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Togo : l’opposant Jean-Pierre Fabre inculpé dans l’affaire des incendies de Kara et Lomé

mars 13, 2013

Jean-Pierre Fabre, leader de l'Alliance nationale pour le changement (ANC). Jean-Pierre Fabre, leader de l’Alliance nationale pour le changement (ANC). © AFP

L’un des principaux chefs de l’opposition togolaise, Jean-Pierre Fabre, et un autre opposant, Abass Kaboua, ont été officiellement inculpés, mardi 12 mars, dans l’affaire des incendies qui ont ravagé deux marchés du pays au mois de janvier.

Jean-Pierre Fabre, leader de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), et Abass Kaboua, du Mouvement des républicains centristes (MRC), ont été inculpés mardi de complicité de destruction de biens publics et de groupement de malfaiteurs.

D’après Me Dodji Apévon, l’avocat de Jean-Pierre Fabre, les deux opposants n’ont pas été placés sous mandat de dépôt – comme d’autres membres de l’opposition – mais leurs domiciles ont été perquisitionnés. Selon lui, les deux hommes ont déclaré ne pas reconnaître les faits qui leur sont reprochés.

Le procureur de la République, Essolissam Poyodi, a confirmé mercredi l’inculpation du chef de file de l’ANC, qui avait été le principal opposant du président Faure Gnassingbé lors du scrutin présidentiel de 2010.

« Sauvons le Togo »

Jean-Pierre Fabre et Abass Kaboua sont tous deux membres du Collectif « Sauvons le Togo » (CST) qui réunit plusieurs partis d’opposition et des membres de la société civile togolaise.

Le principal marché de Lomé et le marché de Kara, à 420 km au nord de la capitale togolaise, avaient été ravagés en janvier par d’importants incendies. Les flammes n’avaient pas fait de victimes mais occasionné des pertes financières importantes – environ 6 milliards de FCFA (9 millions d’euros) – , selon les résultats d’une commission mise en place par le gouvernement.

Le gouvernement avait dénoncé des actes criminels et 31 personnes, pour la plupart des membres de l’opposition, ont été inculpées dans cette affaire.

Arrestations d’opposants

Le 26 février, trois autres responsables du collectif « Sauvons le Togo », Zeus Ajavon, Jil Benoît Afangbédji et Raphaël Kpandé-Adzaré avaient également été inculpés de complicité de destruction de biens publics et de groupement de malfaiteurs.

L’ancien Premier ministre togolais et responsable de l’opposition, Agbéyomé Kodjo, inculpé et incarcéré mi-janvier, avait lui été remis en liberté le 25 février. Quelques partisans de l’opposition, qui avaient tenté de se rassembler devant la gendarmerie mardi soir lors de l’audition des deux opposants, ont été dispersés par de tirs de gaz lacrymogène.

Le CST a plusieurs fois manifesté ces derniers jours à Lomé pour demander la libération de tous les opposants arrêtés et exiger une enquête internationale.

Jeuneafrique.com avec AFP

Togo : l’ANC de Jean-Pierre Fabre refuse la main tendue par Faure Gnassingbé

juillet 13, 2012
Jean-Pierre Fabre, leader du parti d'opposition (ANC). Jean-Pierre Fabre, leader du parti d’opposition (ANC). © Jean-Claude Abalo, pour J.A.

Une correspondance de la présidence de la République togolaise adressée jeudi 12 juillet au parti de l’opposant Jean-Pierre Fabre, de l’Alliance nationale pour changement (ANC), pour des consultations en vue de la formation d’un nouveau gouvernement, s’est heurtée à un refus catégorique.

L’Alliance nationale pour changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre vient de décliner l’offre du président de la République togolaise de prendre part à une « rencontre d’échanges », dans le cadre des consultations auxquelles procède le chef de l’État en vue de la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale, suite à la démission du Premier ministre et de son gouvernement », peut-on lire dans un communiqué du parti d’opposition. L’ANC fait ensuite mention des motifs de cette décision, estimant que le chef de l’État togolais agit « en violation de la Constitution et des lois de notre pays », notamment en ce qui concernent les violences policières et la révocation du mandat des parlementaires de l’ANC.

Même son cloche du côté du Collectif sauvons le Togo (CST). Ce regroupement de partis politiques et de défenseurs des droits de l’homme, qui a beaucoup fait parler de lui ces dernières semaines, n’entend pas non plus servir de béquilles au  pouvoir.

Quid de l’UFC ?

« Aucune entité du CST, aucun de ses responsables, ne participera à un gouvernement sous Faure Gnassingbé », a martelé Me Zeus Ajavon, Coordinateur du Collectif. L’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo, également membre du CST, a réitéré qu’il « n’entend pas non plus occuper un poste de Premier ministre sous Faure Gnassingbé ». « Je ne peux servir le père et le fils [feu le président Eyadéma Gnassingbé et Faure Gnassingbé, NDLR] », a juré M. Kodjo.

En refusant une énième « main tendue » du chef de l’État, le pouvoir pourrait désormais se ranger du côté des faucons de Lomé et se radicaliser vis-à-vis de l’opposition. Les petits partis, en quête de visibilité, pourraient alors se voir propulsés au devant de la scène politique. Et bien que l’Union des forces de changement (UFC) de « l’opposant historique » Gilchrist Olympio, se dise « serein » sur la suite des événements, sa prochaine participation au gouvernement n’est pas du tout assurée.

Jeuneafrique.com par Jean-Claude Abalo, à Lomé