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Lettre de Bienvenu Mabilemono à Alain Mabanckou

juin 16, 2016

Objet : Mon Cher Alain Mabanckou, crois-moi, François Hollande s’est bien « foutu de ta gueule »

À :

Mon Cher Alain Mabanckou,

Crois-moi, François Hollande s’est bien « foutu de ta gueule ». Eh oui, mon Cher Alain Mabanckou, il faut être d’une naïveté inqualifiable pour croire que Denis Sassou Nguesso n’en ferait qu’à sa tête, en se permettant de convoquer et de donner l’ordre de mettre aux arrêts le Général Jean-Marie Michel MOKOKO le jour même où François Hollande te reçoit avec un large sourire à l’Elysée.

Vois-tu mon Cher Alain Mabanckou, il y a sur cette terre des personnes qui sont d’un cynisme diabolique, des personnes qui te reçoivent et te serrent la main avec un grand sourire sans rien laisser transparaître alors même qu’elles ont déjà décidé de te tuer. Et dès que tu dis au revoir et tournes le dos, tu vas à la mort. C’est exactement ce à quoi jouent François Hollande et Denis Sassou Nguesso contre toi, contre le Général Jean-Marie Michel MOKOKO et contre le peuple congolais, c’est-à-dire contre nous tous.

Je ne regretterais jamais assez le jour où j’ai demandé à toute ma familiale et à tout(e)s mes ami(e)s et connaissances de voter pour François Hollande contre Nicolas Sarkozy, en 2012.

J’avais été reçu à l’Elysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, pas par lui-même mais par deux de ces conseillers. J’avais également été reçu, à sa demande, dans certains services. C’était peu avant son dernier voyage à Brazzaville en tant que Président de la République française.

Partout où j’ai été reçu, j’ai toujours dit et répété que la relation séculaire qui lie le Congo et la France n’a pas commencé avec Denis Sassou Nguesso et elle ne s’arrêtera pas non plus avec lui. Personne n’est éternelle. La France a des intérêts au Congo, nous le savons mais c’est un non sens que de penser que Denis Sassou Nguesso est si indispensable au point où la France perdrait ses intérêts au Congo s’il venait à quitter le pouvoir. Bien au contraire. Il y a des Congolais bien plus intelligents qui pourraient aider à rendre cette relation franco-congolaise beaucoup plus saine, voire même l’optimiser afin de redorer l’image de la France au Congo. Et j’ai toujours pensé que le Général Jean-Marie Michel MOKOKO fait partie de cette catégorie de Congolais, Amis de la France.

J’avais beaucoup d’estime pour Nicolas Sarkozy parce qu’il a une qualité que j’apprécie beaucoup : c’est un homme entier, franc et direct (comme moi-même). Mon estime pour lui était due aussi au fait que j’avais le sentiment qu’il avait entendu mon plaidoyer en faveur d’un changement qualitatif à la tête du Congo et dans l’intérêt bien compris du Congo mais aussi bien entendu de la France. Je croyais vraiment avoir été entendu par Nicolas Sarkozy surtout lorsqu’un ami (qui faisait partie de sa délégation lors de ce voyage à Brazzaville) m’avait soufflé après leur retour à Paris que Nicolas Sarkozy avait dit sa vérité à Denis Sassou Nguesso, les yeux dans les yeux, il avait dit à Denis Sassou Nguesso qu’il ne devait plus se représenter après son dernier mandat.

Connaissant son caractère que je viens de rappeler plus haut et son coté plutôt « homme de parole », j’étais alors loin d’imaginer que Nicolas Sarkozy allait changer d’avis et soutenir encore Denis Sassou Nguesso, contre espèces sonnantes et trébuchantes, surtout après son bras de fer en soutenant ouvertement Kadhafi contre Nicolas Sarkozy.

C’est donc à cause de cette volte-face, cette prétendue realpolitik à la française, que je considère comme du « foutage de gueule » pour ne pas dire une trahison éhontée, que j’avais finalement décidé de mobiliser toute ma famille ainsi que tout(e)s mes ami(e)s et connaissances pour voter en faveur de François Hollande contre Nicolas Sarkozy, en 2012.

D’ordinaire je ne suis pas naïf mais je dois avouer que sur ce coup là j’ai été vraiment naïf de penser que François Hollande aurait une autre attitude vis-à-vis de Denis Sassou Nguesso, qui a ouvertement financé la campagne de Nicolas Sarkozy contre son ex-compagne Ségolène Royal, en 2005, et contre lui-même, en 2012.

Après nous avoir bercé d’illusions avec ses faux discours de Dakar et de Kinshasa et surtout après son bras avec Denis Sassou Nguesso qui avait presque tourné à la foire d’empoigne lors du sommet de la francophonie à Dakar, François Hollande est devenu le plus grand soutien de Denis Sassou Nguesso après que ce dernier ait financé sa COP21.

Aujourd’hui je suis convaincu que François Hollande est d’un cynisme diabolique. Tout ce que subit aujourd’hui le Général Jean-Marie Michel MOKOKO, c’est bien François Hollande qui agit en sous-main pour faire valider le hold-up électoral de celui qui a financé sa COP21. Toutes les manœuvres de Jean-Yves OLLIVIER et Jean-Pierre VIDON, François Hollande n’est pas étranger à cela.

Dans son soutien au vieux dictateur sanguinaire et corrompu et grand tricheur-né, l’imposteur Monsieur 8% Denis Sassou Nguesso, François Hollande est surtout encouragé au sein de la Gauche française par le couple corrompu Manuel VALLS/Anne GRAVOIN, par Laurent FABIUS, Anne HILDALGO, Yamina BENGUIGUI…

François Hollande est très cynique, exactement comme Denis Sassou Nguesso. Il faut alors avoir le courage de se rappeler l’adage, Qui se ressemble s’assemble.

Voilà mon Cher Alain Mabanckou, avoir mobilisé toute ma famille ainsi que tout(e)s mes ami(e)s et connaissances pour voter en faveur de François Hollande contre Nicolas Sarkozy, en 2012, c’est mon plus grand regret et cela ne se reproduira pas en 2017.

Denis Sassou Nguesso a triché les élections et il restera certainement au pouvoir avec l’aide déterminante de François Hollande mais nous, nous allons, comme nous savons le faire, mobiliser tout(es)s nos familles, ami(es) et connaissances pour barrer la route à François Hollande en 2017; ce qui lui permettra de disposer de suffisamment de temps pour aller prendre des bains de soleil chez l’ogre de l’Alima, Denis Sassou Nguesso, à Oyo, au bord de l’Alima.

Bienvenu MABILEMONO

France-Congo: Opinion d’Alain Mabanckou après sa rencontre avec François Hollande

juin 15, 2016
 

France-Congo: Réception d’Alain Mabanckou par François Hollande

juin 14, 2016

 

Alain MABANCKOU vient de quitter l’Élysée. Il a rencontré le président François HOLLANDE en fin d’après-midi.
La convocation à la DGST de J3M a été évoquée par Alain MABANCKOU, Hollande était très en colère de voir que J3M risque de croupir dans les geôles de Denis Sassou Nguesso.
Demain un communiqué officiel sera publié sur le site de l’Élysée.

Le Président de la République s’est entretenu avec Alain Mabanckou, romancier franco-congolais et professeur au Collège de France.

Ils ont évoqué la situation en République du Congo. Le Président de la République a marqué son attachement à la paix, à la démocratie et aux libertés politiques, qu’il s’agisse de liberté d’expression des citoyens, de liberté de la presse ou de liberté d’action des partis politiques. Il a indiqué que la France restait attachée à un dialogue entre l’ensemble des sensibilités congolaises, dans l’objectif de permettre un large rassemblement et d’apaiser les tensions.

http://www.elysee.fr

Photo de BrazzaNews.
Brazzanews.fr

France-Congo: Alain Mabanckou rencontre François Hollande

juin 13, 2016
Le célèbre écrivain et résistant Congolais, Prix Renaudot, Alain MAMBACKOU, professeur au Collège de France, rencontre demain le président Français, François Hollande.

<< Ce mardi 14 juin, 17h-18h, je rencontre le président français François Hollande pour discuter du ‪#‎CongoBrazzaville‬ >>
Alain MAMBACKOU

Photo de BrazzaNews.
Avec Brazzanews.fr

La survie du pouvoir de Brazzaville est-elle liée à Alain Mabanckou

juin 4, 2016

Depuis que l’éminent poète et romancier Alain Mabanckou s’est exprimé sur « un processus électoral qui n’a rien à voir avec la démocratie, demandant à François Hollande de s’exprimer », plusieurs membres du gouvernement congolais sont sortis du bois dans une rhétorique que l’on pourrait qualifier de lynchage. Alain Mabanckou, un humaniste inspiré, qui a fait de la magie des mots un moyen de lutter et de défendre un idéal, est accusé « d’allégeance au colonisateur de ses ancêtres», et qualifié « de traitre », « d’avoir vendu son âme » et « d’avoir renié le Congo ».

Nelson Mandela a dit : « L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde ».

L’absence d’éducation, de morale et de dignité sont à notre avis les raisons qui ont conduit ces prétendus commis de l’Etat à s’exprimer avec ce degré sans précédent d’ignorance. L’obscurité ne peut chasser l’obscurité.

Après ses études de droit en France, Alain Mabanckou est allé enseigner durant 13 ans aux Etats-Unis. L’enseignement aux Etats-Unis lui a été proposé par les Américains eux-mêmes. Il a enseigné d’abord à l’université du Michigan et à partir de 2007, il est devenu professeur titulaire à l’université de Californie à Los Angeles. Il est de ce fait fonctionnaire de l’Etat de Californie.

Le 25 novembre 2015, il reçoit un message du philosophe Antoine Compagnon lui annonçant sa nomination au poste de professeur dans la chaire de création artistique au collège de France. Il est le premier écrivain à être nommé dans ce prestigieux collège fondé il y a cinq siècles en 1530 par François 1er. Par cette nomination, l’assemblée des professeurs a souhaité mettre en avant, la création et le talent littéraire et donner la place qu’elles méritent, aux études africaines pour être au premier rang dans la réflexion sur des cultures qui marqueront le siècle qui commence. Le 17 mars 2016, Alain Mabanckou prononce dans un amphithéâtre plein, sa première leçon inaugurale en l’absence des hautes autorités du Congo.

Alain Mabanckou a beaucoup travaillé, il s’est créé lui-même à la force de son talent, de son génie, de sa créativité et de son imagination. En 2006, il remporte avec « Mémoire de porc-épic » le prix Renaudot qui le révèle au monde entier. Mabanckou est auteur de six recueils de poésie, douze romans, cinq essais, deux anthologies, deux livres jeunesse et deux discographies avec le groupe musical Black Bazar. Il a remporté près de vingt prix littéraires dont : prix de la société des poètes français en 1995, grand prix littéraire d’Afrique noire en 1999, en 2005 prix du roman ouest-France, prix des cinq continents de la francophonie et prix RFO du livre. Finaliste en 2015 du Man Booker International Prize et du Premio Strega Europeo. On peut citer aussi le prix créateurs sans frontières(2007), prix Franco-Israélien Raymond Wallier(2009), prix Georges Brassens(2010), lauréat du Liste Goncourt le choix polonais en 2015, grand prix littéraire Henri Gal prince en 2013 par la principauté de Monaco. Il est chevalier de la légion d’honneur en 2010. En 2016 il est nommé officier des Arts et des Lettres.

En 2012, l’ensemble de son œuvre littéraire a été couronnée par l’Académie française. N’oublions pas qu’en 2013, il a organisé avec Michel le Bris le premier festival littéraire « Etonnants voyageurs » à Brazzaville. Ces ouvrages sont publiés par les plus grands éditeurs parisiens et traduit dans plusieurs langues à travers le monde.

Dans son œuvre littéraire, le petit garçon de Pointe-Noire qui vit entre trois continents ; l’Afrique, l’Europe et l’Amérique, évoque l’Afrique, mais surtout son Congo d’amour, sa culture, ses croyances, ses traditions, bref la civilisation bantoue. Comment cet amoureux de son pays natal, peut-il être traité de la manière la plus infâme par des individus dont le seul mérite est d’avoir été fabriqué par la volonté d’un pouvoir autocratique ? Qui mieux que Mabanckou peut être l’un des ambassadeurs les plus prestigieux du Congo dans le monde ?

Qui a fait allégeance avec le colonisateur ? Qui a vendu son âme ? Qui a trahi le Congo ?

Toute la planète sait qu’en octobre 1997, Denis Sassou-Nguesso est revenu au pouvoir au terme d’une guerre civile fratricide qui a fait plus de 40.000 morts. Ce coup d’état a été rendu possible grâce au soutient du président Jacques Chirac, au financement de la compagnie ELF, à l’aide du Gabon, de l’armée angolaise, de l’armée tchadienne et des rebus de l’armée du maréchal Mobutu déchu et de soldats rwandais impliqués dans le génocide de 1994.

Qui a érigé à coup de milliards sur les rives du fleuve Congo, au cœur de la capitale, un imposant mémorial à la gloire de Pierre Savorgnan de Brazza, qui a ouvert le Congo à l’occupation française ? Une colonisation qui s’est imposée par les massacres de nos ancêtres : impôts de capitation, emprisonnements, déportations, code de l’indigénat et travaux forcés jusqu’en 1946, alors que les accords de Genève du 23 avril 1938 avaient interdit toutes formes de travaux forcés.

Le Congo notre pays, a connu des royaumes et des souverains prestigieux. Le royaume du Kongo le plus grand Etat de la région s’épanouit de part et d’autre de l’embouchure du fleuve Congo, avec pour capitale Mbanza-Kongo. Le royaume Téké où le 3 octobre 1880 à Mbé capitale du royaume, le roi Makoko Illoy 1er qui jouissait de l’autorité religieuse et du prestige des Batékés dans les deux Congo et au Gabon, conclut avec Pierre Savorgnan de Brazza un traité au terme duquel il plaça son royaume sous la protection de la France. Le royaume de Loango était un Etat opulent qui s’étendait le long de la côte Atlantique des deux Congo, du Gabon et du Cabinda. Sa capitale Louango était le centre culturel des peuples Vili. Pourquoi nos ancêtres n’ont-ils pas été honorés ?

Depuis 1997, le Congo-Brazzaville est le prototype des réseaux mafieux de la Françafrique. Un pays riche en pétrole, mais 70% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Les infrastructures sanitaires et éducatives sont délabrées ou inexistantes. L’usage du pouvoir s’exerce à des fins privées. Les dirigeants et les élites s’enrichissent ostensiblement. Profitant de son admission à l’initiative PPTE en 2010 et l’effacement de sa dette, le gouvernement Sassou-Nguesso s’est lancé dans des investissements et des grands travaux, qui ont à nouveau plongé le pays dans un endettement suicidaire. Le Congo va se retrouver à nouveau en cessation de paiement. En s’acharnant sur Alain Mabanckou, le pouvoir veut persécuter les esprits et les leaders éclairés.

A l’attention de ces gouvernants amnésiques, illégitimes, qui n’ont pas obtenu l’onction majoritaire lors des scrutins référendaire et présidentiel, nous conseillons ces paroles de sagesse provenant des grands esprits de notre monde Nelson Mandela et le Mahatma Gandhi :

« On juge la grandeur d’un Etat par le respect et l’application des lois ». « Avant de vouloir le changement, changez vous-mêmes d’abord ». « Dès que quelqu’un comprend, qu’il est contraire à sa dignité d’homme d’obéir à des lois injustes, aucune tyrannie ne peut l’asservir ». « Nous devons nous rappeler que notre première tache est d’éradiquer la pauvreté et d’assurer une meilleure vie à tous ».

Nous sommes convaincus, qu’au terme de ce pouvoir désavoué, le peuple congolais se souviendra, non seulement des autocrates, mais aussi du silence de ses amis.

Dans sa démarche, Alain Mabanckou semble s’accorder avec ces paroles de Martin Luther King : « Une injustice commise quelque part, est une menace pour la justice dans le monde entier ».

Appolinaire NGOLONGOLO
Journaliste diplômé de L’INA de Paris.
Auteur, écrivain.

Congo: A mon frère T. Moungala alias J. Goebbels

mai 15, 2016

Tu dois certainement comprendre pourquoi je t’appelle frère et donc je peux me permettre de te tutoyer, nonobstant ton poste de perroquet chargé du mensonge et de la diffamation ; rôle perdu par Okiémy.
Tu fais bien de reconnaître que Mr Alain MABANCKOU est un grand homme de Lettres ! Bien sûr qu’il l’est, Bravo en cela car tu attestes que tu as encore quelques relents de lucidité. Mais contrairement à toi qui es  une triste mauviette intellectuelle vendue à un système pervers et abject au pouvoir, au Congo Brazzaville, toi, le GOEBBELS du PCT, après avoir  été tiré de l’anonymat par feu André MILONGO (que je te soupçonne d’avoir éliminé), tu t’illustres par un verbiage digne d’un néo-Nazi.
Comment peux-tu croire que les 8% de ton mentor peuvent migrer comme par enchantement en 60% de victoire, par la volonté de votre cours inconstitutionnelle et déclarer sans vergogne qu’Alain MABANCKOU n’a pas le droit de rentrer dans ce débat politique que vous nous imposez depuis lors ? 
Comment un intellectuel se tairait-il devant l’injustice instituée en système de gouvernance d’un Etat ? Quelle sera ta fin lorsque ce système tombera un jour ? Pourras-tu trouver des excuses à ta prostitution ?
Nous, citoyens congolais, connaissons très bien comment fonctionne le système PCT. Vous êtes tellement ancrés dans la médiocrité que vous êtes incapables de soutenir un débat contradictoire sans user de la langue de bois. Tes différents passages sur Africa24 pendant la campagne présidentielle ont montré ta nullité, car tu étais incapable de défendre votre mentor qui prétend nous  » IMMERGER dans 9 ans si nous ne le sommes pas encore « .
Alain MABANCKOU passe bien son temps entre New York et les facultés de France et n’a pas pu voter certes, mais vous oubliez, de par votre mémoire très courte que c’est  votre système qui pousse les vrais fils du pays à errer dans la diaspora. Donnez la possibilité à tous ces éminents  fils du Congo de participer à la reconstruction du pays, et l’on ne parlera plus du PCT.

Vous avez commencé par nous imposer un débat infondé sur la constitution alors que la gestion du pouvoir était au beau fixe : stabilité des institutions, PIB en croissance, excédent budgétaire énorme au point de distribuer l’argent à certains pays et  à tout courtisan. Je dois ici ouvrir une parenthèse : Thierry, sais-tu que tes comparses et toi au PCT n’avez jamais lu votre constitution de 2002 ? Sinon comment pouvais-tu dire des incongruités du genre : « Nous voulons faire évoluer les choses pour ne pas arriver à un blocage des institutions au cas où l’opposition gagnerait les présidentielles et qu’elle n’aurait pas la majorité à l’assemblée pour gouverner » ? Ou vas-tu dénicher cette absurdité ? Relis donc ta constitution.
Cette constitution mettait tous les leviers du pouvoir entre les mains de Sassou.
Tu nous as tout le long rabâché les oreilles en affirmant la main sur le cœur que nous avions tort de tout ramener à la  personne de Sassou  qui ne briguerait un 3ième mandat. Ou en sommes-nous ?
Tu as organisé avec ton parent ex-cobra Hydevert MOUAGNI une milice des patriotes alors que le pays grouille de mercenaires de tout genre, juste pour simuler une attaque de Ninjas afin de valider dans le trouble votre hold-up électoral. Aussitôt l’enquête ouverte, un bouc émissaire est désigné en la personne de Ntoumi. Comment expliques-tu qu’il n’y ait pas eu de policiers tués dans les commissariats incendiés à 3 heures du matin sachant nos policiers miliciens ne tiennent pas des tours de garde ? N’est-ce pas ridicule ? Quel idiot s’attaquerait aux quartiers  sud de Brazza sachant que le pouvoir est au palais de Mpila ? Et les bombardements des peuples du POOL, n’est-ce pas  la suite du plan MOUEBARA ?
Cher frère perroquet du système, sache que comme les Nazis, vous rendrez compte de vos crimes. Tes scandales aux télécommunications sont connus de tous. Nous savons que tu n’as pas voulu mettre la fibre optique à la disposition des Congolais par ta phobie de l’informatique, toi qui t’es vendu sur la toile.
Nous n’avons pas non plus oublié ton gros mensonge sur la coupure de l’information pendant le referendum et les présidentielles, car il est absolument avéré que tes pannes ne surviennent à deux reprises qu’en ces moments. Vous êtes d’une lâcheté telle que vous n’avez pas le courage de vous suicider comme HITLER et GOEBBELS, ce qui arrangerait bien des choses. Mon pronostic est que rien ne sera plus comme avant, vous allez droit au mur. Qui vivra verra.
Par Davy ALBANO

Congo: A propos de l’excès de zèle d’un ministre

mai 12, 2016
Auteur: Patrick Eric Mampouya

Un certain François Dupent a cru bon de répondre au premier noir africain admis au collège de France dans un article intitulé « Le chantage électoraliste d’Alain Mabanckou à François Hollande ».

En digne fils du Congo et de l’Afrique qui s’est construit par son propre mérite et par son talent exceptionnel de savoir conter et raconter, Alain Mabanckou a le droit et le devoir de prendre fait et cause pour les siens comme naguère Emile Zola, Victor Hugo etc…

Nous savons qui se cache derrière ce pseudo, nous pouvons même dire que ce « François Dupent » est ministre du gouvernement au Congo Brazzaville mais, nous n’en dirons pas plus puisque celui-ci a choisit l’arme des lâches : se cacher derrière un pseudo pour ne pas assumer ses propos.

La dissimulation, la ruse, la tricherie et le manque de transparence est d’ailleurs la marque de fabrique des gouvernants congolais, rien d’étonnant donc qu’ils prennent des noms d’emprunts ou qu’ils fassent dire par d’autres ce qu’ils pensent pour ne pas répondre de leurs méfaits.

Ce monsieur « François Dupent » devrait apprendre à respecter les élites et les intelligences lorsqu’elles s’expriment. Lorsqu’un compatriote fait salle comble à toutes ses leçons inaugurales, il mérite le respect.

Depuis que cette institution qu’est le collège de France a été crée, le premier noir a y dispenser des cours magistraux est congolais et non pas antillais, sénégalais ou béninois, devrait-on rougir de honte ou au contraire exulter son bonheur ?

Que vaut la parole ou les écrits d’un ministre siégeant dans un gouvernement où le chef a fait un rapt des suffrages du peuple, chacun sait qu’il n’a reçu en tout et pour tout que 8% de votes des congolais ; ce « François Dupent » est-il qualifié pour faire la morale et donner des leçons d’éthique à un écrivain de renom qui se sert de sa plume pour faire voyager des lecteurs vers les destinations imaginaires ?

C’est comme si un ministre du gouvernement de Vichy s’appropriait le droit de faire la leçon à ceux qui se sont battus contre le Nazisme triomphant du 3eme Reich !
Monsieur « François Dupent » a le droit de défendre le pouvoir minoritaire de Brazzaville pour plaire à celui qui l’a fait roi malgré l’absence avérée de compétence particulière. C’est son droit le plus absolu. Mais Il ne doit pas insulter les intelligences qui, en hommes libres, expriment leur indignation face aux injustices que subissent nos populations au prétexte que l’on a soi-même un parcours scolaire claudiquant.

Monsieur « François Dupent » comme tous les transfuges est versatile et amnésique, il ne se souvient même plus que sa seule compétence est d’avoir fait allégeance à celui qu’il fustigeait hier encore, qu’il a été l’homme de main d’un politicien illustre qui lui aussi voulait rompre avec le système que lui défend aujourd’hui.

Il devrait en toute modestie se garder de pousser le bouchon de la polémique trop loin juste pour plaire à son maître du moment et donner des gages de sa soumission. Les archives du site de l’opposition http://www.mwinda.org sont là pour le rappeler à ses bons souvenirs et à ses prises de positions de l’époque où il traitait Monsieur 8% de dictateur sanguinaire responsable des massacres des populations Kongo-Lari et leur extermination programmée.

Au Congo Brazzaville tout le monde sait qu’il n’y a pas d’idéologie, la seule motivation de la traitrise de ceux qui, du jour au lendemain changent de camp est monétaire (les nguiris). Les exemples de ces transfuges qui se réclamaient de l’opposition hier et qui chantent les louanges du régime contesté aujourd’hui, sont légions.

Élevez le débat comme le fait votre compatriote Alain Mabanckou qui séduit par son talent et sa culture et non pas parce qu’il s’est associé avec des Andzimbistes qui se nourrissent du sang et des malheurs de leur peuple en sacrifiant parfois pères, mères et amis pour se maintenir au pouvoir ou pour conserver des postes ministériels.

Sur le passage de « Étonnant voyageur » à Brazzaville, à l’époque, Le pouvoir de Brazzaville qui est perpétuellement en quête de visibilité n’avait rien trouvé à redire puisque « Étonnant Voyageur » donnait une visibilité sans commune mesure à celui que « François Dupent » se tortille maladroitement pour assurer la défense.

La mémoire sélective doublée d’un niveau intellectuel à courte échelle, voilà ce qui caractérise notre ministre « François Dupent », il gagnerait parfois à se taire plus souvent au lieu de faire du zèle pour répondre à tout comme un Roquet.

Alain Mabanckou est dans son droit parce qu’un enfant qui laisse sa mère se faire violenter régulièrement par un père ivrogne de sa folie de grandeur, cet enfant est indigne. Ce n’est pas un proverbe africain, juste du bon sens.

Patrick Eric Mampouya

Alain Mabanckou: « Silence, on fraude! »

mai 12, 2016

L'écrivain congolais, ici en septembre 2015, a publié une lettre ouverte pour dénoncer le silence de François Hollande sur la situation au Congo-Brazzaville

L’écrivain congolais, ici en septembre 2015, a publié une lettre ouverte pour dénoncer le silence de François Hollande sur la situation au Congo-Brazzaville Guericolas / PUBLIC SENATzoom image

Il ne cesse de dénoncer le passage en force de Denis Sassou-N’Guesso au Congo-Brazzaville. Nous avons rencontré l’écrivain Alain Mabanckou hier à Paris après une leçon au Collège de France sur les abolitions de l’esclavage en France métropolitaine

Comment expliquez-vous l’embarras du Président Hollande sur la situation au Congo-Brazzaville ?
C’est une responsabilité à laquelle il ne s’attendait pas. C’était de l’ordre de l’imprévisible : allant étrangement à l’encontre de ses propres déclarations sur une France qui mettrait fin aux bidouillages des constitutions par certains dirigeants africains afin de se maintenir au pouvoir. Le président Hollande a, hélas, publiquement entériné le changement arbitraire de la Constitution congolaise par Denis Sassou-Nguesso lors d’une conférence de presse avec le président malien. (Ndlr: voir video ci-dessous après 32mn50)

C’est cette même Constitution, donc indirectement validée par le président français, qui a finalement permis à Sassou-Nguesso de se représenter après trente-deux ans au pouvoir. Même si le chef de l’Etat s’est par la suite dédit, le mal était déjà fait : le Congo avait même « salué la sagesse » de François Hollande ! C’était un feu vert de l’ancien colonisateur. Les dictateurs africains survivent du lait qui sort des mamelles de l’ancienne puissance coloniale. Or la France est, parmi ces anciennes puissances coloniales, celle qui a le plus de difficultés à se départir de ce lien affectif avec « ses » dictateurs. Les exemples sont là : le Congo-Brazzaville, le Gabon, le Togo, le Cameroun, le Tchad et j’en passe… Des intérêts économiques sont en jeu, qui expliquent ce lien avec les régimes antidémocratiques. La grande question est de savoir si la France peut sacrifier ces intérêts pour les idéaux qui ont fait d’elle le pays qu’elle est aujourd’hui et dans lequel on élit le président dans la transparence la plus totale!

Quelles informations recevez-vous de ce la situation au Congo-Brazzaville ?
Les Congolais se plaignent de vivre désormais dans la peur dans un régime militarisé. On parle des atrocités répétées qui ont lieu dans la région du Pool, mais aussi à Pointe-Noire et dans d’autres contrées du Sud. Beaucoup de jeunes congolais m’écrivent depuis le pays afin de me supplier de continuer à parler pour que leur destin ne soit pas dérobé. Il est salutaire que la question du Congo reste dans l’actualité. L’oublier c’est laisser s’installer ad vitam aeternam un pouvoir né de la fraude…

Comment les événements sont-ils couverts par les Media congolais ?
La télévision congolaise est qualifiée de « télé-foufou » par les Congolais. (ndlr : le foufou est la farine de manioc). J’y ai vu un procureur lancer des fatwas en direct comme si le palais de justice n’était plus suffisant. La censure est bien là : on a diffusé une interview que j’avais accordée au salon du livre de Paris en mars dernier et dans laquelle je parlais de littérature avec Dany Laferrière. Martial Poos, le directeur de l’information de la chaîne nationale a été sèchement viré pour cela ! Il y a apparemment une interdiction formelle de diffuser ce que je dis, même si je parle de littérature !

Pourtant ici vous êtes encensés partout. On vous applaudit au Collège de France, on vous décore dans les ministères…
Il n’y a pas de bonheur à être heureux seul. J’ai apprécié que la ministre française de la culture, Audrey Azoulay rappelle que ma ville de Pointe-Noire a été privée de télécommunication pendant cinq jours lors de la dernière élection, lorsqu’elle me remettait les insignes d’Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres. C’était en réalité une façon de souligner les aberrations de cette élection présidentielle congolaise, le règne de la falsification qui, comme on le sait, est toujours friande des ténèbres, de la nuit. J’espère que ces paroles de la Ministre de la Culture marquent le début de la clarification de la position du gouvernement français quant au régime illégal qui a pris en otage le peuple congolais ! Ne pas reconnaître ce régime est le seul moyen de coller un carton rouge à tous ceux qui sont tentés de passer par la force et non par la volonté du peuple…

« La politique du silence est peut-être le nouveau visage de la Françafrique »

Alors pourquoi François Hollande reste-t-il encore silencieux, alors que ni les Américains ni l’Union européenne ne reconnaissaient ces élections au Congo ?
J‘ai comme l’impression qu’en France nous ne sommes plus en présence d’un silence politique mais d’une politique du silence, donc récupérable. Le président Hollande prend par conséquent le risque d’apparaître aux yeux des Congolais – et du continent noir – comme le président qui octroie des bouées de sauvetage aux dictateurs africains francophones alors même que ce sont les peuples asservis qui en ont besoin. C’est un peu comme s’il nous disait: « Silence, on fraude!». Que ce soit au sujet du Congo ou d’autres pays africains, la France, ces dernières années, aura fait preuve d’une grande méconnaissance politique du continent noir. La politique du silence est peut-être le nouveau visage de cette Françafrique où il ne faut rien dire pour contenter à la fois le monarque et le peuple dans l’espoir que chacun des deux prennent à son avantage cette absence d’initiative. Comme me disait une amie, nous sommes dans un monde où la neutralité et la prudence sont érigées en vertus et, parler et condamner deviennent des actes de courage. Les mots sont des armes redoutables, ce que comprit très clairement Albert Londres en son temps, lorsqu’il dénonçait haut et fort, dans Terres d’Ebène, les atrocités françaises du chemin de fer Congo-Océan…

Mabanckou
Alain Mabanckou le 10 mai 2016 à l’hôtel Aubusson à Paris F de Labarre

Votre lettre ouverte au Président Hollande fait grand bruit. N’avez-vous pas réussi à le voir en personne ?
Soyons patients, ma lettre date d’hier, mais je suis en relation avec les conseillers du président. Ils viennent parfois assister à mes leçons au Collège de France et m’ont déjà proposé de parler de la crise congolaise avec eux. Je souhaite cependant en discuter directement avec le Président. Il est très occupé, ce que naturellement je comprends. Mais je sais par la voix de ses conseillers, qu’il est désormais question de trouver un créneau, et cela se fera.

S’il ne le fait pas, vous le menacez de faire campagne contre lui pour 2017, comment comptez-vous vous y prendre ?
Ce n’est pas une menace que je formule, c’est une position qui se murmure de plus en plus ici et là chez les français d’origine africaine et ceux qui portent l’Afrique dans leur coeur. Rien ne dit pour l’heure que le président Hollande se représentera l’année prochaine. S’il se déclare je ne vois pas comment la politique africaine passera sous silence. Puisque c’est un sujet qui préoccupe également les responsables de l’opposition française, pourquoi ne pas la discuter aussi avec eux ? Il ne faut pas sous-estimer ce qui se joue aujourd’hui au Congo-Brazzaville et se rappeler la fable du grand écrivain malien Amadou Hampaté Bâ « il n’y a pas de petites querelles » comment deux lézards qui, au plafond, se disputaient le cadavre d’une mouche, échouèrent sur une lampe à huile qui causa l’incendie de la demeure… S’il y avait eu cet incendie c’était parce que les animaux censés garder la demeure avaient estimé inutile de mettre un terme à cette « petite querelle » de lézards» …

Si François Hollande accepte de vous recevoir, que lui direz-vous ?
Outre ce que j’ai exprimé dans ma lettre ouverte, j’ajouterais que le Congo-Brazzaville a besoin d’une véritable assise nationale et la levée des sanctions et des restrictions aujourd’hui infligées aux membres de l’opposition. Le général Mokoko est en résidence surveillée, mais d’autres politiciens aussi sont menacés comme Claudine Munari, Charles Bowao ou Okombi Salissa. J’évoquerais, bien entendu, d’autres sujets ayant trait à la politique française en Afrique et qui, hélas, montrent que la Françafrique a encore de beaux jours devant elle…

Parismatch.com propos recueillis par François de Labarre

France-Congo/Du silence de François Hollande sur Sassou: lettre ouverte à François Hollande

mai 10, 2016

Monsieur le Président,

Les Congolais de l’étranger et ceux qui luttent nuit et jour au pays ont constaté que vous observez un long silence quant à l’issue de l’élection présidentielle truquée qui s’est déroulée en mars dernier au Congo-Brazzaville et qui a injustement porté Denis Sassou-Nguesso au pouvoir. Il exerce un pouvoir sans partage depuis trois décennies avec son clan. La fraude l’aura une fois de plus emporté sur la transparence, et ceci aux yeux des nations prétendument démocratiques comme celle que vous dirigez par la volonté des Français. Le nom de mon pays d’origine est désormais inscrit en rouge sur le tableau noir du déshonneur des républiques bananières, à côté de la Corée du Nord. Pendant ce temps, Sassou-Nguesso et ses hommes de mains multiplient les arrestations arbitraires, allant jusqu’à cerner le domicile de l’opposant Jean Marie Michel Mokoko sans lui donner la possibilité de se ravitailler.

Faut-il rappeler, Monsieur le Président, que ces tyrans africains ont le plus souvent survécu grâce à la protection de la France, illustrant au passage combien ils ne peuvent vivre et prospérer sans l’assentiment de l’ancienne puissance coloniale? Ils ressemblent de ce fait à des ogres créés de toutes pièces par la France, et leur ultime couronnement passe par la montée des marches de l’Elysée et la poignée de main dont ils bénéficieraient du président de la République française. Cette dernière image, s’il arrivait qu’elle se concrétise sous votre règne, pourrait être celle qui ternirait irrémédiablement l’ensemble de votre quinquennat et ruinerait par voie de conséquence vos ambitions de solliciter un second mandat auprès du peuple français.

Si Denis Sassou-Nguesso peut se réjouir pour l’heure d’avoir bâillonné le peuple congolais, de l’écraser continuellement selon les caprices de son pouvoir militaire, il demeurera à jamais un putschiste à la fois amer et frustré tant que la France ne lui accordera pas les applaudissements qu’il attend d’elle, dans la solitude d’un pouvoir dérobé au peuple devant une communauté internationale indifférente. Et c’est peut-être là que votre silence pourrait être interprété comme un assentiment: «Quand on refuse on dit non», nous rappelle le grand écrivain Ahmadou Kourouma. Vous n’avez pas dit non. Vous n’avez pas dit oui. Certes, j’aurais pu me réjouir de votre position actuelle, mais je crains qu’avec le temps elle ne se transforme en une validation implicite qui engraisserait les ambitions démesurées de cet autocrate au point de lui donner des habits neufs qui lui permettraient d’asseoir ce qu’il appelle de manière éhontée «la nouvelle république».

Il vous reste donc, Monsieur le Président, à nous démontrer par une attitude claire et sans ambiguïté que la France n’est pas le sponsor officieux de ces personnages qui se trompent de siècle et de temps, et qui sont la cause directe de la régression du continent africain.
Je suis conscient que la France a des intérêts économiques au Congo-Brazzaville et que ceux-ci orientent forcément la politique africaine française. En même temps cette prééminence des intérêts économiques est le siège de l’hypocrisie qui a jusqu’alors pris en otage les peuples de mon continent. Faut-il enfin rappeler que ces mêmes Africains n’avaient pas hésité à sacrifier leur vie pour que la France soit ce qu’elle est aujourd’hui: un pays où seul le peuple et non un seul homme décide du destin de la Nation?

Monsieur le Président, nous autres «Noirs de France», quelles que soient nos origines ou nos nationalités, vous regardons. Et, vous le savez, nous sommes nombreux à voter en France et à contribuer à son destin. Il est évident que cette tragédie qui ennuage le Congo-Brazzaville sera dans nos esprits lorsque nous déposerons nos bulletins dans les urnes pour la prochaine élection présidentielle française. Il est encore temps de rendre au peuple congolais sa dignité, de dire clairement, comme les Américains, que la France ne reconnaît pas le pouvoir de Sassou-Nguesso issu d’un putsch électoral et que le gouvernement de façade qui «dirige» aujourd’hui le Congo est aussi illégitime que la mascarade électorale qui a porté son leader au pouvoir.

Alain Mabanckou

Congo – Alain Mabanckou : « Cette élection est frappée de petite vérole »

mars 25, 2016

Alain Mabanckou : "Cette élection est frappée de petite vérole"

Alain Mabanckou : « Cette élection est frappée de petite vérole » © Patrick Imbert/Collège de france

L’écrivain, qui vient d’entrer au Collège de France, commente la réélection de Denis Sassou-Nguesso, après 32 ans au pouvoir en République du Congo.

 

Le Point : que savez-vous de la situation sur place ? Êtes-vous en relation directe avec vos proches sur place ?

Alain Mabanckou :Comme la plupart de mes compatriotes vivant à l’étranger, j’ai souffert de la décision unilatérale et incompréhensible des autorités congolaises de bloquer les moyens de communication, comme si nous étions en Corée du Nord ou en Chine. J’avais le sentiment qu’il ne s’agissait pas d’une élection présidentielle, mais de la réunion d’une société occulte… C’est d’autant plus dommageable que les Béninois viennent de nous donner une vraie leçon de démocratie. Et je félicite le Béninois Lionel Zinsou qui a applaudi son concurrent et reconnu la victoire de celui-ci ! Le Bénin compte presque 11 millions d’habitants, cela leur a pris à peine une journée et demie pour compter (en toute transparence) les voix tout en tenant les citoyens au courant de l’avancement des décomptes. Au Congo-Brazzaville, avec moins de 4 millions d’habitants, cela a pris quatre jours et dans les ténèbres les plus absolues – téléphone, radio et réseaux sociaux coupés – au point de ne pas avoir besoin de sortir de Science Po ou de l’École des Mines pour comprendre que des mains invisibles essayaient de retourner les choses à leur avantage. Les Béninois nous avaient appris autrefois la pêche sur l’océan Atlantique, à Pointe-Noire, je les supplie de nous apprendre aussi les règles de la démocratie…

Vous aviez dénoncé les pratiques du président Sassou Nguesso dès le référendum qui lui a permis de se représenter : qu’attendiez-vous de ce scrutin ?

J’étais en effet opposé à la révision inopportune et suspecte de la Constitution, une révision que ne souhaitait d’ailleurs pas le peuple congolais. On ne change pas les règles du jeu pendant que se déroule un match. Je suis juriste de formation et je sais que la Constitution est une affaire du peuple, parce que seul celui-ci peut décider des grandes règles qui fondent la nation. Cette étrange Constitution était taillée sur mesure pour l’actuel président dans le but de se succéder à lui-même après des décennies de pouvoir. Le spectacle actuel montre que je n’avais pas tort. Si au moins le peuple était informé de l’avancement de l’élection et que les résultats n’étaient pas annoncés en catimini, nous serions aujourd’hui dans un autre dialogue, et le président Sassou-Nguesso serait sorti vainqueur quelle que soit la configuration, puisque, même dans sa défaite, il serait alors apparu comme celui qui assurait la transition démocratique, le passage d’une génération à une autre. Pourquoi cacher au monde entier l’expression de tout un peuple ? Mieux encore, pourquoi fermer la porte à clé et éteindre la lumière au risque d’être pris pour celui qui voudrait cacher ses turpitudes ? Cette élection est par conséquent louche, frappée de petite vérole dans la mesure où le peuple a eu l’impression que dans cette nuit, dans ces ténèbres où tous les chats étaient gris, des ombres maléfiques besognaient, remuaient les choses pour nous imposer, à l’aube, un verdict qui ne correspond pas du tout au climat général et actuel du pays : un désir de changement politique depuis le sommet jusqu’à la base.

Rien ne vous surprend donc dans le résultat final ?

Je connais ce pays. Il est dans ma chair. Je le respire. Je le sens à chaque battement de mon cœur. Il est impossible, dans l’état présent des divisions claniques et ethniques, qu’un des huit candidats puisse l’emporter dès le premier tour ! Le Congo fonctionne encore sur un vote « régional », voire ethnique. Et, naturellement, il est inimaginable qu’un candidat ayant déjà cumulé 32 ans au pouvoir puisse réaliser cet exploit colossal qui ferait passer Staline pour un guitariste accompagnateur d’un bar de la banlieue brazzavilloise ! Après trente-deux ans, il y a forcément une usure du pouvoir. Souvenez-vous qu’en France l’usure du pouvoir était une des raisons qui avaient conduit à la suppression du septennat renouvelable. Quatorze ans, c’était beaucoup, et le peuple français était exténué ! Mais, au Congo, nous parlons de 32 ans !

Pensez-vous que l’appel à la révolte de l’opposant Jean-Marie Michel Mokoko sera suivi ?

Je ne suis pas un partisan de la violence. Cela mettrait en danger la jeunesse congolaise, avec ce que cela implique comme conséquences en temps de guerre : veufs, orphelins, viols, refugiés, famine, terreur, etc. L’opposition n’avait qu’à ne pas participer à ces élections puisqu’elle savait dès le départ qu’elles seraient problématiques. Ce n’est pas au peuple de souffrir de cette situation, de se lancer dans une guerre civile. Ce peuple n’a pas les mêmes moyens et n’a pas le soutien de la communauté internationale.

Redoutez-vous une insurrection civile ?

Il faut être conscient que mon pays traverse une crise pétrolière, qu’il a déjà essuyé deux guerres civiles à cause de l’or noir et que le peuple congolais n’a jamais, mais jamais, profité de cette manne. J’ai du mal à croire que le président Sassou et son entourage seront tout d’un coup habités par l’Esprit-Saint et se consacreront de manière désintéressée au bien-être du peuple congolais en lui construisant des routes, des écoles, des infrastructures sanitaires, des nouvelles technologies, des sites culturels, etc. Dans mon pays, on ne pense jamais à laisser une trace à la postérité…

Dans quelle mesure peut-on parler de liberté de la presse, je pense à l’agression de nos confrères français sur place ?

Si vos confrères du Monde et de l’AFP ont été agressés (avec une confiscation de passeports et de matériels), il est difficile de s’imaginer que les journalistes congolais, réduits désormais à chanter la messe du dimanche même pendant les jours de la semaine, exerceraient sans s’inquiéter leur métier. Récemment, d’ailleurs, plusieurs intellectuels congolais sont partis à l’étranger, dans des pays d’Afrique ou d’Europe.

Puisque vous êtes aussi français, comment regardez-vous l’attitude de la France face à Denis Sassou Nguesso ?

À l’automne dernier, souvenez-vous, le président François Hollande avait publiquement validé – sans doute par manque de sens géopolitique africain – le changement arbitraire de la Constitution congolaise lors d’une conférence de presse avec le président malien. C’est cette même Constitution, validée par le président français, qui a finalement permis à Sassou-Nguesso de se représenter après trente-deux ans au pouvoir. Certes, François Hollande s’était vite rétracté par la suite, mais le mal était déjà fait et avait même ouvert la voie à un parti nationaliste français qui s’était immiscé dans le débat congolais. J’étais d’ailleurs navré de remarquer que certains de mes compatriotes épousaient ces dires populistes de dernière minute d’un parti plutôt porté par un élan de nostalgie coloniale. Que ce soit au sujet du Congo ou d’autres pays africains, la France, ces dernières années, a fait preuve d’une grande méconnaissance politique du continent noir.

Est-ce la dernière heure de ce président ?

Tôt ou tard, le jour de l’addition arrivera, car l’éternité est une idée de fakir et de moine, pour reprendre la formule de Jean-Paul Sartre dans Les Mains sales. Le peuple burkinabè a su s’insurger dans la discipline héritée du leader panafricain Thomas Sankara. Il est descendu dans la rue pour renverser un pouvoir qui perdurait depuis plus de vingt ans et pour élire démocratiquement un nouveau chef d’État. En définitive, je dirais que je rêve que le peuple congolais ne verse plus de sang, qu’il se souvienne que Thomas Sankara avait pour modèle le président congolais Marien Ngouabi, assassiné en 1977. « Quand le peuple se met debout, l’impérialisme tremble », clamait alors Thomas Sankara aux États-Unis, à Harlem, le 3 octobre 1984.

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