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Syrie: les donateurs mobilisent 4,4 mds pour 2018

avril 25, 2018

Bruxelles – Les donateurs internationaux réunis à Bruxelles ont recueilli 4,4 milliards de dollars (3,6 mds EUR) en faveur de la Syrie pour l’année 2018, a annoncé mercredi le responsable des affaires humanitaires et des secours d’urgence de l’ONU.

« Ma meilleure estimation est que d’ici la fin de la journée nous aurons obtenu des engagements pour 2018 à hauteur de 4,4 milliards de dollars », a déclaré Mark Lowcock, lors d’une conférence de presse.

« C’est un bon début, même si nous aurions souhaité davantage », a soutenu M. Lowcock, en précisant que les Etats-Unis, un des plus importants contributeurs, n’avaient pas encore précisé le montant de leur engagement. « Nous allons devoir opérer des choix », a-t-il averti.

Les organisateurs de la conférence espéraient recueillir au total 9 milliards de dollars (7,3 milliards d’euros) pour 2018. L’ONU avait chiffré les besoins à 3,5 milliards de dollars (2,8 mds d’euros) pour l’aide humanitaire en Syrie et à 5,6 (4,5 mds d’euros) pour soutenir les réfugiés dans les pays voisins.

« Les montants promis (mercredi) sont loin d’être négligeables. (…) Nous aurons des promesses supplémentaires d’ici à la fin de l’année », a assuré le responsable onusien.

Un accord des Etats membres de l’Union européenne est attendu sur la facilité financière pour les réfugiés en Turquie, dont le montant est de trois milliards d’euros sur deux années.
Certains donateurs comme l’Allemagne et la France ont pris des engagements sur plusieurs années. « Les promesses pour les années 2019 et suivantes atteignent 3,4 milliards de dollars », a ainsi précisé Mark Lowcock.

Romandie.com avec(©AFP / 25 avril 2018 13h51)

Syrie: conférence des donateurs à Bruxelles pour éviter un désastre humanitaire

avril 24, 2018

L’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura (G), au cours d’une conférence de presse avec la représentante de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, le 24 avril 2018 à Bruxelles / © BELGA/AFP / THIERRY ROGE

Les Nations unies ont mis en garde mardi contre un nouveau désastre humanitaire en Syrie, à Idleb, lors d’une conférence des donateurs à Bruxelles en faveur des 5 millions de Syriens réfugiés dans les pays voisins et des 6,1 millions de déplacés internes.

« Nous sommes préoccupés d’un point de vue humanitaire par Idleb. Parce qu’Idleb est le nouveau grand défi : 2,5 millions de personnes », a expliqué l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, au cours d’une conférence de presse avec la représentante de la diplomatie de l’UE Federica Mogherini.

« Et on ne peut évidemment pas croire qu’elles sont toutes des terroristes. Il y a des femmes, des enfants, des civils », a souligné l’émissaire onusien.

La province d’Idleb, frontalière de la Turquie, où vivent plus de 2,5 millions de personnes dont une moitié de déplacés, est en partie contrôlée par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham, où prédomine l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda.

De nombreux rebelles et leurs familles récemment évacués de la poche insurgée dans la Ghouta orientale, aux portes de Damas, sont partis dans cette province.

M. de Mistura a souhaité qu' »Idleb ne devienne pas le nouvel Alep, la nouvelle Ghouta orientale, parce que les dimensions sont complètement différentes » du fait de la taille de la province.

La conférence des donateurs de Bruxelles, qui s’est ouverte mardi, a non seulement pour objectif de mobiliser des fonds mais également d’encourager la relance des négociations à Genève, conduites sous l’égide de l’ONU, jusqu’à présent infructueuses.

Mme Mogherini et l’émissaire de l’ONU ont exhorté la Russie, l’Iran et la Turquie – impliqués de leur côté dans le processus de pourparlers d’Astana – à faire davantage pour parvenir à un cessez-le-feu en Syrie.

L’accord d’Astana, signé le 4 mai 2017 par la Russie, l’Iran et la Turquie, prévoit la création de quatre zones de cessez-le-feu en Syrie.

« Le message principal est que la Syrie n’est pas un échiquier, ce n’est pas un jeu géopolitique », a plaidé Mme Mogherini.

– Echec politique –

« Nous assistons à l’un des plus grands échecs politiques du début du 21e siècle », avait auparavant déploré le Haut commissaire des Nations unies pour les Réfugiés (HCR) Filippo Grandi à l’ouverture de la conférence.

« Les Nations unies ont épuisé leurs ressources », a averti de son côté Mark Lowcock, responsable des affaires humanitaires et des secours d’urgence à l’ONU.

Les organisateurs de la conférence espèrent recueillir au total 9 milliards de dollars (7,3 milliards d’euros). Quelque 3,5 milliards de dollars (2,8 mds euros) sont nécessaires pour l’aide humanitaire en Syrie et 5,6 (4,5 mds d’euros) pour soutenir les réfugiés dans les pays voisins, a précisé M. Lowcock.

« Les promesses de dons seront un indicateur de l’engagement international », veulent croire les responsables européens à Bruxelles. « Mais nous constatons qu’une certaine lassitude s’installe et la Syrie n’est pas le seul pays auquel il est nécessaire d’apporter une aide humanitaire », déplorent les représentants de l’UE.

Environ 6,1 millions de personnes sont maintenant déplacées à l’intérieur de la Syrie. Plus de cinq millions de Syriens ont fui leur pays et 13 millions de personnes ont besoin d’aide, souligne l’UE.

Quelque 85 délégations participent à cette conférence, mais les regards sont tournés vers les représentants de la Russie et de l’Iran, les deux soutiens politique et militaire du régime syrien, grand absent à Bruxelles, tout comme son opposition.

La journée de mercredi sera plus politique avec l’entrée en lice des ministres.

L’UE sera représentée par douze ministres des Affaires étrangères, six ministres chargés du Développement et cinq secrétaires d’Etat.

Il s’agit de la septième conférence annuelle sur l’avenir de la Syrie, mobilisant pays donateurs, ONG humanitaires et agences de l’ONU.

Déclenché en 2011 avec la répression par le régime de manifestations pacifiques, le conflit en Syrie a fait plus de 350.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

Romandie.com avec(©AFP / 24 avril 2018 17h09)                

Crise humanitaire en RDC: l’ONU et l’UE persistent face à Kinshasa

avril 14, 2018

 

Le secrétaire général des Nations unies Antoni Guterres à New York le 28 septembre 2017. © Bebeto Matthews/AP/SIPA

Au total 528 millions de dollars d’aide humanitaire ont été promis vendredi à Genève pour l’aide humanitaire en République démocratique du Congo lors d’une conférence des donateurs boycottée par Kinshasa, ont annoncé les trois organisateurs.

Le montant est bien inférieur aux attentes des organisateurs (Nations unies, Union européenne, Pays-Bas), qui espéraient entre 1,7 et 2,2 milliards de dollars pour aider 13 millions de Congolais dont 4,5 millions de déplacés, selon les Nations unies (230.000 selon Kinshasa).

L’ONU et les ONG font aussi état de « 7,7 millions de personnes touchées par l’insécurité alimentaire et plus de deux millions d’enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ».

« Nous sommes déçus que trop peu de pays envoient un vrai message d’espoir aux millions de Congolais qui ont désespérément besoin d’aide », a réagi le secrétaire général d’une ONG présente en RDC, Jan Egeland (Conseil norvégien pour les réfugiés).

Le patron de la branche humanitaire des Nations unies, Marck Lowcock, s’est cependant déclaré « content » du résultat de cette conférence à laquelle ont participé 54 pays.

La communauté internationale a maintenu que « la République démocratique du Congo expérimente l’une des plus graves crises humanitaires » au monde, selon les mots du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, dans un message vidéo envoyé à Genève.

« Prendre au sérieux la crise humanitaire »

Le ministre belge de la Coopération, Alexander De Croo, a lancé un appel aux « leaders congolais pour qu’ils prennent au sérieux la crise humanitaire qui sévit dans leur pays et s’attaquent aux causes intrinsèques de celle-ci ».

Une injonction qui risque de tendre un peu plus les relations entre Bruxelles et son ancienne colonie, voire ses « partenaires extérieurs » en général.

En cette année électorale, le gouvernement congolais du président Joseph Kabila, supposé quitter le pouvoir dans moins d’un an, accuse la communauté internationale d’exagérer la crise humanitaire et de faire fuir les investisseurs.

Kinshasa a très mal supporté que les Nations unies déclenche en octobre pour six mois le niveau d’alerte humanitaire 3 dans trois régions du pays (Kasaï, Sud-Kivu, Tanganyika).

Pour Kinshasa, cette classification assimile la RDC à des pays en guerre sous le feu de bombardements quotidiens comme la Syrie et le Yémen.

Le gouvernement congolais a récemment promis 100 millions de dollars pour aider sa population en détresse.

Arme de la faim

« L’ONU travaille en étroite collaboration avec le gouvernement de la RDC et des discussions sont en cours quant à l’organisation d’un événement de suivi de la conférence », assurent les organisateurs dans leur communiqué final.

En RDC, le boycott du gouvernement congolais, qui entend aussi refuser toute aide extérieure pour financer le processus électoral, aiguise les tensions.

« Cette attitude est irresponsable et criminelle. Elle relève d’un cynisme absolu (…) Kabila utilise l’arme de la faim pour maintenir son peuple sous la dictature », a accusé dans un communiqué jeudi l’opposant en exil Moïse Katumbi, candidat à l’élection présidentielle du 23 décembre.

Autre candidat de l’opposition, Félix Tshisekedi avait encouragé « les donateurs potentiels à libérer un maximum de ressources ».

Le puissant épiscopat congolais a demandé vendredi que « le soulagement de la souffrance du peuple congolais soit mis au-dessus des revendications politiques ».

Outre les quelques 1,7 milliard de dollars attendus par les organisateurs, le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) avait aussi demandé 504 millions pour les réfugiés congolais dans les pays voisins (800.000 d’ici la fin de l’année selon le HCR).

La RDC accueille aussi plusieurs centaines de milliers de réfugiés (Centrafrique, Sud-Soudan, Burundi…) en raison des déplacements croisés de population fuyant les conflits.

« Moins de 50 centimes par jour »

Ces sommes réprésentent « moins de 50 centimes par jour pour chacune des personnes dont nous essayons de protéger et sauver la vie », selon le responsable onusien Marck Lowcock.

L’immense RDC (2,3 millions de km2, neuf frontières) subit en certains points de son territoire des conflits nourris par les milices et les groupes armés, que l’armée régulière ni la mission onusienne la plus importante du monde (Monusco) ne parviennent pas à enrayer.

Dans les deux Kivus (est), des groupes armés congolais ou étrangers tuent, enlèvent et pillent. Au Tanganyika (sud-est), un conflit entre milices bantous et pygmées en 2016-2017 a fait des centaines de milliers de déplacés.

Au Kasaï (centre), la région se relève avec peine des violences entre forces de sécurité et milices politico-religieuses Kamuina Nsapu (au moins 3.400 morts et 1,4 millions de déplacés). Des tueries ont repris en Ituri.

Cette insécurité aggrave la situation des Congolais qui vivent en grande majorité dans la pauvreté, dans ce pays débordant d’énergie où la richesse des sous-sols fait la fortune de quelques-uns.

Jeuneafrique.com

Crise humanitaire en RDC: Kinshasa met en garde les ONG qui accepteraient l’aide de la Belgique

avril 13, 2018

Léonard She Okitundu, vice-Premier ministre congolais en charge des Affaires étrangères. © Vincent Fournier/JA

Refusant toujours de participer à la conférence des donateurs pour la RDC, prévue le 13 avril à Genève pour financer les actions humanitaires dans le pays, Léonard She Okitundu, ministre congolais des Affaires étrangères, menace les ONG qui accepteraient cet argent de se voir interdire de travailler dans le pays.

Le gouvernement congolais refuse toujours de participer à la conférence des donateurs sur la RDC, qui doit se tenir le 13 avril à Genève, au motif qu’il n’a pas été associé à son organisation. Il rejette en outre la quote-part d’aide humanitaire de la Belgique, qui a déjà débloqué plus de 11,6 millions de dollars sur les 18 millions promis à ce jour (sur un total de 1,68 milliard de dollars attendu à l’issue de la conférence avec les autres donateurs).

« Les ONG qui recevront cet argent ne seront pas autorisées à travailler dans notre pays », prévient Léonard She Okitundu, le chef de la diplomatie congolaise. « La Belgique a décidé de rompre de manière unilatérale sa coopération bilatérale avec nous, nous devons aller au bout de cette logique », poursuit le vice-Premier ministre. She Okitundu précise toutefois qu’il n’y a « aucune inimitié avec le peuple belge qui pourrait être compatissant envers le peuple congolais ».

Refuser de sacrifier la population congolaise serait la meilleure réponse des donateurs aux dirigeants congolais », espère un membre de l’organisation de la conférence

Principaux destinataires de la contribution belge, plusieurs agences du système onusien sont directement concernées par cette mise en garde du gouvernement congolais. Il s’agit entre autres de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), du Programme alimentaire mondial (PAM) et du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

La Belgique dans le top 10 des donateurs

À la veille de la conférence internationale des donateurs sur la RDC, 12,6 % du total attendu (1,68 milliard de dollars, soit 1,37 milliard d’euros) est déjà débloqué ou promis. Et la Belgique se retrouve bien, pour l’instant, dans le top 10 des contributeurs.

À l’inverse de Kinshasa qui appelle au boycott de la conférence de Genève – les Émirats arabes unis ont entendu l’appel des autorités congolaises -, les organisateurs de cette réunion de récolte de fonds pour la RDC espèrent que des bailleurs répondront présents et surtout mettront la main à la poche.

« Refuser de sacrifier la population congolaise sur l’autel des combats politiques serait en effet la meilleure réponse des donateurs aux dirigeants congolais », espère un membre de l’organisation de la conférence, contacté par Jeune Afrique.

Ouganda: enquête sur des accusations de fraudes massives liées à l’aide humanitaire

février 5, 2018

Une réfugiée sud-soudanaise transporte de l’eau dans un camp de réfugiés en Ouganda, le 26 novembre 2017 / © AFP/Archives / Isaac Kasamani

L’Ouganda a annoncé lundi une enquête sur des allégations de fraudes massives liées à l’aide humanitaire, l’ONU ayant également alerté les autorités sur des accusations de trafic d’êtres humains dans des camps de réfugiés dans ce pays.

« Le bureau du Premier ministre a reçu des informations alléguant des actes de mauvaise gestion de fonds et d’autres ressources destinées aux réfugiés et aux communautés accueillies dans le pays », a indiqué Musa Ecweru, ministre d’État notamment en charge des questions liées aux réfugiés, dans un communiqué.

« Le gouvernement a pris des mesures pour enquêter sur ces informations en vue d’agir à l’encontre des coupables, s’il y en a », a ajouté la même source, assurant travailler à cet égard en collaboration avec l’ONU, mais sans préciser la nature des allégations et quand l’enquête a été ouverte.

Interrogés par l’AFP, des responsables d’ONG ont indiqué soupçonner depuis plusieurs années que les chiffres officiels sur le nombre de réfugiés en Ouganda ont été gonflés artificiellement, notamment dans le but de détourner massivement des fonds et autres ressources humanitaires.

« Si vous dites qu’il y a 1.000 réfugiés alors qu’il y en a 800, et bien vous gardez pour vous l’aide destinée aux 200 réfugiés » qui n’existent pas, a expliqué un de ces responsables, sous couvert de l’anonymat.

L’Ouganda, un des pays les plus pauvres au monde, est depuis longtemps considéré comme l’un de ceux offrant l’environnement le plus favorable aux réfugiés. Officiellement, il accueille 1,4 million de réfugiés, dont environ un million de Sud-Soudanais. Jeudi, le Haut-Commissaire de l’ONU aux réfugiés, Filippo Grandi, avait encore salué « une des politiques les plus progressistes pour les réfugiés, pas seulement en Afrique, mais aussi dans le monde ».

Selon des sources diplomatiques, au moins un important donateur a suspendu, à la lumière de ces allégations, la majeure partie de l’aide humanitaire qu’il fournit, dans l’attente de la mise en place d’un système d’identification biométrique des réfugiés. D’autres donateurs ont menacé de lui emboîter le pas.

Un document interne au bureau du Premier ministre ougandais, daté du 29 janvier, évoque par ailleurs des allégations de corruption de fonctionnaires ougandais réclamant de l’argent à des réfugiés souhaitant s’enregistrer en Ouganda, un service censé être gratuit.

La coordinatrice résidente de l’ONU en Ouganda, Rosa Malango, a précisé à l’AFP qu’un audit interne était en cours au sein du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’Agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) en Ouganda, en lien avec les allégations de corruption et de fraude.

– ‘Femmes et filles vendues’ –

L’annonce de l’ouverture de l’enquête fait suite à l’envoi par Mme Malango d’un courrier au bureau du Premier ministre, le 26 janvier. Mme Malango a assuré lundi à l’AFP s’être inquiétée auprès des autorités ougandaises d’allégations « allant de la corruption à la fraude, en passant par le trafic de femmes et filles ainsi que par l’intimidation et le harcèlement du personnel de l’ONU ».

« A partir du moment où quelqu’un, qui qu’il soit, évoque quelque chose qui ressemble à de l’exploitation ou des abus sexuels, je me dois de demander une enquête (…), et c’est ce que j’ai fait », a affirmé Mme Malango, ajoutant que les autorités ougandaises lui ont assuré qu’une enquête serait ouverte à ce sujet.

Les autorités ne se sont toutefois pas exprimées lundi sur cette éventuelle enquête, se contentant de mentionner dans le document interne daté du 29 janvier que « le trafic de filles mineures et de femmes est une question que (le bureau du Premier ministre) prend très au sérieux ».

Une source diplomatique sous couvert d’anonymat a précisé que ces accusations portent sur des femmes et filles sud-soudanaises se trouvant dans des camps de réfugiés dans le nord de l’Ouganda, qui seraient vendues comme « épouses » à des combattants sud-soudanais et donc renvoyées dans leur pays en guerre. Des fonctionnaires ougandais chargés de la protection des réfugiés pourraient être impliqués, selon la même source.

Romandie.com avec(©AFP / 05 février 2018 15h32)                

Arrivée des premières aides à l’aéroport de Saana depuis 3 semaines

novembre 25, 2017

Déchargement de cartons de vaccins à l’aéroport de Sanaa, le 25 novembre 2017 / © AFP / MOHAMMED HUWAIS

Un avion chargé d’aide humanitaire affrété par l’Unicef a atterri samedi à Sanaa, pour la première fois depuis le renforcement début novembre d’un blocus imposé par la coalition sous commandement saoudien au Yémen.

Cette coalition militaire est intervenue au Yémen en mars 2015 pour stopper la progression des rebelles yéménites Houthis face aux forces gouvernementales.

Elle avait imposé un blocus total au Yémen après le tir le 4 novembre d’un missile balistique par les rebelles en direction de l’Arabie saoudite. L’engin avait été intercepté au dessus de l’aéroport international de Ryad.

Après des appels pressants de l’ONU, la coalition avait annoncé mercredi la réouverture du port de Hodeida (ouest) et de l’aéroport de Sanaa, tous les deux contrôlés par les rebelles, pour l’aide humanitaire.

Samedi matin, 1,9 million de vaccins sont parvenus dans la capitale yéménite, a indiqué sur Twitter la représentante de l’Unicef au Yémen, Meritxell Relano.

Selon l’Unicef, ces vaccins doivent servir a protéger 600.000 enfants contre la diphtérie, une maladie en progression au Yémen.

La diphtérie est venue s’ajouter à une épidémie de choléra. Entre le 27 avril et le 8 novembre, l’OMS a enregistré 913.741 cas suspects de choléra et 2.196 décès liés à cette maladie, même si le nombre de cas est en diminution depuis plusieurs semaines.

Le photographe de l’AFP a constaté sur le tarmac de l’aéroport des piles de cartons remplis de vaccins.

Trois autres avions affrétés par le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont également atterri samedi à Sanaa avec à bord des travailleurs humanitaires.

« Je confirme que notre avion a atterri ce matin à Sanaa », transportant du personnel, a indiqué à l’AFP la porte-parole du CICR pour le Moyen-Orient Iolanda Jaquemet.

Un porte-parole du PAM a indiqué qu’un bateau transportant de l’aide attendait encore l’autorisation d’entrer dans le port de Hodeida.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le conflit au Yémen a fait, depuis l’intervention de la coalition militaire arabe, plus de 8.750 morts et 50.600 blessés, dont de nombreux civils.

Le pays connaît « la pire crise humanitaire de la planète », selon l’ONU qui a averti que sept millions de Yéménites se trouvent au bord de la famine en raison de la poursuite du conflit.

Réagissant à l’arrivée des premières aides, un responsable de l’Autorité de l’aviation civile dépendante des rebelles houthis a réclamé la réouverture de l’aéroport de Sanaa à tous les vols civils et humanitaires, estimant que les quantités délivrées ce samedi étaient insuffisantes.

Dans une déclaration sur la chaîne al-Massira proche des rebelles, leur chef Abdel-Malek al-Houthi a appelé ses partisans à rester mobilisés face à toute « nouvelle escalade saoudienne ».

La guerre au Yémen oppose les forces gouvernementales du président Abd Rabbo Mansour Hadi, qui ont été chassées en septembre 2014 de Sanaa, aux rebelles Houthis, issus de la minorité zaïdite (branche du chiisme).

Romandie.com avec(©AFP / 25 novembre 2017 16h20)                

Crise des Rohingyas: attaque et accident compliquent l’aide humanitaire

septembre 21, 2017

Une réfugiée rohingya attend avec son enfant de l’aide humanitaire à Teknaf, au Bangladesh, le 20 septembre 2017 / © AFP / DOMINIQUE FAGET

Prises à la gorge par l’afflux de réfugiés au Bangladesh et cibles d’attaques en Birmanie, les organisations humanitaires peinaient jeudi à venir en aide aux centaines de milliers de réfugiés rohingyas, victimes, selon le président français Emmanuel Macron, d’un « génocide ».

En quelques heures, un bateau de la Croix-Rouge a été attaqué par une foule hostile en Birmanie et au moins neuf humanitaires ont été tuées dans l’accident au Bangladesh d’un camion de la même ONG.

Ces derniers acheminaient des denrées alimentaires pour les plus de 420.000 musulmans rohingyas qui fuient les exactions de l’armée et ont trouvé refuge au Bangladesh.

Près d’un mois après le début de l’opération de l’armée, déclenchée par des attaques de postes de police par des rebelles rohingyas, le président français a parlé jeudi d’un « génocide ».

Le chef de l’Etat a confirmé que la France « prendra l’initiative avec plusieurs de ses partenaires du Conseil de sécurité » pour que les Nations unies condamnent « ce génocide qui est en cours, cette purification ethnique, et que nous puissions agir de manière concrète ».

Pour les réfugiés, dont les récits font état de viols, de meurtres, de torture, les conditions sont de plus en plus difficiles dans le sud-est du Bangladesh, zone reculée de cet Etat très pauvre.

Et « cette crise est loin d’être terminée », a prévenu Jens Laerke, porte-parole du bureau des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), qui précise que de nouveaux réfugiés continuent à passer la frontière quotidiennement.

Les pluies torrentielles de ces cinq derniers jours ont transformé en bourbiers les camps surpeuplés et leurs environs, où campent avec les moyens du bord les nouveaux arrivants, faute de place ailleurs.

A certains endroits, l’eau monte dans les tentes jusqu’à un mètre. Les autorités redoutent des glissements de terrain meurtriers.

Ces conditions météo sont à l’origine de l’accident du camion de la Croix-Rouge: « La route est étroite et a été endommagée par les pluies des derniers jours », a expliqué à l’AFP Anwarul Azim, garde-frontière bangladais.

La distribution alimentaire du jour a dû être annulée, a indiqué à l’AFP une porte-parole de la Croix-Rouge internationale (CICR).

L’organisation a par ailleurs été victime d’une attaque de l’autre côté de la frontière à Sittwe, dans la capitale de l’Etat Rakhine.

La police birmane a mis plusieurs heures à disperser une foule hostile qui s’en prenait à l’aide de pierres et de cocktails Molotov à un bateau chargé d’équipements destinés aux civils touchés par les troubles.

Celui-ci contenait des vêtements, de l’eau et des moustiquaires et devait se rendre vers Maungdaw, district du nord, épicentre des troubles depuis fin août.

« Notre personnel est sain et sauf, le chargement n’a pas été endommagé et nous allons poursuivre nos actions comme prévu », a indiqué à l’AFP Graziella Leite Piccoli de la Croix-Rouge internationale.

Etrangers

Depuis le début des troubles, la majeure partie des opérations sont arrêtées en Etat Rakhine. L’accès aux populations déplacées, qui sont toujours sur les routes ou cachées dans les montagnes et les forêts, est impossible pour l’instant.

Mercredi, devant l’Assemblée générale des Nations unies, le second vice-président birman Henry Van Thio, a néanmoins assuré que l’aide humanitaire était désormais « la première priorité » de son gouvernement.

Il s’est voulu rassurant sur la situation dans la droite ligne du discours de la dirigeante birmane et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, mais sans parvenir à rassurer les Nations unies qui parle d' »exemple classique d’épuration ethnique »

L’Arabie saoudite a donné 100 tonnes de nourriture et d’équipements – tentes, matelas, couvertures – a annoncé jeudi l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

« Beaucoup de familles dorment encore dehors sans abris adéquats, nourriture ou eau potable », a expliqué Mohammed Abdiker de l’OIM.

En Birmanie, l’opinion est chauffée à blanc par ces critiques internationales. Les Rohingyas sont considérés comme des étrangers venus du Bangladesh, même s’ils vivent souvent dans l’ouest du pays depuis des générations.

Le sentiment antimusulman est très répandu dans ce pays d’Asie du Sud-Est à plus de 90% bouddhiste, qui est sorti récemment de décennies de dictature militaire et qui a placé en Aung San Suu Kyi tous ses espoirs.

Fidèle à sa rhétorique, le chef de l’armée birmane a réaffirmé jeudi sur sa page Facebook que les musulmans de l’ouest du pays étaient des « étrangers qui s’étaient emparés des terres des locaux » à l’époque de la domination britannique.

Avant la crise actuelle, environ un million de Rohingyas vivaient en Birmanie.

Romandie.com avec(©AFP / 21 septembre 2017 15h37)                

Cri d’alarme du chef de l’ONU pour éviter la famine au Yémen

avril 25, 2017

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, à l’ouverture d’une réunion de haut niveau sur la crise humanitaire au Yémen, à Genève, le 25 avril 2017 / © AFP / Fabrice COFFRINI

Le secrétaire général de l’ONU a lancé mardi un cri d’alarme sur la situation au Yémen, appelant la communauté internationale à financer l’aide humanitaire dans ce pays en guerre afin de mettre un terme à la plus grande crise alimentaire au monde.

« La famine peut être évitée si nous agissons rapidement », a déclaré Antonio Guterres, à l’ouverture d’une réunion sur la crise humanitaire au Yémen, organisée au siège de l’ONU de Genève avec le soutien de la Suisse et de la Suède.

« Nous voyons une génération entière qui est affamée. Nous devons agir maintenant, pour sauver des vies », a-t-il ajouté.

L’ONU a réclamé début février 2,1 milliards de dollars (2 milliards d’euros) pour aider cette année 12 millions de personnes affectées par le conflit, mais cet appel de fonds n’est financé qu’à hauteur de 15%, a expliqué le chef de l’ONU.

« Le Yémen est la plus grande crise humanitaire actuellement », a affirmé de son côté le patron des opérations humanitaires de l’ONU, Stephen O’Brien, insistant sur le « risque de famine ».

« Nous pouvons éviter la famine », a-t-il dit, appelant à davantage de générosité des donateurs et à une cessation des hostilités.

Environ 19 millions de personnes au Yémen, soit environ deux tiers de la population, ont un besoin urgent d’aide humanitaire, a souligné Antonio Guterres. Quelque 17 millions souffrent de la faim, ce qui fait de ce pays « la plus grande crise alimentaire au monde », a-t-il noté. Le sort des enfants est des plus sombres: « un enfant de moins de 5 ans meurt au Yémen toutes les 10 minutes de causes évitables », a-t-il déploré.

Le pays est déchiré par un conflit depuis qu’une coalition arabe menée par l’Arabie saoudite a commencé en mars 2015 une campagne de bombardements pour repousser les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, qui avaient pris le contrôle de la capitale Sanaa et d’autres parties du pays.

Le Yémen est presque entièrement dépendant des importations, dont une grosse partie arrive par le port de Hodeida. Les Nations unies ont appelé la coalition militaire arabe à ne pas bombarder ce port stratégique contrôlé par les Houthis.

« Si ce port devient inaccessible, fût-ce pour une période limitée, la situation humanitaire continuera de se détériorer, en particulier dans le nord du Yémen », a souligné mardi le ministre des Affaires étrangères suisse, Didier Burkhlater.

Romandie.com avec(©AFP / 25 avril 2017 11h51)

Burundi : un quart de la population a besoin d’une aide humanitaire

janvier 27, 2017

Des électeurs burundais font la queue pour voter à Ngozi mardi 21 juillet 2015. © Berthier Mugiraneza/AP/SIPA

La crise humanitaire qui frappe le Burundi concerne trois millions d’habitants, selon le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP). Les politiques comme les activistes pointent du doigt la suspension de l’aide budgétaire de l’Union européenne ainsi que des conditions météorologiques défavorables et une démographie galopante.

Les chiffres sont alarmants : trois millions de Burundais, sur un total de 11,2 millions, ont besoin d’une assistance humanitaire, d’un accès à la nourriture, à de l’eau potable ainsi qu’à des services de santé de base, indiquait Suzanne Ngo Mandong, représentante du FNUAP au Burundi, jeudi 19 janvier à Bujumbura.

« 806 000 personnes souffrent déjà d’insécurité alimentaire sévère », alerte pour sa part le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, l’OCHA, département rattaché au Secrétariat des Nations unies, dans son rapport du 19 janvier 2017 .

Déjà, on compte les premières victimes. À Bubanza, à l’ouest du pays, douze personnes seraient mortes de la famine, d’après l’administration locale. A Kirundo (nord) et Cibitoke (ouest), des sources locales affirment que, à cause des conditions de vie très précaires, des familles ont fui vers les pays voisins, le Rwanda et la République démocratique du Congo.

L’UE et la météo pointées du doigt

Si le FNUAP présente les conditions météorologiques défavorables comme étant l’une des causes de la situation, le ministre burundais des Affaires Etrangères, Alain Aimé Nyamitwe, lui, a un autre responsable en tête : « C’est la conséquence de la réduction de l’aide directe par les principaux partenaires occidentaux », clame-t-il.

Un avis que partage Gabriel Rufyiri, président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (Olucome), qui ajoute à la longue liste des facteurs de la crise humanitaire « l’accroissement improportionnel de la démographie (plus de 3%, ndlr) par rapport à la production nationale (-0, 5%, ndlr) et la crise politique persistante ».

Dans un communiqué publié ce 25 janvier, Gabriel Rufyiri plaide par ailleurs pour un dialogue inter-burundais et inclusif.

La crise humanitaire survient consécutivement à la crise économique qui frappe le pays depuis des mois, elle-même conséquence directe de la crise politique qui a éclaté en avril 2015, après l’annonce du chef de l’État Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat.

Jeuneafrique.com par Armel Gilbert Bukeyeneza

Des milliers de personnes risquent de mourir de faim dans les zones assiégées de Syrie

février 29, 2016

Genève – La privation forcée de nourriture pourrait faire des milliers de morts dans les zones assiégées de Syrie, a déclaré lundi le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein.

Plus de 450.000 personnes sont actuellement prises au piège dans des villes et des villages de Syrie – et parfois depuis des années, a rappelé M. Zeid à l’ouverture du Conseil des droits de l’Homme à Genève.

La nourriture, les médicaments et d’autres produits d’aide humanitaire d’urgence sont bloqués de façon répétée. Des milliers de personnes risquent de mourir de faim, a-t-il estimé.

La privation délibérée de nourriture est sans conteste interdite en tant qu’arme de guerre. Et par extension, le siège (de localités) l’est également, a rappelé le Haut-Commissaire qui s’exprimait dans la Salle des droits de l’homme au Palais des Nations.

Mettant à profit la cessation des hostilités décrétée samedi, l’ONU a annoncé qu’elle allait renforcer ses opérations humanitaires pour porter assistance dans les cinq prochains jours à plus de 150.000 personnes bloquées dans des localités syriennes assiégées par l’un ou l’autre des belligérants.

Le coordinateur des affaires humanitaires de l’ONU en Syrie, Yacoub el-Hillo, a annoncé dimanche soir la livraison d’aide dès lundi et dans les jours suivants à la ville rebelle de Mouadamiyat al-Cham, dans la banlieue de Damas, assiégée par les forces gouvernementales.

Au total, l’ONU prévoit, en plus des opérations en cours, de livrer dans les cinq prochains jours de l’aide pour environ 154.000 personnes vivant dans des localités assiégées de Syrie, a-t-il ajouté.

Les Nations unies attendent le feu vert des parties au conflit pour aider environ 1,7 million de personnes situées dans des zones difficiles d’accès, a-t-il précisé.

Les évacuations sanitaires doivent être inconditionnelles, a encore déclaré M. Hillo. L’ONU appelle toutes les parties à assurer un accès inconditionnel, libre et régulier à la totalité des quelque 4,6 millions de personnes se trouvant dans des localités difficiles d’accès ou assiégées dans toute la Syrie.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a de son côté réclamé lundi l’accès à ces zones afin d’acheminer de l’aide médicale.

Toutefois, beaucoup de demandes ne sont pas approuvées par les autorités syriennes, a souligné Elizabeth Hoff, représentante de l’OMS en Syrie. En 2015, l’OMS a déposé 102 demandes: 30 ont été approuvées et 72 sont restées sans réponse, a-t-elle révélé.

Le conflit en Syrie a fait en l’espace de cinq ans 270.000 morts et des millions de déplacés et de réfugiés.

Romandie.com avec(©AFP / 29 février 2016 13h10)