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Le prix Goncourt à Pierre Lemaitre pour « Au revoir là-haut »

novembre 4, 2013

Le prix littéraire Goncourt a été attribué lundi à Paris à Pierre Lemaitre pour « Au revoir là-haut », roman sur les démobilisés de la Première Guerre mondiale. Le Renaudot est allé à Yann Moix pour « Naissance », épais roman centré sur l’enfer des relations parents-enfant.

L’attribution des deux prix a été annoncée, comme le veut la tradition, au restaurant parisien Drouant. Les jurés du Goncourt ne se sont mis d’accord qu’au douzième tour sur « Au revoir là-haut », édité chez Albin Michel, époustouflant roman sur une génération perdue, les démobilisés de la Première Guerre mondiale, sacrifiés par une France exsangue après quatre ans d’horreur dans les tranchées.

L’auteur, qui était l’un des favoris, a été choisi par le jury par six voix contre quatre à Frédéric Verger pour son premier roman, « Arden » (Gallimard).

« La Barbe » manifeste

En revanche, les jurés du prix Renaudot se sont mis d’accord dès le premier tour sur « Naissance » de Yann Moix, aux éditions Grasset, un ouvrage dense de près de 1200 pages qui débute par la venue au monde de l’auteur sous les insultes de ses parents.

Avant l’annonce des prix, alors que journalistes et photographes se bousculaient, une petite dizaine de militantes du mouvement féministe La Barbe ont brièvement pénétré dans le restaurant Drouant pour lire un manifeste de protestation contre le manque de femmes dans les jurys et la liste des candidats.

« Messieurs de l’Académie Goncourt, La Barbe est à vos côtés pour célébrer la gloire du verbe masculin », a lancé une militante. « Chers jurys du Goncourt, en 110 ans, et 109 prix remis, vous avez honoré 99 fois de mâles et talentueux écrivains », ironisait le mouvement sur son compte Twitter.

Romandie.com

Robert Sabatier, auteur des Allumettes suédoises, est décédé

juin 29, 2012
Robert Sabatier, auteur des Allumettes suédoises, est décédéSABATIER. « Les allumettes suédoises », la saga autobiographique de Robert Sabatier, fut un immense succès de librairie.

Denis Félix / Albin Michel

L’écrivain français disparaît ce jeudi à l’âge de 88 ans, laissant derrière lui une oeuvre engagée et poétique. 

Robert Sabatier est décédé ce jeudi en région parisienne à l’âge de 88 ans, a-t-on appris auprès de son éditeur Albin Michel.  

Doyen de l’Académie Goncourt, l’écrivain s’est imposé comme un grand de la littérature populaire avec Les allumettes suédoises, une saga autobiographique qui connut un énorme succès à la fin des années 1960, mais aussi comme un poète exigeant, auteur d’une monumentale Histoire de la poésie française. Cet enfant de Montmartre, qui peuplait ses livres de personnages truculents et fit revivre dans une vingtaine de romans le Paris gouailleur, insouciant, un peu anar, des années 1930. « J’écris par besoin, pour essayer de rejoindre quelque chose que j’ignore », disait-il, encore étonné par son parcours improbable dans la vie littéraire.  

Né le 17 août 1923 à l’emplacement de ce qui fut le domicile de Verlaine, il passe son enfance sur les escaliers de la butte. Orphelin à 12 ans, il quitte pourtant Paris pour la Haute-Loire où il apprend le métier de typographe. En 1943, le jeune Sabatier prend le maquis, puis rentre à Paris au lendemain de la guerre pour vivre sa passion de la littérature. Son premier roman, Alain et le nègre (1953), est salué par la revue Les lettres françaises comme « le premier roman français antiraciste » et adapté par Julien Duvivier au cinéma.  

Une saga autobiographique vendue en millions d’exemplaires

Encouragé par Albert Camus et quelques figures de l’après-guerre, il publie une quinzaine de livres en quinze ans. Mais c’est avec Les allumettes suédoises (1969), premier volet des aventures du jeune Olivier, orphelin lui-même, qu’il rencontre le succès populaire. Une histoire de poulbot pur jus, dont il eut bizarrement l’idée en observant jouer des gamins de New York. « Le manuscrit a été assez vite achevé et je l’ai porté à mon éditeur qui a trouvé cela charmant, tout en prédisant que cela ne se vendrait pas parce que mon enfance n’intéressait que moi », racontait-il, la pipe vissée à la bouche. Les allumettes suédoises ratent de peu le Goncourt, mais Sabatier ajoutera sept épisodes en trente ans aux aventures d’Olivier: Les noisettes sauvages (1974), David et Olivier (1986), Olivier et ses amis (1993)… La saga s’est vendue depuis à des millions d’exemplaires dans le monde et France 2 a adapté Les allumettes… en 1996 pour un téléfilm en trois épisodes.  

Un poète parmi les jurés du Goncourt

Recalé au Goncourt, Robert Sabatier entre pourtant en 1971 au jury du prix, dont il sera un membre influent pendant une quarantaine d’années. Le romancier célébrissime mettait la poésie au dessus de tout. Au point de lui consacrer une Histoire de la poésie française en neuf volumes, pour laquelle il disait avoir lu 25 millions de vers en 40 ans. Il a publié lui-même une dizaine de recueils de poèmes –Les fêtes solaires (1952), Dédicace d’un navire (1984)… -dépouillés, austères, à l’opposé de la prose truculente du romancier. En 1969, il obtient le Grand prix de poésie de l’Académie française. L’auteur de best-sellers savait aussi être plus grave, avec des romans comme Les années secrètes de la vie d’un homme(1984) ou Diogène (2001). Sabatier, gamin de Paris, ne rigolait pas avec la littérature. En 1994, il n’hésita pas, à 71 ans, à boxer l’écrivain Louis Nucéra avec qui il était en désaccord pour l’attribution d’un prix littéraire: « Ca s’est transformé en pugilat au cours duquel j’ai flanqué une raclée à Nucéra », racontait-il, amusé de cet épisode inattendu de la vie littéraire. 

Lexpress.fr avec AFP

Gallimard : nouveau géant de l’édition en France

juin 27, 2012

  • Flammarion affiche un chiffre d'affaires de 220 millions en 2011 (hors distribution) contre 253 millions pour Gallimard.
    Flammarion affiche un chiffre d’affaires de 220 millions en 2011 (hors distribution) contre 253 millions pour Gallimard. Crédits photo : SALVATORE DI NOLFI/ASSOCIATED PRESS
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  • En rachetant Flammarion, Gallimard va former un groupe de près de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires présent sur tous les segments du marché.
    Avant, il y a avait Hachette Livre (plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires dans le monde) et Editis (environ 700 millions d’euros), puis tous les autres, souvent loin de la barre des 500 millions de chiffre d’affaires: Média-Participations, Gallimard, Albin Michel, La Martinière-Le Seuil… Le nouvel ensemble constitué par Gallimard (253 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2011) et Flammarion (220 millions hors distribution) se détachera du lot, avec un chiffre d’affaires de près de 500 millions d’euros et une belle complémentarité des portefeuilles.

    Éditeur plus que centenaire, Gallimard est devenu au fil du temps un groupe très diversifié, présent dans la littérature, les sciences humaines, la jeunesse, les livres pratiques et d’art. Connue pour sa «collection blanche» (De Marcel Proust à Jonathan Littell en passant par Albert Camus, au total 37 prix Goncourt), la maison Gallimard coexiste au sein du groupe présidé par Antoine Gallimard avec les maisons Denoël, Mercure de France ou P.O.L.

    Une vraie logique

    Avec Flammarion, Gallimard va constituer l’un des plus beaux catalogues mondiaux de littérature en langue française. La maison fondée par Ernest Flammarion en 1875 est aussi une institution, et aujourd’hui un groupe dirigé par Teresa Crimisi, qui fut la plus proche conseillère d’Antoine Gallimard de la fin des années 1980 à 2005. Flammarion est l’éditeur du romancier mondialement connu Michel Houellebecq ou du nutritionniste à succès Pierre Dukan.

    En termes d’offres, il y a une vraie logique dans ce rapprochement. Dans le livre de poche, les deux groupes disposent de positions fortes: Gallimard avec Folio dans le poche haut de gamme et Flammarion avec J’ai Lu dans le poche populaire. Gallimard est quasiment absent de la bande dessinée, tandis que Flammarion possède Casterman, l’éditeur de Tintin. Au niveau de la distribution en revanche, les deux groupes disposent chacun de leur propre réseau, ce qui pourrait faire doublon.

    À l’heure du livre numérique, l’union des deux groupes devrait enfin être un atout. L’intérêt manifesté par le Fonds stratégique d’investissement (FSI) dès le lancement du processus de vente de Flammarion par l’italien RCS Mediagroup en début d’année se justifiait par cet enjeu: constituer, à côté de Hachette et Editis, un troisième champion français de l’édition en mesure de faire les investissements en hommes et en matériels nécessaires pour passer à l’ère numérique.

  • Lefigaro.fr par Alexandre Debouté