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Russie: Navalny entame une grève de la faim pour réclamer des soins

mars 31, 2021

RUSSIE: NAVALNY ENTAME UNE GRÈVE DE LA FAIM POUR RÉCLAMER DES SOINS

© Reuters/MAXIM SHEMETOV 

MOSCOU (Reuters) – L’opposant russe Alexeï Navalny a annoncé mercredi avoir entamé une grève de la faim dans le but de convaincre le centre pénitentiaire où il est détenu, à l’est de Moscou, de lui fournir des soins médicaux adaptés pour soigner ce qu’il a décrit comme des douleurs aiguës au dos et aux jambes.

L’état de santé d’Alexeï Navalny inquiète depuis que le principal détracteur du Kremlin a déclaré la semaine dernière être réveillé chaque heure de la nuit par le personnel pénitentiaire, une privation de sommeil qu’il qualifie de torture.

Dans une lettre manuscrite adressée à l’administration de la prison que ses avocats ont relayée via les réseaux sociaux mercredi, l’opposant déclare que ses demandes quotidiennes pour qu’un médecin de son choix vienne l’examiner ont été ignorées, de même qu’un traitement médical adapté à ses douleurs.

« J’ai réellement besoin d’un médecin. Chaque détenu a le droit (légal) de convier un spécialiste pour l’examiner, et de le consulter. Moi aussi, j’ai ce droit, et je suis innocent », écrit Alexeï Navalny.

« Je demande qu’un médecin soit autorisé à me voir. Jusqu’à ce que cela se produise, je déclare une grève de la faim », ajoute-t-il dans la lettre.

Aucun commentaire n’a été obtenu dans l’immédiat auprès de la colonie pénitentiaire IK-2, située à une centaine de kilomètres à l’est de Moscou.

L’administration pénitentiaire, qui a examiné Alexeï Navalny la semaine dernière, l’a déclaré dans un état de santé « satisfaisant ».

Dans un communiqué relayé mercredi par l’agence de presse Interfax, l’administration pénitentiaire de la région de Vladimir a déclaré qu’Alexeï Navalny recevait tous les soins médicaux appropriés à son état de santé actuel.

Le Kremlin n’a pas communiqué sur la question, estimant qu’il s’agissait d’une affaire concernant seulement l’administration pénitentiaire.

Alexeï Navalny, 44 ans, a déclaré en début de semaine s’attendre à être placé en isolement, alors qu’il purge depuis février une peine de 32 mois d’emprisonnement pour violation de sa liberté conditionnelle.

Avec Reuters par Anton Zverev et Andrew Osborn  (version française Jean Terzian, édité par Jean-Stéphane Brosse)

Russie : plus de 2000 arrestations dans le pays

janvier 23, 2021

La police a arrêté samedi plus de 2000 personnes dans toute la Russie lors de rassemblements dans des dizaines de villes à l’appel de l’opposant Alexeï Navalny pour exiger sa libération.

Des agents des forces de l'ordre se tiennent devant les participants au cours d'un rassemblement en soutien au leader de l'opposition russe Alexeï Navalny, à Saint-Pétersbourg.

© ANTON VAGANOV/Reuters Des agents des forces de l’ordre se tiennent devant les participants au cours d’un rassemblement en soutien au leader de l’opposition russe Alexeï Navalny, à Saint-Pétersbourg.

Dans la foule de plus de 20 000 personnes rassemblées au centre-ville de Moscou, des journalistes de l’AFP ont assisté à de violentes arrestations et à des heurts entre policiers et manifestants.

Ioulia Navalnaïa, l’épouse de l’opposant russe Alexeï Navalny, a annoncé avoir été interpellée par la police à Moscou pendant la manifestation de soutien à son mari incarcéré. «Excusez la mauvaise qualité [de la photo], la lumière est mauvaise dans le fourgon cellulaire», a-t-elle ironisé sur sa page Instagram, diffusant un autoportrait pris dans un véhicule de police.

Cette contestation s’organise à quelques mois des législatives prévues à l’automne, sur fond de chute de popularité du parti au pouvoir Russie unie.

Manifestations fortement réprimées

Les premières manifestations samedi dans l’Extrême-Orient russe et en Sibérie, notamment à Vladivostok, Khabarovsk, Novossibirsk et Tchita, ont fait face à d’importants effectifs de police. Et par endroits, la répression a été brutale.

Plus d’une heure avant le début officiel du rassemblement prévu à 11 h dans le centre de Moscou, les forces antiémeutes ont arrêté et enfermé dans des fourgons cellulaires plusieurs dizaines de personnes, selon des journalistes de l’AFP.

La police a notamment interpellé Lyubov Sobol, une proche amie d’Alexeï Navalny, selon ce qu’a observé un reporter de Reuters.

Des images vidéo montrent par ailleurs des policiers en train de courir après des manifestants dans les rues de Khabarovsk, la plus grande ville de l’Extrême-Orient russe, alors que les températures avoisinaient les -14 degrés Celsius. Il était possible d’entendre les manifestants scander : «Bandits!»

Les forces de l’ordre moscovites avaient promis vendredi de «réprimer sans délai» tout rassemblement non autorisé. En outre, la mairie a jugé «inacceptable» toute manifestation à cause de la pandémie de COVID-19.

Des agents des forces de l'ordre emportent un homme lors d'un rassemblement de soutien au leader de l'opposition russe Alexeï Navalny.

© MAXIM SHEMETOV/Reuters Des agents des forces de l’ordre emportent un homme lors d’un rassemblement de soutien au leader de l’opposition russe Alexeï Navalny.

D’autres images vidéo montrent des policiers attrapant un manifestant par le bras et la jambe et le transportant dans un van, à Yakoutsk, en Sibérie, la ville la plus froide de Russie, où le mercure est descendu ce samedi à -52 degrés Celsius. 

Des interruptions ont affecté les réseaux téléphoniques et Internet samedi, selon le site de surveillance downdetector.ru. Il d’agit d’une tactique parfois utilisée par les autorités pour rendre les communications et le partage de vidéos entre manifestants plus compliqués.

Arrestations près de la prison de Matrosskaïa Tichina 

La police de Moscou a interpellé samedi soir des manifestants qui se rassemblaient aux abords de la prison de Matrosskaïa Tichina, où est détenu l’opposant russe Alexeï Navalny, selon un journaliste de l’AFP.

Certains des protestataires ont été frappés à coups de matraque, et des centaines de personnes se sont rassemblées en scandant «liberté» non loin du centre de détention du nord de la capitale russe.

La police bloque une rue de Moscou non loin de la prison de Matrosskaïa Tichina, où est détenu le leader de l'opposition Alexeï Navalny.

© VASILY MAXIMOV/afp via getty images La police bloque une rue de Moscou non loin de la prison de Matrosskaïa Tichina, où est détenu le leader de l’opposition Alexeï Navalny.

De nombreux manifestants sont ensuite partis en courant face à la charge des policiers, déployés en grand nombre près de la prison, selon le journaliste de l’AFP.

À Saint-Pétersbourg aussi, les premiers protestataires sortaient dans la rue. «J’aurais honte de rester à la maison. J’ai besoin de parler, j’ai besoin d’exprimer ma position», confie Galina Fedosseva, 50 ans.

À Iakoutsk, au sud du cercle polaire, une centaine de protestataires ont bravé le froid extrême en manifestant par -50 degrés Celsius.

Les arrestations ont été particulièrement violentes à Vladivostok, port russe sur l’océan Pacifique, où la police antiémeute a pourchassé les manifestants et les a frappés avec des matraques, selon une vidéo de l’AFP.

La police russe avait déjà interpellé cette semaine, en amont des mobilisations, des alliés de premier plan d’Alexeï Navalny, dont deux ont été condamnés vendredi à de courtes peines de prison.

Le leader de l'opposition russe Alexeï Navalny est escorté par des officiers de police après une audience au tribunal, à Khimki, près de Moscou, le 18 janvier 2021.

© EVGENY FELDMAN/MEDUZA/Reuters Le leader de l’opposition russe Alexeï Navalny est escorté par des officiers de police après une audience au tribunal, à Khimki, près de Moscou, le 18 janvier 2021.

Appel à la protestation sur les réseaux sociaux

Placé en détention jusqu’au 15 février au moins et visé par plusieurs procédures judiciaires, Alexeï Navalny, 44 ans, a été appréhendé le 17 janvier, dès son retour d’Allemagne, après cinq mois de convalescence à la suite d’un empoisonnement présumé dont il accuse le Kremlin.

Son appel à manifester, après son incarcération, a été accompagné d’une enquête vidéo de deux heures dans laquelle il accuse Vladimir Poutine de s’être fait bâtir pour un milliard d’euros (1,6 milliard de dollars canadiens) une fastueuse demeure sur un immense terrain privé sur les rives de la mer Noire.

Selon Alexeï Navalny, cette propriété appartient à Vladimir Poutine et sa construction a coûté 1,3 milliard de dollars américains (1,6 milliard de dollars canadiens) grâce à un système de corruption élaboré avec la complicité des proches du président russe.

© YouTube/Navalny Life/Associated Press Selon Alexeï Navalny, cette propriété appartient à Vladimir Poutine et sa construction a coûté 1,3 milliard de dollars américains (1,6 milliard de dollars canadiens) grâce à un système de corruption élaboré avec la complicité des proches du président russe.

Les autorités rejettent l’ensemble des accusations d’empoisonnement et de corruption, qualifiant l’opposant et son entourage «d’escrocs» à la solde des Occidentaux.

La vidéo a néanmoins eu un succès énorme et a été visionnée près de 67 millions de fois depuis mardi sur YouTube.

Dès l’arrestation de l’opposant, condamnée par les puissances occidentales, des milliers d’appels à la protestation ont été relayés sur les réseaux sociaux, où il jouit d’une visibilité importante, alors qu’il est largement ignoré des grands médias d’État russes.

Le gendarme russe des télécommunications Roskomnadzor a menacé d’amendes les plateformes TikTok et VKontakte (VK), l’équivalent russe de Facebook.

Une enquête a été ouverte pour «incitation à des actes illégaux auprès de mineurs» et le ministère de l’Éducation a appelé les parents à «empêcher» leurs enfants de manifester.

Les pays occidentaux condamnent

Les Nations unies ainsi que les pays occidentaux ont condamné la détention d’Alexeï Navalny et demandé sa libération immédiate. Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne devraient débattre, lundi à Bruxelles, de nouvelles sanctions économiques à l’encontre de la Russie. 

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a quant à lui déploré «les détentions massives» et «l’usage disproportionné de la force» au cours des manifestations.

«Nous discuterons lundi des prochaines étapes avec les ministres des Affaires étrangères de l’UE», a-t-il ajouté dans un tweet.

Les législateurs européens ont déjà adopté, jeudi, une résolution demandant à l’Union européenne l’arrêt de la construction du gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne, en réponse à l’arrestation de Navalny.

Avec  CBC/Radio-Canada 

Un tribunal russe ordonne l’incarcération de Navalny jusqu’au 15 février

janvier 18, 2021

L’opposant politique, de retour à Moscou, a été interpellé dimanche dès son arrivée par le service pénitentiaire russe

Un tribunal russe a ordonné lundi 18 janvier le placement en détention de l’opposant Alexeï Navalny pour 30 jours à compter de son arrestation controversée la veille, à son arrivée à Moscou, après cinq mois de convalescence.

«Alexeï Navalny est placé en détention pour 30 jours, jusqu’au 15 février», a indiqué son avocat Vadim Kobzev sur Twitter. Les services pénitentiaires russes ont arrêté dimanche Alexeï Navalny, à qui ils reprochent d’avoir violé les conditions d’une peine de prison avec sursis dont il a écopé en 2014.

Empoisonné par un agent innervant de type Novitchok et tombé dans le coma, l’opposant politique russe était en convalescence depuis 5 mois en Allemagne. Jeudi 14 janvier, le FSIN avait affirmé sa volonté d’arrêter Navalany alors que ce dernier avait annoncé son retour. «Le service fédéral des prisons russes est obligé de prendre toutes les mesures nécessaires pour arrêter le contrevenant Alexeï Navalny, dans l’attente d’une décision du tribunal de remplacer sa peine avec sursis par une peine (de prison) ferme», est-il écrit dans un communiqué.

Après l’annonce du tribunal russe, Alexeï Navalny a appelé les Russes à «sortir dans la rue» pour contrer le pouvoir. «Ce que ces bandits (au pouvoir) craignent le plus, vous le savez, c’est que les gens descendent dans la rue (…) alors n’ayez pas peur, descendez dans la rue, pas pour moi mais pour vous-même, pour votre avenir», a-t-il dit dans une vidéo filmée dans la salle d’audience et diffusée sur les réseaux sociaux.

Par Le Figaro avec AFP

Allemagne: L’hôpital de Berlin publie les détails de l’empoisonnement de Navalny au Novitchok

décembre 23, 2020

Les médecins berlinois qui ont soigné Alexeï Navalny ont rendu publics mercredi 23 décembre les détails cliniques de son empoisonnement au Novitchok, l’opposant russe se félicitant de la publication de cette «preuve» médicale que réclamait Moscou depuis des mois.

«Un empoisonnement grave avec un inhibiteur de la cholinestérase a été diagnostiqué à la Charité», expliquent les scientifiques dans cet article de quatre pages paru dans la revue The Lancet qui retrace pour la première fois les symptômes déclenchés par l’agent neurotoxique du groupe Novitchok mis au point par l’URSS dans les années 1980. «La vérification de l’implication d’un agent Novitchok (…) n’a été réalisée que plusieurs jours après avoir établi le diagnostic d’empoisonnement (…) et n’a pas affecté les décisions thérapeutiques», poursuivent-ils.

Selon l’article publié avec le consentement de M. Navalny, l’opposant russe est, après l’apparition de ses premiers symptômes, tombé dans le coma, son rythme cardiaque a fortement ralenti et la température de son corps est tombée jusqu’à 33,5 degrés Celsius. «Son bon état de santé avant l’empoisonnement a probablement favorisé son rétablissement», expliquent les scientifiques, contredisant les conclusions des médecins russes qui ont un temps mis en cause l’hygiène de vie et l’état de santé générale de M. Navalny.

Critique féroce du régime de Vladimir Poutine, Alexeï Navalny est tombé gravement malade le 20 août à bord d’un avion en Sibérie, pendant qu’il était en campagne électorale pour des scrutins locaux et régionaux. Après avoir été soigné dans un hôpital sibérien, il avait été transféré à l’hôpital berlinois de la Charité d’où il est sorti quelques semaines plus tard.

Depuis, il accuse les services secrets russes d’avoir été derrière la tentative de l’assassiner, des allégations jugées «délirantes» par Moscou qui niait toujours jusqu’ici qu’il ait été empoisonné, faute d’avoir eu accès à des preuves d’intoxication. M. Navalny a d’ailleurs réagi mercredi avec ironie à ce sujet sur son compte Facebook : «Le plus important est que Vladimir Poutine soit soulagé. À chaque conférence de presse, il s’exclamait en agitant les mains ‘quand donc les Allemands nous fourniront-ils leurs données ?’ (…) Ça n’a plus d’importance maintenant, les données médicales sont désormais publiées et disponibles pour le monde entier».

Par Le Figaro avec AFP

L’opposant russe Alexeï Navalny condamné à 30 jours de prison

août 27, 2018

L’opposant numéro un du Kremlin Alexeï Navalny (à gauche) sort d’un commissariat de police de Moscou le après avoir été interpellé le 25 août 2018n / © AFP / Maxim ZMEYEV

Le principal opposant au Kremlin Alexeï Navalny a été condamné lundi à Moscou à 30 jours de détention pour une manifestation non autorisée en janvier, à deux semaines d’une vague de manifestations annoncée contre un projet de réforme des retraites.

M. Navalny « est reconnu coupable de violation de la loi en vertu de l’article 20.2 du Code pénal (violations répétées des dispositions sur l’organisation de manifestations publiques) et condamné à 30 jours de détention administrative », a déclaré le juge Alexeï Stekliev.

Samedi, l’opposant avait été arrêté devant son domicile moscovite et conduit à un poste de police, puis à l’hôpital, pour une fracture du doigt infligée au moment de son arrestation.

« C’est une procédure étrange avec un seul objectif : m’empêcher de participer aux préparatifs de la vague de protestation nationale contre la hausse de l’âge du départ à la retraite », s’est défendu M. Navalny au cours de l’audience.

Son interpellation a eu lieu dans le cadre du dossier ouvert après la manifestation du 28 janvier, pendant laquelle l’opposant avait appelé à boycotter l’élection présidentielle du 18 mars. Aucun procès n’avait eu lieu à l’époque.

« En tant que citoyen russe, j’ai bien évidemment le droit d’organiser, de participer et d’appeler à des manifestations. Je le fais et continuerai de le faire », a-t-il ajouté.

« Nous ferons appel », a pour sa part réagi Ivan Jdanov, un avocat du Fonds de lutte contre la corruption, une organisation dirigée par M. Navalny.

Me Jdanov a par ailleurs affirmé devant la presse que l’équipe de l’opposant poursuivrait l’organisation de manifestations contre la réforme des retraites.

Alexeï Navalny a prévu d’organiser des manifestations dans de nombreuses villes russes le 9 septembre – qui également le jour des élections régionales et municipales en Russie – contre ce projet de loi très impopulaire, actuellement en lecture au Parlement.

Il y est prévu d’augmenter progressivement l’âge de départ à la retraite à 63 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes, contre 55 et 60 actuellement.

M. Navalny, 42 ans, a également annoncé lundi sur son site internet que l’enregistrement de son parti « Russie du futur » avait été rejeté par le ministère de la Justice. C’est la troisième fois en six ans qu’il échoue dans ses tentatives de faire enregistrer un parti.

Dans une vidéo diffusée lundi, M. Navalny s’en est pris directement à Vladimir Poutine.

« Cet hypocrite se plaint constamment que nous ne proposions pas d’ordre du jour constructif et que nous ne fassions que manifester », a affirmé l’opposant. « Mais que pouvons-nous faire d’autre ? Il n’y a pas de médias, nous n’avons pas de partis et le système politique est gelé ».

Le 15 mai dernier, l’opposant avait été condamné pour avoir organisé une manifestation deux jours avant l’investiture de Vladimir Poutine, puis libéré après 30 jours de détention.

Romandie.com avec(©AFP / (27 août 2018 17h35)

L’opposant russe Navalny interpellé et blessé légèrement

août 25, 2018

L’opposant numéro un du Kremlin Alexeï Navalny (à gauche) sort d’un commissariat de police de Moscou le après avoir été interpellé le 25 août 2018n / © AFP / Maxim ZMEYEV

L’opposant numéro un au Kremlin, Alexeï Navalny, a été interpellé samedi devant son domicile, à deux semaines de manifestations contre une réforme du système de retraites à laquelle auxquelles il avait appelé, et blessé au doigt, a annoncé sa porte-parole.

« Navalny a été arrêté par cinq policiers de l’OMON (anti-émeute, NDLR) alors même qu’il quittait Moscou pour rendre visite à sa famille », a écrit la porte-parole, Kira Iarmych, sur son compte Twitter, précisant que son téléphone portable avait été saisi.

Cette interpellation, survenue en milieu de journée, a eu lieu « sous prétexte de procédures dans le cadre du dossier ouvert à la suite de la manifestation du 28 janvier », à laquelle l’opposant avait appelé pour boycotter l’élection présidentielle, a-t-elle précisé, affirmant qu' »aucun procès n’avait eu lieu à l’époque ».

Selon la porte-parole, cela a eu lieu « dans le but unique de lui causer des problèmes avant la manifestation du 9 septembre. Pouvez-vous vous imaginer de plus grands lâches que (ceux au) pouvoir? »

Alexeï Navalny voulait organiser des manifestations dans de nombreuses villes russes le 9 septembre contre le très impopulaire projet de réforme du système de retraites.

A la suite de son interpellation, Alexeï Navalny a été brièvement hospitalisé avant d’être de nouveau emmené au poste, a-t-elle déclaré. « On lui aurait cassé le petit doigt lors de l’interpellation ».

La date du procès a été provisoirement fixée à lundi, a-t-elle précisé, et Alexeï Navalny devrait rester en détention d’ici là.

L’opposant n’a pu pour l’instant voir son avocat, les autorités invoquant des motifs de sécurité particuliers au poste de police.

« L’avocat de Navalny rédigera une plainte », a assuré sa porte-parole.

Quelques heures avant son arrestation, Alexeï Navalny avait annoncé sur son compte Twitter qu’il ferait des « annonces intéressantes » dans son émission retransmise en direct sur les réseaux sociaux et prévue à 13H00 (heure locale), à peu près l’heure à laquelle l’interpellation a eu lieu.

L’opposant a durement critiqué le projet de faire augmenter l’âge de départ à la retraite.

L’opposition inhabituelle à une mesure soutenue par le président Vladimir Poutine s’est aussi exprimée à travers une pétition en ligne demandant l’annulation de la réforme, qui a recueilli 2,9 millions de signatures.

M. Navalny a multiplié ces derniers mois les manifestations pour faire pression sur le Kremlin, après avoir été déclaré inéligible à l’élection présidentielle du 18 mars, remportée sans surprise par Vladimir Poutine.

Le 15 juin, l’opposant de 42 ans avait été arrêté pour avoir organisé une manifestation deux jours avant l’investiture de Vladimir Poutine à un quatrième mandat présidentiel, et pour avoir désobéi aux forces de l’ordre.

Il avait purgé 30 jours de détention et a été libéré le jour du début de la Coupe du monde de football en Russie.

Romandie.com avec(©AFP / (25 août 2018 19h28)

Russie: l’opposant Navalny condamné à 30 jours de prison pour une manifestation non-autorisée

mai 15, 2018

L’opposant russe Alexeï Navalny lors de son arrivée au tribunal de Moscou le 15 mai 2018 / © AFP / Kirill KUDRYAVTSEV

Le principal opposant russe Alexeï Navalny a été condamné mardi à 30 jours de détention pour avoir organisé une manifestation non-autorisée et dispersée manu militari deux jours avant l’investiture de Vladimir Poutine.

M. Navalny « est reconnu coupable en vertu de l’article 20.2 (sur l’organisation de manifestation non-autorisées) et condamné à 30 jours de rétention administrative », a indiqué le juge Dmitri Gordeïev, après environ cinq heures d’audience.

L’opposant, dont le procès a débuté le 8 mai avant d’être reporté d’une semaine, devait être en outre jugé mardi pour avoir « désobéi aux forces de l’ordre ».

Coutumier des procès, M. Navalny, 41 ans, a multiplié ces derniers mois les manifestations pour faire pression sur le Kremlin, après avoir été déclaré inéligible à l’élection présidentielle du 18 mars, remportée sans surprise par Vladimir Poutine.

Sous le mot d’ordre « Il n’est pas notre tsar », l’opposant avait appelé le 5 mai dernier ses partisans à sortir dans les rues et des milliers de personnes ont manifesté dans de nombreuses villes du pays.

Alexeï Navalny avait été interpellé à Moscou lors d’une manifestation émaillée de heurts entre ses partisans et des personnes en treillis qui scandaient des slogans pro-Kremlin. La police avait dispersé le rassemblement en employant la force.

Ce procès intervient huit jours après l’investiture de Vladimir Poutine à la présidence de la Russie pour un quatrième mandat allant jusqu’en 2024, un quart de siècle après son arrivée au pouvoir.

La dernière interpellation d’Alexeï Navalny remonte à fin février, après une manifestation similaire en janvier, qui n’avait été sanctionnée par aucune condamnation.

En octobre, l’opposant avait été condamné à 20 jours de détention pour appels à des manifestations non autorisées.

Romandie.com avec (©AFP / 15 mai 2018 16h46)

Russie: l’opposant Navalny et des centaines de manifestants arrêtés

mai 5, 2018

L’opposant russe Alexeï Navalny interpellé lors d’une manifestation anti-POutine à Moscou, le 5 mai 2018 / © AFP / Kirill KUDRYAVTSEV

Le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, et plus de 580 de ses partisans ont été arrêtés samedi lors de manifestations antigouvernementales organisées à travers la Russie, à deux jours de l’investiture de Vladimir Poutine pour un quatrième mandat présidentiel.

M. Navalny n’avait pas pu se présenter à l’élection présidentielle du 18 mars, remportée par M. Poutine avec plus de 76% des voix, en raison d’une condamnation pénale qu’il estime orchestrée par le Kremlin.

A son appel, des milliers de manifestants se sont rassemblés dans de nombreuses villes du pays aux slogans « la Russie sera libre! » et « A bas le Tsar! ». Ces rassemblements n’avaient pas été autorisés par les autorités.

Selon l’organisation OVD-Info, spécialisée dans le suivi des arrestations, au moins 587 partisans de M. Navalny ont été interpellés par la police au cours de la journée, dont 161 à Moscou et 163 à Tcheliabinsk, dans l’Oural.

« Les interpellations ont été menées de manière brutale », a indiqué cette organisation, soulignant que certaines personnes détenues avaient des éraflures et des ecchymoses. Au moins une personne a été hospitalisée, selon la même source.

A Moscou, la police a brièvement fait usage de lacrymogène et employé la force pour disperser la manifestation, tandis que des échauffourées ont eu lieu entre partisans de l’opposition et militants pro-Kremlin, selon des journalistes de l’AFP sur place.

Alexeï Navalny a lui même été interpellé peu après son arrivée à la manifestation à Moscou, sous les cris de la foule, qui scandait « Honte! » en ukrainien, en référence à un célèbre slogan du soulèvement pro-européen du Maïdan à Kiev en 2014.

A Saint-Pétersbourg, la deuxième ville du pays, des milliers de personnes ont défilé sur la Perspective Nevski, la célèbre artère centrale de l’ancienne capitale impériale, aux cris « Poutine, voleur! » et « Poutine, dehors », selon une journaliste de l’AFP sur place.

Certains manifestants ont tenté de bloquer la circulation des voitures avant que la police n’intervienne. Des manifestants ont jeté des oeufs et des bouteilles d’eau sur les policiers et du gaz lacrymogène a été utilisé, selon la même source.

– « Vieillard peureux » –

« Navalny nous a appelés sur YouTube à ne pas se laisser voler les élections en silence. Poutine est un voleur. Il a forcé le vote des gens », a déclaré à l’AFP Katia, une manifestante de 15 ans à Moscou.

« Chaque génération a sa propre révolution. La mienne, c’est maintenant et je raconterai à mes enfants comment j’ai libéré la Russie de Poutine le voleur qui pensait être Tsar », a affirmé Anton, un autre manifestant de 22 ans.

Plusieurs militants pro-Navalny avaient déjà été interpellés vendredi à la veille des manifestations, et des locaux de l’opposant avaient été perquisitionnés par la police.

« Le vieillard peureux Poutine pense qu’il est un tsar. Il n’est pas un tsar et c’est pour cela qu’il faut sortir dans la rue le 5 mai », a écrit vendredi Alexeï Navalny sur Twitter.

Des observateurs craignaient que les manifestations ne dégénèrent en affrontements avec la police suivis d’arrestations massives comme cela avait été le cas lors de protestations contre le troisième mandat de Vladimir Poutine en mai 2012.

A la veille de son investiture précédente, le 6 mai 2012, une manifestation anti-Kremlin sur la place Bolotnaïa à Moscou avait été émaillée d’affrontements avec la police.

Plusieurs manifestants avaient été condamnés à des peines allant jusqu’à quatre ans et demi de prison pour ces violences dans un procès dénoncé par des organisations de défense des droits de l’Homme comme un « simulacre » de justice.

Vladimir Poutine s’apprête à être réinvesti lundi à la présidence de la Russie pour un quatrième mandat. Sa victoire au scrutin de mars le place à la tête du pays jusqu’en 2024, après déjà plus de 18 ans de pouvoir en tant que chef d’Etat ou de gouvernement.

L’opposition et des observateurs indépendants ont dénoncé le bourrage d’urnes et d’autres fraudes lors du scrutin présidentiel du 18 mars.

Romandie.com avec (©AFP / 05 mai 2018 15h53)                

Russie: le site de l’opposant Navalny bloqué par les autorités

février 15, 2018

Moscou – L’accès au site de l’opposant numéro un au Kremlin, Alexeï Navalny, a été bloqué jeudi sur ordre de l’autorité russe de contrôle des médias, après la demande d’un milliardaire visé par une récente enquête de l’opposant.

« Roskomnadzor (autorité de contrôle des médias) a bloqué https://navalny.com/ à la demande de (l’oligarque russe Oleg) Deripaska », a annoncé l’opposant sur Twitter. « Le site reste encore accessible via quelques fournisseurs d’accès à internet, mais c’est temporaire », a-t-il ajouté.

Le blocage du blog d’Alexeï Navalny intervient moins d’une semaine après la publication d’une vidéo accusant l’influent vice-Premier ministre russe Sergueï Prikhodko de bénéficier des largesses du milliardaire Oleg Deripaska.

Celui-ci avait par la suite exigé que toutes les informations relatives à sa vie privée, notamment une vidéo le montrant avec un homme ressemblant à M. Prikhodko sur son yacht, soient retirées d’internet et des médias ayant couvert l’affaire.

Dans un e-mail envoyé à l’AFP, un porte-parole du milliardaire russe a précisé jeudi que « la demande de M. Deripaska vise à protéger son droit à la vie privée et n’a rien à voir avec un quelconque combat politique entre M. Navalny et ses opposants ».

« N’ayant pas été la source principale de la fuite d’informations privées, M. Navalny n’est pas partie prenante dans l’affaire actuelle. De plus, la plainte ne l’empêche pas de mener sa propre enquête, à condition de ne pas utiliser des informations personnelles de M. Deripaska », ajoute le porte-parole.

Alexeï Navalny, qui a fait de la lutte anticorruption son leitmotiv, écrit avoir reçu samedi un avertissement de Roskomnadzor l’invitant à « supprimer tout » le contenu de son blog, enregistré comme « site contenant des informations dont la diffusion en Russie est interdite ».

Roskomnadzor avait confirmé auprès des agences de presse russes qu’une « décision d’un tribunal russe l’obligeait à prendre des mesures pour bloquer l’accès à l’information diffusée » par le site d’Alexeï Navalny.

Deux vidéos qui constituent des éléments-clés de l’enquête de M. Navalny ont disparu dans la nuit de mercredi à jeudi du réseau social Instagram où elles avaient été postées à l’origine.

Selon une source proche du dossier, les autorités russes ont menacé Instagram de bloquer complètement l’accès au service pour lui faire retirer des publications.

Interrogé par l’AFP, le réseau social détenu par Facebook a simplement répondu qu’il lui arrivait, de façon générale, de se plier aux demandes de gouvernements.

« Lorsque les gouvernements estiment que quelque chose, sur internet, enfreint leurs lois, ils peuvent contacter des entreprises et nous demander de limiter l’accès à ce contenu. Nous examinons ces demandes avec attention, à la lumière de la législation locale, et lorsque cela se justifie, nous rendons (le contenu) inaccessible dans le pays ou le territoire concerné », a indiqué une porte-parole à l’AFP.

Oleg Deripaska avait qualifié les accusations de l’opposant d' »outrageantes et fausses » et promis de défendre « son honneur et sa dignité devant la justice ».

Le blocage du site d’Alexeï Navalny intervient près d’un mois avant l’élection présidentielle du 18 mars, de laquelle il a été écarté par la Commission électorale en raison d’une condamnation judiciaire, qu’il dénonce comme montée de toutes pièces. L’opposant a appelé à boycotter le scrutin.

Le 28 janvier, quelques milliers de Russes, dont plus de 4.000 à Moscou, ont répondu à son appel en descendant dans les rues pour manifester. Près de 300 personnes avaient été interpellées, dont M. Navalny, selon l’ONG russe OVD-Info.

L’appel à manifester avait surtout été diffusé via les réseaux sociaux, comme Facebook, Vkontakte (équivalent russe de Facebook), Telegram ou encore Twitter, dont l’opposant est féru.

Le site d’Alexeï Navalny avait déjà été bloqué en mars 2014, quelques jours après des manifestations à Moscou contre l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée.

Romandie.com avec (©AFP / 16 février 2018 02h39)                                            

Russie: rejet de la candidature de l’opposant Navalny à la présidentielle

décembre 25, 2017

L’opposant russe Alexeï Navalny s’adresse à la presse devant les bureaux de la Commission électorale russe à Moscou, le 25 décembre 2017 / © AFP / Dmitry Serebryakov

La Commission électorale russe a rejeté lundi la candidature à la présidentielle du 18 mars prochain de l’opposant Alexeï Navalny, qui a aussitôt appelé ses partisans à boycotter le scrutin.

Invoquant une condamnation judiciaire dénoncée comme « fabriquée » par l’opposant, la Commission a voté à l’unanimité, lors d’une réunion publique, pour refuser le dossier présenté la veille au soir par le juriste de 41 ans à l’issue d’une journée de mobilisation de ses partisans.

« Nous allons appeler tout le monde à boycotter ces élections, nous ne reconnaîtrons pas les résultats », a aussitôt annoncé Alexeï Navalny à la presse.

Cette décision est loin de constituer une surprise car cette instance avait à plusieurs reprises averti que l’opposant ne pourrait se présenter avant 2028 en raison d’une condamnation en février dernier à cinq ans de prison avec sursis pour détournement de fonds dans une affaire remontant à 2009.

La présidente de la Commission Ella Pamfilova a assuré n’avoir « aucune observation » à faire quant aux documents apportés par Alexeï Navalny, répétant qu’il s’agissait de faire respecter la loi.

« Il est évident que ces affaires ont été fabriquées pour ne pas me laisser me présenter », a dénoncé M. Navalny lors des débats publics précédant la décision, s’appuyant sur une décision de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).

Romandie.com avec(©AFP / 25 décembre 2017 16h36)