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États-Unis: Joe Biden officialise une aide militaire colossale en faveur de l’Ukraine

août 24, 2022

Le président américain a annoncé mercredi que les États-Unis vont débloquer près de trois milliards de dollars pour aider l’armée ukrainienne.

Joe Biden a annonce mercredi une nouvelle aide militaire a l'Ukraine de pres de trois milliards de dollars.
Joe Biden a annoncé mercredi une nouvelle aide militaire à l’Ukraine de près de trois milliards de dollars.© MANDEL NGAN / AFP

L’annonce était fortement pressentie, elle est désormais officielle. Le président américain Joe Biden a annoncé mercredi 24 août une nouvelle aide militaire à l’Ukraine de près de trois milliards de dollars au moment où le pays, qui combat depuis six mois l’invasion russe, marque le jour de son indépendance.

« Les États-Unis d’Amérique sont déterminés à soutenir le peuple ukrainien au moment où il continue la lutte pour défendre sa souveraineté. Dans le cadre de cet engagement, je suis fier d’annoncer notre plus grande tranche d’assistance sécuritaire à ce jour : environ 2,98 milliards de dollars d’armes et d’équipement », a affirmé Joe Biden dans un communiqué.

Il s’agit de la plus grosse enveloppe d’aide militaire américaine depuis le début de la guerre et permettra à Kiev d’acquérir de nouvelles armes ou de financer des formations ou opérations. L’argent provient d’un fonds du Pentagone qui peut être utilisé pour des opérations immédiates ou pour l’acquisition d’armements. Cette enveloppe est différente d’un autre fonds qui permet au président Joe Biden d’ordonner le transfert immédiat à l’Ukraine d’armes, matériel et équipements à partir des stocks existants.

Vendredi dernier, le Pentagone avait annoncé une tranche d’aide militaire à l’Ukraine provenant de ce fonds, pour un montant de 775 millions de dollars. Cette nouvelle tranche d’aide comprenait notamment des missiles supplémentaires pour les systèmes américains d’artillerie de précision Himars, qui ont « changé la donne sur le champ de bataille », avait indiqué une haute responsable du ministère américain de la Défense.

Par Le point avec AFP

Le Congrès américain débloque 40 milliards de dollars pour l’Ukraine

mai 19, 2022
Le Congres americain debloque 40 milliards de dollars pour l'Ukraine
Le Congrès américain débloque 40 milliards de dollars pour l’Ukraine© AFP/Jim WATSON

Le Congrès américain a débloqué jeudi une gigantesque enveloppe de 40 milliards de dollars pour l’Ukraine, au moment où le Pentagone met en garde contre un conflit de longue durée.

Au sein de ce grand paquet d’aide: 6 milliards de dollars pour permettre à l’Ukraine de s’équiper en véhicules blindés et de renforcer sa défense anti-aérienne.

« Nous continuons à penser que ce conflit va durer », a indiqué jeudi à la presse un haut responsable du ministère américain de la Défense.

Les chefs d’état-major américain et russe, le même jour, se sont parlé au téléphone, pour la première fois depuis le début de l’invasion russe.

« Les Russes ont encore à leur disposition une part importante des capacités qu’ils avaient amassées depuis l’automne » aux frontières, a-t-il souligné, estimant que l’armée russe parvenait à renforcer son contrôle sur le Donbass et le sud du pays.

La colossale enveloppe du Congrès prévoit par ailleurs près de 9 milliards de dollars pour assurer entre autres « la continuité des institutions démocratiques ukrainiennes », ainsi qu’un large volet humanitaire.

Plus que de la « charité »

« Les mesures d’aide à l’Ukraine sont bien plus que de la simple charité », a assuré le chef des républicains au SénatMitch McConnell.

« Quand il s’agit de Poutine, on choisit soit de payer maintenant, ou de le payer plus tard », a argué le sénateur républicain Lindsey Graham, pas vraiment connu pour soutenir les politiques de Joe Biden.

Fait rare dans un Congrès si habitué aux querelles politiques: ces 40 milliards de dollars de dépenses – l’équivalent du PIB du Cameroun en 2020 — ont bénéficié d’un très large soutien transpartisan.

Le projet de loi, déjà validé par les élus de la Chambre la semaine dernière, n’a plus qu’à être ratifié par le président Joe Biden, qui réclamait depuis plusieurs semaines un vote rapide, sous peine de voir s’assécher l’aide à l’Ukraine.

Ce dernier, en route pour une tournée en Asie, a « applaudi » dans un communiqué ce vote du Congrès, qui « envoie au monde le message (…) que les Etats-Unis se tiennent aux côtés du peuple ukrainien ».

Son administration, en attendant cette nouvelle arrivée massive de fonds, a validé jeudi un nouveau volet d’assistance militaire pour un montant de 100 millions de dollars, portant à 3,9 milliards au total l’aide déjà apportée par les Etats-Unis, sous forme d’armement et d’équipement.

Au-delà de cet effort financier et logistique massif, les Etats-Unis continuent à déployer toute leur puissance diplomatique pour serrer toujours plus les rangs occidentaux face à Moscou.

Otan

Joe Biden a accueilli avec beaucoup de solennité jeudi la Première ministre suédoise Magdalena Andersson et le président finlandais Sauli Niinistö, qui viennent d’officialiser leur demande d’adhésion à l’Otan, rompant avec leur position historique de non-alignement.

Les deux pays remplissent « tous les critères » pour adhérer à l’Otan et ont « le soutien total et complet des Etats-Unis d’Amérique », a assuré le dirigeant démocrate.

Joe Biden a annoncé saisir le Congrès pour qu’il approuve « le plus rapidement possible » cet élargissement de l’alliance atlantique, que les Etats-Unis tiennent pour un triomphe tactique face à Moscou.

La ratification devrait être une formalité: comme l’aide à l’Ukraine, l’accueil de la Finlande et de la Suède dans l’Otan fait consensus auprès des parlementaires des deux bords.

Après s’être cantonné à des armes vues comme défensives, Washington envoie désormais artillerie, hélicoptères et drones à l’armée ukrainienne, dont des soldats sont formés au maniement de ces armes aux Etats-Unis ou dans des pays tiers avant de retourner au front.

Quelque 9 milliards de dollars des fonds que le Congrès a approuvés doivent aussi permettre aux Américains de regarnir leurs propres stocks d’armement.

Par Le Point avec AFP

Des généraux russes auraient été tués grâce à l’aide américaine à l’Ukraine

mai 5, 2022
Un soldat ukrainien assis dans un char dans l'est de l'Ukraine.

« Les États-Unis fournissent des renseignements sur le champ de bataille pour aider les Ukrainiens à défendre leur pays », a déclaré à l’AFP Adrienne Watson, porte-parole du NSC, dans un courriel. Photo : Getty Images/AFP/Yasuyoshi Chiba

L’aide des Occidentaux à l’Ukraine empêche la Russie d’achever « rapidement » son offensive, a déclaré Moscou, au lendemain de la publication d’un article du New York Times révélant que des renseignements américains permettaient aux forces ukrainiennes de tuer des généraux russes.

Les autorités ukrainiennes affirment avoir tué 12 généraux russes depuis le début de la guerre, le 24 février. Les renseignements fournis par les États-Unis auraient permis de cibler une bonne partie de ces généraux, selon ce que de hauts responsables américains ont révélé au New York Times mercredi. Ils n’ont cependant pas voulu préciser le nombre exact et ont voulu garder l’anonymat, partageant des informations classées secrètes.

Selon ces hauts responsables, l’administration américaine fournit en temps réel des renseignements à l’Ukraine. Elle confirme certaines cibles identifiées par les Ukrainiens et leur en offre d’autres. Elle se concentre sur le mouvement des troupes et l’emplacement du quartier général de l’armée russe, qui déménage fréquemment.

Ce flux de renseignements exploitables a eu un effet significatif sur le champ de bataille et aurait même peu de précédents dans l’histoire, ont-ils confié.Deux soldats ukrainiens en position avec leurs armes.

Les troupes ukrainiennes combattent les Russes notamment dans l’est du pays. Photo : Getty Images/AFP/Yasuyoshi Chiba

Les responsables ukrainiens ont combiné ces informations géographiques avec leurs propres renseignements – dont des communications interceptées qui alertent l’armée ukrainienne de la présence d’officiers supérieurs russes – pour mener des frappes d’artillerie qui ont tué des officiers russes.

Les hauts responsables interrogés par le New York Times n’ont cependant pas voulu préciser comment les Américains obtiennent ces renseignements, craignant de mettre leurs méthodes en danger. Certaines d’entre elles sont toutefois connues, comme l’utilisation de satellites classifiés et commerciaux.

En plus des renseignements, les États-Unis ont fourni à l’Ukraine des milliards de dollars d’équipements militaires livrés aux forces ukrainiennes, dont des armes antichars, des munitions et, plus récemment, des pièces d’artillerie lourde, des hélicoptères et des drones. D’autres pays de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) fournissent également des renseignements et des armes aux Ukrainiens

Rester discret pour ne pas provoquer Poutine

Le porte-parole du Pentagone, John F. Kirby, a refusé de parler des détails de ces informations. Il a cependant reconnu que les États-Unis fournissent à l’Ukraine des informations qu’elle peut utiliser pour se défendre.

Rapidement après la publication de l’article du New York Times, le Conseil de sécurité nationale américain (NSC) a cependant qualifié d’irresponsable l’affirmation selon laquelle les États-Unis aident l’Ukraine à tuer des généraux russes.

Les États-Unis fournissent des renseignements sur le champ de bataille pour aider les Ukrainiens à défendre leur pays, a déclaré à l’AFPAgence France-Presse Adrienne Watson, porte-parole du NSC, dans un courriel.

« Nous ne fournissons pas de renseignements dans l’intention de tuer des généraux russes. »— Une citation de  Adrienne Watson, porte-parole du NSC

Le New York Times avait toutefois spécifié que l’administration américaine désirait rester discrète sur ce partage de renseignements, par crainte de provoquer le président russe, Vladimir Poutine, dans une escalade du conflit au-delà des frontières ukrainiennes.

Les États-Unis ont d’ailleurs tenu à préciser que plusieurs frappes ciblant des hauts placés russes sont réalisées sans renseignements américains. Plusieurs hauts responsables ont confirmé qu’ils n’avaient pas fourni l’information nécessaire pour les tirs visant le chef d’état-major russe, Valéri Guerassimov, dans l’est de l’Ukraine, durant le week-end. Les États-Unis ne se permettent pas d’offrir des renseignements sur les plus hauts dirigeants russes, ont assuré les responsables.Vladimir Poutine au centre, en costume et cravate, assis à une table lors d'une réunion. Sergueï Choïgou et Valéri Guerassimov en uniforme militaire.

Le président russe Vladimir Poutine, accompagné de son ministre de la Défense, Sergueï Choïgou (à gauche), et de son chef d’état-major, Valéri Guerassimov (à droite). Photo: Getty Images/AFP/Mikhail Klimentyev

L’aide occidentale empêche la Russie d’achever rapidement son offensive

L’aide militaire et en matière de renseignements des Occidentaux à l’Ukraine empêche la Russie d’achever rapidement son offensive en Ukraine, a indiqué jeudi le Kremlin, assurant néanmoins que tous ses objectifs seront remplis.

Les États-Unis, le Royaume-Uni, l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord dans son ensemble partagent en permanence des données du renseignement avec les forces armées ukrainiennes. Conjuguées aux approvisionnements en armes […], ces actions ne permettent pas d’achever rapidement l’opération, a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, en réagissant à l’article du New York Times.

Ces actions occidentales ne sont toutefois pas en mesure d’empêcher que les objectifs de l’offensive russe en Ukraine soient atteints, a souligné le porte-parole du Kremlin.

Radio-Canada avec les informations de New York Times et Agence France-Presse

États-Unis: Joe Biden octroie 800 millions de dollars d’armes supplémentaires à l’Ukraine

avril 21, 2022

Avec cette nouvelle enveloppe, les États-Unis ont consacré 1,6 milliard de dollars ce mois-ci en aide militaire à l’Ukraine. Photo: Reuters/White House

Estimant que la guerre en Ukraine est entrée dans une phase « critique », le président des États-Unis, Joe Biden, a autorisé jeudi une aide militaire supplémentaire de 800 millions de dollars à l’Ukraine alors que la Russie consolide sa progression dans le Donbass et le sud du pays.

Joe Biden a précisé que cette nouvelle enveloppe militaire accordée aux Ukrainiens comprendra des livraisons supplémentaires de dizaines de pièces d’artillerie lourde, 144 000 obus et munitions ainsi que des drones tactiques.

Cette nouvelle vague d’aide militaire américaine aux Ukrainiens est la deuxième à être annoncée ce mois-ci par Washington qui avait déjà annoncé le 13 avril dernier l’octroi de 800 millions de dollars de matériel militaire aux forces ukrainiennes, dont des véhicules blindés, de l’artillerie et des hélicoptères.

Le président a ajouté jeudi qu’il comptait demander dès la semaine prochaine davantage d’argent au Congrès afin d’assurer un approvisionnement régulier aux Ukrainiens directement sur les lignes de front de la liberté.

Le chef de la Maison-Blanche a ajouté que les États-Unis allaient par ailleurs continuer de partager des renseignements opportuns avec les forces ukrainiennes et que les ports américains seront bientôt interdits d’accès à tous les navires affiliés à la Russie.

« Vladimir Poutine ne réussira jamais à occuper l’Ukraine. »— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

En ce qui a trait à la situation sur le terrain, le président des États-Unis a refusé de concéder la prise de la ville portuaire de Marioupol par les Russes. Il n’y a encore aucune preuve que Marioupol soit complètement perdue, a déclaré Joe Biden.

Plusieurs centaines de combattants ukrainiens seraient en effet toujours retranchés dans le complexe métallurgique d’Azovstal, où ils livrent une résistance acharnée aux troupes russes.

Des soldats américains actionnent un obusier Howitzer M777 de 155 millimètres, une arme moderne et précise dont seront bientôt équipées les forces ukrainiennes. Photo: Reuters/Andrew Burton

Aide économique supplémentaire

À ces livraisons d’armes, l’administration Biden ajoute une aide économique de 500 millions de dollars supplémentaires, a annoncé jeudi matin un responsable du trésor américain.

La secrétaire au Trésor Janet Yellen doit en faire l’annonce officielle jeudi lors d’une rencontre avec le premier ministre ukrainien Denys Shmyhal, à Washington.

Cette enveloppe s’ajoutera aux 500 millions de dollars « d’aide directe » déjà consentie à Kiev à la fin mars par les États-Unis pour permettre à l’Ukraine de maintenir le fonctionnement du gouvernement, en versant notamment les salaires et les retraites, et éviter une aggravation de la situation humanitaire en Ukraine.

De l’autre côté de l’Atlantique, le gouvernement espagnol a pour sa part annoncé l’envoi de 200 tonnes de matériel militaire à l’Ukraine.

Ce nouveau chargement d’armes et de munitions représente le double de l’aide militaire envoyée précédemment par l’Espagne aux Ukrainiens, a annoncé le premier ministre Pedro Sánchez.

Le chargement de matériel et de munition a quitté jeudi l’Espagne à bord d’un bateau à destination de la Pologne.

La première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, qui participait avec Pedro Sánchez à une rencontre à Kiev avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a de son côté annoncé la livraison prochaine de 90 millions de dollars d’aide militaire aux Ukrainiens.

Radio Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Des soldats canadiens s’envolent vers la Pologne pour aider les réfugiés ukrainiens

avril 16, 2022

Des militaires canadiens attendaient de monter à bord d’un avion à Edmonton afin de s’envoler vers la Pologne, le vendredi 15 avril 2022. Photo: The Canadian Press/Jason Franson

Une centaine de soldats canadiens sont montés à bord d’un avion à destination de la Pologne vendredi pour participer à une mission « intense », mais « gratifiante » – selon les termes de leur commandant – afin d’aider les Ukrainiens fuyant l’invasion russe.

Quelque 80 soldats ont décollé d’Edmonton et 20 autres de Trenton, en Ontario. Ils offriront une aide humanitaire dans des centres d’accueil partout en Pologne, a expliqué le major Ryan Pridmore, commandant de compagnie du 3e bataillon Princess Patricia’s Canadian Light Infantry.

Ils doivent, avec une unité médicale canadienne, soutenir la force de défense territoriale polonaise dans le cadre d’une mission de deux mois.

Nos soldats sont tous extrêmement heureux d’être déployés, a-t-il déclaré. C’est pour cela que nous nous sommes entraînés. C’est pourquoi nous faisons ce travail. Nos soldats sont prêts à intervenir et à aider.

Une fois les bottes au sol, le major Pridmore s’attend à ce que les soldats soient mis directement au travail.

Nous avons des aumôniers pour fournir des services spirituels ainsi que des professionnels de la santé mentale lorsque les réfugiés arrivent dans les centres d’accueil, a affirmé le commandant, qui a déjà servi en Afghanistan et au Koweït.

Certains des autres soldats ont une formation linguistique, a-t-il ajouté.

D’après lui, le Canada est prêt à envoyer environ 50 soldats supplémentaires pour aider à la prise en charge, à la coordination et à la réinstallation des réfugiés ukrainiens en Pologne.

Nous avons une équipe en place là-bas qui prépare le terrain, donc nous n’agissons pas à l’aveuglette, mais ce sera certainement un lancement assez rapide des affaires une fois que nous serons sur le terrain.

Jeudi, la vice-première ministre Chrystia Freeland a soutenu à Calgary qu’il était approprié de qualifier l’occupation russe de génocide – comme l’ont dit le président américain Joe Biden et le premier ministre Justin Trudeau – puisque des milliers d’Ukrainiens ont été tués et brutalisés.

Mme Freeland a évoqué un document effrayant publié sur un site Internet russe il y a 10 jours qui exposait effectivement un plan de génocide en Ukraine, qui appelait à la souffrance, à la punition des personnes qui avaient choisi à tort, selon ce document, de s’identifier comme des Ukrainiens.

Cela appelait à ce que le mot Ukraine soit effacé, a ajouté Mme Freeland, qui est également ministre des Finances du Canada.

Le ministère de la Défense nationale a indiqué dans un communiqué que les soldats travailleront également avec Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. Ils agiront aussi comme agents de liaison avec les forces armées polonaises pour appuyer les efforts fédéraux d’octroi de la résidence temporaire aux Ukrainiens désirant travailler ou étudier au Canada.

Vendredi, certains soldats à Edmonton ont plaisanté sur leur nervosité, tandis que d’autres ont dormi dans le salon de l’aéroport avant de prendre leur vol.

J’ai été très heureux de voir que le moral était exceptionnellement élevé et, d’après mes observations, je dirais que la force opérationnelle va être très efficace en Pologne, a mentionné le lieutenant Kevin Moffat, officier des affaires publiques des Forces armées canadiennes, qui souligne que certaines personnes de l’équipe ont des racines ukrainiennes.

Radio-Canada avec La Presse canadienne

Initiative du Canada et de l’UE pour les réfugiés ukrainiens

mars 26, 2022

Le premier ministre Justin Trudeau et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, mercredi à Bruxelles. Photo: AFP/Geert Vanden Wijngaert

Le Canada et l’Union européenne (UE) ont annoncé samedi le lancement d’une collecte internationale de fonds en faveur des réfugiés ukrainiens, qui culminera le 9 avril avec une « conférence des donateurs » organisée conjointement par Bruxelles et Ottawa.La campagne « Agir pour l’Ukraine » cherche à mobiliser les gouvernements, les institutions, les artistes, les entreprises et les particuliers à allouer des fonds pour soutenir les efforts humanitaires en Ukraine et dans les pays voisins, a expliqué le bureau du premier ministre canadien Justin Trudeau, dans un communiqué co-signé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Mme Von der Leyen et M. Trudeau ont indiqué répondre à l’appel du président ukrainien Volodymyr Zelensky pour qu’ait lieu le 9 avril, un grand rassemblement […] sur les médias sociaux pour soutenir les personnes qui ont été forcées de fuir l’Ukraine.

L’initiative de la Commission européenne et du gouvernement canadien est effectuée en partenariat avec l’Organisation non gouvernementaleONG Global Citizen.

Elle aura pour point d’orgue […] une conférence des donateurs organisée le 9 avril par la présidente de la Commission européenne, Mme Von der Leyen, et le premier ministre Justin Trudeau, qui aura pour objectif de lever des fonds et de mobiliser un soutien plus large en faveur des réfugiés et déplacés ukrainiens.

Près de 3,8 millions de personnes ont fui l’Ukraine, majoritairement pour la Pologne, depuis l’invasion de l’armée russe le 24 février, selon l’Organisation des Nations uniesONU, qui estime à presque 6,5 millions le nombre de déplacés à l’intérieur de l’Ukraine.

Au total, plus de dix millions de personnes, soit plus d’un quart de la population, ont dû quitter leur foyer.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse

L’OTAN volontaire pour aider Kiev, mais pas au prix d’un affrontement avec Moscou

mars 24, 2022

Dans un discours aux dirigeants de l’alliance transatlantique, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé la Russie d’avoir utilisé des bombes au phosphore.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a accueilli le président américain Joe Biden à son arrivée au quartier général de l’OTAN, à Bruxelles Photo : Getty Images/FP/Pool/Evan Vucci

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est « déterminée à faire tout ce qu’elle peut » pour aider l’Ukraine à se défendre contre l’invasion russe, mais en s’assurant d’éviter toute « escalade » susceptible d’entraîner les alliés dans une « guerre totale » contre la Russie, a annoncé jeudi son secrétaire général, Jens Stoltenberg.

Nous saluons les offres concrètes [de soutien] faites par les alliés aujourd’hui, a dit Jens Stoltenberg au terme du sommet extraordinaire de l’OTAN, à Bruxelles. En même temps, nous avons la responsabilité de nous assurer qu’il n’y a pas d’escalade dans ce conflit. Ce serait encore plus dangereux et dévastateur.

Selon lui, les pays membres l’OTAN ont déjà fourni à l’Ukraine des armes antitanks, des systèmes de défense antiaérienne et des drones, ainsi que de l’aide financière et humanitaire depuis le début de l’invasion russe, il y a exactement un mois, et ils continueront de le faire. De l’aide contre de potentielles cyberattaques sera offerte.

L’alliance transatlantique va notamment fournir à l’Ukraine des équipements de protection contre les menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires. Il pourrait s’agir de détection, d’équipement, de protection et de soutien médical, ainsi que de formation à la contamination et à la gestion des crises, a dit M. Stoltenberg.

Nous améliorons également l’état de préparation des forces alliées, a-t-il ajouté. Le commandant suprême des forces militaires de l’Alliance, le général Walters, a activé les éléments de défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire de l’OTAN et nos alliés déploient des moyens de défense pour renforcer les forces des groupements tactiques.

Dans un discours prononcé par visioconférence dans le cadre du sommet, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé la Russie d’avoir utilisé des bombes au phosphore, selon la traduction en français fournie par son bureau. Cette accusation n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante.

« Ce matin, soit dit en passant, il y a eu des bombes au phosphore. Des adultes ont été tués à nouveau et des enfants ont été tués à nouveau.  »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine

Interrogé à ce sujet, M. Stoltenberg a éludé la question, se contentant de dire que l’OTAN disposait d’informations crédibles d’utilisation de force militaire contre des civils en Ukraine, ce qui pourrait constituer des crimes de guerre.

Un nouveau concept stratégique de défense présenté en juin

M. Stoltenberg a par ailleurs confirmé que quatre nouveaux groupements tactiques seront déployés sur le flanc est de l’OTAN, soit en Bulgarie, en Roumanie, en Hongrie et en Slovaquie, ce qui portera à huit le nombre de ces groupements déployés en Europe de l’Est. Les autres se trouvent en Pologne et dans les pays baltes.

À l’heure actuelle, a-t-il noté, plus de 100 000 militaires américaines sont présents en Europe, et 40 000 autres sont sous commandement direct de l’OTAN sur le flanc est. C’est du jamais vu.

Il a aussi réitéré que l’alliance va accroître ses efforts de dissuasion pour faire face à la nouvelle réalité engendrée par la guerre, en augmentant le niveau de préparation de ses forces terrestres, aériennes et navales. Un nouveau concept stratégique de défense devrait être adopté lors du prochain sommet, en juin, à Madrid, a-t-il dit.

Lors de ce sommet, certains pays devraient également présenter leur plan pour accroître leurs dépenses militaires, a-t-il précisé, sans les nommer. En vertu d’une entente conclue en 2014, les membres de l’alliance doivent consacrer 2 % de leur produit intérieur brut (PIB) aux dépenses militaires d’ici 2024.

« La sécurité, ce n’est pas gratuit. En faire plus coûtera plus. Alors les dirigeants de l’OTAN ont accepté de redoubler leurs efforts. »— Une citation de  Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN

Le Canada fait partie des pays qui ne respectent pas encore cet engagement, avec des dépenses militaires qui atteignent 1,4 % du PIB. Le premier ministre canadien Trudeau, qui était présent au sommet jeudi, a récemment avancé qu’il était prêt à augmenter les dépenses militaires du pays, mais sans s’engager formellement.

Zelensky a réclamé 1 % du matériel de l’OTAN

Lors de son discours aux dirigeants des pays de l’OTAN, le président Zelensky a déploré ne pas avoir eu de réponse claire de l’OTAN à la requête de l’Ukraine pour que l’organisation impose une zone d’exclusion aérienne au-dessus de son territoire, ni en ce qui concerne des demandes pour obtenir des chasseurs ou des tanks.

Le pire pendant la guerre, c’est de ne pas avoir de réponses claires aux demandes d’aide, a-t-il lancé aux dirigeants des pays de l’Alliance, après avoir indiqué qu’il souhaite obtenir 1 % des appareils qu’ils détiennent, dont 500 de leurs 20 000 chars.

« Je veux juste que vous sachiez que l’Alliance peut encore empêcher la mort d’Ukrainiens à cause des frappes russes, de l’occupation russe, en nous fournissant toutes les armes dont nous avons besoin. »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine

Vous pouvez nous donner 1 % de tous vos avions, 1 % de tous vos réservoirs. 1 %! Nous ne pouvons pas simplement l’acheter. Un tel approvisionnement ne dépend directement que des décisions de l’OTAN, des décisions politiques, a plaidé M. Zelensky.

« Vous avez des milliers d’avions de chasse, mais on ne nous en a pas encore donné un. […] Vous avez au moins 20 000 chars. L’Ukraine a demandé un pourcentage, 1 %. Donnez-nous ou vendez-nous. »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine

Interrogé à ce sujet, Jens Stoltenberg n’a donné aucune indication que les pays membres de l’alliance sont disposés à agir de la sorte, en réitérant simplement qu’ils feront ce qu’ils peuvent pour aider l’Ukraine à se défendre, mais en évitant une guerre totale avec la Russie. Il faut être honnête par rapport à ça, a-t-il admis.

Le mandat de Stoltenberg prolongé

Les dirigeants des pays membres de l’OTAN ont par ailleurs profité du sommet pour annoncer la prolongation du mandat de M. Stoltenberg à la tête de l’Alliance en raison de la guerre en Ukraine. L’ancien premier ministre norvégien restera ainsi en poste jusqu’au 30 septembre 2023, a-t-il lui-même annoncé sur Twitter.

« Alors que nous sommes confrontés à la plus grande crise de sécurité depuis une génération, nous sommes unis pour maintenir notre Alliance forte et nos citoyens en sécurité. »— Une citation de  Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN

En poste depuis 2014, le secrétaire général de l’OTAN devait originalement quitter son poste à l’automne pour prendre la tête de la banque centrale de Norvège à compter du 1er décembre. L’institution avait fait l’annonce de cette nomination le mois dernier. L’invasion russe de l’Ukraine est toutefois venue bousculer cet agenda.

Peu avant l’annonce de la décision, l’actuel premier ministre norvégien, Jonas Gahr Store, avait dit soutenir la prolongation du mandat de M. Stoltenberg. Pour la Banque de Norvège, des solutions transitoires, avec un possible intérim de la vice-présidente à la tête de l’institution, sont à l’étude, selon le gouvernement norvégien.

Le monde doit arrêter la guerre, dit Zelensky

Avant de prononcer son discours à l’OTAN, le président Zelensky a lancé un appel enflammé aux citoyens du monde entier à manifester contre l’invasion russe de son pays, un mois après le début de la guerre.

Allez-y avec des symboles ukrainiens pour défendre l’Ukraine, pour défendre la liberté, pour défendre la vie! a lancé M. Zelensky dans la nuit de mercredi à jeudi dans un message vidéo en anglais. Retrouvez-vous sur les places, dans la rue, montrez-vous et faites-vous entendre!

Exprimez-vous, manifestez depuis vos bureaux, vos maisons, vos écoles et vos universités, manifestez au nom de la paix!, a martelé le président. Le monde doit arrêter la guerre.

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a soutenu dans une entrevue avec une chaîne télévisée espagnole que les Russes ne veulent rien négocier actuellement. Tout ce qu’ils veulent, c’est occuper le territoire.

La Russie veut encercler la côte jusqu’à la frontière avec la Moldavie et isoler l’Ukraine de la mer. La Russie voudra négocier seulement lorsqu’elle aura obtenu une position de force, a ajouté Josep Borrell.

M. Borrell a déclaré que l’Union européenne et ses alliés continueront à fournir une aide militaire à l’armée ukrainienne.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France Presse, Associated Press, BBC, Reuters et The Guardian

Ukraine: 21 morts dans une frappe russe, Zelensky implore d’aider à « arrêter cette guerre »

mars 17, 2022

Le président ukrainien a imploré les Occidentaux d’aider à « arrêter cette guerre », au moment où une frappe russe faisait au moins 21 morts dans l’est de l’Ukraine, après trois semaines d’une offensive de Moscou qui ne donne aucun signe de répit malgré la poursuite de pourparlers.

« Un peuple est en train d’être détruit en Europe », a lancé Volodymyr Zelensky, s’adressant par visioconférence au Bundestag depuis la capitale ukrainienne bombardée. « Aidez-nous à arrêter cette guerre ! », et à détruire le nouveau « mur » que veut imposer Moscou, a-t-il ajouté, ovationné par les députés allemands.

L’Ukraine vit depuis trois semaine au rythme des annonces de frappes russes meurtrières sur ses villes, qu’elle accuse le Kremlin de viser à dessein. Dernière en date, une frappe d’artillerie a fait au moins 21 morts jeudi matin à Merefa, près de la ville assiégée de Kharkiv (est).

« Une école et un centre culturel ont été détruits. 21 personnes ont été tuées et 25 blessées dont 10 sont dans un état grave », a annoncé le parquet régional.

Les regards étaient également tournés jeudi vers Marioupol, ville portuaire du sud-est assiégée et où Volodymyr Zelensky a accusé mercredi l’aviation russe d’avoir « sciemment » bombardé un théâtre où étaient réfugiés des centaines d’habitants.

« Le monde doit finalement admettre que la Russie est devenue un Etat terroriste », avait-il ajouté.

La mairie de ce port stratégique sur la mer d’Azov a affirmé que « plus d’un millier » de personnes se trouvaient dans un abri antiaérien situé dans le théâtre.

Un député, Serguiï Tarouta, a affirmé sur Facebook que des gens sortaient vivants des décombres, l’abri sous le théâtre ayant tenu.

Jeudi matin, le Parquet général d’Ukraine a indiqué qu’il était pour l’instant « impossible d’établir le nombre exact de victimes car des bombardements se poursuivent en permanence ».

Selon lui, « il y a des informations » sur des « blessés dont des enfants ». Sur une photo du théâtre prise lundi et publiée mercredi par la société d’imagerie satellitaire américaine Maxar, est bien visible depuis le ciel le mot « enfants » écrit au sol en russe en immenses lettres blanches, devant et derrière le théâtre.

La Russie a affirmé ne pas avoir bombardé la ville, et que l’immeuble avait été détruit par le bataillon nationaliste ukrainien Azov.

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a indiqué de son côté manquer d’informations et ne pas pouvoir « exclure la possibilité d’une cible militaire ukrainienne dans la zone du théâtre », qui abritait « au moins 500 civils ».

Plus de 2.100 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre à Marioupol, selon les Ukrainiens. Des personnes ayant réussi à fuir la ville ces derniers jours pour Zaporojie, plus à l’ouest, ont raconté avoir fait fondre de la neige pour boire et cuire le peu de nourriture disponible sur des braseros.

« Ils tirent tellement de roquettes, il y a beaucoup de corps de civils morts dans les rues », a raconté à l’AFP Tamara Kavounenko, 58 ans, qui vivait dans le centre-ville.

Aide militaire massive

A Washington, répondant à une journaliste, le président américain Joe Biden a accusé son homologue russe Vladimir Poutine d’être « un criminel de guerre ».

Des propos « inacceptables et impardonnables », a répliqué le Kremlin.

Auparavant, M. Biden avait confirmé mercredi que son pays fournirait à Kiev 800 millions de dollars de plus d’aide militaire, soit une enveloppe d’un milliard de dollars en une semaine.

Il a aussi indiqué que Washington allait aider l’Ukraine à se doter de systèmes de défense antiaérienne supplémentaires et de plus longue portée.

Ses annonces sont intervenues peu après que M. Zelensky eut lancé un appel à l’aide devant le Congrès américain.

Bombardements meurtriers

Cette assistance militaire doit aider Kiev à continuer à résister aux forces russes.

Depuis le début de l’invasion russe le 24 février, ces dernières n’ont encore revendiqué la prise d’aucune grande ville ukrainienne, même si elles ont nettement progressé dans le sud et semblent avancer dans l’est du pays.

Selon HRW, les forces russes ont notamment utilisé des bombes à sous-munitions les 7, 11 et 13 mars, sur la ville de Mykolaïv, proche d’Odessa. Neuf personnes sont mortes le 13 mars, qui faisaient la queue à un distributeur, selon l’organisation.

Au nord de Kiev, à Tcherniguiv, dix personnes qui attendaient pour acheter du pain sont mortes lorsque des forces russes ont ouvert le feu, a affirmé mercredi le Parquet général ukrainien. Moscou a démenti, accusant là aussi des « nationalistes ukrainiens ».

Selon le gouverneur militaire régional, 53 corps au total ont été amenés à la morgue mercredi.

Les bombardements se poursuivent aussi sur Kharkiv, deuxième ville du pays, où au moins 500 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre.

A Kiev, une frappe sur un immeuble a tué une personne jeudi à l’aube.

« J’ai entendu un sifflement, et mon mari m’a appelée en criant. On habite au rez-de-chaussée, les fenêtres se brisaient. Le principal, c’est qu’on soit vivant », a dit à l’AFP Iryna Voïnovska, 55 ans, en sanglots. « Malheureusement, une femme est morte au 16e étage, écrasée par une gazinière ».

La capitale reprenait lentement vie jeudi matin après la levée d’un couvre-feu imposé depuis mardi soir.

Mais les rues, ponctuées de points de contrôle et de sacs de sable, restaient quasiment désertes. La ville s’est vidée d’au moins la moitié de ses 3,5 millions habitants.

Aucun bilan global n’a jamais été fourni, même si le président Zelensky a mentionné le 12 mars la mort d' »environ 1.300″ militaires ukrainiens, tandis que Moscou a rapporté près de 500 morts dans ses rangs le 2 mars.

Cent-huit enfants ont été tués et 120 blessés dans le pays depuis l’invasion russe, a indiqué jeudi le Parquet général ukrainien.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) dénonce en particulier les nombreuses frappes sur des infrastructures de santé.

Plus de trois millions d’Ukrainiens ont déjà pris les routes de l’exil, en grande majorité vers la Pologne. Des milliers d’entre eux poursuivent leur voyage vers d’autres pays, comme la Suède: Stockholm estime qu’ils arrivent au rythme de près de 4.000 personnes par jour, et n’exclut pas d’en recevoir jusqu’à 200.000.

Dans ce contexte, la Cour internationale de justice (CIJ), plus haut tribunal de l’ONU, a ordonné mercredi à Moscou d’immédiatement interrompre ses opérations militaires.

Décision balayée jeudi par le Kremlin. Vladimir Poutine a martelé mercredi dans un discours que l’offensive était « un succès », et comparé les sanctions occidentales à « un blitzkrieg » contre la Russie.

Revenant sur le discours très dur du président russe, son porte-parole Dmitri Peskov a affirmé jeudi que la « majorité écrasante » des Russes soutenaient la ligne décidée par Vladimir Poutine.

Les autres sont des « traîtres », et le conflit les révèle, permettant une « purification » de la société, a-t-il ajouté, alors que nombre de Russes opposés au Kremlin ont quitté le pays depuis le début de l’offensive.

« Accord de sécurité collective »

Malgré la détermination qu’affichent les deux camps, des pourparlers se poursuivent en parallèle par visioconférence au niveau de délégations.

Le minisre turc des Afaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, en visite à Lviv dans l’ouest de l’Ukraine, a indiqué que Kiev avait « fait une offre sur l’accord de sécurité collective: P5 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, ndlr), plus Turquie et Allemagne ».

« Lors de mes contacts à Moscou hier, j’ai vu que la Fédération de Russie n’y voyait aucune objection et qu’elle pouvait accepter une telle offre », a précisé le ministre qui a rencontré mercredi à Moscou le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

La veille, l’Ukraine avait rejeté la proposition russe d’un simple statut de pays neutre, exigeant des « garanties de sécurité absolues ».

Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a de son côté accusé Moscou de « faire semblant de négocier », tout en continuant à faire parler les armes ».

Le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l’Albanie, la France, la Norvège et l’Irlande ont demandé une nouvelle réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU jeudi après-midi.

La guerre en Ukraine pourrait coûter un point à la croissance mondiale en un an si ses effets se prolongent sur les marchés énergétiques et financiers, et pousser l’inflation d’environ 2,5 points supplémentaires, a estimé l’OCDE.

Par Le Point avec AFP

Ukraine-Russie : le FMI prêt à aider une Afrique « particulièrement vulnérable » aux répercussions de la guerre

mars 11, 2022

Pour la directrice générale du Fonds monétaire international, outre les « millions de vies dévastées », cette guerre, qui intervient dans un contexte de reprise post-Covid-19, « menace d’anéantir une partie » des progrès réalisés sur le continent.

Dans un message transmis le 10 mars, Kristalina Georgieva est revenu sur les conséquences de l’invasion russe en Ukraine sur les économies africaines. « L’Afrique est particulièrement vulnérable aux impacts de la guerre en Ukraine par le biais de quatre canaux principaux : augmentation des prix des denrées alimentaires, hausse des prix des carburants, baisse des revenus du tourisme, et potentiellement plus de difficultés à accéder aux marchés de capitaux internationaux », a indiqué la directrice générale du FMI, à l’issue d’une rencontre organisée le 9 mars avec les ministres africains des Finances, les gouverneurs des banques centrales africaines et les représentants de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA).

« La guerre en Ukraine dévaste la vie de millions de personnes et affecte gravement l’économie ukrainienne. La guerre et les sanctions sans précédent imposées à la Russie ont des conséquences d’une portée considérable. Elles surviennent à un moment délicat pour l’Afrique », a-t-elle ajouté.

Menace sur les progrès réalisés

L’économiste bulgare, ancienne n°2 de la Banque mondiale et ex-commissaire européenne à la Coopération internationale, a déploré que pendant que l’économie mondiale et le continent « commencent à se remettre des ravages de la pandémie de Covid-19, cette nouvelle crise menace de réduire à néant une partie de ces progrès ». Elle s’est toutefois dite « très encouragée par le fort intérêt des décideurs politiques africains à poursuivre notre dialogue sur les réponses politiques ».

« J’ai noté, en particulier, les préoccupations importantes concernant l’espace politique national limité pour faire face durablement aux crises en cours », a-t-elle indiqué, laissant entendre en langage FMI que le Fonds est prêt à être flexible quant au respect ultra-strict des réformes demandées en échange des financements. Certaines d’entre elles, en particulier la suppression des subventions générales sur les produits énergétiques, s’avérant difficiles à réaliser, alors que le baril de brut a pris plus de 30 dollars entre la veille de l’entrée des forces russes en Ukraine et début mars. À plus de 113 dollars, le baril de brut est aujourd’hui à son plus haut niveau depuis avant la crise financière de 2008.

LES RÉCENTES RÉFORMES DE LA BOÎTE À OUTILS DE PRÊT DU FONDS OFFRENT UNE PLUS GRANDE FLEXIBILITÉ POUR AIDER À RÉPONDRE AUX BESOINS DE FINANCEMENT.

« En ce moment difficile, le Fonds est prêt à aider les pays africains à faire face aux répercussions de la guerre et à concevoir et mettre en œuvre des réformes grâce à ses conseils en matière de politique, au développement des capacités et à ses prêts. Les récentes réformes de la boîte à outils de prêt du Fonds offrent une plus grande flexibilité pour aider à répondre aux besoins de financement », a conclu la patronne du FMI.

Un conflit qui n’était pas prévu

Dans la dernière mise à jour du rapport Perspectives de l’économie mondiale du FMI, datée de janvier 2022, la possibilité d’une crise sur le continent européen n’était pas envisagée et le mot Ukraine n’apparaît nulle part. Le rapport pointait toutefois, déjà, que « la hausse des prix des denrées alimentaires a contribué à l’augmentation de l’inflation, par exemple en Afrique subsaharienne ».

L’institution multilatérale tablait toutefois sur une relance de l’économie, avec une hausse estimée de 4 % du PIB pour l’année 2020 au sud du Sahara, après une baisse de 1,7 % en 2020. Le Fonds anticipait une progression en 2022 et 2023 de respectivement 3,7 % et 4 %, en très léger recul (-0,1 point dans les deux cas) par rapport aux prévisions d’octobre 2021.

Il est à noter que le 9 mars, le Fonds a approuvé le décaissement de 1,4 milliard de dollars en faveur de l’Ukraine « pour répondre à des besoins urgents de financement et atténuer les répercussions économiques de la guerre ».

Avec Jeune Afrique par Joël Té-Lessia Assoko

Turquie : « Un tiers de notre aide au développement est consacré à l’Afrique »

décembre 3, 2021
Serdar Çam, le vice-ministre turc de la Culture et du Tourisme. © Tika

L’Agence turque pour la coopération et le développement (Tika) compte 22 bureaux sur le continent et multiplie les projets. Entretien avec Serdar Çam, qui en tant que vice-ministre de la Culture chapeaute cette institution.

Ingénieur chimiste diplômé de la prestigieuse université Odtü (Ankara) et docteur en management (université de Boston), Serdar Çam a présidé l’Agence pour la coopération et le développement (Tika) de 2011 à 2019. Aujourd’hui vice-ministre de la Culture et du Tourisme, il chapeaute plusieurs organismes liés au soft power turc, dont la Tika, qui depuis sa création, en 1992, a conduit plus de 30 000 projets dans 170 pays. La Tika compte 850 employés et 62 bureaux, dont 22 en Afrique.

Jeune Afrique : Quels sont les objectifs de la Tika en Afrique ?
Serdar Çam : Partager nos valeurs et notre expérience, faire bénéficier les pays du continent de nos succès économiques. Nous avons surmonté de nombreuses difficultés et beaucoup appris ces quarante dernières années. Nous avons aussi aidé les pays turcophones d’Asie centrale après l’effondrement de l’URSS. Nos capacités étaient néanmoins limitées. Mais, depuis que Recep Tayyip Erdogan a accédé au pouvoir, en 2002, la Tika est devenue un acteur important de l’aide au développement. Sa caractéristique : soutenir les économies fragiles, sans marchandage ni contreparties.

Quels sont vos domaines d’action ?
Nous avons lancé des milliers de programmes dans tous les secteurs : éducation, santé, agriculture, industrie, développement durable, aide aux mères et aux enfants, promotion des femmes… Chaque année, 5 000 experts turcs, dont un tiers en Afrique, sont engagés dans des actions de formation.

À MOGADISCIO, NOUS AVONS CONSTRUIT L’HÔPITAL LE PLUS GRAND ET LE PLUS MODERNE DU CONTINENT

De quel budget disposez-vous ?

Il varie en fonction des besoins. Lors de la Quatrième Conférence de l’ONU sur les pays les moins avancés, qui a eu lieu à Istanbul en 2011, la Turquie s’était engagée à fournir 2 milliards de dollars sur dix ans à ces 48 États, dont 35 sont africains. Elle a tenu sa promesse. Aujourd’hui, un tiers de notre action est consacré à l’Afrique.

Quelle est votre approche ?
Elle consiste à demander aux pays quels sont leurs besoins et à leur donner ce qu’ils jugent nécessaire. Et cela, ils le savent mieux que nous. Selon les cas, cela peut être des infrastructures, de la formation pour les agricultrices, ou des écoles, car l’illettrisme est un frein au développement et un terreau pour le terrorisme.

Avez-vous des pays cibles ?
Nous veillons à être actifs partout. Dans les pays où nous n’avons pas de bureau, nous agissons depuis notre siège, à Ankara, ou depuis notre bureau régional le plus proche.

Quelles sont vos plus grandes réussites ?
Je pourrais évoquer celles qui ont mobilisé les plus gros budgets. Mais certaines, sans représenter des montants élevés, contiennent une forte charge émotionnelle. Au Ghana, nos médecins ont appareillé une quarantaine d’enfants profondément sourds. Ils peuvent aujourd’hui parler, et sont scolarisés. À Mogadiscio, nous avons construit et faisons fonctionner l’hôpital le plus grand (200 lits) et le plus moderne du continent.

Nous avons également construit, équipé ou rénové des hôpitaux, des centres médicaux, des écoles ou des Parlements, notamment au Bénin, en Gambie, en Libye, au Mali, au Niger, au Soudan et au Tchad. Et restauré des monuments ottomans, comme la mosquée Ketchaoua, à Alger, le consulat d’Harar, en Éthiopie, le musée et le palais du sultan Ali Dinar, au Soudan.

NOS ÉCHANGES AVEC CERTAINS PAYS ONT ÉTÉ DÉCUPLÉS

Quelles différences présentez-­vous avec les autres agences de développement ?
Sur le plan technique, il y en a peu. C’est notre approche politique qui est différente. Nous ne faisons pas comme certains États dont les banques prêtent de l’argent à des pays et qui, lorsque ces derniers ne peuvent plus rembourser, prennent le contrôle de pans entiers de leur économie.

Cela étant, nous sommes conscients que ce qu’il se passe dans d’autres parties du monde peut avoir des conséquences pour nous. Lutter contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest, par exemple, peut avoir un impact sur la France ou sur la Turquie. Cette dernière est un bon partenaire pour l’Union européenne (UE). Nous pouvons être concurrents dans une certaine mesure, mais, sur le plan global, nous pouvons aussi agir et, pourquoi pas, travailler ensemble.

Votre aide n’est pas forcément désintéressée…
Bien sûr, toute action positive suscite l’amitié. Nos échanges avec certains pays ont été décuplés sans que nous n’ayons rien calculé. Lors d’une visite du président Erdogan en Afrique du Sud, un homme d’affaires m’a demandé au déjeuner  : « Quelles sont vos attentes en Somalie ? » « Voir cesser la mortalité infantile », lui ai-je répondu. La première dame, Emine Erdogan, avait tenu dans ses bras un bébé, qui est mort peu après – les médecins du président n’avaient pu le sauver. Cela nous avait beaucoup remués. Nous aurions pu ouvrir notre premier bureau au Mozambique, qui possède les deuxièmes réserves de gaz du continent, mais non : nous aidons les plus pauvres et voulons montrer qu’on peut réussir à aider des États faillis.

L’AFRIQUE EST LE LIEU OÙ LA TURQUIE ET L’UNION EUROPÉENNE PEUVENT TROUVER DES COMPROMIS

Êtes vous favorables à des initiatives conjointes avec d’autres organismes d’aide au développement ?

Nous sommes toujours ouverts à d’autres collaborations, sans restrictions, que ce soit avec l’ONU, le Pnud, l’USaid, etc. Depuis près de sept siècles la Turquie est tournée vers l’Europe. Elle est très importante pour l’UE, les politiciens qui ne veulent pas que nous l’intégrions devraient le comprendre. L’Afrique est un continent essentiel, où la Turquie et d’autres pays européens peuvent mener des projets conjoints, avec de nouvelles approches, de nouveaux programmes. Nous devons nous tourner vers l’avenir. Justement, l’Afrique est le lieu où l’on peut trouver des compromis.

Travaillez-vous avec le secteur privé ?

Bien sûr, indirectement. Pour de gros projets, tels que des programmes techniques ou scientifiques, nous travaillons avec des ministères et autres institutions étatiques, mais nous nous appuyons aussi sur des universités ou sur des organisations techniques appartenant au secteur privé. En lançant des appels d’offre nous transférons la mise en œuvre de nos programmes au privé. Et, par ailleurs, des donateurs nous aident pour des projets spécifiques.

Avec Jeune Afrique par Joséphine Dedet