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Akinwumi Adesina (BAD) : « L’agriculture est le plus grand business d’Afrique »

novembre 20, 2021
Akinwumi Adesina, président de la Banque africaine de développement, le 10 novembre 2021 à Paris. © Damien Grenon pour JA

Chaque samedi, Jeune Afrique invite une personnalité à décrypter des sujets d’actualité. Climat, résilience, agriculture et financements, le président de la Banque africaine de développement livre son regard sur les dernières actualités du continent.

La tournée dans la « Vieille Europe » du président de la Banque africaine de développement (BAD) a largement donné le ton de son second mandat. « Être partout là où la cause de l’Afrique doit être plaidée », explique Akinwumi Adesina, de retour de la Conférence internationale sur les changements climatiques (COP26) de Glasgow. Lui qui était arrivé à Rome début octobre déjà, où il a délivré une « keynote » au Sénat italien devant les représentants des pays du G20.

Descendu dans le même hôtel parisien que la vice-présidente américaine, Kamala Harris, avec laquelle il doit se rendre le soir même à une réception à l’Élysée, à l’invitation du président français, il prépare son intervention du lendemain pour le Forum de Paris sur la paix.

Entre deux rendez-vous, et la signature d’un accord avec son homologue de l’Agence française de développement (AFD), Rémy Rioux, l’ancien ministre nigérian de l’Agriculture (2011-2015) expose à Jeune Afrique les préoccupations de l’institution qu’il dirige et sa vision des sujets chauds du moment pour l’Afrique.

Jeune Afrique : Après avoir passé dix jours à Glasgow, assisté à nombre de rencontres lors de la COP et réunions bilatérales avec les dirigeants africains, considérez-vous que cette édition a rempli sa mission ?

Akinwumi Adesina : Ce qui est sûr, c’est que je ne regarde pas les choses comme un échec. Nous parlons d’une situation compliquée. Je pense qu’à Glasgow, il y a eu une prise de conscience que les pays africains, les pays en développement et les nations insulaires subissent un impact massif des changements climatiques, et que c’est à eux qu’il faut donner la priorité. Et c’est une bonne nouvelle.

L’Afrique, fortement exposée aux phénomènes de sécheresse, fortes chaleurs et d’inondations, perd aujourd’hui entre 7 et 15 milliards de dollars par an [selon les données des Nations unies] à cause du dérèglement climatique. Or nous n’avons pas les ressources nécessaires pour faire face. La COP26 a donc permis à ces pays d’exprimer leurs besoins, qui sont, je le rappelle, de plus de 30 milliards de dollars par an, rien que pour le continent.

C’EST DE L’ADAPTATION DONT L’AFRIQUE A BESOIN ET IL FAUT DÉGAGER LES RESSOURCES NÉCESSAIRES POUR CELA

Quelles sont, selon vous, les principales leçons à tirer pour l’Afrique ?

D’abord, et comme le souligne le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), nous sommes en zone de danger ! L’Afrique va subir un réchauffement plus fort et avant les autres.

Ensuite, le focus qui a été fait sur l’adaptation est important. C’est de l’adaptation dont l’Afrique a besoin et il faut dégager les ressources nécessaires pour cela. Or, les pays en développement ne peuvent pas s’adapter et réaliser leur transition énergétique sans les 100 milliards de dollars promis dès 2009 par les pays développés.

Cette promesse n’a pourtant pas été tenue…

Même si la réalisation de cette promesse a été repoussée de trois ans par rapport à 2020, cela ne change rien au fond. De notre côté, nous avons continué à travailler en Afrique pour essayer de mobiliser les ressources indispensables. Nous avons lancé le programme Accélération de l’adaptation pour l’Afrique (AAAP), à l’initiative notamment de l’Union africaine et de la BAD. À ce titre, la banque va mobiliser 25 milliards de dollars additionnels pour l’adaptation en Afrique.

Cérémonie d’ouverture du Africa CEO Forum, Abidjan, Côte d’Ivoire, mars 2016. Akinwumi Adesina, président de la BAD.
Cérémonie d’ouverture du Africa CEO Forum, Abidjan, Côte d’Ivoire, mars 2016. Akinwumi Adesina, président de la BAD. © Jacques Torregano/Divergence/AFRICA CEO FORUM/JA.

Justement, beaucoup de promesses ont été faites, notamment du côté des bailleurs internationaux. Où se situent les réelles avancées ?

Je trouve que les annonces faites à Glasgow qui concernent directement l’Afrique sont satisfaisantes. Certains États en particulier ont accordé un appui significatif. Par exemple, le gouvernement britannique – hôte de la COP – a offert un nouveau mécanisme de garantie à la BAD. Ce mécanisme devrait permettre de débloquer jusqu’à 2 milliards de dollars de nouveaux financements pour des projets sur le continent, dont la moitié aidera les pays à s’adapter aux effets des changements climatiques.

Des projets comme « desert to power », initié pour développer le solaire dans les pays sahéliens et donner un accès à l’électricité à 250 millions de personnes, ont été remis au cœur des discussions. Le Fonds vert pour le climat s’est engagé pour 150 millions de dollars, la fondation Rockefeller a signé un engagement de 100 millions de dollars, l’Agence française de développement a promis 100 millions de dollars, le gouvernement suédois a annoncé 28 millions de dollars…

Les ressources mobilisées sur ce projet sont très concrètes pour nous.

Au sujet de la désertification, vous participez activement au projet Grande Muraille Verte. Remis au goût du jour par le président Macron en janvier dernier, il a fait l’objet d’un mini-sommet en marge de la COP. A-t-il des chances de voir le jour ?

Le projet Grande muraille verte (GMV) s’attaque directement à ce que je qualifie de triangle des désastres : pauvreté structurelle et élevée, chômage des jeunes, et dégradation du climat et des environnements. Un triangle qui appelle presque toujours les conflits.

IL FAUDRA EN MÊME TEMPS GARANTIR UN ACCÈS À L’ÉNERGIE AUX POPULATIONS, SANS QUOI LA GRANDE MURAILLE VERTE DEVIENDRA UN SIMPLE MUR DE CHARBON

Ce couloir d’arbres, de prairies, de végétation et de plantes de 8 000 km de long et 15 km de large, doit constituer un rempart contre l’insécurité, garantir un climat plus résilient et éviter les migrations vers l’Europe.

Mais il faudra en même temps garantir un accès à l’énergie aux populations, avec un projet comme « desert to power », sans quoi la GMV deviendra un simple mur de charbon ! Sans accès à l’énergie, les populations seraient en effet amenées à couper les arbres pour s’en servir de bois de chauffage…

Vous plaidez par ailleurs pour une agriculture modernisée qui sera le moteur de la transformation des économies en Afrique. Après une année de récession en 2020, liée au Covid-19, le secteur a-t-il encore une carte à jouer ?

La reprise des économies africaines doit se faire de manière inclusive au niveau des populations à faibles revenus, et inclusive vis-à-vis du milieu rural. Et c’est l’agriculture qui doit être au centre de cela. Mais, en effet comme je l’ai souvent dit, l’agriculture doit être modernisée. L’agriculture est un business, et le plus grand business d’Afrique.

D’ici à 2030, l’agriculture et l’agroalimentaire représenteront 1 000 milliards de dollars en Afrique. Ce qui signifie que, bien géré, le secteur devrait donner les moyens au continent de diversifier ses économies, de créer de l’emploi et de transformer le milieu rural en pôles de prospérité.

Quels sont les leviers pour y arriver ?

Une agriculture plus résiliente face à la sécheresse, à la chaleur, aux parasites qui dévastent les cultures africaines, pour ne citer qu’un exemple. Avec le programme TAAT (Technologie pour la transformation de l’agriculture), lancé il y a cinq ans par la BAD par exemple, plus de 11 millions d’agriculteurs dans 29 pays africains, ont bénéficié de technologies telles que du maïs résistant à la sécheresse ou du blé résistant à la chaleur.

Lors du dernier Sommet sur les systèmes alimentaires des Nations unies, les chefs d’État ont décidé de créer une facilité pour la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique. Rediscutée à Glasgow, et on l’a renommée « mission 1 pour 200 », elle entend, pour 1 milliard de dollars dépensés, sortir 200 millions d’Africains de la famine.

Cette facilité va permettre de déployer une agriculture résiliente auprès de 40 millions d’agriculteurs, doubler la productivité pour neuf cultures vivrières les plus importantes en Afrique et produire 100 millions de tonnes de produits alimentaires. De quoi nourrir 200 millions de personnes.

En Afrique aujourd’hui, 283 millions de personnes souffrent de famine. Grâce à cette facilité, nous sommes capables de réduire ce chiffre de 80 %.

Avec Jeune Afrique par Aurélie M’Bida

Canada: La prochaine saison agricole menacée par des ratés informatiques à Ottawa

octobre 29, 2021

Le secteur agricole presse le premier ministre Justin Trudeau d’intervenir auprès de Service Canada pour désengorger le traitement des demandes de milliers de travailleurs étrangers temporaires.

Le milieu agricole québécois exprime de sérieuses craintes pour la prochaine saison en raison de l'incertitude entourant le recrutement de travailleurs étrangers temporaires.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Le milieu agricole québécois exprime de sérieuses craintes pour la prochaine saison en raison de l’incertitude entourant le recrutement de travailleurs étrangers temporaires.

L’Union des producteurs agricoles (UPA), l’Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ) et la Fondation des entreprises en recrutement de main-d’œuvre agricole étrangère (FERME) affirment qu’au rythme actuel, le pays se dirige vers la catastrophe.

En conférence de presse jeudi matin, Marcel Groleau (UPA), Sylvain Terrault (AMPQ) et Martin Gibouleau (FERME) ont tiré la sonnette d’alarme à propos de ratés informatiques que connaît Service Canada depuis plusieurs mois» et qui provoquent des retards sans précédent» dans le traitement des dossiers.

Selon le processus en vigueur, un employeur du secteur agricole qui veut embaucher des travailleurs étrangers temporaires doit d’abord présenter une demande de numéro d’évaluation d’impact sur le marché du travail (EIMT) à Service Canada.

Ce processus, qui met une vingtaine de semaines à aboutir, indique que la main-d’œuvre étrangère est nécessaire et qu’aucun travailleur canadien n’est disponible pour faire le travail.

Déjà des conséquences irréversibles

À l’heure actuelle, plus de 900 demandes d’EIMT pour l’embauche de quelque 4000 travailleurs étrangers temporaires sont toujours en attente de traitement.

Quelques dizaines de dossiers seulement sont actuellement traités chaque semaine et le nombre de demandes continuera de croître. Le pire est donc à venir si le problème n’est pas réglé à très brève échéance», ont indiqué l’UPA, l’APMQ et la FERME dans une déclaration commune.

En raison du retard accumulé, ces trois organismes estiment qu’il est déjà certain que l’arrivée des travailleurs étrangers temporaires en octobre, novembre et décembre sera retardée».

De fait, le président de l’AMPQ, Sylvain Terrault, ignore lui-même où en est sa demande pour l’embauche de 170 travailleurs agricoles. Il dit avoir besoin d’eux dès janvier pour pouvoir fournir 70 % des maraîchers du Québec.

On a des décisions à prendre aujourd’hui sur nos semences, sur toute la marchandise qu’il faut aller chercher. Mais là, actuellement, on risque vraiment d’être dans la chnoute», redoute-t-il.

Des fonctionnaires appelés en renfort

Dans une déclaration écrite, la ministre fédérale de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, a reconnu que des problèmes techniques» récents avaient entraîné des délais inhabituels» dans le traitement des EIMT.

Pour pallier le problème, elle affirme avoir doublé le nombre d’employés qui traitent les demandes d’EIMT et avoir sollicité le ministère de l’Immigration pour qu’il accélère la délivrance des permis de travail.

Les travailleurs agricoles sont essentiels à notre sécurité alimentaire et à la vitalité de nos communautés rurales, et c’est pourquoi s’attaquer à ce problème est une priorité absolue pour moi et pour notre gouvernement», a-t-elle déclaré.

Au vu du contexte actuel et des risques encourus, le président de l’UPA, Marcel Groleau, va jusqu’à s’interroger sur la nécessité du processus de demande d’EIMT.

Avant la pénurie de main-d’œuvre, c’était peut-être justifié de s’assurer que ces travailleurs-là ne venaient pas remplacer des travailleurs canadiens ou québécois. Mais maintenant, on sait qu’il y a une grave pénurie de main-d’œuvre. Ce sont les mêmes travailleurs qui reviennent année après année. Est-ce qu’on pourrait avoir, par exemple, des permis de trois ans?», propose-t-il.

Marie-Claude Bibeau a indiqué qu’une rencontre avec l’UPA en compagnie de la ministre fédérale de l’Emploi, Carla Qualtrough, allait bientôt être organisée.

Radio-Cana par Marie-Ève Arsenault avec des informations d’Éric Plouffe

Canada-Québec: L’agriculture urbaine gagne du terrain en Mauricie

juillet 24, 2021

L’agriculture urbaine gagne du terrain en Mauricie et cette fois, des jardins prennent d’assaut les terrains d’organismes et d’entreprises de Trois-Rivières.

Des jardins ont vu le jour sur le terrain de certains organismes à Trois-Rivières.

© /iStock Des jardins ont vu le jour sur le terrain de certains organismes à Trois-Rivières.

Ce sont trois projets qui ont reçu un soutien financier de la part d’Innovation et Développement économique Trois-Rivières. La Maison des familles du Rivage a implanté un potager près de son bâtiment, la Maison des jeunes Le Chakado a mis sur pied un jardin collectif alors que la microbrasserie Le Temps d’une pinte a décidé d’installer sur son toit un jardin de fleurs comestibles.

Au cœur de ces projets se trouvent des jeunes et leurs parents. Rapidement, ces jardins se sont avérés être des lieux de rencontres intergénérationnels pour les gens qui les animent.

Mes grands-parents faisaient des jardins, d’énormes jardins et j’ai toujours trouvé ça extraordinaire. Alors de partager, de transmettre les traditions à nos enfants et nos petits enfants je trouve ça valorisant pour eux», explique Sylvie Sicard, une bénévole qui s’occupe du jardin de la Maison des familles du Rivage.

Pour Sylvie Sicard, c’est donc l’occasion de passer du temps avec sa petite fille Maëlle et de lui transmettre certaines connaissances. Pour Maëlle cependant, c’est le désir de prendre soin de l’environnement qui la pousse à s’impliquer.

Je trouve que c’est vraiment important. L’environnement, il ne faudrait pas le polluer. Même pour des voisines d’expérience, c’est l’occasion de partager des conseils aux plus jeunes», explique-t-elle.

À la Maison des jeunes Le Chakado, ce sont les adolescents qui la fréquentent qui ont fait la demande pour un jardin, ce qui réjouit l’une des coordonnatrices

Les jeunes, c’est les acteurs qui sont le plus impliqués dans le projet. On a environ une vingtaine de jeunes différents qui se sont impliqués jusqu’à maintenant. Ils sont vraiment persévérants, déterminés. Ils aiment apprendre de nouvelles choses et ils sont contents quand ils voient ce qui pousse et ce qu’ils sont capables de récolter. C’est vraiment une belle réussite pour eux», explique Audrey Charron, coordonnatrice, la Maison des jeunes Le Chakado.

Détermination, c’est le mot tout désigné, selon Audrey Charron. Motivation aussi, car la coordonnatrice n’a pas besoin de tordre un bras à qui que ce soit pour venir arroser le jardin ou arracher les mauvaises herbes.

D’ailleurs, les surplus des récoltes seront offerts à des banques alimentaires, a fait savoir Mme Charron.

Par  CBC/Radio-Canada d’après le reportage de Magalie Masson

«Année record» pour l’agriculture biologique en France en 2018

juin 4, 2019

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Le secteur du bio fournit 14% de l’emploi agricole. Fotolia

L’activité couvre désormais 7,5% de la surface agricole utile du pays, et 10% des agriculteurs travaillent en bio, selon l’Agence Bio.

L’agriculture bio prend son essor en France, couvrant désormais 7,5% de la surface agricole utile du pays, ce qui permet de contenir les importations de produits bio pour répondre à l’appétit grandissant des consommateurs. Avec deux millions d’hectares cultivés en bio en 2018 en France, il y a vraiment « un cap franchi » côté production, « en ligne avec l’objectif de parvenir à 15% de la surface agricole en bio fin 2022 », a déclaré mardi Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio, organisme public qui suit l’évolution du bio en France.

Au total, 9,5% des agriculteurs français travaillent en bio, et le secteur fournit 14% de l’emploi agricole, indique l’Agence dans son bilan annuel. Les nouveautés de 2018, « année record » pour le bio, portent surtout sur les grandes cultures (céréales, oléagineux, et légumes secs) qui rattrapent leur retard, avec un bond de 31% de ces surfaces agricoles en bio par rapport à 2017, à 513.000 hectares, indique le bilan.

« En 2013, seulement 1% des grandes cultures en France étaient bio, aujourd’hui nous sommes à 4,3% » a salué M. Guhl. Une hausse permise notamment par l’augmentation importante des capacités de traitement et de stockage dédiées, l’ouverture de silos et de moulins dédiés aux blés bio, comme celui de la coopérative Valfrance près de Melun ou de Soufflet dans le département du Rhône.

Pour parvenir à 15% de la surface utile agricole en bio fin 2022, l’agence estime que 8% des grandes cultures devront être en bio. Dans le domaine des légumes secs, 40% le sont déjà.

En viticulture aussi, le bond est très important (+20% sur un an), avec 12% du vignoble en bio (94.020 hectares) en 2018. Pour encourager les vignerons à franchir le pas, un label CAB (conversion agriculture biologique), une étiquette blanche sur fond bleu, a été créé.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Côte d’Ivoire: la BAD met le cap sur l’agriculture

octobre 2, 2018

 

Un paysan sénoufo part vendre ses poulets au marché de la sous-préfecture de Karakoro. Côte d’Ivoire, 2015. © Philippe Guionie/Myop pour J.A 

Dans le rapport qu’elle a publié le 27 septembre sur sa stratégie pour la Côte d’Ivoire (2018-2022), la Banque africaine de développement (BAD) semble décidée à renforcer son soutien à l’agriculture, jusque-là loin derrière les infrastructures et l’énergie, qui restent ses secteurs de prédilection.

Le constat que fait la Banque est le même que celui formulé dans toutes les analyses de ce pays : la croissance y est forte – soit de 8 % à 9 % l’an depuis 2012 – et robuste – puisqu’elle ne faiblit pas malgré les tensions politiques ou sécuritaires et les fluctuations des cours des matières premières.

Malheureusement le taux de pauvreté n’y baisse guère, puisqu’il a reculé seulement de 48,5 % en 2008 à 46,3 % en 2015. La croissance n’y est pas assez « inclusive » c’est-à-dire partagée. Bien que le rapport continue de privilégier les infrastructures (56,3 % des engagements de la BAD) et l’énergie (28,8 %) que la Banque soutient majoritairement dans ses 23 projets en cours, il souhaite que le monde rural en général et l’agriculture en particulier soit plus présents dans ses actions.

Effet catalyseur

Alors que l’agriculture et la pisciculture pèsent 23,7 % dans le produit intérieur brut ivoirien (2016), ce secteur ne reçoit que 11,8 % des financements de la BAD. Certes, les nouvelles routes et les grands progrès dans l’électrification profitent aussi au monde rural dont les productions sont mieux acheminées et dont le niveau de vie est amélioré.

Mais la diversification de l’économie ivoirienne et sa résilience aux chocs venus de l’extérieur (moindre demande de produits d’exportation et/ou chute de leurs prix) supposent de mieux épauler le secteur agricole qui « est le principal employeur du pays, mais [qui] compte le plus grand nombre de pauvres », écrivent les auteurs. Ils poursuivent : « Priorité doit être donné aux infrastructures rurales qui peuvent avoir un effet catalyseur sur le développement des chaînes de valeur agro-industrielles et qui peuvent ainsi attirer le secteur privé vers la transformation des produits agricoles ».

32,4 % des financements en suspens

Les obstacles que la Banque souhaite contribuer à supprimer pour libérer « l’immense potentiel agricole » de la Côte d’Ivoire sont nombreux : problèmes fonciers, absence de mécanisation, financements peu performants, relations médiocres entre les différents acteurs de la chaîne agricole, pertes de récolte en raison de l’isolement des zones de production, vieillissement des exploitants. Ces problèmes demandent à être traités en cohérence avec le Plan national de développement (PND 2016-2020) gouvernemental.

On notera que le rapport de la BAD reconnaît qu’en mai 2018, 32,4 % de ses financements étaient en suspens pour des raisons variées. Car l’argent ne suffit pas : encore faut-il remédier au manque d’équipes d’accompagnement du projet, aux modifications intempestives de celui-ci, à la faible capacité des entreprises locales et des consultants à le mener à bien, à l’incompréhension des règles de la Banque, au phasage approximatif des opérations, au retard des autorités compétentes à communiquer leur approbation, au retard dans le déblocage des fonds par les autres bailleurs, à une coordination insuffisante…

Jeuneafrique.com  par

Congo-Lutte conte les anti-valeurs: la DGST en passe de pêcher du gros, très gros poisson

juillet 6, 2018

 

Rigobert Maboundou
L’information livrée par notre confrère  »Le troubadour » dans sa parution du vendredi 6 juillet, par la plume d’Anicet Samba, relève l’étendue d’un désastre financier d’un peu plus de 114 milliards de francs CFA, au ministère de l’Agriculture. Le journal met à l’index l’ancien ministre Rigobert Maboundou qui serait dans le collimateur de la DGST.

 »De janvier 2008 à mars 2016, le ministère de l’agriculture et de l’élevage a reçu 114 milliards de FCFA, et pour quels résultats?  » s’interroge notre confrère qui embraye :

 »À la faveur de l’embellie pétrolier, Denis Sassou N’Guesso avait fait de l’agriculture et de l’élevage une priorité. 114 milliards de FCFA avaient été alloués au ministère en charge de ce secteur, de janvier 2008 à mars 2016. Et jamais autant d’argent n’avait été investi dans ce domaine que lors du mandat passé de l’actuel chef de l’État. Cette importante somme d’argent avait été géré par l’ancien ministre Rigobert Maboundou, aujourd’hui directeur de cabinet du premier ministre Clément Mouamba. À l’heure où on parle de la lutte contre les antivaleurs, un regard sur la gestion de cette manne s’impose d’autant plus que le secteur de l’agriculture et de l’élevage peine toujours à se relever. Le Troubadour a pu avoir accès à ce dossier pour le moins sensible. »

Donnant le détail de ses investigations, notre confrère relève :  »Un document-bilan, élaboré par les services de l’ancien ministre de l’agriculture et de l’élevage, Rigobert Maboundou, existe. Il devrait servir de point de départ de cette enquête. Ce document-bilan, que Le Troubadour a pu consulter, indique les principaux postes vers lesquels ont été affectés les 114 milliards de FCFA. Ce document-bilan donne également de précieux détails sur les sociétés et les organismes qui ont eu à exécuter les programmes élaborés par le ministère de l’agriculture et de l’élevage sous le mandat de Rigobert Maboundou. Mais les enquêteurs auront très peu de détails sur la manière dont les 114 milliards ont été dépensés à partir de ce document-bilan, qui donne l’impression d’avoir été élaboré à la va-vite, comme si ses auteurs se devaient de justifier cette somme impressionnante d’argent avant la fin du mandat présidentiel. S’il indique la plupart de postes qui ont bénéficié d’une affection financière, en revanche, il donne très peu de détails sur la manière dont l’argent a été dépensé. Il se contente d’avancer des chiffres bruts, en précisant simplement leur destination. »

Du coté de la DGST où on est décidé à faire la lumière sur ce dossier, on ne s’interdit aucune interpellation, de qui que ce soit.

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville

Agriculture: l’OCDE et la FAO prévoient un « déclin » de l’Europe occidentale d’ici 2027

juillet 3, 2018

Paris – L’agriculture va connaître un « déclin » en Europe occidentale d’ici 10 ans, alors que la Russie va rester première exportatrice mondiale de blé, selon les prévisions croisées de l’OCDE et de la FAO publiées mardi.

Durant la décennie qui vient, la part des pays d’Europe occidentale dans la production mondiale d’orge, de seigle, de colza, de tournesol, de blé, de lait et de viande, « devrait chuter au fur et à mesure que les autres pays et régions vont voir leur croissance s’accélérer » indique le rapport « Perspectives agricoles 2018-2027 » présenté mardi par les deux institutions internationales.

Le « déclin » européen « sera plus particulièrement marqué pour le biodiesel », réalisé à partir de colza ou de tournesol, dont la production devrait baisser de 4% en dix ans à la suite d’un recul de la demande de diesel, souligne le rapport.

L’Europe occidentale restera néanmoins le deuxième producteur mondial de biodiesel, mais une « inconnue majeure » repose sur la « possible révision à la baisse » du taux d’incorporation obligatoire, qui pourrait « engendrer une baisse radicale de la production », avertissent les auteurs.

Dans le même temps, la Fédération de Russie qui a « supplanté l’Union européenne » en tête du classement mondial des exportateurs de blé en 2016 devrait « conserver cette place en 2027 », avec « une part des exportations mondiales de 20% » indique le rapport.

« La présence croissante de la Fédération de Russie sur les marchés d’exportation du blé ces derniers années a eu un fort impact sur les prix mondiaux et la progression ininterrompue de sa part de marché continuera d’influer sur les prix au cours des dix prochaines années » ajoute le rapport.

D’ici à 2027, l’UE qui se classe à la deuxième place des exportateurs de blé représentera 18% des échanges internationaux, suivie par les Etats-Unis (13%), le Canada (11%), l’Australie (10%) et l’Ukraine (10%).

Sur le marché du blé, la part de marché des pays exportateurs développés -principalement les Etats-Unis, le Canada et l’Australie- « pourrait bien diminuer » tout en conservant les marchés de blé de qualité supérieure à teneur en protéines élevée, indique le rapport annuel.

Ce rapport analyse produit par produit, la production, la consommation, et la demande d’ici dix ans, en tenant compte de la volatilité des marchés, des impacts climatiques, et de l’évolution de la population notamment.

Romandie.com avec(©AFP / 03 juillet 2018 13h10)                                                                                                          

Agriculture : l’ONU convoque une réunion d’urgence pour contrer la prolifération de chenilles légionnaires

février 14, 2017

Les chenilles légionnaires « pourraient se propager dans les prochaines années en Asie tropicale et en Méditerranée ». © Austin Bachand/AP/SIPA

L’invasion d’une espèce de chenilles légionnaires voraces venues d’Amérique fait l’objet d’une réunion d’urgence sous l’égide de l’ONU mardi à Harare, au Zimbabwe, afin de discuter des mesures à prendre contre cette larve qui a endommagé les cultures céréalières de plusieurs pays d’Afrique et fait craindre des pénuries alimentaires.

Les chenilles n’en finissent pas de semer la zizanie en Afrique. Sous l’égide de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), des experts représentant 13 pays seront réunis pendant trois jours dans la capitale zimbabwéenne.

La « chenille légionnaire d’automne », originaire des Amériques et récemment introduite sur le continent africain, a déjà fait des ravages dans les champs de céréales en Zambie, au Zimbabwe, en Afrique du Sud et au Ghana. Le Malawi, le Mozambique et la Namibie seraient également affectés.

« Une menace majeure pour le commerce agricole mondial »

Selon des experts, c’est la première fois que cette espèce cause de telles destructions de champs en Afrique.

Ces chenilles dévorent le maïs, le blé, le millet et le riz, des aliments de base en Afrique australe, une région déjà frappée par l’une des pires sécheresses de ces dernières années.

La semaine dernière, le Centre international pour l’agriculture et les biosciences (Cabi) avait souligné que ces chenilles se « propageaient rapidement » sur le continent africain.

Cette organisation internationale à but non lucratif basée au Royaume-Uni avait également prévenu que ces chenilles « pourraient se propager dans les prochaines années en Asie tropicale et en Méditerranée, devenant une menace majeure pour le commerce agricole mondial ».

Jeuneafrique.com avec AFP

960 milliards pour booster l’agriculture congolaise

août 29, 2016

Le Congo projette de mettre en œuvre un programme d’action prioritaire de l’agriculture pour la période 2016-2019 qui sera financé à plus de 960 milliards de FCFA par le secteur privé, l’Etat et les partenaires techniques, a appris APA, lundi, de source officielle.

Selon le ministère congolais de l’Agriculture, « ce programme d’action prioritaire de l’agriculture 2016- 2019 est reparti en plusieurs composantes ; agriculture, élevage, pêche, production halieutique, investissement et suggestion ».

Le programme, souligne le communiqué, vise d’abord la sécurité alimentaire et ensuite l’autosuffisance alimentaire.

Le FIDA, la FAO, le PAM, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement participeront aux côtés de l’Etat et du secteur privé au financement du programment évalué 960 milliards 355 millions de FCFA, note le communiqué soulignant qu’il porte sur la mécanisation de l’agriculture, l’irrigation dans les parties du pays où l’eau est difficile, l’encadrement des agriculteurs et la conservation des produits agricoles.

« Le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, Henri Djombo, a assuré que ces préoccupation devront intégrer le prochain plan national de développement (PND) 2017-2021 et ces sujets seront une priorité pour l’Etat au même titre que les routes», ajoute le communiqué.

A propos de la mécanisation de l’agriculture, il sera procédé à un appel d’offres pour trouver une société apte à monter les tracteurs sur place au Congo, a indiqué le ministre, souligne le communiqué qui ajoute : « il est envisagé la création au cours de la mise en œuvre de ce programme des agences de l’agriculture et de la pêche dont l’une des missions sera l’encadrement des producteurs et la conservation des produits agricoles. »

Le département congolais de l’Agriculture met en garde les gestionnaires financiers de ce projet à ne pas tomber pas dans la gabegie.

Ce programme d’action prioritaire de l’agriculture 2016-2019 au Congo, vient après celui qui a été mis en œuvre dans les années 80 sous le vocable « Agriculture priorité des priorités ».

Ce programme n’a pas atteint son objectif d’amener le Congo vers la sécurité et l’autosuffisance alimentaires. Ainsi, le pays continue de dépendre de l’étranger au plan alimentaire, ce qui se traduit par un coût de 150 milliards de FCFA chaque année.

Apanews.net

Grippe aviaire: le Japon, 1er importateur, bannit le foie gras français

décembre 4, 2015

Tokyo – Le Japon a décidé, après l’annonce de cas de grippe aviaire en France, d’interdire les importations de volailles et autres produits avicoles français, dont le foie gras, très prisé au moment des fêtes de fin d’année dans ce pays et premier importateur de ce produit de luxe.

Le Japon a interdit les importations de volaille et de produits issus de la volaille française dont la production est postérieure au 23 octobre, a déclaré vendredi à l’AFP un responsable du ministère japonais de l’Agriculture, précisant que cette date avait été choisie en prenant en considération la période de 21 jours d’incubation de la maladie.

Les produits de la volaille, dont le foie gras, fabriqués et emballés avant le 23 octobre, peuvent être importés, a-t-il ajouté. Ceux produits après cette date sont interdits pour éviter que le virus ne soit introduit au Japon.

Nous comptons sur les autorités françaises pour nous informer. Nous lèverons l’interdiction après que les élevages concernés auront abattu leurs animaux et procédé à une désinfection complète, a indiqué le responsable japonais.

A notre connaissance, une grande partie du foie gras devant être consommé pour la période de Noël a déjà été importée. Nous pensons donc que cette interdiction a très peu d’impact sur le marché japonais, a-t-il affirmé.

Mais cela exclut l’importation de foie gras frais de France pour les fêtes, a expliqué un importateur français au Japon, Bernard Anquetil, directeur des produits cuisinés de la société F&B Japan. C’est un peu une catastrophe, a-t-il dit à l’AFP. Avec le foie gras congelé, on devrait arriver à tenir jusqu’en février-mars (…), mais il y a des gens qui préfèrent travailler avec le frais, surtout pendant les fêtes.

Deux nouveaux cas de grippe aviaire ont été détectés en Dordogne (sud-ouest) dans des élevages, avait annoncé lundi le ministère français de l’Agriculture, qui procédait à des contrôles dans le cadre d’un plan national d’intervention sanitaire d’urgence, après la découverte d’un cas de H5N1, le premier depuis 2007, le 24 novembre dans le département.

Romandie.com avec(©AFP / 04 décembre 2015 13h02)