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Gabon : Noureddin Bongo Valentin évincé de son poste de coordinateur général des affaires présidentielles

septembre 14, 2021

Noureddin Bongo Valentin a été remercié de son poste de coordinateur général des affaires présidentielles

L’annonce a été fait ce lundi 13 septembre dans un communiqué publié à l’issue du conseil des ministres. Le fils d’Ali Bongo Ondimba était l’un des hommes les plus puissants du palais du Bord de mer.

L’annonce a fait l’effet d’un coup de tonnerre, à Libreville. Noureddin Bongo Valentin, l’influent fils du chef de l’État Ali Bongo Ondimba, a été remercié de son poste de coordinateur général des affaires présidentielles, ce lundi 13 septembre. L’annonce a été faite lors du conseil des ministres qui s’est tenu le jour même par visioconférence à Libreville. Noureddin Bongo Valentin est « remis à la disposition de son administration d’origine », précise le communiqué publié en fin de journée.

Nommé le 5 décembre 2019, Noureddin Bongo Valentin avait repris les rênes du palais après la chute de Brice Laccruche Alihanga, l’ancien directeur de cabinet du chef de l’État soupçonné de détournement de fonds et de blanchiment, et depuis incarcéré.

Le désormais ex-coordinateur général des affaires présidentielles avait acquis, ces deux dernières années, une influence considérable et passait pour être l’homme le plus puissant du palais du Bord de mer après son père, Ali Bongo Ondimba. Grands travaux, santé, diversification économique… Il pouvait intervenir sur tous les dossiers tandis que Jean-Yves Teale, le secrétaire général de la présidence, et Théophile Ogandaga, directeur de cabinet du chef de l’État, restaient en retrait.

« Conseiller stratégique »

En mars 2020, Noureddin Bongo Valentin avait en outre rejoint le bureau politique du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), chargé de contribuer à y remettre de l’ordre dans la perspective de l’élection présidentielle de 2023.

Faut-il voir dans son éviction le signe d’une mésentente entre le fils et le père ? Il serait prématuré de l’affirmer, d’autant que Noureddin Bongo Valentin a été nommé, le 10 septembre, « conseiller stratégique » du président du PDG, Ali Bongo Ondimba. Libreville bruisse en outre de rumeurs de remaniement et cette séquence pourrait, elle aussi, réserver son lot de surprises.

Également annoncée ce lundi, la création d’un Haut-commissariat de la République, « en application des articles 47 et 52 de la Constitution ». Cet organe devra assister le chef de l’État « dans l’évaluation, le suivi [et] la mise en oeuvre de son action politique ».

Par Jeune Afrique

Ouattara, Saïed, Condé, Guelleh, Bongo, Bazoum… Les hommages du continent à BBY

mai 5, 2021
Béchir Ben Yahmed lors d’une soirée de « La Revue » le 6 mai 2010, à Paris

Chefs d’État, intellectuels, lecteurs… Depuis le décès, le 3 mai à Paris, de Béchir Ben Yahmed, fondateur de « Jeune Afrique » et de « La Revue », les messages saluant sa mémoire se multiplient.

Béchir Ben Yahmed, fondateur et patron historique de Jeune Afriques’est éteint lundi à l’âge de 93 ans à l’hôpital parisien Lariboisière. Depuis l’annonce du décès de ce témoin privilégié des soubresauts de l’Afrique et du Moyen-Orient, les hommages affluent. Qu’ils soient chefs d’États, Premiers ministres, journalistes ou lecteurs émus, les témoignages de respect et d’estime se multiplient, publics comme privés.

L’un de ses amis les plus chers et les plus fidèles, Alassane Ouattara – le journaliste considérait être pour l’Ivoirien « une sorte de frère aîné » – a été l’un des premiers à réagir. « C’est avec une immense tristesse que j’apprends le décès de mon aîné Béchir Ben Yahmed, un ami depuis une quarantaine d’années, un grand intellectuel, un excellent journaliste et un infatigable entrepreneur », s’est ainsi ému le président.

Son Premier ministre, Patrick Achi, a évoqué un « homme du dialogue des cultures, des continents et des hommes ». « Créatif, généreux, exigeant, il avait le génie de la presse », a-t-il ajouté.

« C’est une certaine Afrique qui s’en est allée »

Peu après l’annonce du décès de BBY, c’est un autre chef d’État, fraîchement élu, qui a été parmi les premiers à saluer la mémoire du fondateur de JA. « C’est une certaine Afrique qui s’en est ainsi allée, à travers ce grand témoin de notre histoire, a écrit le président du Niger, Mohamed Bazoum. Mes condoléances attristées à l’équipe de Jeune Afrique. Je suis convaincu qu’elle saura porter très haut le flambeau de cette belle aventure. » Son prédécesseur, Mahamadou Issoufou, lui a emboîté le pas, rendant hommage à « un géant ». Un terme également employé par Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine.

« Je salue la mémoire d’un pionnier qui a mis sa plume au service du continent », a écrit pour sa part le président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré. BBY a été un acteur de la lutte pour la cause du tiers-monde, l’indépendance des pays africains, l’État de droit et la démocratie. » Le président sénégalais, Macky Sall, a quant à lui fait part de sa peine, insistant sur le « parcours exceptionnel » du fondateur de Jeune Afrique. 

Les présidents guinéen Alpha Condégabonais Ali Bongo Ondimbabissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló, comorien Azali Assoumani ont fait part de leurs condoléances par le biais de messages personnels adressés à Danielle Ben Yahmed, l’épouse de BBY, et à ses fils, Marwane et Amir Ben Yahmed.

« La disparition de Béchir Ben Yahmed signe indubitablement le départ d’un serviteur passionné qui mit, des décennies entières, des compétences exceptionnelles d’intelligence, de créativité et de plaidoirie en faveur de la dignité et du bien-être de l’Afrique », a quant à lui écrit le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh.

Kaïs Saïed lisant l’un des numéros de sa collection de « Jeune Afrique », en septembre 2019, dans l’entre-deux tours de la présidentielle en Tunisie.

C’est également le cas de Kaïs Saïed, le président tunisien, qui a salué « l’une des figures de proue du mouvement national tunisien qui a contribué, aussi bien par son engagement politique que par sa plume, à l’indépendance de son pays natal ».

« Béchir Ben Yahmed restera à jamais gravé dans la mémoire du monde des médias tunisiens, français et africains », écrit le chef de l’État, grand lecteur de Jeune Afrique, dont il conserve chez lui des dizaines de numéros.

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a également rendu hommage « au nom du Royaume du Maroc », à cet homme « d’une grande lucidité et d’une grande constance de conviction, ainsi que le Maroc et les Marocains peuvent en témoigner ».

De son côté, l’ambassadeur d’Algérie à Paris, Mohamed Antar Daoud, a adressé ses condoléances à la famille Ben Yahmed en saluant une figure « connue et appréciée pour ses qualités humaines et professionnelles », qui laissera « le souvenir d’un homme qui a fait siens la cause et le combat du peuple algérien pour le recouvrement de son indépendance ».

Le Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana, a lui aussi adressé une lettre de condoléances à Danielle Ben Yahmed. Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’État du Plan et du Développement et numéro deux du gouvernement béninois, ainsi qu’Olivier Boko, proche conseiller du président Patrice Talon, ont également présenté leurs hommages.

Daniel Ona Ondo, président de la Commission de la Cemac, a lui écrit sa « peine » après la disparition de celui qui a « réussi à faire de Jeune Afrique un puissant outil d’analyses pour la lecture et la compréhension de l’histoire contemporaine africaine ». François Fall, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique centrale, a pour sa part salué « un baobab qui aura contribué à l’éveil du continent ».

Le Béninois Serge Ékué, président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), ou encore le Sénégalais Makhtar Diop, à la tête de la Société financière internationale (IFC), ont également fait part de leurs condoléances.

L’Élysée salue « un homme de conviction »

La présidence française a longuement rendu hommage à une « plume alerte, dont la lucidité clinique n’épargnait aucun chef d’État, ni africain, ni français ». Emmanuel Macron a notamment salué « un homme de presse et de conviction qui a accompagné et éclairé les indépendances africaines, qui a insufflé une fraternité d’âme entre les États de ce continent, et qui a incarné la profondeur du lien indéfectible entre la France et l’Afrique ».

Les chefs d’État et ministres n’ont pas été les seuls à réagir. Personnalités politiques et intellectuels, artistes, écrivains, nombreux ont été celles et ceux qui ont adressé leurs condoléances de manière publique ou privée. C’est notamment le cas de Lakhdar Brahimi, ancien ministre algérien des Affaires étrangères, de Tiébilé Dramé, ancien ministre malien des Affaires étrangères, du Sénégalais Karim Wade, ex-ministre et fils de l’ancien président Abdoulaye Wade. « L’Afrique perd son plus grand patron de presse », s’est pour sa part ému le Congolais Moïse Katumbi, rendant hommage aux soixante années que BBY a passées « au service de l’information ».

Écrivains, cinéastes, journalistes…

La Prix Goncourt franco-marocaine Leïla Slimani, ancienne journaliste à Jeune Afrique, le peintre marocain Mehdi Qotbi, le cinéaste tunisien Férid Boughedir et l’ancien ministre français de la Culture Frédéric Mitterrand, qui a collaboré à La Revue, ont également adressé leurs condoléances à la famille du défunt. « C’est grâce à Béchir Ben Yahmed et à Jeune Afrique qu’une très grande partie de ma génération est née au panafricanisme, a quant à lui écrit le philosophe camerounais Achille Mbembe. Il aura eu un impact considérable sur la formation de notre conscience historique. »

Les hommages des professionnels des médias n’ont pas manqué. De l’Ivoirien Venance Konan, directeur général de Fraternité Matin, et son confrère Noël Yao, au Marocain Mohamed Khabbachi. Ce dernier, patron du site Barlamane et ancien directeur général de la MAP, salue « le parcours du combattant » d’un homme dont « le nom résonne dans toute l’Afrique et le monde arabe ».

Les anciens collaborateurs de JA ont également été nombreux à rendre hommage à Béchir Ben Yahmed : Francis Kpatindé, dans Le MondePascal Airault, dans L’OpinionChristophe Boisbouvier et Jean-Baptiste Placca, sur RFI, le Camerounais Célestin Monga, aujourd’hui enseignant à Harvard, sans oublier l’ancien rédacteur en chef de Jeune Afrique Hamid Barrada, l’une des références du journalisme au Maroc, les Sénégalais Cheikh Yérim Sow et Cécile Sow, Mohamed Selhami, fondateur de Maroc HebdoGuy Sitbon, Jean-Claude Hazena, Jean-Pierre Séréni…

Beaucoup de quotidiens et de sites d’information du continent également rendu hommage à Béchir Ben Yahmed, de Walf Quotidien (Sénégal) à Wakat Séra (Burkina Faso), en passant par Le Djely (Guinée) ou encore Les Dépêches de Brazzaville.

Par Jeune Afrique

Gabon – Santé d’Ali Bongo Ondimba : la Cour d’appel se dessaisit de la demande d’expertise

septembre 3, 2019

Le président Ali Bongo Ondimba lors du conseil des ministres du mardi 26 février 2019, à Libreville. © Présidence de la République du Gabon.

 

Une Cour d’appel gabonaise a refusé lundi d’entendre des opposants qui demandaient une audience sur leur demande d’examen médical du président Ali Bongo Ondimba, dix mois après son AVC.

En respectant une demande de la Cour de cassation, qui avait demandé à la Cour d’appel de se dessaisir, la justice a « enterré à jamais » l’affaire, a regretté en sortant du palais de Justice de Libreville Jean-Paul Moumbembe, avocat des dix opposants qui avaient demandé l’examen après la séance.

Victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) fin octobre, le président Ali Bongo a passé cinq mois de convalescence à l’étranger et n’a pas pris la parole en direct et en public depuis les quelques mots prononcés à son retour à Libreville fin mars.

Ce silence avait poussé dix personnalités de l’opposition, du monde syndical et de la société civile à demander cet examen médical.

Court feuilleton judiciaire

Un tribunal de première instance avait jugé cette demande irrecevable, au motif que seule la Cour constitutionnelle saisie par le gouvernement ou les deux chambres du Parlement peuvent constater l’empêchement du président à gouverner.

Mais la présidente de la première Cour d’appel de Libreville, Paulette Akolly, avait déclenché un court feuilleton judiciaire en acceptant d’entendre l’appel des 10 requérants.

Les avocats du président gabonais avaient saisi la Cour de cassation, qui avait demandé à Mme Akolly de se dessaisir, ce qu’elle avait refusé de faire. Le ministère de la Justice l’avait alors suspendue de ses fonctions.

En son absence, les juges de la Cour d’appel ont donc renvoyé lundi le dossier devant la Cour de cassation, qui doit décider si le président gabonais peut répondre de sa santé devant la Cour.

Il s’agit d’une « reprise du cours normal de la justice », selon Tony Serge Minko Mi Ndong, avocat d’Ali Bongo Ondimba. « Soit la Cour de cassation ira dans notre sens, effectivement cela mettrait un terme à notre affaire, soit elle prend une décision contraire, et le dossier reviendra devant la Cour d’appel », a-t-il détaillé à l’AFP.

Une prudence que la partie adverse balaye: « il faut considérer que ce dossier est enterré à jamais », assène maître Moumbembe. Le collectif à l’origine de la plainte, Appel à Agir, dénonce pour sa part dans un communiqué « l’instrumentalisation de la justice ».

« Examens médicaux de routine »

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba subit des « examens médicaux de routine » à Londres où il effectue un « séjour privé », a annoncé lundi la présidence.

« À aucun moment, la santé du président ne s’est détériorée. Au contraire (…) Ali Bongo Ondimba est en phase de recouvrement de la plénitude de ses capacités physiques », lit-on dans un communiqué de la présidence de la République gabonaise qui a ainsi démenti une information de l’agence Bloomberg qui assurait lundi que le président gabonais était hospitalisé à Londres « alors que son état se détériore », citant « des sources proches du dossier ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Gabon – Santé d’Ali Bongo Ondimba : la présidente de la cour d’appel de Libreville suspendue de ses fonctions

août 21, 2019

Le président Ali Bongo Ondimba à Abidjan, le 29 novembre 2017. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

 

Le ministère de l’Intérieur et de la Justice a suspendu de ses fonctions la présidente de la cour d’appel de Libreville. Paulette Ayo Mba avait pris, le 12 août, une décision permettant à la justice de statuer sur la demande d’examen médical d’Ali Bongo Ondimba, ce que les avocats du président avaient contesté.

Le feuilleton judiciaire n’en finit plus. Lundi 19 août, la présidente de la cour d’appel de Libreville, Paulette Ayo Mba, a été suspendue de ses fonctions par le ministère de l’Intérieur et de la Justice, et ce jusqu’au 30 septembre 2019.

Selon le document, la magistrate « s’est illustrée par un refus de respecter une décision rendue le 26 juillet 2019 par le premier président de la Cour de cassation, attitude qui pourrait être assimilée à un manquement aux convenances de son état de magistrat, à l’honneur, à la délicatesse ou la dignité ».

Bataille judiciaire

Le début de l’affaire remonte à mars 2019. « Appel à agir », un collectif qui regroupe des personnalités de l’opposition et de la société civile, avait alors déposé une requête demandant un examen médical du président Ali Bongo Ondimba. Débouté en première instance début mai, le collectif avait ensuite interjeté appel. Après un renvoi le 15 juillet, la Cour d’appel lui avait donné raison le 12 août.

Mais, de leur côté, les avocats d’Ali Bongo Ondimba avaient entre temps – le 26 juillet – contesté la compétence de la Cour d’appel devant la Cour de cassation. Cette dernière juridiction n’avait pas rendu de décision sur le fond mais elle avait prononcé une mesure suspensive, demandant à la Cour d’appel de ne pas se prononcer tant que sa propre décision ne serait pas rendue.

La procédure devrait continuer

Le 12 août, ladite Cour d’appel, présidée par Paulette Ayo Mba, avait cependant fait fi de cette injonction, se déclarant compétente pour trancher le litige. Elle avait alors annoncé une audience le 26 août pour juger sur le fond la demande d’examen médical. « C’est une décision rassurante pour la justice de ce pays, cela prouve que la cour d’appel n’a pas cédé aux pressions du pouvoir », s’était félicité l’avocat Ange-Kévin Nzigou, du collectif Appel à agir.

La suspension de Paulette Ayo Mba intervient donc à cinq jours de l’audience prévue pour l’examen par la Cour d’appel de la requête du collectif citoyen. La magistrate ne pourra donc la présider. Celle-ci devrait toutefois avoir lieu ce 26 août, sous la direction d’un autre magistrat.

Suspension de la présidente de la Cour d’appel de Libreville, le 19 août 2019. © DR

Jeuneafrique.com par Mathieu Olivier

 

Santé du président gabonais: la demande d’expertise sera examinée en appel

août 12, 2019

La justice gabonaise va examiner le 26 août en appel la demande par des opposants d’une expertise médicale du président Ali Bongo Ondimba, pour estimer s’il est apte à exercer ses fonctions 10 mois après un AVC, ont indiqué à l’AFP les avocats des deux parties.

Le président du Gabon n’a pas pris la parole en direct et en public depuis qu’il a prononcé quelques mots à son retour à Libreville fin mars,» LIRE AUSSI – après cinq mois de convalescence à l’étranger, un silence qui a poussé dix personnalités de l’opposition, du monde syndical et de la société civile à demander cet examen.

Le 4 mai, un tribunal avait jugé en première instance irrecevable cette requête, au motif que seule la Cour constitutionnelle saisie par le gouvernement ou les deux chambres du Parlement, peuvent constater l’empêchement. Mais la Cour d’appel de Libreville a refusé lundi de se dessaisir de cette requête spécifique d’une expertise médicale au motif qu’elle serait incompétente et a fixé l’audience au 26 août, selon les avocats des deux parties.

«C’est le début de quelque chose», se félicite Anges Kevin Nzigou, un des membres du comité de dix personnalités qui réclament l’expertise. Selon cet avocat, la justice a «pour une fois, résisté à l’appel du pouvoir» en refusant «une demande formulée par le président de la République» en faveur d’une dessaisie des juridictions ordinaires. «Cela viole toutes les règles», s’étrangle au contraire Tony Serge Ndong, avocat d’Ali Bongo. Il maintient que son client, en tant que chef de l’Etat, «ne peut pas être justiciable».

Du côté des dix plaignants, la prudence est de mise puisqu’«il n’est pas exclu que des exceptions soient soulevées» pendant la procédure de 26 août, rappelle Anges Kevin Nzigou. Si la Cour d’appel a refusé d’emblée de se dessaisir, elle ne s’est en revanche pas prononcée au fond ni sur sa capacité à juger une affaire impliquant le chef de l’Etat.

La question de l’aptitude à présider d’Ali Bongo, au pouvoir depuis dix ans après le décès de son père Omar en 2009, est brandie en permanence par ses opposants. Ils assurent qu’il ne s’est jamais remis de l’accident vasculaire cérébral (AVC) qui l’avait frappé fin octobre 2018, pendant une visite en Arabie saoudite. Des figures de l’opposition ont appelé les Gabonais à se rendre en masse samedi, pour se rendre compte par eux-mêmes, au défilé militaire de la fête de l’Indépendance du 17 août, où la présence du chef de l’Etat est annoncée à la tribune.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Gabon : Ali Bongo demande au premier ministre de former un nouveau gouvernement

juin 8, 2019

 

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba a annoncé ce samedi soir avoir demandé à son premier ministre la formation d’un nouveau gouvernement « capable de faire preuve d’exemplarité ».

« Aussi ai-je demandé au premier ministre de former un nouveau gouvernement plus restreint, constitué de femmes et d’hommes prêts à donner la priorité à l’intérêt général et capable de faire preuve d’exemplarité, de probité, d’éthique », a déclaré Ali Bongo.

Le dirigeant s’exprimait lors d’un discours enregistré diffusé par la télévision nationale, une première depuis décembre 2018. Il se remet actuellement d’un accident vasculaire cérébral survenu en octobre 2018.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Un cabinet américain de lobbying réclame 1,25 million de dollars au Gabon suite à une prestation non payée

juin 7, 2019

Ali

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba au sommet Union africaine-Union européenne le 29 novembre 2017 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

Le cabinet d’avocats Bryan Cave Leighton Paisner (BCLP) réclame plus de 1,25 million de dollars à la République gabonaise pour des frais de lobbying non payés, dans le cadre d’un contrat signé en janvier 2016 par l’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, Maixent Accrombessi.

L’affaire débute le 29 janvier 2016. À quelques mois d’une présidentielle qui s’organise dans un climat tendu, le gouvernement gabonais sollicite, par le biais de l’ancien tout-puissant directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, Maixent Accrombessi, le cabinet d’avocats américains Bryan Cave Leighton Paisner (BCLP)  afin de « resserrer les liens diplomatiques » entre le Gabon et les États-Unis.

La mission que mène le cabinet américain consiste à « fournir des conseils en matière de relations gouvernementales afin de sensibiliser les membres du Congrès et les fonctionnaires de l’administration [américaine] aux préoccupations et aux enjeux de la République gabonaise dans divers domaines ». Le total des honoraires, précise le feuille de mission, relayée par le site américain Law, « se montent 1,38 million de dollars (1,26 million d’euros) et sont payables d’avance.

Assurant, en mars 2018, ne pas avoir perçu les frais dus par le gouvernement depuis le 26 mai 2016 – soit 1,261 million de dollars de dettes – , la firme américaine se tourne vers le Conseil d’arbitrage entre avocats et clients du District de Columbia (ACAB), le 31 juillet 2018

Poursuites engagées

« En cas de litige concernant nos honoraires et autres frais, le différend sera réglé par voie d’arbitrage. L’arbitrage doit être entendu par le Conseil d’arbitrage entre avocats et clients du District de Columbia (D.C. Attorney Client Arbitration Board ou « ACAB ») », précise le contrat signé en janvier 2016 entre le cabinet BCLP et la présidence de la République gabonaise.

Après avoir accepté la demande d’arbitrage, l’ACAB a informé le cabinet et la présidence gabonaise de la sélection d’un panel pour une audience prévue le 3 avril 2019. À l’issue de cette audience, au cours de laquelle le Gabon était représenté par deux avocats, la Cour a enjoint la présidence à régler 1,25 million de dollars.

La somme n’ayant, selon le cabinet américain, pas été réglée en temps voulu, c’est-à-dire avant le 3 mai 2019, l’ACAB a informé la République gabonaise, par le biais d’un courrier daté du 29 mai et adressé au ministre des Affaires étrangères, Abdu Razzaq Guy Kambogo, que la firme BCLP avait engagé des poursuites pour aboutir à une « ordonnance de jugement » dans ce dossier.

Le gouvernement doit adresser une réponse « dans les soixante jours » suivant la citation adressée au chef de la diplomatie gabonaise. Sollicitée par Jeune Afrique, la présidence gabonaise n’a pas répondu à nos sollicitations.

Jeuneafrique.com par Par Romain Gras

Gabon: comment Ali Bongo a semé la zizanie dans l’opposition

mai 14, 2018

Le chef de l’État et le nouveau ministre Michel Menga M’Essone après sa prestation de serment, le 7 mai 2018. © DR

Les récentes nominations de Jean De Dieu Moukagni Iwangou et de Michel Menga M’Essone au gouvernement sont loin de faire l’unanimité au sein de l’opposition : si le premier se voit menacé d’éviction, le second a déjà été suspendu de ses fonctions de secrétaire général du mouvement Héritage et Modernité…

Le 4 mai, Jean De Dieu Moukagni Iwangou, président d’Union et Solidarité (US, opposition), séjournait à Bruxelles pour raison de santé quand son nom a été cité en tant que ministre d’État chargé de l’Enseignement supérieur, lors de la lecture à la télévision de la composition du nouveau gouvernement. En septembre 2015, cet ex-magistrat avait refusé de prendre le portefeuille de l’Agriculture. Soupçonnant un nouveau coup du pouvoir, l’état-major de son parti s’est précipité au téléphone pour l’en informer. « À quel poste ? » a-t-il rétorqué avant de feindre la perturbation du réseau cellulaire, de couper la communication puis de se rendre injoignable jusqu’à la prestation de serment du 7 mai.

Évictions au sommet

Mais cette fois-ci a malgré tout été la bonne : Moukagni a bel et bien rejoint le gouvernement. À la manœuvre, Brice Laccruche Alihanga, le directeur de cabinet du président, qui l’a rencontré début 2018 à Paris. Divisée, US est au bord de l’implosion. Alors que la majorité du bureau exécutif soutient la décision de Moukagni, la présidente des Jeunes de ce parti, Elsa Boukandou, et le vice-président, Anges Kevin Nzigou, assurent qu’ils feront tout pour l’évincer conformément aux statuts.

Michel Menga M’Essone a, quant à lui, informé le directoire du mouvement Héritage et Modernité de la proposition du Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, de le nommer au portefeuille de l’Habitat, avec le titre de ministre d’État.

À l’issue de deux jours de débats houleux, Menga a accepté le poste. Signe d’un embarras perceptible, le parti a mis deux jours à publier un communiqué ménageant la chèvre et le chou, qui n’exclut pas le politicien, mais le suspend de ses fonctions de secrétaire général. D’autant qu’Alexandre Barro Chambrier, le patron d’Héritage et Modernité, avait lui-même été approché par des émissaires du pouvoir, mais n’avait pas opposé un « non » catégorique…

Jeuneafrique.com

Gabon: des opposants ont investi un hôtel particulier appartenant à la famille Bongo à Paris

janvier 18, 2018

 

Le président gabonais Ali Bongo lors d’un sommet Union européenne – Afrique, le 29 novembre 2017. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

Des opposants gabonais ont brièvement investi, jeudi matin, un hôtel particulier appartenant à la famille Bongo à Paris. Ils en ont été délogés par la police. L’ambassade s’apprête à déposer plainte.

L’hôtel particulier, situé au 4 rue de la Baume, dans le huitième arrondissement de Paris , a été investi ce 18 janvier par le même groupe d’opposants ayant procédé à l’envahissement de l’hôtel Pozzo di Borgo situé rue de l’Université, le 13 janvier.

Lors de la première opération, l’un des opposants avait expliqué vouloir par cette action « constater que le président Ali Bongo a dépensé des fortunes, plus de 200 millions d’euros, pour acheter et transformer cet hôtel particulier ».

Ils protestaient également contre « l’interdiction de quitter le territoire pour Jean Ping », précisait alors l’un d’eux.

Ils ont cette fois été délogés par des policiers du commissariat du huitième arrondissement, qui ont ensuite prévenu en milieu de matinée l’ambassade du Gabon en France. Celle-ci a confié à Jeune Afrique son intention de déposer plainte, comme elle l’a d’ailleurs fait suite aux événements rue de l’Université.

« On entre dans un engrenage », dénonce Flavien Enongue, ambassadeur du Gabon en France. « Ils ont pour plan d’occuper successivement les biens immobiliers qu’ils estiment attachés à la famille Bongo à Paris », croit savoir le diplomate.

En cours de cession à l’État

Le 4 rue de la Baume est la propriété de la famille Bongo et fait partie des biens acquis par l’ancien président Omar Bongo Ondimba entre la fin des années 1980 et son décès en 2009, en son nom propre ou à travers deux sociétés, la SCI Émeraude et la SCI de la Baume.

Le bâtiment, répertorié dans les enquêtes concernant les biens mal acquis, est toutefois en cours de cession à l’État gabonais, sur décision du chef de l’État, Ali Bongo Ondimba, depuis 2015. Il doit à terme, et après rénovation, être utilisé à des fins culturelles et diplomatiques.

Jeuneafrique.com par

Gabon: le vice-président du Sénat convoqué pour ses propos sur Ali Bongo

octobre 30, 2017

 

Immeubles de Libreville. Centre ville. Scènes de rue © Tiphaine Saint-Criq pour JA.

Le vice-président du Sénat gabonais Jean-Christophe Owono Nguema est convoqué ce 30 octobre à la gendarmerie de la capitale Libreville après un entretien télévisé dans lequel il a appelé à « contrer le président Ali Bongo sur le terrain ».

Le vice-président du Sénat gabonais Jean-Christophe Owono Nguema « a été convoqué demain à 9 heures », a déclaré le procureur de la République, Steeve Ndong Essame le 29 octobre. Ses propos sur le président Ali Bongo « pourraient constituer un délit flagrant, une incitation à la révolte », a-t-il ajouté en précisant que la convocation lui avait été remise le 28 octobre.

Dans une vidéo postée par ses partisans sur les réseaux sociaux, Jean-Christophe Owono Nguema, sénateur proche du parti Union nationale (UN, opposition), a déclaré qu’il ne se rendrait pas à la Direction régionale de recherches (DGR), l’organe de renseignement de la gendarmerie nationale, en raison de son immunité parlementaire.

La DGR « pourra utiliser ses propres moyens » s’il ne se présente pas à sa convocation, a prévenu le procureur de la République. Steeve Ndong Essame ajoute que le « flagrant délit » permet une levée de l’immunité parlementaire.

« Monarchisation » du Gabon

Lors d’un entretien à TV5 Monde le 19 octobre, Jean-Christophe Owono Nguema avait appelé à « contrer le chef de l’État sur le terrain » et dénoncé la « monarchisation » du Gabon, en référence au projet de révision de la Constitution qui agite la classe politique gabonaise depuis une semaine.

Adopté fin septembre en Conseil des ministres, le texte, qui modifie une quarantaine d’articles sur 119, doit être débattu au Parlement dans les semaines à venir.

Il porte notamment sur la détermination des rapports entre le président et le gouvernement en cas de cohabitation, le renforcement des pouvoirs de contrôle du Parlement ou encore la création d’une Cour de justice de la République pour juger les hauts responsables de l’État.

Il met en application les actes du « dialogue politique » souhaité par l’exécutif pour tourner la page de la présidentielle de 2016, marquée par des violences post-électorales encore présente dans tous les esprits.

Le scrutin a abouti à la réélection du fils de l’ancien président Omar Bongo, Ali Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 2009. Un résultat contesté par l’opposition qui considère toujours son leader, Jean Ping, comme le président élu.

Jeuneafrique.com