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Côte d’Ivoire : avant le procès des pro-Soro, Alain Lobognon se met en retrait de la politique

mai 18, 2021
Alain Lobognon, ancien ministre des Sports.

Guillaume Soro et une vingtaine de ses proches seront jugés ce mercredi pour atteinte à l’autorité de l’État. Parmi eux, le député Alain Lobognon, incarcéré depuis décembre 2019, qui annonce prendre ses distances avec son ancienne formation politique.

Il a choisi de « comparaître en homme politique affublé d’aucune appartenance politique ». À quelques jours de l’ouverture de son procès, l’ancien député Alain Lobognon a annoncé sa démission de toutes les instances du Mouvement pour la promotion des valeurs nouvelles en Côte d’Ivoire (MVCI), un mouvement un temps proche de celui de Guillaume Soro, Générations et peuples solidaires (GPS).

L’ancien ministre des Sports d’Alassane Ouattara affirme, dans un communiqué signé de son porte-parole, Jean-Paul Beugrefoh, avoir « partagé joie et plaisir de militer aux côtés de plusieurs amis, frères et camarades pour l’engagement de valeurs nouvelles en Côte d’Ivoire » et partir « le cœur léger, sans regret ni rancœur ». Se définissant comme un « prisonnier politique », il affirme vouloir « disposer de sa totale liberté, au moment où va s’ouvrir le procès ».

L’espoir d’un geste politique

Emprisonné depuis le mois de décembre 2019, Alain Lobognon comparaitra en effet ce mercredi 19 mai devant le tribunal criminel d’Abidjan pour répondre des charges d’atteinte à l’autorité de l’État, de complot et de diffusion de fausses informations tendant à jeter le discrédit sur les institutions et le moral des populations.

Il encoure la prison à vie mais son épouse, Amira Lobognon, le dit « serein », impatient d’en découdre avec la justice et de pouvoir enfin s’expliquer. « Il attend ce procès depuis des mois », assure-t-elle, expliquant espérer « un geste du président » afin que son mari « retrouve ses enfants et sa famille ». Dans ce procès, l’ancien député a décidé de ne pas être représenté par un avocat « compte tenu des violations des procédures constitutionnelles et judiciaires », précise-t-elle.

Le « clan soroïste » en procès

L’ancien président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro, en exil depuis sa tentative de retour avorté à Abidjan le 23 décembre 2019 et sous le coup d’un mandat d’arrêt international, est également poursuivi dans ce dossier, ainsi qu’une vingtaine de ses proches. Parmi eux, ses frères cadets, Rigobert et Simon Soro, ainsi que son ancien directeur de protocole, Souleymane Kamagaté, dit « Soul to Soul » – ils sont incarcérés en Côte d’Ivoire. Également poursuivis, son avocate, l’ancienne ministre Affoussiata Bamba Lamine, son ex-directeur de la communication, Moussa Touré, son aide de camp, Abdoulaye Fofana, et l’ancien député Issiaka Fofana sont pour leur part en exil.

C’est donc le procès du clan Soro qui s’apprête à s’ouvrir à Abidjan, alors que GPS est exsangue. Outre les cadres en exil ou incarcérés, certains ont choisi de rallier le camp présidentiel, à l’image de Kanigui Soro Mamadou, qui avait rallié Alassane Ouattara juste avant la présidentielle d’octobre 2020, ou encore d’Alphonse Soro, qui a annoncé qu’il soutenait désormais le chef de l’État.

Dans le même temps, tandis que les tractations sont toujours en cours en vue du retour de l’ancien président Laurent Gbagbo à Abidjan, les gestes d’apaisement se multiplient entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié, le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire PDCI), laissant entrevoir une marginalisation accrue de l’ancien chef de la rébellion des Forces nouvelles sur la scène politique ivoirienne.

En avril 2020, ce dernier avait été reconnu coupable de recel de deniers publics détournés et de blanchiment de capitaux. Il a été condamné à 20 ans de prison ferme, à 4,5 milliards de francs CFA d’amende et à la privation de ses droits civiques pour une période de cinq ans.

Avec Jeune Afrique par Florence Richard – à Abidjan

Remaniement en Côte d’Ivoire : un perdant, trois gagnants

mai 14, 2015

Alain Lobognon avec le trophée de la CAN des moins de 17 ans, le 29 avril 2013 à Abidjan. © Sia Kambou/AFP

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, a procédé mercredi à un remaniement « technique » du gouvernement. Trois nouvelles personnalités font leur entrée dans l’équipe de Daniel Kablan Ducan, et une seule en sort : Alain Lobognon, victime de l’affaire des primes impayées de la CAN.

Conséquence directe du scandale des primes impayées de la CAN 2015, le limogeage mercredi 13 mai du ministre de la Promotion de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs, Alain Lobognon, remplacé par François Albert Amichia, n’est pas le seul changement au sein du gouvernement.

Deux autres personnalités intègrent en effet l’équipe du Premier ministre Daniel Kablan Duncan. Il s’agit de Moutayé Azoumana à l’Entreprenariat national, l’Artisanat et la promotion des PME (Petites et moyennes entreprises), et de Sidi Touré, nommé ministre délégué auprès du président de la République chargé de la Promotion de la jeunesse et de l’Emploi des jeunes. Autre perdant de ce réaménagement téchnique, Jean-Louis Billon abandonne ainsi deux de ses portefeuilles puisque qu’il ne conserve que celui du Commerce.

Le MFA au gouvernement

Dans son entourage, on explique que ce dernier a été « victime d’une sorte d’équation politique ». « On lui a clairement demandé de se sacrifier pour faire entrer le MFA (Mouvement des forces d’avenir) au gouvernement », dit un proche qui précise qu’il n’a jamais été question qu’il soit limogé.

Avec l’UPDCI (Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire), le RDR (Rassemblement des républicains de Côte d’Ivoire) et le PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire, le MFA est l’un des quatre partis qui composent l’alliance RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix), mouvement de l’actuelle majorité présidentielle. Azoumana a été élu à sa tête en avril.

Fidèle du président Ouattara, Sidi Touré l’accompagne depuis près de dix ans. Membre du RDR depuis les premières heures du parti et ancien responsable de la Jeunesse Libérale, il occupait le poste de chef de cabinet de Ouattara depuis 2006. Sa nomination au gouvernement avait été évoqué par le chef de l’État lors d’une visite effectuée à Béoumi (Centre) d’où est originaire Sidi Touré. « Il connaît très bien le président. Son arrivée va permettre une action plus directe », précise un ministre.

Soro esseulé ?

Quant à François Albert Amichia, maire PDCI de la commune de Treincheville à Abidjan, il  est donc devenu le nouveau ministre des Sports et des Loisirs. Membre du parti d’Henri Konan Bédié depuis le milieu des années 1980, il avait déjà occupé ce poste entre 2002 et 2003. À peine nommé, Amicha s’est empressé de remercier en personne Bédié à sa résidence de Cocody.

De son côté, Alain Lobognon fait les frais de l’affaire des primes impayées des joueurs et membres de l’encadrement technique de la sélection nationale, victorieuse de la CAN 2015, disputée en Guinée Équatoriale (17 janvier – 8 février). C’est un proche de Guillaume Soro, dont il a été le conseiller spécial chargé de communication et des médias d’avril 2007 à mai 2011. Avec son départ, le président de l’Assemblée nationale perd l’un de ses derniers alliés au gouvernement. Dans son entourage, on se refuse à tout commentaire…

Jeuneafrique.com par Vincent Duhem, envoyé spécial à Abidjan

Côte d’Ivoire: Le ministre ivoirien des Sports, Alain Lobognon, limogé après l’affaire des primes impayées de la CAN

mai 13, 2015

Alain Lobognon, ancien ministre des Sports.
Alain Lobognon, ancien ministre des Sports. © DR

Le ministre ivoirien des Sports, Alain Lobognon, a été démis de ses fonctions mercredi, à la demande du président Alassane Ouattara. Il était sous le feu de la critique dans l’affaire des primes impayées de la CAN 2015.

Alain Lobognon paie l’imbroglio autour des primes impayées de la Coupe d’Afrique des nations 2015. Alors qu’il clamait son innocence, le ministre des Sports a été démis de ses fonctions, mercredi 12 mai, par le premier ministre Daniel Kablan Duncan, sur demande du chef de l’État, Alassane Ouattara. La veille, sa démission avait été réclamée par Pascal Affi N’Guessan, président du FPI reconnu par le gouvernement, qui l’invitait à « tirer les conséquences [de cette affaire] pour l’honneur du sport ivoirien ».

Le Trésor affirme avoir versé à la FIF 2,9 milliards de F CFA censés faire partie des primes. De son côté, la FIF maintient qu’elle n’a pas reçu ces fonds. « Cette affaire est une honte pour le pays. Serge Aurier a par exemple 52 millions de F CFA de primes en suspens, Eric Bally 40 millions, Yaya Toure 21 millions… Ça fait pas joli », explique une source proche du dossier. D’autant qu’il ne s’agirait plus de 700 millions de F CFA disparus, mais de 850 millions. »

« Les primes concernées sont celles de la compétition. La prime de victoire du président, d’un montant de 2 milliards de F CFA, a été intégralement payée et virée sur les comptes des joueurs par mes soins. Dans cette affaire, je suis clean », confiait encore il y a quelques jours Alain Lobognon. Il exigeait alors le relevé de compte de la Banque du Trésor pour avoir des précisions sur les mouvements de fonds en cause, afin de démêler l’imbroglio.

Il devra donc le faire sans le secours de son statut de ministre. « Cette décision salutaire me permet de faire face aux accusations diffamantes visant ma probité, mon monneur et celui de ma famille », a-t-il réagi sur Twitter peu après son éviction.

Jeuneafrique.com par Mathieu Olivier