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Liesse et fraternisation dans le Nord, violences dans le Sud : comment les Marocains ont vécu la victoire de l’Algérie à la CAN 2019

juillet 21, 2019

Des supporters algériens célèbrent la victoire des Fennecs à la CAN 2019 à Alger (Illustration). © Toufik Doudou/AP/SIPA

 

La victoire de l’Algérie a été largement célébrée par les Marocains, donnant lieu à des scène de fraternisation inédite dans le nord du pays. Des violences ont cependant éclaté dans le Sud.

La victoire de l’Algerie à la CAN 2019 a été vécue de façon contrastée – et très politique – au Maroc, où l’opinion, passé le moment de frustration ressenti après l’élimination prématurée des Lions de l’Atlas, avait dans sa grande majorité reporté ses faveurs sur le onze algérien.

Dans la région septentrionale de l’Oriental, le long de la frontière commune fermée depuis 25 ans, des scènes de liesse ont ponctué la nuit du 19 au 20 juillet, notamment à Saidia- ou les supporters marocains des Fennecs avaient installé une « fan zone » – au poste frontalier de Zouj Bghal et à Oujda.

Fraternisation inédite

Dans cette dernière ville, des convois de véhicules arborant des drapeaux mixtes marocains et algériens, ont parcouru les artères alors que la foule se rassemblait place du 9 juillet et devant le consulat général d’Algérie.

Sur les deux rives de l’oued Kiss, qui sépare Saidia de la ville algérienne de Marsa Ben M’Hidi, des centaines de supporters ont scandé le fameux : «  One, two, three, Viva l’Algérie ». Mais aussi : « Le peuple veut la fin des frontières ».

Selon des sources policières, ces manifestations de fraternisation inédites ont rassemblé six à sept mille Marocains dans l’Oriental et plusieurs milliers d’autres à travers le royaume (Casablanca, Tanger, Rabat, Marrakech…).

Rendu public le 20 juillet, le chaleureux message de félicitations du roi Mohammed VI « au peuple algérien frère, en cette occasion historique », a été soigneusement calibré pour démontrer que la mésentente entre les deux voisins ne reposait sur aucune animosité entre les deux peuples , mais sur un contentieux artificiel : celui du Sahara.

Scènes d’émeutes à Laayoune

Dans les provinces du Sud en revanche, la nuit du 19 au 20 juillet a été marquée par des éruptions de violence en complet décalage avec ce qui précède.

Répondant à un mot d’ordre émis depuis Tindouf par la direction du Front Polisario, les réseaux de militants séparatistes ont fait descendre dans les rues de Laayoune, Smara, Dakhla, Boujdour et Tan Tan des groupes de jeunes estimés au total à près de 9 000, avec un objectif précis : mettre à profit l’excitation causée par la victoire algérienne pour affronter les forces de l’ordre.

Épicentre des incidents, la ville de Laayoune a connu de véritables scènes d’émeutes entre des manifestants armés de pierres et d’armes blanches et la police, qui a fait usage de gaz lacrymogènes, de balles en caoutchouc et même procédé à des « tirs de sommation non létaux », mais à balles réelles, pour se dégager.

Selon des sources sécuritaires auxquelles Jeune Afrique a eu accès, l’avenue Mohammed VI a été occupée pendant plusieurs heures sur une longueur de deux kilomètres, avec incendies de voitures, barricades, saccage d’une agence bancaire et attaque d’un véhicule de police, avant que la foule ne soit dispersée. 169 membres des forces de l’ordre et un nombre inconnu d’émeutiers ont été blessés. Une vingtaine de manifestants ont été interpellés.

Par Jeuneafrique.com

Algérie: un ex-candidat à la présidentielle, le général Ghediri écroué

juin 14, 2019

 

Le général algérien à la retraite Ali Ghediri, ex-candidat déclaré contre Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle du 18 avril finalement annulée, a été écroué jeudi pour «atteintes à l’économie nationale et au moral de l’armée», a annoncé vendredi son chargé de communication à l’AFP.

«Après avoir été entendu (jeudi) par le juge d’instruction (…), Ali Ghediri a été écroué à la prison d’El Harrach», dans la banlieue d’Alger, a déclaré Nabil Maizi. «Il est accusé de participation à la remise à des agents étrangers d’informations portant atteinte à l’économie nationale. Et de participation en temps de paix à un projet visant à porter atteinte au moral de l’armée afin de nuire à la Défense nationale», a-t-il ajouté, sans préciser quels faits lui sont reprochés.

Novice en politique et sans structure derrière lui, quasi-inconnu des Algériens, le général Ghediri avait débarqué fin 2018 de façon fracassante sur la scène politique algérienne: après avoir multiplié les déclarations, indiquant vouloir «rompre avec le système» et «édifier une IIe République», il avait déposé sa candidature à la présidentielle du 18 avril face à Abdelaziz Bouteflika. Fin 2018, il s’était attiré les foudres du chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, après l’avoir appelé implicitement à empêcher un 5e mandat du président Bouteflika, 82 ans, affaibli les séquelles d’un AVC en 2013.

La volonté de Bouteflika, 82 ans, de briguer un 5e mandat a déclenché un mouvement populaire inédit de contestation contre le »système« au pouvoir en Algérie, qui a contraint le chef de l’Etat à renoncer, à annuler la présidentielle du 18 avril, puis finalement à démissionner le 2 avril. Depuis cette démission, la justice algérienne a lancé plusieurs enquêtes sur des faits de corruption visant surtout d’anciens proches de Bouteflika.

Elle a écroué de puissants hommes d’affaires, la plupart soupçonnés d’avoir profité de leurs liens avec l’ex-président ou son entourage pour obtenir des avantages ou des marchés publics, avant de s’attaquer plus récemment à d’ex-hauts responsables en plaçant en détention préventive deux anciens premier ministre de Bouteflika et un ancien ministre.

Par Lefigaro.fr avec AFP

Deux ex-premiers ministres algériens renvoyés devant la justice

mai 26, 2019

 

Le parquet général d’Alger a renvoyé deux anciens chefs du gouvernement et huit anciens ministres devant la Cour suprême dans le cadre d’une enquête pour corruption, a rapporté ce dimanche la chaîne de télévision Ennahar en citant un communiqué du parquet.

Les poursuites visent notamment Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, qui ont servi comme premier ministre sous la présidence d’Abdelaziz Bouteflika avant sa démission le 2 avril sous la pression de la rue et de l’armée. À l’issue d’une enquête préliminaire, leurs dossiers ainsi que ceux de huit anciens ministres ont été transmis au procureur général près la Cour suprême, ajoute Ennahar sans préciser les charges qui pèsent contre eux.

Parmi les anciens ministres concernés figurent Amara Benyounès, Abdelakader Zaalane, Amar Ghoul, Karim Djoudi et Abdessalam Bouchouareb. Ils détenaient respectivement les portefeuilles du Commerce, du Transport, des Travaux publics, des Finances et de l’Industrie. Dans un communiqué séparé, le procureur général près la Cour suprême indique que ces responsables seront auditionnés dans le cadre d’affaires de «passation de contrats et de marchés en infraction avec la législation en vigueur». Reuters n’a pas pu joindre leurs avocats pour le moment.

Le chef d’état-major de l’armée algérienne, le général Ahmed Gaïd Salah, a promis à plusieurs reprises aux manifestants que les personnalités les plus corrompues de l’ancien régime seraient traduites en justice.

Par Le Figaro.fr

Algérie : 24 policiers blessés et une sous-préfecture incendiée lors d’une manifestation de chômeurs

mai 15, 2019
 

La sous-préfecture de Tinerkouk (centre de l’Algérie) en flammes, mardi 14 mai 2019. © YouTube/Dzaïr TV

 

Au moins 24 policiers ont été blessés, dont quatre grièvement, et une sous-préfecture a été incendiée, dans le centre de l’Algérie, lors de violences entre les forces de l’ordre et des chômeurs qui manifestaient, a-t-on appris mercredi 15 mai.

De jeunes chômeurs réclamant des emplois bloquaient depuis mi-avril l’accès à une entreprise pétrolière dans la sous-préfecture de Tinerkouk, à environ 800 km au sud d’Alger, paralysant largement ses activités, selon l’agence de presse officielle APS.

Mardi, les manifestants ont été délogés par les forces de l’ordre. Ils se sont ensuite rendus dans un autre quartier de la ville, où ils ont muré les accès de la mairie et de la sous-préfecture. L’intervention de la police pour libérer les bâtiments a entraîné des affrontements avec les protestataires, qui ont incendié la sous-préfecture et dérobé des équipements.

La sous-préfecture incendiée

Les manifestants ont affronté à coups de pierres la police, qui a fait usage de gaz lacrymogènes pour les disperser. Plusieurs protestataires ont également été blessés, a indiqué l’APS, sans préciser leur nombre. Des chaînes de télévision privées, dont Dzaïr TV, ont diffusé des images montrant la sous-préfecture de Tinerkouk en flammes et des manifestants barrant la route à l’aide de pneus incendiés.

Ces dernières années, les habitants des régions riches en hydrocarbures, majoritairement situées dans le centre et le sud de l’Algérie, ont régulièrement manifesté pour dénoncer l’absence de développement de leurs territoires, le manque d’emplois et la concurrence de travailleurs venus du Nord du pays, voire de l’étranger. Le marché de l’emploi algérien semble toujours atone : un quart des moins de 30 ans sont au chômage.

Par Jeune Afrique avec AFP

Algérie: les étudiants dans la rue pour le 2e mardi du mois de ramadan

mai 14, 2019

 

De nombreux étudiants ont manifesté mardi à Alger pour réclamer le départ du pouvoir des «voleurs» et des «traîtres» liés au régime du président déchu Abdelaziz Bouteflika, selon un journaliste de l’AFP. Ils ont aussi manifesté sans incident dans d’autres villes universitaires d’Algérie, selon le site d’information TSA (Tout sur l’Algérie) et les réseaux sociaux. A Alger, l’essentiel du cortège s’est dispersé dans le calme en début d’après-midi.

Dans le centre de la capitale, plusieurs milliers d’étudiants, rassemblés devant la Grande Poste, bâtiment devenu le point de ralliement des manifestations algéroises, sont parvenus à forcer, sans violence, plusieurs cordons de policiers pour rejoindre le siège de l’Assemblée populaire nationale (APN, Chambre basse du Parlement).

Alors que le mois de ramadan, durant lequel l’essentiel des Algériens se privent notamment de manger, boire et fumer entre le lever et le coucher du soleil, entre dans sa 2e semaine et malgré la chaleur, la mobilisation des étudiants à Alger n’a pas semblé faiblir.

«Vous avez pillé le pays, voleurs!», ont crié d’une seule voix en direction de l’APN, les étudiants qui manifestent tous les mardis depuis le début du mouvement de contestation inédit dont l’Algérie est le théâtre depuis le 22 février. «FLN, traîtres!», a-t-on également entendu, en référence au Front de libération nationale, l’ancien parti unique qui domine la vie politique depuis l’indépendance en 1962. Le FLN reste présidé par Abdelaziz Bouteflika, contraint de quitter le pouvoir le 2 avril, après 20 ans à la tête de l’Etat, sous les pressions conjuguées de la rue et de l’armée.

Les policiers ont repoussé et bloqué sur les trottoirs les manifestants qui voulaient bloquer la circulation mais aucun heurt sérieux n’a été constaté.

Les étudiants ont ensuite rallié le tribunal du centre d’Alger, où ils ont scandé «Où est la Justice?», alors qu’une série d’arrestations de riches et puissants hommes d’affaires, du frère et conseiller d’Abdelaziz Bouteflika mais aussi d’une responsable politique et d’un général à la retraite critiques du chef d’état-major de l’armée suscitent la polémique. Les observateurs craignent que ces arrestations servent à offrir des «têtes» à la contestation tout en procédant à une «purge» au sein du pouvoir dans le cadre de luttes des clans au sommet.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Algérie: arrestation du frère d’Abdelaziz Bouteflika

mai 4, 2019

 

Said Bouteflika, ex-puissant conseiller et frère du président algérien déchu Abdelaziz Bouteflika ainsi que deux anciens patrons des services de renseignements ont été arrêtés samedi, a indiqué à l’AFP une source sécuritaire.

Cette source n’a pas précisé les raisons des arrestations de Said Bouteflika, du général Mohamed Mediene dit Toufik, patron des services secrets d’Algérie durant 25 ans et de l’ex-coordinateur des services de renseignements Athmane Tartag alias « Bachir ».

«Ils sont actuellement auditionnés par les services de la DGSI, dans le cadre de l’enquête sur leurs activités, qui ont été dénoncées par le chef d’état-major de l’ANP», avance TSA.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Algérie: le chanteur engagé Rachid Taha s’est éteint

septembre 12, 2018

Le chanteur algérien Rachid Taha est décédé dans la nuit du mardi 11 septembre. © Vit Simanek/AP/SIPA

Le chanteur algérien Rachid Taha, ex-leader du groupe de rock Carte de séjour, est décédé dans la nuit du mardi 11 septembre à Paris.

L’artiste de 59 ans Rachid Taha a été victime d’une crise cardiaque dans son sommeil, a confirmé sa famille à l’Agence France-Presse.

Tête d’affiche de la formation Carte de séjour, ce natif d’Oran arrivé en Alsace à l’âge de dix ans avait connu la célébrité en reprenant des tubes comme « Douce France », de Charles Trenet, et « Ya Rayah », du mythique interprète chaâbi Dahmane El Harrachi, chantant les douleurs de l’immigration.

D’après Le Parisien, Rachid Taha s’apprêtait à sortir un nouvel album en 2019, produit par le label Believe.

« Algérien pour toujours et français tous les jours », titrait-t-il dans le dernier chapitre de son autobiographie Rock la Casbah.

Jeuneafrique.com

Le patronat algérien demande à Bouteflika de briguer un cinquième mandat

septembre 6, 2018

Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, lors du 17e sommet de l’Union africaine en 2011 à Malabo. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

La principale organisation patronale algérienne, réputée proche du pouvoir, a appelé le président algérien Abdelaziz Bouteflika à briguer un cinquième mandat lors de la présidentielle prévue en avril 2019.

C’est une question à l’origine de nombreuses spéculations en Algérie : Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999 et détenteur du record de longévité à la tête du pays, se représentera-t-il lors de la prochaine élection présidentielle prévue dans moins de huit mois ? Âgé de 81 ans et affaibli par les séquelles d’un accident vasculaire-cérébral remontant à 2013 qui ont affecté son élocution et sa motricité, le chef de l’État n’a pas fait part de ses intentions.

« Patriotisme et sacrifice envers l’Algérie »

En attendant de connaître ses intentions, le Forum des chefs d’entreprise (FCE), principale organisation patronale algérienne et réputée proche du pouvoir, lui a demandé de se représenter. Le FCE « appelle avec sincérité, respect et déférence notre président à poursuivre son œuvre en se présentant à l’élection présidentielle de 2019 », indique l’organisation dans un communiqué publié à l’issue de son Conseil exécutif tenu mercredi 5 septembre.

Le FCE « en appelle » aux « hautes valeurs d’engagement, de patriotisme et de sacrifice envers l’Algérie » d’Abdelaziz Bouteflika. L’organisation « s’engage à tout mettre en œuvre pour réussir, sous la haute gouvernance de M. Abdelaziz Bouteflika, le pari d’un développement national solidaire pour le progrès et la prospérité, porteur de richesses et de paix ».

Opposants peu audibles

Depuis le mois d’avril, les appels du camp présidentiel à une nouvelle candidature d’Abdelaziz Bouteflika se multiplient. Après son parti, le Front de libération nationale (FLN, ex-parti unique), et son principal allié, le Rassemblement national démocratique (RND), les islamistes du Rassemblement de l’Espoir de l’Algérie (TAJ), autres alliés, ou la centrale syndicale UGTA, l’ancien syndicat unique, ont plaidé en ce sens.

En face, les opposants à un nouveau mandat sont pour l’heure peu audibles. D’autant que s’il est candidat, même diminué, la victoire ne devrait pas échapper à celui qui est considéré comme l’artisan de la réconciliation nationale post-guerre civile (1992-2002) et qui a été réélu avec plus de 81% des voix au premier tour en 2014.

Reste que son quatrième mandat (2014-2019) a été marqué par des difficultés économiques et des tensions sociales notamment liées à la chute des prix du pétrole, dont l’Algérie tire 60% de ses recettes budgétaires. Dernière illustration en date : la gestion de l’épidémie de choléra, qui a valu de vives critiques aux autorités.

Jeuneafrique.com avec AFP

Algérie: 41 cas de choléra confirmés par le ministère de la Santé

août 23, 2018

41 cas de choléra ont été confirmés en Algérie par le ministère de la Santé (photo d’illustration). © Vincent Fournier/J.A.

Le doute planait depuis quelques jours en Algérie. Les craintes se sont finalement avérées justifiées : 41 personnes ont bel et bien contracté le choléra, a annoncé le ministère de la Santé. Une personne est décédée à Bouira.

Lors d’une conférence de presse tenue le 23 août, le ministère algérien de la Santé a reconnu officiellement que 41 cas de choléra ont été confirmés parmi les 88 personnes hospitalisées dans quatre wilayas : Alger, Blida, Tipaza et Bouira.

22 de ces cas ont été confirmés parmi 50 patients issus de Blida, 11 cas parmi 18 patients issus de Tipaza et 5 cas parmi 14 patients issus d’Alger, indique le rapport de l’Institut Pasteur d’Alger, dont les représentants étaient également présents à la conférence de presse. À Bouira, trois cas sur les six suspects ont été confirmés, dont une personne est décédée.

Tous ont été admis en urgence à l’hôpital de Boufarik mercredi, pour être ensuite transférés et mis en quarantaine dans le service d’infectiologie.

Origine inconnue

L’origine de la contamination fait l’objet d’une enquête. Dans une conférence de presse, Djamel Fourar, directeur de la prévention au ministère, a indiqué que la contamination ne s’est pas faite par voie hydrique.

Le dernier cas de choléra remontait à 1996, a également rappelé le directeur de la prévention.

Détérioration des conditions sanitaires

Dans l’ensemble, les Algériens se plaignent de plus en plus des conditions sanitaires, notamment dans les quartiers populaires des grandes villes, où prolifèrent les ordures ménagères et sont déversées les eaux usées.

La carence des autorités locales dans la prise en charge de ces espaces de vie est régulièrement dénoncée.

À l’été 2003, une épidémie de peste bubonique avait touché la région d’Oran. Un enfant avait trouvé la mort et une équipe de l’armée avait été dépêchée sur place pour enquêter sur les conditions d’apparition de cette maladie moyenâgeuse, principalement due à un déficit des politiques d’hygiène et à une défaillance du système de santé.

Jeuneafrique.com par

Les économies de la RDC, de la Guinée, de l’Algérie et du Maroc vues par la diplomatie américaine

juillet 25, 2018

 

Donald Trump, en février 2017 à la Maison-Blanche © Evan Vucci/AP/SIPA

Le rapport du département d’État des États-Unis consacré au climat de l’investissement dans le monde passe cette année en revue les économies de la RDC, de la Guinée, de l’Algérie et du Maroc. Retour sur ces analyses sans fard des difficultés rencontrées par les entreprises américaines.

Comme chaque année, le département d’État des États-Unis a rendu public un rapport consacré au climat de l’investissement dans le monde. L’objectif est de fournir des informations sur plus de 170 pays. « Les entreprises américaines de toutes tailles peuvent s’inspirer de ces rapports pour identifier les marchés sur lesquels faire des affaires » note la branche de l’exécutif fédéral en charge des relations internationales.

Tous les pays n’étant pas passés en revue chaque année, le chapitre de l’édition 2018 consacré à l’Afrique inclut notamment la RDC, la Guinée, l’Algérie et le Maroc.

RDC : un environnement « très difficile »

« La RDC reste un environnement très difficile pour faire des affaires » note le rapport dans l’introduction du chapitre consacré au pays. L’incertitude engendrée par le report des élections – désormais prévues pour décembre 2018 – continue à décourager les investissements directs à l’étranger.

Malgré les réformes de ces dernières années, qui octroient des allègements ou des exemptions d’impôts aux investisseurs, « le climat des affaires s’est détérioré en 2017 », souligne le département d’État américain. En particulier, « beaucoup d’investisseurs se plaignent d’une pression fiscale élevée et d’un système de taxation trop complexe, redondant et opaque ». Certaines agences gouvernementales « exercent des pressions administratives importantes sur les entreprises avec des audits et des inspections qui conduisent souvent à l’imposition d’amendes sur des bases discutables ».

« Dans l’ensemble, les entreprises doivent faire face à de nombreuses difficultés en RDC, notamment la fragilité des infrastructures existantes, une corruption endémique à tous les niveaux, des agences fiscales prédatrices, un accès limité au capital, un manque de travailleurs qualifiés, des difficultés à exécuter les contrats, l’incertitude politique, un système judiciaire très faible, des conflits armés qui se poursuivent à l’Est et l’émergence de violences sporadiques dans d’autres régions du pays » concluent les auteurs du rapport.

Guinée : améliorations limitées, malgré la volonté politique

Après la fin de l’épidémie d’Ebola et la réélection d’Alpha Condé, « le gouvernement guinéen a adopté une attitude très favorable vis-à-vis des investissements directs à l’étranger (IDE) » : adoption d’une loi anticorruption, « qui doit encore encore être testée devant les tribunaux », mise à jour du code d’investissement…

En effet, devant faire face à un important déficit budgétaire et à la baisse du prix des matières premières, les autorités « espèrent que les IDE vont diversifier l’économie, renforcer la croissance du PIB et fournir des emplois durables ».

Mais le département d’État américain se montre critique vis-à-vis de l’environnement des affaires guinéens. Premièrement, « bien que les lois guinéennes soient en faveur de la libre-entreprise et la concurrence, le gouvernement manque souvent de transparence dans l’application de la loi », ce qui laisse de l’espace pour la corruption estime-t-il. Les auteurs pointent aussi les importants arriérés de paiement du secteur public. « Il n’y a pas actuellement de mécanisme indépendant permettant le recouvrement des créances sur l’État guinéen », note le document, qui doute en outre de « la capacité de la Guinée à appliquer ses lois plus favorables aux investisseurs », compromise par « un système judiciaire faible et peu fiable ».

Algérie : opportunités et blocages bureaucratiques

« De multiples secteurs offrent des opportunités importantes de croissance à long terme pour les entreprises américaines, certaines d’entre-elles rapportant une rentabilité à deux chiffres » indique le rapport. « Cependant, certains défis restent à relever ».

Parmi les défis auxquels doivent faire face les entreprises américaines, des difficultés douanières, une bureaucratie figée, des transferts monétaires limités, des restrictions de conversions, et une concurrence sur les prix des rivaux internationaux, en particulier la Chine, la Turquie et la France, liste le rapport.

Les entreprises internationales qui opèrent en Algérie se plaignent également de l’application changeante et irrégulière des les lois et réglementations, ce qui accroître la perception du risque commercial par les investisseurs, souligne le rapport. Selon l’administration américaine, les contrats commerciaux sont également être soumis à des révisions ou des interprétations variables.

Les autres dispositifs critiqués par le département d’État incluent la règle des 51/49, qui oblige à une majorité algérienne pour tous les partenariats étrangers, et des mesures de contrôle des changes particulièrement strictes. Enfin, la politique de substitution aux importations, qui a sévèrement limité le commerce extérieur, est également mise en cause.

Maroc : le bon élève du continent

« Le gouvernement marocain a mis en place une série de mesures destinées à développer l’emploi, attirer des investissements étrangers et accroître les volumes produits et la performance économique des secteurs générant des revenus, tels que l’automobile ou l’aéronautique », souligne le département d’État.

Dans ce cadre, le Maroc a ratifié 68 traités bilatéraux d’investissement, afin de promouvoir ou de protéger l’investissement, et 60 accords économiques, destinés à éliminer la double taxation des revenus des plus-values, notamment avec les États-Unis et la plupart des économies européennes. « Sa charte d’investissement a mis en place la convertibilité du dirham pour les investisseurs étrangers, et donne la liberté de transférer les bénéfices ». Enfin, l’accord de libre-échange avec les États-Unis est entré en force en 2006, immédiatement éliminant les tarifs pour plus de 95 % des biens industriels et de consommation qualifiés » souligne l’administration américaine.

Cependant, « malgré une amélioration significative de l’environnement des affaires, le manque de travailleurs qualifiés, la faible protection des droits de propriétés intellectuelles, la bureaucratie inefficace et le lent rythme de la réforme de la réglementation reste des difficultés pour le Maroc ».

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