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COP26 : pourquoi il faut aider les agriculteurs africains à s’adapter au changement climatique

novembre 4, 2021
Irrigation des champs à Karsome, au Togo. © GODONG/BSIP via AFP

Les décisions prises lors de la COP26 seront d’une importance capitale pour la sécurité alimentaire en Afrique. Elles doivent en priorité financer des solutions pour ses exploitants agricoles et ses éleveurs.

Avec ses 1,2 milliard d’habitants, l’Afrique subsaharienne est une région dont la rapide croissance démographique impose de relever nombre de défis pour parvenir à une certaine sécurité alimentaire. Une vraie gageure, car ces défis ont été considérablement complexifiés par la pandémie de Covid-19. À long terme cependant, le dérèglement climatique devrait devenir le plus grand obstacle en la matière. Et les mesures qui seront prises lors de la Conférence sur les changements climatiques de Glasgow (COP26) seront décisives : elles détermineront la capacité du continent à s’adapter.

Concrètement, les dirigeants mondiaux doivent adopter un plan de financement de la lutte contre le dérèglement climatique prévoyant d’importants investissements destinés à aider les petits exploitants agricoles et les éleveurs africains. En effet, les systèmes alimentaires du continent reposent sur de petits producteurs, qui génèrent des emplois et des revenus pour la majorité des Africains. Cependant, un nombre croissant de fléaux comme la sécheresse et les invasions de criquets pèlerins qui menacent actuellement de famine 2,1 millions de Kenyans les ont particulièrement affecté. Au cours des soixante dernières années, le dérèglement climatique a réduit la production agricole mondiale de 21 %. Dans de vastes régions d’Afrique, les pertes dépassent 40 %. Et selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la pandémie de Covid-19 aggrave la situation.

LA RÉDUCTION DES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE N’AIDERA PAS LES AGRICULTEURS AFRICAINS

Innovations agricoles

Au début de l’année, les dirigeants africains ont approuvé une stratégie de relance en cas de pandémie fondée sur la mobilisation de 25 milliards de dollars sur cinq ans et mettant surtout l’accent sur l’amélioration de la résilience des petits producteurs agricoles et éleveurs. Un objectif soutenu à la fois par Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, et Janet Yellen, secrétaire américaine au Trésor. Mais les pays africains ne peuvent et ne devraient pas relever seuls les défis climatiques. Comme le rappelle Janet Yellen, « l’Afrique  [est la région qui ] a le moins contribué au dérèglement climatique, mais elle en subit les pires effets ». Exemple concret : l’Afrique ne représente qu’environ 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Aujourd’hui, au moins trois quarts des financements environnementaux sont consacrés à des mesures de réduction de ces émissions. Mais, même mises en œuvre immédiatement, celles-ci ne stopperont pas la plupart des changements qui affectent déjà les agriculteurs africains et qui devraient s’intensifier au cours des prochaines décennies. Le secrétaire général de l’ONU a donc appelé les pays du G7, ainsi que les institutions comme la Banque mondiale, à augmenter de 20 à 50 %  la part allouée à l’adaptation au changement climatique et à la résilience.

Les investissements devraient en priorité être affectés aux innovations agricoles pour les communautés de petits exploitants. Les avancées scientifiques et technologiques doivent ainsi permettre de fournir aux agriculteurs des prévisions climatiques saisonnières ainsi que des conseils techniques et d’effectuer un suivi des maladies qui affectent les cultures et sont susceptibles d’être aggravées par le dérèglement climatique, comme celles qui menacent le manioc en Afrique de l’Ouest et la production de blé en Éthiopie. Les données démontrent que de tels services peuvent aider les agriculteurs à augmenter durablement leur productivité de 30 % et les revenus des ménages de 25 %.

LES COMMUNAUTÉS VULNÉRABLES DEVRAIENT AVOIR VOIX AU CHAPITRE LORS DE L’ÉLABORATION DES SOLUTIONS

Impliquer les acteurs locaux

Le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI) est un acteur essentiel dans ce domaine. Ces dernières décennies, il a développé des partenariats solides avec des agriculteurs et des centres nationaux de recherche agricole à travers l’Afrique. Grâce à ses avancées pratiques en Afrique – développement de centaines de variétés améliorées de haricots, soutien à une production alimentaire écologique et durable –, chaque dollar investi dans le GCRAI a généré 10 dollars de bénéfices pour les pays à faible revenu.

Ce partenaire sera particulièrement précieux pour la mise en œuvre globale de l’Initiative d’adaptation africaine. C’est pourquoi la Commission mondiale sur l’adaptation a appelé à doubler le budget du GCRAI dans le cadre d’un plan à plus large portée visant à soutenir ce processus auprès des communautés vulnérables à travers le monde. Des éleveurs pastoraux vivant sur les terres arides de la Corne de l’Afrique depuis des milliers d’années aux agriculteurs du Sahel collaborant avec des chercheurs pour créer leurs propres villages intelligents, les acteurs et dirigeants locaux ont l’expérience et les connaissances nécessaires pour développer des stratégies efficaces. Celles-ci devraient avoir voix au chapitre lors de l’élaboration des solutions d’adaptation aux nouvelles donnes environnementales.

Le dérèglement climatique exerce une pression énorme sur les agriculteurs africains. Pourtant, il existe de nombreuses façons de les aider à s’adapter et de s’assurer qu’ils demeurent des partenaires solides dans la mise en œuvre de l’agenda du Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires en Afrique. C’est pourquoi les décisions prises lors de cette COP26 seront d’une importance capitale. Seules des mesures permettant de rééquilibrer les priorités financières mondiales sont de nature à favoriser l’adaptation des agriculteurs africains au changement climatique avant qu’il ne soit trop tard.

Rodger Voorhies

Avec Jeune Afrique par Rodger Voorhies

Président de la Global Growth & Opportunity à la Fondation Bill & Melinda Gates

Wanjira Mathai

Avec Jeune Afrique par Wanjira Mathai

Vice-président et directeur régional pour l’Afrique au World Resources Institute

La haute-commissaire britannique espère l’aide canadienne en vue de la COP26

octobre 24, 2021

OTTAWA — Le Canada est toujours un partenaire fiable pour combattre les changements climatiques, même si les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté au cours des dernières années, soutient la nouvelle haute-commissaire britannique à Ottawa.

 

© Fournis par La Presse Canadienne

Susannah Goshko a déclaré à La Presse Canadienne que le gouvernement Trudeau a fait preuve de leadership sur la scène mondiale dans la lutte aux changements climatiques.

Elle souligne notamment que le Canada a doublé ses engagements financiers et augmenté ses cibles de réduction des émissions de carbone. Cela met de la pression sur les autres pays.

Mme Goshko s’est prononcée à ce sujet au moment où le Royaume-Uni se prépare à présider la prochaine conférence de l’ONU sur le sujet des changements climatiques, la COP26, qui se déroulera le mois prochain à Glasgow, en Écosse.

Le premier ministre Justin Trudeau a dû essuyer les critiques de ses rivaux politiques et des groupes environnements lors de la récente campagne électorale. Les émissions de carbone ont continué d’augmenter de 2015 à 2019, la plus récente année où les données sont disponibles, au Canada.

On ignore si les nouvelles politiques fédérales ont permis au pays de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre au cours des deux dernières années, mais les plus récentes données ont nourri la vision selon laquelle la réputation du Canada a été ternie depuis 2015.

Mais pas aux yeux des Britanniques, selon Mme Goshko.

«Il est bien sûr difficile de faire ce qui est nécessaire pour atteindre nos objectifs climatiques, dit-elle. La transition vers une économie carboneutre est vraiment, vraiment délicate. La chose importante en ce qui concerne le Canada, c’est que la volonté d’y parvenir existe.»

Le Canada s’est engagé cette année à être carboneutre d’ici 2050. Il a promis de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40 à 45 % sous les niveaux de 2005 d’ici 2030.

Cette volonté exprimée par le gouvernement canadien démontre «le puissant leadership du Canada» dans ce domaine, affirme Mme Goshko. Elle souligne aussi l’action commune du Canada et de l’Allemagne pour convaincre les pays riches à mobiliser 100 milliards $ pour aider les pays pauvres à combattre les changements climatiques.

«C’est le genre de leadership dont nous avons besoin. Il faut que tous les pays intensifient leurs efforts si on veut que la prochaine COP soit une réussite.»

Selon elle, il est crucial que la Chine, qui est le plus important émetteur mondial de GES, joue un rôle à la COP26, mais le gouvernement britannique attend toujours de savoir si le président Xi Jinping sera présent dès l’ouverture de la conférence.

La haute-commissaire rappelle que même si la Chine est très énergivore, il est le pays qui investit le plus dans les énergies renouvelables.

Faire front à la Chine

Mme Goshko a été une conseillère de haut rang de l’ancien secrétaire aux Affaires étrangères Dominic Raab pendant la période qui a vu un renforcement des liens entre les deux pays.

Elle a pu observer une amitié se développer entre M. Raab et l’ancien ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, avant et après le début de la pandémie de COVID-19.

Mme Goshko rapporte que son ancien patron était très enthousiaste à l’idée d’approfondir les relations du Royaume-Uni avec le Canada, notamment à la suite du Brexit.

Cela s’est manifesté par un appui constant au Canada pour dénoncer l’emprisonnement arbitraire de Michael Kovrig et de Michael Spavor, qui ont été finalement libérés en septembre.

La diplomate rappelle que le Canada a été l’un des premiers à condamner les violations des droits de la personne à Hong Kong. Il a sanctionné la Chine pour avoir maltraité la minorité ouïghoure dans la province de Xinjiang.

«Je ne peux pas me souvenir d’une fois où le Canada aurait refusé de nous appuyer sur ces sujets», dit-elle.

Mme Goshko soutient que la coopération militaire entre le Royaume-Uni et le Canada demeurait grande, notamment dans l’est de l’Europe et dans l’Arctique. 

Elle a maintenu que l’alliance entre les services de renseignement des deux pays, des États-Unis, de l’Australie et la Nouvelle-Zélande, connue sous le nom des Five Eyes, demeurait une grande priorité pour le Royaume-Uni. Chaque pays membre cherche à renforcer ses capacités dans ce domaine. Il n’y a rien de contradictoire avec la formation de l’AUKUS, une nouvelle alliance entre les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni.

«Je ne pense pas que l’AUKUS nuise à Five Eyes. Il ne sera pas logique pour nous qu’une organisation fonctionne au détriment de l’autre.»

Avec Mike Blanchfield, La Presse Canadienne

Pourquoi Google débloque 1 milliard de dollars pour l’Afrique ?

octobre 9, 2021
Sundar Pichai est le PDG de Google depuis août 2015. © Reuters

Avec ce chèque, le géant américain entend financer des start-up digitales ainsi que la construction de câbles sous-marins pour améliorer l’accès à internet sur le continent.

Cet investissement « soutiendra la transformation numérique du continent », a déclaré Sundar Pichai, le PDG de Google et Alphabet, dans une vidéo préenregistrée publiée le 6 octobre. Google prévoit de mobiliser 50 millions de dollars supplémentaires pour financer des start-up dirigées par des Africains, soutenir des organisations à but non lucratif et collaborer avec les gouvernements, décideurs et entreprises du continent.

Sur les 1,3 milliard d’habitants de l’Afrique, environ 780 millions de personnes n’ont pas accès à internet. Pour y remédier, les grandes entreprises technologiques américaines comme Google et Facebook soutiennent des projets de câbles sous-marins conçus pour améliorer l’accès à internet et la vitesse de connexion.

Facebook finance par exemple le projet de câble 2Africa de 37 000 km qui reliera le continent à l’Asie et à l’Europe. Selon l’entreprise, une fois terminé, ce câble sera le plus long système de câblages sous-marins au monde.

DES CENTAINES DE MILLIERS D’EMPLOIS VONT ÊTRE CRÉÉS DANS LES TROIS PROCHAINES ANNÉES

Google entend, lui, contribuer à la construction du câble Equiano, qui doit augmenter la vitesse d’internet tout en diminuant les coûts de connectivité. Le câble doit relier le Portugal à l’Afrique du Sud en passant par le Nigeria et la Namibie, notamment. La première phase de ce projet doit être mise en service au second semestre de 2022 et des extensions sont prévues à l’avenir.

Vitesse du réseau multipliée par cinq au Nigeria

Grâce à Equiano, la vitesse du réseau internet au Nigeria devrait être multipliée par cinq et pourrait presque tripler en Afrique du Sud et en Namibie d’ici à 2025, avance une étude d’Africa Practice et de Genesis Analytics commandée par Google.

Cette même étude prévoit une chute des prix d’internet de 16 % à 21 % dans les trois pays au cours de la même période, laissant espérer une progression du taux de pénétration d’internet de plus de 7 points au Nigeria et en Afrique du Sud et de 9 points en Namibie.

Un mouvement qui doit générer des gains de croissance – chiffrés à respectivement 0,57, 0,32 et 0,56 point pour le Nigeria, l’Afrique du Sud et la Namibie – et des créations d’emplois, à hauteur de 1,6 million au Nigeria, 180 000 en Afrique du Sud et 21 000 en Namibie entre 2022 et 2025.

Avantages remis en cause

Un accueil mitigé est toutefois réservé aux projets de câbles sous-marins financés par les multinationales. Sunil Tagare, fondateur et patron d’OpenCables, société pionnière dans le déploiement de câbles sous-marins à fibre optique, a souligné que les investissements dans les câbles africains existants pourraient être perturbés par les projets de Google et Facebook, soupçonnant ces derniers de développer une stratégie de division pour prendre le dessus sur les acteurs locaux.

Gbenga Adebayo, le président de l’Association nigériane des opérateurs télécoms (Alton) est lui aussi critique, estimant que les services gratuits offerts par Google et Facebook pourraient menacer la survie des opérateurs locaux. Le responsable nigérian ajoute que, contrairement aux opérateurs de réseau mobile locaux, Facebook et Google n’ont pas d’obligations fiscales envers les gouvernements des pays où ils opèrent.

Enfin, estimant que les régions côtières du Nigeria sont suffisamment bien pourvues grâce aux capacités des câbles sous-marins actuels, Gbenga Adebayo défend l’idée d’un renforcement de la dorsale en fibre optique à destination du reste du territoire, c’est-à-dire pour étendre l’accès au haut débit aux régions de l’intérieur du Nigeria.

Avec Jeune Afrique par David Whitehouse

Congo-Port de Pointe-Noire : l’UE soutient la construction d’un site des pêcheurs artisanaux

août 18, 2021

L’ambassadeur sortant de l’Union européenne (UE) au Congo, Raul Matheus Paula, a réitéré, le 16 août, la volonté de l’institution de financer la réalisation du projet de port de pêche artisanal moderne dans la deuxième ville du Congo. Approuvée depuis 2019, l’initiative bénéficie aussi d’un appui de l’Agence française de développement (AFD).

Des pêcheurs artisanaux/DR

Ces dernières années, la porte maritime congolaise connaît une forte expansion de la pêche industrielle au détriment des activités de la pêche artisanale dont dépend la majorité de la population riveraine. Malgré les alertes données par les experts, le risque lié à la surpêche et à la destruction de l’environnement ne faiblit pas. En décembre 2017, par exemple, plus de 110 navires opérant sur une zone de pêche relativement limitée étaient recensés, contre 60 en 2015.

L’aide des partenaires européens vise à contenir l’expansion de la pêche industrielle au niveau de la côte de Pointe-Noire, à travers une gestion plus durable des ressources halieutiques. Il s’agit de renforcer la filière halieutique locale, afin qu’elle joue son rôle dans l’approvisionnement alimentaire du pays. L’essentiel des captures est souvent vendu sur le marché national, principalement dans les villes de Pointe-Noire et de Brazzaville.

L’UE devrait débloquer, pour cela, un montant total de 29,3 millions d’euros, soit près de 20 milliards FCFA, dont la gestion est déléguée à l’AFD. Cette enveloppe est destinée exactement à la construction d’un ouvrage de protection de la zone de débarquement de la pêche artisanale. Les travaux devraient normalement débuter dès le deuxième semestre 2020. Une partie de la subvention de l’UE est censée revenir au ministère en charge de la Pêche pour la mise en place d’un système de suivi-contrôle-surveillance de l’activité de pêche maritime.

« C’est d’abord à la pêche artisanale et à la population locale que devrait bénéficier ce programme. À terme, la maîtrise de l’effort de pêche et un bon dispositif de suivi-contrôle-surveillance garantissent le non-épuisement des ressources, la préservation de tout un pan de l’économie locale et de la sécurité alimentaire des habitants du Congo », a expliqué Hélène Gobert de l’AFD.

Les dirigeants du Port autonome de Pointe-Noire(PAPN) sont directement concernés par le projet, car la subvention devrait également permettre une mise en conformité du port aux standards internationaux, principalement en matière de gestion des déchets, des matières dangereuses et des pollutions aux hydrocarbures. « C’est une subvention qui s’est arrimée à un prêt que nous a octroyé l’AFD. Elle va permettre non seulement de réaliser un port de pêche moderne, d’accompagner, d’assister également le volet pêche artisanale », a précisé le directeur général du PAPN, Séraphin Bhalat.

L’annonce de l’ambassadeur sortant de l’UE, lors d’une rencontre d’adieux avec le chef de l’État congolais, constitue une lueur d’espoir pour les bénéficiaires du projet de port des pêcheurs artisanaux.

Avec Adiac-Congo par Fiacre Kombo

Forêt : la Banque mondiale octroie 41,8 millions de dollars au Congo

mai 4, 2021

Le montant d’environ 22,8 milliards FCFA annoncé par la Banque mondiale, le 30 avril, est destiné à réduire les émissions dues à la déforestation et à augmenter la séquestration du carbone forestier.

L’accord de financement, qui s’inscrit dans le cadre du Fonds de partenariat pour le carbone forestier (FCPF), est un mécanisme mondial œuvrant pour la réduction des émissions causées par la dégradation forestière, la conservation des stocks de carbone forestier, la gestion durable des forêts et le renforcement des stocks de carbone forestier (REDD+).  

En effet, l’accord de paiement des réductions d’émissions, encore appelé ERPA, signé entre le gouvernement congolais et l’institution de Bretton Woods va récompenser les efforts visant à diminuer de 8,4 millions de tonnes d’émissions de carbone jusqu’en 2025, à travers l’ambitieux programme de réduction des émissions de la République du Congo. 

« Cet accord marque une étape importante vers un secteur forestier plus durable au Congo. Les paiements basés sur les résultats générés par l’ERPA inciteront les entreprises, les communautés et le gouvernement (…). Notre objectif commun est d’équilibrer les avantages économiques et environnementaux de cette précieuse ressource, maintenant et pour les générations à venir », a déclaré Abdoulaye Seck, le directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Congo.

Il faut souligner que le programme de réduction des émissions du Congo sera l’un des premiers en Afrique à tester le système REDD+ à grande échelle. Il sera expérimenté dans les départements de la Sangha et de la Likouala, dans une localité couvrant plus de 12 millions d’hectares de terres et représentant près de 60 % des forêts du pays.

Ce programme va travailler avec les entreprises impliquées dans l’exploitation forestière, la production d’huile de palme et l’exploitation minière, sur des activités de réduction des émissions, telles que l’adoption de techniques d’exploitation forestière à impact réduit et l’identification et l’évitement de la conversion de forêts à haute valeur de conservation.   

Enfin, le programme comprend un plan de partage des bénéfices inclusif, élaboré par le biais de consultations approfondies des parties prenantes au niveau national et local, afin de garantir que les membres de la communauté et les partenaires locaux soient récompensés pour leur rôle dans la réduction des émissions.

Les cibles sont principalement les populations autochtones et les bénéficiaires locaux qui dépendent des forêts pour leur subsistance. Ils contribueront à la réduction des émissions de carbone et à l’augmentation de leurs propres revenus par le biais des activités agricoles durables et de liens avec les marchés, notamment la production de cacao par les petits exploitants, les systèmes agroforestiers de subsistance et les programmes de plantations satellites.

Avec Adiac-Congo par Fiacre Kombo

Aide de la France à la Tunisie pour la lutte contre le Covid-19

octobre 22, 2020

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian a assuré la Tunisie de la «solidarité de la France dans la lutte contre l’épidémie» de Covid-19 et annoncé la livraison d’équipement médical à ce pays, à l’occasion de sa septième visite à Tunis jeudi.

Jean-Yves Le Drian a signé avec son homologue Othmane Jarandi le versement en 2020 d’une première tranche de 100 millions d’euros dans le cadre d’un plan d’aide triennal annoncé par le président Emmanuel Macron en juin. Mais il a aussi annoncé, dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, la livraison de 500.000 euros d’équipements, dont des masques, des réactifs pour les tests et 19 respirateurs pour le transfert médicalisé des patients.

La Tunisie, qui avait initialement circonscrit la pandémie grâce à des mesures précoces et strictes, avec 50 morts de mars à fin juin, enregistre actuellement plus de 20 morts chaque jour, et s’inquiète de voir ses hôpitaux débordés. Un couvre-feu en place à Tunis depuis 15 jours devrait être prolongé mais le premier ministre a souligné que le pays n’avait pas les moyens d’un nouveau confinement général.

Emmanuel Macron avait promis une enveloppe de 350 millions d’euros lors de la visite de son homologue tunisien Kaïs Saïed à Paris en juin. Ces prêts viendront appuyer sur trois ans (de 2020 à 2022) les réformes économiques engagées en matière de gouvernance des entreprises publiques, de protection sociale, d’accès au secteur financier et de mobilité urbaine, a-t-on précisé de source française. Outre ces sommes, une seconde convention a été signée pour un prêt de 38 millions d’euros destiné à l’installation d’une station de traitement de l’eau potable à Bjaoua, dans la banlieue ouest de Tunis. «L’objectif est d’appuyer l’économie publique tunisienne», a déclaré Jean-Yves Le Drian après un entretien avec Kaïs Saïed et le premier ministre Hichem Mechichi.

Par Le Figaro avec AFP

Liban : les participants se sont engagés sur une aide de 250 millions d’euros

août 9, 2020

 

L’aide d’urgence collectée dimanche au cours d’une visioconférence coorganisée par la France et l’ONU pour le Liban après l’explosion qui a dévasté Beyrouth s’élève à un peu plus de 250 millions d’euros, a annoncé l’Elysée.

Le montant total de «l’aide d’urgence engagée ou mobilisable à brève échéance» est de 252,7 millions d’euros, dont 30 millions d’euros de la part de la France, a précisé la présidence française.

Par Le Figaro avec AFP

Départ d’un navire de la marine française chargé d’aide vers le Liban

août 9, 2020

Le porte-hélicoptères Tonnerre a quitté Toulon ce dimanche avec à son bord, des troupes du génie, des plongeurs-démineurs, des marins-pompiers et du matériel adapté.

Le porte-hélicoptères Tonnerre, au large de la Corse, en mars dernier
Le porte-hélicoptères Tonnerre, au large de la Corse, en mars dernier PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Le porte-hélicoptères de la marine française Tonnerre a quitté dimanche Toulon (Var) vers le Liban avec d’importants moyens matériels et humains pour aider aux opérations de déblaiement après la gigantesque explosion qui a dévasté une grande partie de la capitale libanaise.

Le navire, qui transporte quelque 700 militaires et plusieurs tonnes de fret, a appareillé du port de Toulon peu avant 19h30, a constaté un photographe de l’AFP. Il doit arriver au large du Liban jeudi, selon la Marine nationale.

«Il y avait une demande des Libanais pour des moyens de génie terrestre et sous-marin. Il y a donc à bord des équipes spécialisées dans le déblaiement avec le matériel adapté», a expliqué la capitaine de frégate Christine Ribbe, porte-parole de la préfecture maritime à Toulon.

Le Tonnerre transporte notamment «un groupement génie de l’armée de terre d’environ 350 hommes» ainsi «qu’un détachement de plongeurs démineurs de la Marine nationale avec des compétences de travaux sous-marins et d’investigation de zones portuaires» alors que le port de Beyrouth où a eu lieu l’explosion mardi n’est plus qu’un champ de ruines et que de nombreux quartiers ont été détruits.

La France envoie également à bord du Tonnerre «des capacités de reconnaissance des accès maritimes et de soutien hydrographie du Service hydrographique et océanographique de la marine (SHOM)», a précisé le ministère des Armées dans un communiqué. Des moyens amphibies de débarquement sont également à bord ainsi que deux hélicoptères militaires.

Les marins-pompiers de Marseille et les pompiers des Bouches-du-Rhône envoient à bord du Tonnerre plusieurs véhicules spécialisés pour aider leurs collègues libanais.

De l’aide alimentaire ainsi que des matériaux de construction (plâtre etc.) fournis par différents ministères français et par des entreprises privées seront également transportés par le porte-hélicoptères, a indiqué Mme Ribbe.

La France, qui a organisé une visioconférence internationale des donateurs dimanche, a mis en place un «pont aérien et maritime» afin d’acheminer plus de 18 tonnes d’aide médicale et près de 700 tonnes d’aide alimentaire vers Beyrouth. Plusieurs vols chargés de cargaisons d’aide sont déjà partis vers le Liban depuis mercredi.

Par Le Figaro avec AFP

Canada: Le gouvernement québécois versera 6,8 M $ de plus au secteur du livre

juin 25, 2020
La fermeture des librairies pendant le confinement a fait mal au milieu du livre québécois.
© Canetti/getty images/istockphoto La fermeture des librairies pendant le confinement a fait mal au milieu du livre québécois.
Québec a annoncé jeudi l’octroi de 6,8 millions de dollars supplémentaires à la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) pour aider le milieu du livre frappé par les conséquences économiques de la crise de la COVID-19.

«Il est primordial pour notre gouvernement d’appuyer, par notre plan de relance, les écrivains et les entreprises de la chaîne du livre et de l’édition dans la reprise de leurs activités, et de leur offrir les moyens et les outils nécessaires à leur redéploiement», a précisé, par communiqué, Nathalie Roy, la ministre de la Culture et des Communications.

Cette rallonge servira à bonifier les programmes d’aide à l’édition et aux librairies qui existent déjà ainsi qu’à développer de nouveaux projets.

De plus, le programme Aide aux entreprises – Soutien temporaire au fonds de roulement – COVID-19, lancé en mars par la SODEC avec une dotation initiale de 50 millions de dollars, sera doublé. Ce programme permet à des entreprises culturelles en difficulté en raison de la crise de la COVID-19 de bénéficier de prêts.

Les éditeurs et les libraires satisfaits

L’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) a accueilli positivement ces mesures. Ces dernières devraient permettre au secteur du livre d’être mieux armé pour faire face à la crise de la COVID-19 et de protéger l’ensemble de l’écosystème du livre québécois, dont font partie les maisons d’édition, les libraires, les auteurs et autrices.

«On a senti que le gouvernement a été l’écoute et on a l’impression qu’il y a eu une prise de conscience quant au poids économique du secteur du livre», indique Arnaud Foulon, président de l’ANEL.

Ce sentiment est partagé par l’Association des libraires du Québec (ALQ). «Depuis le jour 1, on a l’impression que nos besoins sont entendus», déclare Karine Fafard, directrice générale de l’ALQ.

Elle se réjouit de voir de l’argent injecté dans le programme d’aide aux librairies agréées, même si elle ne connaît pas encore le montant exact. Cela permettra aux librairies d’être remboursées de frais engendrés par la pandémie de COVID-19, comme l’achat de matériel sanitaire ou les dépenses en frais postaux pour expédier les livres commandés en ligne.

Pas assez d’aide directe aux écrivains et écrivaines

Quant au Conseil des arts et des lettres du Québec, il recevra 4 millions de dollars pour octroyer des bourses aux artistes, notamment aux écrivains et écrivaines.

Début juin, l’Union des écrivains et des écrivaines québécois (UNEQ) avait déploré que le plan de relance culturel du gouvernement laissait de côté les écrivains et les écrivaines. Les mesures annoncées jeudi constituent une bonne nouvelle pour l’industrie du livre, mais pas pour celles et ceux qui vivent de leur plume selon l’organisation.

«Le montant des 4 millions n’est pas de l’argent neuf et ira aux artistes de différentes disciplines, pas uniquement aux écrivains et aux écrivaines, explique l’écrivaine Suzanne Aubry, qui préside l’UNEQ. Ces bourses vont bénéficier à 4 ou 5 écrivains, tout au plus. »

Plutôt que des bourses qui demandent aux écrivains et écrivaines de développer un projet et qui mettent un certain temps à être versées, l’UNEQ demandait l’octroi d’aides directes et non sélectives. Certes, la période d’admissibilité à la Prestation canadienne d’urgence (PCU) a été rallongée de huit semaines, mais «qu’est-ce qui va se passer après la fin de la PCU?», s’interroge Suzanne Aubry.

L’UNEQ réclame la reprise cet automne du processus de révision des deux lois sur le statut d’artiste afin d’obliger les maisons d’édition à négocier des ententes de même type que des conventions collectives. Pour l’UNEQ, une telle mesure apporterait un soutien structurant sur le long terme aux écrivains et écrivaines afin d’améliorer réellement leur situation économique.

Soutenir le livre québécois

Dans son communiqué, le ministère de la Culture et des Communications a aussi indiqué qu’«un soutien particulier pourra être accordé à des initiatives visant à encourager l’achat de livres québécois et ainsi augmenter leur visibilité et leur notoriété».

Selon l’ANEL, plusieurs pistes sont explorées pour donner un coup de pouce à l’achat local en matière de livres, notamment celle de l’acquisition plus importante d’ouvrages québécois par les bibliothèques publiques.

Le milieu du livre québécois aura également la possibilité de profiter de deux nouveaux programmes dotés de 7 millions de dollars au total axés sur le numérique et destinés aux organisations culturelles. Ambition numérique vise à les soutenir dans leur transformation numérique et Rayonnement numérique cible la création ainsi que la commercialisation de produits culturels numériques.

Avec CBC/Radio-Canada

L’UE demande l’aide du Canada pour financer l’OMS, après le retrait de Trump

avril 25, 2020
© Fournis par La Presse canadienne
OTTAWA — L’Union européenne prévoit organiser une importante conférence au début du mois de mai afin d’aider l’Organisation mondiale de la Santé à boucler son budget de financement, et le Canada sera appelé à jouer un rôle déterminant.

Brice de Schietere, l’ambassadeur de l’Union européenne au Canada, a déclaré que l’événement devait déjà avoir lieu avant la décision du président des États-Unis Donald Trump d’interrompre sa contribution à l’OMS puisqu’il considère qu’elle a très mal géré au départ la pandémie du nouveau coronavirus.

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M. De Schietere a confié à La Presse canadienne que personne ne veut politiser la conférence du 4 mai. Il croit cependant qu’il est primordial d’amasser des fonds afin d’aider l’agence des Nations Unies à poursuivre ses efforts pour mettre au point un vaccin et financer les recherches dans l’espoir de mettre un terme à la pandémie.

Le chargé d’affaires de la délégation européenne à Ottawa a ajouté que l’entente commerciale qui lie le Canada à l’Union européenne jouera un rôle déterminant dans la relance économique post-pandémie, en plus d’assurer le maintien des canaux de distribution du matériel médical essentiel.

M. De Schietere a aussi dit que le Canada et l’Union européenne coopèrent étroitement ensemble afin de lutter contre la désinfirmation à propos de la pandémie. Il a précisé qu’environ 120 fausses histoires ont été diffusées dans l’objectif de miner la crédibilité de l’Europe dans sa lutte contre la crise sanitaire actuelle.

De plus, il n’a jamais mentionné le nom de M. Trump directement, mais a répété à maintes reprises que le Canada est présentement le plus grand allié de l’Union européenne. M. De Schietere a aussi indiqué que l’alliance transatlantique vise à renforcer les organisations commerciales, sanitaires et politiques multilatérales pour lutter contre la pandémie.

M. Trump a ciblé et critiqué à maintes reprises par le passé diverses organisations internationales, dont le G7, l’ONU, l’Organisation mondiale du commerce et, récemment, l’OMS, qu’il accuse d’être docile à la Chine et de lui avoir permis de cacher l’ampleur de la catastrophe sanitaire pendant les premiers jours de la crise.

La conférence de l’OMS comptera notamment sur l’appui de la Fondation Bill et Melinda Gates, la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies, le Fonds Wellcome, la Banque mondiale, Unitaid — une organisation de santé à but non lucratif basée en Suisse — et Gavi, l’Alliance du vaccin.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a mentionné en vidéoconférence vendredi qu’elle souhaite que les dirigeants de la planète s’unissent afin d’amasser environ 11,4 milliards $ pour la lutte au coronavirus.

Le gouvernement du Canada n’a pas confirmé vendredi si le premier ministre Justin Trudeau participera à cette conférence, mais la ministre du Développement international, Karina Gould, a indiqué par voie de communiqué que le Canada continuera de travailler avec ses partenaires internationaux, dont l’OMS.

«La santé mondiale est le plus grand domaine d’investissement pour le programme d’aide du Canada. Nous sommes l’un des leaders reconnus à ce chapitre, a-t-elle déclaré. Le Canada fait partie de la lutte internationale contre la COVID-19».

Par Mike Blanchfield avec La Presse canadienne