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Pérou: Fujimori hospitalisé après l’annulation de sa grâce par la justice

octobre 4, 2018

Un juge péruvien a annulé mercredi la grâce accordée fin 2017 à l’ancien président du Pérou Alberto Fujimori, condamné pour crimes contre l’humanité et corruption / © Peruvian Judiciary/AFP/Archives / HO

La justice péruvienne a annulé mercredi la grâce accordée fin 2017 à l’ancien président du Pérou Alberto Fujimori, condamné pour crimes contre l’humanité, et a ordonné son arrestation, ravivant la controverse autour de cette figure aussi adulée que détestée.

Quelques heures après, l’ex-président de 80 ans a été hospitalisé dans une clinique de Lima, où il restera pour une période indéterminée, le temps de réaliser des examens, a indiqué dans la nuit son médecin, Alejandro Aguinaga.

M. Fujimori a été admis à l’hôpital après « avoir souffert d’une décompensation avec une accélération du rythme cardiaque. Il a eu une chute de tension. Pour ce motif, il a été transporté à la clinique pour une série d’examens et de traitements », a dit à la presse M. Aguinaga.

« Un juge a ordonné que l’on localise et arrête l’ancien président Fujimori afin qu’il soit placé en détention », a écrit l’administration judiciaire péruvienne sur son compte Twitter.

La décision d’Hugo Nuñez, magistrat de la Cour suprême du Pérou, fait suite à un recours des familles des victimes du gouvernement Fujimori demandant de revenir « sur la grâce pour raison de santé en faveur » de celui qui a présidé le Pérou d’une main de fer de 1990 à 2000, a déclaré l’institution.

Carlos Rivera, l’avocat des parties civiles à l’origine de l’annulation, a affirmé à l’AFP que la décision de mercredi était fondée car « des irrégularités avaient été commises au moment de la grâce ».

La Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a estimé que cette décision était une grande « victoire pour les victimes et un pas en avant dans la lutte contre l’impunité ».

« En fin de compte, justice a été rendue », a déclaré Rosa Rojas, qui a perdu son fils âgé de 8 ans et son mari en 1991 dans un des massacres pour lesquels M. Fujimori a été condamné.

Keiko Fujimori, 43 ans, fille de l’ancien chef de l’Etat et dirigeante de l’opposition, a dénoncé une décision « inhumaine » et a suspendu une tournée en province.

« C’est le jour le plus triste de nos vies, ça fait mal », a-t-elle déclaré en pleurs devant les journalistes.

– Appels –

Accompagné de son plus jeune fils, Kenji Fujimori, l’ex-président a été transporté en ambulance vers la Clinica Centenario Peruano-Japonesa, un établissement hospialier de Lima où il avait déjà été admis plusieurs fois pour divers problèmes de santé.

« En tant que fils d’Alberto Fujimori, il est de mon devoir de rester à ses côtés dans ses moments les plus difficiles », a tweeté Kenji.

L’avocat de l’ancien président, Miguel Perez, a formé deux recours, l’un pour contester l’annulation de la grâce et l’autre pour permettre à son client de rester en liberté pendant que la justice analyse son premier appel.

Biographie de l’ancien président du Pérou Alberto Fujimori / © AFP / Anella RETA

L’ex-homme fort du Pérou, gracié en décembre pour raison de santé alors qu’il purgeait une peine de 25 années de prison pour crimes contre l’humanité, a récemment fêté ses 80 ans.

– Massacres –

Retiré de la vie politique, il vivait depuis seul dans une maison en location dans un quartier chic de Lima. Ce père de quatre enfants et grand-père de deux petites-filles disait se consacrer à la rédaction de ses mémoires et à prendre soin de ses plantes, une de ses passions.

Ces dernières années, l’ancien président avait multiplié les séjours à l’hôpital. M. Fujimori avait notamment subi plusieurs opérations en raison d’un cancer de la langue.

Alberto Fujimori avait été reconnu coupable d’avoir commandité deux massacres perpétrés par un escadron de la mort en 1991-1992.

Fin 2017, sa libération anticipée au bout de 12 ans, décidée par Pablo Pedro Kuczynski, alors président du Pérou, avait déclenché une crise politique et de vives protestations d’organisations de défense des droits de l’homme et des victimes de la répression du régime Fujimori.

Mi-juin, la Cour interaméricaine des Droits de l’homme a épinglé le Pérou pour cette grâce.

Dans une lettre manuscrite adressée en juillet à l’AFP, M. Fujimori défendait son héritage qui devait permettre, selon lui, de faire du Pérou « un pays leader en Amérique latine ».

Mais le passage au pouvoir de celui que l’on surnomme « El Chino » (« le Chinois ») a laissé des souvenirs contrastés.

Pour certains, il est l’homme qui a combattu avec succès la guérilla maoïste du Sentier lumineux et dopé l’essor économique du pays.

D’autres se souviennent surtout de ses méthodes musclées dans le cadre de la lutte contre le Sentier lumineux.

Jusqu’à présent, le patriarche du clan Fujimori n’a pas réussi à réconcilier deux de ses enfants, Keiko et Kenji, 38 ans, devenus ouvertement rivaux en politique. Au point qu’ils pourraient s’affronter lors de la prochaine élection présidentielle en 2021.

Romandie.com avec(©AFP / (04 octobre 2018 05h15)

Pérou: le ministre de la Culture démissionne après la grâce à Fujimori

décembre 27, 2017

Lima – Le ministre péruvien de la Culture Salvador del Solar a présenté mercredi sa démission, trois jours après la grâce contestée accordée par le chef de l’Etat Pedro Pablo Kuczynski à l’ex-président péruvien Alberto Fujimori, condamné pour crimes contre l’humanité.

« J’ai présenté ma démission en tant que ministre de la Culture », a écrit sur son compte Twitter certifié cet acteur et réalisateur populaire de 47 ans, qui s’était toujours dit opposé à un geste envers M. Fujimori.

La décision du président a provoqué des manifestations de Péruviens, qui accusent le chef d’Etat d’avoir négocié politiquement cette mesure en échange de son maintien au pouvoir avec le soutien du mouvement politique fondé par M. Fujimori.

Transféré samedi de sa prison vers une clinique, l’ex-président, qui souffre de problèmes cardiaques, a vu mercredi son hospitalisation prolongée d’au moins 48 heures, a annoncé son médecin personnel.

Des familles des victimes de la répression sous les mandats de Fujimori (1990-2000), des partis politiques et des associations de défense des droits de l’homme se préparaient à défiler jeudi contre la décision de le gracier.

Romandie.com avec(©AFP / 27 décembre 2017 19h10)                                            

Pérou: après voir été gracié, Fujimori demande « pardon »

décembre 26, 2017

L’ex-président péruvien Alberto Fujimori, le 30 septembre 2009 pendant son procès à Lima / © AFP/Archives / Raul Garcia

L’ex-président péruvien Alberto Fujimori a demandé mardi « pardon » pour les actes commis par son gouvernement (1990-2000) depuis son lit d’hôpital, deux jours après une grâce controversée accordée par le chef de l’Etat Pedro Pablo Kuczynski.

« Je suis conscient que les résultats sous mon gouvernement ont, en partie, été bien accueillis, mais je reconnais que j’ai également déçu une partie de mes compatriotes. Je leur demande pardon du fond du coeur », a déclaré Fujimori, 79 ans, condamné à 25 ans de prison pour corruption et crimes contre l’humanité, dans une vidéo publiée sur Facebook.

Dimanche, Pedro Pablo Kuczynski lui a accordé une grâce « humanitaire », alors qu’il s’était engagé durant sa campagne électorale de 2016 à ne pas le libérer.

Cette décision a provoqué une crise politique au Pérou contre le président, qui venait jeudi d’éviter une destitution par le Parlement, après avoir reçu le soutien d’une partie du Fujimorisme, mouvement politique fondé par l’ex-homme fort du Pérou, qui se situe pourtant dans l’opposition.

Plus de 5.000 Péruviens ont manifesté lundi soir à Lima pour dénoncer la grâce accordée à Alberto Fujimori et exiger la démission de PPK (acronyme et surnom du président Pedro Pablo Kuczynski, ndlr), qu’ils accusent d’avoir négocié politiquement cette mesure.

Président de 1990 à 2000, M. Fujimori, d’origine japonaise, purgeait depuis 2007 une peine de 25 ans de prison pour corruption et crimes contre l’humanité pour avoir commandité l’assassinat de 25 personnes aux mains d’un escadron de la mort durant la guerre contre les guérilleros du Sentier lumineux (extrême gauche maoïste).

Il a été hospitalisé samedi pour arythmie et tension artérielle basse.

Romandie.com avec(©AFP / 26 décembre 2017 14h54)                

Grâce « humanitaire » pour l’ancien homme fort du Pérou Alberto Fujimori

décembre 25, 2017

Un partisan d’Alberto Fujimori le 24 décembre 2017 à Lima / © AFP / ANDINA

Le président du Pérou, Pedro Pablo Kuczynski, a accordé dimanche une grâce « humanitaire » à l’ex-chef de l’Etat Alberto Fujimori, condamné à 25 de prison pour corruption et crimes contre l’humanité, et hospitalisé depuis la veille.

Alberto Fujimori, âgé de 79 ans et d’origine japonaise, a gouverné le Pérou de 1990 à 2000.

En 2009, il avait été condamné à une peine de 25 ans de prison pour corruption et crimes contre l’humanité pour avoir commandité l’assassinat de 25 personnes aux mains d’un escadron de la mort durant la guerre contre les guérilleros du Sentier lumineux (extrême gauche maoïste).

Le président de la République « a décidé d’accorder la grâce humanitaire à monsieur Alberto Fujimori et à sept autres personnes dans une situation similaire », indique un communiqué de la présidence.

Cette grâce a été accordée en réponse à une requête introduite le 11 décembre par le détenu, a précisé la présidence.

L’ancien homme fort du Pérou avait subi il y a une semaine une visite médicale dans le centre pénitentiaire où il purge sa peine depuis 2007.

« Il a été établi que M. Fujimori souffrait d’une maladie progressive, dégénérative et incurable, et que les conditions carcérales représentaient un danger pour sa vie, sa santé et son intégrité » physique, précise le texte.

Samedi, il avait été transféré de la prison vers une clinique de Lima en raison d’une baisse de tension artérielle et une arythmie, selon son médecin traitant.

« Je pense qu’il a été affecté par tout ce qui s’est passé cette semaine », avait commenté le Dr Alejandro Aguinaga.

– ‘Un grand jour’ –

Des rumeurs circulaient depuis un récent vote favorable à Pedro Pablo Kuczynski, surnommé PPK, sur une grâce à l’occasion de la fête de Noël et à l’issue de négociations entre le gouvernement et les proches de M. Fujimori.

Menacé de destitution par le Parlement, le président péruvien de centre droit a réussi jeudi à conserver le pouvoir, mais derrière cette victoire pointe la division du clan Fujimori qui conserve une forte influence dans ce pays.

Lors de son transfert, Alberto Fujimori était accompagné de son fils cadet, le député Kenki Fujimori, qui s’était abstenu lors du vote de jeudi au Parlement.

Kenki Fujimori, qui se dispute l’héritage politique de son père avec sa soeur Keiko, a été le premier à réagir sur Twitter en remerciant au nom de sa famille le président pour son « geste noble et magnanime ».

« C’est un grand jour pour ma famille et pour le fujimorisme. Mon père est enfin libre. Ce sera un Noël d’espoir et de joie », a de son côté twitté Keiko Fujimori, chef du parti Fuerza Popular, la principale formation d’opposition.

Keiko, qui incarne la branche modérée du fujimorisme, a toujours clamé l’innocence de son père et plaidé l’annulation de son procès pour irrégularités.

Kenki, 37 ans, qui représente l’aile dure et conservatrice, ne cache plus son ambition présidentielle, sa soeur ayant raté le coche à deux reprises, en 2016 contre PPK et en 2011 contre Ollanta Humala, lui-même actuellement en détention provisoire, accusé d’avoir reçu trois millions de dollars du géant du BTP brésilien Odebrecht lors de sa campagne électorale.

Les familles des 25 victimes assassinées par les escadrons de la mort sous le régime Fujimori ont quant à elles dénoncé la grâce présidentielle.

Romandie.com avec(©AFP / 25 décembre 2017 15h26)                

Demande de grâce de l’ex-président Fujimori, emprisonné et malade

juillet 23, 2016

L’ancien président du Pérou Alberto Fujimori, 77 ans, qui purge une peine de 25 ans de prison pour corruption et crime contre l’humanité, a déposé une demande de grâce. Ses partisans manifestent pour qu’il fasse l’objet d’une mesure de clémence pour raisons médicales.

« Alberto Fujimori a présenté un recours en grâce auprès du ministère de la Justice. Il sera transmis conformément à la Constitution et à la loi », a déclaré samedi sur son compte Twitter le président du Conseil des ministres, Pedro Cateriano.

Les motifs invoqués dans cette demande n’ont pas été précisés.

En 2013, la famille de l’ancien dirigeant avait déjà formulé une demande de grâce, repoussée par le président Ollanta Humala au motif que l’état de santé de M. Fujimori n’était pas jugé assez grave pour qu’il en bénéficie. Une telle grâce relève des prérogatives présidentielles, selon la législation péruvienne.

Vendredi soir, des centaines de partisans de l’ancien président ont défilé dans le centre de Lima pour réclamer sa mise en liberté, en rappelant la lutte qu’il avait menée contre la guérilla maoïste du Sentier lumineux.

Problèmes de langue
Alberto Fujimori, au pouvoir de 1990 à 2000, avait été transféré en urgence le mois dernier dans une clinique en raison d’hypertension et de douleurs à la langue. M. Fujimori a déjà été hospitalisé ces derniers mois pour divers problèmes de santé, en particulier un cancer de la langue, et avait été transféré à plusieurs reprises ces dernières années de sa prison vers une clinique.

Sa fille Keiko, 41 ans, a été battue de justesse en juin dernier à l’élection présidentielle face au candidat de centre droit Pedro Pablo Kuczynski.

En 2009, Alberto Fujimori avait été condamné à 25 ans de prison pour avoir commandité deux massacres perpétrés par un escadron de la mort en 1991-1992 au cours desquels 25 personnes avaient été assassinées, dont un enfant, dans le cadre de la lutte contre le Sentier lumineux.

Romandie.com avec(ats / 23.07.2016 22h00)

Pérou: le clan Fujimori vise un retour au pouvoir

juin 5, 2016

Les Péruviens votaient dimanche au second tour d’une présidentielle serrée qui pourrait sceller le retour au pouvoir du clan d’Alberto Fujimori par le biais de sa fille Keiko. L’ex-chef de l’Etat est lui incarcéré pour crime contre l’humanité.

Dans ce pays andin où le vote est obligatoire, 23 millions d’habitants ont été appelés aux urnes à partir de 08h00 (15h00 suisses) et jusqu’à 16h00 (23h00 suisses). Les premiers résultats étaient attendus vers 21h00 (04h00 du matin lundi).

Candidate pour le parti Fuerza Popular (droite), Keiko Fujimori, 41 ans, est depuis des mois en tête des sondages. Elle a toutefois récemment perdu de son avance face à son rival Pedro Pablo Kuczynski, ex-banquier de Wall Street de 77 ans et candidat de centre droit.

Les dernières enquêtes d’opinion montrent deux candidats au coude-à-coude, l’institut Ipsos créditant même M. Kuczynski d’une légère avance à 50,4% des intentions de vote contre 49,6% pour Mme Fujimori.

L’importance des régions rurales
« Cet écart pourrait se creuser dimanche si M. Kuczynski continue de progresser, comme il pourrait aussi se resserrer encore si les partisans de Fuerza Popular sortent massivement dans les régions rurales », a commenté Alfredo Torres, président de l’institut Ipsos pour le Pérou.

Pour succéder à l’actuel président de gauche Ollanta Humala, au pouvoir depuis 2011 et qui ne se représente pas, « la course promet d’être serrée », estime Adam Collins, analyste de Capital Economics.

Au premier tour, le 10 avril, Keiko Fujimori avait fini largement en tête, raflant 39% des suffrages contre 21% pour M. Kuczynski. Mais depuis, ce dernier a bénéficié d’un front anti-Keiko (comme on l’appelle dans le pays), obtenant notamment le soutien de Veronika Mendoza, arrivée troisième avec 18,74% des voix.

La fin rocambolesque du père
Derrière la candidate, plane l’ombre d’Alberto, le père, aujourd’hui âgé de 77 ans: descendant d’immigrés japonais, il a présidé le Pérou de 1990 à 2000 et son héritage continue de diviser le pays.

Une partie de la population le salue comme l’homme qui a combattu avec succès la guérilla du Sentier lumineux et dopé l’économie. Mais d’autres se souviennent des méthodes autoritaires de celui qui a commandité deux massacres perpétrés par un escadron de la mort en 1991-1992, dans le cadre de la lutte contre cette guérilla.

Son bilan sulfureux lui a valu d’être condamné en 2009 à 25 ans de prison pour corruption et crime contre l’humanité, après une rocambolesque fuite au Japon puis au Chili.

Populisme contre technocratisme
Keiko Fujimori a pour sa part passé les cinq dernières années à chercher à gagner en influence au-delà des cercles de partisans de son père. Elle a réussi à renforcer la présence de son mouvement dans les provinces où elle avait été battue face au nationaliste Humala en 2011. Malgré tout, elle ne réussit pas à dissiper la méfiance de nombreux électeurs, alors même que certains de ses nouveaux collaborateurs sont éclaboussés par des scandales.

Mme Fujimori, dont le discours à la fois libéral et populiste plaît aux plus démunis, promet de s’en tenir aux règles démocratiques. Depuis son échec de 2011, elle a en outre pris ses distances avec son père. M. Kuczynski lui-même avait pris le parti de son actuelle rivale il y a cinq ans quand elle avait affronté M. Humala au second tour.

Si les deux candidats sont sur le plan budgétaire des conservateurs partisans du libéralisme, leur style et leur approche des dossiers diffèrent grandement. Le conservatisme de Mme Fujimori se teinte de populisme quand celui de M. Kuczynski est davantage empreint d’un style technocratique qui a empêché à sa campagne de « prendre » dans les provinces défavorisées et dans les quartiers populaires.

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