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Incident Algérie/Maroc: Rabat exige des excuses, Alger convoque l’ambassadeur

mai 20, 2017

Rabat – Le Maroc a exigé samedi des « excuses » de l’Algérie après la « grave agression » de l’un de ses diplomates lors d’une réunion dans les Caraïbes, alors qu’Alger a dénoncé une « mise en scène » et convoqué l’ambassadeur marocain.

« Il s’agit d’un incident simplement intolérable, nous demandons des excuses de la partie algérienne », a déclaré à l’AFP le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita.

Photos à l’appui, Rabat avait dénoncé jeudi « l’agression physique » de l’un de ses diplomates par le numéro trois du ministère algérien des Affaires étrangères à Sainte-Lucie lors du séminaire régional d’un comité onusien, un « grave » incident qui va « contre tous les usages diplomatiques ».

Alger a rejeté ses accusations, dénonçant une « piètre mise en scène », et des « informations inventées, (…) mensongères et sans aucun lien avec la réalité ».

Samedi, les autorités algériennes ont convoqué l’ambassadeur marocain pour lui exprimer leurs « vives protestations » après des « provocations » et du « harcèlement de la part de membres de la délégation marocaine » contre « une jeune diplomate » algérienne, selon les Affaires étrangères algériennes, qui ont dit « attendre des excuses de la part du Maroc ».

De leur côté, les autorités marocaines ont transmis samedi à l’AFP une copie du rapport médical de l’hôpital de Sainte-Lucie où a été évacué leur diplomate, indiquant une « trace de coup à la face ».

Rabat a également rendu public une copie du rapport du chef de la police locale, faisant un récit circonstancié de l’incident et qui décrit comment le responsable algérien a « frappé avec sa main le visage » du Marocain.

« Contrairement a ce qui a été dit, l’agression est bien réelle, et elle est attestée par un rapport de police, qui n’est pas une plainte. Ce rapport émane du responsable de la sécurité de l’île et est adressé au Premier ministre. Cela confirme l’incident », a commenté M. Bourita.

« Nous attendons que la partie algérienne assume les conséquences de cet acte. Si c’est un cas isolé, il faut le traiter », a souligné le ministre.

« Nous sommes dans un contexte très tendu (entre les deux pays) sur beaucoup de points, il est important de régler cet incident », a insisté le chef de la diplomatie marocaine.

Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental est depuis 1975 en grande partie sous contrôle du royaume, qui le considère comme partie intégrante de son territoire. Le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, en réclame l’indépendance.

Avec le retour du Maroc au sein de l’Union africaine (UA) début 2017, la rivalité entre Rabat et Alger s’est exacerbée autour de cette question du Sahara, et donne lieu à une sourde lutte d’influence au sein des organisations et rencontres internationales.

Le ton s’est également durci ces deniers mois, avec des accusations de part et d’autre sur différents dossiers, dont le dernier en date est le sort d’une cinquantaine de réfugiés syriens coincés à la frontière algéro-marocaine et que les deux pays s’accusent mutuellement d’avoir expulsés.

La frontière terrestre entre les deux rivaux du Maghreb est fermée depuis 1994.

Romandie.com avec(©AFP / 20 mai 2017 18h21)                                            

Le Maroc dénonce l’agression de l’un de ses diplomates par un responsable algérien

mai 19, 2017

Le numéro deux de l’ambassadeur du Maroc aux Caraibes recevant les premiers soins après son agression par un diplomate algérien. © DR

Le Maroc a dénoncé le 18 mai l’agression physique de l’un de ses diplomates par un responsable algérien lors d’une réunion d’un comité onusien dans les Caraïbes. La rivalité des pays voisins sur la délicate question du Sahara occidental en serait la cause.

Le Comité spécial des 24, une commission de l’ONU sur la décolonisation, tenait ce jeudi 18 mai une réunion sur l’île antillaise de Sainte-Lucie.

« Depuis ces dernières années, à chacune de ces réunions se pose le problème de la représentativité pour nos provinces du sud [Sahara occidental], où nos représentants élus contestent la présence du Front Polisario », explique un responsable marocain à l’AFP.

Au cours de la réunion, Soufiane Mimouni, directeur général du ministère des Affaires étrangères algérien, « a agressé physiquement l’adjoint de notre ambassadeur à Sainte-Lucie », accuse ce responsable marocain.

Notre diplomate a dû partir à l’hôpital, la réunion a été interrompue, une plainte a été déposée

« Notre diplomate a dû partir à l’hôpital, la réunion a été interrompue, une plainte a été déposée », ajoute-t-il, photo à l’appui. Sur ces clichés, que l’AFP a donc pu consulter, on voit un homme allongé sur le sol et auquel une secouriste porte assistance.

La rivalité Rabat-Alger exacerbée

Le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita a confirmé l’incident à l’agence de presse. « Arriver ainsi à transgresser tous les us et coutumes diplomatiques, de la part d’un haut diplomate, troisième personnage du ministère des Affaires étrangères algérien, c’est grave. Ce genre d’extrême, jusqu’à l’agression physique, c’est unique dans les annales. »

© DR

« Cela traduit une extrême nervosité de la diplomatie algérienne : qu’un représentant algérien se déplace jusqu’à Sainte-Lucie, et énervé par la demande de nos représentants, en vienne ainsi aux mains. C’est d’autant plus surprenant de la part d’un pays qui se dit simplement observateur » au Sahara, ajoute-t-il, appelant Alger « à […] contribuer à une solution et à assumer sa responsabilité dans ce dossier ».

Cela traduit une extrême nervosité de la diplomatie algérienne

Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental est depuis 1975 en grande partie sous contrôle du royaume chérifien, qui le considère comme partie intégrante de son territoire. Le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, en réclame l’indépendance.

Avec le retour du Maroc au sein de l’Union africaine (UA) début 2017, la rivalité entre Rabat et Alger s’est exacerbée autour de cette question du Sahara occidental, et donne lieu à une sourde lutte d’influence au sein des organisations et rencontres internationales.

Jeuneafrique.com avec AFP

Bouteflika félicite Emmanuel Macron, « un ami de l’Algérie »

mai 8, 2017

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le 4 mai 2017 à Alger / © AFP / RYAD KRAMDI

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a félicité lundi Emmanuel Macron pour son « élection bien méritée », affirmant que le peuple français a « distingué un ami de l’Algérie »

« Votre élection bien méritée (…) récompense, à bon droit, la force de votre volonté, la lucidité de votre vision et la rectitude de vos engagements », a déclaré Bouteflika dans un message diffusé par l’agence de presse APS.

« Le peuple français qui a su choisir en vous l’homme d’Etat (…) capable de présider à ses destinées dans cette conjoncture difficile (…), a, ce faisant, fort opportunément distingué un ami de l’Algérie », a-t-il estimé.

Le président algérien a salué la « contribution significative » de Macron, dans ses fonctions ministérielles, à « l’édification du partenariat d’exception » entre Alger et Paris.

Pour Bouteflika, les « anticipations et initiatives » du nouveau chef d’Etat français ont fait « l’ample démonstration de (sa) claire détermination à travailler avec nous à compenser les occasions manquées dans les relations algéro-françaises ».

Lors de sa visite à Alger en février, Emmanuel Macron avait qualifié la longue colonisation française (1830-1962) de « crime contre l’humanité », suscitant de la sympathie en Algérie et une polémique en France.

Et dans son message, le président algérien a estimé que « cette attitude pionnière de votre part vous place, naturellement et légitimement, dans la position-clé de protagoniste, convaincu et convainquant, du parachèvement d’une réconciliation authentique entre nos deux pays ».

Romandie.com avec(©AFP / 08 mai 2017 13h19)                

Algérie : pour Emmanuel Macron, la colonisation est « un crime contre l’humanité »

février 15, 2017

Dans un entretien accordé à une chaîne de télévision algérienne mardi, le candidat à la présidentielle française a rectifié ses propos controversés sur la colonisation tenus en novembre. « Nous devons présenter nos excuses à celles et ceux qui ont subi la barbarie « , a-t-il déclaré.

En novembre dernier, il déclarait à l’hebdomadaire Le Point: « Oui, en Algérie, il y a eu la torture, mais aussi l’émergence d’un État, de richesses, de classes moyennes, c’est la réalité de la colonisation. Il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie. »

Mardi 14 février, le candidat Macron a rectifié le propos qui avait fâché les Algériens et entraîné une polémique sur les réseaux sociaux. Dans une interview accordée à la chaîne privée Echourouk News à l’occasion de sa visite express à Alger, il a déclaré : « La colonisation fait partie de l’histoire française et c’est un crime contre l’humanité ». 

« Je ne regrette pas mes propos de novembre dernier car ils ont été sortis de leur contexte. J’ai toujours condamné la colonisation comme un acte de barbarie. La barbarie fait partie d’un passé que nous devons regarder en face en présentant nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes », a-t-il précisé. 

Construire ensemble

« En même temps, ajoute-il, il ne faut pas balayer ce passé ». « La France a installé les droits de l’homme en Algérie, mais elle a oublié de les lire. C’est une jolie formule qui vaut pour l’Algérie pour expliquer cette période. Il y a eu des crimes terribles, de la torture, de la barbarie ».

Pour autant, Emmanuel Macron ne veut pas que les deux pays tombent dans « la culture de la culpabilisation » sur laquelle « on ne construit rien ». « C’est ce chemin de crête que je veux que nous prenions ensemble », explique-t-il.

Avec les responsables algériens, le candidat du Mouvement En Marche ! dit avoir évoqué la question de la mémoire commune entre la France et l’Algérie. « Il faudra réparer ces mémoires collectives tout en reconnaissant la responsabilité de l’État français et de ce qu’il a fait en Algérie ». 

Excuses officielles

Cinquante trois ans après l’indépendance de l’Algérie, le passé colonial est toujours considéré comme un dossier sensible et douloureux entre les deus pays. Le président français François Hollande, avait reconnu « les souffrances infligées par la colonisation au peuple algérien » dans une visite officielle à Alger en décembre 2012, mais sans présenter d’excuses officielles comme l’exige les politiques algériens.

Jeuneafrique.com par Nadia Lamlili

CAN : l’Algérie démunie, sortie par un solide Sénégal

janvier 23, 2017

L’attaquant algérien Islam Slimani (d) face au gardien sénégalais Khadim N’Diaye, lors de la CAN, le 23 janvier 2017 à Franceville. © afp.com – KHALED DESOUKI

L’Algérie n’a pu éviter l’élimination : malgré deux buts face au Sénégal déjà qualifié, lundi à Franceville (2-2), elle quitte la compétition continentale dès le premier tour et laisse le voisin tunisien accéder aux quarts de finale.

Pour se sortir de ce groupe B relevé, après son nul surprenant contre le Zimbabwe (2-2) en ouverture puis sa défaite contre les Tunisiens (2-1), l’Algérie devait en effet non seulement battre le Sénégal, mais également espérer que la Tunisie perde dans le même temps face au Zimbabwe, à Libreville.

Or les « Aigles de Carthage » ont fait le boulot avant la mi-temps (4-1 à la pause, buts de Naïm Sliti 10e, Youssef Msakni, 23e, Taha Yassine Khenissi, 38e, Whabi Khazri 46e s.p. contre un but de Knowledge Musona à la 42e) et n’ont laissé aucune chance au Fennecs. Même si le Zimbabwe a réduit la marque au retour des vestaires par Tendai Ndoro (60e, score final 4-2).

Les Algériens, qui avaient prévenu via leur défenseur Djamel Mesbah que « quand on est dos au mur (…), et bien là on est forts », ont bien ouvert le score dès la 10e minute sur une jolie action conclue par Islam Slimani, rapidement rapporté le ballon dans le rond central pour accélérer la reprise du jeu et, espéraient-ils, marquer plus vite d’autres buts.

Multiplication des mauvais gestes

Mais ils se sont ensuite laissé emporter par l’enjeu et, multipliant les mauvais gestes en première période, ont laissé une équipe sénégalaise déjà qualifiée et largement remaniée revenir au score, sur une tentative de loin de Papa Bouba Diop juste avant la mi-temps (44e).

Au retour des vestiaires, même scénario: Islam Slimani a marqué un deuxième but (52e), mais Moussa Sow a égalisé dans la foulée (53e) pour préserver l’invincibilité de son équipe dans la compétition.

Le meilleur joueur africain, Riyad Mahrez, les talentueux Slimani, Yassine Brahimi ou Faouzi Ghoulam n’auront donc pas suffi et quittent sans victoire ni gloire la compétition continentale, remportée une seule fois par l’Algérie, en 1990 à domicile.

Les Algériens avaient pourtant annoncé « viser le sacre » avant la compétition, histoire d’oublier et de faire oublier une campagne de qualifications très peu convainquante pour le Mondial-2018 (ils sont derniers de leur poule avec un point pris en deux matches).

Prudent, Georges Leekens avait toutefois prévenu qu’il espérait « le meilleur résultat possible » mais ne pouvait « rien garantir ». Il lui reste à redresser la barre pour tenter d’accéder à la Coupe du monde, à moins que la fédération algérienne ne décide de faire appel, à nouveau, à un autre sélectionneur.

Jeuneafrique.com avec AFP

Des Maliens expulsés d’Algérie dénoncent des violences policières

décembre 12, 2016

Bamako – Plus de 260 Maliens, expulsés d’Algérie lors d’une vaste opération visant des migrants africains, sont arrivés à Bamako dans la nuit de dimanche à lundi, et un grand nombre ont accusé les forces de sécurité algériennes de violences, faisant état de blessés, voire de morts.

Les informations sur des décès n’ont pas été confirmées de source officielle et les autorités algériennes, sollicitées par l’AFP, n’ont fourni aucun commentaire sur cette vaste opération lancée au début du mois.

Nous avons été battus, au moins trois Maliens ont été tués, a déclaré à l’AFP Ousmane Coulibaly, un de ces migrants accueillis dans les locaux de la Protection civile, accusant les forces de l’ordre algériennes d’être racistes.

Parqués après leur arrestation à Alger dans une grande cour, certains Maliens, en voulant échapper aux coups de matraque, se sont fracassé la tête contre un mur ou une barre de fer, a affirmé M. Coulibaly.

D’autres ont été blessés et un est mort, lors du transfert d’Alger vers Tamanrasset et vers la frontière nigérienne, a-t-il poursuivi, en référence à la dernière ville d’importance du sud algérien avant le Mali et le Niger.

Confirmant ces déclarations, Moussa Kanté, un autre expulsé, a dénoncé de son côté le manque d’eau et de nourriture. Quand on nous expulsait vers le Niger, on donnait un pain (une baguette, NDLR) pour 40 personnes, a-t-il dit.

L’acheminement des expulsés d’Alger à la frontière nigérienne s’est effectué en bus, puis jusqu’à la capitale nigérienne, Niamey, dans des camions qui généralement ramassent du sable, a témoigné Oumar, 22 ans.

D’autres ont affirmé avoir été expulsés bien que leurs papiers aient été en règle.

On nous a arrêtés le 1er décembre, a raconté de son côté Youssouf Doumbia. Ce dernier a expliqué avoir alors demandé aux gens, à l’armée pourquoi ils étaient arrêtés, et qu’on lui avait répondu qu’ils allaient être vaccinés.

Certains de ces Maliens expulsés ont affirmé avoir été dépouillés de leur argent ou de leur téléphone portable lors de leur expulsion.

Nous demandons une enquête au sujet des cas de décès annoncés pour avoir confirmation ou infirmation de cette information, a déclaré à l’AFP le délégué général des Maliens de l’extérieur, Issa Togo. On déplore effectivement le traitement qui a été infligé à nos compatriotes, a-t-il ajouté.

Le directeur exécutif de la section locale d’Amnesty International, Saloum Traoré, a de son côté réclamé l’ouverture immédiate d’une enquête sur les cas de décès et de mauvais traitements physiques rapportés par les Maliens revenus.

L’ONG condamne les expulsions de tous les ressortissants africains d’Algérie, a-t-il martelé.

L’Association malienne des droits de l’Homme (AMDH) a également condamné ces expulsions faites dans des conditions qui violent les droits élémentaires de l’homme.

Les rapatriements forcés de migrants africains arrivés par milliers en Algérie sont fréquents depuis que la Libye voisine – jusqu’alors base de départ privilégiée pour traverser clandestinement la Méditerranée – est en proie au chaos.

Ils sont généralement arrêtés dans les grandes villes méditerranéennes du Nord, puis convoyés par bus jusqu’à un centre d’accueil à Tamanrasset avant d’être aiguillés vers leurs pays respectifs. Ces opérations sont supervisées par le Croissant-Rouge algérien.

Romandie.com avec(©AFP / 12 décembre 2016 19h33)             

Algérie : Décès d’un journaliste emprisonné pour « offense au président »

décembre 12, 2016

« Je confirme le décès du journaliste, Mohamed Tamalt (notre photo), à l’hôpital de Bab el Oued (Alger) après plus de trois mois de grève de la faim suivis d’un coma de trois mois », a écrit Me Amine Sidhoum sur sa page Facebook.
Le journaliste, hospitalisé, depuis fin août, est mort des suites d' »une infection pulmonaire », a, de son côté, précisé l’administration pénitentiaire dans un communiqué.

Mohamed Tamalt était soigné pour cette infection « découverte par les médecins il y a dix jours », selon un communiqué officiel.
Mohamed Tamalt, 42 ans, avait entamé une grève de la faim, le 27 juin, jour de son arrestation, selon l’organisation de défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch (HRW).

Il avait été condamné, le 11 juillet, à deux ans de prison ferme et le jugement avait été confirmé en appel le 9 août.
Les accusations portées contre Mohamed Tamalt étaient relatives à des contenus « diffusés sur sa page Facebook, notamment (…), un poème contenant des vers insultant Abdelaziz Bouteflika », avait poursuivi HRW.

Amnesty international a appelé, dimanche, les autorités algériennes à « ouvrir une enquête indépendante, approfondie et transparente sur les circonstances de la mort » du journaliste.

Mohamed Tamalt, qui possède, également, la nationalité britannique, animait une page Facebook sur laquelle il publiait des contenus mettant en cause des responsables du pays ou des membres de leur famille.
HRW et Amnesty International avaient demandé, dans le passé, aux autorités algériennes de libérer le journaliste sans condition et de faire annuler sa condamnation.

Afriqueeducation.com avec AFP

Hommage : dix citations de Frantz Fanon à méditer

décembre 6, 2016

Frantz Fanon à Tunis, en 1959 ou 1960 © Studio Kahia / JA

Atteint d’une leucémie, Frantz Fanon décède le 6 décembre 1961, à l’âge de 36 ans. Jeune Afrique revient sur certaines des citations les plus fortes d’un penseur humaniste et engagé.

Frantz Fanon s’est battu pour la libération de la France, a travaillé au service psychiatrique de l’hôpital de Blida, en Algérie, puis s’est engagé pour l’indépendance algérienne aux côtés du FLN. Mais le Martiniquais est surtout connu pour ses essais sur la colonisation, et sur les catastrophes psychologiques et psychiatriques engendrées par cette dernière.

Peau noire, masques blancs (Seuil, 1952),  L’an V de la révolution algérienne (Maspero, 1959), Les Damnés de la Terre (Maspero, 1961), son livre le plus connue préfacée par Sartre, ou son ouvrage posthume Pour la révolution africaine (Maspero, 1964)… Son œuvre en a influencé plus d’un, des indépendantistes africains aux leaders du Black Panther Party notamment.

Extraits de Peau noire, masques blancs (1952) :

« Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille, on parle de vous. »

« Le Noir qui veut blanchir sa race est aussi malheureux que celui qui prêche la haine du Blanc. »

Extrait de L’An V de la révolution algérienne (1959) :

« Le régime colonial est un régime instauré par la violence. C’est toujours par la force que le régime colonial s’est implanté. C’est contre la volonté des peuples que d’autres peuples plus avancés dans les techniques de destruction ou numériquement plus puissants se sont imposés. Violence dans le comportement quotidien, violence à l’égard du passé qui est vidé de toute substance, violence vis-vis de l’avenir. »

Extraits d’un article du numéro 19 d’Afrique Action (qui deviendra Jeune Afrique), daté du 20 février 1961 et intitulé « La mort de Lumumba : pouvions-nous faire autrement ? » :

« L’ONU n’a jamais été capable de régler valablement un seul des problèmes posés à la conscience de l’homme par le colonialisme, et chaque fois qu’elle est intervenue, c’était pour venir concrètement au secours de la puissance colonialiste du pays oppresseur. […] En réalité l’ONU est la carte juridique qu’utilisent les intérêts impérialistes quand la carte de la force brute a échoué. »

« Le grand succès des ennemis de l’Afrique, c’est d’avoir compromis les Africains eux-même. [Ils] étaient directement intéressés par le meurtre de Lumumba. Chefs de gouvernements fantoches, au sein d’une indépendance fantoche, confrontés jour après jour à une opposition massive de leurs peuples, ils n’ont pas été longs à se convaincre que l’indépendance réelle du Congo les mettrait personnellement en danger. »

Extrait d’une lettre de Frantz Fanon envoyée peu de temps avant sa mort à Roger Taïeb (1961) :

« Nous ne sommes rien sur terre, si nous ne sommes pas d’abord l’esclave d’une cause, celle des peuples et celle de la justice et de la liberté. »

Extraits des Damnés de la Terre (1961) :

« Les nations européennes se vautrent dans l’opulence la plus ostentatoire. Cette opulence européenne est littéralement scandaleuse car elle a été bâtie sur le dos des esclaves, elle s’est nourrie du sang des esclaves, elle vient en droite ligne du sol et du sous-sol de ce monde sous-développé. Le bien être et le progrès de l’Europe ont été bâtis avec la sueur et les cadavres des Nègres, des Arabes, des Indiens et des Jaunes. »

« La mobilisation des masses, quand elle se réalise à l’occasion de la guerre de libération, introduit dans chaque conscience la notion de cause commune, de destin national, d’histoire collective. […] La construction de la nation, se trouve […] facilitée par l’existence de ce mortier travaillé dans le sang et la colère. »

« [La colonisation est] une négation systématisée de l’autre, une décision forcenée de refuser à l’autre tout attribut d’humanité. »

Extrait de Pour la révolution africaine (1964) :

« [La Guerre d’Algérie est] la conséquence logique d’une tentative avortée de décérebraliser un peuple. »

Jeuneafrique.com par Pierre Houpert

En Algérie, le patron du FLN démissionne après avoir accusé le général Toufik de « servir la France »

octobre 23, 2016

Amar Saadani était secrétaire général du FLN depuis 2013. Il a mis le pouvoir dans l’embarras par de violentes accusations contre l’ancien chef des services de sécurité.

Amar Saadani, ici en mai 2015, alors qu’il était encore secrétaire général du FLN, lors du Xe congrès du parti.

Amar Saadani, ici en mai 2015, alors qu’il était encore secrétaire général du FLN, lors du Xe congrès du parti. Crédits : FAROUK BATICHE / AFP
Amar Saadani, secrétaire général du Front de libération national, « parti du pouvoir et non parti au pouvoir », comme tiennent à le préciser les observateurs de la vie politique algérienne, a démissionné samedi 22 octobre pour « raisons de santé ».

L’explication laisse de marbre les médias algériens qui considèrent que le départ du très polémique dirigeant du FLN a été tout simplement décidé par le président Abdelaziz Bouteflika, formellement président du FLN, ou par son entourage immédiat.

Désigné secrétaire général du FLN en août 2013, reconduit en mai 2015 pour un mandat de cinq ans, Amar Saadani, 66 ans, ancien cadre syndical réputé proche du président Bouteflika, avait fait le 5 octobre dernier une rentrée tonitruante.

Après des semaines d’absence, M. Saadani a mis en cause l’ancien chef des services de renseignement, le général major Mohamed Mediene, dit Toufik, limogé en septembre 2015, en l’accusant d’être le chef de file des anciens officiers de l’armée française et suggérant qu’il servait des intérêts extérieurs. Il a également accusé son prédécesseur à la tête du FLN, Abdelaziz Belkhadem, tombé depuis en disgrâce, de « servir la France ».

En Algérie, il y a « des officiers de la France, des moudjahidine’ de la France et des intellectuels de la France » a-t-il dénoncé, ciblant ainsi directement les officiers algériens déserteurs de l’armée française, les fameux « DAF », qui avaient rejoint le FLN entre 1956 et 1961 et qui ont eu par la suite un poids important dans l’armée algérienne. 

Paris a perdu ses « hommes en Algérie » et elle doit se « résigner à traiter avec les institutions de l’Etat Algérien » a poursuivi M. Saadani, parfois surnommé « le percussionniste » pour avoir joué des percussions et dansé dans la troupe du chanteur Abdellah Menai.

Le site Algérie Patriotique, tenu par le fils de l’ancien ministre de la défense, le général Khaled Nezzar, un « DAF », a réagi en affirmant que Saadani agissait « sur la base d’une feuille de route » et « des directives » :

« En osant tirer ainsi à boulets rouges sur les officiers de l’armée française(…) il dévoile son jeu et démasque indirectement son parrain dans une guerre au sommet qui ne dit pas son nom et dont l’enjeu principal tourne autour de la succession au président Bouteflika ».

A Alger, on y a vu un message du général Khaled Nezzar, très lié au général Toufik, pointant l’actuel chef d’état-major de l’armée et vice-ministre de la défense, le général Ahmed Gaïd Salah.

Si l’histoire des « DAF » fait partie des polémiques sans fin en Algérie, l’accusation contre l’ancien chef des services de renseignement d’avoir été l’instigateur du conflit intercommunautaire à Ghardaïa est beaucoup plus grave.

Commencés en décembre 2013, ces affrontements ont atteint un pic sanglant les 7 et 8 juillet 2015 avec un bilan officiel de 22 morts, ce qui a amené les autorités à déployer l’armée pour imposer le calme.

L’accusation a fait réagir des responsables de l’opposition qui ont demandé à la justice de s’autosaisir et d’engager une enquête. Ahmed Ouyahia, directeur de cabinet à la présidence, même s’il parlait en tant que chef du parti du RND (rassemblement national démocratique) a exprimé le premier désaveu officiel à M. Saadani.

Le pouvoir dans l’embarras

« Quand certains parlent j’espère qu’ils n’oublient pas que derrière une personne [Toufik], il y a des milliers d’agents, des officiers, sous-officiers et des djounouds. Ils sont aussi de l’armée nationale populaire. J’ai déjà répondu sur Ghardaïa, je ne suis pas d’accord avec le dernier discours », avait-il déclaré.

La charge de M. Saadani, dont la motivation reste encore mystérieuse, était d’autant plus malvenue pour le pouvoir qu’il venait de faire adopter une loi imposant le silence aux anciens officiers de l’armée.

Le général Gaïd Salah, qualifié de « grand moudjahid », par Amar Saadani lors de sa sortie controversée du 5 octobre, ne pouvait avoir plus mauvais cadeau alors qu’il s’était doté d’un moyen légal de faire taire les ex-généraux.

Amar Saadani, qui a été début 2014 le porte-voix d’une mise en cause sans précédent du général Toufik, a mis tous les pôles du pouvoir dans l’embarras, selon les médias algériens. « On lui a juste laissé le soin d’annoncer lui-même son départ », note un journaliste. Amar Saadani a été remplacé comme secrétaire général du FLN par l’ancien ministre de la Santé Djamel Ould Abbès.

 

Le président algérien Bouteflika à Genève pour un contrôle médical

avril 24, 2016

 
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, affaibli par des ennuis de santé, s’est rendu dimanche à Genève pour effectuer un contrôle médical « périodique ». Agé de 79 ans, il a été frappé en 2013 par un AVC qui a amoindri ses capacités de mobilité et d’élocution.

Il s’est rendu « dimanche 24 avril 2016, pour une visite privée à Genève, durant laquelle il effectuera des contrôles médicaux périodiques », a annoncé la présidence algérienne dans un communiqué.

L’état de santé du chef de l’Etat algérien est l’objet de spéculations dans le pays, alimentées par la diffusion le 10 avril d’une photo, notamment tweetée par le premier ministre français Manuel Valls qu’il avait reçu, dans laquelle il semblait très affaibli.

Le dernier voyage de M. Bouteflika pour un contrôle médical à l’étranger avant celui de Genève, remonte au 3 décembre dernier. Il s’était alors rendu dans une clinique à Grenoble (France). M. Bouteflika a été réélu en avril 2014 pour un quatrième quinquennat.

 

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