Posts Tagged ‘Alain Toussaint’

Côte d’Ivoire : quand Guillaume Soro rencontre un ancien conseiller de Gbagbo à Paris

mai 5, 2017

Guillaume Soro quitte le palais présidentiel après une rencontre avec Alassane Ouattara le 13 mars 2012. © Emanuel Ekra/AP/SIPA

En visite privée à Paris, le président de l’Assemblée nationale s’est entretenu avec Alain Toussaint, un ancien porte-parole et conseiller de Laurent Gbagbo.

Cette rencontre a été placée sous le sceau de la réconciliation par les deux protagonistes qui se sont exprimés à l’issue de leur entretien mercredi 3 mai à Paris. « L’entreprise de réconcilier les Ivoiriens est bien difficile. Il y a des différences entre vous et moi que nous ne nions pas. Mais nous avons convenu de nous mettre au dessus de nos divergences, de nos problèmes pour regarder ce qui peut être dans l’intérêt de la Côte d’Ivoire », a déclaré Guillaume Soro.

 

« Aujourd’hui, nous avons décidé de nous engager dans le tunnel de la réconciliation. J’en suis déterminé. J’en ai parlé avec le président Ouattara qui m’a encouragé à faire en sorte que la réconciliation soit une réalité. »

Guillaume Soro a également évoqué indirectement le cas des anciens cadres du Front populaire ivoirien (FPI) toujours en détention à Abidjan. « Moi-même ancien prisonnier à plusieurs reprises, je n’ai aucun intérêt à voir persister la question des prisonniers politiques en Côte d’Ivoire », a-t-il dit.

 

 

De son côté, Alain Toussaint a remercié « le président de l’Assemblée nationale pour son initiative courageuse dans un pays qui n’est pas traversé par des divisions depuis 2011 mais depuis 1990. Dans mon camp comme dans le sien, il y a des gens qui sont réfractaires au pardon et à la réconciliation. C’est une mission importante, je pense qu’il sera la mener à bon port ».

« La politique, ce n’est pas la guerre »

« Je lui ai confirmé ma volonté de rentrer dans mon pays. Il y a eu des engagements forts qui ont été pris et je lui ai réitéré toute ma confiance. Je pense que c’est ensemble que nous devons construire la Côte d’Ivoire », a-t-il poursuivi.

Et de conclure : « La politique, ce n’est pas la guerre. Il y a un temps pour faire la guerre, un temps pour faire la paix. »

Ancien journaliste, longtemps basé en France, Alain Toussaint fut le porte-parole et conseiller en communication de Laurent Gbagbo. Sa rencontre avec l’ancien chef de la rébellion a cependant été raillée par les partisans de l’ancien président ivoirien. « Toussaint roule pour lui-même depuis bien longtemps. Il ne représente rien », estime même un proche de Gbagbo.

Jeuneafrique.com avec AFP

Depuis Washington/Alain Toussaint révèle: « Laurent Gbagbo sera transféré à la CPI le 15 novembre 2011 »

octobre 15, 2011

Le conseiller de l’ancien homme fort d’Abidjan, s’appuyant sur des sources diplomatiques convergentes, a dévoilé, depuis Washington, aux Etats-Unis, où il est actuellement, qu’ « il semblerait que Laurent Gbagbo soit sur le point d’être transféré à la Cour pénale internationale (CPI), et ceci aux alentours du 15 novembre 2011 ». Une sortie qui ne laisse pas les observateurs avisés indifférents. Car, elle survient au moment où Luis Moreno-Ocampo, procureur de la Cour pénale internationale est depuis hier vendredi 14 octobre 2011, sur les bords de la lagune Ebrié pour enquêter sur les tuéries survenues lors de la crise postélectorale. Pourquoi, c’est en ce moment que Toussaint Alain fait-il une telle déclaration ?

Le conseiller de l’ancien Chef de l’Etat est-il dans le secret de la justice internationale ou prêche-t-il du faux pour avoir le vrai ? Dans tous les cas, cette révélation de Toussaint Alain n’est pas fortuite.

L’Intelligent d’Abidjan par R.D

En résidence surveillée à Korhogo, tout est mélangé autour de Laurent Gbagbo

juillet 28, 2011

Un leader qui croupit en prison, ses proches qui s`emportent et s`entremêlent dans leurs propos, tirent dans tous les sens et, au bout du compte, on aboutit à ce que des observateurs de la vie politique ivoirienne ont qualifié, depuis leur sortie, de « belle cacophonie, voire un charivari, autour de l`ancien chef de l`Etat, Laurent Gbagbo, qui rend inaudible leur message ». Ce constat tient à un seul fait.

Les sorties diamétralement opposées de ceux qui, aujourd`hui, parlent au nom du « Woody de Mama ». Alain Toussaint, le conseiller en communication de Laurent Gbagbo en Europe, Miaka Ouréto, président intérimaire du Front populaire ivoirien ( Fpi), Justin Katina Koné, le porte-parole de l`ex-chef de l`Etat et la Coordination Fpi en exil que dirige Assoa Adou, semblent ne pas être sur la même longueurs d`onde.

Le premier, Alain Toussaint a donné une interview explicative, avant-hier mardi 26 juillet 2011 à « Afrik.com », abordant, entre autres, les conditions carcérales de l`ancien chef de l`Etat.

Le deuxième, Miaka Oureto, lui, au sortir d`une rencontre avec Charles Konan Banny, le lundi 25 juillet 2011, a fait une déclaration qui épouse l`idée de Koulibaly Mamadou. A savoir que « la libération de Gbagbo et des cadres du Fpi n`est pas un préalable ».

En ce qui le concerne, au nom de son mentor, le troisième, Justin Katinan Koné, souligne que « Gbagbo est déterminé à poursuivre son combat ». La coordination du Ghana conduite par Assoa Adou, prend le contre-pied des déclarations du président du parti et fait de la libération de Gbagbo « un préalable et sans condition ».

Le décalage entre les propos des uns et des autres donne tout simplement du tournis aux militants. Le conseiller en communication de l`ex-chef de l`Etat, Alain Toussaint affirme que Laurent Gbagbo est « bunkerisé », ne disposant d`aucun moyen de communication avec l`extérieur. « Il ne faut pas sous estimer la complexité de la situation du président Laurent Gbagbo, de son épouse Simone et son fils Michel. Nous estimons que le président Gbagbo est déjà à son centième jour de détention (mercredi 20 juillet), sans qu`il ait la possibilité de communiquer avec l`extérieur, ni avec ses avocats, ou ses proches.
Rétropédalage vertigineux

Laurent Gbagbo est en danger de mort ! Contrairement à ce que dit Ouattara, le président n`est pas en résidence surveillée à Korhogo. Le chef de l`Etat est l`otage du chef rebelle Fofié Kouakou dans la maison duquel il est enfermé dans une pièce-salon, et sans lumière du jour. Il en a été extrait spécialement pour être conduit à la résidence présidentielle lors de la visite de Choi », soutient Alain Toussaint.

Mais, la sortie de Katinan Koné, vient battre en brèche cette déclaration du conseiller en communication. Dans un message qu`il dit tenir de Laurent Gbagbo, suite à la « réunion du comité central du Fpi ». Katinan Koné Justin déclare que « le président Laurent Gbagbo, depuis Korhogo, son lieu de détention arbitraire, suit avec la plus grande attention la situation politique de la Côte d`Ivoire en général et particulièrement celle du Front populaire ivoirien ( Fpi), le parti qu`il a fondé… Il apporte son soutien au camarade Miaka Ouareto , président intérimaire.. et rappelle à tous que le Fpi est porteur d`une espérance… Il rassure l`ensemble de tous les militants et sympathisants de sa détermination à poursuivre ce combat pour lequel, aucune humiliation n`est de trop pour lui ». Ces propos de Katina Justin, s`ils ne font pas mentir Alain Toussaint, ont au moins le mérite de dire à l`opinion nationale que l`ancien chef de l`Etat n`est pas enfermé « sans lumière du jour », n`est pas coupé du reste du monde et qu`il suit, au jour le jour, l`actualité politique ivoirienne, au point de donner son point de vue.

Miaka Oureto, le président par intérim du Fpi a fait un rétropédalage susceptible de donner du vertige aux militants de son parti. Notamment, en ce qui concerne la libération de Laurent Gbagbo et des cadres du parti en prison. L`axe principal de combat du président intérimaire du Fpi, n`est plus la libération de Gbagbo et des autres.

Au sortir d`une audience avec Charles Konan Banny, président de la commission dialogue, vérité et réconciliation, le 25 juillet 2011, Miaka Oureto a tout simplement mis au frigidaire la requête du Fpi. A la question d`un journaliste de savoir si le Fpi fait toujours de la libération de ses cadres, un préalable à la réconciliation, voici la réaction, à couper le souffle, de Miaka Oureto. « Ça, ce sont des détails. Nous ne parlons pas de préalables. Nous n`avons jamais dit qu`il y avait un préalable…Au-delà de l`aspect collectif de cette réconciliation, la responsabilité est d`abord individuelle… La crise-là, ce sont des individus qui en portent les responsabilités. Il est bon que devant tout le peuple de Côte d`Ivoire, ces individus-là prennent la parole pour dire moi, en tant qu`individu, voilà ce que j`ai eu à poser comme acte, pourquoi je l`ai posé, je le regrette ou bien je ne le regrette pas. Et comme il s`agit de réconciliation, il faut regretter son acte qu`on a posé quand on sait que cet acte-là est mauvais pour la communauté à laquelle on appartient. Donc, poser comme préalable la libération, nous ne voulons pas ».

Avec cette déclaration, Miaka Oureto joint sa voix à celle du Pr Barthélemy Kotchi, un autre ponte du Fpi, qui, il y a peu, demandait « que Gbagbo vienne s`expliquer devant le peuple pour les actes qu`il a posés ». Pour Miaka Oureto, l`essentiel, aujourd`hui, c`est « comment, ensemble, nous pouvons relever le défi de l`amélioration des conditions de vie des populations ». Une démarche que plaidait hier Koulibaly Mamadou, ancien président par intérim du parti. On le voit, Miaka a radicalement changé de fusil d`épaule et semble rejoindre le président de « Lider ».

La coordination Fpi du Ghana, conduite par le Dr Assoa Adou ne voit pas les choses de cette oreille. Bien que d`accord avec le processus vérité, dialogue et réconciliation, le Fpi « demande la libération sans condition du Président Laurent Gbagbo, de la camarde Simone Ehivet-Gbagbo ainsi que celle de tous les camarades détenus arbitrairement ». Il ne serait pas exagéré d`affirmer qu`on nage, en ce moment, au Fpi, en pleine gadoue, notamment, en matière de communication et d`approche politique.

Les « Camarades » ont fort intérêt, dans cette situation particulièrement délicate, à accorder leurs violons, pour ne pas en ajouter à la déprime des nombreux militants qui continuent de croire en ce parti.

Soir Info par Armand B. DEPEYLA

Situation sociopolitique en Côte d’Ivoire/Toussaint Alain (Conseiller de l’ex-chef de l’État ivoirien): « Laurent Gbagbo est en danger de mort ! « 

juillet 27, 2011

Dans un entretien accordé à Afrik.com, le mardi 26 juillet 2011, Toussaint Alain analyse la situation sociopolitique en Côte d’Ivoire après la chute de l’ex-président Laurent Gbagbo dont il est l’un des conseillers. Le journaliste parle surtout des conditions de détention de Laurent Gbagbo.

Afrik.com : Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer que Laurent Gbagbo est détenu dans de mauvaises conditions ?

Toussaint Alain : Il ne faut pas sous estimer la complexité de la situation du président Laurent Gbagbo, de son épouse Simone et son fils Michel. Nous estimons que le président Gbagbo est déjà à son centième jour de détention (mercredi 20 juillet) sans qu’il ait la possibilité de communiquer avec l’extérieur, ni avec ses avocats ou ses proches. Laurent Gbagbo est en danger de mort ! Contrairement à ce que dit Ouattara, le Président n’est pas en résidence surveillée à Korogho. Le Chef de l’Etat est l’otage du chef rebelle Fofié Kouakou dans la maison duquel il est enfermé dans une « pièce-salon » et sans la lumière du jour. Il en a été extrait spécialement pour être conduit à la résidence présidentielle lors de la visite de Choi (le représentant spécial des Nations unies en Côte d’Ivoire, ndlr). Nous avons des informateurs qui nous permettent d’affirmer ce que nous disons. Il s’agit de sources proches du régime et des Nations unies qui nous soutiennent. Elles nous disent d’agir car le président Gbagbo court le risque permanent d’être assassiné.

Où en est votre demande concernant la libération de Michel Gbagbo, le fils franco-ivoirien de l’ancien président, également détenu en Côted’Ivoire ?

Je suis indigné par l’attitude méprisante de la France. La mère de Michel Gbagbo, Jacqueline Chamoy, a écrit deux fois au ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé. Elle n’a obtenu aucune réponse. Elle a ensuite écrit début juillet à M. Sarkozy qui ne lui a pas répondu non plus. Pour le gouvernement français, il y a deux types de citoyens : ceux qui méritent d’être défendus et ceux qui ne le méritent pas. On a vu les autorités françaises à la manœuvre pour Florence Cassez, détenue au Mexique. On les a vues agir pour les otages journalistes et autres. Mais pour Michel Gbagbo, rien ne bouge. Michel Gbagbo est Français même s’il a la double nationalité. Il mérite tout autant qu’un autre d’être défendu. C’est une attitude qui m’interpelle et me préoccupe. La France, qui se présente comme celle qui va rétablir la démocratie en Côte d’Ivoire, est en réalité en campagne économique et n’hésite pas à sacrifier ses otages pour le bien de ses intérêts économiques. Elle ne réagit pas alors que nous savons que les clés des prisons de Gbagbo, son fils et sa femme sont entre ses mains. Car ces derniers sont ses prisonniers. La France a voulu leur donner une leçon car ils ont refusé de se coucher devant M. Sarkozy. Le sort qui leur est réservé est totalement inhumain. Si nous n’agissons pas, je pense que c’est la mort qui les attend.

Avez-vous des nouvelles de Charles Blé-Goudé, qui s’exprime régulièrement dans les médias tout en s’abstenant de révéler l’endroit où il a trouvé refuge depuis la chute du régime de Laurent Gbagbo ?

Je l’ai eu au téléphone récemment. Il va très bien. Il est en bonne santé et toujours aussi déterminé à défendre les intérêts de la Côte d’Ivoire. Il compte mener une opposition démocratique et politique. Mais je ne vous direz pas où il se trouve. Je pense que ce n’est pas le plus important. L’essentiel est que nous continuons à mener la résistance.

Quel est l’avenir du Front populaire ivoirien (Fpi), le parti de Laurent Gbagbo, maintenant que Koulibaly Mamadou qui assurait la présidence par intérim a démissionné ?

C’est un coup dur qui a été porté là. Je donne l’exemple d’une famille où, lorsque le père et la mère ne sont plus là, les enfants se disputent. Et celui à qui l’on a confié les clés de la maison se barre ! Le Fpi doit trouver la force de se relever. Il faut rapidement trouver la formule qui permette à ce parti de rebondir. C’est un mauvais signal envoyé aux militants et aux Ivoiriens qui sont avec Gbagbo. Quant à savoir qui peut remplacer Koulibaly, je n’en sais rien. Je n’ai pas de pronostic à faire. Ce sont les affaires du Fpi et cela ne regarde que le Fpi. J’avoue que j’ai été surpris par cette démission. C’est son droit de créer son propre parti. Mais Koulibaly avait l’opportunité de diriger le Fpi qui est le premier parti politique de Côte d’Ivoire. Il avait une occasion d’affirmer et d’imposer son leadership.

Pourquoi vous acharnez-vous ainsi à défendre Laurent Gbagbo ?

Je le défends par conviction. Et non parce qu’il m’a donné la clé d’un coffre caché où je peux puiser de l’argent tous les jours. Je me suis engagé en politique, il y a dix ans, lorsque le président Gbagbo m’a appelé à ses côtés. C’est Gbagbo qui a engagé la Côte d’Ivoire sur la voie de la démocratie. C’est lui qui a initié le projet de l’assurance maladie, le multipartisme, l’école gratuite etc. Il a une vision politique que je partage. Il a une passion pour la Côte d’Ivoire et un humanisme que je partage. C’est pour cela que j’ai choisi d’être avec lui. Et ce n’est pas lorsque le navire commence à prendre l’eau que l’on doit se sauver. Je connais bien le président Gbagbo. Il n’a assassiné personne. S’il était un assassin, croyez-moi, j’aurais été le premier à m’en aller. Ce n’est pas à mon âge que je vais entamer une carrière de dictateur ou de complice de dictateur. Pourquoi faire ? Gbagbo est un homme généreux et je suis sincère en disant cela.

A vous entendre, vous donnez l’impression que Laurent Gbagbo ne porte aucune responsabilité dans les évènements qui ont conduit et suivi la crise post-électorale. Quel est par conséquent votre regard sur les accusations portées à son encontre ?

Les accusations portées contre Laurent Gbagbo par le président Alassane Ouattara sont sans fondement. Monsieur Ouattara est la source des problèmes que connaît actuellement la Côte d’Ivoire. Il est l’initiateur, l’organisateur et le bénéficiaire de la rébellion qui a divisé la Côte d’Ivoire depuis septembre 2002. Et au cours de cette rébellion, des personnes ont perdu la vie. Il y a eu des morts et Monsieur Ouattara doit rendre des comptes à la Justice. Gbagbo n’a pas été le commanditaire de meurtres. On dit que le président Gbagbo est un dictateur. Je trouve cela plutôt injuste. Lorsque Gbagbo accède au pouvoir en octobre 2000, il souhaite œuvrer pour la réconciliation. M. Ouattara n’a jamais été contraint à l’exil. Gbagbo a fait en sorte qu’il revienne en Côte d’Ivoire. Donnez-moi un seul exemple qui montre que Gbagbo est un dictateur. Quel opposant a-t-il jeté en prison ? Au contraire il a mené une politique de décentralisation et dans une dictature ce serait plutôt un pouvoir centralisé. Gbagbo a mené de grandes réformes sociales. Il a permis à la presse de s’exprimer librement. En 2010, sur 27 titres, les trois quarts étaient proches de l’opposition. Elle a bénéficié d’aides financières considérables. M. Ouattara a délégitimé un président qui avait à son actif quarante ans de combat pour la démocratie.

La justice ivoirienne, dont l’impartialité est remise en question, est-elle capable de conduire un éventuel procès contre Laurent Gbagbo ?

Il n’y a aucun crime qui ne puisse être jugé en Afrique. Je suis convaincu qu’en Côte d’Ivoire, il y a des Ivoiriennes et Ivoiriens qui peuvent garantir l’indépendance de la Justice. Nous avons en Afrique des magistrats brillants. Pourquoi les dirigeants africains doivent être traduits devant la Cour pénale internationale alors que Sarkozy, Obama, Bush, Chirac qui ont massacrés des Afghans et des Irakiens ne le sont pas ? Il appartient à nos juridictions nationales de régler les problèmes nationaux de la Côte d’Ivoire. Quand Licorne a massacré 70 Ivoiriens, pourquoi Chirac ou Sarkozy, le chef de la force française, n’ont pas été traduits devant la justice ? C’est parce qu’on estime que ce sont des Noirs qui ont été tués. Par conséquent, tout le monde s’en moque. Personne et aucun Ivoirien n’ira devant la Cpi. Il faut que nos juridictions nationales soient renforcées, avec nos moyens, au nom de notre dignité. Le procureur de la CPI, Luis-Moreno Ocampo, s’est rendu en juillet en Côte d’Ivoire seulement huit ans après qu’il ait été sollicité par le président Gbagbo qui lui a écrit maintes fois pour dénoncer les crimes de la rébellion. Mais il n’a jamais trouvé bon de répondre. Rien ne garantit l’indépendance de la CPI. Je crains même que les jugements rendus par la CPI soient plus à craindre que ceux rendus par la Côte d’Ivoire parce que cette cour est instrumentalisée par les Occidentaux. Ouattara, qui fait aujourd’hui appel à la CPI, sera le premier à dire demain qu’il n’en veut plus.

Le camp Ouattara ne semble pas à l’abri de poursuites de la Cour pénale internationale puisqu’il est accusé par les organisations des droits de l’Homme d’avoir commis des exactions…

Ouattara n’est pas à l’abri de poursuites. Il y a eu des victimes et des morts et il faut que les auteurs de ces exactions soient condamnés par la justice. Ce que l’on dénonce, c’est une justice à deux vitesses, une justice sur mesure qui se révèle lorsque les intérêts de ceux qui la manipulent sont en jeu. La France, dont les soldats sont présents dans le nord et l’ouest du pays, théâtre de nombreux massacres perpétrés par la rébellion, n’a jamais dénoncé ces exactions. De même pour l’Onu, qui est l’instrument que l’on utilise pour recoloniser l’Afrique. Ce sont les Nations unies qui divisent l’Afrique aujourd’hui.

Vous avez toujours été très critique à l’égard de l’action internationale en Côte d’Ivoire durant la crise post-électorale, notamment à l’égard de la France.Pourquoi ?

Les grandes puissances se sont comportées en Côte d’Ivoire comme des voyous ! Regardez ce qu’ils font en Libye. Les agissements de la France ont été criminels. Un soldat français en Côte d’Ivoire est un soldat de trop. La force Licorne n’a rien à faire chez nous. Quand elle bombarde des hôpitaux, universités, écoles ou camps militaires, au nom de quoi se permet-elle cela ? Ce sont des méthodes inacceptables ! Nous étions sur la voie de la démocratie. C’est la France qui est responsable à part entière des malheurs de la Côte d’ Ivoire puisqu’elle n’a pas accepté le processus de démocratie qui s’était mis en place lorsque le président Laurent Gbagbo est arrivé au pouvoir. Elle a mis une rébellion en marche contre Laurent Gbagbo pour placer M. Ouattara, huit ans plus tard, à la tête du pays pour qu’il puisse mieux servir ses intérêts. D’ailleurs, beaucoup de dirigeants africains nous soutiennent. Ils nous appellent pour nous le dire. Mais ils n’osent pas s’opposer à la France car ils ont peur de subir le même sort que Gbagbo. Le seul qui a été courageux c’est le président gambien qui a toujours affirmé qu’il ne reconnaissait pas Ouattara. François Fillon a averti, il y a quelques semaines, que ce qui est arrivé en Côte d’Ivoire est un signal pour tous ceux qui ne respectent pas la démocratie. C’est en réalité une mise en garde pour tous ceux qui ne respectent pas les intérêts de la France. Tout le monde dit que c’est Gbagbo qui a trafiqué les élections. En réalité c’est Ouattara qui a triché.

Que répondez-vous à ceux qui estiment que l’alliance politique entre Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara devait logiquement profiter à Alassane Ouattara ?

C’est une alliance ethnique. Et rien d’autre. Près de 60% de l’électorat ivoirien était à Abidjan. Or Gbagbo a obtenu 58% des suffrages à Abidjan. Le report des voix ne s’est pas fait. M. Ouattara a triché. Dans la région des Baoulé (centre du pays), où il l’a remporté la majorité des suffrages, il s’est attribué plus de voix qu’il en avait. Il a dû obtenir 240 000 voix mais il a affirmé qu’il en avait eu 243 000. Si vous sondez l’opinion publique à Abidjan, beaucoup se sont ralliés au président Gbagbo. Le président Gbagbo a été victime d’un coup d’Etat. Pour nous, Ouattara est le visage civil d’un régime militaire. De toute manière, il n’y a même pas matière à discuter. Dès lors que le Conseil Constitutionnel prononce les résultats, ils doivent être acceptés de tous. Pourquoi l’Occident n’en n’a pas pris acte ? Ce ne sont pas les résultats de Youssouf Bakayoko qui prouvent que Ouattara a gagné les élections. Il y avait 2 200 PV (procès-verbaux) sur les 21 000 inscrits. C’est-à-dire que 10% des PV étaient frauduleux. En réalité le nombre des électeurs étaient plus élevé que le nombre d’inscrits. C’est comme si vous aviez par exemple 15 inscrits et au final 22 votants. Est-ce normal ?

Est-ce un argument valable puisque le Conseil Constitutionnel était favorable à Laurent Gbagbo qui en avait lui-même nommé son président ?

Il n’était pas favorable à Laurent Gbagbo. C’est la Constitution qui veut que le président de la République nomme les membres du Conseil constitutionnel. En France c’est pareil. Ce n’est pas une spécificité ivoirienne. Tout ceci ne me pose pas de problème dès lors que la procédure est respectée et que chaque membre travaille en toute indépendance. De la même façon que cela ne m’a pas gêné que les membres de la Commission électorale indépendante (CEI) soient proches du RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la paix, alliance qui a porté Alassane Ouattara au pouvoir, ndlr). Chacun doit faire son travail en toute impartialité et en toute transparence.

Le président Alassane Ouattara a fait de la réconciliation nationale l’une de ses priorités pour redresser la Côte d’Ivoire. Pensez-vous qu’un tel projet puisse aboutir alors que les Ivoiriens commencent tout juste à panser leurs plaies ?

Ouattara n’est pas prêt pour une réconciliation nationale et je ne pense pas qu’il soit l’homme qui puisse réconcilier la Côte d’ Ivoire. Autrement, il ne jetterait pas en prison toutes les personnes qui ne pensent pas comme lui. Autrement,il ne garderait pas en prison le président Laurent Gbagbo. Il faut que Gbagbo soit libéré, c’est un élément déterminant pour entamer ce processus. Sa libération serait un signe fort qui montrerait que Ouattara est enfin disposé à s’engager dans la voie de la réconciliation. La détention du président Gbagbo est vécue comme une vraie psychose. Des gens en sont même morts. Beaucoup sont actuellement en souffrance psychologique. J’adresse un message à Ouattara. Il faut qu’il ait la victoire modeste. Il doit accepter d’ouvrir un dialogue politique avec le président Gbagbo dans son intérêt et dans l’intérêt des Ivoiriens car la posture qu’il a adoptée ne peut que le mener dans une impasse. Le président Gbagbo ne lui a jamais fait subir le millième de ce qu’il lui fait subir en ce moment. Les ressentiments à son encontre sont forts. Et s’il persiste dans cette voie, il ne fera que renforcer le front anti-Ouattara.

Source : Afrik.com

La guerre entre les gbagboïstes fait encore rage, Alain Toussaint allume Bernard Houdin

juin 18, 2011

Deux proches du Président Laurent Gbagbo sont actuellement à couteaux tirés, l’un, Alain Toussaint, conseiller en communication et l’autre, Bernard Houdin, représentant du porte parole de Laurent Gbagbo en Europe et en Amérique. Alain Toussaint qui dénonce « une vraie campagne de dénigrement » contre sa personne, a désormais décidé de « rendre coup par coup ».

Plus rien ne va entre Alain Toussaint et Bernard Houdin, si l’on s’en tient aux précisions faites par le conseiller en communication du Président Laurent Gbagbo, assigné à résidence à Korhogo depuis sa chute du pouvoir, le 11 avril 2011. Face à la récurrence des attaques contre lui, Alain Toussaint estime qu’il n’est plus question pour lui de rester sans réagir. « Une vraie campagne de dénigrement est menée contre ma personne par certaines personnes, dont un ex-conseiller (en environnement) du Président Gbagbo, qui a même produit, il y a quelques semaines, un communiqué pathétique pour m’agresser.

A l’époque, je n’ai pas jugé utile de répondre à ses sornettes. A deux reprises, dans des réunions publiques à Paris, le même individu s’est également permis de m’attaquer- en plus des articles insidieux commandités dans la presse ivoirienne. Désormais, je rendrai coup par coup », indique Alain Toussaint dans une déclaration, déplorant les attaques, le harcèlement et les injures dont il fait l’objet, de même que la famille de Laurent Gbagbo. « J’avoue que depuis la mise en place du Collectif des avocats du Président Gbagbo, je fais l’objet de harcèlement, d’attaques aussi violentes que stupides. La famille du chef de l’Etat n’est pas non plus épargnée par les injures. Je ne suis pas agent d’avocats. Je n’attends rien d’autre de ce Collectif que la libération du Président Gbagbo, de son épouse et tous les détenus politiques du Préfet Ouattara, ni prébendes ni récompenses. Je ne suis pas “homme de rétro-commissions”, mais de mission », poursuit-il. Il en veut pour preuve le message électronique que lui a adressé le nouveau porte parole de Laurent Gbagbo, Koné Katina Justin, l’invitant à faire partie de l’équipe d’experts nationaux et internationaux pour mener le combat, dans laquelle il sera chargé de la diaspora ivoirienne non militante FPI et la diaspora africaine partout dans le monde notamment en Europe, en Amérique et en Asie. Alain Toussaint dit ne pas être affecté par « ces agitations malveillantes », et refuse de descendre dans la poubelle. « Au pouvoir, le Président Laurent Gbagbo m’a déjà tout apporté : le patriotisme, l’amour de mon pays et des Ivoiriens, la loyauté, le sens de l’engagement en politique, une meilleure compréhension des défis de l’Afrique, etc.

En dix années de collaboration, je n’ai jamais pris part à une quelconque guerre des tranchées ou de positionnement (exercice favori d’une caste). Ce n’est pas aujourd’hui que je vais me convertir à ces basses manœuvres. Il est vrai que souvent en politique, la poubelle n’est jamais loin. Mais je n’y descendrai pas. Ma dette envers le peuple ivoirien est suffisamment énorme, je compte bien l’honorer en prenant toute ma place et ma part à temps plein dans la lutte de libération de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique – qui reste avant tout l’affaire des Ivoiriens et des Africains.

Pour ce combat, je n’ai nullement besoin de la tutelle, même “amicale”, d’un ex-conseiller, fût-il Blanc, qui s’est abondamment nourri depuis sa jeunesse au sein de l’idéologie nauséabonde et esclavagiste de l’extrême-droite française (…) Aujourd’hui, ce même individu et ses supplétifs tentent de détourner le Collectif et la lutte à des fins personnelles et mercantiles.

Je demande aux Ivoiriens et aux Africains de ne plus se laisser impressionner ou distraire par les intrigants et autres “amis d’enfance de Gérard Longuet (ministre français de la Défense)», martèle Alain Toussaint, qui se dit prêt à poursuivre le travail avec constance et fidélité au profit de la Côte d’Ivoire. En plus des deux réactions publiées-ci hautes croit bien que çà chauffe dans la maison Gbagbo

L’Intelligent d’Abidjan Olivier Dion