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Gabon: des opposants ont investi un hôtel particulier appartenant à la famille Bongo à Paris

janvier 18, 2018

 

Le président gabonais Ali Bongo lors d’un sommet Union européenne – Afrique, le 29 novembre 2017. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

Des opposants gabonais ont brièvement investi, jeudi matin, un hôtel particulier appartenant à la famille Bongo à Paris. Ils en ont été délogés par la police. L’ambassade s’apprête à déposer plainte.

L’hôtel particulier, situé au 4 rue de la Baume, dans le huitième arrondissement de Paris , a été investi ce 18 janvier par le même groupe d’opposants ayant procédé à l’envahissement de l’hôtel Pozzo di Borgo situé rue de l’Université, le 13 janvier.

Lors de la première opération, l’un des opposants avait expliqué vouloir par cette action « constater que le président Ali Bongo a dépensé des fortunes, plus de 200 millions d’euros, pour acheter et transformer cet hôtel particulier ».

Ils protestaient également contre « l’interdiction de quitter le territoire pour Jean Ping », précisait alors l’un d’eux.

Ils ont cette fois été délogés par des policiers du commissariat du huitième arrondissement, qui ont ensuite prévenu en milieu de matinée l’ambassade du Gabon en France. Celle-ci a confié à Jeune Afrique son intention de déposer plainte, comme elle l’a d’ailleurs fait suite aux événements rue de l’Université.

« On entre dans un engrenage », dénonce Flavien Enongue, ambassadeur du Gabon en France. « Ils ont pour plan d’occuper successivement les biens immobiliers qu’ils estiment attachés à la famille Bongo à Paris », croit savoir le diplomate.

En cours de cession à l’État

Le 4 rue de la Baume est la propriété de la famille Bongo et fait partie des biens acquis par l’ancien président Omar Bongo Ondimba entre la fin des années 1980 et son décès en 2009, en son nom propre ou à travers deux sociétés, la SCI Émeraude et la SCI de la Baume.

Le bâtiment, répertorié dans les enquêtes concernant les biens mal acquis, est toutefois en cours de cession à l’État gabonais, sur décision du chef de l’État, Ali Bongo Ondimba, depuis 2015. Il doit à terme, et après rénovation, être utilisé à des fins culturelles et diplomatiques.

Jeuneafrique.com par

Gabon: le vice-président du Sénat convoqué pour ses propos sur Ali Bongo

octobre 30, 2017

 

Immeubles de Libreville. Centre ville. Scènes de rue © Tiphaine Saint-Criq pour JA.

Le vice-président du Sénat gabonais Jean-Christophe Owono Nguema est convoqué ce 30 octobre à la gendarmerie de la capitale Libreville après un entretien télévisé dans lequel il a appelé à « contrer le président Ali Bongo sur le terrain ».

Le vice-président du Sénat gabonais Jean-Christophe Owono Nguema « a été convoqué demain à 9 heures », a déclaré le procureur de la République, Steeve Ndong Essame le 29 octobre. Ses propos sur le président Ali Bongo « pourraient constituer un délit flagrant, une incitation à la révolte », a-t-il ajouté en précisant que la convocation lui avait été remise le 28 octobre.

Dans une vidéo postée par ses partisans sur les réseaux sociaux, Jean-Christophe Owono Nguema, sénateur proche du parti Union nationale (UN, opposition), a déclaré qu’il ne se rendrait pas à la Direction régionale de recherches (DGR), l’organe de renseignement de la gendarmerie nationale, en raison de son immunité parlementaire.

La DGR « pourra utiliser ses propres moyens » s’il ne se présente pas à sa convocation, a prévenu le procureur de la République. Steeve Ndong Essame ajoute que le « flagrant délit » permet une levée de l’immunité parlementaire.

« Monarchisation » du Gabon

Lors d’un entretien à TV5 Monde le 19 octobre, Jean-Christophe Owono Nguema avait appelé à « contrer le chef de l’État sur le terrain » et dénoncé la « monarchisation » du Gabon, en référence au projet de révision de la Constitution qui agite la classe politique gabonaise depuis une semaine.

Adopté fin septembre en Conseil des ministres, le texte, qui modifie une quarantaine d’articles sur 119, doit être débattu au Parlement dans les semaines à venir.

Il porte notamment sur la détermination des rapports entre le président et le gouvernement en cas de cohabitation, le renforcement des pouvoirs de contrôle du Parlement ou encore la création d’une Cour de justice de la République pour juger les hauts responsables de l’État.

Il met en application les actes du « dialogue politique » souhaité par l’exécutif pour tourner la page de la présidentielle de 2016, marquée par des violences post-électorales encore présente dans tous les esprits.

Le scrutin a abouti à la réélection du fils de l’ancien président Omar Bongo, Ali Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 2009. Un résultat contesté par l’opposition qui considère toujours son leader, Jean Ping, comme le président élu.

Jeuneafrique.com

Gabon – Casimir Oyé Mba: « Le temps qui passe joue en faveur d’Ali Bongo »

octobre 24, 2017

 

Casimir Oyé Mba, dans les locaux de la rédaction de Jeune Afrique, le 5 octobre. © Vincent Fournier/JA

Pas un instant il n’a regretté son choix. Le vice-président de l’Union nationale explique que c’est le pragmatisme qui l’a fait se rallier à Jean Ping. Et qui, aujourd’hui encore, le pousse à prôner le dialogue avec un président dont il conteste la légitimité.

Ce sont deux désistements qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre mais qui l’ont profondément marqué. En août 2009, le jour précédant l’élection à la magistrature suprême, Casimir Oyé Mba se retire de la course. Sept ans plus tard, à la veille d’un autre scrutin présidentiel, il nous dira avoir subi des pressions et s’excusera d’avoir à ce point déçu les Gabonais, jurant qu’on ne l’y reprendrait plus.

En août 2016, pourtant, l’histoire se répète : l’ancien ministre et Premier ministre d’Omar Bongo Ondimba, devenu vice-président de l’Union nationale (UN), renonce à se présenter et appelle à voter pour Jean Ping – avec les résultats que l’on sait.

Depuis, les mois ont passé, mais Oyé Mba assure ne rien regretter. Il se dit même fier d’avoir contribué au fait que, pour la première fois de son histoire, l’opposition gabonaise ait réussi à s’unir derrière un seul et même candidat. Il explique « ne plus courir derrière tel ou tel poste », mais se dit incapable de rester en retrait : « On ne peut pas avoir exercé les mêmes responsabilités que moi et, un jour, tout arrêter pour se calfeutrer chez soi. »

De passage à Paris, il s’étonne de cette image parfois hautaine qui lui colle à la peau, à lui qui a gravi un à un les barreaux de l’échelle sociale. Mais il revendique le qualificatif d’« incurable optimiste » que JA lui avait un jour accolé : « Si vous pensez que tout est perdu d’avance, vous n’avez rien à faire en politique. » Surtout, à 75 ans, loin de la radicalité qu’affichent certains dans les couloirs du pouvoir comme de l’opposition, il milite pour le dialogue. « Je suis un Bantou. Chez moi, quand on a un problème, on palabre. »

Jeune Afrique : En août 2016, alors que vous étiez candidat à la présidentielle, vous vous êtes désisté en faveur de Jean Ping. Fut-ce une décision difficile ?

Casimir Oyé Mba : Bien sûr. J’étais le candidat de mon parti, l’UN. J’avais été investi de manière éclatante à l’issue de la primaire et j’étais déterminé à aller jusqu’au bout. Mais le plus important était d’obtenir l’alternance politique et de faire en sorte qu’Ali Bongo Ondimba ne soit plus le président du Gabon. Si Guy Nzouba-Ndama, Léon Ngoulakia et moi-même ne nous étions pas désistés, si nous avions été plusieurs face à Ali, nous l’aurions indirectement favorisé.

Avez-vous des regrets ?

Non. Ce fut un choix de raison. J’ai agi dans l’intérêt de mon pays.

Avez-vous subi des pressions ?

Cela n’a pas été nécessaire. Et puis, sans vouloir faire preuve de forfanterie, qui peut faire pression sur moi au Gabon, à l’âge que j’ai et avec l’expérience qui est la mienne ?

Pas même Zacharie Myboto, le président de votre parti ?

Non, nous avons parlé et nous étions d’accord. Zacharie Myboto est un ami. Nous avons coutume d’échanger nos points de vue. Je n’appelle pas cela des pressions. J’ajoute qu’il n’y avait nul besoin de me convaincre puisque j’étais déjà convaincu : nous voulions l’alternance, il fallait faire un sacrifice.

Le problème, c’est qu’une majorité de Gabonais a voté pour Jean Ping. C’est lui qui a gagné l’élection

Plus d’une année s’est écoulée. Vous ne reconnaissez toujours pas Ali Bongo Ondimba en tant que président ?

Le problème n’est pas que je le reconnaisse ou non – lui-même d’ailleurs n’en a cure. Le problème, c’est qu’une majorité de Gabonais a voté pour Jean Ping. C’est lui qui a gagné l’élection. La commission électorale, le ministère de l’Intérieur et la Cour constitutionnelle se sont livrés à de grossiers tripatouillages pour proclamer la victoire du président sortant, et il y a une divergence flagrante entre ce que les Gabonais ont voté et le résultat qui a été annoncé.


Casimir Oyé Mba, en meeting avec Jean Ping (à dr.), à Libreville, le 26 août 2016. © Baudouin MOUANDA pour JA

 

Peut-on négocier avec un président dont on conteste la légitimité ?

Je suis pragmatique. Si j’ai un problème avec quelqu’un, je dois parler avec lui. Et si c’est avec le diable que j’ai un problème, il faut que je parle avec le diable.

Vous n’êtes donc pas de ceux qui pensent que le dialogue proposé par le chef de l’État est une manœuvre destinée à asseoir sa légitimité ?

Il y a une différence entre aller à la pêche aux individus, leur proposer d’entrer au gouvernement et dialoguer véritablement. J’ai pour ma part participé au dialogue proposé par Jean Ping. Cela a été un succès, bien qu’il nous faille encore inscrire nos bonnes idées dans la réalité politique, juridique et administrative de notre pays.

Mais il est dommage que chacun ait discuté dans son coin. Des choses intéressantes ont été formulées des deux côtés – même s’il y a des gens dans l’opposition qui n’aiment pas que je le dise. Ali Bongo Ondimba a usurpé le pouvoir, mais c’est lui qui dispose de la légalité.

Je suis toujours avec Jean Ping, même si nous ne sommes pas toujours sur la même longueur d’onde

Êtes-vous contesté dans votre propre camp lorsque vous prônez le dialogue ?

Il y a des faucons des deux côtés.

Diriez-vous que votre relation avec Jean Ping s’en trouve affaiblie ?

Je suis toujours avec Jean Ping, même si nous ne sommes pas toujours sur la même longueur d’onde. Nous nous voyons toutes les semaines. Je lui reconnais la clarté et la constance de sa position : il demande que l’on rétablisse la vérité des urnes, et la seule chose dont il accepterait de discuter serait les conditions dans lesquelles Ali Bongo Ondimba quitterait le pouvoir. Il est disposé à lui accorder toutes les garanties qu’il voudra ainsi que la liberté d’aller et venir au Gabon.

Personnellement, j’aimerais bien que les choses se passent ainsi, mais cela fait presque un an et demi qu’il est au Palais et je ne décèle aucun signe qui me laisse penser qu’il envisagerait de céder. Le temps qui passe joue en sa faveur, pas en la nôtre.

L’opposition doit-elle aller aux législatives ?

Oui, et de manière unie : c’est une question de bon sens. Aucun de nos partis pris individuellement n’a les moyens du PDG [le Parti démocratique gabonais, au pouvoir] ou l’implantation suffisante pour être présent partout sur le territoire. L’UN a beau être l’une des principales formations d’opposition au Gabon, elle ne peut pas aligner 120 candidats à la députation.

Nos systèmes politiques – au Gabon en particulier – ne sont pas conçus pour faire émerger des alternatives

Serez-vous candidat ?

Je n’ai pas encore pris ma décision, mais j’ai déjà été élu à quatre reprises dans ma cir­conscription. Le moment est peut-être venu d’impulser un renouvellement des cadres politiques dans notre pays. Il serait bien qu’au sein de l’UN des gens plus jeunes que moi se mettent sur les rangs pour tenter d’enlever un siège de député ici ou là.

Ce que vous dites ne vaut-il pas aussi pour le PDG ?

Injecter du sang neuf, c’est toujours souhaitable.

On ne voit pourtant pas poindre la relève…

Il y a des hommes et des femmes tout à fait capables, dans les rangs de l’opposition comme dans les allées du pouvoir. Mais nos systèmes politiques – en Afrique en général et au Gabon en particulier – ne sont pas conçus pour faire émerger des alternatives. Aujourd’hui, un membre du PDG a presque intérêt à ne pas se faire remarquer. Les gens qui manifestent des capacités, on leur coupe la tête.

Ces derniers mois n’ont-ils pas usé l’UN ?

L’UN doit effectuer un travail d’explication et de réimplantation, c’est sûr. Tous les partis gabonais ont été créés par et autour d’un individu. Pas le nôtre. En 2010, nous avons été quatre ou cinq à discuter et à décider de créer ensemble un mouvement new look. L’UN n’a jamais porté la marque d’une seule personne. Cela a fait sa force et peut-être aussi sa faiblesse.

Malgré tout, la disparition de Mba Obame en 2015 n’a-t‑elle pas laissé un grand vide ?

Il a été l’un des fondateurs du parti. Il était devenu une sorte d’icône, c’est incontestable. À cet égard, cela a été une grande perte pour l’UN. Mais il ne faut pas baisser les bras. Nous devons consolider cette maison que nous avons commencé à bâtir avec lui.

Les problèmes du Gabon ne se régleront pas en catimini

Est-il vrai qu’Ali Bongo Ondimba vous a plusieurs fois proposé de vous asseoir autour d’une table et de discuter ?

Ce sont des on-dit. Les problèmes du Gabon ne se régleront pas en catimini. Imaginons que demain je devienne ministre. Cela ne changerait rien. J’ajoute que j’ai déjà passé dix-neuf ans au gouvernement… Je ne suis plus à la recherche d’un maroquin ministériel.

Le bruit court aussi que l’on vous a proposé la vice-présidence…

Je l’ai entendu dire, mais ce n’est pas vrai. Ce sont des rumeurs, des kongossa.

Avez-vous récemment rencontré le chef de l’État ?

Non, mais s’il souhaite me voir, je le rencontrerai.

Le PDG, ce parti auquel vous avez longtemps appartenu, s’apprête à fêter ses cinquante ans. Il n’a pas brillé lors de la dernière présidentielle… Doit-il se réformer ou disparaître ?

Le PDG exerce le pouvoir sans discontinuer depuis sa création, en 1968. Cinquante ans, c’est long. Cela use et sclérose. Donc oui, le moment est venu pour les membres du PDG de se poser des questions sur l’avenir de leur parti.

Casimir Oyé Mba à la rédaction de Jeune Afrique, le 5 octobre 2017. © Vincent Fournier/Jeune Afrique/REA

Comprenez-vous que, pour beaucoup de Gabonais, la politique se résume à une querelle d’ego ?

Oui, et nous avons, nous les acteurs politiques de ce pays, une vraie responsabilité. Les gens ne se reconnaissent pas en nous. Beaucoup donnent le sentiment qu’une fois au pouvoir ils ne se préoccupent plus que de leurs affaires et de celles de leur famille.

On dit parfois que le problème d’un pays comme le Gabon, c’est le culte de l’argent facile…

Je dirais même que l’argent a pourri mon pays. Ce que les Occidentaux ont appelé « choc pétrolier », au début des années 1970, a été pour nous un afflux brutal d’argent. Nous n’y étions pas préparés. À partir de là, beaucoup de gens ont pensé que gagner de l’argent était chose facile, et cela a laissé des traces. Mais il faut que la gouvernance change, que les Gabonais apprennent à gérer et à compter. Qu’ils comprennent qu’un sou est un sou, et ce jusque dans la gestion de l’État.

Je regrette que l’on ait mis dans la tête des Gabonais que leur pays était gorgé de ressources naturelles.

Le Gabon connaît aujourd’hui des difficultés économiques. Que pensez-vous du plan de relance du gouvernement ?

Je regrette que l’on ait mis dans la tête des Gabonais que leur pays était gorgé de ressources naturelles. Tant mieux si nous avons du pétrole, du manganèse et du bois. Mais il faut dès maintenant commencer à nous diversifier parce que cela prendra du temps, et le gouvernement n’a pas suffisamment pris la mesure de ce qui était en jeu.

Et le plan du FMI ?

Le FMI ne vient pas si vous ne l’appelez pas. Il ne vient pas si vous êtes en bonne santé. Il vient parce que le pays va mal et que ses affaires ont été mal gérées.

La chute des cours du pétrole n’explique-t‑elle pas les difficultés du Gabon ?

La chute des cours a frappé tous les pays producteurs. Même l’Arabie saoudite, qui n’est pourtant pas dans la même situation que nous… Nos gouvernants auraient dû anticiper. C’est une faute de ne pas l’avoir fait.

D’une manière générale, les pays de la zone Cemac sont à la peine. Cela vous inquiète-t‑il ?

Bien sûr. Quand il n’y a plus de foin dans l’étable, les chevaux se battent. Il faut qu’il y en ait pour que les pays de la sous-région se remettent économiquement. Et qu’il y en ait avant que le malaise ne trouve à s’exprimer sur le champ politique.

Je suis convaincu de la nécessité de bâtir, en Afrique centrale, un vrai espace économique commun

Le Gabon peut-il s’en sortir seul ?

Le problème que vous posez est celui de la construction de la Cemac. Je suis convaincu de la nécessité de bâtir, en Afrique centrale, un vrai espace économique commun. Il faut plus d’intégration. Toutefois, pour s’en sortir, un pays doit d’abord se retrouver seul avec lui-même et comprendre qu’il ne sortira pas de l’impasse sans fournir de gros efforts.

Les Gabonais ne manifestent-ils pas une certaine méfiance à l’égard des pays de la zone ?

C’est vrai. Il n’y a qu’à voir les réticences à mettre en œuvre la libre circulation décrétée par la conférence des chefs d’État de la Cemac il y a déjà plusieurs années. Mais il y a une raison quasi historique à cela : le Gabon est un pays de sous-population. Nous avons vécu l’AEF [l’Afrique-Équatoriale française] et nous n’y étions pas les mieux lotis. Cela a laissé des traces. Il faut expliquer aux Gabonais qu’il y a des choses que l’on ne pourra pas entreprendre seuls chez nous. On leur a présenté le pays comme étant un gâteau. Ils ont peur d’en avoir moins s’ils doivent partager. Ce qu’il faut leur expliquer, c’est qu’ils pourront en fabriquer un plus gros s’ils sont plus nombreux.

Jeuneafrique.com par

Denis Sassou et Ali Bongo Ondimba rencontrent (enfin) Emmanuel Macron

septembre 27, 2017
Capture d’écran de la vidéo de la poignée de main entre Ali Bongo Ondimba et Emmanuel Macron, le 19 septembre 2017 à New York. © DR / YouTube

Alors qu’ils n’ont pas encore été reçus à l’Élysée, Denis Sassou Nguesso et Ali Bongo Ondimba ont profité de leur présence à New York, en marge de la 72e Assemblée générale de l’ONU, du 19 au 25 septembre), pour rencontrer Emmanuel Macron.

À l’issue de la réunion sur la Libye, le 20 septembre, à laquelle il participait en tant que président du Comité de haut niveau de l’Union Africaine sur ce pays, le chef de l’État congolais s’est brièvement entretenu avec son homologue français au sujet d’un futur rendez-vous à Paris. Ce dernier a suggéré que cet entretien soit organisé par leurs ministres des Affaires étrangères respectifs, Jean-Yves Le Drian et Jean-Claude Gakosso.

La veille, Ali Bongo avait lui aussi établi un premier contact avec Emmanuel Macron, avec qui il a échangé une poignée de main à l’occasion du lancement du pacte mondial pour l’environnement. Ce ne fut pas le cas des présidents camerounais et équato-guinéen Paul Biya et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, également présents à New York. En revanche, comme l’avait annoncé J.A., le Centrafricain Faustin-Archange Touadéra a été reçu à l’Élysée le 25 septembre par Emmanuel Macron.

Jeuneafrique.com

Gabon: Libreville dénonce un « acharnement » après la résolution du Parlement européen

septembre 23, 2017
Le président gabonais Ali Bongo Ondimba à Libreville en janvier 2017. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Le Gabon a dénoncé vendredi un « acharnement » en réagissant à la résolution du Parlement européen appelant Libreville à cesser de « harceler, intimider et persécuter » les opposants, tandis qu’un des principaux partis d’opposition se « félicite » du texte voté.

« Le Gouvernement de la République joint sa voix à celle du Sénat gabonais pour dénoncer cet acharnement que rien ne justifie », a déclaré vendredi le porte-parole du gouvernement Alain-Claude Bilie-By-Nze, indiquant que cette résolution « induit de manière insidieuse, qu’il y aurait des souverainetés au-dessus des autres ».

Mercredi, la présidente d’un groupe dédié aux affaires européennes du Sénat avait dénoncé la « prétention des euro-députés à s’ériger en permanence en donneurs de leçons ».

« Ramassis de racistes »

Le billet d’humeur « Makaya » du quotidien gabonais l’Union, proche de la présidence, traitait jeudi les euro-députés de « ramassis » de « racistes », les désignant comme « des députés de seconde zone par rapport aux vrais du palais Bourbon ou (du) Bundestag », respectivement en France et en Allemagne.

Dans une conférence de presse tenue vendredi à Libreville, Zacharie Myboto, président de l’Union nationale (UN), artisan de l’alliance des ténors de l’opposition autour de la candidature de Jean Ping, s’est lui félicité de la résolution « dans laquelle (son parti) se reconnaît globalement ».

« L’idée de lire la page Gabon, avant de la tourner, semble désormais habiter l’ensemble de la communauté internationale », a déclaré Zacharie Myboto.

Les « anomalies » du scrutin d’août 2016

Dans une résolution adoptée à Strasbourg, les élus européens avaient appelé le 14 septembre Libreville à « libérer immédiatement toutes les personnes encore détenues illégalement ».

En décembre dernier, une Mission d’observation électorale (MOE) de l’Union européenne avait conclu que le scrutin présidentiel d’août 2016, remporté par le président sortant Ali Bongo Ondimba face à l’opposant Jean Ping, avait été entaché « d’anomalies » qui « mettent en question l’intégrité du processus de consolidation des résultats et du résultat final de l’élection ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Gabon: un an après la présidentielle, un pays en situation délicate

août 26, 2017

Ali Bongo Ondimba le 1er septembre 2016 à Libreville. © MARCO LONGARI/AFP

Un an après la réélection d’Ali Bongo Odimba à la présidentielle du 27 août et des violences post-électorales inédites, le Gabon reste en position délicate entre un pouvoir qui tente l’ouverture, un opposant qui conteste sa légitimité et une population préoccupée par le ralentissement de l’économie, tout comme le FMI.

Mardi, le camp gouvernemental a redit sa volonté de tourner la page : « Depuis le mois d’août 2016 (…) nous avons fait beaucoup de politique. Je pense qu’il est grand temps de nous recentrer sur l’essentiel », a déclaré le Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, en présentant un gouvernement « d’ouverture », le deuxième depuis l’élection.

« Les élections sont derrière nous », ne cesse de répéter le pouvoir depuis l’investiture d’Ali Bongo fin septembre 2016 pour un nouveau mandat de sept ans, après un mois de tensions inédites dans ce pays pétrolier de 1,8 million d’habitants pacifique et relativement prospère.

Le 27 août, quelque 300.000 Gabonais – sur un peu plus de 600.000 inscrits – avaient voté dans le calme pour départager Ali Bongo et Jean Ping, ex-cadre du pouvoir passé à l’opposition.

Des violences sans précédent avaient éclaté dès l’annonce des résultats le 31 août (manifestations anti-Bongo, interpellations par centaines, Assemblée incendiée, assaut des forces de sécurité contre le QG de Jean Ping…).

Les troubles ont fait des morts, entre trois selon les autorités et une trentaine, selon l’estimation la plus fiable de l’opposition.

La crise avait fortement préoccupé les partenaires du Gabon, à commencer par la France, ancienne puissance coloniale, avec ses 10.000 ressortissants sur place, sa base militaire et ses entreprises dans le pétrole ou le BTP.

La Cour constitutionnelle a finalement validé fin septembre la réélection de M. Bongo (50,66% contre 47,24%) en rejetant le recours de M. Ping qui dénonçait des fraudes, notamment dans le fief présidentiel du Haut-Ogooué: 99% de participation et 95% des voix au dirigeant sortant.

Le scrutin a été entaché d’ »anomalies » qui « mettent en question » le « résultat final », a estimé en décembre une mission d’observation électorale de l’Union européenne dans son rapport final.

Nostalgie

A l’annonce de sa réélection, Ali Bongo a proposé à l’opposition un « dialogue politique », qui s’est tenu entre avril et mai. Ce dialogue « inclusif et sans tabou », qui se voulait être la « brique qui (allait) soutenir la paix au Gabon », a débouché sur de petites réformes institutionnelles.

« Quoi qu’ils fassent, ca ne va rien changer », soupire Marie, la trentaine, alors qu’elle apprend la composition du nouveau gouvernement qui doit traduire en lois les conclusions du « dialogue politique » et préparer les législatives repoussées à 2018.

M. Ping, qui a boycotté ce « dialogue », vient de lancer un appel à la désobéissance civile. Vendredi, à deux jours de l’anniversaire du scrutin, des opposants ont tenté de se mobiliser dans plusieurs villes, se heurtant aux forces de l’ordre.

Les deux camps ont les yeux tournés vers La Haye. En juin, une mission préliminaire de la Cour pénale internationale (CPI) est venue recueillir des témoignages sur les violences post-électorales, à la demande de MM. Bongo et Ping. La CPI se prononcera d’ici à la fin de l’année sur l’ouverture d’une éventuelle enquête.

Dans les « maquis » (bars de rue) de Libreville, les discussions portent souvent sur la situation politique et économique. « Il faut qu’on dépasse la guéguerre des hommes et qu’on s’y mette tous ensemble pour reconstruire le Gabon », explique Jean, attablé devant un plat d’alokos (bananes frites). « Ce pays a besoin d’aller de l’avant, qu’on retrouve des emplois et de la croissance ».

Car tout n’est pas rose dans ce pays couvert à 80% par la forêt, son autre richesse avec le pétrole: la dette a doublé entre 2015 et 2016, le déficit des comptes courants représente plus de 10% du PIB en 2016, alors que le pays affichait un excédent de 2010 à 2014, et la croissance du produit intérieur brut qui était de 3,9% en 2015 devrait baisser à 1% en 2017, selon l’estimation du Fonds monétaire international.

Le FMI a d’ailleurs jugé que la situation économique restait « délicate » en accordant à Libreville un prêt de 642 millions de dollars en échange d’un effort d’ »assainissement budgétaire ».

Ces indicateurs, conséquences notamment de la chute des prix du pétrole depuis mi-2014, se traduisent par du chômage et des grèves. Le salaire minimum plafonne à 150.000 francs CFA par mois (225 euros) – quand il est versé.

Fatigués des crises, certains Gabonais en viennent à éprouver la nostalgie de l’époque du « père » – l’ex-président Omar Bongo, décédé en 2009 après 42 ans au pouvoir.

Jeuneafrique.com avec AFP

Quel camouflet poli pour Ali au royaume chérifien ?

juin 15, 2017

 

Le Roi Mohamed VI aurait fait comprendre à Ali que sa présence au Maroc n’était pas sohaitable pendant la visite officielle du President Macron les 15 et 16 Juin 2017.

Ali quitterait donc le Maroc cette nuit aux environs de minuit, heure locale.

Information qui aurait été confirmée à Rabat par un membre de sa délégation ainsi que par l’ambassade.

Ce serait l’Élysée qui aurait exigé et obtenu du Roi qu’Ali quitte le sol marocain avant l’arrivée de Macron afin d’éviter toute confusion.

Ali est arrivé au Maroc le samedi dernier 10/06/17 en provenance des USA. Il devait y séjourner jusqu’au 19. L’objectif de ce détour par Rabat étant d’obtenir une audience avec Macron.

Le Roi, semble-t-il, lui aurait donné l’assurance que l’audience était acquise.
Hélas la promesse royale n’a pu se réaliser. Le Roi aurait cédé à la pression de l’Élysée qui voulait  » éviter toute confusion…tout amalgame « .

Alors que Macky Sall et Ouattara ont été reçus par Macron sans problème.

Quant à Dénis Sassou Nguesso il est retranché dans son bunker à OYO, personne ne le prend au téléphone. Il use son frein diplomatique où l’horizon politique est clairsemé d’incertitudes sans quiétudes.

 

Photo de BrazzaNews.
Avec Brazzanews.fr

Gabon : pour Jean Ping, « dialoguer avec Ali Bongo, c’est non ! »

juin 3, 2017

Jean Ping à Paris en février 2016. © Vincent Fournier/J.A.

Alors que deux de ses soutiens ont récemment appelé à un dialogue avec Ali Bongo Ondimba, Jean Ping a pris la parole vendredi et refusé fermement cette idée. « Je refuse de dialoguer avec ce monstre », a lancé l’ancien président de la Commission de l’Union africaine.

On attendait un recadrage des troupes. C’est bien à cet exercice que Jean Ping s’est livré vendredi 2 juin, lors d’une allocution à son domicile. Celui qui se dit toujours le «président élu » du Gabon a écarté toute possibilité de dialogue avec Ali Bongo Ondimba, son rival, comme l’avaient pourtant suggéré deux de ses soutiens, Guy Nzouba Ndama et Casimir Oyé Mba.

«Je refuse de dialoguer avec ce monstre. Je ne veux pas trahir le mandat que le peuple gabonais m’a librement confié », a lancé l’ancien président de la Commission de l’Union africaine. «À ceux qui, hier encore membres de l’opposition, ont décidé de prendre part à cette kermesse [le dialogue politique national, NDLR] pour des calculs égoïstes, comme à ceux de nos amis et partenaires qui, de bonne foi, nous proposent d’accepter de dialoguer avec Ali Bongo, […] je le redis ici : c’est non ! C’est niet ! »

«C’est aujourd’hui une vérité que le prétendu dialogue d’Angondjè est également un échec. La preuve, rien ne change, on prend les mêmes et on recommence comme auparavant », a ajouté Jean Ping, estimant que le Gabon était «confronté à la pire tragédie de son histoire ». «Si Monsieur Ali Bongo avait accepté le résultat sorti des urnes le 27 août 2016, nous n’en serions pas là. C’est le fond du problème », a-t-il encore poursuivi.

« Je reste ouvert à une médiation internationale »

Et Jean Ping de suggérer une solution de sortie de crise : «Je reste ouvert à une médiation internationale, visant à rétablir la vérité des urnes […] et je lance un appel solennel à la communauté internationale pour une médiation. […] Je dis bien une médiation et non un dialogue avec Ali Bongo en vue de rétablir la vérité des urnes et d’assurer les conditions pacifiques d’une passation de pouvoir ».

En présence d’Alexandre Barro Chambrier, Didjob Divungi et Jean-François Ntoutoume Emane, Jean Ping a donc persisté dans la stratégie mise en place depuis septembre 2016. Il espère notamment pouvoir compter sur le soutien de la communauté internationale, et notamment du nouveau président français Emmanuel Macron.

 

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Gabon : pourquoi Ali Bongo Ondimba a-t-il disparu des réseaux sociaux ?

juin 1, 2017

Le président Ali Bongo Ondimba lors de sa prestation de serment à Libreville le 27 septembre 2016. © Jeremi Mba/AP/SIPA

Le président Ali Bongo Ondimba a disparu de Twitter, Facebook et Instagram, où il n’a eu aucune activité depuis février. Que se passe-t-il donc à la communication du président gabonais ?

« Dans le respect de notre environnement, nous continuerons à faire prospérer notre agriculture, vers l’indépendance alimentaire du Gabon. » Voici le dernier tweet du président gabonais Ali Bongo Ondimba, datant du 7 février 2017, il y a donc près de quatre mois. Une éternité sur le réseau social Twitter, où @PresidentABO avait pourtant habitué ses 68 300 abonnés à une certaine assiduité.

 

Le chef de l’État tweetait ainsi régulièrement, voire plusieurs fois par jour, depuis l’Union africaine, depuis Libreville ou encore au sujet de la Coupe d’Afrique des nations, que le Gabon a accueillie en janvier. Est-ce la défaite des Panthères au premier tour qui a poussé ABO à déserter Twitter, mais aussi Instagram et Facebook, où il n’est pas non plus apparu depuis février ?

Un motif politique

Selon des indiscrétions proches de la communication présidentielle, il n’en est rien. La motivation du chef de l’État est même purement politique puisqu’elle est liée au dialogue politique national, débuté en mars et achevé le 26 mai dernier. « La classe politique a occupé le devant de la scène et nous l’avons laissée travailler », confie à Jeune Afrique un proche, qui vante les mérites de cette relative mise en retrait.

En attendant la reprise des activités numérique d’ABO, les adeptes du président gabonais pourront toujours se rendre sur la page Instagram ou le compte Twitter de la Première dame, Sylvia Bongo Ondimba. Celle-ci continue d’alimenter ses « followers » en photos en tout genre, concernant sa fondation ou, de façon plus intime, la célébration familiale de la dernière fête des mères. Pour la politique, il faudra patienter.

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Gabon : des législatives plus qu’incertaines

avril 25, 2017

Ali Bongo Ondimba le 7 décembre 2016. © Fred Dufour/AP/SIPA

Ce n’est pas encore officiel, mais plus personne ne semble douter du fait que les législatives gabonaises ne se tiendront pas en juillet, comme c’était prévu.

Au cours du dialogue national actuellement en cours à Libreville, l’opposition a en effet mis sur la table un certain nombre de réformes, parmi lesquelles une refonte des circonscriptions électorales. « Or la loi stipule qu’on ne peut pas tenir de scrutin l’année d’un redécoupage », explique un ancien ministre passé à l’opposition.

Autre changement exigé : l’augmentation du nombre de députés, qui pourrait passer de 120 à 150 afin de remédier aux déséquilibres régionaux actuels. Le nombre de sénateurs, quant à lui, baisserait – l’hypothèse la plus répandue étant le passage de 102 à environ 70 membres à la Chambre haute.

Si le report du scrutin est quasi acté, la nouvelle date n’a pas encore été fixée. Certains espèrent un couplage avec les locales, prévues en novembre 2018, tandis que d’autres évoquent déjà 2019.

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