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Mutinerie en Côte d’Ivoire: nouveaux tirs à Bouaké avant la visite du ministre de la Défense

janvier 12, 2017

Bouaké (Côte d’Ivoire) – Les militaires qui s’étaient mutinés à Bouaké, deuxième ville de Côte d’Ivoire (centre) la semaine dernière, ont tiré en l’air dans la nuit de mercredi à jeudi et dans la matinée, pour maintenir « la pression », a constaté un journaliste de l’AFP.

Ces tirs, qui avaient cessé jeudi en fin d’après-midi, sont intervenus à la veille de la visite du ministre de la Défense Alain-Richard Donwahi, qui devrait apporter les promesses du gouvernement et mettre un point final à la mutinerie.

« Nous attendons notre argent demain. Ce qui compte c’est l’argent », a déclaré l’un des mutins à l’AFP, soulignant qu’ils « mettaient la pression » pour « rappeler en haut lieu ce qui a été convenu ».

Un accord avait été trouvé samedi à Bouaké entre le ministre et des soldats qui réclament le paiement de primes, des augmentations de solde, une promotion plus rapide entre les grades ainsi que des logements.

Des militaires en colère avaient cependant empêché le ministre et sa délégation de quitter la résidence du sous-préfet pendant plus de deux heures.

Dans la nuit de mercredi à jeudi mais aussi dans la matinée, des tirs nourris ont été entendus dans un camp militaire en face de l’université Alassane Ouattara (ouest de Bouaké).

« Ils ont passé toute la nuit à tirer en l’air. On n’a pas pu fermer l’oeil. Et ce matin, ils ont continué de tirer », a expliqué Marguerite Bambara, une voisine.

Les habitants vivent dans la psychose des événements du weekend et de nombreux magasins ont fermé ou n’ont pas ouvert jeudi matin en raison des coups de feu.

« J’ai préféré fermer mon magasin pour éviter d’être pillé », a confié Sar Abdoulaye, commerçant.

Une manifestation contre le mouvement organisé par les militaires devrait avoir lieu vendredi à Bouaké, selon Yacouba Traoré, un notable, et l’un des initiateurs de la marche. « (Il faut) mettre un terme à la révolte des soldats. Nous sommes fatigués de leurs agissements », a-t-il dit, affirmant qu’il allait « marcher sur les camps militaires ».

Trois commissariats ont fermé pendant la journée de jeudi, seule la préfecture de police est restée ouverte. « Nous sommes là, c’est vrai, mais sur le qui vive. S’il y a des tirs nourris à l’arme lourde, nous allons rentrer chez nous. Nous ne sommes pas formés pour faire face aux militaires », a soufflé à l’AFP un policier sous couvert d’anonymat.

Le weekend dernier, le mouvement des mutins avait fait tache d’huile, s’étendant à la plupart des casernes du pays, notamment dans la capitale économique Abidjan.

Les revendications des mutins, dont beaucoup sont d’anciens rebelles, sont matérielles. Elles marquent le retour d’un problème récurrent dans un pays sorti en 2011 de dix ans de rébellion dont Bouaké, 1,5 million d’habitants, fut la capitale.

En novembre 2014 déjà, une vague de protestation de soldats était partie de Bouaké et s’était également étendue à Abidjan et d’autres villes.

Le pays a achevé mercredi une réorganisation politique. Le président a nommé mardi l’ancien Premier ministre Daniel Kablan Duncan vice-président, poste nouveau créé après le référendum constitutionnel de novembre, et Amadou Gon Coulibaly, ex-secrétaire général de la présidence, nouveau Premier ministre. Ce dernier a formé mercredi un nouveau gouvernement plus restreint que la précédente équipe.

La rébellion du nord qui coupa la Côte d’Ivoire en deux en 2002-2011 était favorable à M. Ouattara. Le sud était tenu par les forces loyales à l’ex-président Laurent Gbagbo.

La Côte d’Ivoire a mis en route en 2016 une ambitieuse loi de programmation militaire jusqu’en 2020. Elle prévoit modernisation et achats d’équipements pour 1,2 milliard d’euros et une refonte des effectifs. L’armée ivoirienne – 22.000 hommes au total – compte trop de gradés pour peu de soldats.

Romandie.com avec(©AFP / 12 janvier 2017 17h13)             

Côte d’Ivoire: libération du ministre de la Défense qui a quitté Bouaké

janvier 7, 2017

Bouaké (Côte d’Ivoire) – Le ministre ivoirien de la Défense Alain Richard Donwahi, retenu près de deux heures samedi par des soldats mutins qui contrôlent Bouaké, la deuxième ville du pays, a été libéré et a quitté la ville, a constaté un photographe de l’AFP.

Ouvrez les portes, ils vont sortir, a hurlé un soldat juste avant que M. Donwahi et sa délégation ne quittent la résidence du sous-préfet où ils avaient été retenus pendant un peu plus de deux heures, pour se diriger à l’aéroport d’où son avion a décollé immédiatement.

Ni le ministre ni les représentants des mutins qui depuis vendredi dans plusieurs villes du pays réclament des améliorations de leur condition n’ont fait de déclaration à leur sortie.

M. Donwahi avait été retenu par des soldats mutins qui rejettent les termes de l’accord annoncé par le président Alassane Ouattara.

Juste après la déclaration du président Ouattara, ils ont empêché le ministre de la Défense et sa délégation de quitter la résidence du sous-préfet en tirant des rafales de Kalachnikov et des armes lourdes.

Je confirme mon accord pour la prise en compte des revendications relatives aux primes et à l’amélioration des conditions de vie des soldats, avait affirmé M. Ouattara, dans une brève déclaration retransmise par la télévision.

Ayant marqué mon accord, je demande à tous les soldats de regagner leurs casernes pour permettre l’exécution de ces décisions dans le calme, a-t-il poursuivi, sans préciser les termes de l’accord.

Romandie.com avec(©AFP / 07 janvier 2017 23h34)             

Côte d’Ivoire: le ministre de la Défense retenu par les mutins en colère

janvier 7, 2017

Poignée de mains entre le ministre ivoirien de la Défense Alain-Richard Donwahi (g) et le maire de Bouaké Issoufou Nicolas Djibo, le 7 janvier 2017 à Bouaké. © AFP

Bouaké (Côte d’Ivoire) – Le ministre ivoirien de la Défense Alain Richard Donwahi était retenu samedi par des soldats mutins qui rejettent les termes de l’accord dont la conclusion a été annoncée par le président Alassane Ouattara, a constaté l’AFP.

Juste après la déclaration du président Alassane Ouattara, les militaires se sont mis en colère. Ils ont empêché le ministre de la Défense et sa délégation de quitter la résidence du sous-préfet en tirant des rafales de Kalachnikov et des armes lourdes, a constaté un correspondant de l’AFP sur place.

M. Ouattara avait annoncé auparavant la conclusion d’un accord avec les soldats mutins dont les manifestations pour des revendications salariales ont paralysé depuis vendredi Bouaké, la deuxième ville du pays et qui ont gagné aussi Abidjan.

Je confirme mon accord pour la prise en compte des revendications relatives aux primes et à l’amélioration des conditions de vie des soldats, a affirmé M. Ouattara, dans une brève déclaration, retransmise par la télévision.

Ayant marqué mon accord, je demande à tous les soldats de regagner leurs casernes pour permettre l’exécution de ces décisions dans le calme, a-t-il poursuivi, sans préciser les termes de l’accord.

Il faut que le président (Ouattara) nous dise une date à laquelle nous serons réglés et la somme qui nous sera versée, a déclaré de son côté à Bouaké un soldat mutin.

Les mutins réclament le paiement de primes, des augmentations de salaires, une promotion plus rapide entre les grades et des logements.

Le président Ouattara annonce la conclusion d’un accord avec les mutins

Le président ivoirien Alassane Ouattara a annoncé samedi à Abidjan la conclusion d’un accord avec les soldats mutins dont les manifestations pour des revendications salariales ont paralysé depuis vendredi Bouaké, la deuxième ville du pays et ont gagné Abidjan.

M. Ouattara, qui s’était rendu samedi au Ghana pour l’investiture du nouveau chef de l’Etat, a regagné Abidjan dans l’après-midi. Un conseil des ministres extraordinaire sur cette crise s’est tenu dans la capitale économique en fin de journée.

Les mutins réclament le paiement de primes, des augmentations de salaires, une promotion plus rapide entre les grades et des logements.

L’accord a été scellé, à l’issue d’une rencontre entre le ministre ivoirien de la Défense, Alain Richard Donwahi et une délégation des soldats mutins à Bouaké.

La situation s’était aussi brusquement tendue samedi à Abidjan où des tirs ont été entendus dans un camp militaire et des barrages mis en place par des militaires.

A Abidjan, capitale économique ivoirienne, – où siègent la présidence, le gouvernement et le Parlement de ce pays d’Afrique de l’Ouest – la peur a gagné les habitants de la ville au lendemain du déclenchement d’une mutinerie de militaires à Bouaké et dans d’autres villes du pays qui réclament une amélioration de leur condition matérielle.

Des tirs ont été entendus ici à Abidjan à la caserne d’Akouédo, a affirmé samedi un présentateur lors d’un flash d’informations sur la télévision nationale.

Des soldats ont bloqué l’accès à un carrefour stratégique situé près de ce camp militaire, dans le quartier chic de Cocody. Toutes les routes menant vers les secteurs d’Akouédo étaient embouteillées, a constaté l’AFP.

Romandie.com et Jeuneafrique.com avec(©AFP / 07 janvier 2017 20h33)