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Gabon – Santé d’Ali Bongo Ondimba : la Cour d’appel se dessaisit de la demande d’expertise

septembre 3, 2019

Le président Ali Bongo Ondimba lors du conseil des ministres du mardi 26 février 2019, à Libreville. © Présidence de la République du Gabon.

 

Une Cour d’appel gabonaise a refusé lundi d’entendre des opposants qui demandaient une audience sur leur demande d’examen médical du président Ali Bongo Ondimba, dix mois après son AVC.

En respectant une demande de la Cour de cassation, qui avait demandé à la Cour d’appel de se dessaisir, la justice a « enterré à jamais » l’affaire, a regretté en sortant du palais de Justice de Libreville Jean-Paul Moumbembe, avocat des dix opposants qui avaient demandé l’examen après la séance.

Victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) fin octobre, le président Ali Bongo a passé cinq mois de convalescence à l’étranger et n’a pas pris la parole en direct et en public depuis les quelques mots prononcés à son retour à Libreville fin mars.

Ce silence avait poussé dix personnalités de l’opposition, du monde syndical et de la société civile à demander cet examen médical.

Court feuilleton judiciaire

Un tribunal de première instance avait jugé cette demande irrecevable, au motif que seule la Cour constitutionnelle saisie par le gouvernement ou les deux chambres du Parlement peuvent constater l’empêchement du président à gouverner.

Mais la présidente de la première Cour d’appel de Libreville, Paulette Akolly, avait déclenché un court feuilleton judiciaire en acceptant d’entendre l’appel des 10 requérants.

Les avocats du président gabonais avaient saisi la Cour de cassation, qui avait demandé à Mme Akolly de se dessaisir, ce qu’elle avait refusé de faire. Le ministère de la Justice l’avait alors suspendue de ses fonctions.

En son absence, les juges de la Cour d’appel ont donc renvoyé lundi le dossier devant la Cour de cassation, qui doit décider si le président gabonais peut répondre de sa santé devant la Cour.

Il s’agit d’une « reprise du cours normal de la justice », selon Tony Serge Minko Mi Ndong, avocat d’Ali Bongo Ondimba. « Soit la Cour de cassation ira dans notre sens, effectivement cela mettrait un terme à notre affaire, soit elle prend une décision contraire, et le dossier reviendra devant la Cour d’appel », a-t-il détaillé à l’AFP.

Une prudence que la partie adverse balaye: « il faut considérer que ce dossier est enterré à jamais », assène maître Moumbembe. Le collectif à l’origine de la plainte, Appel à Agir, dénonce pour sa part dans un communiqué « l’instrumentalisation de la justice ».

« Examens médicaux de routine »

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba subit des « examens médicaux de routine » à Londres où il effectue un « séjour privé », a annoncé lundi la présidence.

« À aucun moment, la santé du président ne s’est détériorée. Au contraire (…) Ali Bongo Ondimba est en phase de recouvrement de la plénitude de ses capacités physiques », lit-on dans un communiqué de la présidence de la République gabonaise qui a ainsi démenti une information de l’agence Bloomberg qui assurait lundi que le président gabonais était hospitalisé à Londres « alors que son état se détériore », citant « des sources proches du dossier ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Gabon – Santé d’Ali Bongo Ondimba : la présidente de la cour d’appel de Libreville suspendue de ses fonctions

août 21, 2019

Le président Ali Bongo Ondimba à Abidjan, le 29 novembre 2017. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

 

Le ministère de l’Intérieur et de la Justice a suspendu de ses fonctions la présidente de la cour d’appel de Libreville. Paulette Ayo Mba avait pris, le 12 août, une décision permettant à la justice de statuer sur la demande d’examen médical d’Ali Bongo Ondimba, ce que les avocats du président avaient contesté.

Le feuilleton judiciaire n’en finit plus. Lundi 19 août, la présidente de la cour d’appel de Libreville, Paulette Ayo Mba, a été suspendue de ses fonctions par le ministère de l’Intérieur et de la Justice, et ce jusqu’au 30 septembre 2019.

Selon le document, la magistrate « s’est illustrée par un refus de respecter une décision rendue le 26 juillet 2019 par le premier président de la Cour de cassation, attitude qui pourrait être assimilée à un manquement aux convenances de son état de magistrat, à l’honneur, à la délicatesse ou la dignité ».

Bataille judiciaire

Le début de l’affaire remonte à mars 2019. « Appel à agir », un collectif qui regroupe des personnalités de l’opposition et de la société civile, avait alors déposé une requête demandant un examen médical du président Ali Bongo Ondimba. Débouté en première instance début mai, le collectif avait ensuite interjeté appel. Après un renvoi le 15 juillet, la Cour d’appel lui avait donné raison le 12 août.

Mais, de leur côté, les avocats d’Ali Bongo Ondimba avaient entre temps – le 26 juillet – contesté la compétence de la Cour d’appel devant la Cour de cassation. Cette dernière juridiction n’avait pas rendu de décision sur le fond mais elle avait prononcé une mesure suspensive, demandant à la Cour d’appel de ne pas se prononcer tant que sa propre décision ne serait pas rendue.

La procédure devrait continuer

Le 12 août, ladite Cour d’appel, présidée par Paulette Ayo Mba, avait cependant fait fi de cette injonction, se déclarant compétente pour trancher le litige. Elle avait alors annoncé une audience le 26 août pour juger sur le fond la demande d’examen médical. « C’est une décision rassurante pour la justice de ce pays, cela prouve que la cour d’appel n’a pas cédé aux pressions du pouvoir », s’était félicité l’avocat Ange-Kévin Nzigou, du collectif Appel à agir.

La suspension de Paulette Ayo Mba intervient donc à cinq jours de l’audience prévue pour l’examen par la Cour d’appel de la requête du collectif citoyen. La magistrate ne pourra donc la présider. Celle-ci devrait toutefois avoir lieu ce 26 août, sous la direction d’un autre magistrat.

Suspension de la présidente de la Cour d’appel de Libreville, le 19 août 2019. © DR

Jeuneafrique.com par Mathieu Olivier

 

Santé du président gabonais: la demande d’expertise sera examinée en appel

août 12, 2019

La justice gabonaise va examiner le 26 août en appel la demande par des opposants d’une expertise médicale du président Ali Bongo Ondimba, pour estimer s’il est apte à exercer ses fonctions 10 mois après un AVC, ont indiqué à l’AFP les avocats des deux parties.

Le président du Gabon n’a pas pris la parole en direct et en public depuis qu’il a prononcé quelques mots à son retour à Libreville fin mars,» LIRE AUSSI – après cinq mois de convalescence à l’étranger, un silence qui a poussé dix personnalités de l’opposition, du monde syndical et de la société civile à demander cet examen.

Le 4 mai, un tribunal avait jugé en première instance irrecevable cette requête, au motif que seule la Cour constitutionnelle saisie par le gouvernement ou les deux chambres du Parlement, peuvent constater l’empêchement. Mais la Cour d’appel de Libreville a refusé lundi de se dessaisir de cette requête spécifique d’une expertise médicale au motif qu’elle serait incompétente et a fixé l’audience au 26 août, selon les avocats des deux parties.

«C’est le début de quelque chose», se félicite Anges Kevin Nzigou, un des membres du comité de dix personnalités qui réclament l’expertise. Selon cet avocat, la justice a «pour une fois, résisté à l’appel du pouvoir» en refusant «une demande formulée par le président de la République» en faveur d’une dessaisie des juridictions ordinaires. «Cela viole toutes les règles», s’étrangle au contraire Tony Serge Ndong, avocat d’Ali Bongo. Il maintient que son client, en tant que chef de l’Etat, «ne peut pas être justiciable».

Du côté des dix plaignants, la prudence est de mise puisqu’«il n’est pas exclu que des exceptions soient soulevées» pendant la procédure de 26 août, rappelle Anges Kevin Nzigou. Si la Cour d’appel a refusé d’emblée de se dessaisir, elle ne s’est en revanche pas prononcée au fond ni sur sa capacité à juger une affaire impliquant le chef de l’Etat.

La question de l’aptitude à présider d’Ali Bongo, au pouvoir depuis dix ans après le décès de son père Omar en 2009, est brandie en permanence par ses opposants. Ils assurent qu’il ne s’est jamais remis de l’accident vasculaire cérébral (AVC) qui l’avait frappé fin octobre 2018, pendant une visite en Arabie saoudite. Des figures de l’opposition ont appelé les Gabonais à se rendre en masse samedi, pour se rendre compte par eux-mêmes, au défilé militaire de la fête de l’Indépendance du 17 août, où la présence du chef de l’Etat est annoncée à la tribune.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Gabon : Ali Bongo demande au premier ministre de former un nouveau gouvernement

juin 8, 2019

 

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba a annoncé ce samedi soir avoir demandé à son premier ministre la formation d’un nouveau gouvernement « capable de faire preuve d’exemplarité ».

« Aussi ai-je demandé au premier ministre de former un nouveau gouvernement plus restreint, constitué de femmes et d’hommes prêts à donner la priorité à l’intérêt général et capable de faire preuve d’exemplarité, de probité, d’éthique », a déclaré Ali Bongo.

Le dirigeant s’exprimait lors d’un discours enregistré diffusé par la télévision nationale, une première depuis décembre 2018. Il se remet actuellement d’un accident vasculaire cérébral survenu en octobre 2018.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Un cabinet américain de lobbying réclame 1,25 million de dollars au Gabon suite à une prestation non payée

juin 7, 2019

Ali

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba au sommet Union africaine-Union européenne le 29 novembre 2017 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

Le cabinet d’avocats Bryan Cave Leighton Paisner (BCLP) réclame plus de 1,25 million de dollars à la République gabonaise pour des frais de lobbying non payés, dans le cadre d’un contrat signé en janvier 2016 par l’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, Maixent Accrombessi.

L’affaire débute le 29 janvier 2016. À quelques mois d’une présidentielle qui s’organise dans un climat tendu, le gouvernement gabonais sollicite, par le biais de l’ancien tout-puissant directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, Maixent Accrombessi, le cabinet d’avocats américains Bryan Cave Leighton Paisner (BCLP)  afin de « resserrer les liens diplomatiques » entre le Gabon et les États-Unis.

La mission que mène le cabinet américain consiste à « fournir des conseils en matière de relations gouvernementales afin de sensibiliser les membres du Congrès et les fonctionnaires de l’administration [américaine] aux préoccupations et aux enjeux de la République gabonaise dans divers domaines ». Le total des honoraires, précise le feuille de mission, relayée par le site américain Law, « se montent 1,38 million de dollars (1,26 million d’euros) et sont payables d’avance.

Assurant, en mars 2018, ne pas avoir perçu les frais dus par le gouvernement depuis le 26 mai 2016 – soit 1,261 million de dollars de dettes – , la firme américaine se tourne vers le Conseil d’arbitrage entre avocats et clients du District de Columbia (ACAB), le 31 juillet 2018

Poursuites engagées

« En cas de litige concernant nos honoraires et autres frais, le différend sera réglé par voie d’arbitrage. L’arbitrage doit être entendu par le Conseil d’arbitrage entre avocats et clients du District de Columbia (D.C. Attorney Client Arbitration Board ou « ACAB ») », précise le contrat signé en janvier 2016 entre le cabinet BCLP et la présidence de la République gabonaise.

Après avoir accepté la demande d’arbitrage, l’ACAB a informé le cabinet et la présidence gabonaise de la sélection d’un panel pour une audience prévue le 3 avril 2019. À l’issue de cette audience, au cours de laquelle le Gabon était représenté par deux avocats, la Cour a enjoint la présidence à régler 1,25 million de dollars.

La somme n’ayant, selon le cabinet américain, pas été réglée en temps voulu, c’est-à-dire avant le 3 mai 2019, l’ACAB a informé la République gabonaise, par le biais d’un courrier daté du 29 mai et adressé au ministre des Affaires étrangères, Abdu Razzaq Guy Kambogo, que la firme BCLP avait engagé des poursuites pour aboutir à une « ordonnance de jugement » dans ce dossier.

Le gouvernement doit adresser une réponse « dans les soixante jours » suivant la citation adressée au chef de la diplomatie gabonaise. Sollicitée par Jeune Afrique, la présidence gabonaise n’a pas répondu à nos sollicitations.

Jeuneafrique.com par Par Romain Gras

Gabon: comment Ali Bongo a semé la zizanie dans l’opposition

mai 14, 2018

Le chef de l’État et le nouveau ministre Michel Menga M’Essone après sa prestation de serment, le 7 mai 2018. © DR

Les récentes nominations de Jean De Dieu Moukagni Iwangou et de Michel Menga M’Essone au gouvernement sont loin de faire l’unanimité au sein de l’opposition : si le premier se voit menacé d’éviction, le second a déjà été suspendu de ses fonctions de secrétaire général du mouvement Héritage et Modernité…

Le 4 mai, Jean De Dieu Moukagni Iwangou, président d’Union et Solidarité (US, opposition), séjournait à Bruxelles pour raison de santé quand son nom a été cité en tant que ministre d’État chargé de l’Enseignement supérieur, lors de la lecture à la télévision de la composition du nouveau gouvernement. En septembre 2015, cet ex-magistrat avait refusé de prendre le portefeuille de l’Agriculture. Soupçonnant un nouveau coup du pouvoir, l’état-major de son parti s’est précipité au téléphone pour l’en informer. « À quel poste ? » a-t-il rétorqué avant de feindre la perturbation du réseau cellulaire, de couper la communication puis de se rendre injoignable jusqu’à la prestation de serment du 7 mai.

Évictions au sommet

Mais cette fois-ci a malgré tout été la bonne : Moukagni a bel et bien rejoint le gouvernement. À la manœuvre, Brice Laccruche Alihanga, le directeur de cabinet du président, qui l’a rencontré début 2018 à Paris. Divisée, US est au bord de l’implosion. Alors que la majorité du bureau exécutif soutient la décision de Moukagni, la présidente des Jeunes de ce parti, Elsa Boukandou, et le vice-président, Anges Kevin Nzigou, assurent qu’ils feront tout pour l’évincer conformément aux statuts.

Michel Menga M’Essone a, quant à lui, informé le directoire du mouvement Héritage et Modernité de la proposition du Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, de le nommer au portefeuille de l’Habitat, avec le titre de ministre d’État.

À l’issue de deux jours de débats houleux, Menga a accepté le poste. Signe d’un embarras perceptible, le parti a mis deux jours à publier un communiqué ménageant la chèvre et le chou, qui n’exclut pas le politicien, mais le suspend de ses fonctions de secrétaire général. D’autant qu’Alexandre Barro Chambrier, le patron d’Héritage et Modernité, avait lui-même été approché par des émissaires du pouvoir, mais n’avait pas opposé un « non » catégorique…

Jeuneafrique.com

Gabon: des opposants ont investi un hôtel particulier appartenant à la famille Bongo à Paris

janvier 18, 2018

 

Le président gabonais Ali Bongo lors d’un sommet Union européenne – Afrique, le 29 novembre 2017. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

Des opposants gabonais ont brièvement investi, jeudi matin, un hôtel particulier appartenant à la famille Bongo à Paris. Ils en ont été délogés par la police. L’ambassade s’apprête à déposer plainte.

L’hôtel particulier, situé au 4 rue de la Baume, dans le huitième arrondissement de Paris , a été investi ce 18 janvier par le même groupe d’opposants ayant procédé à l’envahissement de l’hôtel Pozzo di Borgo situé rue de l’Université, le 13 janvier.

Lors de la première opération, l’un des opposants avait expliqué vouloir par cette action « constater que le président Ali Bongo a dépensé des fortunes, plus de 200 millions d’euros, pour acheter et transformer cet hôtel particulier ».

Ils protestaient également contre « l’interdiction de quitter le territoire pour Jean Ping », précisait alors l’un d’eux.

Ils ont cette fois été délogés par des policiers du commissariat du huitième arrondissement, qui ont ensuite prévenu en milieu de matinée l’ambassade du Gabon en France. Celle-ci a confié à Jeune Afrique son intention de déposer plainte, comme elle l’a d’ailleurs fait suite aux événements rue de l’Université.

« On entre dans un engrenage », dénonce Flavien Enongue, ambassadeur du Gabon en France. « Ils ont pour plan d’occuper successivement les biens immobiliers qu’ils estiment attachés à la famille Bongo à Paris », croit savoir le diplomate.

En cours de cession à l’État

Le 4 rue de la Baume est la propriété de la famille Bongo et fait partie des biens acquis par l’ancien président Omar Bongo Ondimba entre la fin des années 1980 et son décès en 2009, en son nom propre ou à travers deux sociétés, la SCI Émeraude et la SCI de la Baume.

Le bâtiment, répertorié dans les enquêtes concernant les biens mal acquis, est toutefois en cours de cession à l’État gabonais, sur décision du chef de l’État, Ali Bongo Ondimba, depuis 2015. Il doit à terme, et après rénovation, être utilisé à des fins culturelles et diplomatiques.

Jeuneafrique.com par

Gabon: le vice-président du Sénat convoqué pour ses propos sur Ali Bongo

octobre 30, 2017

 

Immeubles de Libreville. Centre ville. Scènes de rue © Tiphaine Saint-Criq pour JA.

Le vice-président du Sénat gabonais Jean-Christophe Owono Nguema est convoqué ce 30 octobre à la gendarmerie de la capitale Libreville après un entretien télévisé dans lequel il a appelé à « contrer le président Ali Bongo sur le terrain ».

Le vice-président du Sénat gabonais Jean-Christophe Owono Nguema « a été convoqué demain à 9 heures », a déclaré le procureur de la République, Steeve Ndong Essame le 29 octobre. Ses propos sur le président Ali Bongo « pourraient constituer un délit flagrant, une incitation à la révolte », a-t-il ajouté en précisant que la convocation lui avait été remise le 28 octobre.

Dans une vidéo postée par ses partisans sur les réseaux sociaux, Jean-Christophe Owono Nguema, sénateur proche du parti Union nationale (UN, opposition), a déclaré qu’il ne se rendrait pas à la Direction régionale de recherches (DGR), l’organe de renseignement de la gendarmerie nationale, en raison de son immunité parlementaire.

La DGR « pourra utiliser ses propres moyens » s’il ne se présente pas à sa convocation, a prévenu le procureur de la République. Steeve Ndong Essame ajoute que le « flagrant délit » permet une levée de l’immunité parlementaire.

« Monarchisation » du Gabon

Lors d’un entretien à TV5 Monde le 19 octobre, Jean-Christophe Owono Nguema avait appelé à « contrer le chef de l’État sur le terrain » et dénoncé la « monarchisation » du Gabon, en référence au projet de révision de la Constitution qui agite la classe politique gabonaise depuis une semaine.

Adopté fin septembre en Conseil des ministres, le texte, qui modifie une quarantaine d’articles sur 119, doit être débattu au Parlement dans les semaines à venir.

Il porte notamment sur la détermination des rapports entre le président et le gouvernement en cas de cohabitation, le renforcement des pouvoirs de contrôle du Parlement ou encore la création d’une Cour de justice de la République pour juger les hauts responsables de l’État.

Il met en application les actes du « dialogue politique » souhaité par l’exécutif pour tourner la page de la présidentielle de 2016, marquée par des violences post-électorales encore présente dans tous les esprits.

Le scrutin a abouti à la réélection du fils de l’ancien président Omar Bongo, Ali Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 2009. Un résultat contesté par l’opposition qui considère toujours son leader, Jean Ping, comme le président élu.

Jeuneafrique.com

Gabon – Casimir Oyé Mba: « Le temps qui passe joue en faveur d’Ali Bongo »

octobre 24, 2017

 

Casimir Oyé Mba, dans les locaux de la rédaction de Jeune Afrique, le 5 octobre. © Vincent Fournier/JA

Pas un instant il n’a regretté son choix. Le vice-président de l’Union nationale explique que c’est le pragmatisme qui l’a fait se rallier à Jean Ping. Et qui, aujourd’hui encore, le pousse à prôner le dialogue avec un président dont il conteste la légitimité.

Ce sont deux désistements qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre mais qui l’ont profondément marqué. En août 2009, le jour précédant l’élection à la magistrature suprême, Casimir Oyé Mba se retire de la course. Sept ans plus tard, à la veille d’un autre scrutin présidentiel, il nous dira avoir subi des pressions et s’excusera d’avoir à ce point déçu les Gabonais, jurant qu’on ne l’y reprendrait plus.

En août 2016, pourtant, l’histoire se répète : l’ancien ministre et Premier ministre d’Omar Bongo Ondimba, devenu vice-président de l’Union nationale (UN), renonce à se présenter et appelle à voter pour Jean Ping – avec les résultats que l’on sait.

Depuis, les mois ont passé, mais Oyé Mba assure ne rien regretter. Il se dit même fier d’avoir contribué au fait que, pour la première fois de son histoire, l’opposition gabonaise ait réussi à s’unir derrière un seul et même candidat. Il explique « ne plus courir derrière tel ou tel poste », mais se dit incapable de rester en retrait : « On ne peut pas avoir exercé les mêmes responsabilités que moi et, un jour, tout arrêter pour se calfeutrer chez soi. »

De passage à Paris, il s’étonne de cette image parfois hautaine qui lui colle à la peau, à lui qui a gravi un à un les barreaux de l’échelle sociale. Mais il revendique le qualificatif d’« incurable optimiste » que JA lui avait un jour accolé : « Si vous pensez que tout est perdu d’avance, vous n’avez rien à faire en politique. » Surtout, à 75 ans, loin de la radicalité qu’affichent certains dans les couloirs du pouvoir comme de l’opposition, il milite pour le dialogue. « Je suis un Bantou. Chez moi, quand on a un problème, on palabre. »

Jeune Afrique : En août 2016, alors que vous étiez candidat à la présidentielle, vous vous êtes désisté en faveur de Jean Ping. Fut-ce une décision difficile ?

Casimir Oyé Mba : Bien sûr. J’étais le candidat de mon parti, l’UN. J’avais été investi de manière éclatante à l’issue de la primaire et j’étais déterminé à aller jusqu’au bout. Mais le plus important était d’obtenir l’alternance politique et de faire en sorte qu’Ali Bongo Ondimba ne soit plus le président du Gabon. Si Guy Nzouba-Ndama, Léon Ngoulakia et moi-même ne nous étions pas désistés, si nous avions été plusieurs face à Ali, nous l’aurions indirectement favorisé.

Avez-vous des regrets ?

Non. Ce fut un choix de raison. J’ai agi dans l’intérêt de mon pays.

Avez-vous subi des pressions ?

Cela n’a pas été nécessaire. Et puis, sans vouloir faire preuve de forfanterie, qui peut faire pression sur moi au Gabon, à l’âge que j’ai et avec l’expérience qui est la mienne ?

Pas même Zacharie Myboto, le président de votre parti ?

Non, nous avons parlé et nous étions d’accord. Zacharie Myboto est un ami. Nous avons coutume d’échanger nos points de vue. Je n’appelle pas cela des pressions. J’ajoute qu’il n’y avait nul besoin de me convaincre puisque j’étais déjà convaincu : nous voulions l’alternance, il fallait faire un sacrifice.

Le problème, c’est qu’une majorité de Gabonais a voté pour Jean Ping. C’est lui qui a gagné l’élection

Plus d’une année s’est écoulée. Vous ne reconnaissez toujours pas Ali Bongo Ondimba en tant que président ?

Le problème n’est pas que je le reconnaisse ou non – lui-même d’ailleurs n’en a cure. Le problème, c’est qu’une majorité de Gabonais a voté pour Jean Ping. C’est lui qui a gagné l’élection. La commission électorale, le ministère de l’Intérieur et la Cour constitutionnelle se sont livrés à de grossiers tripatouillages pour proclamer la victoire du président sortant, et il y a une divergence flagrante entre ce que les Gabonais ont voté et le résultat qui a été annoncé.


Casimir Oyé Mba, en meeting avec Jean Ping (à dr.), à Libreville, le 26 août 2016. © Baudouin MOUANDA pour JA

 

Peut-on négocier avec un président dont on conteste la légitimité ?

Je suis pragmatique. Si j’ai un problème avec quelqu’un, je dois parler avec lui. Et si c’est avec le diable que j’ai un problème, il faut que je parle avec le diable.

Vous n’êtes donc pas de ceux qui pensent que le dialogue proposé par le chef de l’État est une manœuvre destinée à asseoir sa légitimité ?

Il y a une différence entre aller à la pêche aux individus, leur proposer d’entrer au gouvernement et dialoguer véritablement. J’ai pour ma part participé au dialogue proposé par Jean Ping. Cela a été un succès, bien qu’il nous faille encore inscrire nos bonnes idées dans la réalité politique, juridique et administrative de notre pays.

Mais il est dommage que chacun ait discuté dans son coin. Des choses intéressantes ont été formulées des deux côtés – même s’il y a des gens dans l’opposition qui n’aiment pas que je le dise. Ali Bongo Ondimba a usurpé le pouvoir, mais c’est lui qui dispose de la légalité.

Je suis toujours avec Jean Ping, même si nous ne sommes pas toujours sur la même longueur d’onde

Êtes-vous contesté dans votre propre camp lorsque vous prônez le dialogue ?

Il y a des faucons des deux côtés.

Diriez-vous que votre relation avec Jean Ping s’en trouve affaiblie ?

Je suis toujours avec Jean Ping, même si nous ne sommes pas toujours sur la même longueur d’onde. Nous nous voyons toutes les semaines. Je lui reconnais la clarté et la constance de sa position : il demande que l’on rétablisse la vérité des urnes, et la seule chose dont il accepterait de discuter serait les conditions dans lesquelles Ali Bongo Ondimba quitterait le pouvoir. Il est disposé à lui accorder toutes les garanties qu’il voudra ainsi que la liberté d’aller et venir au Gabon.

Personnellement, j’aimerais bien que les choses se passent ainsi, mais cela fait presque un an et demi qu’il est au Palais et je ne décèle aucun signe qui me laisse penser qu’il envisagerait de céder. Le temps qui passe joue en sa faveur, pas en la nôtre.

L’opposition doit-elle aller aux législatives ?

Oui, et de manière unie : c’est une question de bon sens. Aucun de nos partis pris individuellement n’a les moyens du PDG [le Parti démocratique gabonais, au pouvoir] ou l’implantation suffisante pour être présent partout sur le territoire. L’UN a beau être l’une des principales formations d’opposition au Gabon, elle ne peut pas aligner 120 candidats à la députation.

Nos systèmes politiques – au Gabon en particulier – ne sont pas conçus pour faire émerger des alternatives

Serez-vous candidat ?

Je n’ai pas encore pris ma décision, mais j’ai déjà été élu à quatre reprises dans ma cir­conscription. Le moment est peut-être venu d’impulser un renouvellement des cadres politiques dans notre pays. Il serait bien qu’au sein de l’UN des gens plus jeunes que moi se mettent sur les rangs pour tenter d’enlever un siège de député ici ou là.

Ce que vous dites ne vaut-il pas aussi pour le PDG ?

Injecter du sang neuf, c’est toujours souhaitable.

On ne voit pourtant pas poindre la relève…

Il y a des hommes et des femmes tout à fait capables, dans les rangs de l’opposition comme dans les allées du pouvoir. Mais nos systèmes politiques – en Afrique en général et au Gabon en particulier – ne sont pas conçus pour faire émerger des alternatives. Aujourd’hui, un membre du PDG a presque intérêt à ne pas se faire remarquer. Les gens qui manifestent des capacités, on leur coupe la tête.

Ces derniers mois n’ont-ils pas usé l’UN ?

L’UN doit effectuer un travail d’explication et de réimplantation, c’est sûr. Tous les partis gabonais ont été créés par et autour d’un individu. Pas le nôtre. En 2010, nous avons été quatre ou cinq à discuter et à décider de créer ensemble un mouvement new look. L’UN n’a jamais porté la marque d’une seule personne. Cela a fait sa force et peut-être aussi sa faiblesse.

Malgré tout, la disparition de Mba Obame en 2015 n’a-t‑elle pas laissé un grand vide ?

Il a été l’un des fondateurs du parti. Il était devenu une sorte d’icône, c’est incontestable. À cet égard, cela a été une grande perte pour l’UN. Mais il ne faut pas baisser les bras. Nous devons consolider cette maison que nous avons commencé à bâtir avec lui.

Les problèmes du Gabon ne se régleront pas en catimini

Est-il vrai qu’Ali Bongo Ondimba vous a plusieurs fois proposé de vous asseoir autour d’une table et de discuter ?

Ce sont des on-dit. Les problèmes du Gabon ne se régleront pas en catimini. Imaginons que demain je devienne ministre. Cela ne changerait rien. J’ajoute que j’ai déjà passé dix-neuf ans au gouvernement… Je ne suis plus à la recherche d’un maroquin ministériel.

Le bruit court aussi que l’on vous a proposé la vice-présidence…

Je l’ai entendu dire, mais ce n’est pas vrai. Ce sont des rumeurs, des kongossa.

Avez-vous récemment rencontré le chef de l’État ?

Non, mais s’il souhaite me voir, je le rencontrerai.

Le PDG, ce parti auquel vous avez longtemps appartenu, s’apprête à fêter ses cinquante ans. Il n’a pas brillé lors de la dernière présidentielle… Doit-il se réformer ou disparaître ?

Le PDG exerce le pouvoir sans discontinuer depuis sa création, en 1968. Cinquante ans, c’est long. Cela use et sclérose. Donc oui, le moment est venu pour les membres du PDG de se poser des questions sur l’avenir de leur parti.

Casimir Oyé Mba à la rédaction de Jeune Afrique, le 5 octobre 2017. © Vincent Fournier/Jeune Afrique/REA

Comprenez-vous que, pour beaucoup de Gabonais, la politique se résume à une querelle d’ego ?

Oui, et nous avons, nous les acteurs politiques de ce pays, une vraie responsabilité. Les gens ne se reconnaissent pas en nous. Beaucoup donnent le sentiment qu’une fois au pouvoir ils ne se préoccupent plus que de leurs affaires et de celles de leur famille.

On dit parfois que le problème d’un pays comme le Gabon, c’est le culte de l’argent facile…

Je dirais même que l’argent a pourri mon pays. Ce que les Occidentaux ont appelé « choc pétrolier », au début des années 1970, a été pour nous un afflux brutal d’argent. Nous n’y étions pas préparés. À partir de là, beaucoup de gens ont pensé que gagner de l’argent était chose facile, et cela a laissé des traces. Mais il faut que la gouvernance change, que les Gabonais apprennent à gérer et à compter. Qu’ils comprennent qu’un sou est un sou, et ce jusque dans la gestion de l’État.

Je regrette que l’on ait mis dans la tête des Gabonais que leur pays était gorgé de ressources naturelles.

Le Gabon connaît aujourd’hui des difficultés économiques. Que pensez-vous du plan de relance du gouvernement ?

Je regrette que l’on ait mis dans la tête des Gabonais que leur pays était gorgé de ressources naturelles. Tant mieux si nous avons du pétrole, du manganèse et du bois. Mais il faut dès maintenant commencer à nous diversifier parce que cela prendra du temps, et le gouvernement n’a pas suffisamment pris la mesure de ce qui était en jeu.

Et le plan du FMI ?

Le FMI ne vient pas si vous ne l’appelez pas. Il ne vient pas si vous êtes en bonne santé. Il vient parce que le pays va mal et que ses affaires ont été mal gérées.

La chute des cours du pétrole n’explique-t‑elle pas les difficultés du Gabon ?

La chute des cours a frappé tous les pays producteurs. Même l’Arabie saoudite, qui n’est pourtant pas dans la même situation que nous… Nos gouvernants auraient dû anticiper. C’est une faute de ne pas l’avoir fait.

D’une manière générale, les pays de la zone Cemac sont à la peine. Cela vous inquiète-t‑il ?

Bien sûr. Quand il n’y a plus de foin dans l’étable, les chevaux se battent. Il faut qu’il y en ait pour que les pays de la sous-région se remettent économiquement. Et qu’il y en ait avant que le malaise ne trouve à s’exprimer sur le champ politique.

Je suis convaincu de la nécessité de bâtir, en Afrique centrale, un vrai espace économique commun

Le Gabon peut-il s’en sortir seul ?

Le problème que vous posez est celui de la construction de la Cemac. Je suis convaincu de la nécessité de bâtir, en Afrique centrale, un vrai espace économique commun. Il faut plus d’intégration. Toutefois, pour s’en sortir, un pays doit d’abord se retrouver seul avec lui-même et comprendre qu’il ne sortira pas de l’impasse sans fournir de gros efforts.

Les Gabonais ne manifestent-ils pas une certaine méfiance à l’égard des pays de la zone ?

C’est vrai. Il n’y a qu’à voir les réticences à mettre en œuvre la libre circulation décrétée par la conférence des chefs d’État de la Cemac il y a déjà plusieurs années. Mais il y a une raison quasi historique à cela : le Gabon est un pays de sous-population. Nous avons vécu l’AEF [l’Afrique-Équatoriale française] et nous n’y étions pas les mieux lotis. Cela a laissé des traces. Il faut expliquer aux Gabonais qu’il y a des choses que l’on ne pourra pas entreprendre seuls chez nous. On leur a présenté le pays comme étant un gâteau. Ils ont peur d’en avoir moins s’ils doivent partager. Ce qu’il faut leur expliquer, c’est qu’ils pourront en fabriquer un plus gros s’ils sont plus nombreux.

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Denis Sassou et Ali Bongo Ondimba rencontrent (enfin) Emmanuel Macron

septembre 27, 2017
Capture d’écran de la vidéo de la poignée de main entre Ali Bongo Ondimba et Emmanuel Macron, le 19 septembre 2017 à New York. © DR / YouTube

Alors qu’ils n’ont pas encore été reçus à l’Élysée, Denis Sassou Nguesso et Ali Bongo Ondimba ont profité de leur présence à New York, en marge de la 72e Assemblée générale de l’ONU, du 19 au 25 septembre), pour rencontrer Emmanuel Macron.

À l’issue de la réunion sur la Libye, le 20 septembre, à laquelle il participait en tant que président du Comité de haut niveau de l’Union Africaine sur ce pays, le chef de l’État congolais s’est brièvement entretenu avec son homologue français au sujet d’un futur rendez-vous à Paris. Ce dernier a suggéré que cet entretien soit organisé par leurs ministres des Affaires étrangères respectifs, Jean-Yves Le Drian et Jean-Claude Gakosso.

La veille, Ali Bongo avait lui aussi établi un premier contact avec Emmanuel Macron, avec qui il a échangé une poignée de main à l’occasion du lancement du pacte mondial pour l’environnement. Ce ne fut pas le cas des présidents camerounais et équato-guinéen Paul Biya et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, également présents à New York. En revanche, comme l’avait annoncé J.A., le Centrafricain Faustin-Archange Touadéra a été reçu à l’Élysée le 25 septembre par Emmanuel Macron.

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