enregistrement…», a raconté l’une d’elles, en larmes à la barre. «C’est faux, c’est tout faux», s’est auparavant écrié Koffi Olomidé, «à aucun moment je n’étais seul avec ces filles», s’est-il évertué à répéter. Lors de l’enquête, il avait initialement été mis en examen pour viol, avant une requalification. «Comment vous pouvez faire l’amour dans un studio ? J’hallucine! Il y a des ingénieurs du son, il y a des assistants… Ça n’existe pas!», a-t-il lancé avant le témoignage des parties civiles.

Celles-ci ont déclaré avoir été forcées à subir des relations sexuelles «plusieurs fois» puis «trois fois par semaine» pour l’une ou «trois ou quatre fois dans le mois» pour une autre. «Je me suis laissée faire, mais je n’avais pas envie», a expliqué l’une d’elles à la barre, son avocat Me David Desgranges parlant d’«emprise» du chanteur sur ses troupes. Koffi Olomidé a déjà été condamné, en RDC en 2012, pour violence, et avait été expulsé du Kenya en 2016 pour avoir donné un coup de pied à l’une de ses danseuses.

Avec Sacer-infos par Stany Frank

Un institut du Vatican sur les agressions d’enfants étend son mandat aux adultes

octobre 13, 2021

ROME — Le principal institut de recherche de l’Église catholique qui étudie les agressions sexuelles sur mineurs étend son mandat pour inclure également les agressions sexuelles et spirituelles sur les adultes.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le Vatican semble ainsi prendre conscience que les enfants ne sont pas les seules victimes de membres du clergé qui abusent de leur pouvoir et de leur autorité.

Le révérend Hans Zollner, l’un des principaux conseillers du pape François dans le dossier des agressions sexuelles, a déclaré que la portée plus large de l’institut académique reflète les leçons du mouvement #MoiAussi, la propre reconnaissance du pape que les religieuses et les séminaristes adultes peuvent aussi être maltraités par leurs supérieurs, et la preuve que des problèmes systémiques et structurels au sein de l’Église ont permis une multiplication des agressions.

«Nous ne pouvons plus nous limiter aux problèmes individuels: nous devons également examiner les conditions institutionnelles qui favorisent (les agressions) ou empêchent un environnement sécuritaire», a déclaré M. Zollner à l’Associated Press mercredi.

Il a accordé cette entrevue à la veille du lancement officiel du nouvel institut à l’Université pontificale grégorienne, à Rome. L’Institut d’anthropologie et d’études interdisciplinaires sur la dignité humaine et le soin intègre le Centre pour la protection de l’enfance, fondé il y a dix ans. En tant que département d’anthropologie sanctionné par le Vatican, l’institut académique peut désormais décerner des diplômes universitaires, former son propre corps professoral et s’associer sur un pied d’égalité avec d’autres universités.

Étendre l’objectif de l’institut au-delà de la protection de l’enfance est important, étant donné que le Vatican a tendance à développer des politiques en s’appuyant sur la recherche universitaire et les conférences internationales de ses universités pontificales pour jeter les bases des décisions prises plus haut dans la hiérarchie de l’Église. 

Pour le père Zollner, la croissance d’un institut de sauvegarde à part entière couve depuis plus d’une décennie, et pourtant, elle se heurte toujours à des résistances. «Je me débats depuis longtemps avec cette question: pourquoi, dans l’Église, luttons-nous pour accepter l’existence parmi nous d’abus commis par des membres du clergé? Pourquoi est-ce si difficile d’accepter cela, de voir cette réalité? Parce qu’il y a encore des gens qui nient cette réalité et disent: ‘Nous n’avons pas de cas’», a-t-il déclaré.

M. Zollner a déclaré que l’idée d’élargir le champ de l’étude est venue après qu’un rapport du grand jury de Pennsylvanie en 2018 a révélé comment plusieurs évêques de l’État avaient systématiquement couvert les prêtres agresseurs. Des rapports d’enquête ultérieurs sur les abus du clergé, y compris en Allemagne, pays natal de M. Zollner, et plus récemment en France, ont identifié les mêmes problèmes systémiques et structurels.

Toujours en 2018, le Vatican a commencé son enquête sur l’ex-cardinal Theodore McCarrick, un archevêque américain qui a finalement été défroqué par François après que le Vatican a déterminé qu’il avait agressé sexuellement des mineurs ainsi que des séminaristes adultes sous son autorité.

M. Zollner a souligné que le nouvel institut ne mettait en aucun cas de côté son objectif principal sur la protection de l’enfance, qualifiant l’agression sexuelle d’enfants de «la chose la plus horrible à laquelle vous puissiez penser».

Mais le mandat élargi permettra l’étude de problèmes qui étaient auparavant en dehors de la portée d’origine du centre, a-t-il déclaré, tels que les abus spirituels d’adultes par les dirigeants de nouveaux mouvements religieux, ou les facteurs institutionnels et structurels au sein de l’Église qui ont facilité les abus.

Avec Nicole Winfield, The Associated Press

Canada-Québec: Le fugitif pasteur Paul Mukendi refait surface sur les réseaux sociaux

septembre 16, 2021

Le pasteur Paul Mukendi, recherché par la police depuis le 20 août après avoir fui la justice, a publié un message jeudi matin sur sa page Facebook. Le fugitif promet d’expliquer samedi prochain pourquoi il ne s’est pas constitué prisonnier.

Paul Mukendi à sa sortie du palais de justice de Québec le 27 février 2020

© /Radio-Canada Paul Mukendi à sa sortie du palais de justice de Québec le 27 février 2020

Dans son message publié jeudi, Paul Mukendi affirme «je parlerai… pourquoi je me suis soustrait à la justice québécoise et quelle sera la suite.» Il précise qu’il donnera ces explications samedi, à 13 h, heure du Québec.

Le pasteur Paul Mukendi a fui les autorités, le 20 août dernier, à quelques heures du moment où il devait se présenter au centre de détention. Des fidèles disaient alors craindre qu’il ait été kidnappé. La police de Québec avait reçu un signalement de sa disparition.

Toutefois, Paul Mukendi avait par la suite dissipé les doutes, en publiant lui-même un message sur les réseaux sociaux, confirmant qu’il avait choisi de fuir la justice. Un mandat d’arrestation a été lancé contre lui.

Informée de la publication du message, la police de Québec assure qu’elle sera attentive, samedi.

«Depuis l’émission du mandat d’arrestation, nous déployons des efforts considérables pour localiser M. Mukendi. Nous avons aussi la capacité, avec de nombreux partenaires, d’agir à l’international, affirme le porte-parole de la police de Québec, David Poitras.

Condamné pour agressions sexuelles

L’appel de Paul Mukendi, condamné à 8 ans d’emprisonnement pour agressions sexuelles et physiques sur une adolescente, a été rejeté le 16 août. Paul Mukendi devait donc se livrer aux autorités carcérales afin de purger sa peine.

Le 29 juin 2019, le révérend de l’église Parole de vie, dans l’arrondissement de Vanier, à Québec, a été déclaré coupable de neuf chefs d’accusation d’agressions sexuelles, de voies de fait et de menaces de mort.

La plaignante avait 14 ans au moment des faits.

Mukendi avait porté le verdict en appel, estimant que le juge avait commis des erreurs de droit.

La Cour d’appel a rejeté ses arguments. L’homme de 44 ans souhaitait que ses avocats s’adressent à la Cour suprême.

Avec Radio-Canada